C’est aussi ça

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Il y a quelques jours, j’ai reçu un lien secret, avec un code secret, pour voir Toril. Les producteurs ont eu ce geste sympathique de le passer à mon agent afin qu’elle puisse le proposer au besoin à des castings. Comme j’étais en copie du mèl envoyé, hier j’ai cliqué sur le lien, rentré le code secret et j’ai commencé à regarder, le casque sur les oreilles. C’aurait dû être l’affaire de quelques minutes. C’était juste pour voir la gueule que ça avait sur un ordinateur. Le film, je le connais. Je l’ai vu plusieurs fois. Mais ça a été plus long, car je me suis laissé prendre par le film. Comme un spectateur.

Hier soir, nous avons regardé un film nominé aux César. Je dois bientôt voter. Il me reste quelques séances de rattrapage à faire avant. Et là, je suis tombé sur un film très mal joué, mal réalisé, mal dirigé, mal monté, au scénario affligeant et au casting à la mode. Au bout de dix minutes, ma compagne m’a suggéré d’arrêter cette projection devant un tel ratage. Je l’ai convaincue d’aller jusqu’au bout. Je voulais juste comprendre comment un film comme ça avait pu trouver un producteur, des financements, avait pu rassembler un tel casting branché et se retrouvait nominé. La conclusion était celle d’un certain cinéma. Une histoire de noms de famille, de jeux d’influences, de lobbying, de réseaux, de petites compromissions et d’opportunisme cynique ou piteux, selon la personnalité de chacun.

En lisant ces lignes, le lecteur est en droit de penser qu’il vient de lire des mots dictés par la jalousie, l’amertume. C’est, chez certains, la manière que l’on a de me lire. Cela surprendra peut-être si je dis que je parle d’une réalité clinique, factuelle. Il est préférable d’accepter la réalité si l’on veut se forger une vision personnelle.

Se tromper c’est humain. Se trumper, c’est suicidaire.

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Il y a les attentats guidés par le fanatisme, la volonté de détruire les mécréants et d’imposer un dictat religieux au reste du monde. Qui est pour ? Pas grand monde. Et surtout pas les musulmans. Une façon de répondre à ce drame consiste à se contenter d’attiser le racisme et la peur.

Ça donne l’attentat de Québec contre une mosquée, perpétré la semaine dernière par un fan de Marine Le Pen ou l’élection de débiles dont les intérêts réels n’ont rien à voir avec tout ça.

Que fait Trump ? D’un côté il lance un décret antiterroriste qui interdit l’entrée dans le territoire des ressortissants de 7 nationalités. Les racistes islamophobes sont contents. Pourtant, la mesure est nulle, idiote. Déjà parce que les terroristes ne font pas partie des nationalités visées. Les responsables militaires américains pensent même que la mesure peut produire davantage de terrorisme.

En revanche, une fois satisfaites ses mesures populistes, il lance d’autres décrets pour la dérèglementation de la finance, pour ses copains milliardaires, abattant les remparts qui avaient été mis en place pour éviter les dérives de la finance qui avaient conduit à la crise de 2008. Il est là, le vrai visage des populistes. Beaucoup de bruit pour les manipulés et, en douce, le grand n’importe quoi pour aggraver les injustices qui sont pourtant le véritable socle des désespérés qui se sont laissés berner.

La politique connaît une crise majeure. Trop de décalage entre le discours et les actes. C’est comme Fillon qui veut imposer la rigueur à tout le monde alors qu’il régale sa famille par ailleurs. Comme Hollande qui avait crié que notre ennemi c’était la finance. À qui faire confiance ? Au Front National ?

C’est ce que pensent ceux qui ne croient plus en rien, qui veulent donner un grand coup de pied dans la fourmilière, renverser la table. Et c’est vrai, qu’en plus de son discours xénophobe, raciste et islamophobe qui attire indéniablement ceux qui sont horrifiés et qui ne cherchent pas à comprendre quoi que ce soit (on est en danger, on riposte sur le même registre), ce parti met dans son programme apparent tous les ingrédients piqués à la gauche. Mesures sociales. Bon, pour les Français, les mesures sociales quand même. Avec le fantasme d’exclusion de tout ce qui n’est pas blanc de peau. Conséquence : renforcement du sentiment d’exclusion de tous les français qui ont des origines étrangères, accentuation des haines. Et puis, ne nous leurrons pas. Ils sont pauvres, les Le Pen ? Ils n’ont pas des affaires d’emplois fictifs qui servent à rémunérer des gens d’appareil sur l’argent des contribuables ? Ils ne vont pas faire de cadeaux à leurs amis ? Vous y croyez, vous ?

Alors que faire, contre le terrorisme, pour une politique plus juste ? Qui suivre ?

1 – Des gens ont déclaré la guerre au reste du monde. La première réponse doit être militaire et dans une coalition mondiale.

2 – Analyser ce qui a conduit cette zone à entrer en fanatisme. Les raisons sont multiples mais prennent souvent leur source dans les manipulations des pays riches, dans leur façon de considérer les populations comme les habitants d’endroits riches en matières premières ou énergétiques.

3 – Analyser les raisons qui conduisent des jeunes Français à gagner les rangs des terroristes. Là aussi, on connaît les raisons. Discrimination (à l’école, à l’embauche), ghettoïsation qui conduisent au communautarisme, au repli, à la pauvreté puis à la délinquance, au trafic pour ceux qui veulent malgré tout assouvir leur rêve imbécile d’avoir de l’argent. Beaucoup d’argent.

Un programme électoral qui veut réellement résoudre les questions de terrorisme doit aborder tous ces points. Il ne peut reposer sur la seule émotion. On m’attaque, je frappe et j’expulse.

Chaque continent a connu son heure de gloire. Les Arabes sont les pères des mathématiques, le bassin méditerranéen, de Rome à Carthage, la Grèce, l’Asie, l’Afrique, Le Moyen-Orient, l’Amérique Latine avant les conquêtes espagnoles, tous, quelles que soient nos origines avons eu la même faculté à construire des empires, des civilisations florissantes. Jésus n’est pas né à Fontainebleau. La couleur de peau n’a rien à voir avec les relations de domination ou de soumission des uns sur les autres. La réalité est politique et sociale et répond aux règles d’organisation du moment imposée par ceux qui dominent le monde.

En y regardant bien, rien ne nous interdit de vivre et de construire ensemble, en bonne intelligence, avec nos différences. Ces différences, elles tiennent un peu de la culture et beaucoup de la personnalité individuelle. Il y a des cons de toutes les couleurs, des timides de toutes les couleurs, des paranos de toutes les couleurs, des séducteurs de toutes les couleurs, des génies de toutes les couleurs. C’est la réalité. Le reste, ce sont des rôles imposés à la naissance par l’organisation sociale du moment.

Les urgences du moment, c’est de stopper les discriminations, réduire les inégalités, se soucier des dérèglements climatiques, stopper l’épuisement des ressources, la destruction des espèces animales et de la nature.

Si le peuple n’est plus guidé que par l’émotion, si les dirigeants ne s’intéressent qu’au pouvoir, la civilisation toute entière court à sa mort. Comme d’autres civilisations ont disparu avant.

Nos élections prochaines raconteront le niveau de sagesse du peuple. Aura-t-il lu les programmes ? Votera-t-il pour celui qui aura fait le meilleur dernier débat télévisé avant le premier tour ? Votera-il, seulement ?

Qui a dit que je glandais ?

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Pas trop de temps pour le blog. Les répétitions d’Intra Muros m’occupent 8 heures sur le plateau et beaucoup d’autres en dehors. Il s’agit d’une création d’Alexis Michalik. Ceux qui ne connaissent pas n’ont qu’à le googliser. Il fait figure de jeune star dans le petit monde du théâtre. Ceux qui ont vu Toril savent qu’il jouait un de mes fils. C’est comme ça qu’on s’est rencontré.

Le spectacle qu’on est en train de créer va décoiffer, me semble-t-il. Tantôt grave, tantôt comédie pure, tantôt tendre… Les acteurs c’est du lourd, de l’impressionnant : Jeanne Arènes, Paul Jeanson, Alice de Lencquesaing, Fayçal Safi. Quand je les vois jouer, je me demande si je suis vraiment acteur. Un musicien rythme le spectacle en direct sur le plateau : Raphaël Charpentier.

Pour commencer, nous jouerons au Théâtre 13 du 9 mars au 16 avril. La salle de 230 places devrait être prise d’assaut si l’on en croit le dernier succès d’Alexis. Il remplit le théâtre du Palais Royal depuis bien longtemps avec Edmond qui n’en finit pas de prolonger. Ne tardez pas trop à réserver.

Certes, j’avais dit que j’arrêtais le blog d’acteur. Mais ça ne m’interdit pas de donner quelques infos à ceux qui n’ont pas Facebook. Je me suis débarrassé de tout ce qui ressemble à un CV, une bande démo ou un « qui c’est ce Blancan » de l’ancien blog.

Et pendant qu’on travaille, on en apprend toujours plus sur Fillon. J’ai calculé que le couple avait, en 2012-2013, des salaires mensuels entre 25 et 30.000 euros. Oui, mensuels. Pour les 2/3, c’est de l’argent public. Le vôtre. Le mien. À ce niveau, j’en ai même rien à foutre de savoir si elle a vraiment travaillé, Pénélope.

Et toi, lecteur, tu touches combien, par mois ?

Adorables retraités !

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Pauvres gens aurais-je envie de dire, mais visiblement, ils ne le sont pas, pauvres. Norbert et Clothilde sont allés au meeting de Fillon, le mec qui file 500000 euros à sa femme sur l’argent des contribuables. Et Clotilde, elle a décidé d’être originale aujourd’hui, d’être branchée. Elle va montrer qu’elle ne manque pas d’humour et va en faire preuve dans sa juste colère. Pauvre Pénélope que la presse pourrie a jetée en pâture à la populace…

La bonne idée de Clotilde, c’est ce panneau « je suis pénélope ». C’est vrai quoi, on en a bavé de ces « je suis Charlie » lancés par des bobos de gauche qui manifestent contre les attentats et ne sont même pas racistes. Cons de gauchistes ! (Pardonnez-moi, lâche Clotilde dans un souffle qui se souvient encore de ses dernières cigarette fines et longues qui lui permettaient d’exhiber ses bagouses).

Pour Clotilde, aujourd’hui, la pauvre Pénélope, on peut la comparer aux victimes des attentats, à ces dessinateurs assassinés. Pour Clotilde, c’est la même chose. On a assassiné Pénélope. Quelle drôle d’idée elle a eue cette pauvre riche Clotilde de mélanger morts et vivants.

Il faut dire que la dernière fois qu’elle a vraiment pensé, Clotilde, c’était en 1972. Mais aujourd’hui, elle a oublié de quoi il retournait. Peut-être un examen scolaire. Elle sait plus. Depuis, elle ne pense plus, Clotilde. Elle compte, elle a peur des rouges, des noirs, des marrons, des pédés. Elle aime son petit confort et va voter Fillon, avec Norbert qui se déride un peu avec l’âge. Ce dimanche, lui si austère, si raide fût-il avec ses employés, ses enfants, ce dimanche, il peut enfin afficher son sourire le plus détendu aux côtés de sa farceuse de femme, au meeting de Fillon. Fillon l’irréprochable.

Excusez-moi, j’ai la nausée, là, un peu.

Tu n’as pas honte ?

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La question est de savoir s’il aura la dignité de se retirer de l’élection présidentielle. Sa femme a perçu 500.000 euros d’indemnités parlementaires, soit 28 années de SMIC ou plus de 50 ans d’un RSA moyen.

Elle a touché aussi 5000 euros par mois (soit 3,4 fois le SMIC) de la Revue des Deux Mondes dirigée par un de ses copains homme d’affaire, pour publier en tout 2 fiches de lecture.

Il a confié une mission à 5000 euros à chacun de ses deux enfants qui étaient étudiants en droit. Il ment en direct sur TF1 en disant qu’ils ÉTAIENT avocats. Ils sont avocats depuis, mais à l’époque, ils ÉTAIENT étudiants.

N’importe quel homme d’honneur aurait la décence de se retirer immédiatement de la liste des candidats. Il avait gagné la primaire pour sa supposée probité en entendant imposer l’austérité à la population, en supprimant des emplois, en repoussant l’âge de la retraite.

Si j’étais un électeur de droite, je lancerais une pétition pour demander son retrait. Mais je ne suis pas un électeur de droite et ce n’est donc pas mon problème.

Le problème n’est pas de savoir qui a balancé. On s’en fout et ça n’a aucune importance. Ce qui est grave, ce sont les faits qui sont révélés.

Fiction politique

casting

C’est redoutable, ces débats télévisés. Une élection pour quatre ans se joue sur quelques poignées de minutes. Hier soir, c’est Valls qui a gagné, comme ce fût Fillon qui avait gagné face à Juppé. Personne ne le dit, la presse ne s’aventure pas à départager. Pourtant, les plus rassurants, les plus combattifs, les plus sûrs d’eux, c’était Fillon et Valls. Mais, une élection doit-elle se jouer sur quelques débats télévisés où ce ne sont pas vraiment les programmes et les idées qui passent mais l’image d’un homme à un instant t ? Par exemple, le Fillon, on pouvait se dire à l’issue du débat que c’était un brave mec, hyper rigoureux, voire austère. Résultat, on apprend qu’il a filé 500.000 euros de sa réserve parlementaire à sa femme. Comme mec intègre et austère, on fait mieux. Mais c’est l’image qui compte.

Ceux qui ont regardé le débat d’hier ont vu que les deux hommes n’étaient pas filmés de la même façon. Hamon, on voyait souvent sa silhouette rondouillarde de profil qui rappelait celle de Hollande. Valls, jamais.

Et puis nous, spectateurs, nous voyons une part de langage non verbal. Ce qui se passe au fond des yeux, dans les attitudes, les tous petits gestes de rien du tout qui racontent ce qui se passe dans la tête. En fin de débat Fillon-Juppé, tout disait dans ce dernier qu’il pensait avoir perdu, que c’était mort. Hier, même impression. Hamon, à un moment, on voit qu’il lâche l’affaire tandis que l’autre reste le bouledogue au regard glacial, au débit vif. La morgue du matador face au taureau qui trébuche.

Donc, les gars, laissez tomber les idées, les programmes ! Nous ne vivons plus des élections mais des castings pour un personnage de président. Pas pour un président. Et après, les gens gueuleront contre ce personnage qui n’est plus celui des débats télévisés. Ils se rendront compte qu’il avait un programme. Les Américains en savent quelque chose. Suite au prochain épisode chez nous, bientôt.

Embauche

rideau

Aujourd’hui, j’ai commencé mon nouveau travail. Mes collègues sont très sympas, les agents de maitrise parfaits et le patron, il assure. J’ai signé un CDD jusqu’à décembre 2017 avec prolongement possible en 2018. Le travail en soi n’est pas du tout pénible. Il consiste à jouer et, à d’autres moments, à regarder jouer. Le seul défaut : c’est beaucoup beaucoup moins payé qu’attaché parlementaire de Fillon.

Mais je n’en dirai pas davantage ici car ce n’est plus un blog d’a….. !

Ce soir, il y a un débat et je vais le regarder si je veux voter dimanche. Je sens que Valls va me faire rire.