La curieuse expérience Facebook du 19/11/19

IMG_4416

C’était pas prévu mais, pour étayer le propos de ma conférence du 22, j’ai eu l’idée de lancer l’expérience sur Facebook. Je voulais vérifier le degré de réaction de l’eau. Jusqu’à présent, je n’avais testé ses curieuses propriétés que sur moi ou sur un groupe de sourciers. Il fallait que je sache si ça marchait aussi bien avec des gens plus « normaux », plus mélangés. Juste des gens ouverts à des expériences étranges, des personnes joueuses.

Revenons au commencement. Voilà des années que je fais des expériences qui montrent que l’on peut agir par la pensée sur les agrumes, les germinations. Mais tout ça, ça fait très ésotérique et il y a ceux qui y croient de toute façon et ceux qui croient que c’est n’importe quoi et que je suis fêlé. Ok. Mais au bout de toutes ces années, j’ai été amené à conclure que le point commun à toutes mes expériences, c’était l’eau. Et en creusant, en lisant, en essayant des choses improbables, je me suis rendu compte que ce n’était pas les gens qui avaient des dons particuliers ou des pouvoirs quelconques mais que, tout simplement, que l’eau était capable d’être sensible à son environnement, de capter des informations qui lui étaient envoyées, d’envoyer à son tour des informations. Bref, un truc de dingue.

Ma dernière trouvaille a été de trouver un outil pour mesurer instantanément les effets électriques d’une information reçue par l’eau. Comme tout découvreur, je ne tiens pas à me faire piquer complètement l’idée trop vite. On va dire que l’instrument s’appelle le thétyscope et qu’il est associé à un logiciel qui enregistre les données toutes les 30 secondes. Un groupe de personnes ou une personne en forme vont avoir pour effet immédiat d’augmenter les mesures. Une personne en petite forme ou qui ne croit en rien aura pour effet de faire baisser les mesures ou de les laisser stables. Mais je ne suis qu’au début de ma recherche.

Donc, hier… J’ai photographié un verre d’eau et je l’ai connecté au téthyscope vers 15:30. J’ai observé que les mesures augmentaient (ce qui est toujours le cas au début, c’est normal), se stabilisaient puis diminuaient légèrement. J’ai donc choisi de lancer l’enregistrement des mesures. Et là, les mesures se sont remises à augmenter. Ce qui se passe toujours aussi, comme si le fait de lancer l’enregistrement des mesures constituait une première information sur l’eau du style « tiens, on m’observe ».

Comme ça n’arrêtait pas de grimper doucement mais que j’avais un temps limité pour l’expérience, j’ai décidé de poster la photo du verre à 17:00 sur Facebook en proposant aux lecteurs une sorte de jeu : pensez-vous que c’est de l’eau du robinet, de l’eau de source en bouteille ou de l’eau d’une fontaine miraculeuse ? C’était une façon de tester si le simple regard des gens pouvait avoir une influence. Le résultat fût peu probant : une petite réaction mais noyée dans une progression constante des mesures. Seul indice, la courbe de progression régulière devenait plus chaotique, avec des montées et descentes. Un effet était donc lisible mais pas de façon suffisamment claire pour envisager une communication qui aurait été vécue comme une interprétation abusive. Les mesures commençaient à se stabiliser.

À 17:40, je lançais la phase 2 : l’eau serait-elle plus sensible à une intention projetée par les gens ? Je demandais aux lecteurs de ma page de se concentrer sur l’eau du verre (dont j’annonçais que ce n’était que de l’eau du robinet) pour qu’elle se retrouve chargée d’une énergie miraculeuse. Une fois la photo postée, je suis parti dans une autre pièce pour lire un dossier de documentaire, histoire de ne pas rester rivé au compteur de mon téthyscope et de ne pas influencer la mesure d’une façon ou d’une autre. Une petite heure plus tard, j’enregistrais les données, les rentrais dans un tableur Excel et sortais un graphique. La courbe était très claire. À partir du moment où la phase 2 était lancée et que les gens projetaient une intention sur l’eau, les mesures se sont mise à augmenter de façon importante et significative.

Ce petit test vient confirmer ce que me disait mon intuition : l’eau n’est pas sensible qu’aux intentions des sourciers et magnétiseurs et autres énergéticiens. Elle capte tout.

La difficulté que je vais avoir à convaincre des scientifiques de poursuivre et développer mon travail est qu’il transgresse plusieurs tabous scientifiques :

  • transmission d’informations psychiques non physiques à notre environnement avec effet physique,
  • le principe de non-localité (ces informations psychiques se foutent de la distance pour être transmises et peuvent se contenter d’une représentation telle une photo)
  • l’eau comme véhicule (récepteur ici, mais aussi émetteur) d’informations non physiques et non-locales.

Pour en savoir plus et vivre l’expérience en direct, la première possibilité c’est la conférence du 22, vendredi, à l’Institut Métapsychique International, 50 rue de l’Aqueduc 75010 (pub dans un post précédent pour les inscriptions) à 19:30. http://www.metapsychique.org/conference-bernard-blancan-eau/?fbclid=IwAR3GytRD0cm1FEvt4BlWXN1YA_3wB7Kzz0QI1HEjPjDsjmuP6FYuXCZhKq4

 

 

Une expérience comme une autre

charcutier

Hier j’ai vécu l’expérience de n’être plus qu’un doigt. Un annulaire. Rien de majeur. Mais pas mal quand même. Au hasard d’une petite blessure au doigt, suivie d’une ouverture d’huîtres, une bestiole avait pris place en mon doigt et semblait s’y plaire. On appelle ça un panaris. Et dans le cas d’un panaris pourri, la destination, c’est l’hôpital avec chirurgie ambulatoire.

Je n’ai aucun goût pour les hôpitaux et n’ai aucune expérience en la matière. Petit bracelet avec nom, prénom, date de naissance et code barre au cas où il vous viendrait l’envie de mourir. Infantilisation à tous les étages, « n’oubliez pas vos petits papiers ». Et puis vient le moment de l’opération. Grand hall plein de chariots, le sas anesthésie des arrivées et des départs. Au lieu d’avions, des brancards dont chaque blessé est l’unique voyageur et le pilote, un brancardier. Noir, le brancardier, si possible.

Au bloc, le bras insensible dans un fourreau, un drap bleu en paravent, les charcutiers charcutent en papotant du boulot, des collègues, comme si vous n’étiez pas là. Rien à foutre de vous. Vous n’êtes plus qu’un doigt qui sort d’un drap bleu. Vous n’existez plus. Vous n’avez jamais existé. Très bonne thérapie pour un acteur.

Drôle de métier quand même que celui de charcutier.

Le problème…

labo

Je sais pas. Mais si ça se trouve, c’est important. Au hasard de mes expériences, je suis arrivé à un truc assez dingue. Des mesures qui racontent que l’eau perçoit nos émotions, nos intentions, nous écoute en quelque sorte.

Je sais, à ce stade, vous vous inquiétez. Il est tombé. On l’a perdu. Allo les urgences ?! Non, pas les urgences. Ça marche plus depuis longtemps, les urgences.

Le problème quand tu crois avoir découvert un truc super important, c’est que tu peines à y croire toi-même. Mais si ça se vérifie vraiment, ça va faire mal. Non parce que, cette fois, plus question de peser des oranges. On est dans du solide, du mesurable, du reproductible, du qui n’a pas besoin de machines à plusieurs centaines de milliers d’euros. Non, mon truc, c’est un truc de pauvres. C’est accessible à tous.

Le problème quand tu crois avoir découvert un truc super important, c’est que tu ne peux pas le dire. Pas trop vite. Pas trop tôt. Il faut d’abord le vérifier plein de fois, dans plein de circonstances. Mais surtout, il ne faut pas te faire piquer l’idée. N’en parler qu’une fois que t’as un truc à vendre. Un bouquin. Pas avant d’avoir envisagé toutes les applications possibles, des plus ludiques aux plus utiles.

Le problème quand tu crois avoir découvert un truc, c’est que tant de choses se jouent que tu as peur de faire un pas de côté. Tu te mets à rêver un à quelque chose de grand, quelque chose de beau. Un truc qui peut t’aider à vivre.

Le problème, c’est que je ne sais pas encore, mais que ça va pas tarder.

C’est quoi, ce texte ? De la poésie ? Un petit délire ? De la chèvre ? Du chou ? Allez savoir…

Ça me rappelle…

mur

À l’époque où le mur de Berlin est tombé, j’étais à Bordeaux. Nous avions une compagnie qui s’appelait Glapion & Fils avec Martine Pont, Jean-François Toulouse, Philippe Rousseau… Nous avions volé le nom à Jacques Audiberti dont j’étais tombé amoureux de l’écriture. Nous avions monté une de ses pièces (l’effet Glapion, pièce géniale) et confié la mise en scène à Guy Lenoir. Faute de théâtre susceptibles de nous accueillir, nous avions joué dans l’amphi de la fac de Pharmacie, Place de La Victoire à Bordeaux.

Avec Guy et les copains de Glapion, nous avons décidé de hurler haut et fort notre amertume de voir les théâtres institutionnels bordelais interdits d’accès aux artistes du cru. Un directeur du CDN à qui j’avais demandé rendez-vous pour lui dire que j’étais comédien Bordelais et que j’aimerais bien jouer dans son théâtre m’avait répondu d’aller à Paris ou de faire les avant-premières pour faire connaissance. C’est vrai !

Bref, on avait organisé une manif intitulée « le mur du fond du théâtre de la honte ». Nous avions érigé un mur de parpaings devant le grand théâtre.

Auparavant, nous avions imaginé une conférence de presse un peu spéciale : nous avions convoqué des journalistes à un endroit anonyme, en soirée. Nous leur avons bandé les yeux et leur avont intimé l’ordre de monter dans une fourgonnette. Nous les avons débarqués dans un garage d’immeuble et leur avons débandé les yeux. Nous avions mis en scène à la FLNC, avec cagoules et faux fusils pour leur dire nos revendications et annoncer la manifestation. Et tout ça s’est terminé par un coup de rouge, évidemment, des articles et du monde à la manif.

Nous avions bien pigé les règles de la communication. Et le temps a passé, je suis parti à Paris, faute de n’avoir pas accès aux théâtres institutionnels bordelais.

Au cachot !

link

On aura remarqué que j’écris beaucoup moins sur le blog depuis quelques temps. Ce n’est pas que je n’ai rien à raconter, loin de là. La réalité, c’est que l’on m’en empêche.

Ah bon ? Et qui ?

Vous ! Moi.

En effet, j’aurais pu parler de mes expériences en cours (qui sont passionnantes), ou bien de l’affaire Ruggia. Sur la chose, j’en avais des choses à dire. Mais je ne peux les dire. Je ne peux les dire parce qu’on ne peut plus parler de certaines choses sans passer obligatoirement par des cases, en évitant soigneusement les sens interdits. Je n’aurais pas écrit pour innocenter Ruggia, qu’on se rassure (et oui, deux phrases peuvent déjà prêter à confusion). J’aurais essayé de complexifier un peu la chose, de parler des harcèlements qui se pratiquent dans nos professions et qui ne sont pas que sexuels, j’aurais parlé de la SRF, du parcours d’acteurs en lien avec leur engagement, de tas de choses en lien avec la discrimination collective inconsciente et le harcèlement de quelques-uns. Bref, j’aurais fait un long article.

Mais voilà, cet article, je n’ai pas le droit de l’écrire. Rien ne me l’interdit formellement, aucune loi, aucun décret. Mais l’écrire me livrerait encore davantage à l’étiquetage, au catalogage, à l’ostracisation. La prise de position, aujourd’hui, dès lors qu’elle va à l’encontre du folklore langagier du moment entraîne automatiquement le rejet et l’isolement. Le cachot virtuel existe. Dans le cas d’un acteur, il a des incidences professionnelles majeures.

Nous observerons l’évolution de la carrière d’Adèle Haenel à partir de cette histoire. Rien ne peut prédire qu’elle ira dans un sens ou dans l’autre. Les ingrédients sont complexes et antinomiques : d’une part elle se trouve surmédiatisée (ce qui est apprécié par ceux qui financent le cinéma) mais, par ailleurs, elle bouscule l’ordre établi (ce qui n’est pas apprécié par ceux qui financent le cinéma). Rien de dit de quel côté penchera la balance.

À propos de balance, sur mes expériences avec l’eau, je me retrouve dans la position du feu Docteur Benvéniste qui s’est fait dézinguer avec ses expériences autour de la mémoire de l’eau. Idem pour Montagnier qui a pris la relève. On ne touche pas à l’eau ! Du coup, je vais encore passer pour un mec complètement allumé. Ce qui est déjà fait depuis que je communique sur mes expériences. Dire des choses qui montrent les limites des connaissances scientifiques, ouvrir des brèches sur des concepts qui bousculent trop, a pour effet de vous dénoncer comme charlatan, tricheur, ésotériste, bon à brûler. Encore une fois, pas besoin de loi ou de décret ni de méchantes personnes. Ça se fait tout seul, collectivement. C’est de l’ordre du réflexe.

En politique, c’est la même chose. Les Gilets Jaunes sont vécus comme des fachos ou des révolutionnaires violents radicalisés alors que nous vivons le gouvernement le plus agressif socialement quand les patrons du CAC 40 ont enregistré cette année un nouveau record de revenus. Nous vivons à l’envers de la réalité.

Ce matin, LinkedIn m’informait de qui avait recherché mon profil (image d’entête). Ça m’a fait rire.

Je m’interroge

Je suis désolé, mais cette histoire de réforme du chômage me turlupine. J’essaie d’écouter les arguments des uns et des autres pour me faire une idée un petit peu plus nuancée que celle qui me vient immédiatement à l’esprit, à savoir que ce gouvernement travaille pour appauvrir les pauvres.

Les faits

Il faut travailler davantage dans une période plus courte pour avoir droit au chômage. S’ajoute une dégressivité des allocations au bout de six mois. Les décodeurs du Monde ont testé la situation de huit cas pour mesurer les effets de cette réforme (https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/11/01/huit-cas-concrets-pour-comprendre-ce-qui-change-dans-l-indemnisation-des-chomeurs_6017653_4355770.html?fbclid=IwAR0DbcmfFWFLgIfSH6whIgEEDELZg0StMTU5ofN8Tlbq16bDAr–gr3Ml98).

Ce qui ressort de cette étude, c’est que ceux qui seront le plus impactés par cette réforme sont ceux qui travaillent en CDD courts. Pourtant, une personne qui vit de petits boulots, elle est le plus souvent mal payée et, à la fin du mois, le salaire n’a rien à voir avec une personne qui a un vrai boulot.

Pourquoi une telle réforme ?

Muriel Pénicaud nous assure que ça ne change rien pour les chômeurs sortant d’un CDI ou de contrats longs et qu’elle veut simplement corriger une anomalie : Certains chômeurs toucheraient davantage de chômage que le salaire qu’ils touchaient avant. Je ne sais pas d’où elle sort cette affirmation mais, si une seule personne qui a le courage de lire cet article peut m’assurer qu’elle touche plus au chômage que ce qu’elle touchait quand elle travaillait, qu’elle se manifeste ! C’est faux.

Mais peut-être voulait-elle parler de ces choses qu’on entend souvent, à savoir que pour certains, mieux vaut rester au chômage plutôt que d’accepter un boulot qui paiera moins. Ça, on l’entend en effet. Mais ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que la rémunération qu’on vous propose est en-dessous de votre indemnité chômage qui est par définition elle-même inférieure au salaire que vous perceviez avant. Une rémunération donc inférieure à quelque chose d’encore inférieure à votre ancien boulot. Ce qui signifie qu’on vous a proposé un salaire de merde qui au final va vous engluer encore davantage dans le merdier, avec en plus les frais de transport et le travail que vous allez fournir.

Grâce à cette réforme, ceux qui galéraient avec leurs petits CDD sont assurés d’avoir davantage de difficulté à ouvrir des droits au chômage et, quand ils y auront droit, ils toucheront tellement peu qu’ils seront obligés de prendre le premier boulot de merde mal payé pour survivre.

Pourquoi s’attaquer aux pauvres ?

On aurait tort de résumer la politique du gouvernement comme celle de méchants. Ils ne pensent pas de façon affective et n’éprouvent vraisemblablement aucun plaisir malsain à s’attaquer aux plus faibles. Leur logique n’est pas de l’ordre du sentiment mais des faits bruts, scientifiques, froids. Ils suivent une logique comptable, arthmétique liée à l’application du libéralisme économique, du capitalisme, parce qu’ils pensent que c’est la meilleure façon de penser pour le bien de la collectivité.

Voici ce qu’en dit Muriel Pénicaud elle-même : « La précarité, oui, elle coûte cher au régime d’assurance chômage, payé par l’impôt, par tout le monde et les entreprises. Et le problème, c’est qu’il y a 35 milliards de dette, la deuxième après la SNCF. S’il y a une crise dans 10 ans, comment on va faire pour payer ? ».

La même Muriel Pénicaud affirme qu’on objectif de chômage à 7% est possible. Et en effet, rien qu’avec cette réforme, tous ceux qui devront prendre des boulots sous-payés vont sortir des statistiques et ceux qui ne pourront pas ouvrir de droits, soit ils vivront sur le seuil de pauvreté, voire en-dessous, avec un simple RSA. Dans tous les cas, ils sortiront aussi des statistiques du chômage. Grâce à eux, aux pauvres, aux précaires, le gouvernement pourra se targuer d’avoir réussi à faire baisser le chômage.

Pourquoi le silence de l’opinion publique ?

Il semblerait que l’opinion publique, tant qu’elle n’est pas massivement atteinte, se foute pas mal des pauvres et des précaires et du sort qui leur est fait. Elle les situe à la marge, comme tous ceux qu’elle déteste, les marginaux de tous poils, les colériques, les différents d’elle pour qui elle nie toujours sa propre responsabilité. La masse enterre sa propre capacité à s’émouvoir. Elle continue à voter capitaliste, regarde les inégalités s’accroitre sans broncher. Pourvu que son petit confort soit assuré, ne penser à rien, ne rien voir, ne rien entendre, ne rien espérer. Attendre la mort pépère dans son petit terrier. C’est ce que je pense quand il ne fait pas beau, que je poste un truc sur des gilets jaunes qui se font casser la gueule par la police et que personne ne lève le pouce ou manifeste un grrr quelconque.

Mais je ne terminerai pas sur une note aussi sombre. Laissons la parole à Muriel Pénicaud.

 

 

Brouillard

brouillard

Hier soir, j’étais à la cérémonie offerte par les amis théâtreux bordelais au souvenir de François Mauget. Ce fût une plongée dans le souvenir de tant de visages amicaux et familiers avec qui j’ai partagé tant d’années. Après 20 ans d’absence, on se retrouvait comme si nous nous étions quittés la veille au spectacle de Bidule. Et Mauget était là, partout, comme un brouillard, le sourire distant, un peu en coin, déjà pressé d’aller jouer de l’autre côté.

Ce matin, cramant une clope dans le jardin, j’observais que le brouillard épais avait pour effet de faire entendre les sons comme traités par un micro hyper cardioïde.  Des oiseaux, j’entendais comme jamais le battement des ailes. Des sons en gros plan. Les gouttelettes d’eau en suspension dans l’air affectent la circulation des ondes sonores. Les sons les plus lointains sont éloignés jusqu’à disparaître. Les réverbérations n’existent plus, absorbées par l’eau. Tout est plus grave, plus mat, centré sur ce qui est proche.