Manif

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13,5 kilomètres ! Voilà ce que j’ai dans les pattes, aujourd’hui. En revanche, on ne peut pas dire que j’ai à proprement parler manifesté. Comme les pauvres habitent dans le nord-est de Paris, le préfet a prévu un trajet dans le sud-ouest et fait fermer toutes les bouches de métro, partout, même aux endroits où un trafic devait être assuré. Ils sont d’un filou, les crétins qui sont au pouvoir !

Du coup, j’avais un casting ce matin. Une heure de marche aller, une heure de marche retour. Arrivé chez moi à 14:00, je n’allais pas me payer un UBER pour aller à la manif. Tu m’étonnes qu’il y ait eu moins de monde.

Pour me consoler, ce soir, je suis allé voir It must be heaven du Palestinien de Elia Suleiman. Un film à la Jacques Tati avec la délicatesse de l’Orient. On en ressort le cœur léger. Le retour à pied est plus facile.

Blaye

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Ce week-end fut donc Blayais. Signatures de Magnétiques, mais aussi Secrets de sourcier ou Si j’étais guérisseur. À ma grande surprise, nous en avons vendus.

Pourquoi une telle surprise ? Pour cause de lucidité. Les sujets qui me passionnent et que je développe dans ces bouquins mais aussi bien au-delà à travers des expériences que je continue, n’intéressent qu’un très très faible pourcentage de la population. On l’éprouve d’autant plus concrètement quand on observe les gens qui passent devant la table. Le plus souvent, c’est un coup d’œil vite fait et ils s’enfuient presque, déjà honteux d’avoir lu le titre. En revanche, les quelques-uns qui s’arrêtent sont au minimum curieux. Une étincelle peut les passionner tant ce que racontent ces phénomènes est incroyable et vertigineux.

Par moment, je m’éclipsais pour aller voir la gueule toujours changeante de l’estuaire.

À Blaye, je n’y vais pas pour vendre des livres. Juste pour revoir les copains instituteurs qui organisent la manifestation depuis 27 ans, passer du temps avec Fredéric Dufourg de la librairie Olympique et faire vibrer les souvenirs de théâtre que j’ai vécus dans cette citadelle dans les années 90.

Il n’y a pas que le gilet qui est jaune

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C’est un comble. Hier, je n’ai pas manifesté.

D’une part, je n’étais pas à Paris et, d’autre part, j’avais un dossier compliqué à rendre aujourd’hui pour un long-métrage. Très à la bourre, j’ai fini par le mettre en ligne 13 minutes avant la fin des inscriptions. Mais, second comble, le film est une comédie sociale qui traite de l’importance de manifester. Encore un artiste qui se dit de gauche, parle beaucoup mais n’est pas là quand il faut affirmer concrètement ses idées.

Bien noté les infos ? Pas manif. Travail sur film. C’est tout ce que je voulais dire pour aujourd’hui.

Ah non. Je rappelle que ce week-end, je vais signer mes livres à Livres en Citadelle à Blaye. À cause des grèves, il y aura quelques absents. Donc, moins de concurrence. Gnarf gnarf gnarf

Si je continue comme ça, je suis mûr pour En Marche, moi…

Cherche non-sourcier (ère)

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Aujourd’hui, je suis allé signer mes bouquins, Secrets de sourcier, Si j’étais guérisseur et Magnétique dans la librairie-tartinerie du petit village de Sarrant dans le Gers. Tout a commencé par une petite présentation-conférence et s’est terminé par une initiation aux baguettes de sourcier pour une grosse vingtaine de personnes.

Chacun est reparti en ayant vécu de ses mains le mouvement magique des baguettes de sourcier. Six d’entre eux ont même trouvé la profondeur. Pour une première fois en une heure et demie, c’est pas mal.

Nous avons tous adoré ce moment où un grand ado arrivé en retard a dit qu’il ne voulait pas essayer parce que ça ne marcherait pas avec lui. Je lui ai dit que c’était super parce qu’on avait enfin trouvé une personne pour qui ça ne marche pas. Je l’ai donc invité à nous faire la démonstration de ce qui se passait quand ça ne marchait pas. Malheureusement, ça a marché pour lui aussi.

Je vais donc peut-être envisager de parcourir la France pour trouver une personne avec qui ça ne marche pas.

Disons, moins présent…

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Je viens prévenir que le blog sera un petit peu silencieux pour quelques temps. Aucun souci de santé, aucune dépression, pas de drame familial, pas de choc émotionnel, pas de, pas de… C’est juste que je vais être très occupé par une activité qui doit rester secrète. Alors, non, je ne monte pas une secte, je n’entre pas dans un groupuscule politique activiste. Rien d’illégal. J’opère juste un revirement radical d’activité. Ça n’a rien à voir avec ce que vous connaissez de moi et ça va m’occuper quelques mois.

Je m’échapperai de ce nouvel emploi du temps pour signer Magnétique à Sarrant, dans le Gers, dimanche prochain et le 7 décembre, je signerai le même au salon du livre de Blaye. Je reviendrai en parler.

Ça me rappelle…

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À l’époque où le mur de Berlin est tombé, j’étais à Bordeaux. Nous avions une compagnie qui s’appelait Glapion & Fils avec Martine Pont, Jean-François Toulouse, Philippe Rousseau… Nous avions volé le nom à Jacques Audiberti dont j’étais tombé amoureux de l’écriture. Nous avions monté une de ses pièces (l’effet Glapion, pièce géniale) et confié la mise en scène à Guy Lenoir. Faute de théâtre susceptibles de nous accueillir, nous avions joué dans l’amphi de la fac de Pharmacie, Place de La Victoire à Bordeaux.

Avec Guy et les copains de Glapion, nous avons décidé de hurler haut et fort notre amertume de voir les théâtres institutionnels bordelais interdits d’accès aux artistes du cru. Un directeur du CDN à qui j’avais demandé rendez-vous pour lui dire que j’étais comédien Bordelais et que j’aimerais bien jouer dans son théâtre m’avait répondu d’aller à Paris ou de faire les avant-premières pour faire connaissance. C’est vrai !

Bref, on avait organisé une manif intitulée « le mur du fond du théâtre de la honte ». Nous avions érigé un mur de parpaings devant le grand théâtre.

Auparavant, nous avions imaginé une conférence de presse un peu spéciale : nous avions convoqué des journalistes à un endroit anonyme, en soirée. Nous leur avons bandé les yeux et leur avont intimé l’ordre de monter dans une fourgonnette. Nous les avons débarqués dans un garage d’immeuble et leur avons débandé les yeux. Nous avions mis en scène à la FLNC, avec cagoules et faux fusils pour leur dire nos revendications et annoncer la manifestation. Et tout ça s’est terminé par un coup de rouge, évidemment, des articles et du monde à la manif.

Nous avions bien pigé les règles de la communication. Et le temps a passé, je suis parti à Paris, faute de n’avoir pas accès aux théâtres institutionnels bordelais.

Au cachot !

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On aura remarqué que j’écris beaucoup moins sur le blog depuis quelques temps. Ce n’est pas que je n’ai rien à raconter, loin de là. La réalité, c’est que l’on m’en empêche.

Ah bon ? Et qui ?

Vous ! Moi.

En effet, j’aurais pu parler de mes expériences en cours (qui sont passionnantes), ou bien de l’affaire Ruggia. Sur la chose, j’en avais des choses à dire. Mais je ne peux les dire. Je ne peux les dire parce qu’on ne peut plus parler de certaines choses sans passer obligatoirement par des cases, en évitant soigneusement les sens interdits. Je n’aurais pas écrit pour innocenter Ruggia, qu’on se rassure (et oui, deux phrases peuvent déjà prêter à confusion). J’aurais essayé de complexifier un peu la chose, de parler des harcèlements qui se pratiquent dans nos professions et qui ne sont pas que sexuels, j’aurais parlé de la SRF, du parcours d’acteurs en lien avec leur engagement, de tas de choses en lien avec la discrimination collective inconsciente et le harcèlement de quelques-uns. Bref, j’aurais fait un long article.

Mais voilà, cet article, je n’ai pas le droit de l’écrire. Rien ne me l’interdit formellement, aucune loi, aucun décret. Mais l’écrire me livrerait encore davantage à l’étiquetage, au catalogage, à l’ostracisation. La prise de position, aujourd’hui, dès lors qu’elle va à l’encontre du folklore langagier du moment entraîne automatiquement le rejet et l’isolement. Le cachot virtuel existe. Dans le cas d’un acteur, il a des incidences professionnelles majeures.

Nous observerons l’évolution de la carrière d’Adèle Haenel à partir de cette histoire. Rien ne peut prédire qu’elle ira dans un sens ou dans l’autre. Les ingrédients sont complexes et antinomiques : d’une part elle se trouve surmédiatisée (ce qui est apprécié par ceux qui financent le cinéma) mais, par ailleurs, elle bouscule l’ordre établi (ce qui n’est pas apprécié par ceux qui financent le cinéma). Rien de dit de quel côté penchera la balance.

À propos de balance, sur mes expériences avec l’eau, je me retrouve dans la position du feu Docteur Benvéniste qui s’est fait dézinguer avec ses expériences autour de la mémoire de l’eau. Idem pour Montagnier qui a pris la relève. On ne touche pas à l’eau ! Du coup, je vais encore passer pour un mec complètement allumé. Ce qui est déjà fait depuis que je communique sur mes expériences. Dire des choses qui montrent les limites des connaissances scientifiques, ouvrir des brèches sur des concepts qui bousculent trop, a pour effet de vous dénoncer comme charlatan, tricheur, ésotériste, bon à brûler. Encore une fois, pas besoin de loi ou de décret ni de méchantes personnes. Ça se fait tout seul, collectivement. C’est de l’ordre du réflexe.

En politique, c’est la même chose. Les Gilets Jaunes sont vécus comme des fachos ou des révolutionnaires violents radicalisés alors que nous vivons le gouvernement le plus agressif socialement quand les patrons du CAC 40 ont enregistré cette année un nouveau record de revenus. Nous vivons à l’envers de la réalité.

Ce matin, LinkedIn m’informait de qui avait recherché mon profil (image d’entête). Ça m’a fait rire.

Je m’interroge

Je suis désolé, mais cette histoire de réforme du chômage me turlupine. J’essaie d’écouter les arguments des uns et des autres pour me faire une idée un petit peu plus nuancée que celle qui me vient immédiatement à l’esprit, à savoir que ce gouvernement travaille pour appauvrir les pauvres.

Les faits

Il faut travailler davantage dans une période plus courte pour avoir droit au chômage. S’ajoute une dégressivité des allocations au bout de six mois. Les décodeurs du Monde ont testé la situation de huit cas pour mesurer les effets de cette réforme (https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/11/01/huit-cas-concrets-pour-comprendre-ce-qui-change-dans-l-indemnisation-des-chomeurs_6017653_4355770.html?fbclid=IwAR0DbcmfFWFLgIfSH6whIgEEDELZg0StMTU5ofN8Tlbq16bDAr–gr3Ml98).

Ce qui ressort de cette étude, c’est que ceux qui seront le plus impactés par cette réforme sont ceux qui travaillent en CDD courts. Pourtant, une personne qui vit de petits boulots, elle est le plus souvent mal payée et, à la fin du mois, le salaire n’a rien à voir avec une personne qui a un vrai boulot.

Pourquoi une telle réforme ?

Muriel Pénicaud nous assure que ça ne change rien pour les chômeurs sortant d’un CDI ou de contrats longs et qu’elle veut simplement corriger une anomalie : Certains chômeurs toucheraient davantage de chômage que le salaire qu’ils touchaient avant. Je ne sais pas d’où elle sort cette affirmation mais, si une seule personne qui a le courage de lire cet article peut m’assurer qu’elle touche plus au chômage que ce qu’elle touchait quand elle travaillait, qu’elle se manifeste ! C’est faux.

Mais peut-être voulait-elle parler de ces choses qu’on entend souvent, à savoir que pour certains, mieux vaut rester au chômage plutôt que d’accepter un boulot qui paiera moins. Ça, on l’entend en effet. Mais ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que la rémunération qu’on vous propose est en-dessous de votre indemnité chômage qui est par définition elle-même inférieure au salaire que vous perceviez avant. Une rémunération donc inférieure à quelque chose d’encore inférieure à votre ancien boulot. Ce qui signifie qu’on vous a proposé un salaire de merde qui au final va vous engluer encore davantage dans le merdier, avec en plus les frais de transport et le travail que vous allez fournir.

Grâce à cette réforme, ceux qui galéraient avec leurs petits CDD sont assurés d’avoir davantage de difficulté à ouvrir des droits au chômage et, quand ils y auront droit, ils toucheront tellement peu qu’ils seront obligés de prendre le premier boulot de merde mal payé pour survivre.

Pourquoi s’attaquer aux pauvres ?

On aurait tort de résumer la politique du gouvernement comme celle de méchants. Ils ne pensent pas de façon affective et n’éprouvent vraisemblablement aucun plaisir malsain à s’attaquer aux plus faibles. Leur logique n’est pas de l’ordre du sentiment mais des faits bruts, scientifiques, froids. Ils suivent une logique comptable, arthmétique liée à l’application du libéralisme économique, du capitalisme, parce qu’ils pensent que c’est la meilleure façon de penser pour le bien de la collectivité.

Voici ce qu’en dit Muriel Pénicaud elle-même : « La précarité, oui, elle coûte cher au régime d’assurance chômage, payé par l’impôt, par tout le monde et les entreprises. Et le problème, c’est qu’il y a 35 milliards de dette, la deuxième après la SNCF. S’il y a une crise dans 10 ans, comment on va faire pour payer ? ».

La même Muriel Pénicaud affirme qu’on objectif de chômage à 7% est possible. Et en effet, rien qu’avec cette réforme, tous ceux qui devront prendre des boulots sous-payés vont sortir des statistiques et ceux qui ne pourront pas ouvrir de droits, soit ils vivront sur le seuil de pauvreté, voire en-dessous, avec un simple RSA. Dans tous les cas, ils sortiront aussi des statistiques du chômage. Grâce à eux, aux pauvres, aux précaires, le gouvernement pourra se targuer d’avoir réussi à faire baisser le chômage.

Pourquoi le silence de l’opinion publique ?

Il semblerait que l’opinion publique, tant qu’elle n’est pas massivement atteinte, se foute pas mal des pauvres et des précaires et du sort qui leur est fait. Elle les situe à la marge, comme tous ceux qu’elle déteste, les marginaux de tous poils, les colériques, les différents d’elle pour qui elle nie toujours sa propre responsabilité. La masse enterre sa propre capacité à s’émouvoir. Elle continue à voter capitaliste, regarde les inégalités s’accroitre sans broncher. Pourvu que son petit confort soit assuré, ne penser à rien, ne rien voir, ne rien entendre, ne rien espérer. Attendre la mort pépère dans son petit terrier. C’est ce que je pense quand il ne fait pas beau, que je poste un truc sur des gilets jaunes qui se font casser la gueule par la police et que personne ne lève le pouce ou manifeste un grrr quelconque.

Mais je ne terminerai pas sur une note aussi sombre. Laissons la parole à Muriel Pénicaud.

 

 

Brouillard

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Hier soir, j’étais à la cérémonie offerte par les amis théâtreux bordelais au souvenir de François Mauget. Ce fût une plongée dans le souvenir de tant de visages amicaux et familiers avec qui j’ai partagé tant d’années. Après 20 ans d’absence, on se retrouvait comme si nous nous étions quittés la veille au spectacle de Bidule. Et Mauget était là, partout, comme un brouillard, le sourire distant, un peu en coin, déjà pressé d’aller jouer de l’autre côté.

Ce matin, cramant une clope dans le jardin, j’observais que le brouillard épais avait pour effet de faire entendre les sons comme traités par un micro hyper cardioïde.  Des oiseaux, j’entendais comme jamais le battement des ailes. Des sons en gros plan. Les gouttelettes d’eau en suspension dans l’air affectent la circulation des ondes sonores. Les sons les plus lointains sont éloignés jusqu’à disparaître. Les réverbérations n’existent plus, absorbées par l’eau. Tout est plus grave, plus mat, centré sur ce qui est proche.

Incarnations, désincarnations

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Ces jours-ci, je fais l’acteur. Vendredi, c’était le dernier jour de Groom (pour moi). Un tournage tellement sympa que j’avais l’impression de faire partie des meubles, alors que je n’aurai tourné que deux jours. Je suis sûr qu’une de mes répliques deviendra culte. Je n’en dis pas davantage.

Demain, on change de braquet. Costume de député de droite. Pour le verbe, j’attendrai les autres jours en janvier. Gros film. Petit rôle. Tout petit petit. J’aurais peut-être pas dû.

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Il y a deux semaines, disparaissait Jean-Michel Martial. C’était lui qui me foutait à la porte dans le film Edmond d’Alexis Michalik. On s’est à peine croisé mais ça jouait. Un mec aussi sympa que talentueux.

Mauget

Et en fin de semaine, c’est du côté de Bordeaux que le metteur en scène et copain François Mauget perdait la vie pour une connerie d’accident domestique comme on dit. Lui, j’avais fait davantage que le croiser. C’était ce qu’on appelle un mec bien. Pas besoin d’attendre qu’il soit mort pour avoir su que c’était un mec bien. C’est simple, un mec bien. Quand il te parle, il est avec toi. Il a des rêves pour changer le monde. Un mec qui est épaté par des trucs, désespéré par d’autres. Vivant, quoi. Et maintenant, mort.

De l’air…

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Petit retour à la campagne avant de repartir tourner la suite de groom. En dehors d’activités professionnelles et de la continuation d’expériences incroyables sur l’eau (j’en parlerai en vidéo bientôt), je ramassé des cèpes qui furent fort bons et récolté des feuilles de mauve du jardin pour les faire sécher en vue de tisanes d’hiver.

Tout à l’heure, je bloquais sur les abeilles butinant les fleurs de gaura blanc, leur boule de pollen calée sous leur ventre. La campagne, ça calme.

Je précise, afin d’éviter aux jaloux de se faire un ulcère, que les cèpes et la mauve, c’était hier, dimanche. Non, parce que sinon, j’en connais qui seraient prompts à se dire : « putain, les intermittents, ils se la coulent douce ! ». Les gens ont du mal à imaginer la quantité de boulot fourni pour mener de front autant de choses que celles que j’ai en cours.

Groom, c’est de la série !

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Tourné toute la journée pour Groom, une websérie complètement déjantée de Studio Bagel. Sur la photo, Vincent Tirel. Grosse énergie pour le tournage de ce curieux objet qui n’est pas sans me rappeler la série H. J’avais fait un « guest » dans H. Un épisode, quoi. L’inspecteur du guide Michelin. Du coup, il se trouve parfois quelqu’un qui me reconnaît parce qu’il m’a vu jouer dans H, il y a… longtemps.

Le personnage que je joue a quelque chose à voir. C’est un client super chiant. Et je peux déjà vous dire, que ça va faire rire. L’équipe est super jeune, esprit Youtube, à commencer par le réalisateur, Théo bonnet que l’on prendrait pour l’accessoiriste si on ne le voyait pas diriger plateau et mise en scène.

La série se tourne dans un grand hôtel normand grand luxe. J’avais eu le plaisir d’en être le client d’un soir lors de la tournée d’avant premières d’Indigènes. Souvenirs, souvenirs.

Et puis Cabourg, c’est là que le fiston avait récolté, il y a quelques jours son prix.

À peine avais-je terminé de tourner, je rallumais mon portable. S’y trouvait une bien jolie nouvelle sous forme de message vocal. Nous avons obtenu, avec Guillaume G, une aide à l’écriture pour notre scénario de long-métrage de la région Bretagne. L’histoire de notre comédie sociale se déroule à Douarnenez.

Bon, je ne ferai pas la liste complète des bonnes nouvelles. C’est la loi des séries…

Petit conte

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Alors, les Kurdes, ce sont des humains, donc. Des hommes, des femmes, des enfants. D’autres humains, ont décidé qu’on ne voulait surtout pas qu’ils aient un pays à eux, avec un drapeau et tout et tout. Alors ces autres humains, les Turcs, ont décidé d’envoyer l’armée, de lâcher des bombes sur les premiers, juste en prévention, pour qu’il n’y ait jamais de Kurdistan. Drôle de façon de régler les problèmes en zigouillant des êtres humains, en bombardant leurs maisons, leurs villages, les obligeant à fuir par centaines de milliers, hommes, femmes et enfants.

Pourtant, les Kurdes, ils avaient largement contribué à stopper d’autres humains devenus fous, faisant sauter des tours, tuant des innocents partout dans le monde. Merci les Kurdes.

Pendant ce temps, dans les pays riches, quelques humains investis de hautes responsabilités disent que ça n’est pas bien de faire une guerre aux Kurdes. Ces humains-là, ceux qui sont investis de hautes responsabilités, ont la particularité de dire et redire toujours ce qui est bien et pas bien. Mais ils sont tellement pris par leurs responsabilités diverses, économiques, sociales, morales, financières, des tas de responsabilités quoi, qu’ils n’ont jamais la force d’agir. Mais soyons justes. Il leur arrive de joindre le geste à la parole. Ils savent attaquer les méchants dictateurs, par exemple. Un méchant dictateur est un humain investi de hautes responsabilités dans un pays pauvre dont le sol regorge de pétrole et de gaz. C’est ça, un méchant dictateur.

Le chef des Turcs, lui, il emprisonne les opposants, les journalistes, les intellectuels, les enseignants mais les humains investis de hautes responsabilités dans les pays Européens ont besoin des Turcs pour empêcher l’immigration. Oui parce que les réfugiés, dans les pays riches, les humains qui donnent les hautes responsabilités à quelques-uns avec des bouts de papiers, ils n’aiment pas les réfugiés parce qu’ils leur mangent leur pain et leurs allocations. C’est ce qu’ils disent.

Alors, les humains Kurdes, ils peuvent bien se faire massacrer, personne n’en a rien à foutre comme on dit dans certaines chaumières.

Casting, épisode 7

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Qui qui veut un nouvel épisode de la série Casting ? Allez, c’est tellement drôle et plein de rebondissements, que je le livre. Alors,  je commence par un résumé des épisodes précédents.

  • Je passe un casting pour une joli second rôle.
  • Je suis pris
  • Le lendemain, je ne suis plus pris parce qu’on a pris un acteur régional
  • Après diverses tergiversations, je suis de nouveau pris.
  • Finalement, je ne peux pas tourner car à une des dates, je tourne sur un autre film
  • En fait, je m’aperçois que dans cet autre film, alors que j’ai passé de supers essais sur une super scène, on m’a filé un rôle de silhouette avec 3 phrases. Merde…
  • On m’annonce que finalement, la date de tournage qui m’a empêché de jouer le joli second rôle est déplacée. Trop tard…

Je rêve ? Non non. Heureusement, j’ai pris le parti d’en rire depuis un bon bout de temps. Et, du coup, chaque nouvel épisode est une nouvelle blague pour moi. Je soupçonne Xavier Dupont de Ligonnès d’être derrière tout ça.

Effervescences

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Quand je ne poste pas d’article pendant quelques jours, on peut penser que je ne fais rien ou que je déprime. Absence = vide.

En fait, si je n’écris pas depuis quelques jours, c’est que si j’avais dû écrire, j’aurais fait trois articles par jour. État d’effervescence.

Certaines choses m’ont meurtri. Ce fonctionnaire de la préfecture qui achète un couteau et tue ses collègues par délire religieux. Cet autre malade qui, en Allemagne, tue parce qu’il n’aime pas les juifs, les étrangers et les femmes. Ce président qui part tuer les Kurdes parce qu’il a peur qu’ils revendiquent leur autonomie alors qu’ils ont été les plus vaillants contre le terrorisme. Toute cette connerie meurtrière m’affecte en tant que membre de la communauté humaine. Mais qu’écrire encore sur le sujet, si ce n’est crier ?

Aux antipodes, je suis excité, joyeux, heureux, passionné par les dernières touches que je porte à une expérience avec de l’eau que je vais mener en public samedi pour une conférence que je vais donner au GNOMA (congrès de magnétiseurs) et autour de mon bouquin. Cette expérience que j’ai mise au point, elle raconte des choses extraordinaires. Elle nous dit que nous sommes vivants, en même temps qu’un lien très fort nous unit avec tout ce qui est vit, êtres, animaux, plantes, eau. Méditation. Autre sphère.

Mais en même temps, je me rends compte que le rôle pour lequel j’en ai raté un autre pour cause d’indisponibilité, est à peine une silhouette. Déception, ironie.

Je pourrais raconter les deux spectacles que je suis allé voir : Une Suite Française avec la copine Guilaine Londez ou encore l’Abîme mis en scène par Thomas Ostermeyer. Le plaisir d’une petite boîte de théâtre pleine de vie pour l’un et pour l’autre, le regard d’un médecin légiste sur la vacuité abyssale du monde que nous nous sommes fabriqué. Remarquable.

Après la projection de Manigances, les bonheurs de comédie de Paul, la vie m’a trop sollicité pour que je prenne le temps de raconter. Vive les silences du blog ! Ils témoignent du plein de la vraie vie.

Le jour où Paul est devenu acteur

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Hier fût une journée faste puisque mon fils cadet, Paul, a décroché un prix d’interprétation dans un festival de théâtre à Cabourg.

Quand on n’a pas de prix, on se dit que c’est génial ou que bof, et alors ? Mais dans la famille, nous ne sommes pas les plus sûrs de nous. Le doute et la quête de reconnaissance, on connaît, on se transmet tout ça. J’ai ma part de responsabilité. Alors, un truc comme ça, ça vous enlève ce fameux doute qui empêche pour un petit bout de temps.

Fier de lui, mais surtout tellement heureux qu’il reçoive ce message de légitimité. C’est quand même le seul mec de sa promo à ne pas avoir d’agent.

Le jour où je suis devenu réalisateur

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10:12, venu de Nancy, Guy Gauthier est là ! Des projections comme celles de ce matin, j’en redemande ! J’ai rarement eu l’occasion de recevoir autant de retours aimants. Un grand merci à ceux qui ont fait le chemin et pour tous les mots qu’ils m’ont dits. C’était la famille élargie, la vraie, celle du cinéma et des amis. Je ne m’attendais pas à ce que celui-ci aime le film. Tel autre me dit, mais il faudrait une séance avec tes trois films ! Tous m’ont dit que le film me ressemblait. Je sais, certains vont se dire que ce n’est pas un compliment 😉 Mais c’en est un. Me voilà donc réalisateur à mes propres yeux. D’habitude, je dis comédien. Oh, pas un réalisateur mainstream, bien sûr. Le mec incapable de faire un film « normal ». Tu fais un cinéma nordique m’a dit un autre. Ben oui, pas très Français mon petit cinéma du fil tendu dans lequel tu ne sais jamais de quel côté tu vas tomber, qui décale le décalage et joue toujours. Espiègle et impertinent m’a dit encore un autre. Liberté.

Ben voilà, j’ai donc les chevilles qui enflent. Et avec ce temps de merde, j’aime bien cette sensation de chaleur au niveau des articulations.

Une autre projection de Manigances, ma petite fantaisie médiévale avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet est prévue à la SACD en décembre. En attendant le passage sur France 2. Merci Céline Loiseau et la bande à TS !

Chez le coiffeur

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Je suis allé chez le coiffeur et me suis acheté un pull. A priori, tout le monde s’en fout à juste titre. Tout au plus, la photo va-t-elle peut-être provoquer un sourire.

En fait, c’est pour poster un truc que seuls ceux qui me lisent vraiment pourront débusquer.

Le truc c’est ça : il reste des places (pas beaucoup) pour la projection de Manigances, ma comédie médiévale de 24 minutes, demain à 11 heures au Louxor (Métro Barbès). C’est avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet. C’est produit par Céline Loiseau de TS Productions, avec le soutien de France 2, Beaumarchais, La région Nouvelle Aquitaine, la Charente, etc…

Alors, cher lecteur du blog, si tu habites Paris et que tu t’ennuies demain matin, tu n’hésites pas. Il y a un pot après.

Il est quand même préférable de déposer un petit mail à stagiaire@tsproductions.net et/ou de me faire un petit coucou.

Je précise quand même qu’il y a déjà du monde, sinon ça fait le mec qui n’a pas un chat à sa pauvre projo 😉

Qu’est-ce qu’elle vous a fait ?

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Greta Thunberg. Cette gamine passe son temps à dire aux dirigeants : lisez les rapports scientifiques et agissez ! Elle ne dit pas davantage. Elle le dit à sa façon. Elle a été médiatisée dès sa première intervention et est devenue une icône de la cause environnementale. Elle ne fait que répéter, partout où elle passe : lisez les rapports scientifiques et agissez ! C’est pas de gauche, c’est pas de droite, c’est même pas écolo. C’est juste Lisez ces rapports et agissez !

Les réactions face à ce discours on ne peut plus factuel sont de l’ordre : elle ferait mieux d’aller à l’école ; elle est manipulée ; c’est une autiste asperger ; c’est une extrémiste ; on parle de haine, de radicalité, de gauchistes dangereux… même le père Macron y est allé de son petit rejet, lui qui l’avait invitée quelques mois plus tôt.

Mais Messieurs les dirigeants, les bobos nouvelle tendance pro-glyphosate (si, si, ça existe), tous ceux qui crachent à la gueule de cette gamine dépassée par sa peur de devoir passer sa vie à compter les disparitions d’espèces animales, végétales, à subir les conséquences du dérèglement climatique, à voir la terre se transformer dans un sens pas sympa pour le seul besoin du fonctionnement capitaliste et celui des consommateurs inconscients, les dédaigneux, ceux qui croient survoler tout ça sans sombrer jamais dans le catastrophisme, ceux qui pensent que la science arrangera tout vite fait, les No Futur que ça fait rire, votre acharnement est franchement suspect.

C’est quoi cette attitude, votre attitude, ce refus d’entendre ce qu’elle dit ? Lisez les rapports scientifiques et agissez !

Ces rapports, je ne les ai pas lus. C’est un tort. En même temps, le seul parebrise de ma voiture me raconte la disparition des insectes. Ben oui, je conduis depuis 1979 et, à cette époque, dès que tu faisais plus de 100 bornes, il fallait passer un petit coup à la station-service si tu voulais espérer voir quelque chose de nuit. Mes copains glyphosatés me répondent que je n’ai pas le droit de tirer d’enseignements d’une expérience personnelle. Ok. J’ai pas le droit. Juste je constate. Pas fait de doctorat pour affirmer que je vois la disparition des espèces animales et les effets, années après années, des dérèglements climatiques, le vampirisme du libéralisme qui enrichit chaque jour les mêmes, une poignée et appauvrit chaque jour les autres, la masse. Pas besoin de doctorat pour ça. J’ai 61 ans. Même toi qui es dans les classes moyennes, tu compares tes feuilles d’impôt d’année en année. Tu n’as pas le droit de tirer de leçons de ton expérience personnelle, ni de celle de ton entourage, mais quand même, il me semble que tu es en droit de te dire qu’il y a un truc qui déconne quelque part. Et ces gens qui m’imposent de me tenir aux rapports scientifiques à propos des insectes de mon pare-brise, ceux qui méprisent le bas peuple quand il affirme des choses qui ne sont pas avérées scientifiquement, ben, aujourd’hui, ce sont les premiers à dézinguer Greta Thunberg qui se contente de dire : Lisez les rapports scientifiques et agissez !

Greta, à ta place je jetterais l’éponge. Je me dirais, au moins j’ai prévenu. Parce que là, tu vas continuer à t’en prendre plein la gueule de la part de tous ces connards plus ou moins souriants. Tu vas t’endurcir peut-être. Ou peut-être pas…

Ça serait dommage de rater ça.

FINDELETE

Vendredi soir, sur Arte, passe un beau film. La fin de l’été. Le film brosse le portrait sensible d’un ado et de son jeune frère (Talid Ariss et Maël Rouin Berrandou), en vacances chez leurs grands-parents (Bernard Le Coq et Christiane Millet). Premiers émois, questionnements sexuels, confusions des amitiés amoureuses, peur panique de l’homme pour la femme fantasmée, mystérieuse, peur de n’être pas à la hauteur, de l’inconnu. Quand ces jeunes commencent à peine d’esquisser leur vie autonome, les grands parents racontent leur vieil amour par leurs gestes, leurs attentions, l’accompagnement de l’un qui perd la boule par l’autre qui résiste comme il peut aux catastrophes du temps qui passe trop vite et n’abandonne rien de son amour.

Très banal comme thématiques tant elles sont universelles. Mais c’est là qu’intervient le cinéma, son casting, sa direction d’acteur, sa lumière, ses cadrages, sa mise en scène, sa capacité à restituer de façon stylisée la vérité sans fard, avec justesse, faisant éclore l’émotion avec intelligence et délicatesse. Hélène Angel parvient à porter un regard qui communie avec la nature et les êtres les plus communs, sans chercher à en faire des héros désincarnés, des stéréotypes. Elle nous montre des gens, nous-mêmes, nos familles, nos voisins.

Je ne vais quand même pas faire un article entier sans parler directement et sans détour de moi-même. On me connaît. J’ai réellement débuté en cinéma avec un magnifique rôle dans un des films les plus forts dans lesquels j’ai eu la chance de tourner. C’était en 98. Ça s’appelait Peau d’Homme, Cœur de Bête. Et c’est Hélène Angel qui l’a réalisé. Mais attention. Je ne fayote pas. On est amis et ce n’est pas le genre de la maison. Je vois des films et quelques-uns me touchent par la justesse de leur regard. C’est un de ceux-là.

Vendredi 4 octobre à 20:55 sur Arte.

Casting la série, épisode 5 (épilogue)

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Quand ça veut pas… Alors, il y a un nouveau retournement dans cette histoire. Ben oui, j’ai un autre tournage aux mêmes dates. Donc, impossible pour moi de faire celui-ci.

J’entend une voix au fond de la classe qui dit « on aurait pu commencer par ça, non ? ». Donnez-moi votre carnet de liaison, petit impertinent !

Sur ce, Jacques Chirac est mort. J’avais serré la main du président lors d’une projection d’Indigènes à la quelle il avait tenu à assister et à l’issue de laquelle il avait décidé de revaloriser les pensions de retraite des anciens combattants tirailleurs et goumiers. Merci Monsieur Bouchareb et merci Monsieur Chirac. Pour une fois, jouer la comédie avait eu une incidence concrète sur la vie des gens. À la même époque, son ministre de l’intérieur, un certain Nicolas Sarkozy, crachait sur le film.

Casting story, épisode IV

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Igor Kovalski, Adrien L’Hommedé, ma pomme en survêtement.

Il ne faut jamais croire que tout est fini. J’avais annoncé une bonne nouvelle, la voilà ! Je ne sais qui est intervenu avec force et persuasion dans l’histoire du casting dont j’ai fait une petite série, mais finalement je suis pris dans le rôle pour lequel j’ai passé des essais. Morale de l’histoire : il reste une part de morale dans ce qu’on croyait perverti par les lois de l’argent. L’expression peut avoir des conséquences bénéfiques. C’est la seconde leçon. On ne peut que s’en féliciter. En tout cas, cette histoire fait un homme heureux puisque je me réjouissais à la perspective d’incarner ce rôle. Merci à celui qui m’a défendu. Tout ce qui va dans un sens de justice me ravit, tant pour les autres que pour ma pomme.

J’ai eu l’info pendant que je tournais dans Gare au Fenwick d’Adrien L’Hommedé (l’homme aidé), avec Igor Kovalski. Les docks de Rochefort, ça avait de la gueule. Bonne ambiance, beau boulot. J’ai adoré le Fenwick et le port de gilet jaune. Bien amusé (c’est la base du métier).

LA FRENCH ce soir à 21:04 sur France 3

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Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas mon nom qu’il faudrait bouder la French de Cédric Jimenez. J’y joue quand même Lucien Aimé Blanc, un sacré flic, avec un paquet de bons acteurs, une image très seventies.

Là, je suis du côté de Rochefort où je tourne dans un court-métrage d’Adrien L’hommedé. Un bien joli scénario et une journée épuisante à conduire un Fenwick H25 avec Igor Kovalsky Retrouvé une partie de l’équipe de Cosmodrama et de… Manigances.

Si ça intéresse quelqu’un, une bonne nouvelle pour demain, ça va venir.

Science-fiction

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Quand t’étais homme préhistorique, il y a longtemps, à l’échelle d’une vie humaine, t’avais connu plusieurs guerres tribales, deux exils à moyenne distance et basta. À titre personnel, à l’époque contemporaine, j’ai connu les locomotives à vapeurs, l’écriture à la plume, l’arrivée du téléphone filaire grand public, de la télévision, puis de l’informatique. Le premier homme sur la lune. La chute du rêve communiste, la mise en œuvre de la mondialisation libérale, le marché commun puis l’Europe. Le catéchisme pour tout le monde, la mode new-âge, l’arrivée de l’homéopathie puis le déremboursement de celle-ci. J’ai connu les amplis à lampe pour la guitare électrique, l’arrivée des magnétos cassettes et mange-disques, les premières tables de montage-mixage sur mini-disc puis l’arrivée de Garage Band sur mac. Et c’est pas fini. Je n’ai que 61 ans.

Ça fait beaucoup pour une seule vie, beaucoup de changements de paradigmes, de valeurs communes, à l’échelle d’un pauvre humain.

C’est en considérant cette nouvelle échelle qui fait connaître à une seule vie humaine des changement radicaux que je n’ai pas aimé AD ASTRA (si tu n’as pas vu le film et que tu comptes le voir, arrête de lire l’article).

Certes le film est impressionnant et remarquablement interprété par Brad Pitt, mais il prétend répondre à la question métaphysique « y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». Et la réponse à laquelle nous ne sommes en réalité toujours pas en mesure de répondre, elle est donnée par le père qui ne l’accepte pas (génération précédente). Pourtant, cette réponse, elle est idéologiquement celle de la nouvelle génération, de la future, presque, quand ceux qui dirigent actuellement le monde, les matérialistes marchands, les scientistes à la petite semaine, auront définitivement casé toutes les croyances, les rêves de changement, les idéologies, au rang du charlatanisme et des superstitions.

Nous n’y sommes pas et nous connaissons aujourd’hui des sursauts de croyances mais le monde que nous construisons se dirige inexorablement vers l’avènement du Rien, du progrès technique, de la science qui élimine tout ce qui lui échappe. Les révoltes que nous connaissons, qu’elles soient idéologiques ou spirituelles, ne sont que les soubresauts d’un ancien monde qui n’a pas de place dans les instances décisionnaires, dans les cercles du pouvoir. L’ordre revient toujours dans le même sens, sous le regard bovin de la masse. Aujourd’hui, comme le raconte le film, ceux qui portent l’hypothèse d’un quelque-chose plutôt que rien sont des fous (comme le père dans le film). Les zadistes, les black-blocs, Gréta Thunberg, Mélenchon, les gilets jaunes, les révoltés de Hong-Kong, les évaporeus d’oranges…

Voilà les grands traits de la thématique de mon prochain film : ART SADA. Mais il finit bien.

Casting, suite et fin

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On croit toujours qu’on a un rôle. Surtout quand c’est votre agent qui vous l’annonce avec une joie non feinte. Mais hier après-midi, nouveau coup de fil : Heu, je suis désolée, la production m’a rappelée et comme ils avaient fait aussi un casting en région, finalement, ils préfèrent y prendre le rôle.

Alors, ce n’est pas une blague, ce n’est pas de l’humour, c’est la vérité. J’ai bien fait de faire la sieste en traversant Paris.

Alors, comment ça se passe, en vérité, factuellement, sans jugement : vous passez le casting (sans le réalisateur). Si vous êtes retenus, on présente les essais, non pas au réalisateur, mais à la chaîne qui valide ou pas. Ensuite, une fois validé, la prod doit penser financement. Quand on a une aide régionale, on doit redistribuer dans la région qui finance, en prenant des techniciens et des acteurs du cru. Je trouve par ailleurs cette donnée très pertinente pour la vie de la région.

Mais au-delà de tout ça, je pense à ce que sont devenus les choix artistiques dans la production audiovisuelle. Pour le cinéma, pour jouer la concierge on va vous proposer Virginie Éfira, pour la fermière, Karine Viard et pour le facteur, on va en faire une factrice et proposer le rôle à Adèle Haenel. Il est où le casting adapté au scénario ? Évaporé, disparu, au profit des préjugés qui régissent les rêves de recettes.

Et artistiquement… Artistiquement, il est où le choix du réalisateur ? Souvent, parce qu’il faut bien vivre et que le film se tourne, il avale son chapeau, finit par s’en foutre totalement de la question des choix artistiques. Et pour la télé, ben, c’est ce que j’ai raconté avec d’autres mochetées en plus. On va virer telle héroïne de série parce qu’on la trouve trop vieille en saison VI. Alors on va prendre son sosie un brin plus jeune.

Alors, je ne balance pas, je dis ce qui se passe, tout simplement, que tout le monde connaît et préfère taire pour garder sa petite place précaire. Il y a un problème ? Je n’en vois pas.

Là où je suis un brin triste, c’est que j’avais tourné dans le premier long-métrage du réalisateur et qu’on avait fait du bon boulot. Sympathisé, même.

En fait, ce monde bouffé par l’argent, qui nous a transformés en vulgaires consommateurs, il déconne à tous les étages. C’est peut-être pour ça qu’on n’en a pas terminé des révoltes, des gilets jaunes et des incontrôlables. Bien sûr, personne n’aime le désordre et aspire au silence et à la tranquillité. Mais quel autre choix que la révolte si l’on ouvre un peu les yeux et que l’on ne veut plus s’asseoir sur sa dignité ?

Résultat du casting

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J’ai eu le rôle. Enfin, un rôle. Pas celui pour lequel j’ai passé les essais, mais un autre. Moins paysan. Plus en colère. C’est ça, l’homme en colère. Et je suis content. 4 tournages qui s’enchaînent ou s’entremêlent.

Vu hier soir une avant-première Les Fleurs Amères d’Olivier Meys. Un film très instructif sur le destin de ces prostituées de Belleville, remarquablement interprété par des actrices Chinoises.

Vu cet après-midi une expo de Peter Keene et PietSo, à la Plateforme (Paris 20ème). Des installations qui mêlent végétaux, sculptures et appareillages électroniques au carrefour de la poésie et de la radiesthésie. Je voulais juste y passer, curieux. J’y suis resté deux heures et demie et me suis fait des amis.

Obligé de poursuivre mes expériences bizarres en vue d’une expérience en direct pour un congrès au mois d’octobre. Je peaufine et c’est impressionnant comme ça marche.

Bientôt la projection parisienne de Manigances. Il n’y a pas trop de places, alors je garde un peu de discrétion. Les copains sauront se rappeler à moi si je ne l’ai pas fait avant eux.

master class : le casting

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Je vois que quand je poste une de mes expériences bizarres, ça fait l’effet d’une implosion. Un long souffle de silence, puis plus rien. Ça me fait rire, en fait. J’en suis au stade où je n’attends vraiment rien de ces partages qui sont difficilement acceptables d’un point de vue rationnel. Mais j’en parle quand même parce que je sais que c’est juste.

Cet après-midi, davantage acceptable, je passais un nouveau casting pour un unitaire. Ça serait pour jouer le rôle d’un paysan. J’aime bien les rôles de paysans (même si j’adore changer de ces incarnations terriennes et un peu bourrues qu’on me colle facilement).

J’y suis allé tellement zen que j’en ai fait une petite sieste dans le métro sur le trajet qui me conduisait à Boulogne. Pas une décontraction du style rien à foutre, mais la certitude que le fait d’être pris ne repose pas vraiment sur ce que vous faites. Du coup, j’y vais détendu et je m’amuse. Autant ne pas perdre son temps à se ronger les sangs pour quelque chose qui vous échappe à 80%. Bon, on me dira, c’était pas un rôle principal. T’inquiète gros, dans l’état actuel du cinéma Français qui est régi par les lois des parts de marché, je ne fais pas partie des 17 acteurs Français bancables. Je suis à l’abri du stress. Mais je m’amuse encore.

Aussi bien dans les expériences bizarres que dans le métier d’acteur, la marge reste une zone de liberté ludique. Un biotope dans lequel on n’est pas riche mais heureux.

Je m’évapore encore

Bon, j’ai plein de textes à apprendre pour les prochains tournages et je dois faire des volets et les poser. Mais tout cela ne m’empêche pas de continuer mes expériences bizarres.

Dans cette vidéo, j’ai l’air moins crédible que jamais et plus barré à l’ouest que… jamais. Pourtant, il s’agit de la meilleure expérience que j’ai produite et reproduite. Je vais très prochainement l’expérimenter en public avec la participation plus qu’active des personnes présentes.

Pendant que la vidéo chargeait, nous faisions de la confiture de pêches de vigne. Nos pêches, elles n’auraient pas la place sur un étal de marchand de fuit. La peau serait jugée trop épaisse et l’esthétique trop brute. Pourtant, quand on croque dedans, elles sont rouge sombre en surface puis blanches jusqu’au noyau, juteuses et sucrées à souhait. Quant au goût, il est celui des pêches volées de mon enfance. Comme mes expériences.

Tout un programme

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Un blog d’acteur se doit de parler un peu boulot, quand même. Alors, comment s’annonce l’année 2019-2020 ? Après deux ans de théâtre avec Intra-Muros, je m’étais complètement éloigné des caméras et des écrans. Je craignais que le retour ne soit pas obligatoirement facile, d’autant que les castings pendant que je jouais au théâtre n’avaient pas été des plus fructueux. Eh bien, il semblerait que tout aille pour le mieux. Je vais tourner très vite dans un court-métrage bien joli, un très gros film de cinéma dont on entendra parler, une série burlesque que j’aime beaucoup et, lundi prochain je passe des essais pour un téléfilm. Bref, le retour aux écrans s’amorce plutôt très bien.

Début octobre aura lieu la projection parisienne de Manigances. Je donnerai toutes les infos rapidement.

Le 12 octobre, je me livre à une conférence/signatures de Magnétique devant un parterre de magnétiseurs de toute la France (GNOMA). En prime, je leur proposerai une expérience bizarre en live qui montrera qu’ils ont une influence physique sur l’eau. Une façon de sortir du blabla et de vivre en direct une expérience.

Dans les creux, il me reste à travailler encore à l’écriture d’un film et au montage d’un documentaire.

Que ceux qui voudraient m’expédier à la retraite devront faire preuve de patience.

Vendredi 6 (demain) à L’Utopia

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Demain, je serai à l’Utopia de Bordeaux qui fête ses 20 ans. Dans le cadre des festivités, la soirée de demain (20:30) propose 3 courts-métrages dont La Caverne de Philippe Fernandez (Cosmodrama) que nous avions tourné il y a tellement longtemps que je me demande qui est le mec sur la photo. Ça sera un plaisir de revoir ce film sur grand écran en compagnie de Philippe et de tous les copains que je croiserai.

À demain !

M’en parlez pas !

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Je vais bientôt fêter mes 61 ans. C’est pas un drame. À cet âge, forcément, on s’interroge sur sa retraite. Un coup on nous dit qu’il faut attendre 64 ans, et le coup d’après, Macron nous dit qu’il faut compter les annuités. Si c’était le cas, j’aurais très vite droit à la retraite. De toute façon, comme le disait Jacob ce matin (on ne peut m’accuser d’être de son bord), ce qui va se passer en réalité, c’est qu’ils vont faire traîner le machin pour après les municipales. Conclusion : s’ils veulent déplacer la réforme après les municipales, c’est qu’ils prévoient qu’elle sera impopulaire, donc qu’elle nous niquera encore. Allez, je vais commencer à m’occuper du dossier puisque je n’ai rien à attendre d’une République prétendument ne Marche, plus soucieuse des échéances électorales que d’autre chose.

Quoi ? La rentrée ?

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Bientôt l’été ! Merde, c’est fini déjà. Rien compris, rien vu passer. Si, je sais qu’il a fait chaud parfois. Trop. Qu’il n’a pas plu sur mes tomates. Ou si peu. Une fois ou deux. Quand j’ai maçonné, réparé, bricolé, je sais que je n’ai eu le temps de rien d’autre. Totalement absorbé, obsessionnel. Pas vu assez d’amis. Me restent des lampions berlinois, des lacs bleu turquoise, une terrasse de restau, un festival de Gindou avec les Larrieu, les Pyrénées quand même. Les Pyrénées… Et puis la truelle et le Brico Leclerc de La Rochefoucauld. Les cerises ont été noires, grosses et sucrées, cette année. Les mirabelles ont fait ployer les branches jusqu’à les soulager pour confiturer une trentaine de pots. Les frelons ont été piégés au printemps dans des bouteilles plastique. La tourterelle s’est lassée. Un rouge queue à front blanc a essayé de me parler. Je n’ai rien compris. Un hérisson a chassé ses petits parce je les avais trop approchés. Le hamac vers le ciel. Et cette grande ourse qui n’a pas bougé d’un mètre. Les enfants ont depuis longtemps troqué l’admiration pour l’indulgence. Les aînés commencent à peiner nous rappelant qu’il nous faudra peiner nous-mêmes. Paris nous happe déjà, comme si on ne l’avait jamais quitté. L’été est passé.

Gna gna gna

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Toujours en vacances. Putain, ces intermittents… Et alors, en prime je vais faire du mauvais esprit.

Le G7. Parlons du G7. Aujourd’hui, Macron nous fait le sketch de l’écolo. Ben oui, vu qu’il ne peut plus compter sur la stratégie « tous contre les populistes », Lepen et Mélenchon (Lepen surtout puis la Méluche est déjà dézinguée), il se dit que s’il veut passer aux prochaines, il doit se mettre quelques écolos dans la poche. C’est à la mode, les écolos. Alors il devient écolo. Si besoin, un jour, il ira à la messe. Si besoin. Pas aujourd’hui.

Ceux qui sont contents de ce grand tralala, c’est les gilets jaunes. Ils étaient des milliers encore à Paris, à Toulouse et ailleurs pour l’acte 41. Oui, vous avez bien lu. 41. C’est pas fini, contrairement à ce que vous espériez, vilains petits bourgeois. Mais comme c’est le G7, la police n’a sorti ni gaz ni flash-ball. Ça aurait fait mauvais genre avec tous ces chefs d’état. Pas d’images comme ça à la télé, voyons ! Pas aujourd’hui. Eh bien, vous savez quoi ? Il n’y a pas eu de violences. C’est bizarre, non ? Comme quoi, quand il y en a, c’est qui qui le décide ? Je dis ça, je dis rien.

Je vous disais. Mauvais esprit…

Magnétiques Manigances à Gindou

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Trois jours supers à Gindou (capitale du Lot pour la semaine). Tout a commencé par une coupe de cheveux par Malika. J’en avais besoin pour faire honneur au festival. Revu plein de copains, la joyeuse équipe, rencontré, papoté, vu des films, bu des coups. Gindou, quoi. Un festival à la programmation éclectique et rigoureuse pleine de découvertes ou de rétrospectives (cette années, les frères Larrieu). Un public nombreux, réactif et sans concession, rodé par 35 années de Rencontres.

Dimanche, l’accueil pour Manigances a été extrêmement chaleureux et on m’a beaucoup parlé de cette projection. Le film était dans un programme plus qu’alléchant avec les très bons films Le voyage de Yashar de Sébastien de Monbrison, Gronde Marmaille de Clémentine Carrié ou encore Ma planète de Valéry Carnoy. Je me suis régalé à voir réagir à tous les moments que j’étais sensé trouver drôle au montage.

Lundi midi, c’était une rencontre-débat-signature de Magnétique au stand de la librairie de Sarrant (Didier et Catherine Baudry). Un moment plus qu’agréable aussi.

Bref, comblé. Un grand merci à Sébastien et Marie !

Une info amusante

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A priori ce n’est qu’une anecdote. Éric Woerth poste un tweet où il se montre en train d’escalader un glacier. Il veut montrer qu’il est en forme, sportif et a le goût du risque et de l’effort. Ok. Mais, certains internautes remarquent que sur la photo, on voit deux personnes marcher debout et que la petite lanière de son sac à dos témoigne que le cadre a volontairement été basculé pour donner l’impression de vide.

Si l’on redresse la photo en redonnant à la lanière l’orientation dictée par la gravité, on ne voit plus qu’un mec à quatre pattes, un peu trouillard, assuré par des pointes aux pieds, aux mains et par une corde. En dehors de l’accoutrement, ça fait davantage touriste qu’alpiniste chevronné.

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Mais passons sur cette petite déformation de la réalité qui, à près tout, est assez amusante. Ce qui l’est moins, c’est la façon qu’a Éric Woerth de se défendre. Je peux appeler mon guide de haute montagne pour qu’il en atteste. Si on peut voir deux personnes en train de marcher, c’est que celles-ci sont 200 mètres plus bas, là ou le glacier se redresse. Cela fait 40 ans que je pratique l’alpinisme. Cette photo n’avait pas d’autre but que de partager ma passion, mais cela reste drôle”. Il parle de guide, de 40 ans de pratique, des personnes qui marchent mais à aucun moment il ne concède que la photo a été cadrée pour accentuer l’idée de vide. Il aurait pu répondre : « certes, la photo est quelque peu orientée, mais on peut voir que ce n’est pas moi qui l’ai prise… ». Faire une blague, quoi.

Éric Woerth fait partie de cette classe politique impliquée dans différentes affaires de magouilles. Pour ces gens-là, le travestissement de la réalité a beau être flagrant, ils continueront toujours à nier avec le sourire.

Une expérience en vidéo

Pour l’écriture de Magnétique, j’avais investi une partie de mon à-valoir dans quelques appareils qui me permettraient d’aller plus loin dans ma recherche de donner corps à l’invisible.

Dans cette vidéo, je montre des tests qui tentent de voir si l’on peut influencer physiquement un liquide par intention.

Je reste très conscient du risque de présenter de telles expériences tant l’hypothèse qui motive ma petite recherche est a priori totalement farfelue. Parler des sourciers ou des guérisseurs, ça passe. Ça fait folklore local. Mais montrer des expériences qui voudraient faire passer du folklore à une explication hors connaissances scientifiques induite par ces pratiques a quelque chose de transgressif. Je sais.

La question que je me pose au sujet de cette vidéo est la suivante : vont-ils dépasser un regard qui juge, qui cherche au-delà de ce qui est montré et écouter le propos ? Quand on est persuadé qu’une personne délire, on ne s’intéresse pas à ce qu’elle dit mais à la façon de le dire. Et on brode sa propre histoire. En fait, cette vidéo est aussi une expérience dans l’expérience. Une exploration des limites.

Allez, direction la plage !

Gindou, du 17 au 24 août

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La nouvelle la plus fabuleuse du moment, c’est la sélection de Manigances, mon court-métrage avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet, au festival de Gindou (Lot). À chaque fois que je vais dans ce festival, c’est que du bonheur. Le public a le regard aiguisé par 35 ans de rencontres, l’endroit est chaleureux et convivial, la sélection qui laisse place à de belles découvertes. Je raconterai tout ça le moment venu (17 août).

http://www.gindoucinema.org/index.php/396-gindou-2019.html

En attendant, une abeille m’a piqué en plein magasin de bricolage, déclenchant assez rapidement un œdème qui m’a invité à préférer préparer la prochaine vidéo du Labo de Béber plutôt que de prendre la truelle. J’annonce donc une vidéo très prochaine qui parlera de… de… bio-psychokinèse. C’est quoi ? Ben vous verrez bien !

Lobotomie

LOBOONE

Aujourd’hui, il fait doux. Ces histoires de réchauffement, c’est sans doute vrai, mais ce n’est pas catastrophique puisqu’il peut encore faire doux.

Aujourd’hui, on me dit qu’il n’y a pas de lien entre l’intervention de la police et la mort de Steve. C’est vrai que ces jeunes drogués et alcoolisés n’ont besoin de personne pour tomber à l’eau.

Aujourd’hui, on m’a montré ce gilet jaune homophobe et raciste. C’est vrai que ce sont sans doute des fascistes. C’est ce que nous dit notre gouvernement. Il doit être bien informé.

Aujourd’hui, on nous a montré ces gilets jaunes qui sont violents et cassent. C’est vrai que c’est pas bien de casser. Les gens devraient se calmer.

Aujourd’hui, on nous dit que les règles du chômage vont changer. C’est vrai que quand les assistés le seront un peu moins, ils finiront par aller travailler.

Aujourd’hui, on apprend que jamais les riches n’ont jamais été aussi riches et que la précarité augmente chaque jour pour les plus faibles. C’est peut-être vrai, après tout. Mais n’est-ce pas l’ordre du monde depuis la nuit des temps ? La façon la moins pire de sauvegarder l’humanité ?

Aujourd’hui, on nous dit qu’à Moscou et Hong Kong la police réprime violemment les manifestants. C’est vrai que dans certains pays, les libertés sont réprimées. Les gens se battent pour la démocratie.

Aujourd’hui on nous dit que l’état profite de l’été pour expulser les sans-papiers à la pelle. C’est vrai qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

Aujourd’hui, il fait doux.

Au cas où… Définition du second degré : Forme d’ironie et d’humour qui laisse sous-entendre l’inverse de ce que l’on pense vraiment.

L’été pas loin

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Le blog est en sommeil, parce que c’est l’été. Alors je m’énerve moins. Je travaille de mes mains. Je maçonne, je peins. Je vais même souder, tant que j’y suis. On rafistole la cabane. Pas de théâtre. Les tournages sont pour l’automne. Bien sûr, si Manigances se retrouve en festival, il faudra lâcher la truelle pour retourner à l’agitation du monde. Ce sera avec plaisir aussi. Mais en attendant, bosser concrètement, laisser reposer la tête. Le soir, quand le soleil est couché et que les oiseaux se sont tu, depuis le hamac, je guette la sortie de la hérissonne et de ses petits.

Berlin Go ! #4

Quand on veut jouer au plus con avec moi, on n’est jamais sûr de gagner. Après avoir bien intégré toutes les règles à la con du parfait cycliste, voilà qu’un couple de vieux connards projète de m’égorger sur pied en proférant des insultes germaniques, comme quoi je n’aurais rien à faire sur le trottoir sur ma bicyclette. Sauf que, d’une part je ne vois pas ce qui l’autorise à ramener sa fraise puisque je ne le gène en rien. D’autre part, il se trouve que nous sommes sur une partie où la piste cyclable est précisément déviée sur le trottoir, pour cause d’arrêt de tramway sur la rue. Dans une langue très européenne, mêlant français, allemand, anglais et espagnol, plaçant ici ou là quelque Ahrrrrrr, je me suis mis à gueuler plus fort que lui. Ma compagne m’a accompagné dans ce récital. Une semaine qu’on se fait pourrir sur nos vélos. Se faire gueuler dessus alors que ce sont eux les fautifs, c’était la goutte d’eau, le béret sur la tête, on entre en résistance.

Ne voulant pas non plus faire un spectacle bénévole, je repartais sur ma monture. Et là, j’entend un énorme rire de Castaphiore. Je maîtrise mal le rire allemand mais la traduction devait être à peu près celle-ci : non mais c’est incroyable, ils viennent chez nous pour nous écraser et en plus ils nous insultent. Dans quel monde on vit ?

Bref, ce n’est pas ce que je retiendrai de notre séjour Berlinois. Mais comme je ne tiens pas un blog sponsorisé par Tourisme et vacances, démerdez-vous. C’est super, Berlin, sa douceur (quand t’es piéton), son architecture témoin d’histoires, ses musées, ses galeries, ses lieux alternatifs, ses boutiques bobos, ses bier gartens, ses curry wurst, ses friches artistiques, ses terrasses, ses recoins…

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Pas de canicule. Toujours ça de gagné. Séjour toujours aussi réjouissant. Même si…

On ne va tirer des généralités à partir de sa seule expérience (ce que j’aurais tendance à faire, comme tout le monde) mais je me suis tellement fait hurler dessus par un taré, tout simplement parce que je l’avais dépassé à vélo pour attendre que le feu passe au vert, que j’ai tremblé de la terreur que ce type de voix peut susciter. Rarement ressenti autant de violence. La violence de ceux qui pètent un câble quand leur pauvre petit ordre se trouve dérangé. La psychorigidité irrationnelle du facho de base. La veille, j’avais vu deux pauvres jeunes cyclistes Espagnols se faire pourrir comme des assassins parce qu’ils avaient freiné un peu tard et mordu sur la ligne piéton.

J’en ai conclu que Berlin était bipolaire, partagée entre l’expression débridée et bordélique de ceux qui inventent le monde et la rigidité violente des nostalgiques de l’ordre. Comme partout, sans doute, mais avec un putain de poids historique. Encore lourd, le poids de l’histoire, de tous côtés. Le mur de la cour intérieure de l’immeuble où je crèche est criblé d’impacts de balles. Et je suis dans Berlin Est (ou l’échec douloureux d’une expérience communiste). Ça aussi ça impacte.

Bon, c’est un blog et j’y dis aussi ma connerie. Scusez-moi.

Berlin 2

Quand je dis que je suis à Berlin, on me demande si je suis en tournage. Il ne vient que très rarement à l’idée qu’on puisse y passer une semaine de vacances. Ben si. Et c’est très agréable dès que l’on quitte la partie bétonnée.

La photo, c’est l’ancien aéroport de l’est converti en parc. Tout est un peu comme ça, hésitant entre une extrême rigidité et une énergie de bric de broc rebelle. Un bobo à vélo brûle un feu rouge, on manque lui casser la gueule.

C’est cool, Berlin.

Berlin

Berlin. Le mur, c’était il y a 30 ans. Aujourd’hui, c’est so arty, so bobo, ses vélos, son peu de voitures, son street art, son imagination, sa douceur de vivre. Tout est fait pour le vivre-ensemble. C’est pas compliqué, on aurait juste envie d’y vivre, s’y poser. Mais comme partout, c’est vraisemblablement plus compliqué que ça. Peu de mixité, une population Canal Saint-Martin des années 2000. En tout cas, tellement plaisant, comme ça, en passant. À la fois excitant et reposant.

Badine, l’humeur

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La troisième vidéo tarde un peu, me direz-vous. Oui ben, l’expérience en cours est inédite et longue. Un peu de patience. Il m’en faut bien. Mais changeons de sujet.

Comme vous, j’ai vu tout le toin toin autour du défilé du 14 juillet. Une fête révolutionnaire qui est devenue un hymne aux armées, un défilé de canons, avions et missiles tentant de nous faire croire que nos dirigeants en ont de plus grosses que les nôtres. C’est comme dans les sciences dites dures. Il vous faut du quantitatif. Exit l’homéopathie ! Et ceux qui sifflent et huent, ceux qui font désordre, on les arrête et les parque dans des cours bétonnées cerclées de hangars et de babelés. Les jolies colonies de vacances pour courber la tête de ceux qui la oseraient la redresser.

C’est l’été 2019. Rien de bien neuf dans notre monde de brutes et de soumission fainéante. Plus rien n’offusque. On en oublie même la nature des symboles. On les détourne pour la cause des guignols qui se croient tout-puissants.

N’hésitez pas à aller écouter la chanson de Léo Ferré postée en commentaire dans l’article précédent par Robert.

Des oiseaux dans les pierres

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Depuis qu’on a mis ces lumières dans l’allée, il n’y a pas à dire, c’est plus agréable. Mais non, je déconne. En même temps, les riches, à part quelques Fillon qui sont attachés aux demeures de charme ou Balkany qui vous ferait croire qu’il a acheté ça pour une bouchée de pain et qu’il a beaucoup de mal à entretenir, les riches, donc, la nouvelle mode consiste à se faire loger en logement social et à profiter des belles demeures d’état aux frais de la populasse. Je dis ça, je dis rien.

Rien à voir. Je voulais vous faire part d’une relation étrange qu’a noué un oiseau avec moi. Il piaille, me suit et manifeste clairement qu’il recherche ma compagnie. Je me suis d’abord dit qu’il réclamait à boire ou à manger. Mais non, il s’en fout. Il veut juste communiquer avec un deux-pattes-sans-ailes. J’ai envie de lui demander à quoi ça rime. Ce matin, il a même amené un copain avec lui dans la grange. Il a dû lui dire : « viens voir, il y a un deux-pattes-sans ailes qui fait la causette avec moi ! ». L’autre a certainement haussé les ailes et il est reparti à sa liberté d’oiseau.

Pour ceux qui suivent mes aventures, j’ai décidé de porter cheveux courts et de raser ma barbe. En effet, j’ai été pris dans cette glabritude pour le dernier casting. Ma tête semble plus présentable qu’avec ma barbe d’Ange-Anselme. Et du coup, je ne joue même pas un prolo déviant mais un député réactionnaire. Ça change. Ça donnerait presque envie de château.

Perspective

TROP

Acheté une chemise et une cravate. Rasé ma barbe. Appris mon texte. Levé à 05:00, sauté dans le train. Arrivé à Paris, acheté une veste, coupe radicale chez le coiffeur. Oublié mon sac à dos à la terrasse du café. Retourné à la terrasse du café et retrouvé le sac à dos. Et j’ai chaussé mes lunettes et passé le casting. Un rôle de député. Mélenchon peut bien aller se rhabiller. Super moment. Puis voyage en sens inverse.

Retour aux castings pour petits rôles. J’ai trop joué pour Un Village Français, trop fait de théâtre, trop ramené ma fraise pour la convention collective, trop été de gauche, trop été gilet jaune, trop passionné de trucs bizarres. Pas assez fadasse et dragueur de petits fours.

La deuxième vidéo sur la recherche sur plan

Et voilà qui est fait. La seconde vidéo porte sur la chose la plus incompréhensible que je connaisse : les sourciers qui cherchent de l’eau sur un bout de papier !

Il fallait en passer par cette étape pour comprendre à quel point ces phénomènes étranges sont inacceptables d’un point de vue scientifique alors que pour les praticiens, on touche à l’évidence. La grande question qui a animé mes recherches toutes ces années  a été celle-là : je constate qu’il existe des effets mesurables d’actions à distance et j’aimerais bien comprendre ce qui se passe. J’ai trop d’expériences à mon actif pour en rester à la réponse facile : c’est juste le hasard.

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Bon, sinon, demain, direction Paris pour passer un casting. Au prix que ça me coûte, j’espère que je serai pris sur celui-là. Mais bon, comme il s’agit encore de jouer un connard fini, j’ai mes chances.

Création d’une chaîne Youtube

Je me rends compte qu’il est très compliqué de parler des mes trucs bizarres, en particulier de mes expériences qui tendent à montrer que la pensée peut avoir une influence sur la matière. C’est l’endroit où je franchis la ligne blanche pour le commun des mortels qui a le réflexe de me reléguer chez les fous. À propos de mon dernier bouquin, Magnétique, la mère d’un copain qui m’avait vu en parler à la télé, lui a dit « c’est un piège à nanas, son truc, là ». Autant on peut parler des sourciers, voire des guérisseurs, autant là on dépasse l’acceptable dès lors que l’on s’adresse à une personne normalement sceptique.

J’ai l’idée d’en faire un film. Je vais faire le dossier et tout ce qu’il faut, mais je devine les réticences des commissions d’attributions des aides. Je serai catalogué d’ésotériste ou je ne sais quoi de la sorte. Il faudra jouer serré en grossissant le côté poétique et gentiment barré. Un bidule dont on ne sait pas si c’est du lard ou du cochon.

En attendant, j’ai décidé de devenir un youtubeur de la thématique. Je ne vais bien sûr pas m’enrichir car le business sur Youtube, ça ne vaut que sur des sujets consensuels et généralistes. Je me situe dans une niche qui rapporte pas un clou. Mais au moins, j’aurai la chance de toucher un public intéressé par ces sujets et peut-être de créer quelques points d’interrogations dans des esprits de passage.

Je commence par une première vidéo bien sous tous rapports, un peu efficace, assez ringarde et qui aborde la question des sourciers. Pas de quoi effrayer quiconque. L’avantage de la formule, c’est qu’elle me permettra, non pas d’afficher des résultats d’expériences sous forme de graphiques et de tableaux, mais de les filmer en train de se faire, à toutes les étapes. Ainsi, les résultats auront-ils davantage de poids.

Allez-y, abonnez-vous. Vous ne serez pas déçu…

Intra-Muros au festival d’Anjou

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C’était hier. 1.500 places dans un gradin, ça donne ceci. J’avais accepté de remplacer Hocine Choutrit, mon remplaçant dans le rôle d’Ange. Le bougre avait dégoté un tournage à Los Angeles. Mais si au départ, je pensais rendre service, j’ai été très largement récompensé. Ce fût en effet une grande représentation d’Intra-Muros (d’Alexis Michalik). J’étais le seul de l’équipe de création, aux côtés de Ariane Mourier (Jeanne), Marie Sambourg (Alice), Christopher Bayemi (Kevin), Johann Dionnet (Richard, avec qui je n’avais jamais joué) et Raphaël Bancou à la musique (l’équipe d’Avignon 2019).

Comme ça faisait un petit moment que je n’avais pas joué, je me suis fait des italiennes de texte, histoire de me rassurer avant d’entrer en scène. Mais, Intra-Muros, pour Ange, c’est loin de n’être que du texte. Il y a tous les déplacements, les manipulations de décors, etc.. Et là, je me suis planté une fois, mettant le costume d’un personnage secondaire une scène trop tôt. Petite frayeur passée inaperçue. Sauf par l’équipe. Et par moi.

Au bout du compte, il y avait une belle énergie entre nous, une écoute intense et des vibrations du public très porteuses. Et à la fin, les 1.500 personnes étaient debout pour nous applaudir.

https://youtu.be/wi-fEkb36DE

Dire que j’aurais manqué ça…

 

Allez, rebelote !

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Jeudi, j’ai trouvé un truc pour éviter la canicule à Paris : je vais jouer Intra-Muros au festival d’Anjou ! Oui, je sais, j’ai dit que j’avais fini Intra-Muros. Mais c’est pour remplacer un acteur qui joue Ange et qui été pris sur un tournage à Los Angeles. Je pouvais difficilement lui dire : « ben, dommage pour toi… ». Et puis, allez, j’avoue. Je suis content d’aller me faire un petit coup de scène et trouver une équipe dont je ne connais pas tout le monde.