Toujours des manigances

manigances

Lundi soir, il y avait une projection de Manigances (mon dernier court-métrage) à la Maison des Auteurs. Pour l’instant, la dernière parisienne. Mais on nous annonce que la projection sur France 2 est toute proche. Je vous en informerai. On me parle aussi d’une projection à Angoulême le 25 mars sur grand écran. Je ne manquerai pas d’en parler aussi.

À part ça, je passe des heures et des heures à fignoler mes activités secrètes et j’avance, j’avance, y compris sur l’idée d’un film sur le fameux secret.

Consensus mou

poulpe

Le consensus mou est mortifère, sans vie. Il est un frein au mouvement, aux avancées, à la création.

Si je pense à ça, c’est parce que je viens de lire la liste des films nominés aux César. C’est pas compliqué. On n’y retrouve que les films dont la presse a parlé tout au long de l’année avec force promotion, sur tous les plateaux de télé. Quand tu vas au cinéma, que tu as le coffret, tu te rends compte qu’il y a quelques films dont on a moins parlé et qui sont pourtant de pures merveilles. Moins de gens connus sans doute, moins de buzz. Mais du cinéma, de celui qui vous émeut, vous surprend, vous donne à penser sur la vie, sur l’art, sur le cinéma. Et là, que voit-on ? La liste des films qui ont fait plein d’entrées alors que de telles récompenses devraient permettre de révéler du cinéma, de lui donner une seconde chance d’exister après le laminoir des sorties qui tombent bien ou mal.

On finit par se demander à quoi ça rime, tout ce tralala.

Je fais partie des votants depuis quelques années. Quel bonheur quand arrive enfin le coffret (bien tard, en décembre pour voter en janvier). Grâce à lui, on peut se faire des séances de rattrapage, voir les films qu’on a failli aller voir mais qu’on a ratés à cause d’une trop courte ou trop discrète exploitation. Résultat, au premier tour, celui qui donne les nominations, je crois que je n’ai pas voté pour un seul des films nominés (il y en a plus de 200 au départ).

C’est un peu comme pour les élections. À la fin, c’est Macron-Lepen.

Mes moulins

DQ

Allez, je m’oblige. Pas le temps d’écrire ici car je suis très occupé par l’activité secondaire dont je parlais il y a quelques semaines. Enfin, dont je disais que je ne pouvais pas en parler. Et je le confirme. Non, je ne peux en parler. Et ce n’est pas l’envie qui me manque, moi qui livre tout de mes opinions, de mes activités artistiques. Mais là, que pouic. J’ai obligation de me taire.

En revanche, dans quelques mois, je ne parlerai que de ça. Trop sans doute. Ceux qui m’ont viré de leurs amis parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec mes opinions vont me redemander si je veux bien les accepter. Car oui, cette nouvelle activité pourrait avoir une issue bruyante et très positive. On adore le positif et le bruit.

Mais je m’emporte, je m’emporte. Si ça se trouve, l’issue sera de l’ordre de la montagne qui accouche d’une souris. C’est ce que pensent certains qui sont dans le secret. Et du coup, j’aurais encore moins d’amis.

Pourtant, ceux qui savent commencent à deviner que j’en suis au point où les armes sont quasiment prêtes et fourbies pour briser les plafonds de verre. Il n’y a plus qu’eux qui pourraient empêcher une issue positive et bruyante. Mais cette fois, j’ai avec moi les arguments incontestables et la force de ceux qui adorent voir les plafonds de verre se briser.

Qu’est-ce qu’il nous fait ? Il délire ? Ben non. Il trépigne juste.

Allo ?

mp

Je me demandais si on nous prenait pour des imbéciles. Selon la porte-parole de l’Élysée, la réforme des retraites représenterait une avancée sociale.

J’ai une proposition super originale à faire au gouvernement. Vous savez quoi ? Puisque c’est une avancée sociale, prenez les dossiers de personnes qui partent à la retraite en février 2020. Donnez le montant de leur pension. Ensuite, vous prenez les mêmes personnes, les mêmes dossiers, et vous appliquez les règles de la réforme. Il suffit alors de comparer. C’est la seule façon de nous montrer que la réforme est avantageuse (ou pas).

Pourquoi vous ne le faites pas ?

Sinon, il y a un petit guide fourni par une économiste atterrée. C’est ici : https://www.atterres.org/sites/default/files/Note-retraite.pdf?

Grognon

J’ai partagé cette vidéo sur facebook où l’on voit soi-disant une infirmière se faire tabasser par la police dans la manifestation de jeudi. Prenant soin de me renseigner plus avant, je finis par apprendre que ce n’est pas l’infirmière (une aide-soignante, en réalité) qui se ramasse une volée de coups de poings d’une extrême violence, mais un homme qui est venue la protéger alors qu’elle se faisait trainer sur le sol par des policiers.

Ce n’est pas parce que ce n’est pas une femme qui se fait tabasser que mon dégoût disparaît pour autant. Quand on regarde la vidéo, c’est la violence de ce policier qui est abjecte. Un policier n’a pas à régler un quelconque délit en frappant la personne comme un bourrin. Il y a des lois, des tribunaux, des juges, dans une démocratie. Quel délit commet un homme qui intervient pour protéger une femme qui est trainée au sol comme du temps de Cromagnon ? Il est quoi ce flic pour juger ce qui est bien ou pas bien et infliger directement sa peine ?

Insupportable cette violence policière, ce policier qui tire à bout portant sur un manifestant, celui-là qui tabasse à grands coups de poings un homme au sol pour la seule journée de jeudi. On nous dit, ce n’est pas de la violence policière mais de la violence de policiers. Mais quand on regarde la vidéo, il y a celui qui tabasse, mais aussi celui qui tient, celui qui intervient quand un autre manifestant veut s’interposer, celui qui maintient les autres manifestants qui crient à l‘écart de la scène. Pas un policier n’intervient auprès de son collègue pour lui dire d’arrêter, que ce n’est pas son rôle, qu’il n’a pas le droit de tabasser ainsi au sol. Aucun. Cette violence est entrée dans la norme. Elle ne choque pas les collègues.

Des scènes comme celles-là, il y en a des dizaines et des dizaines depuis la loi travail sous Hollande, les gilets jaunes et maintenant les retraites. Et les victimes de ces violences policières, ce ne sont jamais ce qu’on appelle des casseurs, casqués, masqués, équipés de masques à gaz. Jamais. C’est monsieur tout le monde, des jeunes, des vieux, des femmes, des passants, des syndicalistes.

En s’exerçant sur le tout-venant, cette violence a pour effet de dissuader la population à manifester. Je ne dis pas que c’est sa fonction, mais avec une telle accumulation, on finit par être en droit de se poser la question.

Messieurs Macron et Castaner, vous n’avez rien à dire ? N’êtes-vous pas les garants de l’ordre démocratique ? Pensez-vous que l’ordre démocratique ne s’applique pas à ceux qui ne sont pas d’accord avec vous ? Pourquoi tolérez-vous que des policiers cachent leur numéro matricule obligatoire en manifestation ? Pensez-vous que cette présence policière disproportionnée dans les manifestations actuelles associée à ces vidéos de violences policières va nous dissuader de manifester ? Que nous allons baisser les bras et abdiquer devant vos réformes dictées par des problématiques financières ?

Peut-être que c’est ce qui va se passer, après tout. Mais ce qui ne se règle pas dans la rue se paye dans les urnes. Souvenez-vous du référendum qui a dit non à Mastricht en 2005. Pourquoi pensez-vous qu’Hollande a été élu en 2012 ? Parce que les Français se pensaient socialistes ? Parce qu’il était hyper charismatique ? Simplement parce qu’en 2008, le traité a été ratifié par le congrès sans tenir compte du référendum. Exit Sarkozy. Aussi simple que ça. Mais la prochaine fois, si les Français ne veulent plus de socialistes, plus de la droite, plus de Macron… Vous serez responsables avec vos prédécesseurs de ceux qui prendront le pourvoir après vous. La seule chance que vous ayez de rester sur le trône, c’est une abstention record. C’est jouable. Bien tenté.

Mais après tout, quelle différence y aurait-t-il entre le RN et En Marche dans la façon de gouverner ? Pas évident que l’électeur perçoive la nuance. Les révolutionnaires seront toujours aussi maltraités et les riches toujours aussi protégés. Après tout, c’est bien ce qui vous importe, non ?

Le lendemain de la publication de cet article, sans que j’imagine un quelconque lien de cause à effet, Castaner a fait une mise au point lors de ses voeux à la police. La coupe était en effet bien pleine…

Bon fond

fond vert

Hier, nous étions au studio d’Épinay pour retourner des moments que nous avions tournés à l’assemblée nationale. À la caméra, le réalisateur. Certes, je n’avais que 3 phrases, mais ce fût un moment chouette et fort. Le rendu devrait être pour le moins efficace. Pour une fois, je n’endossais pas le rôle d’un personnage mauvais ou méchant. Non, c’était un bon. Un peu en colère, mais pour la bonne cause.

Je râlais un peu de jouer un petit rôle, tout petit, mais le fait qu’il soit positif m’a réconcilié avec moi-même. Et pour me réconcilier avec moi-même, ça demande parfois pas mal de boulot.

Dans le cadre des réconciliations avec soi, nous avions une réunion ce matin avec ma productrice pour envisager l’achèvement du documentaire que je tourne sur Jean-François Stevenin. Et tout repart sur des rails. J’en ai profité pour commencer à envisager le suivant, tout aussi excitant : h2o, la sidération.

Sans déconner… je dis tout, sur ce blog !

Début d’an

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L’année professionnelle, je l’ai commencée le 3. Ça n’a pas trainé. Et pour l’occasion, nous tournions à l’assemblée nationale. Très touchant de se retrouver dans ce lieu symbolique. La première impression est que c’est beaucoup plus petit que l’image qu’on s’en fait. Deuxième impression, les sièges ne sont pas confortables. Mais finalement, en y siégeant des heures et des heures, on finit pas s’y faire. On ne manque pas d’imaginer ceux qui jadis ont siégé sur ces bancs, personnages plus ou moins illustres. On pense à ceux qui y siègent aujourd’hui. Fresques et sculptures dénudées font vagabonder l’esprit quand le temps est long.

Je ne peux rien dire du film, mais il se rejouait des scènes qui se sont déroulées en ces murs il y a quelques décennies. Incroyable la violence des propos. On en ressort avec une meilleure compréhension des débats qui ont prévalu à une loi toujours en vigueur, même si certains adoreraient la supprimer sans débat.

Pendant ce temps de claustration qui nous a conduits jusqu’à plus de vingt-deux heures, on s’est senti si loin du monde, si loin de la vie qui grouille sans métro, dans les magasins remplis par le fiche de paye du début de mois. On devine pourquoi nos représentants dans leur cocon de velour sont si loin de nous et de nos préoccupations, tellement au-dessus, ailleurs, hors du temps.