Il manque peut-être un paragraphe

Ça y est, ça se concrétise. Je pars bientôt en tournage. Bon, je vais quitter le confinement pour tourner en prison. Oui, comme dans Intra-Muros. La prison me colle à la peau. Mais je m’en fous, ça va faire du bien de jouer, faire son boulot, malgré tout ça et tout ça. 

En attendant, j’avance encore dans l’écriture du bouquin pour lequel l’éditrice m’a fait des retours très encourageants. Je vais en être fier de ce bébé-là.

Je me demande si je rajoute un paragraphe. Mais non. Quand je fais ça, généralement ça se barre en couille. Alors j’en reste là pour aujourd’hui.

Ils ont voté !

Que les Américains se déchirent pour savoir qui de Trump ou Biden a gagné, on peut le comprendre. Trump est un gros gamin méchant, menteur, capricieux et bêta. Ça, semble-t-il, c’est pas un souci, là-bas. On peut s’identifier. Le mec, il est président de la plus grande puissance et il passe sa vie sur twitter à gueuler et balancer des conneries plus grosses que lui. Il vient de signer un décret pour licencier des milliers de scientifiques, tellement il est con et ne supporte pas d’être contredit. Le mec, il est président des Etats-Unis, et avant même la fin du dépouillement, il se déclare vainqueur (comme n’importe quel dictateur) et il accuse l’opposition de tricher (comme n’importe quel dictateur). Bref, on pourrait en faire des pages sur ce malade mental.

Mais ce qu’il y a de plus fort dans tout ça, c’est que je lis sur mon mur Facebook qu’il y a des gens, en France, parmi des connaissances, qui soutiennent Trump !

On me dira que Biden, c’est un peu comme Ségolène Royal face à Sarko en 2007. C’est vrai qu’on peut s’interroger pour ce choix fait par les démocrates. Mais si l’Amérique était de gauche, ça se saurait. Évidemment que Biden, c’est pas un héros. Qui s’attend à ce qu’il apporte le moindre changement ? Au moins ne passera-t-il pas son temps à injurier tout le monde. Et, rien que pour ça, pour un peu de calme, on a envie qu’il soit élu, juste histoire d’éteindre le haut-parleur à conneries qui hurle à longueur de journée. Juste un peu de repos.

Comme les gens qui soutiennent Trump en France sont les mêmes qui s’indignent contre le masque et les vaccins, on est en droit de se poser la question de qui ils vont nous mettre au pouvoir en 2022. Oui, elle est blonde et aussi con que Trump. Vous devinez ? La démocratie à la Facebook et aux délires en tous genres.

Trump-Biden, de toute façon, qui gouverne ? L’autre imbécile, qu’a-t-il fait en 4 ans en dehors de mentir et gueuler sur twitter ? Et l’Amérique ne s’est pas effondrée. Les plus pauvres ont perdu des droits, on a construit des morceaux de murs. Mais à part ça ? À quoi bon perdre son temps à défendre ce personnage de BD ? J’en sais rien. Mais c’est plutôt rigolo, au fond. Comme des bulles de savon.

Installation 2 – La chasse aux mots sages

Installation 2 – La chasse aux mots sages

Puisqu’on préfère autoriser la chasse plutôt que la lecture, voici l’idée d’une installation interactive forestière.

  • Une forêt
  • Des spectateurs équipés de gilets jeunes, casques reliés à des pistolets-micros et viseurs zoom montés sur pieds, sièges pliants.
  • Le groupe de spectateurs part en forêt.
  • Dans certains arbres, des photos agrandies sont perchées, ou bien des personnages sculptés, ou bien des acteurs. 
  • À chaque arbre habité par ces objets, de petits haut-parleurs diffusent des voix enregistrées qui parlent doucement. 
  • Elles disent des textes forts et apaisés, sans colère, qui nous aident à construire nos lendemains meilleurs. La parole est claire, intelligente et sage. Il peut s’agir de textes anciens comme de paroles contemporaines, parfois de la poésie. Des choses qui font du bien d’entendre. Pas du positivisme gnangnan. De la pensée lucide et sage. Mais, comme la sagesse n’interdit pas l’humour, les textes peuvent être drôles, voire comiques.

Ainsi, le spectateur-chasseur part à la chasse à la parole sage, avec son petit siège et son micro. Libre à chacun de rester en groupe ou de partir dans une chasse solitaire, d’écouter ce qu’il veut, autant qu’il veut et de préférer chasser des sons d’oiseaux.

La chasse aux mots sages doit être une expérience forte, transformante, revigorante, relaxante. Un bol d’air physique et intellectuel.

Gestion de crise

Le Professeur Santé : C’est pas compliqué. Quand les gens sont sans masque et agglutinés, ils se contaminent. Ça va poser un problème avec les lits de réa.

Le premier ministre : Y a qu’à confiner !

Le ministre des finances : Pas possible, si on confine, on coule.

Le ministre des voies ferrées : il faudrait fermer les bars et les restaus.

Le président : pas possible, ils sont trop médiatiques et manifestent.

Le premier ministre : on n’a qu’à dire qu’on confine sauf qu’on dit aux gens d’aller bosser et, pour pas les emmerder, on laisse les écoles ouvertes.

Le professeur Santé : Mais… c’est pas un confinement, ça. Le virus va circuler encore…

Le premier ministre : Non, c’est un couvre-feu avec les bars fermés. Mais on annonce confinement. Hé hé hé hé !

Le ministre des voies ferrées : On laisse le petit commerce ?

Le premier ministre : ben non, sinon les bars y vont gueuler.

Le ministre des voies ferrées : pas con.

La secrétaire lève la main.

La secrétaire (Sonia) : Comme la solution c’est de porter le masque, il suffit d’interdire toutes les situations où les gens sont nombreux et sans masque. Du coup, théâtre, ciné, librairies, petits commerces, tout ça peut continuer. Pas de couvre-feu, pas de confinement .

Le président : (à la secrétaire) Ta gueule ! Messieurs, la séance est levée ! (à la secrétaire) Sonia, appelez Bezos et passez-le moi !

Sortie avant confinement

Pendant que des files interminables de voitures se ruaient vers le PQ, nous sommes allés au cinéma pour y voir l’excellent film coréen de Hong Sang-soo, La femme qui s’est enfuie. Parce que dans les commerces de première nécessité, il devrait y avoir les librairies, les cinémas et les théâtres (ce ne sont pas des lieux de contamination), les galeries d’art…

Que penser de ce confinement dans lequel les gens doivent aller travailler puis s’enfermer ?

Je dois avouer que je ne suis pas du tout convaincu de la façon dont l’état gère les crises de Covid et de terrorisme. En même temps, quand j’écoute la droite d’opposition, je n’entends pas mieux. Quand j’entends la gauche… ben, je dois avoir quelque déficience auditive car je ne l’entends pas.

J’entends ici une voix qui s’élève pour m’interpeler : « c’est bien beau de critiquer, mais qu’est-ce que tu proposes ? ».

J’ai plein de choses à proposer. Mais je préfère les garder pour mon entourage direct plutôt que les livrer à l’envi sur le grand réseau. Il ne fait pas bon proposer par les temps qui courent.

Bonne nouvelle (en attendant la suite)

J’écris cet article en attendant le discours de 20 heures. Aucune surprise à attendre puisqu’on sait déjà vers où on va.

En attendant, ce matin, j’ai eu une bonne nouvelle : je suis pris sur un téléfilm avec un bien joli second rôle. Ça me fait d’autant plus plaisir que j’aime le personnage et le film et que… je n’ai pas eu à passer de casting. Oui Madame. J’avoue que je ne suis jamais meilleur que quand je ne passe pas d’essais.

Coup de vent

« Il y a un problème avec la communauté Tchétchène ». Qu’est-ce qui lui a pris à Mélenchon ? Pas besoin d’avoir fait science po pour deviner pourquoi il a pointé du doigt l’origine du monstre. Stratégie digne des Le Pen. Il voulait mettre l’accent sur Tchéchène plutôt que sur islamiste, sans se soucier de ce que cela signifie de désigner une communauté. Dans ces circonstances, contre la connerie ambiante, on doit mesurer son langage, choisir les mots justes qui pointent avec précision les responsabilités.

Quant aux cris de la droite (et de son extrême), ce sont les mêmes depuis des décennies. Les solutions qu’elle propose ne suffiront pas à résoudre le problème. Sans doute l’aggraveront-elles, même. Pour ce qui est des gesticulations médiatiques du gouvernement, on en a l’habitude : pour En Marche, la solution aux problèmes, c’est agiter les JT de mesures improvisées.

On se prend à rêver d’un couvre-feu de la parole politique. Lassitude d’entendre ces Kaa (le serpent du livre de la jungle) qui ne parlent que pour séduire leurs électorats respectifs, au mépris de la pensée la plus élémentaire.

Je dis ça sans colère ni amertume. Au fond je m’en fous. Je fais la sieste et je vaque en attendant d’avoir le loisir d’entendre une parole sage. Mais vu le mépris avec lequel on a traité les travaux de la convention citoyenne pour le climat, je crois qu’on a le temps.

Je vais redresser les pans de la clôture bousculés par le vent. Agir sur la matière avec ses petits bras, c’est bien ce qu’il nous reste de plus sage.

À la manif

Je suis arrivé un peu tôt à la manif en hommage au professeur décapité. La place de la République était encore clairsemée et une manif de contestataires Algériens prévue de longue date avait été maintenue pour marquer son soutien au peuple Français face au terrorisme islamiste.

Je me suis dirigé au son des voix qui parlaient fort, pour entendre ce qui se disait ici ou là. Ici, un prof se plaignait en criant que ses collègues gauchistes du SNES ne se mobilisaient que pour faire taire la contestation populaire contre l’islam. Ailleurs, quelques racistes ne se gênaient pas pour s’exprimer avec leur humour hitlérien. Là, c’étaient des musulmans qui produisaient une parole forte contre le terrorisme et le détournement mortifère d’une religion par des assassins sans humanité. La parole du dernier faisait du bien. Elle était claire, limpide, sans ambiguïté.

C’est sans doute cette parole publique qui nous manque le plus aujourd’hui si l’on veut sortir des clivages haineux, tant du côté des islamistes que de celui des nationalistes. Il n’y a pas 2 camps. Il y a aussi celui de ceux veulent avancer et trouver des solutions à la fois fermes et pacifiques.

Néanmoins, pris dans ces faisceaux contradictoires et souvent incompatibles, j’ai préféré applaudir en hommage au prof d’histoire et repartir tranquillement.

Tournage hier, manif aujourd’hui

Hier, je tournais. Et c’était chouette ces scènes dans le court-métrage de Francis Magnin. Une comédie romantique, légère et émouvante. Pablo Pauly, super camarade de jeu. Thomas Blumenthal, tellement étonnant. Le film s’est fait avec l’investissement d’une production et des coups de mains très professionnels ici ou là. La comédie romantique, c’est vrai que ça ne fait pas très sérieux. Pas de message politique, pas de dénonciation ni de critique. Juste des jeunes qui essaient de piger deux ou trois trucs de l’amour au sens le plus futile. Ne reste qu’à souhaiter un joli succès à ce film qui sort des clous parce qu’il ose la légèreté.

Je devais déserter Paris aujourd’hui mais cet aprem, j’ai manif. Moins romantique, moins comédie notre monde en ce moment. Il est important de le dire en vrai.

En phase

En prévision du couvre-feu, et par dépit de n’avoir plus aucune opinion à exprimer publiquement, je me suis mis à l’électronique. C’est le type de truc qui te prend la tête mais de façon légère, un peu comme quand tu jardines. Ça t’évite juste de penser pendant que tu bosses, mais la nuit, tu n’en rêves pas.

Je dois écrire une première version d’un projet documentaire pour la fin de la semaine prochaine. Ça, ça va prendre autrement plus la tête. Mais j’adore.

Sinon, je sais que je vais toucher 1600 balles de retraite. Je me permets de le dire car c’est pédagogique. Tu veux faire du cinéma ? Ok. Sois technicien !

À tâtons

Vu Un pays que se tient sage, un film du monde d’avant dans lequel on était en droit de s’inquiéter des dérives démocratiques d’un pays où l’on pratique les arrestations avant les manifs, des milliers de gardes à vue, des violences disproportionnées avec des grenades et LBD. Le monde d’avant.

Le monde d’après, j’ai beau ouvrir les yeux, je peine à en saisir les contours. Je ne comprends pas toujours mes concitoyens, pas plus que les dirigeants. Je n’ai pas encore trouvé la Pierre de Rosette qui me permettrait de traduire correctement ce que j’entends, ce que je lis.

Alors j’avance tant bien que mal. J’ai écrit la moitié de mon bouquin et l’ai envoyé à mon éditrice, je vais tourner, travailler à l’écriture d’un documentaire. La vie à tâtons. C’est cette brume épaisse sur l’avenir proche qui nous fait avancer à petits pas.

J’aime bien titiller

Alors, les masques ? Vous voulez qu’on parle des masques ? Non, ne me dites pas que vous voulez encore parler des masques !

Alors, juste, il n’y a pas de contamination dans les endroits où il y a beaucoup de monde quand chacun porte un masque : métro, train, salles de spectacle, cinéma. En revanche, il y a des contaminations dans les lieux clos où les gens ne portent pas de masque et sont nombreux : rassemblements familiaux, fêtes, boîtes de nuit, bars. Conclusion : la contamination est liée au port du masque de façon évidente. Maintenant, on peut parler de liberté, si vous voulez, mais là, j’ai pas envie. Bien sûr, on peut toujours se demander si c’est judicieux dans la rue (pour les grandes villes où c’est obligatoire). Mais bon. Il faut se dire que se balader incognito peut avoir des avantages. 

Sinon, je commence à avoir un grand nombre de cas de Covid dans ma famille proche et dans mon premier cercle de connaissances. Personne n’est mort ou n’est parti en réanimation. On jugera plus tard, dans quelques mois, de la pertinence des mesures. Pour l’instant, il faut être sacrément fort pour porter un jugement objectif. Peur paranoïaque d’un virus moins dangereux que la grippe ? Fallait-il ne pas confiner ? Ce port du masque est-il disproportionné ? 

Je peux avoir des avis très tranchés sur la politique, parce que c’est simple de voir les effets mesurés de telle ou telle politique, son incidence sur les uns ou sur les autres. À partir de là, si l’on constate que le capitalisme aggrave la pauvreté, les injustices, les inégalités, la pollution, il me semble évident de me rapprocher de ceux qui proposent des solutions qui vont dans le sens d’équilibres plus justes dans tous les domaines. C’est ma logique. Je la respecte. Je m’étonne même que des mecs qui pensent la même chose votent Macron. Mais bon, pareil pour ceux qui pensent la même chose et votent Le Pen. Mais bon…

En revanche, lA Covid, le masque et tout ça… je préfère me méfier de ce que je pense mercredi, sachant que jeudi, si ça se trouve, je suis capable de penser le contraire.

Expo

Rien ne m’obligeait à écouter France Inter vers 08:00, ce matin. On a commencé par un journal catastrophiste, avec des mots empilés, un ton qui jubile à étaler et sur jouer l’horreur, le malheur des uns face aux intempéries. On aime dire les morts, nommer les ministres qui vont se déplacer. On se lâche. La catastrophe, ça fait vendre.

On enchaîne ensuite par le nouvel album de Trucbidwin. Et là, j’ai l’impression d’une voix posée sur de la musique au mètre pour tutoriels. De la musique marketing, de celles que l’on pose sur des clichés à la Géo.

Pour finir, l’invitée est Marlène Schiappa. Là, c’est tellement énorme que j’en ris. Un éclat de rire matinal, ça peut pas faire de mal. Un moment formidable :

  • Quand on voit ces catastrophes, vous pensez que l’état en fait assez pour l’écologie ?
  • Dans l’écologie, il y a ceux qui veulent tout changer et ceux qui ne veulent rien changer. Nous on a choisi une écologie pragmatique sur un fil entre les deux positions. On prend des décisions qui n’ont jamais été prises. Tenez, par exemple, on a interdit les animaux sauvages dans les cirques.

Je crois que c’est ça qui m’a fait rire. Mais il y a eu tellement pire.

J’imagine une installation dans une galerie. Une pièce vide aux murs décrépis. Sur un piédestal, un téléphone portable qui envoie le son du journal de France Inter du 3 octobre de 08:00 à 08:15. 

Annonces

Je vais laisser la voiture au garage. Entre les alertes attentat et ce que disent les gens informés à propos des mesures qui vont être prises à Paris pour le Codavi (comme disait un agriculteur devant ces limousines, cet après-midi), je reporte mon départ.

J’ai lu d’ailleurs que le premier ministre avait annoncé… qu’il allait annoncer des annonces demain. Peut-être.

Automne

Le mec, il se fait pas chier. Il est à 3 jours de la retraite et il raconte qu’il est en train d’écrire à la campagne, qu’il va se balader l’après-midi pour oxygéner son cerveau et faire travailler son corps. Le tout, sans masque, en forêt et en croisant ici un petit morceau de Moyen-âge et là, ramassant des châtaignes. 

Ce week-end, c’était festival du film court d’Angoulême. Rencontre avec des gens, rencontre avec des artistes, rencontre avec des films. Évidemment, peu amateur de consensus, je n’aime pas être jury. Pourtant je l’étais. Nous étions 5, aux goûts divergents, et c’était très plaisant, finalement.

Il va bien falloir montrer encore, non pas le bout de son nez, mais son masque du côté de Paris. Garder le lien.

Nouvelle lettre aux complotistes

Il ne se passe pas un jour sans que je constate qu’une de mes connaissances véhicule un discours complotiste. Ça me chagrine. Alors, de temps à autres, je fais une lettre, comme celle-ci. C’est peut-être naïf et puéril. Je sais pas.

Chers complotistes,

Comme par hasard (vous aimez bien commencer vos affirmations par « comme par hasard », hein !), les théories complotistes sont générées et diffusées par les plus grands menteurs du monde (Trump, Poutine, Bolsonaro, le RN). En poussant votre façon de raisonner (si l’on peut parler de raison), vous ne trouvez pas que c’est louche que ça vienne d’endroits où l’on ne respecte rien, où l’on ment, où l’on assassine ? Je ne sais pas mais, à votre place, je me poserais quand même la question. Elle pourrait presque se résumer à « et si le complot, c’était eux, ceux qui nous encouragent à devenir complotistes ? ».

Dans votre discours, vous employez souvent les mots de liberté et de dictature, alors que les chefs du complotisme susnommés sont les personnages les plus proche de comportements dictatoriaux. Pour vous, souvent, le mot liberté est attaché à la critique port du masque (objet dérisoire quand on sait ce qu’a été la lutte pour la liberté dans bien des moments de notre histoire). Mais le plus souvent, il s’agit pour vous d’autoriser les discours racistes, l’antisémitisme et les valeurs morales des intégristes religieux d’un autre temps. Un grand nombre de choses que vous dénoncez ressemble comme un copier/coller aux discours des années 30 qui nous ont conduit au fascisme.

Sous prétexte d’être antisystème, vous vous mettez à vomir la démocratie. Une grande guignolade, pour vous.

Sur ce point, parfois, je ne suis pas très loin de penser comme vous. Et il m’arrive de le dire. Sauf que je préfère me tenir prioritairement à des valeurs humaines que j’estime au-dessus de tout : la soif de vérité, de justice et de partage. Or, vos critiques du système sont souvent mues par des valeurs autrement moins généreuses, souvent haineuses, dans lesquelles les plus fragiles et ceux qui ne pensent pas comme vous sont à exclure. Votre conception antisystème est juste mortifère.

Vous vous plaignez de la bien-pensance et de ses effets oppresseurs. Je suis d’accord avec vous. Mais, entre le discours haineux et la bien-pensance, de deux maux, j’ai vite fait de choisir le moins pire. Ce qui ne m’empêche pas de dénoncer l’un comme l’autre.

Penser, c’est analyser, pousser toujours plus loin la compréhension des effets et des causes, chercher toujours à savoir d’où vient ce qui est dit, tenter de garder toujours son libre-arbitre. Mais il semblerait que vous vous pressiez à propager toujours plus vite et toujours plus aveuglément les pires mensonges vendus comme vérités cachées. Vous me faites peur.

Ne voyez-vous pas que notre monde est en train de ressembler à celui décrit par Georges Orwell, dans lequel nous sommes traqués, toutes nos informations collectées et utilisées à des fins commerciales ou de propagande ? Les conneries que vous partagez rapportent du pognon à ceux qui les inventent. Votre aveuglement concourt à l’édification de ce monde imbécile car il tue la pensée, la responsabilité individuelle. La pensée s’amenuise de jour en jour. Plus rien ne semble vrai. Chacun dénonce l’autre de fake-news, de fausse information. Et au bout du compte, il n’y a plus d’information. Ne reste qu’un vague bruit proféré par des abrutis de toutes parts. Y compris par moi, sans doute.

Chers complotistes de toutes origines, de toutes classes, parfois des amis, songez seulement quelques minutes à ce à quoi votre révolte conduira. Ça ressemble à la dictature. Un monde où l’on enferme ou tue ceux qui sont différents ou ont des pensées rebelles.

Vous me direz que les démocraties actuelles ne font souvent pas mieux. On y enferme et on y tue de façon propre, symbolique, par la création « d’affaires », de lynchage médiatique bien orchestré par de braves petits soldats de l’information. C’est pas faux.

Pour ma part je fais le choix de me battre, d’ouvrir ma gueule, mais pour que plus personne ne soit enfermé ou tué au nom de ceci ou de cela ou de quelque différence. Ça ne veut pas dire faire le bisounours et ouvrir les prisons pour libérer tous les malfrats. Les valeurs de justice, de vérité et de partage, valent pour tout et pour tous. Comment renoncer à sanctionner quiconque enfreindrait la loi commune ?

Bref, si je partage quelques-uns de vos constats, je ne partage en rien la finalité de l’ordre que vous semblez vouloir instaurer, sans y penser, de façon indirecte et nonchalante. En fait, votre attitude ne dérange personne. Elle assure même la continuation du pourrissement du monde.

En attendant

Hier, nous avions une rencontre avec les comédiens et le réalisateur d’un court-métrage dans lequel je vais tourner le mois prochain. Une comédie sentimentale qui, de par le casting, devrait produire tous les effets d’un joli moment acidulé et joyeux. Quel plaisir de découvrir des acteurs et un réalisateur. Tout le monde est dans le plaisir et l’éclate.

Vous me direz que je suis désormais abonné aux courts-métrages. Il se trouve que depuis quelques temps, je me viande dans tous les castings que je fais. Bon, en même temps, les castings en question, c’est le plus souvent pour un jour de tournage dans des séries ou téléfilms avec des rôles pour le moins anecdotiques. Ça n’aide pas. 

En revanche, dans les courts-métrages, ce sont des rôles intéressants qu’on m’offre. Ils sortent des personnages ayant à se battre contre leurs démons ou subissant toute la misère du monde. Des personnages vivants, quoi. Alors je prends. Je ne vais pas gagner ma vie avec ça, mais au moins je continue à faire mon métier avec un immense plaisir. 

Pendant ce temps, la télé et le cinéma m’oublient. Toutes les conditions sont réunies pour qu’un jour la fiction se rappelle que j’existe. Car oui, si je suis habité par d’autres passions au travers des quelles je me réalise, je crois que, fondamentalement, je suis sur cette terre pour jouer.

En ouverture du festival

Vendredi 25 septembre à 18:00, Manigances sera présenté en ouverture du Festival International du Film Court d’Angoulême. J’y serai, bien sûr. Je resterai car je serai au jury pour les deux jours suivants.

Je rappelle que Manigances est une comédie médiévale de 25 minutes que j’ai réalisée.

Dans les rôles principaux : Émilie Caen, Robinson Stevenin, François Loriquet, Bernard Blancan.

Ce film a été produit par Céline Loiseau de TS Productions, avec le concours de France Télavision, le CNC, SACD Fondation Beaumarchais, Région Nouvelle Aquitaine et Département de la Charente Pôle Magellis.

Manigances est inspiré d’une nouvelle d’une nouvelle du Décameron de Bocccace écrit au XIVème siècle. Dans le Décaméron, 10 jeunes adultes se racontent des histoires alors qu’ils sont confinés dans la campagne florentine pendant la peste noire. Manigances est donc une histoire issue d’un confinement…

bien, bien, bien

On s’en fout un peu et ça ne regarde personne, mais j’écris. Comme je n’écris pas très bien, j’écris un jour et le lendemain je reviens sur ce que j’ai écrit la veille. Il va falloir que j’active un peu un rythme plus soutenu si je veux tenir les délais. Et comme c’est une période où je m’aime encore moins que d’habitude, je passe mon temps à juger ce que j’écris. Bref, les affres de l’écrivaillon, quoi.

C’est sans doute ce même état d’esprit très autocritique qui m’empêche de poster des articles rebelles sur tel ou tel sujet politique ou social. Il y aurait tellement à rire jaune quant au traitement gouvernemental de la crise sanitaire que je ne vois pas bien en quoi mon opinion pourrait avoir un quelconque intérêt.

Ce matin, au café du coin, je croise un agriculteur que va récolter 30 au lieu de 115 à cause du manque d’eau. Il porte sur lui une angoisse. Voyons, voyons, soyons Trump : Fake News ! Tout va bien. 

C’est moi ou tout ne va pas si bien, en fait ?

Vadrouilles

Ce week-end, nous avons parlé eau et guérisseurs dans le Gers. Cet après-midi, j’ai fait une post-synchro pour un film bordelais. J’enchainais, toujours à Bordeaux avec une réunion autour d’un projet théâtral très excitant. La semaine prochaine, j’accompagnerai Manigances à Angoulême pour l’ouverture du festival de court-métrage. Je ferai partie du jury le lendemain. Passion de l’invisible, cinéma, théâtre. Dans le Sud-Ouest…

Sous des températures tropicales, dans un monde où les gens errent masqués dans les rues, en pleine apocalypse, la vie continue.

Un autre jour

Je sais… Il n’y a pas longtemps, j’écrivais un article dans lequel je m’interrogeais sur le port du masque. Oh, bien sûr, pas à la façon d’un militant anti-masque. Juste je m’interrogeais. Aujourd’hui, les données ont changé et les chiffres nous montrent un rebond de l’épidémie et une augmentation des admissions en réanimation. Donc, ça ne rigole plus. Je tenais à clarifier mon point de vue.

Comme par hasard, ce matin, le fichier Word que j’ai ouvert s’est mis à m’afficher un zoom à 200%. Comme si aujourd’hui je devais y voir moins bien qu’hier. Non mais… allo, quoi ! Encore un coup de Bill Gates qui veut me vendre des lunettes Linky 5G avec des puces vaccinées de partout.

Résolution de rentrée

Un mois ! Un mois sans Facebook. Record battu. Ouais, bon, c’est pas non plus extraordinaire. De toute façon, j’y reviens, dans le réseau social.

Cette année passée en grande partie à la campagne avec quelques incursions parisiennes a eu pour effet de me désocialiser comme jamais. Peu de relations d’un côté et trop peu de temps pour renouer de l’autre, dans les circonstances que l’on connaît. Pas de boulot non plus en dehors de celui qui m’occupe en solo autour de mon bouquin et des expériences qui vont avec.

L’ermite est un des archétypes de notre société. Dans la littérature, dans l’art, on a souvent la figure de cette personne qui s’isole du monde. Elle incarne l’image d’une libération des servitudes sociales, associée souvent à celle d’un retour à la nature. Cette image nourrit l’imaginaire de l’être social submergé par le jeu social, comme un refuge fantasmé. La petite maison perdue dans les bois ou à flanc de montagne avec pour seule compagnie les visites éphémères d’animaux sauvages.

Sauf que l’homme a des instincts grégaires. Il a besoin de la foule, d’appartenir à des groupes sociaux, retrouver la meute, le clan. Facebook est le lieu virtuel de l’expression de cet instinct. Cet espace algorithmique offre à nos yeux et à nos doigts l’illusion d’une existence sociale. Pourtant, cette existence sociale est de moins en moins incarnée, filtrée par des écrans, masquée désormais. A tel point que, sur Facebook par exemple, on est heureux d’exhiber le moindre moment où l’on est en relation concrète et réelle avec des gens : selfie à plusieurs avec sourire obligé.

Cette désocialisation dont je parle, on pense souvent qu’elle est de notre fait, que nous en sommes responsables individuellement. Elle finirait même par nous culpabiliser. Pourtant, elle est un résultat de l’évolution de notre mode de vie : nous sommes nombreux à avoir dû changer de territoire pour des questions professionnelles ; le téléphone puis internet nous ont permis de multiplier nos conversations mais en leur hottant leur caractère charnel. Notre pensée ne se nourrit plus pour l’essentiel que de celle qui circule dans les tuyaux de l’information, qu’elle soit médiatique ou issue des réseaux sociaux. Courte, simple (voire simpliste) et efficace.

Une des caractéristiques des conflits sociaux est que les gens concernés se remettent à parler ensemble, pour de vrai, avec des postillons et des odeurs. Et soudain, la pensée se met de nouveau en mouvement, recommence à construire, à échafauder collectivement. Les gilets jaunes furent le dernier espace où des gens se sont rassemblés contre une taxe gasoil et ont fini par élaborer une pensée politique remettant en question le libéralisme.

Vouloir renouer avec le lien social réel, à un moment où une autre étape de la désocialisation collective est entamée par la peur du virus, du cluster, le port du masque, tient de la gageure. Pourtant, je vais en faire ma résolution de rentrée.

Corrélations

De retour dans la ville masquée. Il n’y a plus que les gens installés aux terrasses des cafés qui ont un visage, avec un nez et une bouche. Sinon, ce ne sont que masques sur pattes. Comme si la ville s’était transformée en parc hospitalier dans lequel les malades déambulent, entamant une timide convalescence. Les masques que j’ai achetés pas cher, fabriqués très loin par des gens très pauvres et sans doute très jeunes, puent. Une odeur inconnue qui étouffe toutes les autres, celles du dehors, celles des gens, de la nourriture qui cuit, de la vie qui fait sa chimie. Ces masquent nous coupent de tout. 

J’observe ces militants anti-masque. Enfin, j’observe leur discours car ils ne sont pas visibles dans la rue. Il suffit de la menace de perdre 135 euros pour que tout le monde se voile la face. Et je ne sais pas. J’observe ces statistiques. 26 morts du Covid hier, soit 1 personne sur 2.300.000. Cette personne n’a vraiment pas de chance. Moins de morts que l’an dernier de toute façon. En revanche, quand tout le monde était confiné, ça tombait, ça tombait. Comme si la maladie se foutait bien des mesures gouvernementales, des précautions. Les corrélations s’inversent. Plus de cas positifs, moins de malades et de morts. 

Pourquoi est-il moins dangereux de parler dans un café, longtemps, sans masque, avec plein de personnes, les mêmes, que de marcher dans la rue ? Y a t-il eu des contaminations suite aux rassemblements de milliers de personnes non masquées ? Elle est où la logique ? Je la cherche. Je lis les analyses de machin et de bidule. Mais je n’ai qu’une hâte : qu’un professeur, membre reconnu des instances décisionnaires, juge que finalement, le masque, c’est utile dans certains cas mais que sa généralisation (avec exceptions liées à la nécessité de ne pas porter tort aux commerces de bouche) est idiote et abusive. Non, parce que moi, ce que j’en pense, ça n’a aucune valeur. Je n’ai pas fait les études nécessaires à porter un jugement juste sur cette situation. Juste je m’interroge. 

C’est la fin août

Pas de quoi trop alimenter le blog, ces temps-ci. Ce qui ne signifie pas qu’il ne se passe rien dans ma vie. Mais peu de choses méritent d’être publiques. Il faut garder son jardin.

Comme tout le monde, cette histoire de Covid continue de me pourrir la tête. Mais j’ai la chance d’être obsessionnel et d’avancer encore sur mes recherches sur l’eau. Il est probable d’ailleurs que, d’ici quelques semaines, je fasse appel à des volontaires pour lancer une grande expérience. Pour l’instant, je teste à petite échelle et peaufine le protocole.

On va aller masquer un peu à Paris, histoire de voir un peu ce qui bouge.

Dans ma rue passe un cluster. Je veux dire un mariage sans masque.

Prise de tête en fin d’été

Quand il y a eu des manifs d’anti-masques à Berlin, je me suis publiquement demandé si les gens ne devenaient pas fous. Mais aujourd’hui, je me demande si les autorités politiques et sanitaires ne sont pas en train de s’égarer. Quand on regarde les chiffres, on constate une augmentation des cas positifs mais aucune augmentation significative des hospitalisations, des personnes en réanimation ou des décès. Et ce, malgré la fête de la musique et de nombreux rassemblements estivaux.

Je ne comprends pas pourquoi la presse ne met l’accent que sur le nombre de cas positifs alors que les autres données, les seules valables pour évaluer la dangerosité d’une maladie, ne sont jamais relayées.

La Covid fait plus de mal à nos têtes qu’autre chose.

Pyrénées

Il y a des jours où le Pic du Midi d’Ossau se prend pour le logo de la Paramount. Ne manquent que des étoiles en demi-cercle.

Je croyais me souvenir que pour voir les images d’en haut, il fallait marcher beaucoup en montant. Mes jambes me l’on confirmé.

Dans les sommets je me suis encore demandé quelle était la meilleure façon d’éveiller l’intérêt à propos de ma découverte sur l’eau. L’altitude n’y a rien fait. Je n’ai toujours pas trouvé la solution. Découvrir un truc n’est rien au regard de la difficulté à le faire entendre.

Entre deux

Ayant quitté la mer et avant de rejoindre la montagne, occupé à divers travaux et je me suis déjà mis à l’ouvrage pour l’écriture du livre. Et vite fait, une petite expérience pour la route.

J’avoue que ma cure de désintoxication à Facebook se passe plutôt bien. S’épargner de lire des messages dont on ne comprend pas pourquoi ceux qui les écrivent les postent, ça repose. Ça renvoie aussi à sa propre vacuité dans ce système de communication algorithmique.

Alors bon, je continue d’écrire un peu dans le blog en me demandant un peu pourquoi. Un peu.

Vacances

Alors, je me suis mis en pause de Facebook. Trop de connerie exacerbée de tous côtés. Inutile de rajouter le mienne. Il y a ceux qui disent qu’il n’y a pas d’épidémie et qu’on veut nous imposer un vaccin obligatoire et puis, hier, alors que je postais un petit message vers la communauté Libanaise, je me faisais traiter de connard d’occidental. Bref. La pensée des réseaux, quoi. Toujours aussi mesurée et d’un niveau de pensée très élevé. Autant sortir de la salle pour cramer une clope.

Tiens, une petite histoire à l’honneur de la police. Si, si, ce n’est pas parce qu’il y a des violences policières (que je dénonce quand il faut), qu’il faut rejeter l’uniforme par principe. Mon histoire, donc. Nous arrivions de Paris en gare d’Angoulême à 23:25. Arrivés à la voiture, nous constatons qu’un sac à dos est resté dans le train qui vient de partir vers Bordeaux. L’ordinateur est dans le sac. Que faire ? La gare a déjà fermé ses portes. Personne de visible. Pas de numéro de téléphone de la gare sur les pages jaunes. On fait le 17 et on explique la situation. Le gendarme local nous donne les numéros de téléphone de la gare et le 06 de la personne d’astreinte. Pas de réponse. Le gendarme n’a pas les numéros de la gare de Bordeaux et il n’y a pas de numéro accessible au public.

Et là, on appelle le commissariat central de Bordeaux. On explique à nouveau la situation. La police nous remercie car ça évitera de faire intervenir l’équipe de déminage si le sac est retrouvé dans le train. Ils s’occupent de tout. Une petite heure après, coup de fil de la gare qui a été informée par la police. Le sac est bien là et nous pourrons aller le chercher le lendemain matin.

Cette histoire aidera peut-être quelqu’un un de ces quatre. 

Pas très intéressant

Voilà quelques temps que je n’ai pas écrit sur le blog, tiens. Visiblement, je n’ai pas été pris sur mes précédents casting. Pour l’un, j’ai été mauvais, pour l’autre, j’ai dû être mauvais aussi. Non, en fait, je crois que le réalisateur pensait que j’étais trop vieux pour le rôle. Ou que ma tête ne lui revenait pas. Ou que je ne sais quoi. Bref, je n’ai pas été pris.

J’ai une autre rencontre avec un réalisateur lundi. Si je ne suis pas pris, c’est que vraiment je suis mauvais mauvais ou que je mets de la mauvaise volonté. Oui, le rôle en question, il s’appelle Bernard, voire même Bernard Blancan. Alors si à l’issue du rendez-vous le réalisateur me dit « heu… en fait, je ne suis pas certain que… », je crois qu’il ne me restera plus qu’à renoncer définitivement à ce boulot. Mais ça ne se passera pas comme ça, bien sûr.

Sinon, ce qui m’occupe le plus ces temps-ci, ce sont mes expériences avec l’eau. C’est chaque jour plus passionnant. Mais il ne faut pas que j’oublie ce qui va avec : je dois trouver la meilleure façon de faire comprendre la portée de ma découverte. Je dois dire que venant d’un comédien blogueur, dans un contexte où chacun se demande ce qu’il peut croire, c’est pas gagné. C’est un challenge très excitant.

Mais il n’y a pas que ça, il y a la vie et tout ce qu’elle vous prend et vous donne. Ça fait un gros morceau de temps aussi. Et de vacances…

Oui, le champignon, c’était en Suisse… Donc, rien à voir avec l’article qui, lui-même, n’a pas grand chose à voir avec quoi que ce soit.

Le bruit des hommes

Je ne saurais dire d’où ça vient, mais la plupart des bruits des villages de campagne sont produits très majoritairement par des hommes : tondeuse, perceuse, burin à percussion, tronçonneuse, élagueuse, débroussailleuse, scie circulaire, meuleuse, ponceuse, fusil de chasse, voix fortes, rire sonore, voiture qui fait vroum vroum, moto qui fait vroum vroum vroum, musique à fond… Ils font tellement de bruit, qu’ils en sont parfois contraints de porter des casques assourdissants en conduisant leurs engins. C’est comme si les hommes avaient un besoin de s’affirmer en faisant du bruit. S’ils aiment bricoler, on pourrait presque penser que c’est juste pour se donner l’occasion de produire du décibel. Le bruit est-il un des éléments de la domination masculine ? 

On me rétorquera que je suis un vieux macho et que les femmes aussi utilisent ces outils. Ce à quoi je répondrais : ok, les femmes sont tout à fait capables de produire autant de bruits, si elles le désirent. Mais ne pourrait-on pas plutôt œuvrer ensemble pour que les outils, manipulés par des hommes ou des femmes, soient juste moins bruyants ?

Dans les débats très animés autour de la question du féminisme, on a parfois l’impression que le militantisme prend la forme la plus imbécile de la domination masculine, avec lynchages, sectarisme et prosélytisme. C’est dommage parce qu’il y a en effet beaucoup à faire pour mettre à mal le pouvoir abusif des hommes sur les femmes. Cette domination, on la vit tous les jours, à tous les étages du moindre pouvoir, jusqu’au cœur de nos foyers. J’ai tendance à penser que se battre ensemble contre toutes formes de domination serait un premier moyen d’atténuer le déséquilibre homme/femme, mais aussi le racisme, l’injustice sociale… Mais je me trompe peut-être. Et par pitié, ne me jetez pas au pilori parce que j’ose exprimer les conneries qui me passent par la tête. La connerie ne fait aucune distinction de sexe.

La fabrique de la colère

Ceux qui crient haut et fort que les médias officiels, les BFM et compagnie, c’est de la merde et qu’il vaut mieux se fier aux infos qui passent par les réseaux sociaux ont raison en partie. Les médias, ce n’a jamais été de la pure objectivité. Pour autant, les mêmes qui crient, ce sont souvent ceux qui balancent à qui mieux mieux des fausses informations sur les réseaux sociaux, pour le plus grand plaisir des Trump et des Fachos (quand ce ne sont pas eux-mêmes qui balancent ces fausses informations).

Hier, par exemple, je suis tombé sur la photo de gauche sur Facebook. On y voit la femme du président portant un masque d’une marque de luxe. L’image est tellement forte symboliquement, qu’elle provoque de la colère et un sentiment d’injustice. On aurait presqu’envie de la partager ! Pour ma part, je suis allé sur Google, j’ai tapé « Brigitte Macron » et j’ai cliqué sur Images. Ce qui m’a permis de retrouver l’original de la photo (image de droite) que l’on a trafiquée.

Donc, chers amis qui m’envoyez des messages privés avec ce type de fausses informations, je vous remercie de prendre le temps, avant, de faire une recherche sur votre moteur de recherche : vous éviterez de m’ennuyer et vous apprendrez deux ou trois choses. Une information objective, ça demande du boulot. Merci.

Attrapé par le colbac

C’est ce que je craignais (ou espérais, peut-être). La semaine dernière, j’avais un call-back (second rendez-vous pour casting) pour un rôle à un jour de tournage. Je devais avoir une réponse vendredi ou aujourd’hui. Pas de réponse pour l’instant. Tu me diras, passer un casting pour un rôle d’un jour quand tu as deux trois films derrière toi, c’est assez succulent. Mais ne pas être pris… je sais pas, il y a quelque chose de rassurant, de joyeux. Ben oui, une impression d’ordre, de juste retour des choses, de coup de pouce du destin. 

Bref, pris ou pas pris, je suis heureux. Que demande le peuple ? Heu, le peuple, je préfère ne pas savoir ce qu’il demande 😉

Complément dans lequel les bras m’en tombent. Cet article fait initialement sur le blog blancan a été censuré par Facebook parce que mon blog a été signalé par un idiot comme étant je sais pas quoi. Porno ? Porteur de fake-news ? Je vais voir comment régler ceci avec ceux-là…

Quand les artistes se font arnaquer

Je n’arrive pas à trouver l’origine de la loi qui autorise un abattement de 25% sur les cotisations retraite des artistes, mais c’est une véritable honte ! J’en constate les effets au moment où je vais toucher ma retraite. Mais prenons une vision plus large.

Un trou du cul de ministre quelconque a décidé de faire un cadeau aux entreprises de l’audiovisuel et du spectacle : on va opérer un abattement de 25 % sur les cotisations retraite des artistes ! Chers producteurs, voici un petit geste fiscal qui va vous profiter. Chers artistes, vous, on va vous niquer jusqu’à l’os ! Voyons les effets que ça engendre concrètement pour le producteur et pour l’artiste.

Sur l’année de travail pour un salaire annuel de 20.000 euros (1.666 brut par mois).

L’artiste va voir son salaire net annuel augmenter de 966 euros soit 80,5 euros par mois.

Le producteur, lui, fait une économie de 1197,84 euros soit 99,82 euros par mois.

À ce stade, tout le monde est gagnant. Le producteur plus que l’artiste. Voyons maintenant l’incidente que ça a sur la retraite de l’artiste.

La retraite de base va passer de 10.000 euros annuels à 7.500 annuels ce qui veut dire qu’au lieu de toucher 833 euros par mois, il ne touchera que 625 euros par mois.

Ce qui veut dire que chaque mois de sa retraite, il touchera 208 euros de moins soit 2.500 euros par an. Et ce, pendant toute les années de sa retraite. Pour le producteur, aucune incidence à ce moment.

En résumé, en une année de travail, grâce à cette mesure géniale, l’artiste a gagné 966 euros mais chaque année de sa retraite, il en perd 2.500.

Le mec qui a pondu ce truc immonde, il a fait l’ENA ? Le producteur qui applique cet avantage a-t-il la moindre considération pour l’artiste ? Les syndicats, ils font quoi, en fait ?

La nuance

La loi dit que l’employeur doit demander au salarié son accord pour appliquer cet abattement par écrit. Je n’ai jamais vu un producteur me dire si tu acceptes d’appliquer l’abattement tu toucheras 80 euros en plus ce mois-ci mais pendant toute ta retraite, toute ta vie, tu toucheras 208 euros de moins par mois

Présenté comme ça, évidemment, j’aurais toujours demandé à ce que cet abattement de merde ne me soit pas appliqué. Au lieu de cela, soit je n’ai pas reçu la demande, soit quand c’était une petite prod, pour un court-métrage, par exemple, grand-seigneur (sachant que ça leur faisait des économies), je leur disais de l’appliquer.

Le petit coup de pouce fiscaux aux entreprises sont souvent payés très chèrement par les salariés. Mais allons-y, continuons à voter pour les guignols En Marche, de droite ou même socialistes. Au stade où on en est, ils sont tous responsables de cette situation absurde et d’une injustice crasse.

J’espère que cet article servira à mes jeunes camarades.

Si parmi vous quelqu’un est capable de me dire qui a fait voter cette loi et quand, je suis preneur.

Le monde de demain

Pendant le confinement, j’avais fait une chanson qui s’appelait Le monde de demain. Elle remettait en doute les volontés gouvernementales de tout changer pour un monde plus juste qui récompenserait ceux qui se sont révélés être les véritables acteurs de la bonne marche de notre société.

L’interview du 14 juillet de notre cher président vient confirmer que, non seulement rien ne va changer sous son règne, mais que tout a des chances de s’aggraver pour les plus fragiles (on ne touchera pas aux plus fortunés, promet-il).

Il est déjà loin son discours qui disait qu’il fallait changer de paradigme, de modèle, qu’il fallait tout réinventer. 

Castex premier ministre, l’ours imitateur de son maître Sarkozy, ne semble pas donner le gage des changements les plus profonds.

Nous nous dirigeons vers un rustinage à minima pour lequel on demandera aux mêmes de faire les efforts.

Mais restons optimistes. On a Bachelot à la culture. Après son stage aux grosses têtes, elle a tout d’un André Malraux ou d’un Jack Lang, c’est évident.

En écrivant ceci, j’ai tout du Français jamais content. Peut-être. J’ai juste l’impression de comparer ce qui est dit à ce qui est fait. Je ne sais pas si c’est français, chinois ou polonais. En tout cas, ce n’est pas moi qui fait des grands discours, qui appelle à enfourcher les tigres et autres délires. 

Allez, masque obligatoire le 1er août ! En voilà une mesure fort à propos…

Ça porte ses fruits

J’ai bien fait de me livrer à la pensées positive l’autre jour. J’accumule les bonnes nouvelles à un point qui frise l’indécence. Je vais rencontrer un scientifique pour mes expériences sur l’eau. C’est un fait assez décisif pour la suite. J’ai appris que mon projet de bouquin a reçu l’aval d’un premier comité et devrait être définitivement validé avant la fin du mois. Par ailleurs, je passe un casting la semaine prochaine pour un rôle taillé sur mesure et très important. J’écris l’article avant d’appeler ma productrice pour les films en cours parce que ça ferait trop.

Je suis assez fan du monde d’après, même s’il tourne en ce moment autour de mon nombril.

Contre

Se battre. La vache se montre un peu trop affectueuse – en réalité friande du sel de la transpiration. Mais dans la société des hommes, il faut se battre sans cesse.

Se battre contre la peste brune qui instille jour après jour son venin dans la collectivité. Contre la popularité des Zemmour. Contre le marketing d’un président qui gesticule sans fin pour conserver sa place. Contre des opposants qui n’ont rien d’autre à opposer que leur désir de prendre la place. Contre les rouleaux compresseurs du journal collectif qui aplanit toute pensée qui dépasse. 

Contre cet employé d’administration qui ne fait pas le travail qui satisferait aux droits qui vous sont dus. Contre le monde de la fiction qui vous fait passer des essais pour un rôle d’un jour avec deux répliques, sans vous donner de réponse, alors que vous avez si longtemps tourné et tourné et tourné. Contre ceux qui n’aident que les projets artistiques qui ne sont que la réplication de projets artistiques existants. Contre ceux qui renoncent à comprendre.

Contre la bien-pensance et la non-pensance. Contre l’immobilisme et le consensus. Contre la satisfaction ridicule de ce qui existe et que l’on possède. 

Contre notre propre résignation.

Vers Nébraska

Image Fanny Reynaud – Nebraska de Lou-Théa Papaloïzos – E c al

Retour Paris. Voté par procuration dimanche. J’ai bien aimé la vague verte. Mais pas de politique aujourd’hui. Retour au journal d’un comédien.

Avec les 2 ans de théâtre et à part 3 jours sur le film d’Olivier Dahan, cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas tourné. On me dira que jouer, c’est comme le vélo : ça ne s’oublie pas. Mais c’est un peu vite dit. Je crois que ce retour au théâtre m’avait un brin perturbé dans ma façon d’appréhender le jeu au cinéma, malgré une carrière honorable. En faisant notamment ma bande annonce, j’avais constaté que mon jeu ne me plaisait pas, que j’en faisais trop, pas assez simple, trop dans le faire, dans la démonstration et le forcé. Eh oui, on peut vite dériver, frêles embarcations que nous sommes.

Ce film en Suisse aura été l’occasion de commencer à corriger le tir, sous la direction d’une équipe souvent plus jeune que mes propres enfants. Il ne se sont pas encombré de politesses gênées pour me dire ceci ou cela, corrigeant quand il le fallait. Et leur regard était toujours juste. Cette semaine m’aura permis de dépasser l’opinion que j’avais de moi ces derniers temps, à savoir que je pensais que j’étais en train de devenir doucement un mauvais acteur. Il n’est pas d’âge pour se remettre en question. C’est la condition indispensable pour durer dans ce métier, à moins d’être une icône qui peut se permettre de jouer comme un pied.

Je ressors donc de ce tournage tout redynamisé, confiant et prêt à me frotter aux plateaux de tournage. On va vérifier si ça marche, pas plus tard qu’aujourd’hui car j’ai un casting autofilmé. J’aime ce boulot !

Merci à Lou-Théa pour son écriture et sa réalisation, à la caméra de Fanny, aux micros de Théo et à cette équipe de jeunes cinéastes que ne s’est pas contentée de jouer à faire un film. Il y avait l’exigence de ceux qui font tout pour qu’un vrai film surgisse.

Ça commence comme ça

.Une semaine de tournage en Suisse. Je joue un paysan. Avec des vaches. Et un visiteur impromptu. Scénario minimaliste et impressionniste (Nebraska de Lou-Théa Papaloïzos), grand air, grand beau, équipe jeune et pro. Franchement, ça déconfine bien. Le monde d’après commence là, pour moi.

Arrivé à Lausanne, je n’ai pas manqué de porter mon regard sur la rue de l’hôtel dans lequel nous logions pour Intra-Muros. Nous avions fait pas mal de dates de tournée en Suisse. C’est là que j’ai commencé à aimer ce pays que je ne connaissais pas en dehors des clichés liés à l’horlogerie, au chocolat, au fromage et aux milliardaires qui y cachent leur argent. Pour une fois, j’aurais envie de dire que c’est plus compliqué que ça.

Jouer un paysan, en tout cas, ça me convient pas mal.

Comme disait Robert

Robert ?

Trois mois. Ça faisait trois mois que je n’étais pas retourné à Paris. C’est un petit peu les vacances qui commencent. C’est à dire que j’ai bossé pour mon bouquin dont un comité va donner un avis. J’ai travaillé aussi au scénario que nous écrivons avec Guillaume G. En même temps, je me débattais avec de la paperasserie administrative, attendant avec un peu d’inquiétude de savoir à quelle sauce je serai mangé pour mes droits à la retraite. Retraite, le mot sonnait encore bizarrement à mes oreilles il y a encore quelques années. Et puis ça arrive. Pour ce qui est des trimestres, tout y est. Longue carrière qui m’aurait même permis de demander un départ anticipé. Si une question est de connaître le montant de cette retraite, une seconde en découle immédiatement : C’est quoi ces conneries ?! Je suis donc vieux ? La réponse est non.

Pas question pour moi de me reposer pour autant. Je continue pareil. La semaine prochaine, je pars faire l’acteur pour une semaine en Suisse (d’où l’idée de vacances car jouer, ça reste des vacances). Nous avons commencé à bosser sur un projet théâtral à Bordeaux pour 2022. Mais n’en parlons pas trop car le projet est assujetti à l’obtention de droits d’adaptation. J’ai un documentaire à finir, un autre à commencer, à continuer la lutte acharnée pour un long-métrage. Les prochaines années seront aussi consacrées à ma fameuse découverte sur l’eau. Et, en faisant tout ça (et le reste), j’espère bien continuer à exercer le métier pour quoi je suis fait : acteur.

Ceux qui m’attendaient pour m’inscrire au club de bridge et de pétanque ou encore à l’amicale des pêcheurs à la ligne, vont devoir patienter encore un peu.

Un copain me demandait comment je faisais pour mener des projets si différents de front. Je lui ai répondu qu’il suffisait d’être schizophrène. Tu fais un truc et il n’y a que ça qui existe, puis tu passes à un autre et il n’y a que ça qui existe.

Alors, si je prétends ne pas être vieux, je ne suis pas pour autant né de la dernière pluie. Je sais donc bien qu’il y en a qui se diront que cette façon de raconter tout ce que je vais faire est un peu pathétique. Pas faux. Je pense la même chose quand un néorural me raconte qu’il est vachement bien depuis qu’il a quitté Paris et qu’il renaît. On sait bien que c’est plus compliqué, l’histoire. J’espère juste qu’il y en aura quelques-uns pour être jaloux car mieux vaut faire envie que pitié comme disait Robert.

Fatigué, dépassé

Dans les périodes d’hystérisation des débats, je finis toujours par fermer ma gueule. En tout cas, espacer mes écrits. Parce que peut-être que tout le monde a raison et tout le monde a tort.

D’une part, être flic et se faire caillasser, insulter, c’est pas supportable, pas plus que subir le racisme et la violence de policiers dans ce qu’on appelle les quartiers ou en manif. L’organisation sociale de notre société déconne de tous les côtés. Elle est où, la manif qui dénonce les deux situations ou celle qui milite pour des solutions générales ? Même ces quelques mots sont sans doute sujets à polémique, en cette période. Ils impliquent à la fois une exemplarité et une reconnaissance du métier de policier et un traitement profond, économique, social, d’urbanisation et de retour à la loi et à la justice dans les zones où prospèrent misère sociale et violence.

Quelles actions politiques jouent simultanément sur ces deux leviers, quels programmes ? Le moment est peut-être venu d’arrêter de vouloir satisfaire les uns ou les autres pour des raisons électorales. Alors, évidemment, ça demande un certain courage parce qu’agir dans ces deux directions en même temps implique en retour un rejet a priori des uns et des autres, brandissant la dictature policière d’un côté et l’état vendu à la racaille de l’autre.

Macron avait vendu ce fameux discours du « en même temps ». Ses actes se sont montrés pour le moins déséquilibrés et semblent juste guidés par une idéologie et des intérêts électoraux opportunistes liés à chaque conjoncture. Pas de vision d’ensemble projetée sur la construction de l’avenir. Comme la plupart de ses prédécesseurs, d’ailleurs.

J’ai sans doute perdu une occasion de me taire…

Porte ouverte

Mais il faut bien se prononcer. Une certaine France rêve d’une bonne dictature policière pour la débarrasser de tous ces étrangers. Ne disons pas qu’elle n’existe pas. Elle est là, partout, l’air de rien. Oui, le racisme est là, dans des petites phrases, des hochements de tête. 

À la campagne où je vis pendant quelques mois, on déteste les étrangers, bien sûr, mais comme il n’y en a pas trop, on se replie sur les Gitans et les Parisiens, l’air de rien. Ben oui, on se retrouve toujours à un moment donné la victime du racisme de quelqu’un.

Bien sûr, vous me direz, les prisons sont pleines de gens de couleurs. La racaille. Ben oui, la vouyouserie, c’est pas forcément culturel. Ce qui est bizarre, c’est qu’elle a tendance à se développer dans les cages à lapins. Bizarre. À Bordeaux, mon ex ville d’adoption, dans les années 50, c’était les Espagnols. Pas les Portugais parce que ce sont de bons maçons. Et après les Espagnols, ça a été les « Nord-Africains ». Main d’œuvre pas chère que l’on parquait dans les premières cités. 

Bon, les plus gros voyous, ceux qui nous arnaquent tous à coups de milliards, à longueur de journée et depuis des siècles, ce ne sont pas ces petits voyous. Les vrais bandits, ils portent la cravate et se font sucer sous le bureau. Ils font des « affaires ». Mais bon, ceux-là, la fameuse certaine France, elle ne s’y intéresse que s’ils sont Juifs ou francs-maçons. Les autres, ça compte pas. C’est blanc. C’est la vie. C’est trop discret pour atteindre leurs neurones. Ils admirent, sont aux petits oignons, presque intimidés. Mais c’était pareil au Moyen-Âge, j’imagine, ces histoires de soumission à la richesse pour qui on s’use toute une vie.

Nous, les connards de Bobos parisiens, on ne vote pas facho parce qu’on vit mélangés depuis longtemps. On a vite compris que la gentillesse ou la connerie n’ont pas de couleur.

Je n’ai pas de mépris pour la ruralité, même si parfois elle me fait mal aux oreilles. Mais en même temps, force est de constater que la Marine, c’est bien là qu’elle est le mieux entendue. C’est juste triste. Les provinciaux ne sont pas plus cons que les autres. Je ne sais pas ce que c’est, un provincial à part une personne qui n’est pas Parisienne, vu du 75. Mais pour eux, les images d’un homme qui se fait assassiner par un flic, ça ne leur fait ni chaud ni froid. On n’en parle pas. On ne se prononce pas. Ni sur les violences policières. Parce qu’on est contre les voyous et pour la police par principe (sauf quand on prend des PV). On n’est pas touché par un tel meurtre. On n’ira jamais en manif pour revendiquer quoi que ce soit de toute façon ni cambrioler quiconque. Ils n’ont qu’à faire pareil et il n’y aura pas de problème !

Et moi, ma position ? Ben je suis horrifié par ce meurtre et je devine à travers lui qu’il y en a plein d’autres qui ne sont pas filmés. Je ne suis pas anti-flic pour autant. Il faut juste que ce ne soit pas trop les plus cons qui prennent toute la place. Je subis comme une violence qui m’est adressée toutes les violences policières gratuites perpétrées lors des manifs. Ça ne veut pas dire que je partage les façons de voir de ce qu’on appelle par commodité les casseurs. Ce n’est pas parce que le racisme me choque que je suis un islamo-gauchiste. Je crains les voyous, moi aussi et les discours racistes venant d’autres communautés me gonflent autant que tous les racismes.

Ce ne sont sans doute que des portes ouvertes que j’enfonce, de la bien-pensance. Rien à foutre, je déteste la bien-pensance, ce terrorisme intellectuel, aussi débile et malveillant que la connerie crasse de certains électeurs de l’autre enflure.

RIP, Mister Floyd.

aouaryou ?

Quelques nouvelles, surtout pour les lecteurs de la famille et les amis qui préfèrent regarder le blog plutôt que passer un coup de fil.

Je suis encore enchampêtré en Charente profonde. L’avantage réside essentiellement dans le fait que j’ai pu jouer du ukulélé comme un sourd à minuit et demie sans risquer déranger les voisins. Le second avantage, c’est que l’on peut bosser en plus du potager. J’ai travaillé comme un malade sur l’approfondissement de mes expériences et à la formation d’une équipe. J’ai envoyé un plan développé de mon bouquin à l’éditrice. Il m’a fallu plus d’une semaine pour le sortir.

Côté tournages, je tourne sur un court fin juin, celui qui était prévu en mars, en Suisse.

Et puis sinon, pas mal pris dans des histoires de retraite car oui, c’est pour bientôt. Et il manque ceci et cela et patati et patata. Je ne sais même pas combien je vais toucher. J’en suis à espérer que ce sera juste un peu mieux que le chômage. Ce qui ne résoudra pas grand-chose. Au moins en aurais-je terminé avec la course perpétuelle aux heures. Aux heures payées, je précise. Parce que si j’avais été payé pour tout le boulot que j’ai fourni, j’aurais pas mal de pognon.

Comme tout le monde, j’ai suivi avec grand intérêt la grande série de l’année, Chloroquine. Ils annoncent une saison 2, je crois. 

Côté politique, je me rapproche chaque jour du désespoir quand j’entends parler ceux qui sont au menu 2022 et, pire encore, quand j’entends mes semblables. Je fais bien de travailler sur l’eau. C’est autrement plus passionnant et plein de perspectives.

Ça ne se lit sans doute pas, mais je suis très apaisé depuis que je bosse sur le bouquin.

La santé ? Ça va. Je me suis mis à la marche nordique.

Le cinéma ? Je l’ai dit. Et mieux vaut ne pas en dire davantage, sinon la santé ça n’ira plus.

Pas si simple

Vous savez donc que je vais sortir un bouquin sur l’eau en septembre 21. Mais les extraordinaires propriétés de l’eau, je les ai découvertes grâce à un appareil inventé par hasard : le DoubleYou. Cet appareil a pour effet sur l’humain de mesurer son énergie vitale ou énergie psychique. En d’autres termes, l’humeur. Mais précisons un peu, même si ça vous semble fastidieux, car ça en vaut la peine.

Cette fameuse énergie vitale, il faut aller du côté de la psychanalyse pour avoir une idée de ce que ça raconte. En résumé et en m’inspirant des travaux de Carl Gustav Jung sur le sujet, il s’agirait de la libido au sens large (plaisir, désir en opposition à frustration, déception) liés à des pulsions de vie et pulsions de mort. En plus de la libido, on ajoutera les notions de sécurité et danger. Ces pulsions seraient guidées par des objectifs archaïques vitaux : faire l’amour puisque vous y pensez, mais aussi manger, aller boire un café avec un pote ou faire votre tour de vélo ou de course à pied. Cette énergie vitale augmente à l’approche de la réalisation de votre objectif et se met à diminuer dès que l’objectif est atteint ou que sa réalisation semble compromise. Oui, le gros salasse va trouver l’exemple des montagnes d’énergie de séduction qu’il va mettre en œuvre pour conclure avec la dame et son endormissement immédiat une fois son objectif atteint. Pour un repas, c’est pareil. Votre énergie vitale augmente au fur et à mesure qu’approche le moment effectif du repas mais se met à diminuer dès que vous avez commencé à manger.

J’ai mené une expérience au mois de février avec une grosse vingtaine de volontaires. Mais le résultat de l’expérience a raconté encore davantage que ce que voulait l’expérience. Chacun d’eux devait se livrer à différentes activités de son choix pendant une heure en notant les horaires. Je leur demandais néanmoins de se livrer à une activité imposée : regarder une vidéo de 6 minutes 30. Je pensais initialement que la vidéo devait mettre de bonne humeur et, de fait, les mesure du DoubleYou étaient nettement et significativement supérieures pour la vidéo que pour les autres activités.

Mais je me suis aperçu que les mesures commençaient à monter bien avant la vidéo et redescendaient beaucoup plus vite après. Ce qui m’a conduit à comprendre mieux ce que je mesurais. Pour 75% des personnes, ce n’était pas le contenu de la vidéo qui avait influencé les mesures positivement mais le seul fait que c’était la seule activité imposée. J’aurais pu demander de balayer la cuisine, c’était pareil. Parce que quand on demande à une personne de faire ce qu’elle veut et de faire le rapport de ce qu’elle a fait, c’est beaucoup plus « dangereux », en tout cas moins confortable que de se livrer à une activité imposée. Une activité imposée est sécurisante. On fait ceci parce qu’on nous l’a demandé. Aucun jugement ne sera porté sur nous parce que nous avons agi à la demande expresse d’une autorité extérieure.

C’est en buvant mon café en terrasse de bistrot ce matin que m’est apparue cette évidence en lien avec mes petites expériences. Quand on est confiné à cause d’une menace, au début on est dans la peur de cette menace mais la sécurité que représente le confinement finit par l’emporter et nous rassurer.

Mais quand on nous dit de nous déconfiner, c’est une autre histoire. Nous voilà de nouveau livrés à nous-mêmes et responsables de nos objectifs vitaux. Fini la sécurité. Pour celui qui reprend le boulot, tout va bien. Il retrouve ses objectifs habituels. Mais pour ceux qui sont sur le carreau, cette liberté retrouvée les met face à leur impossibilité de nourrir un quelconque objectif. Il en va de même pour la personne pour qui le danger extérieur demeure présent.

La communication gouvernementale qui a consisté essentiellement à nous demander d’attendre les nouvelles directives pour dans 15 jours a eu pour effet de nous enlever la possibilité de gérer nos objectifs individuels. D’un côté nous étions rassurés parce que nous savions ce que nous n’allions pas faire pendant 15 jours, mais nous étions pour beaucoup dans la souffrance de ne plus pouvoir nous projeter librement.

En conclusion, le confinement fût un traumatisme mais le déconfinement sera pour beaucoup un second traumatisme, parfois pire que le premier.

On pourrait élargir cette notion de sécurité que provoquent le injonctions à faire ceci ou cela dans un champ plus vaste de la politique. De fait, la communication des fachos qui consiste à brandir nos peurs (danger = baisse de l’énergie vitale) pour vendre leur programme sécuritaire (sécurité = augmentation de l’énergie vitale) est fondamentalement une manipulation très efficace (voir l’installation de tous les populistes sur la planète). Il faudra apprendre à nous méfier de ces manipuations grossières si nous voulons rester libres. Un vaste programme contre nature. La seule façon d’y échapper : construire un objectif vital commun qui fasse rêver.

Septembre 21

Ça change tout, quand on a un objectif à long terme. J’ai eu un coup de fil de plus d’une heure, hier, avec une éditrice d’une grosse maison d’édition. Les fameuses expériences qui montrent certaines propriétés surprenantes de l’eau, je ne vais plus me contenter de les mâchouiller avec quelques copains. Elle a l’air aussi décidée que moi à ce qu’un bouquin sur le sujet puisse voir le jour. Comme elle est très compétente, elle m’a permis en un rien de temps de construire une architecture solide du livre (dont le titre reste à trouver). Sortie prévue pour septembre 2021.

Celui-ci, je le sens très bien parce que je m’y raconte moins et que je mets tout en œuvre pour qu’il fasse davantage de bruit que les précédents. Les cartes en main sont très prometteuses et le sujet est si passionnant et surprenant qu’il a tout ce qu’il faut pour hameçonner la presse (et passionner les lecteurs). 

La différence majeure avec les précédents, c’est qu’il ne s’agit plus des hommes et de leur faculté un brin magique de percevoir des choses invisibles (sourciers) ou de projeter des intentions sur la matière (guérisseurs). On ne se situe plus dans ces sphères dans lesquelles s’affrontent croyants et sceptiques. Le sujet, c’est l’eau. Plus question d’intention, de possibilités d’influencer. C’est l’eau qui s’occupe de tout. Et c’est beau, ce que ça raconte.

Que ça fait du bien de pouvoir recommencer à rêver demain après cette période mortifère de confinement !

Proposition pour lutter contre la pauvreté

C’est bien beau de râler tout le temps. Il faut savoir être constructif.

Pour lutter efficacement contre la pauvreté, je propose que l’on passe le paquet de cigarettes à 20 euros. Je me fonde sur des études scientifiques.

De récentes études nous racontent que depuis la politique vantée par notre très chère Agnès Buzin (et qui consiste à augmenter le prix des cigarettes) a pour effet une diminution de la consommation du côté des classes sociales favorisées tandis que les pauvres continuent voire augmentent leur consommation. Du coup, leur pauvreté augmente encore, générant des angoisses qui ont pour effet d’accélérer le développement de cancers. Résultat, les pauvres meurent davantage et de fait, la pauvreté diminue. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, autant doubler le prix des clopes. Pas con, hein ?!

Un air de liberté

Pour Guy Bedos

Dé-con-finés ! Ouf. Mardi, je vais faire… je sais pas, moi… 112 kms. Juste pour voir ce qu’il y a de l’autre côté du cercle.

Bedos est parti. J’avais aimé ses provocations jamais méchantes, ses blagues machistes d’une autre époque. En termes d’humour, il a été pas mal précurseur d’un genre qui sévit encore aujourd’hui, cet humour qui montre qu’il déconne, ses faux fou-rires, son ton faux pour exprès. On pourrait dire qu’il était aussi un acteur engagé, mais à cette époque, ils étaient un paquet à voir rouge et noir. C’était l’époque qui voulait ça. Aujourd’hui, mes copains les plus engagés, ils se battent pour défendre le glyphosate. Les autres, ils sont comme moi, grandes gueules peu actives en dehors de quelques manifs ou carrément dans le militantisme paranoïaque. Le plus grand nombre attend un peu parce que c’est pas si simple. Une autre époque. Quand une figure meurt, c’est le passé qui surgit pour nous raconter aujourd’hui dans le creux de sa tombe.

Un grand comique d’aujourd’hui, c’est Raoult. Dans la soirée du jour où j’ai écrit l’article sur la chloroquine, il passait à la télé avec Pujadas. J’ai regardé et, surprise, j’ai ri comme un bossu, comme devant un Louis De Funès. Il était tellement trop, le Raoult, dégoulinant de mégalomanie, d’une mauvaise foi à la Cruchot (De Funès dans les Gendarmes), une volonté de mépriser et d’humilier son adversaire. C’était extrêmement drôle. Bon, une fois bien ri, quand même, tu finis par te dire que ce n’est pas un personnage de Gérard Oury mais un vrai mec qui fait quand même un peu peur… Hein, la pilule jaune ? Heu… 

Néanmoins, il y a de quoi rire aussi avec la fameuse étude qui enterre l’hydroxychloroquine…

Hydroxyraoultquine

Par Franck Sabattier — Travail personnel, CC BY-SA 4.0,

J’adore Raoult. Pas la personne. Il a des cheveux ridicules, il se touche toujours la barbe, il a l’air complètement mégalo. Mais, de mon point de vue d’acteur, réalisateur, j’adore la façon pépère qu’il a de dire les choses et le bordel qu’il provoque.

N’allez pas me classer dans la catégorie des pro ou des anti-Raoult. Je trouve cette bataille fascinante parce qu’elle ne parle pas de lui mais du rapport de chacun à la science et à la croyance. 

Je ne sais pas trop où en est la science sur les histoires d’hémisphères du cerveau, de cette histoire qu’il y aurait une partie rationnelle, cartésienne, qui analyse froidement et une autre comme siège des émotions (et des croyances, fatalement), mais ça reste une image qui va m’aider à illustrer mon propos. 

Notre psychisme, qui que nous soyons, est constitué de ces deux pôles. Parfois, nous analysons froidement les situations, nous cherchons des solutions et à d’autres moments, nous nous laissons aller à nos pulsions affectives et à nos croyances. Cela vaut autant pour le poète bouddhiste que pour le sceptique militant. Les deux pensent et s’illusionnent. 

Le premier refait le monde selon ses rêves, ne craignant pas les illusions, prenant parti pour les causes qui lui semblent les plus jolies. Mais cela ne l’empêche pas de passer son temps à résoudre des problèmes bassement matérialistes et concrets, sans quoi il ne survivrait pas. Le second est persuadé qu’on ne lui en contera pas, qu’il est seul à avoir un libre-arbitre. Il ne se réfère qu’à des choses ayant fourni une multitude de preuves avérées par la communauté des diplômés en math-physique-chimie. Mais où est son libre-arbitre si sa vie se résume à attendre 12 publications avant d’oser émettre une opinion ? Les excès de cette attitude n’a-t-elle pas à voir avec celle des croyants, dès lors que cet être raisonnable entre en religion de La Science (ne pouvant pourtant ignorer ses limites et ses lacunes, ses jeux de pouvoir et d’influence) voire s’abandonne au prosélytisme sectaire ? Dans une partie de mauvaise foi, il y a match nul, 1 partout.

Et là, avec cette fameuse histoire de chloroquine, c’est la bataille entre ces 2 personnages qui s’est jouée. C’était jubilatoire à suivre. D’un côté, t’as le mec qui affirme qu’il a trouvé le remède miracle et de l’autre ceux qui se démerdent pour « prouver » que ce médicament est un poison. Sans déconner. La fameuse étude qui est sortie vendredi, il paraît qu’elle comporte des biais, qu’elle est imparfaite. Mais peu importe, on va l’utiliser pour enterrer le trublion.

Mon point de vue sur hydroxychloroquine et la chloroquine, je n’en ai pas vraiment parce que je ne veux pas passer mon temps à éplucher les études et à apprendre comment les lire. Je me dis juste que la réalité se situe vraisemblablement entre les 2 positions qui semblent les seuls choix possibles si l’on regarde la télé. Mais plus profondément, je pense que la science néglige de façon idéologique tout ce qui est d’ordre psychique ou de la conscience (je me heurte depuis des années à ce tabou avec mes expériences). Pour être plus précis, j’ai l’impression qu’il vaut mieux être soigné par un mec non conventionnel qui me dit que je vais guérir si je prends la capsule jaune que par un mec qui me dit de prendre la capsule bleue dont il n’est pas certain qu’elle agisse puisqu’il n’y a pas eu de publication, parce que ça prend du temps de faire une étude sérieuse, etc… Je ne pense pas que Raoult triche sur ses chiffres. En revanche, je ne suis pas certain que ses succès soient liés essentiellement à la molécule utilisée.

Allez, je vais l’avouer. Quand il y a 3 semaines, Raoult nous dit de regarder la courbe de Gauss qui raconte que l’épidémie est saisonnière et qu’elle va disparaître, ben moi, illico, je l’ai cru. J’ai même pas besoin qu’il me dise que les virus, c’est son métier depuis longtemps. Je l’ai cru parce que je pense qu’il est collectivement plus bénéfique de croire que le virus disparaît plutôt que d’attendre les analyses prudentes d’un professeur Salomon. Et ce n’est pas irrationnel. Je m’appuie sur des années de recherches personnelles sur la relation esprit/matière et sur des travaux divers qui ne parviennent jamais à se libérer du statut de pseudoscience ou de charlatanisme, non pas à cause de la nullité de leurs travaux, mais de tous les tabous et préjugés que draine avec elle la communauté scientifique.

J’ai regardé, hier, un documentaire d’époque sur Jacques Benvéniste et la mémoire de l’eau. L’homme n’était pas parfait, beau gosse charmeur, se prenant pour Galilée et Einstein mâtiné d’un Gérard Philippe. Ses études pouvaient contenir des biais mais il s’est passé la même chose que pour Raoult. Ce qu’il osait avancer bousculait tant les théories de la physique classique, que la meute des orthodoxes n’en a fait qu’une bouchée avec des contre-études totalement délirantes et qui, le plus souvent, ne respectaient même pas le protocole original. 

À chaque fois, on procède de la même façon : on décrédibilise la personne dès qu’elle fait un pet de travers et on l’élimine médiatiquement, ses études avec. Franchement, la science, c’est pas joli joli parfois. Théoriquement, c’est parfait, indispensable pour la compréhension du monde. Mais dans la réalité, ce ne sont que des personnes qui veulent du pognon et de la reconnaissance (Raoult compris, la reconnaissance) et sont sujets à divers jeux de pouvoir à l’intérieur d’un cadre figé et réactionnaire destiné à ce que ceux qui sont en place y restent. On ne peut sérieusement se réclamer de la science sans en interroger son fonctionnement.

Covid bilan2

Le politologue

La télé, la radio, tous nous balancent des chiffres affolants sur le fameux Covid19 mais avec une légèreté déconcertante. Personne ne cherche à créer des comparaisons, à analyser de façon globale. Tout part du petit nombril national et se diffuse dans le haut-parleur au service des dirigeants. On nous prévient à juste titre des fake news qui circulent sur la toile, mais, franchement, les médias ne font pas vraiment mieux.

Qui comprend quelque chose à ce virus ? Pas grand monde, parce qu’il ne répond pas à la logique cartésienne, aux cases et aux principes scientifiques tellement étriqués. Pour un scientifique, une personne contaminée va en contaminer x. Sauf que ça dépend de la personne contaminée, des x personnes qu’elle a croisées, de la virulence du virus qui s’est installé dans son corps, de la température extérieure et d’un nombre innombrables de facteurs.

Le virus a fait mourir 44 personnes par million sur la planète. En France, on est à 444par million. En Suède (qui ne s’est pas confinée) 385par million.

Concernant la Suède, j’ai même entendu à la radio que le taux de mortalité était supérieur à celui de la France. Ce qui est faux.

Alors on entend des conneries du genre « en Suède, les gens respectent naturellement les distances sociales ». Ok. Pourquoi l’Afrique pour laquelle on prédisait une hécatombe, est-elle peu touchée ? Le virus y circule pourtant, on ne peut pas dire qu’il y ait une culture du geste barrière, la population est importante, mais, voilà, ça ne prend pas.

Au Brésil, ils en sont à 100 décès par million d’habitants.

Bref, finalement, qui peut dire ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire, en réalité ? On peut bien sûr mettre des décors blancs ou des dorures et y planter des drapeaux pour expliquer que ceci ou que cela, que les scientifiques ceci ou cela. Ça rassure. Mais les scientifiques ceci ou cela, ils feraient bien de faire preuve d’un peu d’humilité et de cesser de s’accrocher à leurs chiffres comme à des bouées de sauvetage. Avec les chiffres, vous allez voir qu’il y en a qui vont vous dire que ce sont les pays chrétiens qui sont touchés (hum, c’est chrétien, la Chine ?). D’autres vous diront que ce sont ceux qui ont le plus d’antennes relais de téléphones portables.

Une chose est sûre. Comme toujours, les médias et les fake-news, main dans la main, se sont appliqués à jouer avec nos peurs. Quant à moi, je ne suis pas du tout certain que les réponses législatives et policières soient les meilleures. 

Donnez à chacun des informations les plus complètes possibles en évitant de prédire sans cesse des catastrophes et je suis sûr qu’il saura apprécier ce qu’il convient de faire. C’est en tout cas une vision plus démocratique que celle du troupeau qu’on prétend protéger et de guider. En disant cela, je sais bien qu’il y a ceux qui ne rêvent que d’être menés, tête basse, à la baguette d’un bon berger. Pour ceux-là, personne ne pourra jamais rien.

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