J’enfonce le clou

Je vais encore vous emmerder avec mes expériences avec l’eau. Mais c’est une occasion pour que vous compreniez bien de quoi il retourne et que vous arrêtiez de me prendre pour un illuminé alcoolique.

Alors voilà, Lionel travaille à la réparation de très très grosses machines. C’est plus compliqué que faire l’acteur ou d’emmerder la terre entière à crier sur les toits qu’on a fait une découverte exceptionnelle sur l’eau. Bref. 

Lionel a regardé une fiole d’eau que j’avais branchée sur mon appareil de mesures. Enfin, pas la fiole, mais une photo de la fiole envoyée par Internet. Pendant ce temps, j’ai vécu ma vie. On a mesuré ses activités et l’évolution de son humeur, du moment où il partait travailler jusqu’à son retour. Il m’a ensuite envoyé un rapport très détaillé de ses activités et voici ce que ça a donné. La première courbe allant jusqu’à l’heure de la pause déjeuner et la seconde, de la pause au retour chez lui.

Ça vaut la peine que vous regardiez la courbe dans le détail, tous les changements qui s’opèrent en même temps qu’il change d’activité. Un petit effort n’est pas superflu.

J’ai demandé à Lionel si les courbes correspondaient à ce qu’il avait vécu pendant sa journée de travail. Il m’a répondu « ça correspond bien, très bien même. C’est bluffant. Et puis les changements d’activités sont incroyables ».

Ah oui, j’allais oublier un détail : sa journée de travail, c’était en Corée du Sud, soit à 9.500 kms de chez moi.

Alors pour ceux qui ne comprennent jamais rien à mes histoires d’eau, ça raconte qu’en regardant la photo d’une fiole d’eau, cette fiole d’eau étant mesurée chez moi (en l’occurence je dormais pendant que ça tournait), les mesures de celle-ci montrent qu’elle est jumelée électriquement à ce qui se passe dans notre tête, quelle que soit la durée, quelle que soit la distance.

Bon, dans le bouquin, tout cela sera prouvé expérimentalement, selon les processus scientifiques classiques. 

D’après vous, comment vont réagir les scientifiques Français ?

Résultat de l’expérience collective

Ma prédiction était que la courbe allait monter à partir du moment où j’aurai posté l’article. J’ai comparé une heure de mesures avec la fiole collective (en bleu) à une heure de mesures avec fiole individuelle (orange). Une mesure toutes les 15 secondes.

On voit que la courbe bleue monte, monte comparée à l’autre.

Voici maintenant la comparaison de l’amplitude entre la fiole collective et la fiole individuelle (témoin).

J’aurai pu ajouter les écarts relatifs entre 2 mesures ou même les écart-types. Visuellement, c’est la même chose.

Quel est le principe ? C’est très compliqué à expliquer (mais c’est explicable), c’est pour cela que j’écris un bouquin dans lequel tout sera expliqué pas à pas. 

Mais pour simplifier à l’extrême, quand on regarde la photo d’une fiole d’eau, quand celle-ci est mesurée avec un appareil (encore secret, pardon), les mesures de l’appareil coïncident en temps réel avec les pulsions vitales de la personne qui l’a regardée. Pour une personne seule (courbe orange du haut), selon les activités, on va avoir des mesures montantes ou descendantes qui se succèdent au gré du plaisir et du désir que l’on éprouve à faire ceci ou cela.

Mon pari était que si plusieurs personnes se succèdent en regardant la fiole d’eau en souriant (notion de plaisir), on obtiendrait une courbe qui grimpe significativement plus que lorsqu’on mesure une seule personne qui se livre à différentes activités. Alors, bien sûr, dans le lot, il y aura des personnes pour qui les mesures vont baisser mais, de façon générale, dans cette situation les courbes doivent monter. C’est bien ce qui s’est passé.

Cette expérience ne sera pas dans le livre car il faudrait que je la reproduise plusieurs fois pour que mon hypothèse soit vérifiée de façon irréfutable. Et je dois rendre le bouquin mi-mars. 

En revanche, je ferai appel à vous pour une expérience individuelle où chacun devra regarder des bande-annonces de cinéma (pas trop fatiguant). J’envisage ça pour la seconde quinzaine de mars ou courant avril. Vous verrez que là, du coup, ça sera encore plus étonnant. J’ai fait un test avec 47 personnes qui donne des résultats impressionnants. À suivre…

Pour ceux qui veulent se retrouver, voici la courbe avec les heures…

Un sourire ?

Pour achever mon bouquin, il me manque une expérience avec l’eau mais, cette fois, je voudrais tester ce que les mesures d’eau peuvent traduire quand on est nombreux à regarder une même fiole d’eau.

Prédiction de ce qu’il va se passer : les courbes de mesures vont se mettre à augmenter au moment où je vais poster cet article et au moment où vous allez regarder l’eau. Plus il y aura de personnes qui verront l’image, plus les mesures changeront.

Pas besoin de s’inscrire. Il suffit à chacun de regarder l’eau qui est contenue dans la fiole. Si vous en êtes capables, faites-lui juste un sourire. Ça vous fera du bien. 

Comme je publierai les courbes obtenues dans la journée et que vous pourrez y voir les heures, notez l’heure à laquelle vous regardez l’eau. Vous verrez ce que la courbe raconte de votre sourire 😉 En plus de voir ce que donne (ou pas) une accumulation de sourires.

En attendant God Eau

Je bosse comme un malade. Ça ne me rapporte pas un radis (pour l’instant) mais je ne compte pas les heures qui dépassent largement celles des bureaux.

Résultat, la première version de mon manuscrit est validée par mon éditeur, la définitive sera remise mi-mars. J’espère que vous attendez déjà avec impatience Le Pouvoir de l’Eau, sortie septembre 21 aux éditions Eyrolles. Ça peut faire du bruit.

Parallèlement, mon documentaire Je me Jette à l’Eau est en train de prendre un tour très différent de ce qu’il était. Je partais d’un bidule intimiste, rempli de courbes et de graphiques. J’arrive à un projet qui nous fait voyager d’Athènes à Glasgow, de Marrakech à Tokyo. Ce qui veut dire un financement important pour un sujet délicat. Mais au bout d’un moment, il faut se lâcher sur ses ambitions si l’on veut vraiment faire quelque chose, plutôt que rabioter à l’avance de tous les côtés pour sortir un truc tout étriqué qui ramassera 3 cacahuètes et que personne ne verra. À suivre…

Une fois mes écrits terminés, je vais pouvoir respirer un peu et préparer la lecture d’une pièce de Maylis Besserie adaptée de son roman Le Tiers Temps. Il met en scène la fin de vie de Samuel Beckett. La lecture se fera pour l’Escale du livre de Bordeaux, sous la direction de Guy Lenoir. On reparlera de tout ça le moment venu.

J’ai inventé un mot

Aristothalésianisme. C’est en travaillant sur mon projet de documentaire sur l’eau que j’ai inventé un mot et par là même un mouvement philosophique.

En faisant des graphiques pour expliquer ma découverte sur l’eau, j’ai eu une double révélation.

J’ai montré qu’à travers l’eau, on pouvait mesurer l’essence de la vie : le désir. Ceci m’avait conduit à approcher Aristote qui plus de 300 ans avant Jésus-Christ avait défini le désir comme essence du vivant, qu’il soit humain, animal ou végétal. C’est ainsi qu’il définissait l’âme. Une énergie mue par le désir. 

En reliant cela aux mesures physiques de mes instruments, tout ça collait parfaitement. Mais pour expliquer le phénomène que j’observais, il me fallait ajouter à cela l’idée de conscience. Mais la conscience ne pouvait se résumer au désir. Et quoi qu’il en soit, c’est bien l’eau que je mesure. Il m’est apparu alors que l’eau était plus forte que la question de la conscience, que l’eau était bien le véhicule de cette énergie primordiale qu’Aristote, Platon ou Spinoza définissent comme le désir, cette énergie de vie qui semble animer tout le vivant. Hier soir, c’en était définitivement terminé avec mon idée première d’action de l’esprit sur la matière. Esprit, conscience, laissons cela pour l’instant.

C’est dans cet état d’esprit que je me couchais en plongeant dans les écrits d’Aristote. C’est là que j’ai vu qu’il parlait avec dédain de Hippon, un philosophe grec qui, 600 AV JC, avait défini l’eau comme essence de la vie. Le seul de ses prédécesseurs que dénigre Aristote, c’est Hippon. Il faut bien que sa théorie le dérange ! C’est louche. Une nuit courte s’en suit.

Tôt ce matin, je me lançais dans une recherche Internet sur Hippon. Rien. Pas d’écrits. Seul Aristote semble parler de lui. Mais dans une recherche, on finit toujours par trouver ce que l’on ne cherchait pas. En l’occurence, Thalès.

Dans la Grèce antique, la philosophie était complètement liée à la science. Thalès (600 AV JC) était philosophe, mathématicien, étudiait la géométrie. On dit que c’est lui qui a défini la hauteur de la grande pyramide d’Égypte où il a vécu. On lui doit aussi le théorème de son nom. Eh bien, pour Thalès aussi, l’essence du vivant, son âme, c’est l’eau. Tout simplement. Il place l’eau au dessus des autres éléments, l’air, la terre, le feu.

Je ne suis qu’une goutte d’eau dans l’océan de la pensée. Une fiante de poulet sur le sol d’un élevage industriel si vous préférez cette métaphore. Et j’affirme en ce jour de Saint-Valentin, parfait pour le désir, que l’essence de la vie c’est l’eau qui véhicule le désir comme énergie motrice. Me voici aristothalésien !

Je sais bien que notre science dure (qui a depuis longtemps relégué la philosophie au rang de sciences humaines) va me rire au nez. Enfin, m’ignorer, tout simplement, comme une simple fiante. Pourtant j’ai les mesures, les chiffres, les statistiques, tous les outils de la science pour affirmer ce que j’avance.

J’ai toujours été anachronique et ça ne me gène pas. Peu importe que mon travail ne rencontre jamais la reconnaissance de mes pairs. Peu importe que je me trompe. Je ne prétends pas à la vérité. Ce qui est sûr, c’est que ma petite vie prend tout son sens depuis que je m’adonne à ma science, comme le faisaient nos ancêtres, mêlant le sens à la mesure (faute de n’avoir pas, parfois, le sens de la mesure).

Je n’en ai pas fini de mon retour aux sources.

Statut de la parole

L’humain se distingue des autres animaux par cette faculté de parler, pouvoir exprimer sa pensée, dire ses sensations, son opinion, avouer ses craintes, partager ses intuitions. Parler fait que nous sommes ensemble, que nous pouvons réagir ensemble, progresser ensemble, tenter collectivement de résoudre les problèmes.

Parler, c’est affirmer son existence, penser que nos sensations, nos connaissances, notre expérience, notre intelligence valent quelque chose et méritent de s’exprimer. Parler, c’est montrer qu’on existe, dire de soi.

Adolescent en quête d’amour, j’avais deux ennemis : le beau parleur qui jongle avec les mots pour flatter et le beau ténébreux, con comme un balais, qui avait assez de neurones pour comprendre qu’il valait mieux se taire.

Collectivement, la parole est évidemment l’expression du pouvoir des uns sur les autres. 

On a tous vécu ce débat après une projection. Tout est bien ordonné. Il y a le réalisateur face au public, juste devant l’écran, avec un micro, l’animateur chargé de l’organisation de la parole en présentant, posant des questions « intelligentes » et consentant à faire circuler un micro dans la salle pour récolter des questions si possible « intelligentes ». Le public boit les paroles même s’il brûle d’envie de rentrer chez lui (jeu social), de temps à autres, une personne prend sur soi pensant qu’elle pourra faire avancer le débat. Et puis l’on retrouve immanquablement cette personne qui, du fond de la salle, lève le bras à la moindre occasion pour monopoliser la parole et ne parler que d’elle, n’hésitant à aucune digression hors-sujet pourvu qu’elle montre qu’elle existe. Eh oui, dans cette situation où le réalisateur a une légitimité de la parole mise en scène, une personne qui souffre d’un manque de légitimité ou, une autre qui veut rappeler à l’assistance qu’elle-même est porteuse d’une parole publique, aucune n’hésitera jamais à s’exprimer dans ce cadre ritualisé de la prise de parole.

En politique

Le gilets jaunes ne se sont-ils pas manifesté en hurlant que les sans-voix montraient qu’ils étaient là ? Ils démontraient ainsi que la parole collective était confisquée par les instances de pouvoir, les institutions et les média. La réponse a été le débat citoyen qui a démontré que les sans-voix pouvaient penser, réfléchir, prendre des décisions courageuses. Mais on sait ce qu’il reste de cette consultation dans le concret.

Pour la présidentielle de 2017, quand vous écoutiez un meeting de Mélenchon, à chaque phrase, il y avait de l’analyse des situations socio-économique, une dénonciation des mécanismes de l’injustice sociale, des propositions de solutions. Bref un discours politique auquel on adhère ou n’adhère pas, mais construit sur de la pensée et de l’analyse. 

Marine Lepen, elle, son discours consiste à agiter les émotions négatives de son électorat, essentiellement basées sur la peur. On retrouve ce niveau de langage émotionnel dans le discours complotiste qui est d’ailleurs essentiellement animé par l’extrême droite. On nous ment, on nous manipule, nous savons la vérité.

Je me suis forcé à suivre des meetings de Macron. Et là, c’est le vide abyssal. Rien. Du vent. Du pipeau. Des mots les uns à le suite des autres. Tout reposait sur la mise-en-scène d’un mec jeune et dynamique sensé incarner le sauveur porteur d’un monde nouveau, tous nos malheurs ayant pour responsables la classe politique dans son ensemble. On voit concrètement où cela nous a mené. La seule promesse tenue (mais a-t-il seulement formulé des promesses ?) est celle d’une parole ramenée au statut pragmatique de communication stratégique. Niveau publicitaire et propagandiste, accompagné de la fabrication d’une pensée unique construite sur la vérité scientifique, la parole de spécialistes. Idéologie mortifère qui voudrait sceller la victoire de la science contre les croyances, des Lumières contre l’obscurantisme, de la raison contre l’émotion. Rêve qui se résume à un programme informatique, de l’intelligence artificielle. Inhumanisme.

Discrédit de la parole

Macron n’est que l’expression d’un glissement de notre société qui s’aseptise toujours plus, limite la liberté d’expression. Et ceci se fait par la parole, par l’expression imposée d’une pensée, non pas dominante mais le fruit de la pensée des dominateurs. Et cette parole autorisée et dominatrice, elle use de tous les recours propres a ce qu’elle fait semblant de dénoncer. Elle utilise l’émotion plutôt que la raison. Toute parole alternative sera discréditée. Mélenchon et Raoult sont des égos sur pattes ! On juge les personnes pour effacer leur parole. Il y a du vrai, bien sûr dans ce qui est reproché aux porteurs de paroles qui remettent en question la pensée des dominateurs. Mais que dire de l’égo d’un Macron et de ses mises-en-scène, de sa gestion du pouvoir ? N’est-il pas, dans ses actes et ses décisions plus autoritaire et mégalomane que ceux qu’il joue à dénoncer ? Mascarade !

Des paroles à l’écrit

Notre siècle nous aura vu abandonner la parole pour la remplacer par des sms, des mails, des tweets. L’avantage est que cela permet à ceux qui n’avaient pas de voix en dehors de considérations météorologiques de s’exprimer enfin. L’inconvéniet, c’est que nous avons détourné nos yeux pour les braquer sur des écrans. Évidemment, chacun se sentant désormais investi d’une légitimité à s’exprimer, qui plus est dans un cadre qui assure la protection d’une distance physique qui évite de se prendre une baigne dans la gueule, on y va, on balance, on diffuse. On postait la photo de son chat, maintenant on devient militant anti-masque, antivax, anti tout. On dit une colère d’avoir dû se taire. Mais le flot des mots est si grand, si logarithmé par les réseaux, que ces révoltes sont canalisées pourvu qu’elles ne remettent pas en question l’ordre économique et qu’elles n’entravent en rien les véritables responsables des malheurs collectifs.

Le silence comme arme de pouvoir

Dans ce jeu de l’écrit, le pouvoir s’exerce de façon insidieuse. Non pas par la parole, mais par le silence. Faites une requête auprès d’une personne hiérarchiquement supérieure. La meilleure façon que le destinataire aura d’affirmer son pouvoir consistera à prendre du temps pour répondre, vous laissant face à votre position inférieure sur l’échelle et à votre manque d’influence.

De la parole à l’image

Les jeunes préfèrent maintenant les stories aux mots écrits. L’actualité se résume à des images de poubelles qui brûlent sur BFM et à des flics qui elbèdent sur les réseaux sociaux. Sorte de régression dans l’expression. On ne prend plus la peine de dire. On prétend montrer, on laisse l’image agir, porteuse de sens et de fantasmes. Tellement trompeuse, l’image. En même temps, ce paragraphe est bien léger, voire inutile.

Pourquoi j’ai parlé

Je sais que mon article fera 3 likes sur Facebook, que tout le monde s’en tape du statut de l’image, qu’on n’aime pas les textes longs, qu’on leur préfère deux phrases ou une photo. Je m’en fous. J’avais besoin de dire, même si personne ne m’écoute, parce que parler libère et aide à comprendre. J’avais besoin de dire parce que je travaille à partager la découverte que j’ai faite sur l’eau et la conscience et que, forcément, je passe pour un déséquilibré mégalomane égaré dans ses croyances. Et c’est chiant. Mais vraiment très chiant. Tout ça, à cause du statut de la parole, de qui la porte, de qui l’entend, de qui ne peut pas l’entendre, de qui refuse de l’entendre. C’est dit.

Une baune cheauze de fête

Ça y est ! Avec un peu d’avance, j’ai remis la première version de mon manuscrit à mon éditrice. Pour l’instant, ça s’appelle Le pouvoir de l’eau, mais un titre n’est jamais définitif (et celui-ci ne me plait pas particulièrement). J’y livrerai ma fameuse découverte sur l’eau dans le menu et vous verrez que ça décoiffe.

Mais comme je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin, je profite de cette étape pour avancer sur mon projet de film. Le sujet ? La même chose mais en filmant des gens. Plein de gens. Il s’appelle Je me jette à l’eau. Pour ce film, je lancerai bientôt une expérience qui nécessitera une cinquantaine de volontaires que je recruterai exclusivement sur Facebook et sur mon blog. Commencez à vous chauffer !

Au secours !

Vous avez fait votre petit test Covid ? C’est ainsi que s’est adressée à moi l’infirmière. Je me faisais opérer d’une cataracte ce midi. 

Pouvez-vous me dire pourquoi Petit test Covid ? Pourquoi quand on est dans la position du patient tout devient petit ? 

Vous posez vos petits vêtements dans le petit placard, si vous voulez faire un petit pipi, les petits pipirooms sont ici, vous mettrez vos petits pieds dans ces petits chaussons en papier et vous attendez dans votre petite chambre qu’un petit brancardier vienne vous chercher pour vous descendre au petit bloc pour qu’on vous fasse une petite anesthésie. Prenez ce petit comprimé !

Alors, j’aimerais dire à toutes les infirmières du monde que le test Covid, c’est une longue mèche qu’on enfonce dans mon grand nez. C’est tout.

Suggestion : Alors, mon gaillard, on s’est fait chatouiller les naseaux ?

Morts de trouille

Chez les décideurs de cinéma et de télé, on évite scrupuleusement tout ce qui n’est pas politiquement correct. En science, personne n’ose s’aventurer dans des zones qui ne sont pas consensuelles par avance. En politique, on se demande où sont passés ceux qui osent dire d’autres vérités que celles des « spécialistes en ceci ou cela », tous ou presque ayant jeté leur dédain sur le mouvement des gilets jaunes. À la manif de samedi, il y avait davantage de flics que de manifestants, tant le préfet n’a aucune vision de la réalité. La presse, elle s’occupe à parler du Covid. Au moins, ça prend de la place et ça évite de parler de ce qui fâche.

En fait, je pense que nous vivons une période qui a démarré bien avant le virus, où les élites sont terrorisées, tétanisées, mortes de trouille. Peur de leur responsabilité dans les crises. Peur d’un peuple fantasmé qui résosociote puisqu’il n’y a plus d’espace d’expression collective ouvert à la diversité des opinions. L’élite a peur que ce peuple lui demande un jour des comptes.

Alors l’élite tremble, lynche toute pensée contraire à la sienne, fabrique des lois qui fichent, filment, protègent les forces de l’ordre jusqu’à en faire des chiens d’attaque.

Cette trouille de l’élite sonne-t-elle le glas d’un ordre établi ? En tout cas, la peur, c’est le contraire de la vie, de l’insolence, de l’imagination, de l’humour, de l’irrévérence, toutes ces choses qui font avancer les idées et le monde. Il va devenir temps que ça finisse. La vie reprend toujours le dessus quand elle est menacée. Vive le printemps !

Une si longue absence

Certains devaient se demander ce qui m’arrivait. Déjà qu’on aura noté que je poste de moins en moins d’articles, ces derniers temps.

J’ai fait un saut à la manif contre la loi sécurité globale, cet après-midi. On était moins nombreux que d’habitude. Je pense qu’il y avait plus de flics que de manifestants. Beau pays.

Bon, sinon, ne tournons pas autour du pot. Voilà huit jours que j’étais absorbé par une expérience qui montre que l’on peut mesurer nos émotions à travers une petite fiole d’eau sur laquelle on applique des mesures continues. Au paravant, on a juste regardé une photo de cette fiole. De n’importe où.

Cette idée complètement folle que j’avance depuis plus d’un an, j’ai pu la tester avec 47 volontaires à qui je demandais de regarder une vidéo contenant 3 bande-annonces de cinéma. À la fin, ils devaient remplir un questionnaire dans lequel ils disaient quel film ils avaient préféré. 47 personnes ! De l’eau ! Eh bien, le résultat des mesures traduit exactement le choix écrit des volontaires. Il correspond d’ailleurs aux différences de nombre d’entrées au cinéma. Et quand on oppose à ces résultats 47 mesures témoins hors visionnage, on n’obtient pas du tout le même résultat.

Le résultat en soi est magnifique. Mais il va être montré à une société qui mesure les émotions par le biais d’algorithmes appliquée aux réaction faciales de spectateurs filmés. Filmés en visionnant ces mêmes bande-annonces.

J’ai monté cette expérience en vue de la faire figurer dans mon bouquin sur le sujet. Ça tombe bien que ça ait marché. Je n’en dis pas davantage au cas où je face appel à des volontaires pour une prochaine.

Voilà à quoi ont été occupés mes 8 derniers jours, du matin au soir, sans week-end. C’est pourquoi retrouver le monde avec un petit saut à la manif, ça ne pouvait pas faire de mal.

Un virus ne doit pas nous faire oublier le reste

Je connais deux personnes qui m’ont témoigné de ce qu’est la macronie au quotidien pour elles. L’une d’entre-elles sort d’un licenciement négocié. Six mois de carence avant d’avoir droit au chômage. Problèmes de dos. Une opération. Arrêt de travail obligatoire. Du coup, elle va toucher un demi-salaire de la sécurité sociale pendant son arrêt de travail et, du même coup, elle se retrouve radiée de Pôle Emploi. Son inquiétude, c’est que sa nouvelle inscription au chômage après la maladie va repousser encore la carence et engendrer un nouveau calcul (à la baisse) de son indemnité future. Conclusion, moins ça va, plus on t’enfonce. Mais, au fait, l’allongement du délai de carence pour le chômage, c’est un certain François Hollande qui était président quand ça a été voté.

La seconde personne est une femme retraitée et militante. Il y a deux jours, ce sont les gendarmes qui sont venus la chercher chez elle pour l’amener au poste. On a une photo de 2019 sur laquelle on voit votre voiture à proximité d’une manifestation illégale. On vous soupçonne d’être l’organisatrice de la manifestation non autorisée. Alors, ça, c’est pas Hollande, c’est le fruit de la dérive autoritaire d’un état qui, sous la présidence de Macron, grignote régulièrement nos droits fondamentaux et nos libertés.

J’ai beau travailler à ravaler ma colère (c’est pas bon pour la santé, la colère qui ronge) et à relativiser le merdier, il y a des jours où l’on a envie de lancer quelque insulte à ceux qui organisent minutieusement l’injustice sociale.

Mais je ne vais pas terminer sur une note aussi sombre. Pour la première fois depuis un an, je suis allé chez la coiffeuse. Moi qui d’habitude ne moufte pas, j’ai papoté, profitant que le Covid ait vidé son salon.

Zut, j’allais oublier. Vous voulez voir la courbe des chiffres de réanimation ? No comment…

Soldes d’hiver

C’est les soldes ! On va pouvoir craquer toutes les économies qu’on a placées sur nos livrets A pendant le Covid ! Enfin, vous, peut-être. Je sais pas. Il paraît qu’ils n’ont jamais vu autant d’épargne. Bon, en fait, c’est 20 % des Français qui ont économisé. 1 sur 5. Ce qui veut dire que 4 Français sur 5 n’ont pas réussi à économiser. Vu comme ça, je comprends mieux. Voilà donc une nouvelle qui a été mise en avant pour nous rappeler que, quoi qu’il arrive, que ça marche du feu de Dieu ou que ce soit la pire crise, il y a toujours une partie qui en tire profit. Profit quand ça marche, profit dans la catastrophe. Tous ceux qui sont privés d’activité, culture et restauration, ceux-là, même s’ils s’en sortent plutôt pas mal quand ça marche, ils plongent. Les plus pauvres, ils plongent encore plus profond. Mais ils ont l’habitude de faire de la plongée, eux. Même quand ça marche, ils n’ont pas la bouée. 

On ne peut même pas dire que la crise révèle les inégalités. Les inégalités, elles sont là depuis longtemps et aucune réforme gouvernementale n’est produite pour les réduire. Enfin, si, avec des mots, de temps à autres. Mais allez déposer des mots à la banque, ça n’aura pas grand effet sur votre solde débiteur.

Bon, pour vous remonter le moral, comme je note quotidiennement les chiffres du covid, je suis en mesure de vous annoncer que c’est pas bon du tout. Le prochain confinement semble très très proche.

Je parlais dans un article précédent de la nécessité d’être heureux. Je confirme. Occulter un regard lucide sur le monde n’est pas indispensable à la capacité de récolter ses petits bonheurs quotidiens.

De Bacri à Jean-Pierre

Parler des disparus, c’est hélas souvent parler de soi. Bacri, pour moi, c’était un inaccessible. Juste parce qu’il ne faisait pas semblant de quoi que ce soit. Un regard, un sourire suffisaient. Parce que c’était vrai. Les mots peinaient à sortir et quand ils sortaient, c’était par paquets. 

On s’est croisé plusieurs fois. On a même tourné ensemble dans Comme une image ou dans Adieu Gary de Nassim Amaouche. On a mangé à la même table lors de soirées Canal au festival de Cannes. Avec ses parents qui l’accompagnaient souvent, qu’il ne cachait pas. Comme je suis sans doute aussi timide que lui, j’ai jamais voulu forcer une relation avec lui ou singer ces fameuses amitiés cinématographiques. Je l’observais en coin, le respectais profondément. La distance obligée qu’il avait sur les autres, il l’avait en jouant, refusant de «faire» l’acteur. 

Jean-Pierre, je n’ai jamais eu le courage de te le dire de ton vivant. Mais je t’aimais beaucoup.

Alors, heureux ?

Une bonne façon de dépasser les méfaits de cette période consiste à se noyer de travail. C’est ce que je fais depuis quelques temps. Je travaille à l’écriture d’un documentaire qui s’interroge sur ce qui nous rend heureux. Car oui, plein de choses nous rendent heureux, à plein de moments de notre journée. Même en ce moment. J’avoue que la thématique même du sujet aide à s’évader de la dureté de ce long moment de privation de libertés et de liens sociaux. Un jour viendra où l’on pourra boire un café en terrasse avec des potes avant ou après un ciné, en se disant que la semaine prochaine on ira voir jouer les copains au théâtre.

Je me dépêche à bosser sur le dossier car j’ai mon manuscrit à rendre dans très peu de temps. 

S’extraire du présent pour se projeter dans la construction de demain, c’est le début du bonheur.

Parler de bonheur aujourd’hui, c’est entrer dans la case des naïfs, des perchés. Ou alors des marchands de développement personnel. Il serait dommage de s’arrêter aux étiquettes. Le bonheur fait partie de notre vie quotidienne. Autant y goûter sans modération. C’est excellent pour la santé.

Morceaux du 13 janvier

Il s’arrête, bras ballants, regarde les quelques personnes sur le quai du métro, puis il se met à marcher rapidement. Puis s’arrête. Il porte des babouches ajourées, pieds nus, un pantalon de survêt noir mou et usagé. Puis il regarde de nouveau les gens sur le quai, marche vite dans l’autre sens et s’arrête. Fatalement, on le remarque. Il inquiète même un peu. Sans le montrer, tous les futurs passagers à sa proximité le surveillent, l’air de rien. Cette fois-ci, il semble venir vers moi mais il fait un écart soudain et va poser un pistolet en plastique qui claque sur un des sièges verts. C’est un petit pistolet, noir, avec un morceau orange au bout du canon. Je croise le regard d’un vieil homme qui relève les sourcils. Pas clair, celui-là, semble-t-il me dire. Puis le métro arrive. Surtout ne pas monter dans la même rame que lui. Mais il a déjà disparu.

C’était ce matin.

Cet après-midi, j’ai eu la réponse au casting qui s’était si bien passé. Je ne suis pas pris. J’aurais dû me méfier de la descente vertigineuse de la courbe qui me disait pourtant que c’était mort. Mais on ne prête pas assez attention aux courbes. Trop peu. On se laisse griser par la fulgurance des montées.

Quoi qu’il advienne, mon projet de documentaire avance bien. Il prend même un tour qui lui donne ses chances.

Sinon, j’ai fait une nouvelle découverte sur l’eau. Mais mieux vaut-il en rester à la précédente.

J’imagine ce qui doit se passer dans la tête de la personne qui lit ceci et ne me connaît pas.

Début janvier, quoi…

Heu… contrairement aux apparences, je suis à Paris. Ce n’est qu’un souvenir.

Ce matin, je faisais une postsynchro (un registrement sonore sur les images) pour le court-métrage fernadézien d’Adrien Lhommédé que nous avions tourné en septembre 2019. Quand on vous dit que ça peut être long, le cinéma ! Même quand il est court… Bien amusé, en tout cas.

Touché par la disparition de Pernoud, le papa Thalassa. J’avais participé à une émission à l’occasion d’un sujet de Philippe Lespinasse pour lequel je jouais un faux intrus sur les plage privées de la méditerranée. J’avais failli me faire casser la gueule par les patrons, mais on s’était bien marrés. Pernoud avait tout du mec bien.

Je regarde avec un grand détachement les événements de notre monde (Trump et compagnie, les petits rapprochements en vue de la présidentielle, les promesses du chaos, les antivax et pro-Raoult…). En 2021, j’ai mis de l’eau dans mon vin.

Casting et doubleYou

Voici un bon moment que je voulais tester l’effet d’un casting sur mon énergie psychique, mon intensité de bonheur à l’aide du doubleYou (l’appareil que j’ai inventé et qui mesure notre bonheur par le biais de mesures d’eau). Eh bien, aujourd’hui, c’est fait !

Quand les courbes montent, on est en positif, tendu vers un objectif plaisant, heureux. Quand elles descendent, on est sans objectif particulier, sans projection positive. Possiblement, on s’ennuie.

Je savais que le casting s’était très très bien passé, vite fait, très bien fait. Et en rentrant chez moi, j’ai pu vérifier en sortant la courbe de mesures que mon doubleYou pouvait parfaitement en témoigner.

Il est extrêmement clair que le moment de casting (en rose) a été un moment de bonheur intense.

Me voici donc doublement heureux. 

Reste à savoir si je serai pris…

Début d’an

On ne pouvait mieux commencer l’année : deux petits jours à Noirmoutier. Ce ne sont pas des vacances, mais ça y ressemble. À la suite de quoi j’avais un casting hier. Vêtu de noir, personnage politique. 50 % de chances d’être pris. Une chance sur deux. T’es pris, t’es pas pris. T’es pas pris, t’es pris. Nous avons discuté avec mon agent de diverses possibilités, au-delà de ce casting.

Sinon, le vaccin est le nouveau sujet sur toutes les bouches. Quand Mélenchon se demande pourquoi les vaccins classiques Chinois, Russes ou Cubains ne sont pas pris en compte dans les vaccins potentiels, je me dis que je pense à peu près la même chose. L’idéologie des républiques « sans idéologie » est bien présente à tous les étages. Tout est business et intérêts géopolitiques. Vive l’Amérique, l’Europe, leurs laboratoires et les sociétés de conseil !

Sinon, je note tous les jours les chiffres des hospitalisations, réanimations et décès. Les chiffres sont stables depuis le 30 novembre, fin du pic de l’automne. Pas d’effet Noël pour l’heure. Je bosserais dans un théâtre, j’aurais une salle de cinéma, je ne suis pas certain que j’aurais la patience d’attendre jusqu’à mars (ce qui se murmure dans les couloirs). Et en même temps, je n’aurais pas le choix. On n’est jamais à l’abri des variantes anglaises. Pro-té-geons-nous ! Si les chiffres se sont stabilisé, c’est sans doute grâce à la fermeture des lieux culturels. Merci à eux. Les magasins, les transports en commun, les nombreux repas de famille pendant les fêtes, c’est tellement sans risque, en comparaison.

Voilà une année qui commence en ronchonnant un peu, tiens. Il n’y a pas de raison de se transformer en Suédois parce qu’on a passé une année.

Tous mes voeux !

Les vœux 2021 sont assez particuliers tant on nous promet que cette année s’annonce au moins aussi pourrie que la précédente. Dans ce contexte, donnons-nous tout de même une petite parenthèse. Chacun osera y glisser ses rêves et ses espoirs les plus fous. (……………..)

Ouais, même ça, comment dire… ça sonne bizarre. Oh pardon… on m’apprend que Mme Traditiondesvoeux a été emportée par le Covid. RIP

Vivement quand même que ça se termine…

2020, je crois bien que je l’ai commencée comme je la termine : à bosser sur ma découverte sur l’eau. Et puis il y a eu le confinement. Il a commencé par une angoisse lourde, la peur de perdre des proches, de mourir. Il y a eu quelque chose d’apocalyptique dans les premiers jours. Et puis est apparu Raoult. Tout a changé à cet instant. On avait d’un côté les scientifiques qui mentaient sur les masques pour couvrir leurs manquements dans la gestion des stocks et de l’autre, tous ceux qui voyaient en Raoult le sauveur providentiel.

Nous avions tous enfin des raisons de penser, de nous battre, d’espérer, de contester… la vie, quoi !

La suite de la bataille a été d’une tristesse affligeante, assassinat en règle pour les uns, fanfaronnades pour l’autre. Nous avons compris que la vérité scientifique était toute relative et que le gouvernement naviguait à vue, plus ou moins bien conseillé.

On a vu Édouard Philippe se faire virer parce qu’il faisait de l’ombre, remplacé par une personnalité plus fragile à tous points de vue.

Pendant ce confinement, j’ai partiellement laissé tomber mes expériences pour m’amuser à faire des chansons et des clips tout pourris. Bien amusé.

C’est là aussi que s’est décidé l’écriture d’un livre autour de ma découverte sur l’eau pour les Éditions Eyrolles. Sortie prévue au printemps prochain. J’ai bien avancé.

En juin, je suis allé tourner en Suisse dans un beau court-métrage de Lou-Théa Papaloïzos. Un bol d’air incroyable dans les alpages pour un projet artistique fort. Il fût loin, le confinement !

Et puis je suis retourné à mes expériences et à la vie normale. L’été est arrivé puis il est passé, comme ça.

À l’automne, je tournais dans un autre court-métrage en banlieue parisienne, celui de Francis Magnin. Une comédie romantique sélectionnée à l’Alpe d’Huez. 

En octobre, c’est la retraite qui est arrivée avec la déception quant à son montant dérisoire. Une vie de liberté se paie fatalement. Mais ça va.

Et puis le second confinement confus est arrivé avec la certitude qu’on en aurait encore pour des mois. Quand ça se calme chez nous, ça redémarre chez les voisins et ça revient chez nous…

Belle expérience de jury Zoom pour le festival d’Aix-en-Provence. Belles rencontres à distance.

Enfin, il y a eu ce truc totalement inattendu : Philippe Claudel qui veut me voir jouer dans son film, Le bruit des trousseaux. Une parenthèse enchanteresse, tant du point de vue humain qu’artistique.

Et voilà que 2020 compte ses derniers jours. Ils allongent.

Un miroir de nos humeurs

J’ai décidé que j’allais régulièrement ennuyer le lecteur avec mes courbes d’humeur (de temps en temps). Mon blog ne s’appelle-t-il pas « humeurs passagères » ? J’aurais pu titrer : Qu’est-ce qui nous rend heureux ?

Comme je l’ai déjà dit ici, j’ai inventé un appareil qui révèle ce qui se passe en temps réel dans notre tête. Il s’appelle le doubleYou. Ce qui est mesuré est de l’ordre de l’humeur et des petits objectifs que nous nous fixons pour satisfaire des pulsions primaires. J’appelle cela la conscience vitale. Si nous nous dirigeons vers un objectif, les mesures augmentent et la courbe monte. Si nous sommes freinés dans nos objectifs ou que ce que nous faisons ne nous fait pas plaisir, les courbes descendent car les mesures baissent. C’est plus compliqué que ça, mais c’est un aperçu assez juste.

Pour illustrer à chaque fois (de temps en temps, donc) ce que mesure mon appareil, je donnerai des exemples dans différentes situations. Ce peut être deux personnes qui suivent un match de foot, quelqu’un qui regarde Macron, Lepen et Mélenchon à la télé (pas certain que les courbes soient en adéquation avec les opinions politiques de la personne parce que c’est l’inconscient qui parle), ce qui se passe dans une méditation, un entrainement sportif, quand un acteur joue une pièce ou répète…

Aujourd’hui, nous allons voir ce qui se passe quand je vais récupérer mon vélo qui était en réparation à Décathlon et quand, deux jours après, je vais flâner dans une librairie. Dans les deux cas, je vais dans un magasin mais pour des raisons différentes. Dans un cas, je vais faire une seule chose : récupérer mon vélo tout bien réparé et dans le second, je vais chercher un livre et en feuilleter d’autres.

Je rappelle juste quelques principes de base pour lire une courbe : ça se lit de gauche à droite sur une ligne horizontale du temps qui passe (axe horizontal : l’heure) ; l’axe vertical représente des mesures électriques : la courbe traduit leur évolution (quand les mesures augmentent, la courbe monte, quand elles diminuent, la courbe descend). Pas trop compliqué ? Ben, c’est pareil que les courbes Covid : quand la courbe des réanimations monte, c’est qu’il y a plus de monde en réa et quand elle descend, il y a moins de monde. Capito?

Voici la première courbe, celle du vélo chez Décathlon.

Ce qui nous intéresse pour l’instant, c’est la zone centrale en bleu sombre. Le moment où je suis dans le magasin. On voit une courbe un peu plate au début, une montée, un second plateau puis une dernière montée. C’est une courbe nettement montante, de façon presque uniforme. Je suis entré dans le magasin, j’ai attendu mon tour à l’atelier, un réparateur m’a montré le vélo, je suis allé payer la facture à la caisse et j’ai récupéré le vélo. Les moment où la courbe monte le moins sont des moments d’attente.

Il est clair que mon objectif est très clair : récupérer mon vélo réparé. Et jusqu’à ce que je le récupère, la courbe monte.

Je parlerai des autres éléments de la courbe (essentiellement les trajets) avec la seconde courbe que voici : sortie dominicale chez le libraire.

Ce qui est très net quand on regarde la zone jaune, le moment où je suis dans la librairie, c’est que contrairement à la courbe Décathlon, on n’a pas une courbe uniforme mais une série de vagues. Celles-ci correspondent à mon passage d’un livre à l’autre, au hasard des rayons et de mes intérêts. Un livre attire mon attention, je le feuillette, me demande si je vais le lire puis le repose pour repartir à la pêche aux livres.

Si l’on considère maintenant les trajets, sur les 2 courbes, je me suis amusé à noter tous les changements de décors (une rue, puis une autre, puis une place, puis une autre…). On constate de variations de courbe à chaque fois que je change de rue ou de perspective. Chacune est plus ou moins plaisante. Mais quand on va quelque part, chaque rue est une étape différente et s’exprime de façon autonome dans les mesures. Je pourrais détailles chaque moment, mais ce serait trop long. Regardons juste la zone bleu clair du retour en vélo après Décathlon. Globalement, elle descend. D’une part parce que j’ai atteint (et donc dépassé) mon objectif et d’autre part parce que, ce jour-là, il y a une circulation très dense dans la rue d’Avron qui m’oblige à slalomer entre des files de voitures de façon parfois dangeureuse.

C’est tout pour aujourd’hui.

S’il y en a qui sont intéressé par un test, n’hésitez pas à me contacter. Où que vous soyez, c’est possible sans qu’il soit besoin de nous déplacer. Un téléphone portable suffit. Tout cela se résume à une histoire d’eau…

Une histoire de sourcier

Puisque nous sommes à l’approche des « fêtes » (hum, tu parles de fêtes, toi!), je vais vous raconter une histoire vraie. Une histoire de sourcier. Le témoignage que l’un d’entre eux vient de poster sur un forum dédié (pas aux histoires mais aux sourciers).

Ludovic débute dans sa recherche sourcière. Mais il a bien appris. Cette fois, c’est pour de vrai. Il doit aller chez un client et lui trouver l’emplacement où creuser un puits.

Ludovic arpente le terrain avec ses baguettes. Au bout de quelques passages à pas lents, il pense avoir trouvé deux veines d’eau qui se croisent. C’est idéal pour creuser un puits. Il en informe le client en lui précisant qu’il devrait trouver de l’eau entre 12 et 13 mètres de profondeur. Le client, tout heureux, va chercher un piquet qu’il plantera à l’endroit précis indiqué par le jeune sourcier. Au septième coup de massette, le piquet cogne sur une pierre. Le client tente sa chance quelques centimètres plus loin. Ça n’aura pas d’incidence sur la position du forage. Mais, là encore, le piquet trouve un obstacle. Le client décide alors d’aller chercher une pioche. Il enlève la terre sur quelques centimètres. Ce n’est pas une pierre mais une dalle de béton. Elle est carrée. C’est même une trappe. Il essaie de l’ouvrir, mais rien à faire. Il s’en occupera plus tard. Il remercie le sourcier et lui promet de lui donner des nouvelles. Si je n’ai pas de l’eau, j’aurai peut-être un trésor, rit-il.

Ce n’est que dans la soirée que le client téléphone au sourcier. Ça y est, j’ai réussi à ouvrir la trappe ! Figurez vous que c’est un puits qui avait été condamné. Et vous savez quoi ? L’eau est à 12,80 mètres !

Pour tout trésor, le client a trouvé l’eau qu’il cherchait. Pas mal pour un débutant de sourcier, non ? Quelques décennies avant lui, un autre sourcier avait arpenté le même terrain, sa baguette de coudrier en mains, pas à pas, et avait annoncé qu’au même endroit se trouvaient deux veines d’eau souterraine qui se croisaient à 12 ou 13 mètres de profondeur.

Les esprits étriqués crieront à la coïncidence, la chance, le hasard, voire même au menteur ou au charlatan. J’appartiens à ceux qui pensent que des choses merveilleuses échappent parfois à la raison et aux revues scientifiques à comité de lecture. 

Il n’est jamais trop tard, dirait la dame à la bûche…

Soudain, alors que nous parlions de mes expériences bizarres sur l’eau, un copain me demande si je connaissais la série Twin Peaks (1990, réalisation David Lynch). Non, jamais vu. David Lynch, je porte sur lui un regard relativement bovin. Je ne fais pas partie des fanatiques de Mulholland Drive. Mon esprit est davantage Straigt Story. Logique. Mais devant l’enthousiasme du copain, j’ai été curieux. Et me voilà désormais fan inconditionnel de Twin Peaks, avec 30 ans de retard. Un univers décalé, ludique, qui veut faire peur et faire rire.

Cette année 2020 aura vu entrer un autre film dans mon panthéon cinématographique : Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman. Pas étonnant avec tout ça que j’affectionne et interroge les bizarreries.

Parfait, mon Général !

J’ai le droit de dire que j’ai été heureux ? Oui, je sais, la période ne s’y prête pas vraiment mais j’ai tourné mon dernier jour dans Le Bruit des Trousseaux de Philippe Claudel, pas plus tard qu’hier. Nous étions dans la prison de Clairvaux, une prison historique de longues peines. Elle fermera bientôt.

Dans le film, j’avais un petit rôle. Celui d’un prof de math. Mais de ces petits rôles dont je disais qu’ils se remarquent. Un personnage mystérieux, étrange, voire comique par moments. Quand on le voit débarquer, on se demande ce qu’il va nous pondre.

Ce fût un tel bonheur de me retrouver sur un plateau de tournage, dirigé par Philippe Claudel, aux côtés de Cyril Descours. On avait beau être masqués (pas pendant les prises, bien sûr), ils étaient loin, le Covid, Macron, Castex, le couvre-feu, les Noël à 6. On a même parlé sourciers.

Nous étions logés à Colombey-les-Deux-Eglises, lieu de pèlerinage des gaullistes et des politiques en quête de caution. 

Cette année relativement très pourrie se termine de très belle manière pour moi.

Anomalie dans les chiffres Covid

Je ne suis ni épidémiologiste, ni statisticien. Mais j’aime la science et la statistique. Et je ne me fie pas à l’avance aux informations que l’on me donne. Plutôt que suivre les titres des journaux souvent trompeurs, depuis septembre, je suis méthodiquement les données Covid à partir des chiffres officiels en appliquant une moyenne mobile à 7 jours sur les hospitalisations, réanimations et décès dans les hôpitaux (hors Ehpad). Je ne veux pas tenir compte du nombre de cas positifs aux tests car ils sont trop relatifs. Au début on ne testait pas, parfois on teste beaucoup, parfois moins et les tests ne sont pas fiables à 100%. Au moins, hospitalisations, réanimations et décès, ça me semble les données les plus « objectives ».

Maintenant, quand on regarde les courbes réalisées depuis septembre, on voit bien que les chiffres se stabilisent à un niveau supérieur que ce qu’il était avant le début de la seconde vague. 

Mais on remarquera aussi une anomalie : la courbe des décès ne ressemble pas à celles des hospitalisations et des réanimations. Elle descend beaucoup moins vite et de façon beaucoup plus aléatoire. Ce qui revient à constater qu’à un nombre égal de réanimations, on meurt davantage. Étonnant, non ?

Hypothèses :

  • on soigne de plus en plus mal le Covid.
  • on met dans les morts du Covid des gens qui meurent d’autre chose.

Et voici la courbe d’évolution en pourcentage par rapport aux chiffres du 27 septembre (ci-dessous). On voit que la courbe des décès (en gris) monte beaucoup plus que celle des hospitalistations et réanimations.

Conclusion :

Le nombre de décès Covid n’est pas une information fiable. Je me focaliserai désormais sur le nombre d’hospitalisations et d’entrées en réanimation.

Eau et conscience, je révèle ma découverte

Je m’inquiète un peu pour la révélation de ma découverte sur l’eau. Elle est à la fois toute bête et incroyable. Incroyablement bête, diront certains. Bêtement incroyable, je dirais. Oui, bêtement incroyable car le moyen de montrer l’existence de ce phénomène est à la portée de tous. Les courbes de mesures sont d’une lecture enfantine. Mais le souci est que nous sommes dans une période de conflit entre la population et la science. Celle-ci semble liée à des intérêts financiers, rongée par des dogmes incertains et des tabous intellectuels. De l’autre côté de la tranchée, on a une population prête à croire aveuglément n’importe quoi et n’importe qui. La vérité (qui n’est qu’un bidule théorique complètement limité dans le temps) se situe dans l’espace entre les deux tranchées. C’est bien là le problème : c’est la zone de tirs. La vérité est malmenée de tous côtés et les gens qui ont gardé un peu de raison sont complètement perdus et ne savent plus que penser.

Alors, bien sûr, je sais que le réflexe scientifique face à ma découverte se résumera à une pichenette dédaigneuse. Je sais aussi que les gobeurs goberont sans aucun esprit critique. Mon malheur est de vouloir m’adresser aux êtres raisonnables qui, désormais pris dans le feu nourri des fayqueniouseurs en tous genres et des militants scientifiques, nourrissent a priori la plus grande méfiance. Autant faire l’autruche, c’est plus sûr. Le contexte n’est donc pas favorable à ce qu’un comédien fasse une découverte scientifique qui remet en question des grands principes scientifiques consensuels sans risquer de se voir jeté dans la corbeille des complotistes et autres charlatans.

Je ne pensais pas le faire en commençant à écrire mon article du jour, mais je vais vous montrer une vidéo qui raconte les principes de ma découverte. Je vous préviens, ça va vraisemblablement tellement bousculer votre entendement, que vous allez avoir le réflexe de vous dire que je suis complètement fou. C’est normal. On appelle ça la sidération. Quand on fait face à un truc incroyable, on dit que son auteur est fou, voire dangereux. Mais, si vous le voulez, je peux vous donner les moyens de vérifier par vous-mêmes.

Si vous voulez aller plus loin, je mets le lien d’un site que j’ai créé afin de monter un groupe de recherche : https://recherchealternative.weebly.com Vous y verrez dans la page « invention du doubleYou » une étude menée en février dernier avec 20 personnes.

Pour finir, je veux mener une expérience à grande échelle en janvier. J’aurai donc besoin de volontaires. Avis aux curieux et aux amateurs.

D’ici là, si certains veulent essayer, je vous offre une courbe née de vos activités, quand vous le voulez.

Effacement de manif

Je n’étais pas à la manif de samedi mais il est évident que le phénomène Black Blocs gâche un peu la fête. La population dans sa globalité ne retient de la manif que le merdier ambiant. On en a oublié pourquoi on manifestait.

Cher Black Bloc, tu es beau, tout en noir. Tu penses que la société est dans un tel état que le seule solution est de tout casser. Dans ce cas, je t’encourage à organiser des manifs non-autorisées avec tes copains et de tout casser. Ce n’est pas à toi de décider du degré de violence d’un manifestant lambda. En décidant qu’il faut infiltrer toutes les manifs pour tout pourrir, quitte à annuler l’effet de la vraie manif, tu te comportes en petit dictateur qui impose aux autres, doublé d’un lâche manipulateur qui instrumentalise un mouvement social.

L’effet que cela produit est simple : plus personne n’aura envie de descendre dans la rue. L’État peut à loisir pointer du doigt les désordres pour asseoir son régime autoritaire. Les baisés, ben, c’est nous tous.

Et puis, de toute façon, que tu veuilles nous priver du droit de manifester, au bout du compte, ça n’a pas grande importance. Regarde les manifs contre la loi travail, déjà réprimées à coups de LBD. À quoi elles ont abouti ? Au maintien de la loi travail et à l’élection de Macron.

Sur le fond, il y a sans doute de quoi réfléchir, s’interroger sur l’utilité de manifester ou pas. Mais sur la forme, c’est clair que tu as tout faux.

Dans le Bruit des trousseaux

J’ai l’honneur, le plaisir et l’avantage de tourner dans Le bruit des trousseaux de et par Philippe Claudel. J’y joue un prof de math (prof de prison). Le héros est joué par Cyril Descours (que l’on pourra voir au théâtre du Palais Royal dans Edmond d’Alexis Michalik). Autres compagnons de jeu, Olivier Cruveiller et Saïda Jawad.

Si, généralement, le réalisateur imprime sur toute son équipe un état d’esprit particulier, pour Philippe Claudel, c’est la bienveillance. 

Soit je suis toujours tellement content de tourner que je trouve à chaque fois tout le monde sympathique, soit j’ai de la chance. Sans doute un mélange des deux.

Pour un premier jour de sortie de plus d’une heure…

Alors, j’y étais. Il faisait beau. Coincé plus d’une heure rue Faubourg du Temple tellement il y avait de monde. Plutôt joyeuse, la manif.

Petit moment magique : un copain m’appelle. Je n’entends pas le téléphone dans ma poche mais je me cogne à lui (pas au téléphone, au copain !).

Je ne sais pas si la télé dira qu’il y avait beaucoup de monde, mais les premiers arrivaient à Bastille que la place de la République était encore pleine de monde.

Non à la loi « sécurité globale » !

Profitons-en !

C’est un jour un peu particulier. Aujourd’hui, on a le droit de dire que les violences policières existent et que les rapports qu’ils nous font signer en garde à vue sont très souvent archi faux. On a le droit de penser que la loi « sécurité globale » qui veut encadrer la diffusion des images de policiers en action est une nouvelle loi liberticide et la marque de la dérive de l’état vers un régime autoritaire. On a le droit de dire qu’on a parfois envie de se protéger contre la police. Alors j’en profite.

J’espère que ça va tenir jusqu’à demain car je compte bien manifester avec la marche pour les libertés.

Instantannés

Moment 1, Paris, rue d’Avron, 24/11/20, 11:30

Plaquée au mur, fouillée au corps, bretelles de salopette secouées et pendantes, la jeune femme ne dit rien. Quatre hommes en uniformes plus ou moins officiels. Vous voyez, il suffit de le mettre, le masque ! dit l’un d’eux avec le ton de celui qui est obligé de mal se comporter à cause de la négligence du coupable. 

Moment 2, Nancy, 24/11/20, 23:24.

Dans la nuit froide, sous de pâles réverbères embrumés, accrochés à des silhouettes hésitantes, des sacs à dos épient les portes coulissantes des hôtels chics en manque de clients.

Moment 3, Banlieue Nancy, 25/11/20, 12:23

Mon plaisir d’acteur consiste à faire claquer un journal sur le coin d’une table, à l’instant juste. Il n’y en a qu’un et il ne dure qu’un dixième de seconde.

Moment 4, Nancy, Vitrine du Printemps, esplanade de la gare, 25/11/20, 17:18

Ce n’est qu’au moment où je me suis demandé s’il y avait une photo à faire, que j’ai vu le reflet du ciel.

Festival international Tous Courts en ligne du 1er au 6 décembre

Je fais partie du jury du 38ème festival international Tous Courts d’Aix-en-Provence. Je me faisais une joie de m’y rendre mais, Covid oblige, on fait ça en ligne.

Ayant déjà visionné un grand nombre de films (5 programmes sur 10), je vous invite à en faire autant entre le 1er et le 6 décembre. Vous avez accès gratuitement à plus d’une cinquantaine de films et je peux vous assurer que cette édition est un grand cru. J’y ai vu des films drôles, émouvants, rageurs ou amoureux. Du cinéma de tous horizons.

Je n’aime jamais trop cette place de jury dans laquelle on fait des choix collectifs et dont ne doivent émerger que 3 prix. Il y a toujours une part d’injustice dans les choix. Mais, être sélectionné dans ce festival est déjà un gage de grande qualité et l’assurance pour les réalisateurs qu’ils pourront poursuivre leur chemin (festival catégorie 1, ça compte pour l’obtention d’aides futures).

Pour votre plaisir et pour la possibilité de voir ce qu’il se fait de par le monde en termes de court-métrages, n’hésitez pas à vous connecter à partir du 1er décembre à la plateforme : https://festivaltouscourts.kinow.tv/fr/

Si tout va bien, le jury viendra à Aix pour la 39ème édition.

Les bons comptes

Je n’étais pas à la manif d’hier contre la loi sécurité globale, mais il y avait beaucoup de monde, malgré le confinement et tout et tout.

Comme vous le savez, je n’ai pas la chance d’être complotiste. Néanmoins, je profite de ce petit billet pour vous transmettre les courbes hospitalisations/réa/décès.

Comme je vous l’avais expliqué, les chiffres donnés par la presse ne reflètent pas la réalité puisque qu’il y a un biais de remontée des données et un autre lié aux pratiques hospitalières. Avec ces données annoncées quotidiennement, on a toujours des chiffres très bas le week-end, les chiffres les plus élevés le mardi et le vendredi et des chiffres qui descendent les mercredis et jeudis. J’ai donc choisi d’appliquer chaque jour une moyenne mobile sur une semaine. Avec cette technique qui est la plus proche de la réalité de l’évolution de l’épidémie, on voit que les courbes ont atteint leur pic entre le 6 et le 10 novembre (plus tardif pour les décès, normal). Ce n’est pas pour dire qu’il n’y a pas de Covid. Il s’agit juste d’avoir les outils qui témoignent réellement de son évolution et permettent de ne pas uniquement se fier aux gros titres des média.

Sinon, tout va bien.

À Nancy, ça confine sévère

Tellement heureux de tourner sur un beau projet, un réalisateur de haut niveau, des collègues de poids.

Le seul truc qui a un peu déconné, c’est avant le tournage. Trouille bleue. Scène difficile. Insomnie 2 jours avant. Puis Nancy confinée, ville morte.

Mais le reste, le plateau, un grand bonheur. Sauf la répétition, bien sûr, raide comme un piquet, tremblant comme une feuille, bafouillant. Avec un tel départ, certains ont pu craindre le pire. Moi-même, dois-je avouer, je sentais l’horizon s’embrumer. Et puis c’est sorti, comme il fallait.

À la remorque

J’avais de la vieille laine de verre à évacuer. La déchetterie est ouverte. C’est au moment de remplir l’attestation de déplacement que je me suis rendu compte que, bien que la déchetterie soit ouverte, que je n’avais pas le droit de m’y rendre. Ok. Donc, je vais enfreindre la loi et cocher la case achats de première nécessité. Pas foutu de voir qu’il y avait une case prévue pourtant à cet effet : se rendre dans un service public.

Arrivé sur place, j’appréhende le moment de manœuvrer. Pour un parisien, faire marche arrière avec une remorque, c’est toujours une épreuve de Fort Boyard. Comme la benne « laine de verre est tout à fait au fond, dans un coin difficile à la manœuvre, je décide de me garer sans gêner et de détacher la remorque pour la tirer manuellement devant la benne. Comme avec moi les décisions sont le plus souvent suivies d’actions, je traine la remorque et je vide ma laine de verre. La remorque en était pleine.

C’est au moment de ramener la remorque à la voiture que les dames de la déchetterie, les déchettières, quoi, s’approchent de moi. Ne me dites pas que vous avez jeté votre laine de verre ici !? Ben si, avec mes histoires de décision/action, entre les deux, je me suis trompé de benne.

Tenez, prenez cette perche et mettez tout au bon endroit ! Et me voilà parti pour une bonne demi-heure de transfert de rouleaux de laine de verre, jouant l’équilibriste ici, manquant de tomber dans la benne là ou laissant tomber la laine en dehors des bennes ailleurs. On appelle ça une galère. Mais comme il faisait beau, j’ai pris ça comme un jeu de pêche à la ligne dans les fêtes foraines. En plus, c’est gratuit.

Oui, ce matin, j’ai décidé que j’en avais marre de parler de la condition humaine dans la société française et que, vu ma place dans cette dite société, il valait mieux me cantonner à raconter des choses plus factuelles qui donnent la mesure réelle de qui je suis.

HOLD-UP sur la coiffeuse

J’avais des essais auto-filmés à faire pour un rôle dans un téléfilm. Un gendarme. Et comme j’ai préféré aller au cinéma plutôt que chez le coiffeur, le dernier jour avant le confinement, j’avais une putain de tignasse et une barbe qui ne convenaient pas. En l’absence de coiffeurs, j’ai moi-même opéré à une coupe, en m’appuyant sur de nombreuses années d’observations dans le miroir du salon de coiffure.

À peine ma coupe terminée, je reçois un sms de la coiffeuse du tournage vers lequel je m’envole la semaine prochaine : « pouvez-vous m’envoyer une photo de vous du jour et accepteriez-vous que je coupe cheveux et barbe si c’est utile ? ». J’ai donc fait un selfie illico et attendu le verdict. « Ok, c’est parfait comme ça ! ». 

J’ai donc pu enchainer avec mes essais filmés la conscience tranquille, me disant même que j’aurai l’avantage de la coupe de cheveux par rapport à mes concurrents.

J’ai enlevé le reste de l’article car, dans notre monde binaire « c’estbienc’estpasbien », mieux vaut fermer sa gueule quelques temps…

Chiffres suite

Alors, au vu de ce que j’ai lu dans les commentaires précédents, on peut en conclure que les chiffres journaliers ne sont pas exacts. Il y a un effet week-end qui est dû au système de reccueil des données.

Une solution simple m’est alors apparue : Pour chaque jour, faire la moyenne sur une semaine. On obtient ainsi des courbes plus cohérentes et qui reflètent mieux la réalité.

Courbes moyennes sur 7 jours du 27/09/20 au 08/11/20

Sur ces courbes qui appliquent cette technique simple on peut en effet constater qu’il y a une inflexion des chiffres. La progression est en train de ralentir sérieusement.

Hypothèse 1 : ce n’est pas l’effet de confinement qui se fait ressentir mais l’effet couvre-feu précédent. Dans ce cas, on ne va pas tarder à sortir du confinement et on sera libre avant Noël.

Hypothèse 2 : L’effet d’une mesure ne se mesure pas sur deux semaines mais sur 5 jours. Dans ce cas, c’est l’effet confinement qui est mesuré. Dans cette hypothèse, la courbe devrait baisser très vite.

Hypothèse 3 : le virus n’en a rien à foutre des mesures et fait comme bon lui semble. On fait des corrélations abusives en reliant la courbe aux mesures. Cette hypothèse est passible de délit de complotisme.

Une question à propos des chiffres

Bon, histoire de montrer que je ne passe pas ma vie devant mon ordi, l’illustration raconte que je suis allé en forêt (hier après-midi) et que j’y ai trouvé un joli cèpe. Mais bon, voici une question qui me taraude l’esprit depuis pas mal de temps et je compte sur vous pour m’apporter les réponses.

En observant les courbes du Covid, j’ai remarqué depuis longtemps qu’elles formaient des dents de scie régulières. Curieux de voir de quoi il retournait, j’ai rassemblé les données de 6 semaines, du 21 septembre au 2 novembre, en les classant par jour de la semaine. Et j’obtiens ceci :

Ce qui me surprend, c’est que l’on va davantage à l’hôpital, en réanimation ou que l’on décède surtout le mardi et le vendredi. En revanche, le week-end, on en profite visiblement pour éviter l’hôpital, la réanimation et le dernier souffle.

Hypothèse 1 : Les hôpitaux ne sont pas foutus de sortir des chiffres en fin de journée le week-end. Dans ce cas, il serait pas mal de faire une collecte participative pour leur payer un système informatique assez simple qui sorte les données en un clic.

Hypothèse 2 : Les services de l’État n’ont pas les moyens de traiter les informations le week-end. Alors embauchez ! Et arrêtez de nous sortir des chiffres qui ne sont pas le reflet de la réalité.

Hypothèse 3 : On est extraordinairement conditionnés culturellement par le rythme hebdomadaire et nous évitons de mourir le week-end, histoire de profiter d’un dernier pour la route.

Morale : Si vous suivez les chiffres quotidiennement, ne croyez pas que, parce que ça baisse du vendredi au dimanche, vous êtes sortis d’affaire. Une claque vous attend toujours le lundi, suivie d’une plus grosse le mardi. C’est sur la durée que les courbes parlent.

Pour ceux qui ne croient pas à la seconde vague, regardez juste les petites courbes bleues et rouges et vous aurez une idée.

J’attends donc tous vos éclaircicements pour trancher définitivement entre les hypothèses 1, 2 ou 3.

Lettre à un copain de gauche (s’il en reste)

Si tu veux, il y a encore 2 ans, quand on ramenait sa gueule, c’était pour critiquer une loi, une décision, une attitude, la répression. On était proche d’un courant politique dans lequel on se reconnaissait. Bref, on avait des repères. On connaissait les méchants. À chacun ses méchants, bien sûr, mais il n’y en avait pas tant que ça.

Mais là, tu vois, il se passe un truc chelou. Les gens se méfient de tout et de tous, n’ont plus confiance en la politique, en rien. Et quand il n’y a plus de confiance en rien, les gens, ils installent le premier dictateur qui passe. 

Pour nous, les mecs dits de gauche, on avait le Poutou ou le Mélenchon. Mais qu’en reste-t-il du Mélenchon aujourd’hui, des Insoumis ? Oh, ils sont là, bien sûr. Tu as le Ruffin qui ne manque pas une occasion de montrer qu’il est hyper gentil et super en colère contre ces gens qui ne connaissent même pas le prix d’un kilo de pâtes. 

Non, tout ça c’est fini, c’est totalement passé de mode. Et la bestiole n’a pas arrangé le truc. On est tellement gouverné à vue, à coups de com, que plus grand monde se sent représenté. 

Tu trouves pas dingue comme ils se barrent tous dans des délires ? La pensée politique est en train de devenir de la science-fiction. Sans déconner, pour les nouveaux révolutionnaires, la dictature, c’est porter un masque, Bill Gates veut tuer tous les pauvres, Trump est un mec bien, ils ont peur qu’on les vaccine de force pour leur mettre des puces (comme s’il était question que ce soit obligatoire. Ça va être obligatoire ?)… bref, la pensée est en train de se barrer en couille, on dirait. Ça vire au grand n’importe quoi. T’as vu le dernier truc ? Le virus serait sorti d’un laboratoire chinois, c’est sûr maintenant. Comme si j’en avais quelque chose à foutre qu’il sorte d’un labo ou du cul d’une fouine !

Tu crois pas qu’on devrait se virer d’Internet ? C’est là que ça dérape, qu’ils partent en vrille. Qu’on part en vrille, tous.

Pour nous, c’était pas trop compliqué. T’avais ceux qui s’engraissent sur le travail des autres et leur consommation d’un côté et tous les autres, dont 90% s’appauvrissent et à qui on rabiote des droits chaque jour. C’est plus vrai, tout ça ? Ben on dirait. C’est vrai que t’as les GAFA, maintenant. Mais les GAFA, c’est quoi ? Ben c’est Carrefour d’hier, en plus développé. Ils continuent le boulot : se faire du pognon sur la consommation de masse. T’as d’autres personnes qui pensent que le problème c’est les étrangers qui bossent au black, touchent des allocs et le RSA, tout ça pour nous tirer dessus à la fin. Je rigole pas, on en est là de la pensée.

Tu sais quoi ? On est en train de redevenir des bêtes, de simples animaux.

J’ai bien peur qu’on soit bientôt obligé de se contenter de ronchonner autour d’un verre de rouge, sur un ponton en bord de Garonne. Sinon, ils finiront par nous foutre en taule pour terrorisme.

Et le Covid, j’en pense quoi ? Ben, là, je sèche un peu. Quand les nouveaux penseurs disent que la mortalité est exagérée, je dis peut-être. Mais je regarde les courbes, tu me connais. Non, ce qui semble évident, c’est qu’ils flippent de n’avoir pas les moyens de soigner dans les hôpitaux. À cause de leur politique et de celle de leurs prédécesseurs. Ils n’ont pas le temps de former des médecins et des réanimateurs. Il faut faire avec ce qu’on a fabriqué. Je crois que ça se résume à ça. Quant à leur confinement où en même temps on travaille ou on va à l’école et on reste chez soi, ‘faudra m’expliquer la logique. Mais j’y connais rien. Je ne suis pas charcutier.

Il manque peut-être un paragraphe

Ça y est, ça se concrétise. Je pars bientôt en tournage. Bon, je vais quitter le confinement pour tourner en prison. Oui, comme dans Intra-Muros. La prison me colle à la peau. Mais je m’en fous, ça va faire du bien de jouer, faire son boulot, malgré tout ça et tout ça. 

En attendant, j’avance encore dans l’écriture du bouquin pour lequel l’éditrice m’a fait des retours très encourageants. Je vais en être fier de ce bébé-là.

Je me demande si je rajoute un paragraphe. Mais non. Quand je fais ça, généralement ça se barre en couille. Alors j’en reste là pour aujourd’hui.

Ils ont voté !

Que les Américains se déchirent pour savoir qui de Trump ou Biden a gagné, on peut le comprendre. Trump est un gros gamin méchant, menteur, capricieux et bêta. Ça, semble-t-il, c’est pas un souci, là-bas. On peut s’identifier. Le mec, il est président de la plus grande puissance et il passe sa vie sur twitter à gueuler et balancer des conneries plus grosses que lui. Il vient de signer un décret pour licencier des milliers de scientifiques, tellement il est con et ne supporte pas d’être contredit. Le mec, il est président des Etats-Unis, et avant même la fin du dépouillement, il se déclare vainqueur (comme n’importe quel dictateur) et il accuse l’opposition de tricher (comme n’importe quel dictateur). Bref, on pourrait en faire des pages sur ce malade mental.

Mais ce qu’il y a de plus fort dans tout ça, c’est que je lis sur mon mur Facebook qu’il y a des gens, en France, parmi des connaissances, qui soutiennent Trump !

On me dira que Biden, c’est un peu comme Ségolène Royal face à Sarko en 2007. C’est vrai qu’on peut s’interroger pour ce choix fait par les démocrates. Mais si l’Amérique était de gauche, ça se saurait. Évidemment que Biden, c’est pas un héros. Qui s’attend à ce qu’il apporte le moindre changement ? Au moins ne passera-t-il pas son temps à injurier tout le monde. Et, rien que pour ça, pour un peu de calme, on a envie qu’il soit élu, juste histoire d’éteindre le haut-parleur à conneries qui hurle à longueur de journée. Juste un peu de repos.

Comme les gens qui soutiennent Trump en France sont les mêmes qui s’indignent contre le masque et les vaccins, on est en droit de se poser la question de qui ils vont nous mettre au pouvoir en 2022. Oui, elle est blonde et aussi con que Trump. Vous devinez ? La démocratie à la Facebook et aux délires en tous genres.

Trump-Biden, de toute façon, qui gouverne ? L’autre imbécile, qu’a-t-il fait en 4 ans en dehors de mentir et gueuler sur twitter ? Et l’Amérique ne s’est pas effondrée. Les plus pauvres ont perdu des droits, on a construit des morceaux de murs. Mais à part ça ? À quoi bon perdre son temps à défendre ce personnage de BD ? J’en sais rien. Mais c’est plutôt rigolo, au fond. Comme des bulles de savon.

Installation 2 – La chasse aux mots sages

Installation 2 – La chasse aux mots sages

Puisqu’on préfère autoriser la chasse plutôt que la lecture, voici l’idée d’une installation interactive forestière.

  • Une forêt
  • Des spectateurs équipés de gilets jeunes, casques reliés à des pistolets-micros et viseurs zoom montés sur pieds, sièges pliants.
  • Le groupe de spectateurs part en forêt.
  • Dans certains arbres, des photos agrandies sont perchées, ou bien des personnages sculptés, ou bien des acteurs. 
  • À chaque arbre habité par ces objets, de petits haut-parleurs diffusent des voix enregistrées qui parlent doucement. 
  • Elles disent des textes forts et apaisés, sans colère, qui nous aident à construire nos lendemains meilleurs. La parole est claire, intelligente et sage. Il peut s’agir de textes anciens comme de paroles contemporaines, parfois de la poésie. Des choses qui font du bien d’entendre. Pas du positivisme gnangnan. De la pensée lucide et sage. Mais, comme la sagesse n’interdit pas l’humour, les textes peuvent être drôles, voire comiques.

Ainsi, le spectateur-chasseur part à la chasse à la parole sage, avec son petit siège et son micro. Libre à chacun de rester en groupe ou de partir dans une chasse solitaire, d’écouter ce qu’il veut, autant qu’il veut et de préférer chasser des sons d’oiseaux.

La chasse aux mots sages doit être une expérience forte, transformante, revigorante, relaxante. Un bol d’air physique et intellectuel.

Gestion de crise

Le Professeur Santé : C’est pas compliqué. Quand les gens sont sans masque et agglutinés, ils se contaminent. Ça va poser un problème avec les lits de réa.

Le premier ministre : Y a qu’à confiner !

Le ministre des finances : Pas possible, si on confine, on coule.

Le ministre des voies ferrées : il faudrait fermer les bars et les restaus.

Le président : pas possible, ils sont trop médiatiques et manifestent.

Le premier ministre : on n’a qu’à dire qu’on confine sauf qu’on dit aux gens d’aller bosser et, pour pas les emmerder, on laisse les écoles ouvertes.

Le professeur Santé : Mais… c’est pas un confinement, ça. Le virus va circuler encore…

Le premier ministre : Non, c’est un couvre-feu avec les bars fermés. Mais on annonce confinement. Hé hé hé hé !

Le ministre des voies ferrées : On laisse le petit commerce ?

Le premier ministre : ben non, sinon les bars y vont gueuler.

Le ministre des voies ferrées : pas con.

La secrétaire lève la main.

La secrétaire (Sonia) : Comme la solution c’est de porter le masque, il suffit d’interdire toutes les situations où les gens sont nombreux et sans masque. Du coup, théâtre, ciné, librairies, petits commerces, tout ça peut continuer. Pas de couvre-feu, pas de confinement .

Le président : (à la secrétaire) Ta gueule ! Messieurs, la séance est levée ! (à la secrétaire) Sonia, appelez Bezos et passez-le moi !

Sortie avant confinement

Pendant que des files interminables de voitures se ruaient vers le PQ, nous sommes allés au cinéma pour y voir l’excellent film coréen de Hong Sang-soo, La femme qui s’est enfuie. Parce que dans les commerces de première nécessité, il devrait y avoir les librairies, les cinémas et les théâtres (ce ne sont pas des lieux de contamination), les galeries d’art…

Que penser de ce confinement dans lequel les gens doivent aller travailler puis s’enfermer ?

Je dois avouer que je ne suis pas du tout convaincu de la façon dont l’état gère les crises de Covid et de terrorisme. En même temps, quand j’écoute la droite d’opposition, je n’entends pas mieux. Quand j’entends la gauche… ben, je dois avoir quelque déficience auditive car je ne l’entends pas.

J’entends ici une voix qui s’élève pour m’interpeler : « c’est bien beau de critiquer, mais qu’est-ce que tu proposes ? ».

J’ai plein de choses à proposer. Mais je préfère les garder pour mon entourage direct plutôt que les livrer à l’envi sur le grand réseau. Il ne fait pas bon proposer par les temps qui courent.

Bonne nouvelle (en attendant la suite)

J’écris cet article en attendant le discours de 20 heures. Aucune surprise à attendre puisqu’on sait déjà vers où on va.

En attendant, ce matin, j’ai eu une bonne nouvelle : je suis pris sur un téléfilm avec un bien joli second rôle. Ça me fait d’autant plus plaisir que j’aime le personnage et le film et que… je n’ai pas eu à passer de casting. Oui Madame. J’avoue que je ne suis jamais meilleur que quand je ne passe pas d’essais.

Je me jette à l’eau

Ça y est ! Je viens d’envoyer la première version à ma productrice du documentaire que je veux réaliser. Il s’appelle Je me jette à l’eau.

C’est sans doute parce que je suis en période d’écriture sur un sujet qui demande une approche scientifique que je ramène moins ma fraise à tout va sur les réseaux sociaux. En même temps, autant il est facile de gueuler contre telle réforme, contre telles violences avérées, autant il est difficile d’étaler des avis sur ce que nous vivons. D’un côté il y a des faits incontestables et de l’autre, des avis scientifiques dont on a appris qu’ils étaient contradictoires, des décisions politiques qui tiennent du tâtonnement maladroit et un virus dont on ne sait pas ce qu’il nous prépare encore. On ne peut que s’appuyer sur des courbes pour nous faire notre propre idée. Et ces courbes, indéniablement, elles montrent que c’est un peu la merde. 

Alors, vociférer contre les masques, les vaccins, la dictature ou l’opportunité d’un couvre-feu à 21 heure, tout ça me semble un peu vain et pas très à propos face à de telles inconnues.

Non, je ne change pas. Je m’appuie toujours sur des faits.

Coup de vent

« Il y a un problème avec la communauté Tchétchène ». Qu’est-ce qui lui a pris à Mélenchon ? Pas besoin d’avoir fait science po pour deviner pourquoi il a pointé du doigt l’origine du monstre. Stratégie digne des Le Pen. Il voulait mettre l’accent sur Tchéchène plutôt que sur islamiste, sans se soucier de ce que cela signifie de désigner une communauté. Dans ces circonstances, contre la connerie ambiante, on doit mesurer son langage, choisir les mots justes qui pointent avec précision les responsabilités.

Quant aux cris de la droite (et de son extrême), ce sont les mêmes depuis des décennies. Les solutions qu’elle propose ne suffiront pas à résoudre le problème. Sans doute l’aggraveront-elles, même. Pour ce qui est des gesticulations médiatiques du gouvernement, on en a l’habitude : pour En Marche, la solution aux problèmes, c’est agiter les JT de mesures improvisées.

On se prend à rêver d’un couvre-feu de la parole politique. Lassitude d’entendre ces Kaa (le serpent du livre de la jungle) qui ne parlent que pour séduire leurs électorats respectifs, au mépris de la pensée la plus élémentaire.

Je dis ça sans colère ni amertume. Au fond je m’en fous. Je fais la sieste et je vaque en attendant d’avoir le loisir d’entendre une parole sage. Mais vu le mépris avec lequel on a traité les travaux de la convention citoyenne pour le climat, je crois qu’on a le temps.

Je vais redresser les pans de la clôture bousculés par le vent. Agir sur la matière avec ses petits bras, c’est bien ce qu’il nous reste de plus sage.

À la manif

Je suis arrivé un peu tôt à la manif en hommage au professeur décapité. La place de la République était encore clairsemée et une manif de contestataires Algériens prévue de longue date avait été maintenue pour marquer son soutien au peuple Français face au terrorisme islamiste.

Je me suis dirigé au son des voix qui parlaient fort, pour entendre ce qui se disait ici ou là. Ici, un prof se plaignait en criant que ses collègues gauchistes du SNES ne se mobilisaient que pour faire taire la contestation populaire contre l’islam. Ailleurs, quelques racistes ne se gênaient pas pour s’exprimer avec leur humour hitlérien. Là, c’étaient des musulmans qui produisaient une parole forte contre le terrorisme et le détournement mortifère d’une religion par des assassins sans humanité. La parole du dernier faisait du bien. Elle était claire, limpide, sans ambiguïté.

C’est sans doute cette parole publique qui nous manque le plus aujourd’hui si l’on veut sortir des clivages haineux, tant du côté des islamistes que de celui des nationalistes. Il n’y a pas 2 camps. Il y a aussi celui de ceux veulent avancer et trouver des solutions à la fois fermes et pacifiques.

Néanmoins, pris dans ces faisceaux contradictoires et souvent incompatibles, j’ai préféré applaudir en hommage au prof d’histoire et repartir tranquillement.

Tournage hier, manif aujourd’hui

Hier, je tournais. Et c’était chouette ces scènes dans le court-métrage de Francis Magnin. Une comédie romantique, légère et émouvante. Pablo Pauly, super camarade de jeu. Thomas Blumenthal, tellement étonnant. Le film s’est fait avec l’investissement d’une production et des coups de mains très professionnels ici ou là. La comédie romantique, c’est vrai que ça ne fait pas très sérieux. Pas de message politique, pas de dénonciation ni de critique. Juste des jeunes qui essaient de piger deux ou trois trucs de l’amour au sens le plus futile. Ne reste qu’à souhaiter un joli succès à ce film qui sort des clous parce qu’il ose la légèreté.

Je devais déserter Paris aujourd’hui mais cet aprem, j’ai manif. Moins romantique, moins comédie notre monde en ce moment. Il est important de le dire en vrai.

En phase

En prévision du couvre-feu, et par dépit de n’avoir plus aucune opinion à exprimer publiquement, je me suis mis à l’électronique. C’est le type de truc qui te prend la tête mais de façon légère, un peu comme quand tu jardines. Ça t’évite juste de penser pendant que tu bosses, mais la nuit, tu n’en rêves pas.

Je dois écrire une première version d’un projet documentaire pour la fin de la semaine prochaine. Ça, ça va prendre autrement plus la tête. Mais j’adore.

Sinon, je sais que je vais toucher 1600 balles de retraite. Je me permets de le dire car c’est pédagogique. Tu veux faire du cinéma ? Ok. Sois technicien !