Ça sent mauvais

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Alors là, ça commence à changer tout. L’histoire du projet sécurité de l’Élysée piloté par Benalla, c’est plus du Guignol de bas étage. Et puis Facebook qui se met à censurer les sites parodiques sur le sujet Benalla, ça devient du très sérieux tout ça.

Au début (mon article d’hier soir), je trouvais qu’on en faisait des caisses pour un pauvre mec et qu’il n’y avait pas à en faire une affaire d’état. Mais plus le temps passe, plus ça pue vraiment, cette histoire. Ça raconte Macron en arrière fond. Le mec, il se cache en plus. Le président, je veux dire.

Les images qui circulent autour de cette affaire, racontent que les violences policières des manifs étaient voulues et soutenues au plus haut niveau (sur ce terrain, Hollande n’était pas en reste). Et puis on voit des photos de Macron au Touquet avec son chien de garde, Macron à la coupe du monde, avec son chien de garde, qui enlève les joueurs pour les garder rien qu’à lui à l’Élysée. On imagine le chien de garde au bord de la piscine hors sol du fort présidentiel.

L’image de Macron qui se dessine de plus en plus précisément est celle d’un flambeur cynique qui sait s’acoquiner avec des fachos juste pour son loisir. C’est Macron tout entier qui sort bien pourri par cette affaire.

Lui qui espérait se refaire une santé avec la coupe du monde, le voilà dans de bien vilains draps.

La fameuse affaire

JT

Dans le secteur de la sécurité, on retrouve toujours des mecs fondus des armes, de guerre, de police. Ce genre de bonshommes qui veulent compenser je ne sais quoi par des histoires qu’ils se racontent et dont ils sont les héros virils, les redresseurs de torts. On en a tous croisés. Ils font un peu peur et surtout beaucoup pitié. Des comme eux, il y en a partout. Ils vénèrent souvent l’uniforme, les camions de pompiers, les véhicules militaires.

Ce pauvre mec dont on fait une affaire d’état, c’est juste ça. Un mec qui se raconte des histoires et qui se les raconte tellement bien qu’il a gravi des échelons bizarres où se côtoient les molosses moitié voyous chargés de protéger les puissants à toutes les échelles. Il faut quand même en tenir une sacrée couche pour aller faire joujou le premier mai pour casser du gauchiste alors qu’il a un boulot pépère à côté du président dont il doit dire partout que c’est son super pote.

En terme de niveau de pensée, des mecs de son genre hantent le net de leurs commentaires fascistes anonymes. Alors quand j’entends la Lepen qui joue l’effarouchée alors que son mouvement regorge de ces espèces d’abrutis, je me marre.

C’est quoi cette hystérie collective qui emporte la classe politique en mal d’os à ronger, de coups à faire pour faire parler de soi, alors que ça fait de nombreux mois que Macron et son équipe enfile comme des perles des lois qui nous font payer chaque jour davantage le prix de leur cynisme libéral ? C’est bien plus grave qu’un pauvre mec qui se déguise en flic avec la complicité de quelques-uns pour aller casser du manifestant. Les professionnels s’en occupent de toute façon. Des manifestants. On va pas croire quand même que Macron, aussi déplorable soit-il dans presque chacun de ses actes et de ses silences, a demandé à ce zigoto d’aller taper du gaucho. Cette affaire devient aussi débile que cette coupe du monde qui fait qu’on va acclamer tel joueur au perron de l’hôtel de ville de Trifouilli les Oies.

Quel triste théâtre de Guignol.

Vive le République, Vive la France !

REM

Thierry Solère soupçonné de fraude fiscale, abus de biens sociaux, soutenu publiquement par Gerald Darmanin connu pour ses opérations immobilières via une mutuelle et au bénéfice de sa femme, la ministre de la culture soupçonnée de conflit d’intérêt, ce membre du cabinet de Macron qui tabasse des manifestants pendant ses jours de congés en se déguisant en flic, et se fait punir par 15 jours de mise à pied, c’est aussi ça le nouveau monde en marche !

Mais puisqu’on parle de fraude fiscale, envisageons les choses de façon moins personnelle. Notons que le fisc a fait son plus mauvais chiffre de récolte dans le domaine de la lutte contre la fraude (qui bénéficie très majoritairement aux plus riches), que le fameux impôt sur les yachts sensé masquer l’injustice de la suppression de l’ISF ne récolte finalement que 82.000 euros (ils ont tous des avocats fiscalistes qui se démerdent pour faire disparaître les bateaux)… Tout va bien dans le joyeux monde des macro-compatibles. Désolé, mais c’est pas celui dont je rêve.

On a décroché la lune ?

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J’ai vu quelques matchs, dont la finale. Bon, on a gagné. On est champion du monde. D’accord. Mais après, tout ce ramdam, ces Champs Élysées blindés pour voir passer le bus, et ces cons qui mettent tellement de fumigènes qu’ils ne peuvent même plus voir ceux qu’ils sont venus voir de leurs yeux. J’avoue qu’il y a un truc qui me dépasse un peu, quand même.

En fin de conte

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Dans la torpeur estivale couplée à la finale de la coupe du monde, on n’a aucune raison à se choper les boules. Les sujets qui fâchent, on les a éloignés du regard. Sous le tapis. Hop, a pu ! Pourtant, il suffit d’une étincelle pour rallumer les passions.

Hier soir, FIP ambiançait la maison de ses notes doucereuses. Soudain, une chanson étrange, aux sonorités singulières. D’où vient cette musique ? me demande ma compagne. Dès les premières notes du chant sans musique, je me suis mis à tapoter ma guitare dans un rythme singulier, dont j’imaginais qu’il viendrait dès que le chant ne serait plus à capella. Et en effet, la percussion de la guitare se met à se confondre avec celle qui entre dans la chanson. C’est chilien ou péruvien, dis-je. En tout cas, c’est Inca. Un petit coup de Shazam pour voir le titre et le groupe apparaître dans l’application et, surprise, c’est argentin. Me voilà parti sur Google pour y apprendre que l’empire Inca s’étendait du Pérou à l’Argentine, en passant par le Chili et la Colombie. Sur toutes les Andes, en fait. Je me plonge vite dans un résumé wikipédiesque de l’histoire de cet empire. J’y apprend que l’empereur était une semi-divinité, fils du soleil, que le régime n’était pas forcément des plus démocratiques, très hiérarchisé avec un sens de l’ordre très développé. Mais bon, paroles d’historiens survolées. Mais voilà qu’au XVIème siècle, l’empereur a deux fils. Un de trop pour lui succéder. À sa mort, s’engage une guerre civile fratricide qui mettra au pouvoir le vainqueur : Atahualpa.

C’est à ce moment que débarquent les Espagnols menés par Pizzaro. Ils demandent à rencontrer l’empereur en paix et sans armes. Atahualpa accepte la rencontre et se rend au rendez-vous accompagné de 30.000 hommes sans armes. Une petite manif, quoi. Et là, Pizzaro massacre tout le monde et fait prisonnier Athahualpa. Forcément, les indigènes ne sont pas hyper contents mais ils parviennent à négocier la libération d’Atahualpa contre de très grandes quantités d’or. De tout le pays, on fait venir des trésors pour la libération de l’empereur. Une fois le gros magot rassemblé, les Espagnols exécutent Atahualpa. C’est tout.

Cette histoire qui n’est pas un conte, c’est toute l’histoire des colonisations. Les Européens ont toujours été très forts dans ce domaine, massacrant ici, provoquant et entretenant des guerres là, imposant au monde entier, y compris via les territoires conquis, leur modèle économique et social.

Ce sont ces mêmes Européens qui se cambrent aujourd’hui comme un seul homme, population comprise, dès que quelques dizaines de milliers de migrants demandent asile. On se demanderait où a bien pu passer l’humanité et ses valeurs, ses scrupules. Il semblerait qu’elle soit toujours du mauvais côté.

Ce matin, je tombe sur un article qui raconte comment, aujourd’hui, nos amis les grands pétroliers vendent des carburants toxiques à l’Afrique. Ils contiennent 200 à 1000 fois plus de particules fines (soufre notamment) que les normes en vigueur dans les pays riches.

Décidément, je n’ai qu’une envie : continuer à me battre du mauvais côté, de celui qui défend des valeurs humaines, à la fois contre les puissants qui dirigent sans scrupule le monde et contre la bêtise égoïste des peuples apeurés.

Les gens qui remettent tout en question passent pour des emmerdeurs ou des naïfs qui vivent dans un conte de fées. L’histoire nous raconte pourtant bien un conte et, quant à y jouer un rôle, autant ne pas choisir celui de l’enculé.

Presque rien

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Le problème avec la communication Internet, c’est que parfois on parle trop vite. Et à d’autres moments, on parle pour ne rien dire. Comme là. Rien à dire. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien à dire, mais rien à dire sur un blog. Aujourd’hui, 13 juillet. Une fois tus les trucs en cours pour lesquels il serait prématuré de communiquer, les choses trop personnelles qu’on ne partage jamais, il ne reste que le beau temps, le mois de juillet (c’est beau le mois de juillet), la finale de la coupe du monde que tout le monde attend avec impatience. Pas de politique, parce que personne n’a plus envie de parler de politique. Voilà. Un article de rien.

Si, je pourrais parler du garagiste du village qui fait les vidanges au prix d’une vidange sans vous dire qu’il faut changer les freins que vous venez de changer. Un sacré personnage le garagiste du village. On le croirait sorti d’un film de Stévenin. Dans son garage en parpaings bruts, un fatras noir de ferraille grasse. Il est du temps où les mécanos mécanaient ce qu’il y avait à mécaner sans chercher à vider le portefeuille de l’en-panne. Comme un goût de ponton tranquille. C’est peut-être ce qu’il y avait à raconter aujourd’hui.

Lucidité ?

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Cet article n’a pas pour vocation de susciter une quelconque compassion ni aucune réaction contradictoire.

En ce moment, je travaille en partie sur l’écriture de mon bouquin. Comme je suis en-deçà du nombre de pages demandé par contrat, je suis obligé de creuser mon discours, ce qui conduit à me livrer davantage. Mettre à nu sa pensée dans un bouquin n’est pas sans conséquence. J’imagine à l’avance les rires gras de ceux qui se moqueront des propos que je tiens. Eh bien j’en ai fait des cauchemars. J’ai rêvé que j’étais un con. Mais un vrai con, un peu vulgaire, frimeur, prétentieux. C’est une drôle d’expérience de se voir con. D’habitude, quand on est con, on est persuadé que ce sont les autres qui le sont. L’idée qu’on le soit soi-même ne nous effleure même pas. Mais là, si. J’étais le con de moi-même.

Je soupçonne l’ambiance coupe du monde d’y être pour quelque chose. Parce qu’après, tout, on sait tous qu’un match de foot, à un certain niveau, c’est à 70% une affaire de pile ou face. Qui peut se cacher que ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent ? Enfin, bref, on est en finale ! Dimanche, Champions du monde !

Sinon, aujourd’hui, nous faisions le tour des décors avec une bonne partie de l’équipe de Manigances. Tout cela devient concret. Pas trop le loisir de se trouver con ou pas.