En ébullition

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En pleine manigances, j’ai badigeonné les murs du décor de la ferme d’Ermeline, aidé la déco toute la journée. Et en même temps, je vais replonger dans l’écriture du scénario pour quelques retouches et une nouvelle fin. À 1356% dans la préparation du film. C’est pour très vite.

Nous entrons dans la phase où l’on voit que l’on n’a pas tout ce que l’on souhaitait. Dans ce cas, il faut inventer encore et encore pour tirer profit des obstacles.

J’ai quand même comme l’impression que Manigances, ça va être du lourd. Pas question de me décevoir. Donc, a priori, pas question de décevoir le spectateur.

Un seul regret : que le film n’ait pas été à la hauteur de ce qu’il devient aujourd’hui quand on l’a présenté au CNC. Ils ne pouvaient pas deviner que j’allais bosser jusqu’au bout du bout de la préparation. Pourtant, pointe l’idée dérangeante qu’il est devenu bien parce qu’on n’avait pas le CNC. Mais c’est aussi parce que les producteurs m’ont botté les fesses, en vérité.

Allez, on y va ! Rien à foutre de Benalla. Ses manigances à lui sont tristes à mourir.

Revenu universel d’activité

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Je ne sais pas si vous avez compris quelque chose au revenu universel d’activité proposé par Macron. Moi, non. D’abord, un vrai revenu universel est inconditionnel. Celui de Macron ne l’est pas.

D’autre part il consisterait en un regroupement de différentes aides (RSA, APL, Allocation handicapés…). Et son obtention serait automatique. Ça, c’est plutôt bien. Mais, si le gars qui a droit à ce revenu universel d’activité refuse 2 boulots, il n’y a plus droit, même si c’est des boulots de merde sous-payés. Du coup, ce sont toutes les aides dont chacun pouvait bénéficier qui s’évaporeraient d’un seul coup pour lui. Plus d’APL, plus d’alloc. Le message sous-entendu est « sale con de faignasse de pauvre, je te promets que tu vas bosser ta misère, sinon, tu vas crever dans ta flemmasse ! »

Le pire, c’est que cette vision de la vie qui pourrait permettre à plein de boulots de merde d’être enfin pourvus, je suis certain qu’elle est partagée par une grande partie de la clientèle du café du commerce.

J’adore le nouveau monde et son vocabulaire qui triche en parlant de revenu universel, culpabilise les pauvres encore et encore, tout en parlant d’insertion, de lutte contre la pauvreté. Des mots, du vent, du pipeau. Il ne s’agit en fait que d’une lutte contre les solidarités, de nouvelles avancées pour la précarisation.

Mais sans doute vois-je tout de travers, et la République en Marche est-elle un modèle de bienveillance pour l’humain.

C’est parti pour la suite

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De retour du périple Calédonien. 24 heures d’avion, et 9 de décalage horaire, ça vous décalque un peu, quand même. On aura vécu trois très belles représentations d’Intra-Muros et rempli les mirettes de belles images de l’étrange caillou.

À peine arrivé que me voilà embarqué dans la préparation de Manigances. L’idée de réaliser est très excitante. On croit toujours qu’on va faire le film que tout le monde attendait. Mais la sagesse aidant, on se dit qu’on va faire le meilleur film qu’on peut, avec les moyens que l’on a. Le tout étant qu’on prenne plaisir à le faire. Le reste appartient encore au futur.

Un jour

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T’as 18 ans et tu t’es dit que t’allais partir à Nouméa. Facile. Tu fais un service militaire avec 6 mois de rabe et c’est le départ outremer assuré. Ils t’ont trouvé « intelligent » aux tests psychotechniques de Limoges et ils t’ont envoyé chez les chiffreurs, destination QG. Mais voilà, t’as juste oublié que t’étais communiste, antimilitariste et anticolonialiste. Tu ne supportes pas de marcher au pas. Les chants militaires te font gerber. Alors tu fais le con. Du coup, tu n’iras pas à Nouméa mais à Djibouti.

Et puis un jour, un 9 septembre, t’as 60 ans. Et t’es à Nouméa pour jouer un taulard et te faire applaudir. Comme un cadeau en forme de croissant de lune, de parenthèse qui se referme, remplie à en craquer de plein de vies ailleurs, cognant déjà sur celles qui se profilent. Et ça déroule, et ça déroule.

C’était la première

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Intra-Muros Tour a pris son envol hier soir devant la salle bien pleine du Théâtre de l’Île de Nouméa. J’avais arrêté de jouer en décembre dernier. Autant dire que la pression de la reprise était grande. Mais Ange est revenu sans trop de couacs dans la partition Michalikienne, avec les amis et collègues qui ont eu le temps, ces derniers mois, de parfaire encore leur jeu. À la fin, la salle était debout. Et on aime ça. On ne fait pas 18.000 kilomètres pour se la jouer petit.

Je suis de loin la préparation de Manigances.

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Intra-Muros au Théâtre de l’Ile (Nouméa)

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La Nouvelle Calédonie, c’est la plage, les cocotiers, les îles paradisiaques, mais c’est aussi l’intérieur des terres. Complètement transporté par la Rivière Bleue, sa forêt, ses oiseaux, son eau claire, ses paysages de western. C’était hier.

Aujourd’hui, il pleut. Mais ce n’est pas bien grave car avec Jeanne Arènes, Alice de Lancquesaing et Paul Jeanson, nous avons fait un atelier de trois heures pour les élèves de la section théâtre du lycée Lapérouse. C’est toujours très émouvant de partager du temps avec des apprentis acteurs de cet âge. Ils nous apportent autant qu’on essaie de leur apporter.

Nous avons déballé nos accessoires sur le plateau et les costumes dans les loges du Théâtre de l’Île, au cœur de l’ancien bagne. Vendredi, nous jouons la première.

Grand plaisir de retrouver la team des origines pour une longue série d’Intra-Muros d’Alexis Michalik qui nous occupera jusqu’à juin 2019.

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Belle rentrée !

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Après-demain, départ pour la Nouvelle Calédonie où nous allons jouer Intra-Muros d’Alexis Michalik avec l’équipe de création, Jeanne Arènes, Alice de Lancquesaing, Fayçal Safi, Paul Jeanson et Raph Charpentier.

Je ne découvrirai pas « le caillou » car j’y suis déjà allé pour tourner dans Louise Michel de la regrettée Solveig Anspach.

Petite réunion de production demain matin car, au retour, c’est mon court-métrage que je tourne. C’est la rentrée d’une année très remplie. Qui déborde déjà, même. On ne va pas s’en plaindre.