D’ici 3 jours

JAQUETTE

Mon agent nous a fait savoir qu’il serait bon de profiter de ce temps où nous ne pouvons pas travailler pour refaire nos bandes démo. Ma dernière datait de 2014. De fait, si je suis très absent du web pendant quelques jours, c’est que je suis occupé à ça. On en arrive là. On doit prévenir de nos absences publiques, maintenant.

Mais revenons à ces fameuses bandes-démo. La précédente, je l’avais faite un peu comme un CV. On m’y voyait jouer dans différents films à différentes périodes de ma vie. Mais à quoi cela sert-il de montrer que l’on a déjà joué et, si possible, pas trop mal joué ? Quand un casting a besoin de vous, c’est pour un rôle bien précis. Il va donc privilégier un acteur qui, par hasard, a montré qu’il avait déjà bien joué un rôle qui ressemble au personnage pour lequel on a besoin de trouver un acteur potentiel.

Pour la future bande démo, je vais tenter un truc qui ne se fait pas a priori. Parce que j’ai pour principe de vie de faire des choses que je n’ai pas déjà vues ou qui vont à l’encontre d’une norme ramollie et bien-pensante. Ma bande démo sera donc comme moi : plutôt clivante. Il y aura ceux qui aimeront et ceux qui détestent parce que c’est pas pareil que les autres. Ben oui, ceux qui font différemment sont vécus souvent comme dérangeants ou tout simplement comme des petits cons prétentieux.

Dans les faits, pourtant, quand on fait appel à moi pour des castings, depuis quelques années, c’est le plus souvent pour jouer le suspect ou le coupable dans les séries policières. J’ai tellement joué ça que, désormais, je rate systématiquement (et involontairement) tous les castings dans lesquels on me demande de rejouer la même chose : le mec qui a l’air louche qui va orienter vers une fausse piste ou le gars d’extraction populaire qui porte en lui une grosse faille qui va le faire passer à l’acte. En fait, je crois que je ne sais plus jouer ça. Je n’y arrive plus parce que ça ne m’amuse plus. Est-il possible de jouer sans plaisir, sans désir ?

Mon vrai créneau de jeu, celui pour lequel je n’ai aucune lassitude, c’est la comédie ou les films de genre ou d’époque, les personnages lunaires, décalés, burlesques, poétiques, dans l’espace, obsessionnels à forte caractérisation, naïfs imbéciles ou en colère. Ce sont eux qui résonnent le mieux avec ma vibration énergétique intime (Du Filho, Rufus, Villeret…). C’est sûr que dans ce créneau, il n’y a pas beaucoup de personnages parce que notre monde adore les drames réalistes dans lesquels les gentils et les méchants sont reconnaissables au-delà des limites de circulation en période d’état d’urgence sanitaire. C’est comme dans l’actu : les vilains gilets jaunes, le trop violent Mélenchon, les salauds des cités, les dépravés de l’argent. Le monde se police à tous les sens du terme.

Bon mais, je bavarde, je bavarde. J’ai une bande démo à faire !

Mon 11 mai

libération

Qu’est-ce qui est plus insupportable que d’être dans l’attente, de ne pas avoir les éléments qui te permettent d’envisager le futur ? C’est ce que produit le déconfinement, en fait. Au moins, confiné, tu te dis que tu n’as le choix de rien.

J’ai l’habitude de ce genre de situation. Dès que l’on fait des projets artisitiques, leur réalisation dépend de multiples intermédiaires qui prennent leur temps pour lire, prendre des décisions, se réunir, attente des résultats de diverses commissions pilotées par des spécialistes plus ou moins contestables… Professionnellement, on attend, on s’habitue un peu, même si on fulmine souvent. Ces interdictions de se projeter finissent quand même par miner le moral.

Avec cette période post-confinement, c’est la même chose, mais on a l’impression que cette situation spécifique est désormais généralisée.

J’ai droit à la retraite grâce à mon activité professionnelle précoce depuis le mois d’avril. Mais impossible d’avoir un rendez-vous téléphonique et les réponses aux messages écrits sont le plus souvent totalement inappropriées.

Dans le village où je me suis confiné, on devait avoir des masques à disposition au bureau de tabac le 4 mai + d’autres distribués par la mairie avant le déconfinement. Mais personne n’a été livré.

Ce rayon de circulation de 100 kms me coupe de tout accès à ma famille et mes amis ou à mon milieu professionnel. Rentrer à Paris sans activité ? Tout rassemblement public interdit ? La question se pose. Mais se retrouver bloqué là-bas, en appart, sans boulot, sans loisirs, je ne suis pas certain.

Et quand tu vois que les décisions dépendent du monteur de tigres, de Véran, Philippe et Rantamplan, tu n’es pas certain que tout sera fait avec bon sens.

Si tu ajoutes à cela que tu constates que beaucoup de gens que tu connais se laissent aller soit à l’adoration de Son Altesse, soit au complotisme le plus imbécile, tu finis par te sentir un peu isolé sous la pluie et le vent.

Bref, le 11 mai jour de libération ? Pas certain.

Bad trip

trip

Dans la perspective du déconfinement, je me suis un peu lâché. J’ai trouvé un champignon dans le jardin. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Il ne me serait jamais venu à l’idée auparavant  de cueillir un champignon, comme ça, sans le connaître, pour le porter à ma bouche.

Il n’était pas très bon. Mais presque aussitôt, ma tête se mit à tourner. Je voulais regagner la maison mais, rien à faire. Tout tanguait autour de moi comme si je fus sur un bateau pris dans la tempête. Je me suis accroché au mât. Enfin, au tronc du cerisier. Et comme il me semblait qu’un vent monstrueux se mettait à souffler dans mes oreilles, je me suis laissé tomber au pied de l’arbre. Je sentais ma mort toute proche. Je n’avais même plus peur. Je savais que l’inéluctable était là, enveloppant, presque rassurant.

Couché au sol, ballotté comme une chiffe, j’entendis une voix. Une voix d’homme qui semblait théoriser sur ses chances d’accoster sans encombre. Je me risquais à ouvrir un œil. L’homme était barbu et assis en une étrange posture. Il m’est difficile de la décrire. Il avait, non pas la tête dans les mains mais les mains dans la tête. Oui, c’est ça. Ses mains étaient entrées dans sa tête. Mais ça ne saignait pas. Je fus pris alors d’une soudaine colère qui me fit me redresser : Au lieu de théoriser sur le naufrage, tu ferais mieux de descendre à la cale pour voir s’il y a du fromage et du jambon, lui lançais-je en bavant un peu. Sans doute le mot fromage se rapprochait-il du mot naufrage et mes neurones m’avaient-ils abandonné sous les effets du champignon pour s’en aller gambader à leur guise. Mais d’où sortais-je le jambon ? Je ne sais toujours pas.

C’est alors qu’apparût au-dessus de nos têtes une boule rouge d’où sortaient une multitude de petites trompes. Elle semblait tournoyer dans les airs à quelques mètres de nous, menaçante. Nous savions intuitivement que si par malheur elle parvenait à nous toucher, nous tomberions à jamais dans les abîmes. J’avais l’impression confuse que cette menace ne visait pas que nous mais l’humanité toute entière.

Je fus alors emporté par un élan héroïque qui me fit me redresser encore davantage. Je sentais maintenant que le sort de la planète reposait sur mes frêles épaules. Mais la boule rouge virevoltant dans les airs devait lire dans mes pensées. Elle s’enfuit. C’est alors que je sifflai, la bouche dans mes doigts (oui, je sais, c’est impossible a priori). Deux tigres qui broutaient les plants de concombre dans mon potager relevèrent la tête. M’apercevant, ils accoururent vers nous. Ils avaient compris. Nous les enfourchâmes avec mon compagnon de naufrage et nous élançâmes à la poursuite de la boule. Dans le ciel, une sorte de calendrier 2020-2021 se forma, apparaissant et disparaissant par intermittence. Puis tout devint blanc. Et je vomis.

J’espère que personne, après mon témoignage, ne se hasardera à ingurgiter un champignon dans son jardin s’il n’en connaît pas l’espèce.

Pour ceux qui ne s’intéressent que de très loin à l’actualité culturelle : Ce texte est très inspiré d’un certain discours sur la culture. Non, je n’ai pas mangé de champignons…

Toutes mes conneries vidéo-confinées

blog

Et voilà que le premier confinement se termine. Il aura été long, laborieux, anxiogène.

La seule chose que je suis parvenu à faire, c’est des conneries, chansonnettes ou vidéos potaches, pour nous distraire. C’est ce qu’il restera de mon nomansland temporel.

Le première chanson avec image animée fût « le monde de demain ». C’était au moment où nous nous rendions compte que ceux qui faisaient marcher la boutique étaient ceux qui étaient descendu dans la rue.

Pour le second clip, c’est Raph Charpentier, le copain musicien d’Intra-Muros a fait la musique. Un délire surréaliste sur la situation de confiné.

Toujours Charpentier pour la musique pour ce clip qui raconte la communication à 15 jours de nos gouvernants.

Là, ce n’est pas une chanson, mais un tuto interminable à la façon Édouard Philippe… Ça dure 13 minutes, mais ça vaut la peine d’aller au bout (contrairement aux tutos d’Édouard Philippe)… (gros succès)

Plus potache, le tuto 2 mais beaucoup plus court, avec un clin d’oeil à Raoult.

Une chansonnette pour finir, ritournelle entêtante qui interroge sur la notion de Bisounours.

Voilà quelle fût ma façon d’exister un peu en cette période qui laissera des traces (pas moi, la période).

Lundi, bouger sans remplir une autorisation… Bon déconfinement !

Madame Irma parle de Son Altesse

SAS

J’avais parié que Son Altesse allait tout lâcher pour les intermittents. En effet, les artistes sont réputés pour ouvrir leur gueule en argumentant et certains ont une réelle influence sur la pensée collective. On préfère toujours se les mettre dans la poche.

Ce n’est donc pas les mesures pour la culture annoncées par Son Altesse qui m’ont surpris. C’est le ton, la forme. J’avais l’impression que Son Altesse était soudain investie d’un nouveau personnage : le grand réformateur qui va changer le monde de demain avec imagination, volonté, voulant surprendre tout le monde, opérant un virage à gauche tel que le fit Roosevelt avec le New Deal.

Car oui, Son Altesse est romantique, passionné à ses heures. Peu importent les convictions profondes, c’est le rôle qui l’emporte. La beauté du personnage.

Et si Mélenchon allait finir par voler au secours de Macron ?

Imaginons deux secondes que Son Altesse mette en pratique ses paroles et veuille tout chambouler pour une politique où l’état est fort, décide, protège (une vraie politique socialiste, pas à la Hollande). Pensez-vous que cela se passerait comme ça, facilement ?

Quand on demande trop d’efforts au peuple, quand on le saigne, il descend dans la rue et crie. Alors on le matraque, on le gaze, on dénonce la violence des gens trop radicalisés, on laisse pourrir et tout finit par se tasser. Ça marche comme ça quand le peuple est en colère. Mais si l’on demande au pouvoir du pognon de faire des sacrifices, là, ça ne crie pas, ça ne descend pas dans la rue, ça ne fait pas de bruit. Mais ça agit dans les tours de la Défense, sur les plages de Caraïbes, ça téléphone, ça prend la fuite, ça place ailleurs, ça démolit tout ce qui pourrait aider aux projets bolchéviques. S’il le faut, il y a suffisamment d’argent pour faire dézinguer les gêneurs et monter de faux mouvements sociaux pilotés par les mafias. L’histoire est pleine de ces réactions du pouvoir de l’argent. Ce n’est pas une vue complotiste. C’est de l’histoire.

Je ne suis pas certain qu’il soit complètement naïf et vain de porter un regard sur les situations comme sur un théâtre de marionnettes, n’en déplaise aux « c’est-pas-si-simple ». Si la pensée peut sembler complexe, les actes restent guidés par des pulsions archaïques. Nous oublions trop vite que nous sommes des animaux. Ne craignons pas d’êtres bêtes puisque nous le sommes.

Pourquoi Sarko, Hollande, Macron, commencent-ils leur mandat en faisant des gros cadeaux aux fortunés ? Je parierais que c’est moins par conviction économique sincère que par peur de se voir emmerdé. Pour les artistes, c’est pareil. Les gouvernants ont peur de ceux qui pensent et s’expriment. Il vaut toujours mieux payer pour obtenir des bouffons. La pensée est sous contrôle. Enfin, une illusion de contrôle qui ne tient jamais bien longtemps.

Félicitons-nous de ces gestes pour les intermittents, quelles qu’en soient les motivations ! Et si son Altesse veut endosser un nouveau costume, qu’elle le fasse !

Oui, la période que s’annonce va être passionnante.

PS : Alors, le sujet de l’article n’est pas sur la qualité des mesures mais sur la posture de Son Altesse. Ensuite, je ne dis pas qu’il a viré à gauche mais « imaginons que ». Voilà…

Une chanson Bisounours

Une fois n’est pas coutume, j’ai commis une chanson Bisounours. L’effet de la campagne, du soleil, je sais pas.

La chanson initiale était plus longue, trop longue. Et la raccourcissant, je la trouve trop gentille. Mais bon, pour une fois…

Les divas

castafiore

Au début, ils étaient tellement dépassés par les événements que c’était le bordel obligé. Mais maintenant, nous mettre dans l’attente d’annonces est devenu une stratégie. On vous en dira plus en fin de semaine. Avant c’était dans 15 jours. 15 jours, ça semblait être la formule la plus utilisée par le gouvernement.

Tu veux regarder le premier ministre faire son discours à l’assemblée, mais tu ne sais pas où. Alors tu te doutes bien que c’est sur BFM. Mais pour ce qui est du débat des députés qui va suivre, tu auras pour mission d’aller chercher sur quelle chaîne ça se passe.

Aujourd’hui c’est le tour de Macron. Il a annoncé il y a plusieurs jours qu’il ferait un discours sur un plan culture. Fatalement, quand tu bosses dans ce domaine, tu as envie de savoir le plus vite possible quel sort nous sera réservé (même si a priori c’est idiot d’attendre puisqu’au pire, tu le sauras aux infos suivantes). Mais quand parlera-t-il ? Sur quelle chaîne ? Démerde-toi ! Tu as appris ce matin qu’il commencerait pas une visio-conférence avec des artistes (tu ne sais pas lesquels) et qu’il fera ses annonces après. Comme si celles-ci allaient tenir compte de cet entretien avec des artistes. Quel cinéma !

Avec cette histoire de virus, le gouvernement a compris qu’on était tous suspendus à ses décisions, dans l’attente des ordres et des consignes. C’est mieux que dans le plus beau de leurs rêves. Les voilà devenus un deux mois les maîtres absolus de nos destinées.

Et vas-y que je te blablate, que je joue la longueur, que je me fais désirer, que je te distille en deux heures des infos qui auraient pu prendre trois minutes. Vivement que le virus s’éteigne. S’ils ne l’ont pas chopé, ils ont chopé le gros melon, eux.

Tuto 2

Voilà. Celui-là est beaucoup plus court que le premier.

Bon, j’avais fait un long texte d’excuse et préfère vous laisser seuls juges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est aussi beaucoup moins réussi. Je le mets quand même pour témoigner de la difficulté d’être drôle à tous les coups. Je fais partie de ces instinctifs qui ont besoin de se réinventer à chaque fois pour trouver le ton juste. Sinon, je n’ai plus de substance. Je rapprocherais ça du métier d’acteur. Je ne suis pas certain de réussir plusieurs fois la même prise au cinéma ou de faire deux bonnes représentations d’affilé au théâtre. Il me faut toujours une possibilité de réinventer quelque chose pour que ce soit habité, sinon, je m’étiole.

Quand un mec fait un premier film génial, s’il reste sur le même registre pour le suivant, tu peux être sûr qu’il va se planter. L’effet de surprise est passé. Mais du coup, ça me laisse une possibilité pour le tuto3 de faire mieux que le 2.

Vient ensuite la question de l’humour. Le second degré est difficile d’accès et très clivant, comme ils disent (je ne parle pas du toto2 mais du 1 ou des chansons). Quand je fais une vidéo de 13 minutes pour parler de la vacuité des conférences de presse gouvernementales et de leur longueur interminable, il se trouve toujours des gens pour se dire que je me prends réellement pour Édouard Philippe ou que c’est vraiment trop long. Le second degré implique une connivence déjà établie dans les codes et la pensée de celui qui balance et ceux qui reçoivent.

J’ai toujours adoré Louis De Funès et ses excès, par exemple, mais je peux vous dire qu’au moment où ses films sortaient, les artistes intellos étaient peu nombreux à rire aux éclats. On regardait ça avec condescendance. On trouvait ça grossier, limite vulgaire. Et puis avec le temps, les artistes intellos se sont mis à aimer Louis De Funès, quand il est mort, comme ils ont fini par aimer Dalida ou Claude François.

Faire rire en son temps, c’est un sacré sport. J’admire les humoristes doués comme Blanche Gardin aujourd’hui, par exemple. Et j’ai beaucoup de compassion pour les humoristes fonctionnaires des radio publiques qui doivent tous les jours être drôles et qui rament comme des galériens (sauf rares pépites).

L’humour est trop compliqué pour répondre à des plannings.

On nous ment ?

illus

Mensonge, définition : Le mensonge, est l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité, ou encore la dissimulation de la vérité.

Dans la communication gouvernementale sur les masques, on peut en effet considérer qu’il y a eu mensonge, particulièrement au départ de l’épidémie. Et comme je fais des articles, des chansons ou vidéos qui prennent parti contre les gouvernants, certains s’imaginent que j’appartiens à la grande secte des complotistes (on nous ment !) dont les gourous sont les pires menteurs de la terre et sans doute les plus dangereux. Du coup, je reçois en message privé des tas de vidéos dont les commentaires nous invitent à vite regarder ça avant que ce soit censuré. Et on me dit que Bill Gates tue à tours de bras en Afrique à coups de vaccins pourris et qu’il en profite pour injecter à la population des puces biométriques, par exemple. On raconte encore plus de conneries que celles qui sortent de la bouche d’un ministre.

L’univers de la fiction paranoïaque déroulée par ces complotistes tient de la science-fiction à deux balles. Il y a les personnages très très méchants. Tellement méchants qu’ils finissent par en avoir les oreilles pointues ou se faire des signes d’appartenance que l’on peut capturer sur des vidéos. Le vrai pouvoir serait tenu par une cellule de puissants liés aux extraterrestres (ou infraterrestres) dont l’objectif est de nous saigner un à un et de nous faire croire que la terre est une sphère. On nous dit que, comme par hasard, Édouard Philippe a fait 12 pas pour se rendre au pupitre, 12 étant un nombre magique de la Cabale utilisé chez les juifs et les francs-maçons.

Alors, pour clarifier mon point de vue, il n’est pas question de dénoncer les mensonges des uns pour aller adhérer aux mensonges des autres. Car, ces autres-là, leur objectif est de répandre la haine et de laver le cerveau, d’empêcher de penser comme nous pourrions le faire en observant simplement les faits que nous avons sous nos yeux. Pour les complotistes, tout est fake-news. Tout est faux.

Ça produit quoi, l’idéologie complotiste ? Le pire populisme. Le complotisme conduit au pouvoir les pires idiots que la terre ait connu : Trump, Bolsonaro, par exemple, ce dernier venant d’organiser des manifestations contre les soignants. Chez nous, ça serait la Le Pen.

La vérité existe-t-elle ? Je conclue Manigances en faisant dire au narrateur que la réalité est un consensus éphémère. Cela ne signifie pas que tout est faux ou que rien n’est vérité. Il convient juste de nuancer les croyances qui prétendent à la vérité, qu’elles soient officielles ou pseudo-officielles.

Alors, s’il vous plait, évitez-moi vos vidéos complotistes. Il y a suffisamment à dénoncer en se contentant de ce qui est visible et avéré sans avoir besoin d’inventer des mondes sombres et cachés.

J’ai choisi très tôt la fable écolo-marxiste. Au fond, c’est l’anarchie et la liberté qui veillent et me tiennent debout. Je ne crois en rien que je ne puisse vérifier par moi-même de la façon la plus objective possible.

Ce petit rappel semblera naïf à quelques-uns. Je m’en fous. Si je le fais, c’est qu’il me semblait utile tant je constate que la connerie circule en privé. Ça me fait de la peine quand ça vient de personnes que j’aime.

Tuto Citoyen 1

Fan de la première heure de la communication gouvernementale, claire et concise, je me suis dit que, nous, citoyens, devions nous engager aux côtés de l’État pour égrainer une parole simple et constructive, destinée au plus grand nombre. C’est ainsi que j’ai eu l’idée de créer des « tutos » citoyens, pour le bien commun. En Marche !

Sachant que nous sommes des millions à suivre des conférences dont nous tirons tous quelques informations et pas mal de questions, je me suis dit que vous accepteriez de regarder cette vidéo de 13 minutes (one shot, zéro préparation, pas de montage) très instructive.

Merci à vous, c’est pour vous.

Ça tient à pas grand chose

chien

Bonjour. Je profite du confinement pour faire plein de choses passionnantes et j’ai hâte de voir arriver le 11 mai pour retrouver une vie sociale plus intense. Nous avons eu un mois de mars formidable d’un point de vue météorologique. On se serait cru en été. La pollution a beaucoup diminué en cette période de confinement. Il faut nous en réjouir. Là, je vois le ciel s’assombrir. C’est chouette, on va avoir de la pluie. C’est tellement bien pour la nature. Je me régale chaque jour de voir sortir les pommes de terre, grossir les fraises, chanter les oiseaux dont certains sont revenus fraichement d’une longue migration. Visiblement ils sont heureux. Bref, tout baigne. Quelle joie.

Que j’aimerais écrire des choses comme ça et m’en contenter. Vous ne trouvez pas que je suis assez négatif et en colère, en général ? Je sais.

En fait, c’est par excès d’optimisme. C’est juste parce que je crois en la justice sociale. En l’égalité, la liberté, la fraternité. Je crois que notre monde peut changer positivement, de façon dynamique, avec la responsabilité et l’envie de tous et de chacun.

C’est sans doute ce décalage entre ce qui me semble possible, ma foi en l’humanité, et la confrontation quotidienne à une réalité tellement différentes qui crée en moi cette zone de conflit intérieur qui me fait régulièrement sortir de mes gonds.

Il suffirait que je ne m’occupe que de Moi et de mes projets personnels. Je devrais me dire qu’il y a plus malheureux, que l’ordre du monde n’est peut-être pas bien juste mais que ça a toujours été ainsi, qu’il est naturel qu’il y ait des gouvernants, des gens très riches qui nous permettent de survivre. Vous préférez la Corée du Nord ? Je n’ai qu’à me dire que mes seuls ennemis, ce sont les gens qui habitent près de chez moi, vivent aussi bien que moi alors qu’ils ne le méritent pas. Je n’ai qu’à m’agacer de voir ces gens manifester, faire grève et troubler le bon ordre des choses. Je n’ai qu’à accepter sans broncher de voir mes droits sociaux sans cesse restreints par souci d’équilibre de comptes. C’est tellement normal, les restrictions budgétaires. On ne va pas dépenser plus qu’on ne gagne, quand même ! Quant aux libertés dont on dit qu’elles sont attaquées, je devrais n’en avoir rien à faire puisque Moi, je suis honnête et droit. Je devrais regarder d’un œil méfiant ceux qui sont différents de Moi et m’extasier devant les petites choses tellement belles et joyeuses en fermant les yeux sur tout le reste.

C’est ça. Il suffirait que je sois un chien. Un animal domestique. Mais je n’ai pas eu cette chance.

Aujourd’hui, humeur de con. J’assume.

C’est trop long !

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Bon, le confinement, ça commence à faire long, là. Il suffirait, semble-t-il de rendre le masque obligatoire, dépister à fond et mettre les contaminés en quarantaine. Enfin, si l’on en croit les scientifiques. Non parce que, dans les faits, le confinement aujourd’hui, dans les rues, ça ressemble de plus en plus à avant le confinement. Et les gens se promènent sans masque, donc contaminent potentiellement ceux qu’ils croisent.

Quant aux scientifiques, un coup t’as une étude qui dit que la nicotine a un effet bénéfique contre le virus, une autre qui dit qu’il s’éteint avec les températures élevées et l’humidité quand à Singapour (temps humide et chaud) le virus provoque une deuxième vague d’épidémie qui oblige au confinement.

On nage dans des informations contradictoires, y compris scientifiques. Petite parenthèse aux scientistes : acceptez l’idée, preuve à l’appui, que la science est une croyance de plus et qu’elle est très subjective, animée d’idéologie et de jeux d’influences.

Pas étonnant, dans ce brouillard, que personne ne sache plus quoi penser ni que faire. On finit par se sentir enfermé, juste parce que les gouvernants n’ont pas les moyens stratégiques de gérer selon les priorités réelles. La pensée des annonces se confond avec la gestion des stocks et les capacités de production.

Le modèle libéral montre ses limites de partout et son incapacité à gérer le sanitaire, le social. Tout repose sur un modèle économique théorique où tout va bien. Enfin, tout va bien pour le pouvoir de l’argent qui fait que ceux qui produisent les richesses et assurent le bon fonctionnement de la société sont les plus mal payés (cette crise nous l’a démontré sans avoir besoin de publication). Le mot réforme a changé de sens pour signifier dissolution continue des droits sociaux. La production de richesses se fait au détriment de la flore, de la faune, des équilibres environnementaux, mais on s’en branle.

L’État rechigne à réouvrir une entreprise bretonne qui fabrique des masques quand elle déploie des milliards pour aider Air France et Darty-Fnac. Le MEDEF demande un moratoire sur les obligations environnementales. Le monde de demain semble ne tirer aucune leçon et campe sur son modèle pollueur de la surconsommation.

Nous vivons tout cela depuis des décennies et portons Macron au pouvoir. Sommes-nous donc masochistes ? Ne comprenons-nous rien ? Sommes-nous aveugles ? Avons-nous perdu la parole, la pensée ?

Le premier qui me répond « c’est pas si simple » je… je… bref.

Une petite expérience rapide

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Dans le JT de 13:00 de France Inter, 2 à 3 minutes sont consacrées au spécialiste des serial killers que l’on suppose être mythomane. Il aurait triché sur son CV.

On est bien d’accord que tout le monde se contrefout de cette info dont on est en droit de se demander pourquoi la rédaction a choisi de la placer dans ce JT de 13:00.

Alors je vous propose une petite expérience pour essayer de percer ce mystère.

Donc, un spécialiste mythomane qui a menti sur son CV… Sans réfléchir donnez-moi le nom de la première personnalité qui vous vient à l’esprit. Plus il y aura de réponses, plus ça sera intéressant.

Je précise que ce n’est pas une blague et que vous ne devez pas vous demander ce qui me ferait plaisir pour faire rigoler mais réellement la première personnalité qui vous vient à l’esprit.

Merci d’avance.

Le cinéma me manque

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Revenons aux humeurs passagères. Ici, c’est le brouillard, l’automne, la rentrée. Nous avons connu le printemps et ses éclosions magiques, puis l’été et le plaisir de dîner dehors, aux derniers chants des oiseaux qui se souhaitent la bonne nuit et des grenouilles qui profitent de la tombée du jour pour lancer leur concert nocturne.

J’ai mis à profit le confinement pour faire de la chansonnette et lancer la phase 2 assez décisive de ma recherche sur l’eau. Mais ce qui raconte ce que je suis profondément se joue la nuit, dans les rêves. De ce côté-là, aucun doute. Mon être vibre au rythme du cinéma, tantôt comme acteur, tantôt à réaliser des films. Au réveil, tout le reste, aussi passionnant soit-il, la chansonnette, les expériences étranges, la politique, ne sert qu’à tromper l’attente, combler le vide.

Oui, je sais. C’est un peu comme si je déclarais ma flamme à Sophie Marceau (je suis allé chercher la femme préférée des Français).

Pour dire que…

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Depuis que je me suis mis à faire de la chansonnette, ça me prend un temps de dingue, comme dirait l’autre (celui qui considère que le temps, c’est de l’argent). Ceci explique mon absence des réseaux (entre autres).

Globalement, je commence à en avoir plein les bottes d’être pendu aux paroles floues de cette bande de gouvernants. À chaque fois, on voit bien que leurs décisions sont mal assurées et répondent avant tout à leurs lacunes.

Allez, tout va bien ici et j’espère qu’il en est de même pour vous.

Tiens, l’autre jour, j’ai fait de la gelée de pissenlits. Pas mauvais du tout.

Un entretien dans le magazine Komédie !

komedie

LES CASQUETTES À BLANCAN

À 61 ans, Bernard Blancan est l’inventeur du Théthyscope, un appareil qui, par un phénomène quantique se produisant en électrolyse, connecte un récipient d’eau aux humeurs d’une personne à distance. Cette découverte majeure sur des propriétés de l’eau et son rapport à la conscience lui vaudraient, dans un monde libre et ouvert, un prix Nobel. Mais voilà, Blancan, il n’est ni biologiste, ni physicien quantique. C’est un saltinbanque, acteur, réalisateur, sourcier, musicien, blogueur, auteur, chansonnier… Sa découverte a toutes les chances de se retrouver aux oubliettes de la science. Partons à la rencontre de ce curieux personnage un peu bancal, revendiquant sa liberté de penser et vantant les mérites d’une forme de médiocrité créatrice.

Bernard Blancan, quel enfant étiez-vous ?

Un amoureux. Je tombais amoureux des filles les plus folles et inaccessibles. Je me faisais l’ami de tous les gamins rejetés, Arabes, gitans, laids, bizarres. J’étais en admiration devant les coquelicots, boutons d’or et marguerites dans les champs de blé, les fleurs d’acacia que l’on mangeait, des fougères dont on faisait des cabanes. J’aimais me percher dans les arbres pour défier mon vertige. Aux chiottes, j’imaginais que les feuilles de PQ étaient des lettres d’amour. En classe, j’étais un clown imbécile.

Le théâtre, la musique, le cinéma dans cette période ?

À 15-16 ans, je devais être déjà aux jeunesses communistes. Avec des copines, on a fait nos premiers spectacles mêlant chansons engagées et théâtre. Mon père me prêtait sa caméra super 8 et je rêvais de faire des clips pour Pink Floyd.

Vous avez fait beaucoup de théâtre ?

Oui, au départ. J’étais à Bordeaux et je faisais du théâtre amateur avec le théâtre en Planches. Je n’imaginais pas devenir professionnel. Amateur, c’est celui qui aime, aimais-je à dire. Et puis j’ai fait le conservatoire en amateur, en cours du soir. Admirateur de Jean-Pierre Nercam, un metteur en scène dont j’avais été subjugué par un Godot magistral, j’ai fait un IUT carrières sociales, juste parce qu’il y était prof, plutôt que faire le conservatoire professionnel. Je détestais les acteurs qui se la racontent. Et puis j’ai joué avec plein de troupes bordelaises en refusant de m’incruster dans une, j’ai monté une compagnie avec la volonté de surprendre toujours, passant d’un Beckett à du café-théâtre en passant par Audiberti. Mais quand j’ai voulu adapter un Kafka, je me suis heurté au mur des institutions. On m’a dit : ce qui est compliqué, c’est qu’on a du mal à vous cerner. On vous voit faire le pitre avec des personnages à accent. Mais là, c’est un gros projet sérieux. À partir de ce jour, j’ai décidé d’abandonner la création théâtrale. Allez vous faire foutre ! J’ai fait l’acteur pour Lenoir, Blanloeil, Tiberghien, Cojo, Berdot, Mauget, Olliver… Un jour, j’ai fait un stage-spectacle avec Christian Collin. Un expérience très forte autour de La Tête Vide de Guérin. Collin m’a dit qu’il fallait que je parte à Paris. J’y ai réfléchi pour finalement décider que non. Et du coup, j’ai arrêté le théâtre et passé le concours d’instituteur avec succès.

Comment êtes-vous venu au cinéma, alors ?

Grâce à l’IUT. J’y ai rencontré des gens comme Philippe Lespinasse, Pierre Carles et Yves Caumon. Je jouais dans les films super 8 de ce dernier. Puis il a fait la Fémis et m’a fait tourner dans ses courts-métrages. C’est dans sa promo que j’ai rencontré Hélène Angel. Yves a continué à me faire tourner dans ses films (Cache-cache, par exemple) et, en 99, Hélène m’a offert mon plus beau rôle de long-métrage dans Peau d’Homme Cœur de Bête. C’est là que je suis parti à Paris pour essayer d’y faire l’acteur.

Et en 2006, la consécration. Vous obtenez un prix d’interprétation à Cannes !

Oui, pour Indigènesde Rachid Bouchareb, avec mes camarades de jeu Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Samy Nacéri. Un moment magique. Un conte de fée que j’ai vécu comme une reconnaissance inouïe, un aboutissement.

Et pourtant, votre carrière semble s’arrêter à ce moment…

Oui, c’est comme pour le virus. C’était le pic, suivi d’un plateau et d’une descente assez rapide.

Pourquoi, d’après vous ?

Parce que je n’étais pas préparé à plonger si tard dans le grand bain. J’ai continué à ramener ma fraise comme dans le pédiluve. Mais dans le grand bain, ça pullule de requins ambitieux et fébriles. Quelques-uns n’ont fait qu’une bouchée de moi (avec le sourire).

Des noms ?

Ça va pas, non ?! Mais, dans ce grand bain, il s’est trouvé des gens très bien qui ont permis à mes restes de vivre encore un peu sur les écrans. Laurent Teyssier, Philippe Fernandez, Cédric Jimenez, Serge Moati, Jean-Philippe Amar par exemple.

Vous tenez un blog depuis 2004, vous pensez que ça a quelque chose à voir ?

Certainement. Mais pas à cause de ce que j’y écris. Je n’ai jamais rien balancé. Je suis un trouillard, un médiocre, un rebelle de pacotille. Non, c’est pas à cause de mes écrits, mais à cause de ce que s’imaginaient les requins qui ne sont pas très intelligents. Mon blog était une menace potentielle pour eux. C’est juste ça. Un fantasme dans leurs têtes.

Vous savez, ce blog, c’est un éloge de la médiocrité. La médiocrité est notre lot commun, en réalité. L’humain, quel qu’il soit, a ses limites, ses failles, ses faiblesses. On croit toujours comprendre quelque chose quand nous ne faisons que croire à ce qu’on nous raconte ou à ce que nous nous racontons. À travers les personnes que l’on admire, on ne fait que projeter des personnages irréels, des personnages de fiction. L’humain est tellement plus piteux, en réalité. Quand j’écris dans le blog, j’ai cette conscience de ma propre condition de médiocre. Elle ne m’interdit pas de m’exprimer puisque j’en ai le plein droit et en éprouve la nécessité. Je me sens comme l’incarnation d’un Don Quichotte qui s’attaque à des moulins à vent et enfonce des portes ouvertes ?

C’est en 2006 aussi que vous devenez sourcier, non ?

Oui, mais je ne m’étendrais pas sur le sujet. J’ai fait un film produit par Céline Loiseau de TS Productions, Retour aux sources, qui raconte l’histoire.

Réalisateur ?

De courts-métrage, oui. Céline m’a suivi dans mes aventures cinématographiques loufoques comme Ogres Niais, réalisé à partir d’impros enregistrées d’enfants de maternelle et CP. Et puis, l’an dernier, on a fait Manigances, d’après une nouvelle du Décaméron de Boccace. Le mieux c’est de les voir.

Il y a 2 ans, vous retrouvez les planches dans une pièce d’Alexis Michalik.

Oui, Intra-Muros avec Jeanne Arènes (puis Raphaëlle Bouchard et Ariane Mourier) et , Alice de Lencquesaing (puis Sophie de Furst), Fayçal Safi (puis Christopher Bayemi), Paul Jeanson. À la musique, Raph Charpentier (suivi de Sylvain Briat). Une aventure incroyablement joyeuse au Théâtre 13, puis à la Pépinière et à Avignon qui s’est terminée pour moi par 120 dates de tournée.

Pourquoi avoir arrêté, alors ?

Pour retrouver ma liberté.

Pendant le confinement, on vous découvre chanteur…

Chansonnier serait plus juste. Je n’aime pas ma voix et ne me considère pas comme chanteur. J’écris des textes qui racontent des histoires loufoques ou qui commentent l’actualité. Il y a les chansons que je compose (je fais la musique de mes films et d’autres) et celles à qui j’ai confié par jeu la musique à Raph Charpentier (Intra-Muros). À chaque fois que j’ai terminé une chanson, je pense que c’est une grosse bouse, et puis finalement, ça plait à quelques-uns. Et puis dans cette période, c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé de rester « vivant ». J’ai toujours besoin d’agir, de faire des choses pour ne pas sombrer.

Vous avez signé plusieurs ouvrages. Vous considérez-vous écrivain ?

Certainement pas. À chaque fois que j’ai écrit un bouquin, c’était par nécessité de partager des choses réelles réputées de pas l’être : Secrets de sourcier (Eyrolles), Si j’étais guérisseur (Eyrolles) et Magnétique (Michel Lafon).

Justement, depuis vos débuts dans ces mondes plus ou moins sulfureux, vous vous appliquez à tenter de prouver l’existence de phénomènes étranges par la méthode scientifique. Mais ne pensez-vous pas que cet aspect de vos passions puisse mal passer dans la profession ?

À vrai dire, je m’en fous un peu.

Qu’en est-il du Thétyscope ?

Merci de me poser la question. J’ai beaucoup expérimenté pour montrer que la pensée pouvait avoir une influence physique sur la matière. J’en ai profité pour démonter des conneries qui pouvaient circuler sur le sujet. Je suis un pragmatique, chercheur autodidacte et empirique, le contraire d’un intellectuel théoricien. Je crois avoir cette liberté de vue offerte aux artistes pour m’affranchir des dogmes croyants ou scientifiques. Animé d’une curiosité sans limite, j’ai besoin de vérifier par l’expérience que ce que l’on me dit est vrai en même temps que je veux prouver que mes hypothèses, aussi farfelues soient-elles, sont justes.

C’est ainsi qu’en faisant le bilan d’une douzaine d’années d’expériences, je me suis aperçu que le dénominateur commun à celles-ci était l’eau. C’est ainsi que, par hasard, j’ai fini par découvrir qu’un récipient d’eau se chargeait de la conscience de l’être vivant qui la regarde. L’eau comme miroir de notre psyché (amusant de voir que certains miroirs s’appellent psyché, d’ailleurs). J’ai des mesures répétées pendant plusieurs mois qui en attestent et des expériences sur le modèle scientifique qui prouvent de manière irréfutable que ce n’est pas le hasard qui intervient dans les résultats obtenus.

S’ouvre pour moi une des plus grandes batailles de ma petite vie : faire reconnaître ma découverte. Et accessoirement, gagner un peu de pognon avec mon appareil.

Un grand merci, Bernard Blancan pour cet entretien très riche et rendez-vous donc pour la publication de votre découverte !

Merci à vous, Bernard Blancan, rédacteur en chef du magazine Komédie !

Je vous en prie, c’est moi.

Non, non, c’est moi !

 

Filmographie résumée en images

Retour aux sources

Ogres Niais

Manigances

Confiné de poule Chanson confinée avec musique Raph

Le monde de demain Chanson engagée par bibi

Arrêtez le foutage de gueule !

macron

Je ne m’attarderai pas sur la date du 11 mai ni sur le dépistage des personnes qui ont les symptômes. Il y aurait sujet à un article. Mais j’ai relevé particulièrement une partie du discours que je retranscris de mémoire. Grosso modo, il était question que personne ne vienne dire qu’il avait eu raison sur tout, qu’il fallait sortir des idéologies.

Non, Monsieur Macron, il n’est pas question de sortir des idéologies. Ceux qui se sont battus pour le maintien du service public, aux côtés des soignants, des retraités, des chômeurs, des précaires, contre les inégalités, contre les délocalisations, ils ont bien porteurs d’une idéologie. Et depuis longtemps. On les connaît. Ce sont les communistes, les Insoumis, le NPA, Lutte Ouvrière, les écologistes, Attack, les Gilets Jaunes et bien d’autres. Bref, tous ces gens que vous avez ridiculisés, méprisés, gazés, parce qu’ils n’adoptaient pas votre idéologie libérale, tous ces gens sont ceux qui, dans leur lutte quotidienne, dans leurs discours, disaient ce qui nous saute au nez aujourd’hui. Vous osez vous approprier des mots de la révolution ?

Pour qui vous prenez vous, Monsieur Macron ? Vous pensez que toute vérité, vous eût-elle été étrangère durant toute votre vie, vous appartiendrait désormais ? Ceux qui se battaient pour elle seraient-ils voués à ne pas rappeler que toutes ces évidences étaient les leurs ? Ces valeurs que vous semblez découvrir, c’est la solidarité, l’humanisme, la justice, le pouvoir des peuples à penser et à agir sans tenir rigueur du mépris qui leur a toujours été porté.

Vous avez l’air sympathique, en apparence, Monsieur Macron. Mais je n’oublie pas qu’En Marche, ce sont vos initiales. Vos marcheurs, élus ou Ministres, ce qui les caractérise le mieux à mes yeux, c’est l’Opportunisme. L’opportunisme cynique devrais-je préciser. Et voilà que vous nous en faites une nouvelle démonstration. « On s’est trompé. On va faire comme disaient les autres, mais sans les autres. Nous ce qu’on veut, c’est garder le pouvoir ».

Plutôt que jouer le rôle de celui qui veut rêver notre demain commun, vous feriez mieux de vous rapprocher d’une multinationale qui vous réservera un joli poste de direction. C’est vraisemblablement là qu’est votre juste place. Oubliez-nous. Nous aussi, on vous oubliera.

Bonus : tel qu’il est parti, en octobre, il nous pond un gouvernement d’union nationale. Sans le FN. Le FN, il le garde pour 2022 : « les fachos ou moi ». C’est grossier, mais ça lui ressemblerait assez.

Une chanson aviaire et confinée

Antibourrine, c’est le nom de groupe qu’on s’est donné avec Raph Charpentier. Quand on jouait intramuros, pour nous échauffer, il jouait de la musique et j’improvisais des chansons à la con. On a refait pareil mais chacun confiné dans son coin. Lui la musique (chapeau bas) et moi les paroles.

Alors, ce n’est pas une chanson à texte comme les autres, mais un divertissement un brin absurde, une diversion face à tout ça. Chanson enfantine pour tous les âges…

Parler des oeufs de Pâques, c’est bien, mais il ne faudrait pas oublier les poules…

Comme j’ai promis à Raph (le musicien) un gros succès à 30 vues, n’hésitez pas à partager !

Bas les masques

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Je pense que le mot masque est un des mots les plus prononcés ces derniers temps. Mais cette histoire de masques, même si elle est rebattue, mérite qu’on s’y attarde un peu car elle révèle pas mal de disfonctionnements économiques et politiques. Je n’ai pas peur d’enfoncer des portes ouvertes car d’autres n’ont de cesse d’essayer de les fermer en douce.

Chronologie

Tout d’abord, on comprend immédiatement que les masques sont des éléments importants contre la propagation de l’épidémie. On pige très vite qu’il y a les FFP2 qui protègent ceux qui les portent contre une contamination extérieure en même temps qu’ils empêchent au contaminé qui les porte de transmettre le virus. Le masque plus basique, s’il ne protège pas du virus que l’on croise, évite que l’on propage ceux que l’on porte soi-même. Tout cela tient de l’évidence.

Dans un premier temps, l’état raconte qu’on en a commandé plein, qu’ils vont arriver et que l’on en fabrique. Tout va bien. Mais très vite, on se rend compte, vu de chez nous, que personne n’a de masque et que les hospitaliers n’en ont même pas, ou si peu.

Vient alors le petit retour à l’histoire qui nous raconte que sous Bachelot, on en avait des milliards suite à la grippe H1N1. Et puis la grippe n’avait pas été si grave et tout le monde avait sauté sur Bachelot, Marine Lepen avec les autres, pour crier à la honte d’avoir dépensé autant d’argent. Ce fût là le début de disparition des stocks, démarrée sous Sarkozy et poursuivie sous Hollande et sous Macron.

Mais comme le sujet, c’est les masques, je ne développerai pas l’application de tous les gouvernements de droite ou socialistes à obéir aux directives libérales de l’union européenne qui ont eu pour effet de mettre à sac tout le système hospitalier et les services publics. Car oui, l’Europe est politique, l’Europe est néolibérale. Ce n’est pas une norme mais un choix idéologique qui implique des conséquences sur le bien commun de chaque pays.

Dans une phase ultérieure, le gouvernement a été obligé d’admettre qu’il n’y avait pas de masque mais que, l’épidémie étant internationale, c’était le cas de tous les pays. Par conséquent, on ne sera pas approvisionné aussi vite qu’on le souhaiterait. Mais qu’on se rassure : le comité scientifique (sur qui toute décision semble reposer désormais) affirme que les masques ne sont pas aussi utiles qu’on le dit. D’accord. Merci le conseil scientifique, on peut souffler. C’est ce même conseil scientifique qui aurait dit qu’on pouvait voter au premier tour des municipales. Il est très pratique, ce conseil scientifique !

Depuis quelques jours, le ministre de la santé nous explique que l’avis de ce même conseil scientifique a évolué : désormais, le port du masque devrait se généraliser davantage, en même temps que l’on commence à en produire. On notera qu’il y a une grande corrélation entre les avis de girouette du conseil scientifique et l’état en fonction des possibilités de ce dernier. Comme quoi, on aurait tort de croire en la neutralité de la science. Je précise cela parce que chaque jour nous montre, à travers les querelles autour de Raoult par exemple, que la science baigne dans les idéologies, les dogmes et les partis pris, comme toutes les instances de pouvoir quelles qu’elles soient.

La question est plus vaste et plus politique

Mais ces masques, en fait, en Asie, on n’en manque pas. Tout le monde en porte. C’est normal puisque la mondialisation libérale de l’économie a conduit à ce que 20% de la production mondiale dans tous les domaines se soit concentrée sur la Chine et les pays voisins à cause du coup de la main d’œuvre moins élevé.

Car oui, si les pays capitalistes (œuvrant sous des masques différents, républicains ou démocrates, de droite ou socialistes) se retrouvent sans masque (et sans respirateurs et le reste), c’est juste qu’ils ont fait le choix d’abandonner tout leur système de production pour le déléguer à des pays dans lesquels les ouvriers travaillent pour trois fois rien. Toute notre économie fonctionne sur ce principe : abandon des services publics, dévalorisation des métiers vitaux, production déléguée aux antipodes.

Oui, ce petit virus nous aura permis de voir les effets directs de l’idéologie néolibérale. Maintenant, est-ce que cela produira une prise de conscience politique de la population ? C’est pas gagné. Pourtant, difficile de ne pas constater. Il n’est pas question de vanter les pays communistes existant ou ayant existé mais de la nécessité que les choix politiques mettent en avant l’humain, la justice sociale, la protection, en prenant en compte les soucis d’environnement (cette nécessité dépasse l’histoire du virus, bien sûr).

On notera qu’une chanson prend moins de temps (à porter son attention, pas à la faire).

Encore pardon

J’ai essayé de récidiver dans la chanson en gardant une thématique d’actualité (le confinement) mais, cette fois, en essayant de bosser le texte et le niveau musical. Disons que ça me semble un brin plus profond que la précédente.

Lavez-vous les mains ! Et les oreilles…

Pardon !

Quand je me mets à faire de la musique (je n’en fais pas si souvent), j’ai besoin de commettre une sorte de bouse. Le truc qui sort avec les trois premiers accords. Tu pourrais t’arrêter là, mais non. En général, je poursuis ma non-oeuvre jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’elle soit terminée. Ce n’est qu’à partir de ce moment que je meux commencer à composer des trucs difficiles et qui demandent un vrai travail.

Pour cette bouse-là, j’ai choisi de faire une chanson. J’ai griffonné sur la table un texte vite fait, sans revenir sur aucune phrase, aucune rime, aussi ridicule qu’elle puisse être. Et ça donne Restez chez vous !, une espèce de pseudo chanson engagée à la façon de celles qui ont bercé mon adolescence.

Pour ce qui est de la thématique, je ne suis pas allé chercher bien loin. Les 15 premiers jours de confinement, j’ai été tellement atterré par la violence des échanges autour de la chloroquine que ça m’a énervé. Énervé par cette fascination bien compréhensible pour un bonhomme qui annonce qu’il est le sauveur et encore davantage pour le mépris agressif des « sachants ». Je ne savais plus où j’étais ni dans quel monde.

Et puis, dans cette période où l’on diffuse de jolies chansons joliment chantées par de belles personnes confinées, autant jouer de bad, du tripal à deux balles, du trivial pas content qui sent un peu des pieds.

Bientôt chez vos libraires !

livre

J’ai le plaisir de vous présenter la couverture de mon prochain livre.

On est persuadé qu’en cette période de confinement, on peut se cultiver, lire, écrire, créer. Je ne suis pas certain que cela soit exact. On est psychiquement tellement pris par la question de l’épidémie, qu’il me semble tout juste que l’on peut à la rigueur peaufiner des choses existantes, trier, classer, bricoler mais que le processus de création artistique reste compliqué en dehors du sujet virus-confinement.

Nouvelles de la plaine

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Raoult ou les Russes, hydroxychlorodrine ou méflokine, Nivaquine ou Lariam ? Voilà qu’un nouvel antipaludéen sort du chapeau des Russes comme médicament anti Covid 19.

Du même coup, les mêmes Russes sortent également un test de dépistage rapide disponible à 100.000 exemplaires dès lundi (en Russie). La semaine qui vient va être riche en animation Web. D’un côté on aura les complotistes pro Russes et Raoult par principe et les bienpensants anti Russes et Raoult par principe aussi. Globalement, des analyses cliniques devraient mettre tout le monde d’accord.

Perso, tout ça m’amuse. J’attends juste avec une certaine impatience que ces Messieurs veuillent bien valider les résultats de la course à l’échalote plutôt que se foutre sur la gueule. Ce sont des vies qui sont en jeu.

Allez, mon rêve le plus fou, c’est que le virus s’éteigne de lui-même comme par miracle beaucoup plus vite que prévu et qu’on en finisse avec ce confinement.

C’est là que ça devient intéressant. Cet article, je l’ai écrit vite fait hier soir mais j’ai mal dormi. Il y avait un petit problème. Ces infos sur la Russie, je les ai lues sur le fil d’actualités Google et elles viennent de RT France et de Sputnik. Deux médias russes qui diffusent de l’info en France.

Pourquoi cette info n’est reprise par aucun journal français ? En revanche, on parle du confinement de Moscou.

Comme en temps de guerre, nous allons assister à une bataille de l’information. Ou plutôt de la désinformation. Le public est avide, en quête de bonnes nouvelles. Tout est bon pour balancer des fausses nouvelles, orienter la façon de présenter l’information.

Alors, les Russes, Fakenews ? Si c’est le cas, le rôle dans la désinformation de Sputnik et de RT est très clair. Et d’une certaine manière, c’est rassurant. Si ce sont de vrais nouvelles, c’est plus ennuyeux. Pourquoi notre presse ne relaie-t-elle pas des informations qui nous concernent ? Ce qu’il y a de sûr, si c’est un rumeur, une fausse info, il y aura toujours des imbéciles de mon espèce pour les relayer comme je l’ai fait hier soir.

Cette période est passionnante.

J’ai écouté le premier ministre

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Je rigole pas. Je me suis tapé la conférence de presse d’Édouard Philippe. En entier. J’ai apprécié qu’il daigne faire enfin de la pédagogie. Rien à voir avec les annonces précédentes. J’ai trouvé assez honnête sur la forme. Après ça raconte que la mondialisation qui consiste à déléguer la production à la Chine, par exemple, ça peut avoir des inconvénients au-delà même de l’emploi en France. Les arguments sur les masques et les médicaments étaient justes pour un 28 mars où l’épidémie est mondiale. Mais depuis janvier ou février, il y avait quand même peut-être un peu de marge pour anticiper deux ou trois commandes des choses manquantes ou bien pour lancer la production en France. C’est vrai qu’aujourd’hui, c’est un peu tard. Pour l’anecdote, j’ai aimé les territoires ultra malins, aussi.

Bref, là, quand même, le 28 mars, je trouve que tout est bien prêt. Dans les limites des stocks disponibles. On aura bien compris qu’il sera impossible de faire des tests de masse et que la population ne sera pas équipée de masques. Pour les caissières et caissiers, c’est pas encore au programme mais je crois qu’on s’en occupe. Quant à l’hydroxychloroquine, on va commencer des études. J’ai lu quelque part que Rennes avait été contacté pour en envisager une. Mais rien ne presse de toute façon. Les gens s’imaginent que c’est simple de monter un protocole et de publier dans une revue scientifique à comité de lecture. Ben non. Pas de précipitation. La vitesse et la hauteur de la vague, c’est pas le problème. C’est vulgaire.

Bien, comme je vois que la mode est au concert à la maison, un de ces 4, j’aurai peut-être la hardiesse de faire un blog en chanson.

Confinement J heu… 11 ?

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Raoult : Nouvelle étude sur 80 patients. Rejetée parce que pas de groupe témoin ni placebo. Bon, en même temps, choisir de soigner 80 autres personnes avec des médicaments que tu juges moins efficaces et 80 autres par placebo, juste pour satisfaire à la science, ça doit poser un cas de conscience dans la situation actuelle…

Le pic d’épidémie : Les scientifiques l’annoncent pour la fin de la semaine prochaine. Personnellement, je le vois pour mardi ou mercredi. Sur quoi je me fonde ? Sur rien. Optimisme naïf diagnostiqué très tôt.

Mon confinement : Je fais partie de « ces connards de parisiens » qui sont partis dans leur maison de campagne (on a filé notre appart à de la jeunesse qui travaille à Paris et qui sera mieux qu’en studios). Donc, maçonnerie, jardinage et je vais m’atteler à faire la musique de mon documentaire sur Jean-François Stevenin. Il y a pire comme confinement. Mais il est forcément teinté d’angoisse pour les enfants qui bossent au contact de plein de gens. Nous respectons à la lettre les règles les plus radicales du confinement. Priorité : venant de Paris, ne pas infecter le village et les villes voisines. On arrive au bout de la quatorzaine.

Mon opinion sur la façon dont la crise est gérée : je pense la même chose que les personnes qui ne voteront pas LREM.

Masques : masques de bricolage Wolfkart FFP1.

Gants : Métro épicerie du village (en rupture de stocks).

Symptômes : néant.

Plaisirs : observer le printemps à l’œuvre.

Bo, vous savez…

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Je m’en suis rendu compte au moment où j’ai quitté Facebook pour une quatorzaine. J’ai supprimé mes derniers posts et constaté à quel point tout cela était vain. Qui suis-je pour ramener ma fraise à tous bouts de champs ? En plus, je me trompe souvent. Comme un acteur quelconque, je suis une éponge qui ramasse tout ce qui l’entoure. Parfois, quelques fulgurances intuitives ressemblent à de la pertinence, parfois même prédictive. Mais dans l’ensemble, on frise plutôt le café du commerce. J’en ai pleinement conscience.

Quand j’écris un article, je suis souvent persuadé que j’avance des choses qui ne sont pas suffisamment dites, voire je m’illusionne d’apporter un point de vue un peu différent, décalé, en contrepoint de la vision commune. Mais si je constate que l’article est beaucoup lu (grâce aux statistiques de mon hébergeur), je commence à m’inquiéter. Merde. Je n’ai pas dit trop de conneries ? Et si. Je vais encore me faire cataloguer de ceci ou de cela. Au point où j’en suis… mais bon, c’est peut-être pas la peine d’en rajouter.

Je continue à tenir le blog malgré tout, avec le risque assumé d’y dire des conneries. C’est juste pas fait exprès. Quand je m’en aperçois, j’en suis le premier désolé.

Il y a tout de même une vertu thérapeutique à s’exprimer puis à analyser les conneries qu’on a pu dire. C’est toujours ça.

Help ! Exercice de statistique

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Voilà un petit problème de statistique que j’aimerais régler une fois pour toutes. Si vous avez deux ou trois connaissances et qu’il vous reste un peu de temps dans votre confinement, la résolution de cet exercice m’aiderait grandement.

Attention ! Ce qui suit n’est pas une expérience que je vous propose mais je demande un outil statistique pour analyser une expérience de ce type.

Hypothèse : une vidéo de 6 minutes d’exercice de relaxation aurait pour effet de faire baisser le rythme cardiaque.

  • 20 volontaires équipés de montres cardio permettant de sortir une courbe de mesures sur une durée donnée.
  • Durée du test : 1 heure
  • Dans cette heure, chaque volontaire doit de livrer à différentes activités de son choix, activités physiques (marche, bricolage, ménage) et de repos (assis, lecture…).
  • Une seule activité est imposée dans cette heure : chaque volontaire doit s’asseoir et regarder, quand il le souhaite, une vidéo de relaxation de 6 minutes. Il doit noter l’heure du début de visionnage.

Pour chaque volontaire, on obtient une courbe d’une heure qui reflète les fluctuations du rythme cardiaque et les données liées à ces courbes : relevé des pulsations par minutes toutes les secondes. Selon l’activité physique, les pulsations augmentent ou diminuent.

Chaque volontaire communique a posteriori l’heure à laquelle il a regardé la vidéo de relaxation.

On va pouvoir ainsi vérifier si la vidéo a bien eu pour effet de faire baisser ses pulsations cardiaques. Pour cela, on regroupe les données ainsi récoltées pour le visionnage de la vidéo (chacun à une heure différente).

Quelle panoplie d’outils statistiques utiliser ?

N’hésitez pas à partager ce problème aux personnes dont vous supposez qu’elles ont des connaissances en statistique.

Et si c’était du placebo ?

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Dans les études cliniques, on compare 3 groupes. Un sans médicament, un second avec un médicament (molécule active) et un troisième avec un placebo (faux médicament). C’est ce troisième groupe qui manque dans l’étude de Raoult.

L’effet placebo est une faculté que nous avons à nous guérir nous-mêmes par la croyance que nous avons en l’effet supposé d’un médicament et par la confiance que nous avons envers le médecin prescripteur. Mais au-delà de ce simple facteur psychologique, il y a des mécanismes physiologiques qui se mettent en route, confirmés par l’imagerie médicale.

On sait depuis longtemps que dans le domaine de la douleur, le placebo est efficace pour 30% des patients, ce pourcentage pouvant même atteindre 70% dans certains cas. D’une manière générale, le placebo agit plus rapidement qu’un médicament et plus longtemps. Plus le médicament est amer, réputé puissant et qu’il est cher, plus il est efficace. Le rituel posologique est aussi important. Plus c’est invasif (injections, suppo…) et plus ça marche.

On aurait tort de le résumer à un simple effet psychologique agissant sur des pathologies psychosomatiques. L’effet placebo agit dans tous les domaines.

Dans le contexte que nous connaissons, le Pr Raoult bénéficie d’une telle aura, les espoirs d’efficacité sont tels qu’on peut imaginer une effet placebo d’un ordre très élevé. En ce moment, Raoult donnerait des fraises Tagada, il y a fort à parier qu’il obtiendrait des résultats miraculeux sur un grand nombre de patients. L’hystérie du débat à son sujet ne fait que lui conférer une place de puissant gourou, homme libre contre les académismes, le parfait héros des temps modernes.

Je suis un pragmatique. J’adore Excel, les graphiques, les courbes, les pourcentages, les coefficients de corrélation. Quand les infos m’annoncent qu’on atteint un nombre record de morts liés au Corona, je sais qu’il ne s’agit que d’un cumul qui fatalement augmente chaque jour. Alors, tous les matins, je vais chercher les données officielles accessibles facilement et je regarde le nombre de morts quotidiens, le rentre dans un tableau et observe son évolution sur la durée et par rapport à la veille. Par exemple, hier, on a eu moins de morts en France que la veille. Mais ça, ça n’intéresse pas les infos. Mais je m’égare.

Oui, pour en revenir au Pr Raoult, nous verrons bientôt, grâce à de nombreux essais cliniques si l’hydroxychloroquine est réellement efficace et si elle fait mieux que le placebo. Les chiffres parleront et tout le monde sera content. Mais, d’ores et déjà, même si les molécules utilisées (Chloroquine + antibiotique) s’avéraient inefficaces contre le virus, ne faisant pas mieux que l’effet placebo, je salue l’action de Raoult qui, grâce à l’espoir qu’il a suscité, aura de toute façon sauvé plein de gens par effet placebo.

Ne reste plus qu’à attendre le verdict des études cliniques en cours pour savoir si c’est encore mieux.

Petit complément par rapport aux chiffres… La baisse d’un jour sur l’autre n’a pas de sens. C’est sur une période suffisament longue qu’on mesure une tendance. Par ailleurs, aucune des données n’est satisfaisante : le nombre d’infectés ne vaudrait que si tout le monde était dépisté ; pour les morts, beaucoup ne sont pas comptabilisés. Bref, il faut jouer avec les imperfections, faire un choix et observer l’évolution à l’intérieur d’un système approximatif. C’est mieux que rien ou que de simples additions catastrophistes.

Tous complotistes ?

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On assiste à une bataille inouïe entre les pro et anti Raoult. Les pro qui veulent croire au médicament miracle et crient à l’injustice en voyant leur sauveur massacré et les anti qui n’ont pour argument que des jugements sur la personne.

Si on veut s’appuyer sur des arguments de jugement sur la personne, on pourrait régler directement le compte de Maron en disant qu’il a le profil d’un directeur d’agence bancaire démago, ringard et narcissique. Mais bon, on ne va pas jouer à ce jeu. Il fait suffisamment de conneries factuelles pour ne pas avoir besoin de charger sur son physique et son expression.

Raoult, donc. Voilà que les autorités scientifiques décident qu’on peut utiliser la chloroquine quand les malades sont en réanimation, alors que Raoult dit qu’il faut utiliser le médicament dès les premiers symptômes car il n’est plus efficace dans les phases avancées de la maladie. Nous, les gueux non-instruits, cherchons à comprendre ce qui nous semble illogique. Pourquoi autoriser la chloroquine uniquement dans les cas où elle ne marche pas ? Là, évidemment, on ne peut pas comprendre. On est face à un conflit cognitif. Pourquoi les autorités de santé peuvent-elles sortir de telles conneries ? Dans quel but ? Et c’est là que le complotisme se met en route : face à une opinion publique favorable, ils autorisent l’utilisation de la chloroquine quand elle ne marche pas, juste pour dire que ça ne marche pas et permettre à des laboratoires pharmaceutiques de produire des dérivés du même produit à un prix beaucoup plus élevé que le nivaquine (dont l’usine est en redressement judiciaire et qu’il suffirait à l’état de nationaliser vite fait). Je rappelle juste que la nivaquine est un médicament pas cher, utilisé de façon massive et obligatoire pour la prévention du paludisme depuis plus d’un demi-siècle (ce qui règle la question des effets négatifs).

Le complotisme, aussi irrationnel qu’il puisse être, véritable couveuse à fake news, est en fait généré par les comportements illogiques des tenants du pouvoir politique, économique et scientifique. Si tout était clair, limpide, transparent, logique, pédagogique, il n’y aurait pas de réflexe complotiste. Il ne naît que de la nécessité de comprendre des choses illogiques, de leur donner un sens puisque le sens réel semble absent ou caché.

Pourquoi, par exemple, imposer un confinement d’un côté et demander aux entreprises de continuer à fonctionner ? Réponse :  parce que le souci économique est cyniquement équivalent à celui de la santé.

Après le scandale du manque de masque, de la tenue du premier tour des élections, de l’impossibilité matérielle de faire des tests, voilà que nous nous acheminons vers un futur scandale autour de la médication puis sans doute bientôt de la vaccination.

Si le complotisme consiste essentiellement en une manipulation odieuse de l’information. s’il est le biberon des monstres comme Trump et Lepen, son expression première naît de l’incurie et de l’insincérité des pouvoirs institutionnels en place.

Après le virus, serons-nous plus sages ?

Oui, j’ai décidé d’illustrer tous mes articles avec des fleurs.

D’actualité

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Nous sommes au XIVème siècle en Italie et la peste noire fait des milliers de morts. Dix jeunes nobles florentins, sept femmes et trois hommes, décident de quitter la ville et de se retirer en une belle campagne pour fuir l’épidémie.

Ils se fixent pour règle de raconter chacun, chaque jour, une histoire aux autres sur un thème choisi par le roi ou la reine de la journée.

Le confinement dure 10 jours. 10 jours, 10 nouvelles, soit 100 nouvelles qui sont rassemblées dans le Décaméron que Boccace commença à écrire dès 1349.

Le Décaméron a été adapté en partie par Pasolini. Sans vouloir suivre son exemple, Manigances est la libre adaptation d’une de ces nouvelles : Une saison au purgatoire.

En ces temps confinés, je vous propose ce court-métrage de 24 minutes, réalisé l’an dernier et diffusé le 1ermars sur France 2 dans Histoires courtes.

J’y comprends rien

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Bon, j’y connais rien et, vérification faite, je n’ai effectivement pas de doctorat en épidémiologie. Mais bon, en lisant tout ce qui passe, j’ai cru comprendre deux ou trois trucs qui m’interrogent.

Visiblement, pour lutter contre l’épidémie, il faut un dépistage systématique, le port du masque généralisé et un traitement aux antipaludéens (c’est ce qu’ont fait les asiatiques).

Mais ici, on ne dépiste que les gens malades, on manque de masque pour les soignants. Les hôpitaux sont surchargés. Pourquoi ?

D’après ce que j’ai lu encore, on a abandonné les stocks de plusieurs centaines de millions de masques en 2011, sous Sarkozy, on n’a pas rétabli sous Hollande, ni sous Macron.

Pour ce qui est de la capacité d’accueil d’urgence des hôpitaux, elle a fait les frais depuis bien longtemps des politiques de suppression de personnel et de lits équipés. On a tous lu qu’il y avait 25.000 lits de soins d’urgence en Allemagne contre 7.000 en France. Et les hôpitaux lancent un cri d’alarme depuis des mois à travers des mouvements de grève auxquels le gouvernement n’a répondu que par du rustinage : on ne manque pas de personnel mais il faut réorganiser (la chanson préférée du libéralisme).

Bref, aujourd’hui, en France, on est incapable de tester, incapable de fournir des masques et incapable d’avoir des hôpitaux en capacité de faire face aux situations de crise.

Et voici que Macron a une soudaine prise de conscience : « nous devons changer de paradigme économique ». Nous sommes des millions d’imbéciles à le claironner depuis des lustres, mais bon. Voilà qu’ils pensent à nationaliser, maintenant ! Pourtant, toutes ces recettes que nous proposions étaient évacuées avec un sourire méprisant comme appartenant à l’ancien monde. On nous promettait un monde nouveau, tellement meilleur. C’est vrai que cette crise ne semble pas révéler que le libéralisme mondialisé soit la panacée annoncée.

Résultats de tout ça, des informations fausses (on donne un taux de mortalité appliqué aux seuls dépistés alors que les porteurs du virus sont au moins 10 fois plus nombreux). Le port du masque devrait être destiné aux personnes positives au virus et on fait l’inverse. On te fait un confinement à partir de feuilles à imprimer soi-même. Quant à l’antipaludéen qui existe depuis 1949 et qui a été utilisé contre tous les coronavirus, le pontes de la science nous disent qu’il faut attendre une publication dans une revue scientifique à comité de lecture. Je rêve…

La meilleure blague est venue de la commission européenne : on annule les règles budgétaires. Comme l’impression que c’est à cause de ces mêmes règles qu’on en est arrivé là.

Bref, je ne comprends rien de rien à la gestion de cette épidémie. Je n’y vois qu’un épais brouillard d’angoisse généralisée.

Au vert

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Nous, on s’est mis au vert. Confinement absolu pendant 14 jours pour préserver la population. Mais avec la nature, c’est plus facile. Ici, en campagne, ce sont les personnes âgées qui ont du mal à piger les règles de protection.

Tout va bien…

Portez-vous bien et soyez prudents !

En commun

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Je n’allais plus au café ni au restau. Plus les moyens. J’avais baissé ma consommation générale depuis un bout de temps. J’avais une vie sociale peu portée sur les grands groupes de personnes. Ça fait un bon moment que je n’ai pas tourné. Plus de travail payé. La seule chose qui change, c’est que tout le monde va vivre ce que je vis depuis quelques mois.

Profitez donc de ce temps pour vous passionner pour d’autres choses, lire, écrire. Vous verrez, on s’y fait très bien.

Pour être tout à fait franc, je trouve que c’est l’article le plus imbécile que j’ai jamais écrit.

Sans doute le bouleversement. Macron qui fait croire qu’il a eu la révélation qui était de gauche. Aller voter demain alors qu’on ferme les bars et les restaus. Quelque chose de la perte de toute logique doit m’impacter.

Sale temps

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On ne peut pas faire comme si. Le sujet, c’est la bestiole. Personne ne sait vraiment quelle est l’ampleur réelle de la chose. Ici, on continue comme si de rien n’était ou presque. Juste les radios, les journaux qui vous font flipper à longueur de journée.

Il y a quelques jours, un de mes fils a passé pas mal de temps dans un endroit sympa. Deux jours après, il apprend que cet endroit sympa est désormais fermé pour cause de bestiole. Comme je l’ai vu entre temps (mon fils), je suis potentiellement concerné aussi. Comment on fait pour un dépistage ? Ben, on fait rien. Il faut être malade pour se faire dépister. Sauf quand on est ministre ou député. Là, on peut faire un dépistage sans symptôme. Ok, normal. Quoi que.

Une fois que tu es possiblement concerné par le machin mais que tu ne peux pas te faire dépister, tu sais que tu es peut-être porteur et que si tu l’es, tu vas refiler la bestiole à droite à gauche, par inadvertance. Aucun risque pour les enfants et le gens pas trop vieux et en bonne santé mais, même les gens qui deviennent porteurs sains, vont contaminer à leur tour et finir pas atteindre des vieux et des gens fragiles. Cas de conscience.

Heureusement, hier soir, mon fils a appris que l’endroit sympa qui a fermé pour cause de bestiole, ce n’est pas celui dans lequel il a passé pas mal de temps il y a quelques jours. Donc, du coup, je n’ai moi non plus rien à craindre de ce côté et peux continuer ma vie sociale.

Mais quelle drôle d’histoire où l’on a l’impression que l’on ne maîtrise rien et dont on ne sait pas évaluer vraiment l’issue. Mai ? Juin ?

Pendant ce temps, la police police, la politique politique et les giboulées giboulent.

Par lassitude

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J’ai annoncé que je quittais Facebook. Drôle de décision. Comme l’impression d’un décalage entre l’illusion d’un lien social très large mais au bout du compte tout fin et sujet à l’évaporation. Un réseau social de désocialisation.

Quant à la place de soi face aux autres, pour moi c’est un peu comme dans une réunion publique.

Devant une assemblée, avec un micro, installé à la table qui fait face au public, c’est assez facile puisque tu t’inscris physiquement dans une géographie et un décorum qui te donnent d’amblée un statut social.

La place de spectateur est assez confortable aussi. Quand tu t’emmerdes, tu peux papoter avec ton voisin des conneries de ton chat.

Quand tu lèves le bras pour donner ton point de vue ou poser une question, avant qu’on ne t’écoute, on juge d’abord qui tu es ou semble être, on interroge ta légitimité à perturber le cours paisible de l’ordre social. C’est instinctif. Si t’es à cette place, celle de celui qui prend la parole sans qu’on lui ait demandé, soit tu déploies des trésors de séduction si tu en es capable, soit tu bafouilles, la voix tremblotante, tout dans l’émotion. On a souvent l’impression que tu parles à la seule fin de montrer que tu existes.

Il te reste encore la place du petit malin dissipé, celui qui, de temps à autre, lâche une grosse vanne, un peu fort, pour faire glousser l’assistance. Puis il s’enfonce dans son siège, un large sourire aux lèvres et les yeux brillants, content de lui.

Tu peux toujours déployer soudain une banderole pour tes causes perdues. S’en suivront des grands chuuuut et quelques applaudissements. Peu nourris, les applaudissements. Et les vigiles te feront sortir. À moins que tu ne sortes de toi-même s’il n’y a pas de vigile.

Bref. Le jeu de la réunion publique, je commençais à en avoir un peu ma claque. Ces grandes salles sont sans fenêtre.

Nouvelles du jour

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Commençons par le virus machin truc. La panique est en train de gagner la France. Déjeuné hier à Belleville. Beaucoup moins de monde que d’habitude, restaus désertés, des places dans le métro. Ça sent la grosse panique largement alimentée par les infos qui ne parlent que de ça. D’ici 3 semaines, les cinémas, les théâtres, les métros, les terrasses vont se vider. Peut-être va-t-on interdire les manifestations.

Je dis pas que le virus n’existe pas. J’ai juste l’impression, d’après ce que j’ai compris, que c’est mortel comme la grippe. La grippe, je m’en suis chopé une il y a peu qui m’a terrassé 2 jours. Et je crois que j’ai survécu. À moins d’avoir raté un truc. Donc, plus on nous rebat les oreilles, plus les gens ont peur et angoissent. Les gens adorent qu’on leur promette des catastrophes à venir (comme si les catastrophes prévenaient avant d’arriver !). Du coup, quand à la radio tu entends parler du virus et que l’invité est le président du groupe LREM, je sais pas ce qui se passe, sans doute un effet d’accumulation, tu éteins la radio.

Bien, le virus, c’est fait. Oui, mon expérience. 24 participants, un boulot monstre et un résultat plus qu’à la hauteur. Un bon pas de plus et une nouvelle épreuve de franchie avec succès.

Le cinéma, maintenant. Je vais bientôt jouer un très beau rôle dans un super beau court-métrage. Et ça, ça fait plaise.

À propos de court-métrage, le mien, Manigances, c’est dimanche soir très tard sur France 2 dans Histoires Courtes et en replay pendant 7 jours. Je donnerai le lien, évidemment.

Ben, je crois qu’on a fait à peu près le tour.

Ça va décoiffer

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L’autre jour, j’ai dit que je m’emmerdais. Qu’est-ce que ça cache ? Dans mon fonctionnement psychique, tout se passe comme en météorologie. Quand je dois faire un truc important, primordial, qui met en jeu tout mon être, il y a toujours cet état qui précède et qui ressemble à ce fameux calme avant la tempête. Ça va secouer, tout chambouler mais, juste avant, c’est le calme plat, de ces temps en suspend qui, au lieu d’être paisibles, sont lourds de menace et d’angoisse. À petite échelle, on appelle ça le trac.

Ce qui m’a mis dans un tel état, on s’en doute, c’était ce dont j’avais parlé la veille. La fameuse expérience que je proposais de mettre en œuvre.

25 personnes se sont portées volontaires. Ça commence à ressembler à un bel échantillon. L’expérience dure 4 jours. À mi-parcours, je vois se dessiner la preuve irréfutable d’un point de vue scientifique d’un phénomène physique incroyable et inconnu, reproductible à 100%. Je ne peux pas révéler ici le détail du principe qui est en jeu, mais ce phénomène physique mesurable consiste en une interaction entre un appareil et une personne à distance (la volontaire la plus éloignée est au Marcoc, soit 2.500 kilomètres). Aussi fou que cela puisse paraître, j’ai sous le nez la preuve scientifique reproductible de l’existence concrète de ma découverte. Même les volontaires sont dans l’ignorance de mes éléments de preuve.

De quoi il parle ? Je ne peux toujours pas le révéler pour ne pas me faire piquer l’idée. Mais le temps de la révélation approche à grands pas.

Alors oui, quand je dis « je m’emmerde », je parle de cette fragilité psychologique du découvreur qui a été assez fou au départ et suffisamment libéré des carcans de la normalité pour oser imaginer qu’une chose impensable était possible et qui a déployé toute son énergie sur plusieurs années pour montrer qu’il avait raison contre les vérités du reste du monde. Oui, ce « je m’emmerde » raconte cette solitude face à la société et les règles qui la régissent. Ça ne s’applique bien sûr pas à ma vie affective et sociale à l’échelle de l’individu (même si parfois, cela peut avoir des incidences). De ce côté, tout va bien.

Ne cherchez pas à savoir de quoi il retourne. Vous le saurez d’ici la fin de l’année, je pense. Un grand merci à tous ces volontaires qui ont eu la curiosité de donner un peu de leur temps pour oser défier l’impossible collectif. Il y en aura d’autres. On va pas s’emmerder !

Je m’emmerde

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Il y a des moments, comme ça, où l’on s’ennuie ferme. Quand t’es acteur et que tu tournes pas, à la base, c’est chiant. Tu es persuadé que tu ne tourneras plus jamais. Bon. D’ailleurs, c’est pas faux. Mais il se trouve que j’ai aussi des projets de réalisation.

Quand on réalise, c’est le contraire de l’ennui. Quoi que. Il y a ce temps tellement long où tu écris tout seul et attends les retours de lectures. Et puis tu attends que la production se mette en place, que les aides tombent. En fait, la vraie éclate, c’est quand tu commences les repérages et quand tu tournes. Le montage est pas mal non plus. Mais tu sais que tu vas traverser une longue période avec des images que tu finis pas ne plus aimer et un film qui tarde à accoucher. Pas si facile, le montage. Là, j’attends les moyens de finir mon documentaire sur Jean-François Stévenin. Point mort. Et je sens que le prochain documentaire traîne un peu. Doux euphémisme. Ça traîne pas, c’est à l’arrêt. Du coup, je m’emmerde.

Il y avait aussi cette comédie sociale pour laquelle nous avons obtenu une aide de la région Bretagne. Manque de pot, le film m’excitait au départ parce qu’il racontait que les gens étaient endormis, subissaient tout et se réveillaient soudain pour prendre leur destin en main. Ça se finissait bien et c’était rigolo. Mais depuis, il y a eu le mouvement des Gilets Jaunes et ce long mouvement social contre la réforme des retraites. Et qu’est-il advenu de tout cela ? Rien. Mais rien de chez rien. Les gens ont été humiliés, bafoués, éborgnés, matraqués et tout ça pour que pouic, rien, le vide, le néant. La presse, d’un conformisme confondant, bave toujours dans le sens du poil des conformistes étriqués. Et chacun vaque comme il peut avec des espoirs qui rétrécissent par la force des choses, sous le poids d’un fatalisme désespérant. Comment veux-tu honnêtement prétendre redonner espoir en faisant un film ? Je m’emmerde dans cette société rouillée de partout et coincée dans ses peurs.

En fin d’année dernière, j’ai fait fortuitement une découverte qui, sans déconner, pourrait me valoir un prix Nobel. Mais elle est tellement incroyable, elle remet tellement en question les connaissances que nous avons, bouscule tant les frontières du possible, que personne ne veut m’aider à débroussailler cette terre inconnue. Là où devrait naître la curiosité et l’excitation intellectuelle, se répand encore la peur, la sidération, l’apathie, la méfiance, le silence, voire la suspicion. La possibilité que je me trompe existe bien sûr. Mais je suis devant une telle accumulation d’évidences qu’il serait complètement débile de renoncer à explorer de nouveaux champs de possibles sous prétexte qu’ils ne sont pas conventionnels. Je m’emmerde ferme dans ce monde coincé de partout, timoré de tout, étriqué, engoncé dans ses mesquines certitudes et son incapacité à s’émerveiller pour de vrai. Je m’emmerde.

En fait, c’est la frilosité qui m’emmerde, le conformisme, les politiques qui s’en branlent, les gens dont le sport préféré consiste à cracher sur les voisins les plus vulnérables.

Et puis il y a ces amis que vous appelez de temps à autres mais ne vous appellent jamais, eux. C’est chiant les amis qui ne font que répondre sans appeler. Faut-il que je m’inscrive à un club de pétanque ? Que j’organise des groupes de parole ? Oui, c’est ça. Des groupes de parole sans objectif particulier. Des groupes de rêveurs lucides. De rêveurs éveillés.

Oh, je ne vais pas virer pour autant misanthrope. J’aime bien les gens, au fond et je les respecte. Je ne vais pas sombrer non plus dans la dépression. Je fais partie des résilients, ces gens qui se réinventent toujours à partir du vide, là où d’autres s’effondrent ou renoncent. Mais il est un fait que, là, je m’emmerde. Envie de refaire de la musique, tiens. C’est ça. Je vais refaire de la musique. Et aller faire le malin en public, au spectacle, aux avant-premières. Faire de la socialisation. Je n’ai pourtant que peu de goût pour ces jeux superficiels. C’est un tort.

Je sais. On ne devrait pas dire des choses comme ça. C’est pour ça que je les dis. À quoi bon se limiter à dire ce qu’on doit dire ?

Levée partielle du secret

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J’ai mis au point le prototype d’un appareil qui permet d’enregistrer à distance vos émotions profondes en temps réel. Quand on parle d’émotions profondes, il convient plutôt de parler d’humeurs, comme états d’âme persistant plusieurs minutes, au-delà des émotions fugaces.

Grâce à des courbes qui se développent en temps réel, chacun peut mesurer l’incidence positive ou négative qu’ont des événements presque anodins sur ses humeurs, bien au-delà de ce que pourrait exprimer un ressenti conscient.

La connaissance de ces états d’âme très détaillés permet à chacun de révéler son être profond et de faire surgir l’évidence des effets sur celui-ci des interactions avec son environnement. Cette connaissance aide à élaborer des stratégies visant à produire des actes en accord avec ce que nous sommes, à travailler notre sincérité, à prendre conscience de faiblesses possibles pour les corriger.

Les applications d’un tel appareil sont multiples. Elles vont porter sur tous les domaines dans lesquels ou cherchera à mesurer les impacts émotionnels, psychologie, thérapies, développement personnel, recherches de bien-être mais aussi tous les domaines de l’éducation, la cognition, l’art. Ce peut être ce qu’on appelle un outil de deep learning qui est utilisé pour étudier l’impact émotionnel d’un film, d’une publicité, d’un scénario… Excellent outil d’apprentissage du lâcher-prise, aussi. Des applications sont évidemment la promesse de grandes avancées dans l’intelligence artificielle et la robotique en créant un accès pour la machine aux humeurs des personnes entrant en interaction avec elles.

Cet appareil repose sur une découverte révolutionnaire qui doit rester secrète jusqu’au dépôt d’un brevet à l’INPI et d’une possible publication scientifique. La grande nouveauté est que ces mesures ne nécessitent aucun capteur physique relié à la personne et peuvent s’effectuer à très grande distance.

Pour l’heure, j’aurais besoin de volontaires qui accorderaient deux minutes de leur temps pour une action précise et accepteraient que leurs activités soient mesurées pendant une durée définie (en général, entre 30 minutes et 2 heures). Il peut s’agir parfois de regarder une vidéo. Pour d’autres de simplement noter tous les horaires de changements d’activité.

ATTENTION ! On est au complet pour les volontaires pour cette fois. Merci beaucoup.

François Loriquet, par exemple

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Je trouve qu’il ne tourne pas assez. Il est sympa, il a du talent, il y a plein de rôles qui pourraient lui convenir. Alors je trouve qu’il ne tourne pas assez.

Un mec comme moi, tu peux te dire que j’ouvre trop ma gueule dans mon blog, que j’affiche trop mes opinions, que j’ai une tête de con si on veut, que je suis un peu barré avec mes histoires de sourcier. Mais Loriquet, rien de tout ça. Le mec bien, talentueux, qui peut tout jouer. Alors je trouve qu’il ne tourne pas assez. Le cinéma et la télévision demeurent un mystère insondable.

Manigances le 1er mars dans Histoires courtes

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Ça y est, nous y voilà. Manigances, avec Émilie Caen, Robinson Stévenin, François Loriquet, Image : Christophe Legal, Son : Stéphane Roché, Costumes : Tina Bonheure, Décors : Lionel Demante, Vinolo Suisse : Philippe Vinolo, montage : Barbara Bascou, musique scénario dialogue adaptation réalisation et petit rôle : Bernard Blancan, la fameuse fantaisie médiévale produite par TS Productions Céline Loiseau sera diffusée dans Histoire Courtes sur France 2, le 1er mars après minuit. Il sera possible de le voir en Replay pendant 7 jours.

Ce matin, petite interview par Pauline Dévi qui passera après le film (l’interview, pas Pauline). La soirée a pour thème En Son Nom…

Un grand merci à Christophe Taudière le sélectionneur, à la SACD pour sa bourse Beaumarchais, au CNC, à la Région Nouvelle Aquitaine et au département de la Charente, Pôle Magélis.

La pensée complexe En Marche

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Quand on dit à un secrétaire d’état des relations auprès du parlement que Macron est perçu comme le président des riches et que l’on s’appuie sur un rapport de l’OFCE sur les effets inégalitaires de la politique fiscale du gouvernement, il répond que l’on cultive en France une haine des riches et que c’est très grave. C’est vrai que quand tous les rapports montrent que les plus riches s’enrichissent chaque année davantage tandis que l’on constate un appauvrissement des couches les plus faibles de la société, ça veut dire « je hais les riches ». D’où il y a une haine des riches ? Montrer de façon factuelle que la politique fiscale favorise les riches relèverait donc d’un sentiment ? Et quand bien même, si l’on devait proférer un sentiment négatif, se porterait-il sur les riches ou bien sur ceux qui fixent les règles inégalitaires ? La réponse est dans la question. Mais alors, pourquoi les tenants de la pensée complexe se prêtent-ils à de tels raccourcis ignobles intellectuellement ? Sans doute parce que ce discours se voulant soi-disant objectif, s’appuyant sur des faits, de la science, n’est qu’un outil de plus au service d’une idéologie qui n’a d’autre valeur que d’être une idéologie parmi d’autres. Cette posture est hautaine et insincère et arrête de valoir dès lors qu’elle n’est pas favorable aux tenants du pouvoir.

Selon les penseurs complexes, ceux qui nous serinent que « c’est beaucoup plus compliqué que ça », « vous mélangez tout » quand on leur sort des chiffres qui dérangent, eh bien, pour eux donc, pour lui, en tout cas, le secrétaire d’état En Marche, le rapport de OFCE est juste faux. Et de sortir l’exemple qui tue : « Par exemple, dans leur rapport, ils parlent du prix du tabac alors que ce n’est pas du tout pour ça qu’on a pris ces mesures ».

Argument de merde, complètement pourri voire honteux. Des chiffres : la proportion des fumeurs dans les catégories sociales aux plus faibles revenus ne cesse d’augmenter. En 2017, cette proportion était passée de 35,2 % à 37,5 % tandis que la proportion des fumeurs dans les catégories les plus favorisée diminuait. Par conséquent, passer les prix des cigarettes de 4 à 10 euros (soit 450 € mensuels pour un fumeur qui fume 1,5 paquet/jour) n’a de réelle incidence que pour les faibles revenus. Ils s’appauvrissent encore davantage alors que fumer est une addiction, une maladie, souvent liée aux angoisses d’une vie difficile. Faire le choix de résoudre ce problème de santé publique en augmentant le prix des cigarettes est pour le moins discutable, non ? Je dis ça sans haine, juste avec des faits. Et quand vous allez vous approvisionner au bureau de tabac, observez la consommation de jeux à gratter. Les plus accros, bizarrement, sont les plus pauvres, les plus miséreux. En effet, quand votre problème numéro un est l’absence de revenus ou leur faiblesse, la seule solution que vous entrevoyez, c’est d’avoir de la chance.

« Ce n’est pas pour ça qu’on a fait ça ». Il est complètement idiot ou quoi ? L’agriculteur qui fait un arrosage intensif de son champ de maïs peut avoir pour effet de faire baisser le niveau de la nappe phréatique. Est-ce qu’on va lui dire qu’il plante du maïs avec la seule intention de faire baisser la nappe phréatique ? Bien sûr que non. Mais cela nous autorise quand même à nous poser la question des effets de cette culture sur les nappes phréatiques en période de bouleversement climatique. Prendre la chose dans sa globalité. Monsieur le secrétaire d’état, si vous n’avez pas décidé d’augmenter le prix du tabac pour appauvrir les plus pauvre, vous devriez être capable de constater qu’un des effets de votre mesure en demeure l’appauvrissement des plus pauvres. C’est pas plus compliqué que ça.

https://www.franceinter.fr/emissions/questions-politiques/questions-politiques-09-fevrier-2020

Je passerai pour cette fois sur la mauvaise foi caractérisée concernant le rejet de l’amendement du congé pour enfant décédé. Le mec il est capable d’essayer de nous faire croire qu’ils n’ont pas voté cet amendement juste pour en faire un meilleur.

On atteint me semble-t-il un niveau de rejet de la classe politique dont la raison n’est pas totalement irrationnelle mais trouve sa source dans les pratiques de la classe politique elle-même. En disant cela, pour ces gens-là, je suis un complotiste, un dépressif, un haineux, un séditieux, un islamogauchiste, un radicalisé, un facho, un antidémocrate, un pro-dictature, un… Bref, j’adore votre pensée complexe.

Coucou !

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J’ai arrêté. Je ne suis pas certain que ça dure longtemps, mais j’ai arrêté d’écouter les infos qui n’en sont pas. Ce ne sont que des infos triées sur le volet, destinées à générer leur petite dose d’angoisse, à alimenter de façon détournée les dérives de la pensée la plus médiocre, celle qui fait de l’audimat ou bien à livrer du sensationnel quel qu’il soit, positif ou négatif, pourvu que ce soit du sensationnel. Et puis le ton qu’ils emploient, toujours faux, toujours plein de la petite musique journalistique qui veut imiter la connivence ou une supposée intelligence de ceux qui déversent la nouvelle et qui sont plus malins.

J’ai arrêté. Peut-être pas pour longtemps. Mais que c’est bon de se couper un peu du monde vu par les médias pour regarder celui qui nous entoure. Il est tout con, le monde qui nous entoure. Tiens, les poubelles s’y entassent depuis des jours, mais les médias, ils préfèrent parler du Heinekenvirus ou de ce jeune démocrate qui n’est pas sans rappeler Macron. On a trop parlé des grèves pour rappeler qu’elles continuent partout, l’air de rien, un coup ici, un coup là, contre cette inique réforme des retraites.

Avant, ça m’énervait, les infos. Ça entretenait ma colère. Mais là, j’ai arrêté. Pour peu de temps, sans doute. Par là même, j’ai donné un peu de repos à ma colère, lui préférant mes passions constructives ou créatrices. Ou tout simplement des activités sans valeur autre que de vous mettre de bonne humeur. Coupé du grand monde pour être davantage dans le petit, le nôtre. Oh, copain, on va se le boire, ce verre ? Tu vas voir comment on va te le refaire, le monde !

Toujours des manigances

manigances

Lundi soir, il y avait une projection de Manigances (mon dernier court-métrage) à la Maison des Auteurs. Pour l’instant, la dernière parisienne. Mais on nous annonce que la projection sur France 2 est toute proche. Je vous en informerai. On me parle aussi d’une projection à Angoulême le 25 mars sur grand écran. Je ne manquerai pas d’en parler aussi.

À part ça, je passe des heures et des heures à fignoler mes activités secrètes et j’avance, j’avance, y compris sur l’idée d’un film sur le fameux secret.

Consensus mou

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Le consensus mou est mortifère, sans vie. Il est un frein au mouvement, aux avancées, à la création.

Si je pense à ça, c’est parce que je viens de lire la liste des films nominés aux César. C’est pas compliqué. On n’y retrouve que les films dont la presse a parlé tout au long de l’année avec force promotion, sur tous les plateaux de télé. Quand tu vas au cinéma, que tu as le coffret, tu te rends compte qu’il y a quelques films dont on a moins parlé et qui sont pourtant de pures merveilles. Moins de gens connus sans doute, moins de buzz. Mais du cinéma, de celui qui vous émeut, vous surprend, vous donne à penser sur la vie, sur l’art, sur le cinéma. Et là, que voit-on ? La liste des films qui ont fait plein d’entrées alors que de telles récompenses devraient permettre de révéler du cinéma, de lui donner une seconde chance d’exister après le laminoir des sorties qui tombent bien ou mal.

On finit par se demander à quoi ça rime, tout ce tralala.

Je fais partie des votants depuis quelques années. Quel bonheur quand arrive enfin le coffret (bien tard, en décembre pour voter en janvier). Grâce à lui, on peut se faire des séances de rattrapage, voir les films qu’on a failli aller voir mais qu’on a ratés à cause d’une trop courte ou trop discrète exploitation. Résultat, au premier tour, celui qui donne les nominations, je crois que je n’ai pas voté pour un seul des films nominés (il y en a plus de 200 au départ).

C’est un peu comme pour les élections. À la fin, c’est Macron-Lepen.