Parfois, c’est presque trop

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Hier soir, c’était la 500èmereprésentation d’Intra-Muros. Nous étions à Courbevoie à l’Espace Carpeaux. Accueillis comme des rois, nous avons joué dans cette salle à l’acoustique parfaite.

Dans la journée, j’avais dû encore faire des corrections à mon bouquin, aller déjeuner avec l’éditrice pour lui remettre les épreuves puis retravailler un des derniers chapitres à la maison avant de partir jouer. On n’est pas loin de la version qui sera imprimée. Pendant les voyages en métro, j’ai lu le scénario du long-métrage écrit par Guillaume, mon coscénariste qui a dû se sentir bien seul pour cette version.

Par ailleurs, nous allons maintenant nous attaquer au montage son de Manigances et à la mi-mars j’accoucherai donc d’un livre et d’un moyen-métrage de fiction.

Drôle de période où la tournée, le livre et le film m’auront évité d’aller me faire crever un œil par les flash-balls de Castaner dans une manif de gilets jaunes.

Petit mot à ceux qui ne sont ni gilets jaunes ni foulards rouges

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Tout a commencé par un mouvement contre la taxation du gasoil. Immédiatement, il est dit que c’est un mouvement téléguidé par l’extrême droite. Marine Lepen n’hésite d’ailleurs pas à afficher son soutien à ce mouvement.

Mais très vite, à force de se retrouver sur les ronds-points, de parler, les personnes impliquées dans ce mouvement qui prend de l’ampleur se mettent à élargir leurs revendications. Et on assiste à une véritable remise en cause de notre fonctionnement démocratique. On y évoque les injustices fiscales et sociales, on se met à imaginer d’autres façon d’exercer la démocratie.

Le Pen

Le 7 décembre, Marine Lepen envoie une lettre à toutes les rédactions des grands journaux pour exprimer sa distance avec ce mouvement. Il n’est pas question pour elle de remettre en cause la Vème république dont le pouvoir présidentiel lui convient parfaitement. Bizarrement, la presse choisit de ne pas relayer ce courrier. Mais chacun aura noté le silence de la leader du mouvement d’extrême-droite depuis.

Non, ce n’est pas un mouvement d’extrême-droite mais un mouvement populaire révolutionnaire pacifiste qui s’est mis en branle.

Le RIC

Les gens de gauche traditionnelle s’inquiètent aussi de la revendication du Référendum d’Initiative Citoyenne avec l’argument qu’avec des référendums, on pratiquerait encore la peine de mort et l’avortement serait encore interdit. C’est un raisonnement biaisé. Certes, l’opinion était défavorable à l’abolition de la peine mort au moment où elle a été décidée, mais qui dit que s’il y avait eu un référendum cela aurait été le cas, par exemple ? Un référendum provoque forcément un débat, des prises de parole et des arguments de part et d’autre qui font évoluer la position de l’opinion. Il y a une situation de départ qui évolue par le dialogue. On ne peut donc prétendre à l’issue d’un référendum sur ces sujets sans afficher un profond mépris ou au moins une méfiance pour le peuple.

Je rappelle qu’en 2005, nous avons voté non à un référendum pour l’entrée de la France dans le traité Européen de Maastricht. Contrairement à la Norvège, l’Islande ou la Suisse qui ont respecté le résultat négatif à ce type de référendum, la France, elle, a signé le traité. Un modèle de démocratie ?

L’Europe

On sait depuis que nos politiques économiques et sociales nationales sont dictées par l’Europe avec pour conséquence des règles budgétaires contraignantes, des directives qui ont des conséquences importantes sur l’agriculture, l’écologie, la politique sociale. Je vous laisse juges de ce qu’en pensent les Français.

La réponse de l’état

La réponse de l’État à ce mouvement des gilets jaunes a consisté à le réprimer violemment, à empêcher toutes les prises de paroles collectives : évacuation des ronds-points, gazage et charge policière violente de la tentative d’assemblée nuit jaune de samedi. En même temps, il a développé un système de propagande qui qualifie les gilets jaunes de fascistes et de factieux. Il tente par une communication étudiée et provocatrice et des actes étudiés de faire dégénérer le mouvement pour le discréditer. Faire naître le chaos est une volonté très visible du gouvernement avec l’espoir de reprendre la main en lâchant deux ou trois mesures qui satisferont tout le monde (pourvu que rien ne change). Pour faire la blague, il lance un débat national qui se transforme en one-man-show En Marche.

La presse quant à elle a réagi selon les principes de sa classe. Mais peu à peu, des éléments d’analyse sont parvenu timidement à voir le jour. Trop lentement.

Demain ?

Si le pays refuse ce sursaut démocratique, une réforme profonde, sa révolution institutionnelle et politique pacifique, s’il reste sur sa Vème république, il retrouvera l’apparence du calme mais mettra au pouvoir un régime autoritaire nationaliste et populiste de la pire espèce. De là naîtra peut-être la répression des révolutionnaires et les conditions d’une révolution violente dans une ou deux décennies.

Juste pour finir : les gilets jaunes ne sont pas 69.000 ou 84.000. Ce ne sont que des chiffres de manifestants mal comptés par la préfecture. Ils sont des millions.

Petit mot aux fous lards rouges

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Non à la révolution, oui à la démocratie ; non à la violence… Voilà les slogans des foulards rouges.

La démocratie, elle a la gueule de Jérôme Rodriguez, une des figures particulièrement pacifistes touché à l’œil par un flash-ball et qui ne sait pas s’il reverra un jour. La violence, elle est du côté de ce flic qui l’a visé alors qu’il manifestait pacifiquement. Qu’est-ce qui vous dérange dans le mouvement des gilets jaunes ? Sa demande de plus de démocratie ? Sa demande de justice sociale et fiscale ? Vous pensez que tout va bien ? Que Macron est un bon président ? Que Castaner est un bon ministre de l’intérieur ? Qu’il ne vaut pas la peine de réformer au sens noble du terme, en profondeur, pour une démocratie plus participative, plus directe ? Vous faites partie de ceux qui ont fini par croire que réformer ça veut dire diminuer les droit sociaux, le chômage, la retraite, la fonction publique ? C’est ce que vous comprenez du mot réformer ? Vous n’en avez pas assez de vous faire maltraiter par l’état ? De voir la pauvreté augmenter sans cesse et quelques-uns s’enrichir de façon éhontée ? Vous cautionnez ces injustices ? La violence de la police ? L’asservissement des médias propriétés de milliardaires ? Vous êtes scotchés à BFMTV ?

Alors oubliez-moi, s’il vous plait. Enlevez-moi une bonne fois pour toutes de la liste de vos « amis ». Tout ce que je dis vous ulcèrera trop et ce sera réciproque. Oui au dialogue et au compromis. Non à l’asservissement et à la compromission.

 

Paix et amour

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Ce soir nous jouions à Pontarlier. Très bien passé.

Hier soir nous étions à Vevey (Suisse). La photo. Applaudissements debout. Avant de jouer, une voix : « dis donc, Bernard Blancan, on te voit pas souvent au théâtre ! ». Je ne connaissais pas cette personne. C’était Fred, un Suisse, de ces fans qui glanent les célébrités à la sortie des théâtres et des cinémas. Sa spécialité, à Fred, c’est les films de guerre. Aussitôt il me parle d’Indigènes et du Village Français.

Après le spectacle, il est venu avec du matériel : un numéro de Première de septembre 2006 avec Indigènes en couverture, une pochette de DVD et le gros livre du Village Français. Mais ça tourne vite au fiasco. On se sent l’un et l’autre mal alaise. En effet, aussi bien sur le magazine que sur la pochette, il est bien fait mention du prix d’interprétation que nous avons été 5 à recevoir, mais je suis le seul des 5 à être absent, tant visuellement que nominativement. Pour le village Français, c’est pas mieux. Pas une photo de moi sur le bouquin et Anselme absent de l’organigramme de la résistance.

Ça m’a rappelé soudain que le monde de la télé et du cinéma peut être parfois d’une rare violence. Me viennent des noms d’oiseaux…

Demain, nous repartons jouer en Suisse, à Bulle. Ça va être cool. J’adore la Suisse. Paix et amour.

Le calme avant…

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J’avoue que ça fait du bien cette petite cure en pays neutre, royaume du compromis. Ça repose l’esprit. Hâte de retrouver quand même les gilets jaunes et la grève générale. C’est moins calme et moins propret, mais j’aime bien aussi.

C’est ma tournée

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En tournée d’Intra-Muros, je m’oblige à marcher chaque jour entre 5 et 10 kilomètres et à visiter les endroits où l’on joue. Ce matin, à la fraîche et sous le soleil, balade sur les hauteurs de Sion (Suisse). On fait un beau métier, non ?

Non, ce n’est pas un seul en scène

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Intra-Muros, hier, c’était à Brignais avec Jeanne Arènes, Paul Jeanson, Fayçal Safi, Marie Sambourg, ma tête d’Ange, Raph Charpentier à la musique, François Leneuveu à la régie et Elsa Tournoux à l’administration. Monsieur Michalik étant le papa de l’aventure. On rentre faire la lessive à Paris tout à l’heure et demain, on repart pour une semaine Suisse. Une tournée, quoi.

Je me satisfais de voir que la côte de popularité de notre cher président fait une remontée spectaculaire à 27% de bonnes opinions. Heureusement quand même que l’opinion des spectateurs est plus favorable pour Intra-Muros…

Gilets Jaunes, tenez bon !