Manif

manif

13,5 kilomètres ! Voilà ce que j’ai dans les pattes, aujourd’hui. En revanche, on ne peut pas dire que j’ai à proprement parler manifesté. Comme les pauvres habitent dans le nord-est de Paris, le préfet a prévu un trajet dans le sud-ouest et fait fermer toutes les bouches de métro, partout, même aux endroits où un trafic devait être assuré. Ils sont d’un filou, les crétins qui sont au pouvoir !

Du coup, j’avais un casting ce matin. Une heure de marche aller, une heure de marche retour. Arrivé chez moi à 14:00, je n’allais pas me payer un UBER pour aller à la manif. Tu m’étonnes qu’il y ait eu moins de monde.

Pour me consoler, ce soir, je suis allé voir It must be heaven du Palestinien de Elia Suleiman. Un film à la Jacques Tati avec la délicatesse de l’Orient. On en ressort le cœur léger. Le retour à pied est plus facile.

Blaye

IMG_4467

Ce week-end fut donc Blayais. Signatures de Magnétiques, mais aussi Secrets de sourcier ou Si j’étais guérisseur. À ma grande surprise, nous en avons vendus.

Pourquoi une telle surprise ? Pour cause de lucidité. Les sujets qui me passionnent et que je développe dans ces bouquins mais aussi bien au-delà à travers des expériences que je continue, n’intéressent qu’un très très faible pourcentage de la population. On l’éprouve d’autant plus concrètement quand on observe les gens qui passent devant la table. Le plus souvent, c’est un coup d’œil vite fait et ils s’enfuient presque, déjà honteux d’avoir lu le titre. En revanche, les quelques-uns qui s’arrêtent sont au minimum curieux. Une étincelle peut les passionner tant ce que racontent ces phénomènes est incroyable et vertigineux.

Par moment, je m’éclipsais pour aller voir la gueule toujours changeante de l’estuaire.

À Blaye, je n’y vais pas pour vendre des livres. Juste pour revoir les copains instituteurs qui organisent la manifestation depuis 27 ans, passer du temps avec Fredéric Dufourg de la librairie Olympique et faire vibrer les souvenirs de théâtre que j’ai vécus dans cette citadelle dans les années 90.

Il n’y a pas que le gilet qui est jaune

diab

C’est un comble. Hier, je n’ai pas manifesté.

D’une part, je n’étais pas à Paris et, d’autre part, j’avais un dossier compliqué à rendre aujourd’hui pour un long-métrage. Très à la bourre, j’ai fini par le mettre en ligne 13 minutes avant la fin des inscriptions. Mais, second comble, le film est une comédie sociale qui traite de l’importance de manifester. Encore un artiste qui se dit de gauche, parle beaucoup mais n’est pas là quand il faut affirmer concrètement ses idées.

Bien noté les infos ? Pas manif. Travail sur film. C’est tout ce que je voulais dire pour aujourd’hui.

Ah non. Je rappelle que ce week-end, je vais signer mes livres à Livres en Citadelle à Blaye. À cause des grèves, il y aura quelques absents. Donc, moins de concurrence. Gnarf gnarf gnarf

Si je continue comme ça, je suis mûr pour En Marche, moi…

Cherche non-sourcier (ère)

IMG_4444

Aujourd’hui, je suis allé signer mes bouquins, Secrets de sourcier, Si j’étais guérisseur et Magnétique dans la librairie-tartinerie du petit village de Sarrant dans le Gers. Tout a commencé par une petite présentation-conférence et s’est terminé par une initiation aux baguettes de sourcier pour une grosse vingtaine de personnes.

Chacun est reparti en ayant vécu de ses mains le mouvement magique des baguettes de sourcier. Six d’entre eux ont même trouvé la profondeur. Pour une première fois en une heure et demie, c’est pas mal.

Nous avons tous adoré ce moment où un grand ado arrivé en retard a dit qu’il ne voulait pas essayer parce que ça ne marcherait pas avec lui. Je lui ai dit que c’était super parce qu’on avait enfin trouvé une personne pour qui ça ne marche pas. Je l’ai donc invité à nous faire la démonstration de ce qui se passait quand ça ne marchait pas. Malheureusement, ça a marché pour lui aussi.

Je vais donc peut-être envisager de parcourir la France pour trouver une personne avec qui ça ne marche pas.

Disons, moins présent…

absence

Je viens prévenir que le blog sera un petit peu silencieux pour quelques temps. Aucun souci de santé, aucune dépression, pas de drame familial, pas de choc émotionnel, pas de, pas de… C’est juste que je vais être très occupé par une activité qui doit rester secrète. Alors, non, je ne monte pas une secte, je n’entre pas dans un groupuscule politique activiste. Rien d’illégal. J’opère juste un revirement radical d’activité. Ça n’a rien à voir avec ce que vous connaissez de moi et ça va m’occuper quelques mois.

Je m’échapperai de ce nouvel emploi du temps pour signer Magnétique à Sarrant, dans le Gers, dimanche prochain et le 7 décembre, je signerai le même au salon du livre de Blaye. Je reviendrai en parler.

Ça me rappelle…

mur

À l’époque où le mur de Berlin est tombé, j’étais à Bordeaux. Nous avions une compagnie qui s’appelait Glapion & Fils avec Martine Pont, Jean-François Toulouse, Philippe Rousseau… Nous avions volé le nom à Jacques Audiberti dont j’étais tombé amoureux de l’écriture. Nous avions monté une de ses pièces (l’effet Glapion, pièce géniale) et confié la mise en scène à Guy Lenoir. Faute de théâtre susceptibles de nous accueillir, nous avions joué dans l’amphi de la fac de Pharmacie, Place de La Victoire à Bordeaux.

Avec Guy et les copains de Glapion, nous avons décidé de hurler haut et fort notre amertume de voir les théâtres institutionnels bordelais interdits d’accès aux artistes du cru. Un directeur du CDN à qui j’avais demandé rendez-vous pour lui dire que j’étais comédien Bordelais et que j’aimerais bien jouer dans son théâtre m’avait répondu d’aller à Paris ou de faire les avant-premières pour faire connaissance. C’est vrai !

Bref, on avait organisé une manif intitulée « le mur du fond du théâtre de la honte ». Nous avions érigé un mur de parpaings devant le grand théâtre.

Auparavant, nous avions imaginé une conférence de presse un peu spéciale : nous avions convoqué des journalistes à un endroit anonyme, en soirée. Nous leur avons bandé les yeux et leur avont intimé l’ordre de monter dans une fourgonnette. Nous les avons débarqués dans un garage d’immeuble et leur avons débandé les yeux. Nous avions mis en scène à la FLNC, avec cagoules et faux fusils pour leur dire nos revendications et annoncer la manifestation. Et tout ça s’est terminé par un coup de rouge, évidemment, des articles et du monde à la manif.

Nous avions bien pigé les règles de la communication. Et le temps a passé, je suis parti à Paris, faute de n’avoir pas accès aux théâtres institutionnels bordelais.

Au cachot !

link

On aura remarqué que j’écris beaucoup moins sur le blog depuis quelques temps. Ce n’est pas que je n’ai rien à raconter, loin de là. La réalité, c’est que l’on m’en empêche.

Ah bon ? Et qui ?

Vous ! Moi.

En effet, j’aurais pu parler de mes expériences en cours (qui sont passionnantes), ou bien de l’affaire Ruggia. Sur la chose, j’en avais des choses à dire. Mais je ne peux les dire. Je ne peux les dire parce qu’on ne peut plus parler de certaines choses sans passer obligatoirement par des cases, en évitant soigneusement les sens interdits. Je n’aurais pas écrit pour innocenter Ruggia, qu’on se rassure (et oui, deux phrases peuvent déjà prêter à confusion). J’aurais essayé de complexifier un peu la chose, de parler des harcèlements qui se pratiquent dans nos professions et qui ne sont pas que sexuels, j’aurais parlé de la SRF, du parcours d’acteurs en lien avec leur engagement, de tas de choses en lien avec la discrimination collective inconsciente et le harcèlement de quelques-uns. Bref, j’aurais fait un long article.

Mais voilà, cet article, je n’ai pas le droit de l’écrire. Rien ne me l’interdit formellement, aucune loi, aucun décret. Mais l’écrire me livrerait encore davantage à l’étiquetage, au catalogage, à l’ostracisation. La prise de position, aujourd’hui, dès lors qu’elle va à l’encontre du folklore langagier du moment entraîne automatiquement le rejet et l’isolement. Le cachot virtuel existe. Dans le cas d’un acteur, il a des incidences professionnelles majeures.

Nous observerons l’évolution de la carrière d’Adèle Haenel à partir de cette histoire. Rien ne peut prédire qu’elle ira dans un sens ou dans l’autre. Les ingrédients sont complexes et antinomiques : d’une part elle se trouve surmédiatisée (ce qui est apprécié par ceux qui financent le cinéma) mais, par ailleurs, elle bouscule l’ordre établi (ce qui n’est pas apprécié par ceux qui financent le cinéma). Rien de dit de quel côté penchera la balance.

À propos de balance, sur mes expériences avec l’eau, je me retrouve dans la position du feu Docteur Benvéniste qui s’est fait dézinguer avec ses expériences autour de la mémoire de l’eau. Idem pour Montagnier qui a pris la relève. On ne touche pas à l’eau ! Du coup, je vais encore passer pour un mec complètement allumé. Ce qui est déjà fait depuis que je communique sur mes expériences. Dire des choses qui montrent les limites des connaissances scientifiques, ouvrir des brèches sur des concepts qui bousculent trop, a pour effet de vous dénoncer comme charlatan, tricheur, ésotériste, bon à brûler. Encore une fois, pas besoin de loi ou de décret ni de méchantes personnes. Ça se fait tout seul, collectivement. C’est de l’ordre du réflexe.

En politique, c’est la même chose. Les Gilets Jaunes sont vécus comme des fachos ou des révolutionnaires violents radicalisés alors que nous vivons le gouvernement le plus agressif socialement quand les patrons du CAC 40 ont enregistré cette année un nouveau record de revenus. Nous vivons à l’envers de la réalité.

Ce matin, LinkedIn m’informait de qui avait recherché mon profil (image d’entête). Ça m’a fait rire.