Ça serait dommage de rater ça.

FINDELETE

Vendredi soir, sur Arte, passe un beau film. La fin de l’été. Le film brosse le portrait sensible d’un ado et de son jeune frère (Talid Ariss et Maël Rouin Berrandou), en vacances chez leurs grands-parents (Bernard Le Coq et Christiane Millet). Premiers émois, questionnements sexuels, confusions des amitiés amoureuses, peur panique de l’homme pour la femme fantasmée, mystérieuse, peur de n’être pas à la hauteur, de l’inconnu. Quand ces jeunes commencent à peine d’esquisser leur vie autonome, les grands parents racontent leur vieil amour par leurs gestes, leurs attentions, l’accompagnement de l’un qui perd la boule par l’autre qui résiste comme il peut aux catastrophes du temps qui passe trop vite et n’abandonne rien de son amour.

Très banal comme thématiques tant elles sont universelles. Mais c’est là qu’intervient le cinéma, son casting, sa direction d’acteur, sa lumière, ses cadrages, sa mise en scène, sa capacité à restituer de façon stylisée la vérité sans fard, avec justesse, faisant éclore l’émotion avec intelligence et délicatesse. Hélène Angel parvient à porter un regard qui communie avec la nature et les êtres les plus communs, sans chercher à en faire des héros désincarnés, des stéréotypes. Elle nous montre des gens, nous-mêmes, nos familles, nos voisins.

Je ne vais quand même pas faire un article entier sans parler directement et sans détour de moi-même. On me connaît. J’ai réellement débuté en cinéma avec un magnifique rôle dans un des films les plus forts dans lesquels j’ai eu la chance de tourner. C’était en 98. Ça s’appelait Peau d’Homme, Cœur de Bête. Et c’est Hélène Angel qui l’a réalisé. Mais attention. Je ne fayote pas. On est amis et ce n’est pas le genre de la maison. Je vois des films et quelques-uns me touchent par la justesse de leur regard. C’est un de ceux-là.

Vendredi 4 octobre à 20:55 sur Arte.

Casting la série, épisode 5 (épilogue)

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Quand ça veut pas… Alors, il y a un nouveau retournement dans cette histoire. Ben oui, j’ai un autre tournage aux mêmes dates. Donc, impossible pour moi de faire celui-ci.

J’entend une voix au fond de la classe qui dit « on aurait pu commencer par ça, non ? ». Donnez-moi votre carnet de liaison, petit impertinent !

Sur ce, Jacques Chirac est mort. J’avais serré la main du président lors d’une projection d’Indigènes à la quelle il avait tenu à assister et à l’issue de laquelle il avait décidé de revaloriser les pensions de retraite des anciens combattants tirailleurs et goumiers. Merci Monsieur Bouchareb et merci Monsieur Chirac. Pour une fois, jouer la comédie avait eu une incidence concrète sur la vie des gens. À la même époque, son ministre de l’intérieur, un certain Nicolas Sarkozy, crachait sur le film.

Casting story, épisode IV

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Igor Kovalski, Adrien L’Hommedé, ma pomme en survêtement.

Il ne faut jamais croire que tout est fini. J’avais annoncé une bonne nouvelle, la voilà ! Je ne sais qui est intervenu avec force et persuasion dans l’histoire du casting dont j’ai fait une petite série, mais finalement je suis pris dans le rôle pour lequel j’ai passé des essais. Morale de l’histoire : il reste une part de morale dans ce qu’on croyait perverti par les lois de l’argent. L’expression peut avoir des conséquences bénéfiques. C’est la seconde leçon. On ne peut que s’en féliciter. En tout cas, cette histoire fait un homme heureux puisque je me réjouissais à la perspective d’incarner ce rôle. Merci à celui qui m’a défendu. Tout ce qui va dans un sens de justice me ravit, tant pour les autres que pour ma pomme.

J’ai eu l’info pendant que je tournais dans Gare au Fenwick d’Adrien L’Hommedé (l’homme aidé), avec Igor Kovalski. Les docks de Rochefort, ça avait de la gueule. Bonne ambiance, beau boulot. J’ai adoré le Fenwick et le port de gilet jaune. Bien amusé (c’est la base du métier).

LA FRENCH ce soir à 21:04 sur France 3

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Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas mon nom qu’il faudrait bouder la French de Cédric Jimenez. J’y joue quand même Lucien Aimé Blanc, un sacré flic, avec un paquet de bons acteurs, une image très seventies.

Là, je suis du côté de Rochefort où je tourne dans un court-métrage d’Adrien L’hommedé. Un bien joli scénario et une journée épuisante à conduire un Fenwick H25 avec Igor Kovalsky Retrouvé une partie de l’équipe de Cosmodrama et de… Manigances.

Si ça intéresse quelqu’un, une bonne nouvelle pour demain, ça va venir.

Science-fiction

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Quand t’étais homme préhistorique, il y a longtemps, à l’échelle d’une vie humaine, t’avais connu plusieurs guerres tribales, deux exils à moyenne distance et basta. À titre personnel, à l’époque contemporaine, j’ai connu les locomotives à vapeurs, l’écriture à la plume, l’arrivée du téléphone filaire grand public, de la télévision, puis de l’informatique. Le premier homme sur la lune. La chute du rêve communiste, la mise en œuvre de la mondialisation libérale, le marché commun puis l’Europe. Le catéchisme pour tout le monde, la mode new-âge, l’arrivée de l’homéopathie puis le déremboursement de celle-ci. J’ai connu les amplis à lampe pour la guitare électrique, l’arrivée des magnétos cassettes et mange-disques, les premières tables de montage-mixage sur mini-disc puis l’arrivée de Garage Band sur mac. Et c’est pas fini. Je n’ai que 61 ans.

Ça fait beaucoup pour une seule vie, beaucoup de changements de paradigmes, de valeurs communes, à l’échelle d’un pauvre humain.

C’est en considérant cette nouvelle échelle qui fait connaître à une seule vie humaine des changement radicaux que je n’ai pas aimé AD ASTRA (si tu n’as pas vu le film et que tu comptes le voir, arrête de lire l’article).

Certes le film est impressionnant et remarquablement interprété par Brad Pitt, mais il prétend répondre à la question métaphysique « y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». Et la réponse à laquelle nous ne sommes en réalité toujours pas en mesure de répondre, elle est donnée par le père qui ne l’accepte pas (génération précédente). Pourtant, cette réponse, elle est idéologiquement celle de la nouvelle génération, de la future, presque, quand ceux qui dirigent actuellement le monde, les matérialistes marchands, les scientistes à la petite semaine, auront définitivement casé toutes les croyances, les rêves de changement, les idéologies, au rang du charlatanisme et des superstitions.

Nous n’y sommes pas et nous connaissons aujourd’hui des sursauts de croyances mais le monde que nous construisons se dirige inexorablement vers l’avènement du Rien, du progrès technique, de la science qui élimine tout ce qui lui échappe. Les révoltes que nous connaissons, qu’elles soient idéologiques ou spirituelles, ne sont que les soubresauts d’un ancien monde qui n’a pas de place dans les instances décisionnaires, dans les cercles du pouvoir. L’ordre revient toujours dans le même sens, sous le regard bovin de la masse. Aujourd’hui, comme le raconte le film, ceux qui portent l’hypothèse d’un quelque-chose plutôt que rien sont des fous (comme le père dans le film). Les zadistes, les black-blocs, Gréta Thunberg, Mélenchon, les gilets jaunes, les révoltés de Hong-Kong, les évaporeus d’oranges…

Voilà les grands traits de la thématique de mon prochain film : ART SADA. Mais il finit bien.

Casting, suite et fin

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On croit toujours qu’on a un rôle. Surtout quand c’est votre agent qui vous l’annonce avec une joie non feinte. Mais hier après-midi, nouveau coup de fil : Heu, je suis désolée, la production m’a rappelée et comme ils avaient fait aussi un casting en région, finalement, ils préfèrent y prendre le rôle.

Alors, ce n’est pas une blague, ce n’est pas de l’humour, c’est la vérité. J’ai bien fait de faire la sieste en traversant Paris.

Alors, comment ça se passe, en vérité, factuellement, sans jugement : vous passez le casting (sans le réalisateur). Si vous êtes retenus, on présente les essais, non pas au réalisateur, mais à la chaîne qui valide ou pas. Ensuite, une fois validé, la prod doit penser financement. Quand on a une aide régionale, on doit redistribuer dans la région qui finance, en prenant des techniciens et des acteurs du cru. Je trouve par ailleurs cette donnée très pertinente pour la vie de la région.

Mais au-delà de tout ça, je pense à ce que sont devenus les choix artistiques dans la production audiovisuelle. Pour le cinéma, pour jouer la concierge on va vous proposer Virginie Éfira, pour la fermière, Karine Viard et pour le facteur, on va en faire une factrice et proposer le rôle à Adèle Haenel. Il est où le casting adapté au scénario ? Évaporé, disparu, au profit des préjugés qui régissent les rêves de recettes.

Et artistiquement… Artistiquement, il est où le choix du réalisateur ? Souvent, parce qu’il faut bien vivre et que le film se tourne, il avale son chapeau, finit par s’en foutre totalement de la question des choix artistiques. Et pour la télé, ben, c’est ce que j’ai raconté avec d’autres mochetées en plus. On va virer telle héroïne de série parce qu’on la trouve trop vieille en saison VI. Alors on va prendre son sosie un brin plus jeune.

Alors, je ne balance pas, je dis ce qui se passe, tout simplement, que tout le monde connaît et préfère taire pour garder sa petite place précaire. Il y a un problème ? Je n’en vois pas.

Là où je suis un brin triste, c’est que j’avais tourné dans le premier long-métrage du réalisateur et qu’on avait fait du bon boulot. Sympathisé, même.

En fait, ce monde bouffé par l’argent, qui nous a transformés en vulgaires consommateurs, il déconne à tous les étages. C’est peut-être pour ça qu’on n’en a pas terminé des révoltes, des gilets jaunes et des incontrôlables. Bien sûr, personne n’aime le désordre et aspire au silence et à la tranquillité. Mais quel autre choix que la révolte si l’on ouvre un peu les yeux et que l’on ne veut plus s’asseoir sur sa dignité ?

Résultat du casting

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J’ai eu le rôle. Enfin, un rôle. Pas celui pour lequel j’ai passé les essais, mais un autre. Moins paysan. Plus en colère. C’est ça, l’homme en colère. Et je suis content. 4 tournages qui s’enchaînent ou s’entremêlent.

Vu hier soir une avant-première Les Fleurs Amères d’Olivier Meys. Un film très instructif sur le destin de ces prostituées de Belleville, remarquablement interprété par des actrices Chinoises.

Vu cet après-midi une expo de Peter Keene et PietSo, à la Plateforme (Paris 20ème). Des installations qui mêlent végétaux, sculptures et appareillages électroniques au carrefour de la poésie et de la radiesthésie. Je voulais juste y passer, curieux. J’y suis resté deux heures et demie et me suis fait des amis.

Obligé de poursuivre mes expériences bizarres en vue d’une expérience en direct pour un congrès au mois d’octobre. Je peaufine et c’est impressionnant comme ça marche.

Bientôt la projection parisienne de Manigances. Il n’y a pas trop de places, alors je garde un peu de discrétion. Les copains sauront se rappeler à moi si je ne l’ai pas fait avant eux.