Bas les masques

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Je pense que le mot masque est un des mots les plus prononcés ces derniers temps. Mais cette histoire de masques, même si elle est rebattue, mérite qu’on s’y attarde un peu car elle révèle pas mal de disfonctionnements économiques et politiques. Je n’ai pas peur d’enfoncer des portes ouvertes car d’autres n’ont de cesse d’essayer de les fermer en douce.

Chronologie

Tout d’abord, on comprend immédiatement que les masques sont des éléments importants contre la propagation de l’épidémie. On pige très vite qu’il y a les FFP2 qui protègent ceux qui les portent contre une contamination extérieure en même temps qu’ils empêchent au contaminé qui les porte de transmettre le virus. Le masque plus basique, s’il ne protège pas du virus que l’on croise, évite que l’on propage ceux que l’on porte soi-même. Tout cela tient de l’évidence.

Dans un premier temps, l’état raconte qu’on en a commandé plein, qu’ils vont arriver et que l’on en fabrique. Tout va bien. Mais très vite, on se rend compte, vu de chez nous, que personne n’a de masque et que les hospitaliers n’en ont même pas, ou si peu.

Vient alors le petit retour à l’histoire qui nous raconte que sous Bachelot, on en avait des milliards suite à la grippe H1N1. Et puis la grippe n’avait pas été si grave et tout le monde avait sauté sur Bachelot, Marine Lepen avec les autres, pour crier à la honte d’avoir dépensé autant d’argent. Ce fût là le début de disparition des stocks, démarrée sous Sarkozy et poursuivie sous Hollande et sous Macron.

Mais comme le sujet, c’est les masques, je ne développerai pas l’application de tous les gouvernements de droite ou socialistes à obéir aux directives libérales de l’union européenne qui ont eu pour effet de mettre à sac tout le système hospitalier et les services publics. Car oui, l’Europe est politique, l’Europe est néolibérale. Ce n’est pas une norme mais un choix idéologique qui implique des conséquences sur le bien commun de chaque pays.

Dans une phase ultérieure, le gouvernement a été obligé d’admettre qu’il n’y avait pas de masque mais que, l’épidémie étant internationale, c’était le cas de tous les pays. Par conséquent, on ne sera pas approvisionné aussi vite qu’on le souhaiterait. Mais qu’on se rassure : le comité scientifique (sur qui toute décision semble reposer désormais) affirme que les masques ne sont pas aussi utiles qu’on le dit. D’accord. Merci le conseil scientifique, on peut souffler. C’est ce même conseil scientifique qui aurait dit qu’on pouvait voter au premier tour des municipales. Il est très pratique, ce conseil scientifique !

Depuis quelques jours, le ministre de la santé nous explique que l’avis de ce même conseil scientifique a évolué : désormais, le port du masque devrait se généraliser davantage, en même temps que l’on commence à en produire. On notera qu’il y a une grande corrélation entre les avis de girouette du conseil scientifique et l’état en fonction des possibilités de ce dernier. Comme quoi, on aurait tort de croire en la neutralité de la science. Je précise cela parce que chaque jour nous montre, à travers les querelles autour de Raoult par exemple, que la science baigne dans les idéologies, les dogmes et les partis pris, comme toutes les instances de pouvoir quelles qu’elles soient.

La question est plus vaste et plus politique

Mais ces masques, en fait, en Asie, on n’en manque pas. Tout le monde en porte. C’est normal puisque la mondialisation libérale de l’économie a conduit à ce que 20% de la production mondiale dans tous les domaines se soit concentrée sur la Chine et les pays voisins à cause du coup de la main d’œuvre moins élevé.

Car oui, si les pays capitalistes (œuvrant sous des masques différents, républicains ou démocrates, de droite ou socialistes) se retrouvent sans masque (et sans respirateurs et le reste), c’est juste qu’ils ont fait le choix d’abandonner tout leur système de production pour le déléguer à des pays dans lesquels les ouvriers travaillent pour trois fois rien. Toute notre économie fonctionne sur ce principe : abandon des services publics, dévalorisation des métiers vitaux, production déléguée aux antipodes.

Oui, ce petit virus nous aura permis de voir les effets directs de l’idéologie néolibérale. Maintenant, est-ce que cela produira une prise de conscience politique de la population ? C’est pas gagné. Pourtant, difficile de ne pas constater. Il n’est pas question de vanter les pays communistes existant ou ayant existé mais de la nécessité que les choix politiques mettent en avant l’humain, la justice sociale, la protection, en prenant en compte les soucis d’environnement (cette nécessité dépasse l’histoire du virus, bien sûr).

On notera qu’une chanson prend moins de temps (à porter son attention, pas à la faire).

Encore pardon

J’ai essayé de récidiver dans la chanson en gardant une thématique d’actualité (le confinement) mais, cette fois, en essayant de bosser le texte et le niveau musical. Disons que ça me semble un brin plus profond que la précédente.

Lavez-vous les mains ! Et les oreilles…

Pardon !

Quand je me mets à faire de la musique (je n’en fais pas si souvent), j’ai besoin de commettre une sorte de bouse. Le truc qui sort avec les trois premiers accords. Tu pourrais t’arrêter là, mais non. En général, je poursuis ma non-oeuvre jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’elle soit terminée. Ce n’est qu’à partir de ce moment que je meux commencer à composer des trucs difficiles et qui demandent un vrai travail.

Pour cette bouse-là, j’ai choisi de faire une chanson. J’ai griffonné sur la table un texte vite fait, sans revenir sur aucune phrase, aucune rime, aussi ridicule qu’elle puisse être. Et ça donne Restez chez vous !, une espèce de pseudo chanson engagée à la façon de celles qui ont bercé mon adolescence.

Pour ce qui est de la thématique, je ne suis pas allé chercher bien loin. Les 15 premiers jours de confinement, j’ai été tellement atterré par la violence des échanges autour de la chloroquine que ça m’a énervé. Énervé par cette fascination bien compréhensible pour un bonhomme qui annonce qu’il est le sauveur et encore davantage pour le mépris agressif des « sachants ». Je ne savais plus où j’étais ni dans quel monde.

Et puis, dans cette période où l’on diffuse de jolies chansons joliment chantées par de belles personnes confinées, autant jouer de bad, du tripal à deux balles, du trivial pas content qui sent un peu des pieds.

Bientôt chez vos libraires !

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J’ai le plaisir de vous présenter la couverture de mon prochain livre.

On est persuadé qu’en cette période de confinement, on peut se cultiver, lire, écrire, créer. Je ne suis pas certain que cela soit exact. On est psychiquement tellement pris par la question de l’épidémie, qu’il me semble tout juste que l’on peut à la rigueur peaufiner des choses existantes, trier, classer, bricoler mais que le processus de création artistique reste compliqué en dehors du sujet virus-confinement.

Nouvelles de la plaine

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Raoult ou les Russes, hydroxychlorodrine ou méflokine, Nivaquine ou Lariam ? Voilà qu’un nouvel antipaludéen sort du chapeau des Russes comme médicament anti Covid 19.

Du même coup, les mêmes Russes sortent également un test de dépistage rapide disponible à 100.000 exemplaires dès lundi (en Russie). La semaine qui vient va être riche en animation Web. D’un côté on aura les complotistes pro Russes et Raoult par principe et les bienpensants anti Russes et Raoult par principe aussi. Globalement, des analyses cliniques devraient mettre tout le monde d’accord.

Perso, tout ça m’amuse. J’attends juste avec une certaine impatience que ces Messieurs veuillent bien valider les résultats de la course à l’échalote plutôt que se foutre sur la gueule. Ce sont des vies qui sont en jeu.

Allez, mon rêve le plus fou, c’est que le virus s’éteigne de lui-même comme par miracle beaucoup plus vite que prévu et qu’on en finisse avec ce confinement.

C’est là que ça devient intéressant. Cet article, je l’ai écrit vite fait hier soir mais j’ai mal dormi. Il y avait un petit problème. Ces infos sur la Russie, je les ai lues sur le fil d’actualités Google et elles viennent de RT France et de Sputnik. Deux médias russes qui diffusent de l’info en France.

Pourquoi cette info n’est reprise par aucun journal français ? En revanche, on parle du confinement de Moscou.

Comme en temps de guerre, nous allons assister à une bataille de l’information. Ou plutôt de la désinformation. Le public est avide, en quête de bonnes nouvelles. Tout est bon pour balancer des fausses nouvelles, orienter la façon de présenter l’information.

Alors, les Russes, Fakenews ? Si c’est le cas, le rôle dans la désinformation de Sputnik et de RT est très clair. Et d’une certaine manière, c’est rassurant. Si ce sont de vrais nouvelles, c’est plus ennuyeux. Pourquoi notre presse ne relaie-t-elle pas des informations qui nous concernent ? Ce qu’il y a de sûr, si c’est un rumeur, une fausse info, il y aura toujours des imbéciles de mon espèce pour les relayer comme je l’ai fait hier soir.

Cette période est passionnante.

J’ai écouté le premier ministre

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Je rigole pas. Je me suis tapé la conférence de presse d’Édouard Philippe. En entier. J’ai apprécié qu’il daigne faire enfin de la pédagogie. Rien à voir avec les annonces précédentes. J’ai trouvé assez honnête sur la forme. Après ça raconte que la mondialisation qui consiste à déléguer la production à la Chine, par exemple, ça peut avoir des inconvénients au-delà même de l’emploi en France. Les arguments sur les masques et les médicaments étaient justes pour un 28 mars où l’épidémie est mondiale. Mais depuis janvier ou février, il y avait quand même peut-être un peu de marge pour anticiper deux ou trois commandes des choses manquantes ou bien pour lancer la production en France. C’est vrai qu’aujourd’hui, c’est un peu tard. Pour l’anecdote, j’ai aimé les territoires ultra malins, aussi.

Bref, là, quand même, le 28 mars, je trouve que tout est bien prêt. Dans les limites des stocks disponibles. On aura bien compris qu’il sera impossible de faire des tests de masse et que la population ne sera pas équipée de masques. Pour les caissières et caissiers, c’est pas encore au programme mais je crois qu’on s’en occupe. Quant à l’hydroxychloroquine, on va commencer des études. J’ai lu quelque part que Rennes avait été contacté pour en envisager une. Mais rien ne presse de toute façon. Les gens s’imaginent que c’est simple de monter un protocole et de publier dans une revue scientifique à comité de lecture. Ben non. Pas de précipitation. La vitesse et la hauteur de la vague, c’est pas le problème. C’est vulgaire.

Bien, comme je vois que la mode est au concert à la maison, un de ces 4, j’aurai peut-être la hardiesse de faire un blog en chanson.