C’est aussi ça

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Il y a quelques jours, j’ai reçu un lien secret, avec un code secret, pour voir Toril. Les producteurs ont eu ce geste sympathique de le passer à mon agent afin qu’elle puisse le proposer au besoin à des castings. Comme j’étais en copie du mèl envoyé, hier j’ai cliqué sur le lien, rentré le code secret et j’ai commencé à regarder, le casque sur les oreilles. C’aurait dû être l’affaire de quelques minutes. C’était juste pour voir la gueule que ça avait sur un ordinateur. Le film, je le connais. Je l’ai vu plusieurs fois. Mais ça a été plus long, car je me suis laissé prendre par le film. Comme un spectateur.

Hier soir, nous avons regardé un film nominé aux César. Je dois bientôt voter. Il me reste quelques séances de rattrapage à faire avant. Et là, je suis tombé sur un film très mal joué, mal réalisé, mal dirigé, mal monté, au scénario affligeant et au casting à la mode. Au bout de dix minutes, ma compagne m’a suggéré d’arrêter cette projection devant un tel ratage. Je l’ai convaincue d’aller jusqu’au bout. Je voulais juste comprendre comment un film comme ça avait pu trouver un producteur, des financements, avait pu rassembler un tel casting branché et se retrouvait nominé. La conclusion était celle d’un certain cinéma. Une histoire de noms de famille, de jeux d’influences, de lobbying, de réseaux, de petites compromissions et d’opportunisme cynique ou piteux, selon la personnalité de chacun.

En lisant ces lignes, le lecteur est en droit de penser qu’il vient de lire des mots dictés par la jalousie, l’amertume. C’est, chez certains, la manière que l’on a de me lire. Cela surprendra peut-être si je dis que je parle d’une réalité clinique, factuelle. Il est préférable d’accepter la réalité si l’on veut se forger une vision personnelle.

Se tromper c’est humain. Se trumper, c’est suicidaire.

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Il y a les attentats guidés par le fanatisme, la volonté de détruire les mécréants et d’imposer un dictat religieux au reste du monde. Qui est pour ? Pas grand monde. Et surtout pas les musulmans. Une façon de répondre à ce drame consiste à se contenter d’attiser le racisme et la peur.

Ça donne l’attentat de Québec contre une mosquée, perpétré la semaine dernière par un fan de Marine Le Pen ou l’élection de débiles dont les intérêts réels n’ont rien à voir avec tout ça.

Que fait Trump ? D’un côté il lance un décret antiterroriste qui interdit l’entrée dans le territoire des ressortissants de 7 nationalités. Les racistes islamophobes sont contents. Pourtant, la mesure est nulle, idiote. Déjà parce que les terroristes ne font pas partie des nationalités visées. Les responsables militaires américains pensent même que la mesure peut produire davantage de terrorisme.

En revanche, une fois satisfaites ses mesures populistes, il lance d’autres décrets pour la dérèglementation de la finance, pour ses copains milliardaires, abattant les remparts qui avaient été mis en place pour éviter les dérives de la finance qui avaient conduit à la crise de 2008. Il est là, le vrai visage des populistes. Beaucoup de bruit pour les manipulés et, en douce, le grand n’importe quoi pour aggraver les injustices qui sont pourtant le véritable socle des désespérés qui se sont laissés berner.

La politique connaît une crise majeure. Trop de décalage entre le discours et les actes. C’est comme Fillon qui veut imposer la rigueur à tout le monde alors qu’il régale sa famille par ailleurs. Comme Hollande qui avait crié que notre ennemi c’était la finance. À qui faire confiance ? Au Front National ?

C’est ce que pensent ceux qui ne croient plus en rien, qui veulent donner un grand coup de pied dans la fourmilière, renverser la table. Et c’est vrai, qu’en plus de son discours xénophobe, raciste et islamophobe qui attire indéniablement ceux qui sont horrifiés et qui ne cherchent pas à comprendre quoi que ce soit (on est en danger, on riposte sur le même registre), ce parti met dans son programme apparent tous les ingrédients piqués à la gauche. Mesures sociales. Bon, pour les Français, les mesures sociales quand même. Avec le fantasme d’exclusion de tout ce qui n’est pas blanc de peau. Conséquence : renforcement du sentiment d’exclusion de tous les français qui ont des origines étrangères, accentuation des haines. Et puis, ne nous leurrons pas. Ils sont pauvres, les Le Pen ? Ils n’ont pas des affaires d’emplois fictifs qui servent à rémunérer des gens d’appareil sur l’argent des contribuables ? Ils ne vont pas faire de cadeaux à leurs amis ? Vous y croyez, vous ?

Alors que faire, contre le terrorisme, pour une politique plus juste ? Qui suivre ?

1 – Des gens ont déclaré la guerre au reste du monde. La première réponse doit être militaire et dans une coalition mondiale.

2 – Analyser ce qui a conduit cette zone à entrer en fanatisme. Les raisons sont multiples mais prennent souvent leur source dans les manipulations des pays riches, dans leur façon de considérer les populations comme les habitants d’endroits riches en matières premières ou énergétiques.

3 – Analyser les raisons qui conduisent des jeunes Français à gagner les rangs des terroristes. Là aussi, on connaît les raisons. Discrimination (à l’école, à l’embauche), ghettoïsation qui conduisent au communautarisme, au repli, à la pauvreté puis à la délinquance, au trafic pour ceux qui veulent malgré tout assouvir leur rêve imbécile d’avoir de l’argent. Beaucoup d’argent.

Un programme électoral qui veut réellement résoudre les questions de terrorisme doit aborder tous ces points. Il ne peut reposer sur la seule émotion. On m’attaque, je frappe et j’expulse.

Chaque continent a connu son heure de gloire. Les Arabes sont les pères des mathématiques, le bassin méditerranéen, de Rome à Carthage, la Grèce, l’Asie, l’Afrique, Le Moyen-Orient, l’Amérique Latine avant les conquêtes espagnoles, tous, quelles que soient nos origines avons eu la même faculté à construire des empires, des civilisations florissantes. Jésus n’est pas né à Fontainebleau. La couleur de peau n’a rien à voir avec les relations de domination ou de soumission des uns sur les autres. La réalité est politique et sociale et répond aux règles d’organisation du moment imposée par ceux qui dominent le monde.

En y regardant bien, rien ne nous interdit de vivre et de construire ensemble, en bonne intelligence, avec nos différences. Ces différences, elles tiennent un peu de la culture et beaucoup de la personnalité individuelle. Il y a des cons de toutes les couleurs, des timides de toutes les couleurs, des paranos de toutes les couleurs, des séducteurs de toutes les couleurs, des génies de toutes les couleurs. C’est la réalité. Le reste, ce sont des rôles imposés à la naissance par l’organisation sociale du moment.

Les urgences du moment, c’est de stopper les discriminations, réduire les inégalités, se soucier des dérèglements climatiques, stopper l’épuisement des ressources, la destruction des espèces animales et de la nature.

Si le peuple n’est plus guidé que par l’émotion, si les dirigeants ne s’intéressent qu’au pouvoir, la civilisation toute entière court à sa mort. Comme d’autres civilisations ont disparu avant.

Nos élections prochaines raconteront le niveau de sagesse du peuple. Aura-t-il lu les programmes ? Votera-t-il pour celui qui aura fait le meilleur dernier débat télévisé avant le premier tour ? Votera-il, seulement ?

Qui a dit que je glandais ?

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Pas trop de temps pour le blog. Les répétitions d’Intra Muros m’occupent 8 heures sur le plateau et beaucoup d’autres en dehors. Il s’agit d’une création d’Alexis Michalik. Ceux qui ne connaissent pas n’ont qu’à le googliser. Il fait figure de jeune star dans le petit monde du théâtre. Ceux qui ont vu Toril savent qu’il jouait un de mes fils. C’est comme ça qu’on s’est rencontré.

Le spectacle qu’on est en train de créer va décoiffer, me semble-t-il. Tantôt grave, tantôt comédie pure, tantôt tendre… Les acteurs c’est du lourd, de l’impressionnant : Jeanne Arènes, Paul Jeanson, Alice de Lencquesaing, Fayçal Safi. Quand je les vois jouer, je me demande si je suis vraiment acteur. Un musicien rythme le spectacle en direct sur le plateau : Raphaël Charpentier.

Pour commencer, nous jouerons au Théâtre 13 du 9 mars au 16 avril. La salle de 230 places devrait être prise d’assaut si l’on en croit le dernier succès d’Alexis. Il remplit le théâtre du Palais Royal depuis bien longtemps avec Edmond qui n’en finit pas de prolonger. Ne tardez pas trop à réserver.

Certes, j’avais dit que j’arrêtais le blog d’acteur. Mais ça ne m’interdit pas de donner quelques infos à ceux qui n’ont pas Facebook. Je me suis débarrassé de tout ce qui ressemble à un CV, une bande démo ou un « qui c’est ce Blancan » de l’ancien blog.

Et pendant qu’on travaille, on en apprend toujours plus sur Fillon. J’ai calculé que le couple avait, en 2012-2013, des salaires mensuels entre 25 et 30.000 euros. Oui, mensuels. Pour les 2/3, c’est de l’argent public. Le vôtre. Le mien. À ce niveau, j’en ai même rien à foutre de savoir si elle a vraiment travaillé, Pénélope.

Et toi, lecteur, tu touches combien, par mois ?

Adorables retraités !

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Pauvres gens aurais-je envie de dire, mais visiblement, ils ne le sont pas, pauvres. Norbert et Clothilde sont allés au meeting de Fillon, le mec qui file 500000 euros à sa femme sur l’argent des contribuables. Et Clotilde, elle a décidé d’être originale aujourd’hui, d’être branchée. Elle va montrer qu’elle ne manque pas d’humour et va en faire preuve dans sa juste colère. Pauvre Pénélope que la presse pourrie a jetée en pâture à la populace…

La bonne idée de Clotilde, c’est ce panneau « je suis pénélope ». C’est vrai quoi, on en a bavé de ces « je suis Charlie » lancés par des bobos de gauche qui manifestent contre les attentats et ne sont même pas racistes. Cons de gauchistes ! (Pardonnez-moi, lâche Clotilde dans un souffle qui se souvient encore de ses dernières cigarette fines et longues qui lui permettaient d’exhiber ses bagouses).

Pour Clotilde, aujourd’hui, la pauvre Pénélope, on peut la comparer aux victimes des attentats, à ces dessinateurs assassinés. Pour Clotilde, c’est la même chose. On a assassiné Pénélope. Quelle drôle d’idée elle a eue cette pauvre riche Clotilde de mélanger morts et vivants.

Il faut dire que la dernière fois qu’elle a vraiment pensé, Clotilde, c’était en 1972. Mais aujourd’hui, elle a oublié de quoi il retournait. Peut-être un examen scolaire. Elle sait plus. Depuis, elle ne pense plus, Clotilde. Elle compte, elle a peur des rouges, des noirs, des marrons, des pédés. Elle aime son petit confort et va voter Fillon, avec Norbert qui se déride un peu avec l’âge. Ce dimanche, lui si austère, si raide fût-il avec ses employés, ses enfants, ce dimanche, il peut enfin afficher son sourire le plus détendu aux côtés de sa farceuse de femme, au meeting de Fillon. Fillon l’irréprochable.

Excusez-moi, j’ai la nausée, là, un peu.

Tu n’as pas honte ?

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La question est de savoir s’il aura la dignité de se retirer de l’élection présidentielle. Sa femme a perçu 500.000 euros d’indemnités parlementaires, soit 28 années de SMIC ou plus de 50 ans d’un RSA moyen.

Elle a touché aussi 5000 euros par mois (soit 3,4 fois le SMIC) de la Revue des Deux Mondes dirigée par un de ses copains homme d’affaire, pour publier en tout 2 fiches de lecture.

Il a confié une mission à 5000 euros à chacun de ses deux enfants qui étaient étudiants en droit. Il ment en direct sur TF1 en disant qu’ils ÉTAIENT avocats. Ils sont avocats depuis, mais à l’époque, ils ÉTAIENT étudiants.

N’importe quel homme d’honneur aurait la décence de se retirer immédiatement de la liste des candidats. Il avait gagné la primaire pour sa supposée probité en entendant imposer l’austérité à la population, en supprimant des emplois, en repoussant l’âge de la retraite.

Si j’étais un électeur de droite, je lancerais une pétition pour demander son retrait. Mais je ne suis pas un électeur de droite et ce n’est donc pas mon problème.

Le problème n’est pas de savoir qui a balancé. On s’en fout et ça n’a aucune importance. Ce qui est grave, ce sont les faits qui sont révélés.

Fiction politique

casting

C’est redoutable, ces débats télévisés. Une élection pour quatre ans se joue sur quelques poignées de minutes. Hier soir, c’est Valls qui a gagné, comme ce fût Fillon qui avait gagné face à Juppé. Personne ne le dit, la presse ne s’aventure pas à départager. Pourtant, les plus rassurants, les plus combattifs, les plus sûrs d’eux, c’était Fillon et Valls. Mais, une élection doit-elle se jouer sur quelques débats télévisés où ce ne sont pas vraiment les programmes et les idées qui passent mais l’image d’un homme à un instant t ? Par exemple, le Fillon, on pouvait se dire à l’issue du débat que c’était un brave mec, hyper rigoureux, voire austère. Résultat, on apprend qu’il a filé 500.000 euros de sa réserve parlementaire à sa femme. Comme mec intègre et austère, on fait mieux. Mais c’est l’image qui compte.

Ceux qui ont regardé le débat d’hier ont vu que les deux hommes n’étaient pas filmés de la même façon. Hamon, on voyait souvent sa silhouette rondouillarde de profil qui rappelait celle de Hollande. Valls, jamais.

Et puis nous, spectateurs, nous voyons une part de langage non verbal. Ce qui se passe au fond des yeux, dans les attitudes, les tous petits gestes de rien du tout qui racontent ce qui se passe dans la tête. En fin de débat Fillon-Juppé, tout disait dans ce dernier qu’il pensait avoir perdu, que c’était mort. Hier, même impression. Hamon, à un moment, on voit qu’il lâche l’affaire tandis que l’autre reste le bouledogue au regard glacial, au débit vif. La morgue du matador face au taureau qui trébuche.

Donc, les gars, laissez tomber les idées, les programmes ! Nous ne vivons plus des élections mais des castings pour un personnage de président. Pas pour un président. Et après, les gens gueuleront contre ce personnage qui n’est plus celui des débats télévisés. Ils se rendront compte qu’il avait un programme. Les Américains en savent quelque chose. Suite au prochain épisode chez nous, bientôt.

Embauche

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Aujourd’hui, j’ai commencé mon nouveau travail. Mes collègues sont très sympas, les agents de maitrise parfaits et le patron, il assure. J’ai signé un CDD jusqu’à décembre 2017 avec prolongement possible en 2018. Le travail en soi n’est pas du tout pénible. Il consiste à jouer et, à d’autres moments, à regarder jouer. Le seul défaut : c’est beaucoup beaucoup moins payé qu’attaché parlementaire de Fillon.

Mais je n’en dirai pas davantage ici car ce n’est plus un blog d’a….. !

Ce soir, il y a un débat et je vais le regarder si je veux voter dimanche. Je sens que Valls va me faire rire.

Pète un coup, Manu !

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Islamo gauchiste, candidat des frères Musulmans, voilà de quoi se trouve affublé Hamon du côté de chez Valls. On voit le niveau de la campagne qui s’annonce. Il n’a tellement pas de programme, le pauvre Valls, qu’il se croit obligé d’utiliser la rhétorique gerbante du Front National. Obligé de balancer des énormités, d’user de mensonges dignes de la cour de récréation de maternelle.

Cela raconte en creux l’état de racisme et d’islamophobie de la France. Dans ce pays, quand on dit que la colonisation c’est pas très bien en Israël, on est forcément antisémite et quand on dit que les musulmans dans leur immense majorité sont eux-mêmes victimes des terroristes, on devient membre de l’État Islamique. Ça fait peur tant de connerie.

C’est pas avec des candidats comme Valls qu’on va apprendre à penser. Pauvre Valls. Pauvre France. Quelle indignité !

Sans déconner, il a dû se tromper de primaires, le Manu.

Dimanche prochain, je vote !

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Comme révolutionnaire, je me pose là. Toujours prêt à ouvrir ma grande gueule, dès lors qu’elle s’exprime sur papier. Et dans les faits, en comité restreint ou dans mes actes, je ne suis pas un modèle révolutionnaire du tout mais, au contraire, une espèce de girouette bien huilée qui oscille entre l’anarchisme et une gauche raisonnable, souvent sensible au moindre souffle marxiste. Bien sûr, une girouette qui a quand même des petites butées dites « tabous » ou « principes » qui empêchent tout mouvement vers la droite. Depuis ma naissance, ces butées sont encore toutes neuves car jamais l’aiguille ne s’y est cognée.

Pour ces primaires de « gauche », j’avais décidé de ne pas me déplacer. J’étais convaincu que les socialistes, comme un seul homme, allaient donner leurs voix à Valls, comme ils avaient porté Royal en 2007 et Hollande en 2012 : on met celui dont on croit qu’il a le plus de chance d’être élu au lieu de voter pour un programme. Eh bien là, j’avoue que je me suis planté sur toute la ligne. Ils ont choisi Benoit Hamon. Et si l’on totalise ses voix avec celles de Montebourg, la vision de gauche est revenue au cœur des militants. Enfin !

Le revenu universel, j’en avais parlé dans les colonnes de mon ancien blog il y a un ou deux ans. Les fidèles s’en souviennent. Il est à la fois le moyen de prévenir l’extrême pauvreté, de faire le choix d’une société protectrice de ses concitoyens, en même temps qu’il change fondamentalement la relation employeur/salarié. Aujourd’hui, quand tu as la chance d’être salarié, on t’inflige les contraintes des lois de la productivité à tous les étages : tu as de la chance d’avoir du travail, si t’en veux pas, on te remplace. Chaque jour on t’invente une nouvelle justification pour t’en demander davantage. Cette situation a vu le jour en 1974 avec la crise pétrolière et l’implantation durable du chômage comme élément de crise qui profite à l’aliénation des salariés. Le revenu universel, c’est donc à mes yeux le moyen de casser cette relation d’ultra domination/soumission, en même temps que d’offrir d’autres changements tels que la diminution du temps de travail, la dignité pour tous les citoyens. Je suis donc farouchement pour.

Il y avait plusieurs choses qui me faisaient tiquer chez Mélenchon, en dehors du programme dont je me sens très proche : il y avait bien sûr sa façon « moi-je » de s’exprimer que me gênait comme tout le monde, ses délires du style meeting en hologramme du 5 février, mais aussi sa position contre le revenu universel et sa position communiste qui place le travail et les travailleurs comme valeur centrale. Pour moi, le travail est à voir comme une contribution volontaire à la marche du monde, en responsabilité, et une source de revenus. Mais pas l’esclavage qu’il est devenu pour la majorité, ou une irresponsable planque à glander pour d’autres.

Le revenu universel peut contribuer à changer la donne dans ces domaines. Et ce n’est pas une position qui va permettre à chacun de dire que, dans ces conditions, ils n’iront pas travailler. Ça, c’est une vision négative qui repose sur des sentiments tels que la jalousie. Parce que le travail responsable, c’est le lieu du lien social et du sens de l’existence. Le revenu universel est juste à même de rendre au salarié devenu « responsable » de ne plus se soumettre au dictat du rendement. On sait par ailleurs qu’un ouvrier responsabilisé est beaucoup plus rentable qu’un mec qui a juste la trouille de perdre sa seule source de revenu.

Bref, avec ce vote d’hier, l’envie m’est revenue d’aller voter à la primaire car, de gauche, ce mec là (Hamon) me donne envie de le suivre.

J’en vois déjà qui me diront qu’il n’a aucune chance aux présidentielles. Mais si l’on part dans l’idée qu’il faut voter pour celui qui a le plus de chance, on sait déjà ce que ça donne. On veut quoi ? Le pouvoir ou convaincre pour des idées ? La meilleur façon d’avoir des chances de gagner, c’est de porter un projet. Pas faire dans la stratégie. Si la majorité n’est pas convaincue, c’est que le projet n’est pas bon ou que cette majorité se laisse gouverner par la peur. Le meilleur remède contre la peur, c’est l’espoir.

Dimanche, je vote !

Si je me permets de donner mon avis de kéké sur la chose, c’est que j’ai conscience d’être un petit atome dans la masse du vent de l’histoire. Les mouvements de pensée qui me font taper sur le clavier n’ont pas grand chose de personnel mais sont guidés par un mouvement plus important et plus profond qui ne me concerne qu’à une petite échelle. L’air de rien, hier, il s’est passé quelque chose qui ouvre d’autres possibles. Je parie que la participation sera beaucoup plus élevée le 29 parce que je suis certain de n’être pas le seul kéké à penser de la sorte.

Allo, Docteur ?

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Vous avez déjà entendu parler de distorsions cognitives ? Ben, c’est une pathologie qui consiste à déformer l’information que l’on reçoit pour la transformer en quelque chose de négatif, en la passant par des filtres de notre personnalité ou de nos humeurs. Par exemple la pensée tout ou rien (vision dichotomique), tirer des conclusions hâtives à partir de peu d’évidence, tirer des conclusions générales à partir d’un détail, ne porter d’attention qu’aux détails négatifs, la dramatisation ou la minimisation, le raisonnement émotionnel, l’attente ou l’illusion de justice… etc.

Bref, penser, contester, s’insurger, s’indigner prend sa source dans une vision négative d’une réalité objective. On n’est pas loin de la dépression. Les révolutionnaires sont donc des dépressifs distordus de la cognition. En revanche les terroristes intellectuels conservateurs (même quand ils se disent de gauche), ceux dont j’ai déjà parlé et qui disent à tout bout de champ « c’est plus compliqué que ça », « il n’y a pas les gentils et les méchants », ceux-là, donc, seraient en bonne santé mentale. D’accord. Mais…

Par exemple, quand Trump case à la maison blanche sa famille à tous les postes, forme un gouvernement de fachos, de traders milliardaires, lui-même étant milliardaire, prenant comme première mesure la suppression de la couverture sociale, quand ce même homme dit que c’est le peuple qui reprend le pouvoir, on se demande s’il n’y a pas de la distorsion quelque part. Déjà, bien sûr, dans l’évidence du décalage entre les paroles et les actes concrets du personnage qui incarne l’exact contraire des intérêts du peuple.

Et on pourrait en dire autant de tous les populistes (y compris chez nous), de tous les fachos qui usent de toutes les magouilles, de toutes les violences, de tous les conflits d’intérêts, d’un attachement aux intérêts familiaux (je veux dire de leur propre famille) et nous font croire qu’ils parlent au nom du peuple (hein ? Je n’ai pas prononcé son nom !).

Si le peuple est assez aveugle pour élire ces escrocs, je préfère passer pour un malade mental plutôt que complice des ordures. Vive les distorsions cognitives ! C’est aussi simple que ça.

Quant aux primaires du PS, ça sera sans moi. Rien à voir ? Ben peut-être bien que si.

Des babioles

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L’histoire est vraie. J’avais passé commande par le biais d’Amazon d’une babiole à qui on pourrait attribuer un petit un sur dix dans le registre des nécessités. La page m’avait offert le choix d’une bonne vingtaine de babioles à peu près identiques. J’avais cliqué sur la moins chère. Moins de deux euros.
Hier matin, je reçois un mail du vendeur via Amazon. Le français utilisé est celui de Google trad et pourrait donner à rire si le contenu n’était pas horrible. Mon article a bien été expédié lundi. Mais, l’avion cargo qui le transportait s’est écrasé en Turquie. Afin de prouver sa bonne foi, le vendeur a joint un article de presse montrant la trajectoire d’un avion partant de Hong Kong et se terminant par une étoile symbolisant le crash en Turquie. Des photos montrent la carcasse disloquée de l’avion parmi des maisons et des voitures cabossées à moitié ensevelies. L’avion s’est écrasé sur un village, faisant des morts dans la population. Trente sept au total.
Le mail se poursuit en précisant que ma babiole avait dû être abîmée dans l’accident. Le vendeur, soucieux de satisfaire pleinement sa clientèle, me propose de me renvoyer gratuitement une babiole identique.
Il y a plusieurs façons de lire cette histoire. Personnellement, j’y ai vu le symbole de la distorsion entre mon discours et mes actes. D’un côté je crache sur la mondialisation et ses effets néfastes sur les conditions de travail dans les pays pauvres ou en Asie, sur les prix bas qui induisent de rogner à tous les étages entre le fabriquant et l’acheteur, sur l’empreinte carbone liée à ce type de commerce qui concourt à la pollution de l’atmosphère et au dérèglement climatique. Et de l’autre, tel un con assez semblable à ceux que je dénonce, j’agis, j’achète n’importe comment. Et ça fait de l’exploitation, des normes de sécurité sacrifiées, de la pollution et des morts.
Personne n’est parfait. Le bordel généralisé n’est pas prêt de s’arrêter avec des pignoufs de mon espèce.

Ouverture du blog

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Il n’y a pas à dire, ça sonne ringard à souhait, blog à Béber. N’est-il pas ? On va faire avec.

C’en est donc fini du blog de l’acteur. Ici, il ne sera plus question de boulot. Facebook fera son office sur cette thématique de façon essentiellement promotionnelle.

Alors, c’est quoi, ce blog ? Qu’a-t-il de différent ?

Eh bien, en premier lieu, il est anonyme.  Enfin, plus ou moins. Pour ceux qui me connaissent ou fréquentent ma page Facebook, il n’y aura pas trop de mystère.

Les thématiques abordées toucheront aussi bien les domaines politiques et sociaux (comme d’hab) que l’univers de mes passions, côté sourcier et parapsychologie par exemple (plus que d’hab). En cliquant sur la catégorie « bizarreries », on retrouvera tous les articles bizarres. Ils y seront sans doute moins relayés sur Facebook. Mais les curieux les trouveront sans peine. À moins qu’ils s’abonnent…

Ce qui change pour moi : plus d’obligation de raconter mon boulot (difficile quand il y en a peu et difficile aussi quand il y en a parce qu’on ne peut pas tout dire). L’accès au blog se fera en passant par la page Facebook dont les amis sont sélectionnés et non plus par le biais de mon nom via Google. Je vais prévenir les amis qui suivent le blog et ne sont pas sur FB. Lorsqu’un article sera relayé, ça ne sera plus « mon nom.net » mais « blogabeber.com ». Ni vu ni connu, j’t’embrouille. J’en vois déjà un qui me dit que « mon nom », ça disait pas forcément grand chose au commun des mortels. Ce qui n’est pas faux d’un certain point de vue.

N’empêche que, lorsque j’avais affaire à quelqu’un pour telle ou telle raison dans la vie de tous les jours, il lui suffisait de taper mon nom sur Google et il tombait sur mon blog. Il y a des situations pour lesquelles on n’a pas forcément envie qu’une personne à peine croisée sache aussitôt que je suis un affreux gauchiste, par exemple ou une espèce d’ésotériste chelou. Je n’ai fait qu’installer un filtre destiné à me protéger un peu.

Par ailleurs, je ne m’astreindrai pas à un article quotidien ou tous les deux ou trois jours. Ça sortira quand ça voudra, selon la nécessité et l’envie.

Bienvenue sur le Blogabeber !