Contre

Se battre. La vache se montre un peu trop affectueuse – en réalité friande du sel de la transpiration. Mais dans la société des hommes, il faut se battre sans cesse.

Se battre contre la peste brune qui instille jour après jour son venin dans la collectivité. Contre la popularité des Zemmour. Contre le marketing d’un président qui gesticule sans fin pour conserver sa place. Contre des opposants qui n’ont rien d’autre à opposer que leur désir de prendre la place. Contre les rouleaux compresseurs du journal collectif qui aplanit toute pensée qui dépasse. 

Contre cet employé d’administration qui ne fait pas le travail qui satisferait aux droits qui vous sont dus. Contre le monde de la fiction qui vous fait passer des essais pour un rôle d’un jour avec deux répliques, sans vous donner de réponse, alors que vous avez si longtemps tourné et tourné et tourné. Contre ceux qui n’aident que les projets artistiques qui ne sont que la réplication de projets artistiques existants. Contre ceux qui renoncent à comprendre.

Contre la bien-pensance et la non-pensance. Contre l’immobilisme et le consensus. Contre la satisfaction ridicule de ce qui existe et que l’on possède. 

Contre notre propre résignation.

Vers Nébraska

Image Fanny Reynaud – Nebraska de Lou-Théa Papaloïzos – E c al

Retour Paris. Voté par procuration dimanche. J’ai bien aimé la vague verte. Mais pas de politique aujourd’hui. Retour au journal d’un comédien.

Avec les 2 ans de théâtre et à part 3 jours sur le film d’Olivier Dahan, cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas tourné. On me dira que jouer, c’est comme le vélo : ça ne s’oublie pas. Mais c’est un peu vite dit. Je crois que ce retour au théâtre m’avait un brin perturbé dans ma façon d’appréhender le jeu au cinéma, malgré une carrière honorable. En faisant notamment ma bande annonce, j’avais constaté que mon jeu ne me plaisait pas, que j’en faisais trop, pas assez simple, trop dans le faire, dans la démonstration et le forcé. Eh oui, on peut vite dériver, frêles embarcations que nous sommes.

Ce film en Suisse aura été l’occasion de commencer à corriger le tir, sous la direction d’une équipe souvent plus jeune que mes propres enfants. Il ne se sont pas encombré de politesses gênées pour me dire ceci ou cela, corrigeant quand il le fallait. Et leur regard était toujours juste. Cette semaine m’aura permis de dépasser l’opinion que j’avais de moi ces derniers temps, à savoir que je pensais que j’étais en train de devenir doucement un mauvais acteur. Il n’est pas d’âge pour se remettre en question. C’est la condition indispensable pour durer dans ce métier, à moins d’être une icône qui peut se permettre de jouer comme un pied.

Je ressors donc de ce tournage tout redynamisé, confiant et prêt à me frotter aux plateaux de tournage. On va vérifier si ça marche, pas plus tard qu’aujourd’hui car j’ai un casting autofilmé. J’aime ce boulot !

Merci à Lou-Théa pour son écriture et sa réalisation, à la caméra de Fanny, aux micros de Théo et à cette équipe de jeunes cinéastes que ne s’est pas contentée de jouer à faire un film. Il y avait l’exigence de ceux qui font tout pour qu’un vrai film surgisse.

Ça commence comme ça

.Une semaine de tournage en Suisse. Je joue un paysan. Avec des vaches. Et un visiteur impromptu. Scénario minimaliste et impressionniste (Nebraska de Lou-Théa Papaloïzos), grand air, grand beau, équipe jeune et pro. Franchement, ça déconfine bien. Le monde d’après commence là, pour moi.

Arrivé à Lausanne, je n’ai pas manqué de porter mon regard sur la rue de l’hôtel dans lequel nous logions pour Intra-Muros. Nous avions fait pas mal de dates de tournée en Suisse. C’est là que j’ai commencé à aimer ce pays que je ne connaissais pas en dehors des clichés liés à l’horlogerie, au chocolat, au fromage et aux milliardaires qui y cachent leur argent. Pour une fois, j’aurais envie de dire que c’est plus compliqué que ça.

Jouer un paysan, en tout cas, ça me convient pas mal.

Comme disait Robert

Robert ?

Trois mois. Ça faisait trois mois que je n’étais pas retourné à Paris. C’est un petit peu les vacances qui commencent. C’est à dire que j’ai bossé pour mon bouquin dont un comité va donner un avis. J’ai travaillé aussi au scénario que nous écrivons avec Guillaume G. En même temps, je me débattais avec de la paperasserie administrative, attendant avec un peu d’inquiétude de savoir à quelle sauce je serai mangé pour mes droits à la retraite. Retraite, le mot sonnait encore bizarrement à mes oreilles il y a encore quelques années. Et puis ça arrive. Pour ce qui est des trimestres, tout y est. Longue carrière qui m’aurait même permis de demander un départ anticipé. Si une question est de connaître le montant de cette retraite, une seconde en découle immédiatement : C’est quoi ces conneries ?! Je suis donc vieux ? La réponse est non.

Pas question pour moi de me reposer pour autant. Je continue pareil. La semaine prochaine, je pars faire l’acteur pour une semaine en Suisse (d’où l’idée de vacances car jouer, ça reste des vacances). Nous avons commencé à bosser sur un projet théâtral à Bordeaux pour 2022. Mais n’en parlons pas trop car le projet est assujetti à l’obtention de droits d’adaptation. J’ai un documentaire à finir, un autre à commencer, à continuer la lutte acharnée pour un long-métrage. Les prochaines années seront aussi consacrées à ma fameuse découverte sur l’eau. Et, en faisant tout ça (et le reste), j’espère bien continuer à exercer le métier pour quoi je suis fait : acteur.

Ceux qui m’attendaient pour m’inscrire au club de bridge et de pétanque ou encore à l’amicale des pêcheurs à la ligne, vont devoir patienter encore un peu.

Un copain me demandait comment je faisais pour mener des projets si différents de front. Je lui ai répondu qu’il suffisait d’être schizophrène. Tu fais un truc et il n’y a que ça qui existe, puis tu passes à un autre et il n’y a que ça qui existe.

Alors, si je prétends ne pas être vieux, je ne suis pas pour autant né de la dernière pluie. Je sais donc bien qu’il y en a qui se diront que cette façon de raconter tout ce que je vais faire est un peu pathétique. Pas faux. Je pense la même chose quand un néorural me raconte qu’il est vachement bien depuis qu’il a quitté Paris et qu’il renaît. On sait bien que c’est plus compliqué, l’histoire. J’espère juste qu’il y en aura quelques-uns pour être jaloux car mieux vaut faire envie que pitié comme disait Robert.

Fatigué, dépassé

Dans les périodes d’hystérisation des débats, je finis toujours par fermer ma gueule. En tout cas, espacer mes écrits. Parce que peut-être que tout le monde a raison et tout le monde a tort.

D’une part, être flic et se faire caillasser, insulter, c’est pas supportable, pas plus que subir le racisme et la violence de policiers dans ce qu’on appelle les quartiers ou en manif. L’organisation sociale de notre société déconne de tous les côtés. Elle est où, la manif qui dénonce les deux situations ou celle qui milite pour des solutions générales ? Même ces quelques mots sont sans doute sujets à polémique, en cette période. Ils impliquent à la fois une exemplarité et une reconnaissance du métier de policier et un traitement profond, économique, social, d’urbanisation et de retour à la loi et à la justice dans les zones où prospèrent misère sociale et violence.

Quelles actions politiques jouent simultanément sur ces deux leviers, quels programmes ? Le moment est peut-être venu d’arrêter de vouloir satisfaire les uns ou les autres pour des raisons électorales. Alors, évidemment, ça demande un certain courage parce qu’agir dans ces deux directions en même temps implique en retour un rejet a priori des uns et des autres, brandissant la dictature policière d’un côté et l’état vendu à la racaille de l’autre.

Macron avait vendu ce fameux discours du « en même temps ». Ses actes se sont montrés pour le moins déséquilibrés et semblent juste guidés par une idéologie et des intérêts électoraux opportunistes liés à chaque conjoncture. Pas de vision d’ensemble projetée sur la construction de l’avenir. Comme la plupart de ses prédécesseurs, d’ailleurs.

J’ai sans doute perdu une occasion de me taire…

Porte ouverte

Mais il faut bien se prononcer. Une certaine France rêve d’une bonne dictature policière pour la débarrasser de tous ces étrangers. Ne disons pas qu’elle n’existe pas. Elle est là, partout, l’air de rien. Oui, le racisme est là, dans des petites phrases, des hochements de tête. 

À la campagne où je vis pendant quelques mois, on déteste les étrangers, bien sûr, mais comme il n’y en a pas trop, on se replie sur les Gitans et les Parisiens, l’air de rien. Ben oui, on se retrouve toujours à un moment donné la victime du racisme de quelqu’un.

Bien sûr, vous me direz, les prisons sont pleines de gens de couleurs. La racaille. Ben oui, la vouyouserie, c’est pas forcément culturel. Ce qui est bizarre, c’est qu’elle a tendance à se développer dans les cages à lapins. Bizarre. À Bordeaux, mon ex ville d’adoption, dans les années 50, c’était les Espagnols. Pas les Portugais parce que ce sont de bons maçons. Et après les Espagnols, ça a été les « Nord-Africains ». Main d’œuvre pas chère que l’on parquait dans les premières cités. 

Bon, les plus gros voyous, ceux qui nous arnaquent tous à coups de milliards, à longueur de journée et depuis des siècles, ce ne sont pas ces petits voyous. Les vrais bandits, ils portent la cravate et se font sucer sous le bureau. Ils font des « affaires ». Mais bon, ceux-là, la fameuse certaine France, elle ne s’y intéresse que s’ils sont Juifs ou francs-maçons. Les autres, ça compte pas. C’est blanc. C’est la vie. C’est trop discret pour atteindre leurs neurones. Ils admirent, sont aux petits oignons, presque intimidés. Mais c’était pareil au Moyen-Âge, j’imagine, ces histoires de soumission à la richesse pour qui on s’use toute une vie.

Nous, les connards de Bobos parisiens, on ne vote pas facho parce qu’on vit mélangés depuis longtemps. On a vite compris que la gentillesse ou la connerie n’ont pas de couleur.

Je n’ai pas de mépris pour la ruralité, même si parfois elle me fait mal aux oreilles. Mais en même temps, force est de constater que la Marine, c’est bien là qu’elle est le mieux entendue. C’est juste triste. Les provinciaux ne sont pas plus cons que les autres. Je ne sais pas ce que c’est, un provincial à part une personne qui n’est pas Parisienne, vu du 75. Mais pour eux, les images d’un homme qui se fait assassiner par un flic, ça ne leur fait ni chaud ni froid. On n’en parle pas. On ne se prononce pas. Ni sur les violences policières. Parce qu’on est contre les voyous et pour la police par principe (sauf quand on prend des PV). On n’est pas touché par un tel meurtre. On n’ira jamais en manif pour revendiquer quoi que ce soit de toute façon ni cambrioler quiconque. Ils n’ont qu’à faire pareil et il n’y aura pas de problème !

Et moi, ma position ? Ben je suis horrifié par ce meurtre et je devine à travers lui qu’il y en a plein d’autres qui ne sont pas filmés. Je ne suis pas anti-flic pour autant. Il faut juste que ce ne soit pas trop les plus cons qui prennent toute la place. Je subis comme une violence qui m’est adressée toutes les violences policières gratuites perpétrées lors des manifs. Ça ne veut pas dire que je partage les façons de voir de ce qu’on appelle par commodité les casseurs. Ce n’est pas parce que le racisme me choque que je suis un islamo-gauchiste. Je crains les voyous, moi aussi et les discours racistes venant d’autres communautés me gonflent autant que tous les racismes.

Ce ne sont sans doute que des portes ouvertes que j’enfonce, de la bien-pensance. Rien à foutre, je déteste la bien-pensance, ce terrorisme intellectuel, aussi débile et malveillant que la connerie crasse de certains électeurs de l’autre enflure.

RIP, Mister Floyd.

aouaryou ?

Quelques nouvelles, surtout pour les lecteurs de la famille et les amis qui préfèrent regarder le blog plutôt que passer un coup de fil.

Je suis encore enchampêtré en Charente profonde. L’avantage réside essentiellement dans le fait que j’ai pu jouer du ukulélé comme un sourd à minuit et demie sans risquer déranger les voisins. Le second avantage, c’est que l’on peut bosser en plus du potager. J’ai travaillé comme un malade sur l’approfondissement de mes expériences et à la formation d’une équipe. J’ai envoyé un plan développé de mon bouquin à l’éditrice. Il m’a fallu plus d’une semaine pour le sortir.

Côté tournages, je tourne sur un court fin juin, celui qui était prévu en mars, en Suisse.

Et puis sinon, pas mal pris dans des histoires de retraite car oui, c’est pour bientôt. Et il manque ceci et cela et patati et patata. Je ne sais même pas combien je vais toucher. J’en suis à espérer que ce sera juste un peu mieux que le chômage. Ce qui ne résoudra pas grand-chose. Au moins en aurais-je terminé avec la course perpétuelle aux heures. Aux heures payées, je précise. Parce que si j’avais été payé pour tout le boulot que j’ai fourni, j’aurais pas mal de pognon.

Comme tout le monde, j’ai suivi avec grand intérêt la grande série de l’année, Chloroquine. Ils annoncent une saison 2, je crois. 

Côté politique, je me rapproche chaque jour du désespoir quand j’entends parler ceux qui sont au menu 2022 et, pire encore, quand j’entends mes semblables. Je fais bien de travailler sur l’eau. C’est autrement plus passionnant et plein de perspectives.

Ça ne se lit sans doute pas, mais je suis très apaisé depuis que je bosse sur le bouquin.

La santé ? Ça va. Je me suis mis à la marche nordique.

Le cinéma ? Je l’ai dit. Et mieux vaut ne pas en dire davantage, sinon la santé ça n’ira plus.

Putain, je prends des risques…

Oui, les violences policières existent en France, au-delà même du racisme. Et ceux qui en sont victimes n’osent même pas porter plainte alors que systématiquement ils ont été frappés et accusés dans les rapports d’avoir frappé la police. Je ne raconterai pas encore ces histoires qui me touchent de près pour ne pas porter préjudice aux personnes qui en ont été victimes. Mais 3 personnes dans un cercle très très restreint, ça fait beaucoup. Oui, les gens finissent par avoir peur de la police, mêmes quand ils sont blancs. La violence s’exerce contre les personnes de couleur mais aussi les jeunes et les militants. Arrêtons de nous raconter des histoires.

Dénoncer les violences policières ne signifie pas être contre la police. C’est juste exiger qu’elle fasse son travail et rien que son travail. Il ne consiste pas à infliger des peines corporelles, des peines tout court, sans jugement ni avoir subi la moindre menace, pas plus qu’à rédiger des faux rapports. Quand les autorités couvrent ces agissements minoritaires, elles encouragent à ce qu’ils se généralisent.

Pas si simple

Vous savez donc que je vais sortir un bouquin sur l’eau en septembre 21. Mais les extraordinaires propriétés de l’eau, je les ai découvertes grâce à un appareil inventé par hasard : le DoubleYou. Cet appareil a pour effet sur l’humain de mesurer son énergie vitale ou énergie psychique. En d’autres termes, l’humeur. Mais précisons un peu, même si ça vous semble fastidieux, car ça en vaut la peine.

Cette fameuse énergie vitale, il faut aller du côté de la psychanalyse pour avoir une idée de ce que ça raconte. En résumé et en m’inspirant des travaux de Carl Gustav Jung sur le sujet, il s’agirait de la libido au sens large (plaisir, désir en opposition à frustration, déception) liés à des pulsions de vie et pulsions de mort. En plus de la libido, on ajoutera les notions de sécurité et danger. Ces pulsions seraient guidées par des objectifs archaïques vitaux : faire l’amour puisque vous y pensez, mais aussi manger, aller boire un café avec un pote ou faire votre tour de vélo ou de course à pied. Cette énergie vitale augmente à l’approche de la réalisation de votre objectif et se met à diminuer dès que l’objectif est atteint ou que sa réalisation semble compromise. Oui, le gros salasse va trouver l’exemple des montagnes d’énergie de séduction qu’il va mettre en œuvre pour conclure avec la dame et son endormissement immédiat une fois son objectif atteint. Pour un repas, c’est pareil. Votre énergie vitale augmente au fur et à mesure qu’approche le moment effectif du repas mais se met à diminuer dès que vous avez commencé à manger.

J’ai mené une expérience au mois de février avec une grosse vingtaine de volontaires. Mais le résultat de l’expérience a raconté encore davantage que ce que voulait l’expérience. Chacun d’eux devait se livrer à différentes activités de son choix pendant une heure en notant les horaires. Je leur demandais néanmoins de se livrer à une activité imposée : regarder une vidéo de 6 minutes 30. Je pensais initialement que la vidéo devait mettre de bonne humeur et, de fait, les mesure du DoubleYou étaient nettement et significativement supérieures pour la vidéo que pour les autres activités.

Mais je me suis aperçu que les mesures commençaient à monter bien avant la vidéo et redescendaient beaucoup plus vite après. Ce qui m’a conduit à comprendre mieux ce que je mesurais. Pour 75% des personnes, ce n’était pas le contenu de la vidéo qui avait influencé les mesures positivement mais le seul fait que c’était la seule activité imposée. J’aurais pu demander de balayer la cuisine, c’était pareil. Parce que quand on demande à une personne de faire ce qu’elle veut et de faire le rapport de ce qu’elle a fait, c’est beaucoup plus « dangereux », en tout cas moins confortable que de se livrer à une activité imposée. Une activité imposée est sécurisante. On fait ceci parce qu’on nous l’a demandé. Aucun jugement ne sera porté sur nous parce que nous avons agi à la demande expresse d’une autorité extérieure.

C’est en buvant mon café en terrasse de bistrot ce matin que m’est apparue cette évidence en lien avec mes petites expériences. Quand on est confiné à cause d’une menace, au début on est dans la peur de cette menace mais la sécurité que représente le confinement finit par l’emporter et nous rassurer.

Mais quand on nous dit de nous déconfiner, c’est une autre histoire. Nous voilà de nouveau livrés à nous-mêmes et responsables de nos objectifs vitaux. Fini la sécurité. Pour celui qui reprend le boulot, tout va bien. Il retrouve ses objectifs habituels. Mais pour ceux qui sont sur le carreau, cette liberté retrouvée les met face à leur impossibilité de nourrir un quelconque objectif. Il en va de même pour la personne pour qui le danger extérieur demeure présent.

La communication gouvernementale qui a consisté essentiellement à nous demander d’attendre les nouvelles directives pour dans 15 jours a eu pour effet de nous enlever la possibilité de gérer nos objectifs individuels. D’un côté nous étions rassurés parce que nous savions ce que nous n’allions pas faire pendant 15 jours, mais nous étions pour beaucoup dans la souffrance de ne plus pouvoir nous projeter librement.

En conclusion, le confinement fût un traumatisme mais le déconfinement sera pour beaucoup un second traumatisme, parfois pire que le premier.

On pourrait élargir cette notion de sécurité que provoquent le injonctions à faire ceci ou cela dans un champ plus vaste de la politique. De fait, la communication des fachos qui consiste à brandir nos peurs (danger = baisse de l’énergie vitale) pour vendre leur programme sécuritaire (sécurité = augmentation de l’énergie vitale) est fondamentalement une manipulation très efficace (voir l’installation de tous les populistes sur la planète). Il faudra apprendre à nous méfier de ces manipuations grossières si nous voulons rester libres. Un vaste programme contre nature. La seule façon d’y échapper : construire un objectif vital commun qui fasse rêver.

Septembre 21

Ça change tout, quand on a un objectif à long terme. J’ai eu un coup de fil de plus d’une heure, hier, avec une éditrice d’une grosse maison d’édition. Les fameuses expériences qui montrent certaines propriétés surprenantes de l’eau, je ne vais plus me contenter de les mâchouiller avec quelques copains. Elle a l’air aussi décidée que moi à ce qu’un bouquin sur le sujet puisse voir le jour. Comme elle est très compétente, elle m’a permis en un rien de temps de construire une architecture solide du livre (dont le titre reste à trouver). Sortie prévue pour septembre 2021.

Celui-ci, je le sens très bien parce que je m’y raconte moins et que je mets tout en œuvre pour qu’il fasse davantage de bruit que les précédents. Les cartes en main sont très prometteuses et le sujet est si passionnant et surprenant qu’il a tout ce qu’il faut pour hameçonner la presse (et passionner les lecteurs). 

La différence majeure avec les précédents, c’est qu’il ne s’agit plus des hommes et de leur faculté un brin magique de percevoir des choses invisibles (sourciers) ou de projeter des intentions sur la matière (guérisseurs). On ne se situe plus dans ces sphères dans lesquelles s’affrontent croyants et sceptiques. Le sujet, c’est l’eau. Plus question d’intention, de possibilités d’influencer. C’est l’eau qui s’occupe de tout. Et c’est beau, ce que ça raconte.

Que ça fait du bien de pouvoir recommencer à rêver demain après cette période mortifère de confinement !

Proposition pour lutter contre la pauvreté

C’est bien beau de râler tout le temps. Il faut savoir être constructif.

Pour lutter efficacement contre la pauvreté, je propose que l’on passe le paquet de cigarettes à 20 euros. Je me fonde sur des études scientifiques.

De récentes études nous racontent que depuis la politique vantée par notre très chère Agnès Buzin (et qui consiste à augmenter le prix des cigarettes) a pour effet une diminution de la consommation du côté des classes sociales favorisées tandis que les pauvres continuent voire augmentent leur consommation. Du coup, leur pauvreté augmente encore, générant des angoisses qui ont pour effet d’accélérer le développement de cancers. Résultat, les pauvres meurent davantage et de fait, la pauvreté diminue. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, autant doubler le prix des clopes. Pas con, hein ?!

Un air de liberté

Pour Guy Bedos

Dé-con-finés ! Ouf. Mardi, je vais faire… je sais pas, moi… 112 kms. Juste pour voir ce qu’il y a de l’autre côté du cercle.

Bedos est parti. J’avais aimé ses provocations jamais méchantes, ses blagues machistes d’une autre époque. En termes d’humour, il a été pas mal précurseur d’un genre qui sévit encore aujourd’hui, cet humour qui montre qu’il déconne, ses faux fou-rires, son ton faux pour exprès. On pourrait dire qu’il était aussi un acteur engagé, mais à cette époque, ils étaient un paquet à voir rouge et noir. C’était l’époque qui voulait ça. Aujourd’hui, mes copains les plus engagés, ils se battent pour défendre le glyphosate. Les autres, ils sont comme moi, grandes gueules peu actives en dehors de quelques manifs ou carrément dans le militantisme paranoïaque. Le plus grand nombre attend un peu parce que c’est pas si simple. Une autre époque. Quand une figure meurt, c’est le passé qui surgit pour nous raconter aujourd’hui dans le creux de sa tombe.

Un grand comique d’aujourd’hui, c’est Raoult. Dans la soirée du jour où j’ai écrit l’article sur la chloroquine, il passait à la télé avec Pujadas. J’ai regardé et, surprise, j’ai ri comme un bossu, comme devant un Louis De Funès. Il était tellement trop, le Raoult, dégoulinant de mégalomanie, d’une mauvaise foi à la Cruchot (De Funès dans les Gendarmes), une volonté de mépriser et d’humilier son adversaire. C’était extrêmement drôle. Bon, une fois bien ri, quand même, tu finis par te dire que ce n’est pas un personnage de Gérard Oury mais un vrai mec qui fait quand même un peu peur… Hein, la pilule jaune ? Heu… 

Néanmoins, il y a de quoi rire aussi avec la fameuse étude qui enterre l’hydroxychloroquine…

Hydroxyraoultquine

Par Franck Sabattier — Travail personnel, CC BY-SA 4.0,

J’adore Raoult. Pas la personne. Il a des cheveux ridicules, il se touche toujours la barbe, il a l’air complètement mégalo. Mais, de mon point de vue d’acteur, réalisateur, j’adore la façon pépère qu’il a de dire les choses et le bordel qu’il provoque.

N’allez pas me classer dans la catégorie des pro ou des anti-Raoult. Je trouve cette bataille fascinante parce qu’elle ne parle pas de lui mais du rapport de chacun à la science et à la croyance. 

Je ne sais pas trop où en est la science sur les histoires d’hémisphères du cerveau, de cette histoire qu’il y aurait une partie rationnelle, cartésienne, qui analyse froidement et une autre comme siège des émotions (et des croyances, fatalement), mais ça reste une image qui va m’aider à illustrer mon propos. 

Notre psychisme, qui que nous soyons, est constitué de ces deux pôles. Parfois, nous analysons froidement les situations, nous cherchons des solutions et à d’autres moments, nous nous laissons aller à nos pulsions affectives et à nos croyances. Cela vaut autant pour le poète bouddhiste que pour le sceptique militant. Les deux pensent et s’illusionnent. 

Le premier refait le monde selon ses rêves, ne craignant pas les illusions, prenant parti pour les causes qui lui semblent les plus jolies. Mais cela ne l’empêche pas de passer son temps à résoudre des problèmes bassement matérialistes et concrets, sans quoi il ne survivrait pas. Le second est persuadé qu’on ne lui en contera pas, qu’il est seul à avoir un libre-arbitre. Il ne se réfère qu’à des choses ayant fourni une multitude de preuves avérées par la communauté des diplômés en math-physique-chimie. Mais où est son libre-arbitre si sa vie se résume à attendre 12 publications avant d’oser émettre une opinion ? Les excès de cette attitude n’a-t-elle pas à voir avec celle des croyants, dès lors que cet être raisonnable entre en religion de La Science (ne pouvant pourtant ignorer ses limites et ses lacunes, ses jeux de pouvoir et d’influence) voire s’abandonne au prosélytisme sectaire ? Dans une partie de mauvaise foi, il y a match nul, 1 partout.

Et là, avec cette fameuse histoire de chloroquine, c’est la bataille entre ces 2 personnages qui s’est jouée. C’était jubilatoire à suivre. D’un côté, t’as le mec qui affirme qu’il a trouvé le remède miracle et de l’autre ceux qui se démerdent pour « prouver » que ce médicament est un poison. Sans déconner. La fameuse étude qui est sortie vendredi, il paraît qu’elle comporte des biais, qu’elle est imparfaite. Mais peu importe, on va l’utiliser pour enterrer le trublion.

Mon point de vue sur hydroxychloroquine et la chloroquine, je n’en ai pas vraiment parce que je ne veux pas passer mon temps à éplucher les études et à apprendre comment les lire. Je me dis juste que la réalité se situe vraisemblablement entre les 2 positions qui semblent les seuls choix possibles si l’on regarde la télé. Mais plus profondément, je pense que la science néglige de façon idéologique tout ce qui est d’ordre psychique ou de la conscience (je me heurte depuis des années à ce tabou avec mes expériences). Pour être plus précis, j’ai l’impression qu’il vaut mieux être soigné par un mec non conventionnel qui me dit que je vais guérir si je prends la capsule jaune que par un mec qui me dit de prendre la capsule bleue dont il n’est pas certain qu’elle agisse puisqu’il n’y a pas eu de publication, parce que ça prend du temps de faire une étude sérieuse, etc… Je ne pense pas que Raoult triche sur ses chiffres. En revanche, je ne suis pas certain que ses succès soient liés essentiellement à la molécule utilisée.

Allez, je vais l’avouer. Quand il y a 3 semaines, Raoult nous dit de regarder la courbe de Gauss qui raconte que l’épidémie est saisonnière et qu’elle va disparaître, ben moi, illico, je l’ai cru. J’ai même pas besoin qu’il me dise que les virus, c’est son métier depuis longtemps. Je l’ai cru parce que je pense qu’il est collectivement plus bénéfique de croire que le virus disparaît plutôt que d’attendre les analyses prudentes d’un professeur Salomon. Et ce n’est pas irrationnel. Je m’appuie sur des années de recherches personnelles sur la relation esprit/matière et sur des travaux divers qui ne parviennent jamais à se libérer du statut de pseudoscience ou de charlatanisme, non pas à cause de la nullité de leurs travaux, mais de tous les tabous et préjugés que draine avec elle la communauté scientifique.

J’ai regardé, hier, un documentaire d’époque sur Jacques Benvéniste et la mémoire de l’eau. L’homme n’était pas parfait, beau gosse charmeur, se prenant pour Galilée et Einstein mâtiné d’un Gérard Philippe. Ses études pouvaient contenir des biais mais il s’est passé la même chose que pour Raoult. Ce qu’il osait avancer bousculait tant les théories de la physique classique, que la meute des orthodoxes n’en a fait qu’une bouchée avec des contre-études totalement délirantes et qui, le plus souvent, ne respectaient même pas le protocole original. 

À chaque fois, on procède de la même façon : on décrédibilise la personne dès qu’elle fait un pet de travers et on l’élimine médiatiquement, ses études avec. Franchement, la science, c’est pas joli joli parfois. Théoriquement, c’est parfait, indispensable pour la compréhension du monde. Mais dans la réalité, ce ne sont que des personnes qui veulent du pognon et de la reconnaissance (Raoult compris, la reconnaissance) et sont sujets à divers jeux de pouvoir à l’intérieur d’un cadre figé et réactionnaire destiné à ce que ceux qui sont en place y restent. On ne peut sérieusement se réclamer de la science sans en interroger son fonctionnement.

Covid bilan2

Le politologue

La télé, la radio, tous nous balancent des chiffres affolants sur le fameux Covid19 mais avec une légèreté déconcertante. Personne ne cherche à créer des comparaisons, à analyser de façon globale. Tout part du petit nombril national et se diffuse dans le haut-parleur au service des dirigeants. On nous prévient à juste titre des fake news qui circulent sur la toile, mais, franchement, les médias ne font pas vraiment mieux.

Qui comprend quelque chose à ce virus ? Pas grand monde, parce qu’il ne répond pas à la logique cartésienne, aux cases et aux principes scientifiques tellement étriqués. Pour un scientifique, une personne contaminée va en contaminer x. Sauf que ça dépend de la personne contaminée, des x personnes qu’elle a croisées, de la virulence du virus qui s’est installé dans son corps, de la température extérieure et d’un nombre innombrables de facteurs.

Le virus a fait mourir 44 personnes par million sur la planète. En France, on est à 444par million. En Suède (qui ne s’est pas confinée) 385par million.

Concernant la Suède, j’ai même entendu à la radio que le taux de mortalité était supérieur à celui de la France. Ce qui est faux.

Alors on entend des conneries du genre « en Suède, les gens respectent naturellement les distances sociales ». Ok. Pourquoi l’Afrique pour laquelle on prédisait une hécatombe, est-elle peu touchée ? Le virus y circule pourtant, on ne peut pas dire qu’il y ait une culture du geste barrière, la population est importante, mais, voilà, ça ne prend pas.

Au Brésil, ils en sont à 100 décès par million d’habitants.

Bref, finalement, qui peut dire ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire, en réalité ? On peut bien sûr mettre des décors blancs ou des dorures et y planter des drapeaux pour expliquer que ceci ou que cela, que les scientifiques ceci ou cela. Ça rassure. Mais les scientifiques ceci ou cela, ils feraient bien de faire preuve d’un peu d’humilité et de cesser de s’accrocher à leurs chiffres comme à des bouées de sauvetage. Avec les chiffres, vous allez voir qu’il y en a qui vont vous dire que ce sont les pays chrétiens qui sont touchés (hum, c’est chrétien, la Chine ?). D’autres vous diront que ce sont ceux qui ont le plus d’antennes relais de téléphones portables.

Une chose est sûre. Comme toujours, les médias et les fake-news, main dans la main, se sont appliqués à jouer avec nos peurs. Quant à moi, je ne suis pas du tout certain que les réponses législatives et policières soient les meilleures. 

Donnez à chacun des informations les plus complètes possibles en évitant de prédire sans cesse des catastrophes et je suis sûr qu’il saura apprécier ce qu’il convient de faire. C’est en tout cas une vision plus démocratique que celle du troupeau qu’on prétend protéger et de guider. En disant cela, je sais bien qu’il y a ceux qui ne rêvent que d’être menés, tête basse, à la baguette d’un bon berger. Pour ceux-là, personne ne pourra jamais rien.

Pour avoir accès à des données objectives dans plein de domaines, je vous conseille https://coronavirus.politologue.com. Il recueille toutes les données officielles dans le monde entier.

J’en pouvais plus, il fallait que je le dise

Alors, en préambule : je suis comédien et donc, spécialiste en rien.

N’empêche, que je cherche un peu à m’informer au-delà de la presse grand public et des messages gouvernementaux. En évitant néanmoins toutes les conneries complotistes qui circulent sur le net.

On a donc ici la courbe des cas avérés de Covid 19 en France de janvier au 20 mai. Ce sont les données officielles. J’y ai juste rajouté les décisions gouvernementales (masques, dépistage, confinement…).

Du premier coup d’œil, on peut se dire qu’il n’y a jamais eu autant de contaminés que pendant le confinement. Bon, mais il faut affiner.

On voit que la courbe commence à s’infléchir au bout de 15 jours de confinement. On peut donc en conclure que le confinement a eu un effet bénéfique.

À partir du 11mai, date de déconfinement, il n’y a pas d’augmentation des cas alors qu’il y a davantage de tests de dépistage. On sait par ailleurs que les admissions aux urgences diminuent chaque jour.

Je me pose juste la question suivante : pourquoi un tel laxisme (pas de masques, pas de tests) avant le confinement alors qu’on connaissait l’existence et les effets du virus depuis décembre ? Si on avait agi plus tôt et mieux, un confinement aurait-il pu être évité ou plus court, ou plus tôt ?

Et la seconde question : pourquoi soudain des mesures aussi radicales que les déplacements limités à 100 kms maintenant que les effets de l’épidémie décroissent partout ?

Encore une fois, je ne suis spécialiste de rien. Et il semblerait que, de toute façon, les spécialistes ne sont pas d’accord entre eux.

J’apprends ce matin que les tests sérologiques ne seront disponibles qu’à l’été.

J’aimerais juste que les baltringues au pouvoir ne se croient pas trop autorisés à décider autoritairement de nos vies avec toujours un temps de retard.

J’ai beau n’être spécialiste de rien, je commence à en avoir marre des points d’interrogations générés par les décisions douteuses et souvent décalées de ces branquignoles.

En bonus, l’évolution de la mortalité comparée à 2018 et 2019 :

Source Insee

Conclusion, la mortalité est devenue inférieure aux 2 années précédentes, comme en mars.

Le jour où je me suis senti papillon

papillon dans mon jardin

Planté devant la feuille blanche, je me suis mis en devoir de faire un article de blog. Mais voilà que rien ne vient, que rien ne sort, si ce n’est c’est impossibilité de trouver quelque chose à dire. 

Si je parle des nominations D’Alexis Michalik aux Molières, on va penser que je fayote. J’ai vu Une Histoire d’Amour et j’y ai vécu un immense plaisir de spectateur, alors que je ne suis pas le public idéal, particulièrement pour les amis. Marie-Camille Soyer, belle surprise de la voir nominée elle aussi. Elle est parfaite dans cette Histoire d’Amour. Voilà. Envie de parler des autres.

Par ailleurs, j’ai encore expérimenté hier mon invention qui raconte que l’eau se connecte au vivant de façon mesurable. J’avais levé le pied pendant le confinement. Mais à chaque fois que je m’y remets et que j’ai sous les yeux les résultats incroyables, je me retrouve aussi face à l’abîme qui me sépare de mes semblables. Regards fuyant devant un truc trop « énorme » venant d’un mec trop ding dong.

D’un côté la réussite et la reconnaissance, de l’autre, le sentiment d’impuissance. C’est peut-être de cela que mon inconscient voulait me faire parler.

D’ici 3 jours

JAQUETTE

Mon agent nous a fait savoir qu’il serait bon de profiter de ce temps où nous ne pouvons pas travailler pour refaire nos bandes démo. Ma dernière datait de 2014. De fait, si je suis très absent du web pendant quelques jours, c’est que je suis occupé à ça. On en arrive là. On doit prévenir de nos absences publiques, maintenant.

Mais revenons à ces fameuses bandes-démo. La précédente, je l’avais faite un peu comme un CV. On m’y voyait jouer dans différents films à différentes périodes de ma vie. Mais à quoi cela sert-il de montrer que l’on a déjà joué et, si possible, pas trop mal joué ? Quand un casting a besoin de vous, c’est pour un rôle bien précis. Il va donc privilégier un acteur qui, par hasard, a montré qu’il avait déjà bien joué un rôle qui ressemble au personnage pour lequel on a besoin de trouver un acteur potentiel.

Pour la future bande démo, je vais tenter un truc qui ne se fait pas a priori. Parce que j’ai pour principe de vie de faire des choses que je n’ai pas déjà vues ou qui vont à l’encontre d’une norme ramollie et bien-pensante. Ma bande démo sera donc comme moi : plutôt clivante. Il y aura ceux qui aimeront et ceux qui détestent parce que c’est pas pareil que les autres. Ben oui, ceux qui font différemment sont vécus souvent comme dérangeants ou tout simplement comme des petits cons prétentieux.

Dans les faits, pourtant, quand on fait appel à moi pour des castings, depuis quelques années, c’est le plus souvent pour jouer le suspect ou le coupable dans les séries policières. J’ai tellement joué ça que, désormais, je rate systématiquement (et involontairement) tous les castings dans lesquels on me demande de rejouer la même chose : le mec qui a l’air louche qui va orienter vers une fausse piste ou le gars d’extraction populaire qui porte en lui une grosse faille qui va le faire passer à l’acte. En fait, je crois que je ne sais plus jouer ça. Je n’y arrive plus parce que ça ne m’amuse plus. Est-il possible de jouer sans plaisir, sans désir ?

Mon vrai créneau de jeu, celui pour lequel je n’ai aucune lassitude, c’est la comédie ou les films de genre ou d’époque, les personnages lunaires, décalés, burlesques, poétiques, dans l’espace, obsessionnels à forte caractérisation, naïfs imbéciles ou en colère. Ce sont eux qui résonnent le mieux avec ma vibration énergétique intime (Du Filho, Rufus, Villeret…). C’est sûr que dans ce créneau, il n’y a pas beaucoup de personnages parce que notre monde adore les drames réalistes dans lesquels les gentils et les méchants sont reconnaissables au-delà des limites de circulation en période d’état d’urgence sanitaire. C’est comme dans l’actu : les vilains gilets jaunes, le trop violent Mélenchon, les salauds des cités, les dépravés de l’argent. Le monde se police à tous les sens du terme.

Bon mais, je bavarde, je bavarde. J’ai une bande démo à faire !

Mon 11 mai

libération

Qu’est-ce qui est plus insupportable que d’être dans l’attente, de ne pas avoir les éléments qui te permettent d’envisager le futur ? C’est ce que produit le déconfinement, en fait. Au moins, confiné, tu te dis que tu n’as le choix de rien.

J’ai l’habitude de ce genre de situation. Dès que l’on fait des projets artisitiques, leur réalisation dépend de multiples intermédiaires qui prennent leur temps pour lire, prendre des décisions, se réunir, attente des résultats de diverses commissions pilotées par des spécialistes plus ou moins contestables… Professionnellement, on attend, on s’habitue un peu, même si on fulmine souvent. Ces interdictions de se projeter finissent quand même par miner le moral.

Avec cette période post-confinement, c’est la même chose, mais on a l’impression que cette situation spécifique est désormais généralisée.

J’ai droit à la retraite grâce à mon activité professionnelle précoce depuis le mois d’avril. Mais impossible d’avoir un rendez-vous téléphonique et les réponses aux messages écrits sont le plus souvent totalement inappropriées.

Dans le village où je me suis confiné, on devait avoir des masques à disposition au bureau de tabac le 4 mai + d’autres distribués par la mairie avant le déconfinement. Mais personne n’a été livré.

Ce rayon de circulation de 100 kms me coupe de tout accès à ma famille et mes amis ou à mon milieu professionnel. Rentrer à Paris sans activité ? Tout rassemblement public interdit ? La question se pose. Mais se retrouver bloqué là-bas, en appart, sans boulot, sans loisirs, je ne suis pas certain.

Et quand tu vois que les décisions dépendent du monteur de tigres, de Véran, Philippe et Rantamplan, tu n’es pas certain que tout sera fait avec bon sens.

Si tu ajoutes à cela que tu constates que beaucoup de gens que tu connais se laissent aller soit à l’adoration de Son Altesse, soit au complotisme le plus imbécile, tu finis par te sentir un peu isolé sous la pluie et le vent.

Bref, le 11 mai jour de libération ? Pas certain.

Bad trip

trip

Dans la perspective du déconfinement, je me suis un peu lâché. J’ai trouvé un champignon dans le jardin. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Il ne me serait jamais venu à l’idée auparavant  de cueillir un champignon, comme ça, sans le connaître, pour le porter à ma bouche.

Il n’était pas très bon. Mais presque aussitôt, ma tête se mit à tourner. Je voulais regagner la maison mais, rien à faire. Tout tanguait autour de moi comme si je fus sur un bateau pris dans la tempête. Je me suis accroché au mât. Enfin, au tronc du cerisier. Et comme il me semblait qu’un vent monstrueux se mettait à souffler dans mes oreilles, je me suis laissé tomber au pied de l’arbre. Je sentais ma mort toute proche. Je n’avais même plus peur. Je savais que l’inéluctable était là, enveloppant, presque rassurant.

Couché au sol, ballotté comme une chiffe, j’entendis une voix. Une voix d’homme qui semblait théoriser sur ses chances d’accoster sans encombre. Je me risquais à ouvrir un œil. L’homme était barbu et assis en une étrange posture. Il m’est difficile de la décrire. Il avait, non pas la tête dans les mains mais les mains dans la tête. Oui, c’est ça. Ses mains étaient entrées dans sa tête. Mais ça ne saignait pas. Je fus pris alors d’une soudaine colère qui me fit me redresser : Au lieu de théoriser sur le naufrage, tu ferais mieux de descendre à la cale pour voir s’il y a du fromage et du jambon, lui lançais-je en bavant un peu. Sans doute le mot fromage se rapprochait-il du mot naufrage et mes neurones m’avaient-ils abandonné sous les effets du champignon pour s’en aller gambader à leur guise. Mais d’où sortais-je le jambon ? Je ne sais toujours pas.

C’est alors qu’apparût au-dessus de nos têtes une boule rouge d’où sortaient une multitude de petites trompes. Elle semblait tournoyer dans les airs à quelques mètres de nous, menaçante. Nous savions intuitivement que si par malheur elle parvenait à nous toucher, nous tomberions à jamais dans les abîmes. J’avais l’impression confuse que cette menace ne visait pas que nous mais l’humanité toute entière.

Je fus alors emporté par un élan héroïque qui me fit me redresser encore davantage. Je sentais maintenant que le sort de la planète reposait sur mes frêles épaules. Mais la boule rouge virevoltant dans les airs devait lire dans mes pensées. Elle s’enfuit. C’est alors que je sifflai, la bouche dans mes doigts (oui, je sais, c’est impossible a priori). Deux tigres qui broutaient les plants de concombre dans mon potager relevèrent la tête. M’apercevant, ils accoururent vers nous. Ils avaient compris. Nous les enfourchâmes avec mon compagnon de naufrage et nous élançâmes à la poursuite de la boule. Dans le ciel, une sorte de calendrier 2020-2021 se forma, apparaissant et disparaissant par intermittence. Puis tout devint blanc. Et je vomis.

J’espère que personne, après mon témoignage, ne se hasardera à ingurgiter un champignon dans son jardin s’il n’en connaît pas l’espèce.

Pour ceux qui ne s’intéressent que de très loin à l’actualité culturelle : Ce texte est très inspiré d’un certain discours sur la culture. Non, je n’ai pas mangé de champignons…

Toutes mes conneries vidéo-confinées

blog

Et voilà que le premier confinement se termine. Il aura été long, laborieux, anxiogène.

La seule chose que je suis parvenu à faire, c’est des conneries, chansonnettes ou vidéos potaches, pour nous distraire. C’est ce qu’il restera de mon nomansland temporel.

Le première chanson avec image animée fût « le monde de demain ». C’était au moment où nous nous rendions compte que ceux qui faisaient marcher la boutique étaient ceux qui étaient descendu dans la rue.

Pour le second clip, c’est Raph Charpentier, le copain musicien d’Intra-Muros a fait la musique. Un délire surréaliste sur la situation de confiné.

Toujours Charpentier pour la musique pour ce clip qui raconte la communication à 15 jours de nos gouvernants.

Là, ce n’est pas une chanson, mais un tuto interminable à la façon Édouard Philippe… Ça dure 13 minutes, mais ça vaut la peine d’aller au bout (contrairement aux tutos d’Édouard Philippe)… (gros succès)

Plus potache, le tuto 2 mais beaucoup plus court, avec un clin d’oeil à Raoult.

Une chansonnette pour finir, ritournelle entêtante qui interroge sur la notion de Bisounours.

Voilà quelle fût ma façon d’exister un peu en cette période qui laissera des traces (pas moi, la période).

Lundi, bouger sans remplir une autorisation… Bon déconfinement !

Madame Irma parle de Son Altesse

SAS

J’avais parié que Son Altesse allait tout lâcher pour les intermittents. En effet, les artistes sont réputés pour ouvrir leur gueule en argumentant et certains ont une réelle influence sur la pensée collective. On préfère toujours se les mettre dans la poche.

Ce n’est donc pas les mesures pour la culture annoncées par Son Altesse qui m’ont surpris. C’est le ton, la forme. J’avais l’impression que Son Altesse était soudain investie d’un nouveau personnage : le grand réformateur qui va changer le monde de demain avec imagination, volonté, voulant surprendre tout le monde, opérant un virage à gauche tel que le fit Roosevelt avec le New Deal.

Car oui, Son Altesse est romantique, passionné à ses heures. Peu importent les convictions profondes, c’est le rôle qui l’emporte. La beauté du personnage.

Et si Mélenchon allait finir par voler au secours de Macron ?

Imaginons deux secondes que Son Altesse mette en pratique ses paroles et veuille tout chambouler pour une politique où l’état est fort, décide, protège (une vraie politique socialiste, pas à la Hollande). Pensez-vous que cela se passerait comme ça, facilement ?

Quand on demande trop d’efforts au peuple, quand on le saigne, il descend dans la rue et crie. Alors on le matraque, on le gaze, on dénonce la violence des gens trop radicalisés, on laisse pourrir et tout finit par se tasser. Ça marche comme ça quand le peuple est en colère. Mais si l’on demande au pouvoir du pognon de faire des sacrifices, là, ça ne crie pas, ça ne descend pas dans la rue, ça ne fait pas de bruit. Mais ça agit dans les tours de la Défense, sur les plages de Caraïbes, ça téléphone, ça prend la fuite, ça place ailleurs, ça démolit tout ce qui pourrait aider aux projets bolchéviques. S’il le faut, il y a suffisamment d’argent pour faire dézinguer les gêneurs et monter de faux mouvements sociaux pilotés par les mafias. L’histoire est pleine de ces réactions du pouvoir de l’argent. Ce n’est pas une vue complotiste. C’est de l’histoire.

Je ne suis pas certain qu’il soit complètement naïf et vain de porter un regard sur les situations comme sur un théâtre de marionnettes, n’en déplaise aux « c’est-pas-si-simple ». Si la pensée peut sembler complexe, les actes restent guidés par des pulsions archaïques. Nous oublions trop vite que nous sommes des animaux. Ne craignons pas d’êtres bêtes puisque nous le sommes.

Pourquoi Sarko, Hollande, Macron, commencent-ils leur mandat en faisant des gros cadeaux aux fortunés ? Je parierais que c’est moins par conviction économique sincère que par peur de se voir emmerdé. Pour les artistes, c’est pareil. Les gouvernants ont peur de ceux qui pensent et s’expriment. Il vaut toujours mieux payer pour obtenir des bouffons. La pensée est sous contrôle. Enfin, une illusion de contrôle qui ne tient jamais bien longtemps.

Félicitons-nous de ces gestes pour les intermittents, quelles qu’en soient les motivations ! Et si son Altesse veut endosser un nouveau costume, qu’elle le fasse !

Oui, la période que s’annonce va être passionnante.

PS : Alors, le sujet de l’article n’est pas sur la qualité des mesures mais sur la posture de Son Altesse. Ensuite, je ne dis pas qu’il a viré à gauche mais « imaginons que ». Voilà…

Une chanson Bisounours

Une fois n’est pas coutume, j’ai commis une chanson Bisounours. L’effet de la campagne, du soleil, je sais pas.

La chanson initiale était plus longue, trop longue. Et la raccourcissant, je la trouve trop gentille. Mais bon, pour une fois…

Les divas

castafiore

Au début, ils étaient tellement dépassés par les événements que c’était le bordel obligé. Mais maintenant, nous mettre dans l’attente d’annonces est devenu une stratégie. On vous en dira plus en fin de semaine. Avant c’était dans 15 jours. 15 jours, ça semblait être la formule la plus utilisée par le gouvernement.

Tu veux regarder le premier ministre faire son discours à l’assemblée, mais tu ne sais pas où. Alors tu te doutes bien que c’est sur BFM. Mais pour ce qui est du débat des députés qui va suivre, tu auras pour mission d’aller chercher sur quelle chaîne ça se passe.

Aujourd’hui c’est le tour de Macron. Il a annoncé il y a plusieurs jours qu’il ferait un discours sur un plan culture. Fatalement, quand tu bosses dans ce domaine, tu as envie de savoir le plus vite possible quel sort nous sera réservé (même si a priori c’est idiot d’attendre puisqu’au pire, tu le sauras aux infos suivantes). Mais quand parlera-t-il ? Sur quelle chaîne ? Démerde-toi ! Tu as appris ce matin qu’il commencerait pas une visio-conférence avec des artistes (tu ne sais pas lesquels) et qu’il fera ses annonces après. Comme si celles-ci allaient tenir compte de cet entretien avec des artistes. Quel cinéma !

Avec cette histoire de virus, le gouvernement a compris qu’on était tous suspendus à ses décisions, dans l’attente des ordres et des consignes. C’est mieux que dans le plus beau de leurs rêves. Les voilà devenus un deux mois les maîtres absolus de nos destinées.

Et vas-y que je te blablate, que je joue la longueur, que je me fais désirer, que je te distille en deux heures des infos qui auraient pu prendre trois minutes. Vivement que le virus s’éteigne. S’ils ne l’ont pas chopé, ils ont chopé le gros melon, eux.

Tuto 2

Voilà. Celui-là est beaucoup plus court que le premier.

Bon, j’avais fait un long texte d’excuse et préfère vous laisser seuls juges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est aussi beaucoup moins réussi. Je le mets quand même pour témoigner de la difficulté d’être drôle à tous les coups. Je fais partie de ces instinctifs qui ont besoin de se réinventer à chaque fois pour trouver le ton juste. Sinon, je n’ai plus de substance. Je rapprocherais ça du métier d’acteur. Je ne suis pas certain de réussir plusieurs fois la même prise au cinéma ou de faire deux bonnes représentations d’affilé au théâtre. Il me faut toujours une possibilité de réinventer quelque chose pour que ce soit habité, sinon, je m’étiole.

Quand un mec fait un premier film génial, s’il reste sur le même registre pour le suivant, tu peux être sûr qu’il va se planter. L’effet de surprise est passé. Mais du coup, ça me laisse une possibilité pour le tuto3 de faire mieux que le 2.

Vient ensuite la question de l’humour. Le second degré est difficile d’accès et très clivant, comme ils disent (je ne parle pas du toto2 mais du 1 ou des chansons). Quand je fais une vidéo de 13 minutes pour parler de la vacuité des conférences de presse gouvernementales et de leur longueur interminable, il se trouve toujours des gens pour se dire que je me prends réellement pour Édouard Philippe ou que c’est vraiment trop long. Le second degré implique une connivence déjà établie dans les codes et la pensée de celui qui balance et ceux qui reçoivent.

J’ai toujours adoré Louis De Funès et ses excès, par exemple, mais je peux vous dire qu’au moment où ses films sortaient, les artistes intellos étaient peu nombreux à rire aux éclats. On regardait ça avec condescendance. On trouvait ça grossier, limite vulgaire. Et puis avec le temps, les artistes intellos se sont mis à aimer Louis De Funès, quand il est mort, comme ils ont fini par aimer Dalida ou Claude François.

Faire rire en son temps, c’est un sacré sport. J’admire les humoristes doués comme Blanche Gardin aujourd’hui, par exemple. Et j’ai beaucoup de compassion pour les humoristes fonctionnaires des radio publiques qui doivent tous les jours être drôles et qui rament comme des galériens (sauf rares pépites).

L’humour est trop compliqué pour répondre à des plannings.

On nous ment ?

illus

Mensonge, définition : Le mensonge, est l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité, ou encore la dissimulation de la vérité.

Dans la communication gouvernementale sur les masques, on peut en effet considérer qu’il y a eu mensonge, particulièrement au départ de l’épidémie. Et comme je fais des articles, des chansons ou vidéos qui prennent parti contre les gouvernants, certains s’imaginent que j’appartiens à la grande secte des complotistes (on nous ment !) dont les gourous sont les pires menteurs de la terre et sans doute les plus dangereux. Du coup, je reçois en message privé des tas de vidéos dont les commentaires nous invitent à vite regarder ça avant que ce soit censuré. Et on me dit que Bill Gates tue à tours de bras en Afrique à coups de vaccins pourris et qu’il en profite pour injecter à la population des puces biométriques, par exemple. On raconte encore plus de conneries que celles qui sortent de la bouche d’un ministre.

L’univers de la fiction paranoïaque déroulée par ces complotistes tient de la science-fiction à deux balles. Il y a les personnages très très méchants. Tellement méchants qu’ils finissent par en avoir les oreilles pointues ou se faire des signes d’appartenance que l’on peut capturer sur des vidéos. Le vrai pouvoir serait tenu par une cellule de puissants liés aux extraterrestres (ou infraterrestres) dont l’objectif est de nous saigner un à un et de nous faire croire que la terre est une sphère. On nous dit que, comme par hasard, Édouard Philippe a fait 12 pas pour se rendre au pupitre, 12 étant un nombre magique de la Cabale utilisé chez les juifs et les francs-maçons.

Alors, pour clarifier mon point de vue, il n’est pas question de dénoncer les mensonges des uns pour aller adhérer aux mensonges des autres. Car, ces autres-là, leur objectif est de répandre la haine et de laver le cerveau, d’empêcher de penser comme nous pourrions le faire en observant simplement les faits que nous avons sous nos yeux. Pour les complotistes, tout est fake-news. Tout est faux.

Ça produit quoi, l’idéologie complotiste ? Le pire populisme. Le complotisme conduit au pouvoir les pires idiots que la terre ait connu : Trump, Bolsonaro, par exemple, ce dernier venant d’organiser des manifestations contre les soignants. Chez nous, ça serait la Le Pen.

La vérité existe-t-elle ? Je conclue Manigances en faisant dire au narrateur que la réalité est un consensus éphémère. Cela ne signifie pas que tout est faux ou que rien n’est vérité. Il convient juste de nuancer les croyances qui prétendent à la vérité, qu’elles soient officielles ou pseudo-officielles.

Alors, s’il vous plait, évitez-moi vos vidéos complotistes. Il y a suffisamment à dénoncer en se contentant de ce qui est visible et avéré sans avoir besoin d’inventer des mondes sombres et cachés.

J’ai choisi très tôt la fable écolo-marxiste. Au fond, c’est l’anarchie et la liberté qui veillent et me tiennent debout. Je ne crois en rien que je ne puisse vérifier par moi-même de la façon la plus objective possible.

Ce petit rappel semblera naïf à quelques-uns. Je m’en fous. Si je le fais, c’est qu’il me semblait utile tant je constate que la connerie circule en privé. Ça me fait de la peine quand ça vient de personnes que j’aime.

Tuto Citoyen 1

Fan de la première heure de la communication gouvernementale, claire et concise, je me suis dit que, nous, citoyens, devions nous engager aux côtés de l’État pour égrainer une parole simple et constructive, destinée au plus grand nombre. C’est ainsi que j’ai eu l’idée de créer des « tutos » citoyens, pour le bien commun. En Marche !

Sachant que nous sommes des millions à suivre des conférences dont nous tirons tous quelques informations et pas mal de questions, je me suis dit que vous accepteriez de regarder cette vidéo de 13 minutes (one shot, zéro préparation, pas de montage) très instructive.

Merci à vous, c’est pour vous.

Ça tient à pas grand chose

chien

Bonjour. Je profite du confinement pour faire plein de choses passionnantes et j’ai hâte de voir arriver le 11 mai pour retrouver une vie sociale plus intense. Nous avons eu un mois de mars formidable d’un point de vue météorologique. On se serait cru en été. La pollution a beaucoup diminué en cette période de confinement. Il faut nous en réjouir. Là, je vois le ciel s’assombrir. C’est chouette, on va avoir de la pluie. C’est tellement bien pour la nature. Je me régale chaque jour de voir sortir les pommes de terre, grossir les fraises, chanter les oiseaux dont certains sont revenus fraichement d’une longue migration. Visiblement ils sont heureux. Bref, tout baigne. Quelle joie.

Que j’aimerais écrire des choses comme ça et m’en contenter. Vous ne trouvez pas que je suis assez négatif et en colère, en général ? Je sais.

En fait, c’est par excès d’optimisme. C’est juste parce que je crois en la justice sociale. En l’égalité, la liberté, la fraternité. Je crois que notre monde peut changer positivement, de façon dynamique, avec la responsabilité et l’envie de tous et de chacun.

C’est sans doute ce décalage entre ce qui me semble possible, ma foi en l’humanité, et la confrontation quotidienne à une réalité tellement différentes qui crée en moi cette zone de conflit intérieur qui me fait régulièrement sortir de mes gonds.

Il suffirait que je ne m’occupe que de Moi et de mes projets personnels. Je devrais me dire qu’il y a plus malheureux, que l’ordre du monde n’est peut-être pas bien juste mais que ça a toujours été ainsi, qu’il est naturel qu’il y ait des gouvernants, des gens très riches qui nous permettent de survivre. Vous préférez la Corée du Nord ? Je n’ai qu’à me dire que mes seuls ennemis, ce sont les gens qui habitent près de chez moi, vivent aussi bien que moi alors qu’ils ne le méritent pas. Je n’ai qu’à m’agacer de voir ces gens manifester, faire grève et troubler le bon ordre des choses. Je n’ai qu’à accepter sans broncher de voir mes droits sociaux sans cesse restreints par souci d’équilibre de comptes. C’est tellement normal, les restrictions budgétaires. On ne va pas dépenser plus qu’on ne gagne, quand même ! Quant aux libertés dont on dit qu’elles sont attaquées, je devrais n’en avoir rien à faire puisque Moi, je suis honnête et droit. Je devrais regarder d’un œil méfiant ceux qui sont différents de Moi et m’extasier devant les petites choses tellement belles et joyeuses en fermant les yeux sur tout le reste.

C’est ça. Il suffirait que je sois un chien. Un animal domestique. Mais je n’ai pas eu cette chance.

Aujourd’hui, humeur de con. J’assume.

C’est trop long !

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Bon, le confinement, ça commence à faire long, là. Il suffirait, semble-t-il de rendre le masque obligatoire, dépister à fond et mettre les contaminés en quarantaine. Enfin, si l’on en croit les scientifiques. Non parce que, dans les faits, le confinement aujourd’hui, dans les rues, ça ressemble de plus en plus à avant le confinement. Et les gens se promènent sans masque, donc contaminent potentiellement ceux qu’ils croisent.

Quant aux scientifiques, un coup t’as une étude qui dit que la nicotine a un effet bénéfique contre le virus, une autre qui dit qu’il s’éteint avec les températures élevées et l’humidité quand à Singapour (temps humide et chaud) le virus provoque une deuxième vague d’épidémie qui oblige au confinement.

On nage dans des informations contradictoires, y compris scientifiques. Petite parenthèse aux scientistes : acceptez l’idée, preuve à l’appui, que la science est une croyance de plus et qu’elle est très subjective, animée d’idéologie et de jeux d’influences.

Pas étonnant, dans ce brouillard, que personne ne sache plus quoi penser ni que faire. On finit par se sentir enfermé, juste parce que les gouvernants n’ont pas les moyens stratégiques de gérer selon les priorités réelles. La pensée des annonces se confond avec la gestion des stocks et les capacités de production.

Le modèle libéral montre ses limites de partout et son incapacité à gérer le sanitaire, le social. Tout repose sur un modèle économique théorique où tout va bien. Enfin, tout va bien pour le pouvoir de l’argent qui fait que ceux qui produisent les richesses et assurent le bon fonctionnement de la société sont les plus mal payés (cette crise nous l’a démontré sans avoir besoin de publication). Le mot réforme a changé de sens pour signifier dissolution continue des droits sociaux. La production de richesses se fait au détriment de la flore, de la faune, des équilibres environnementaux, mais on s’en branle.

L’État rechigne à réouvrir une entreprise bretonne qui fabrique des masques quand elle déploie des milliards pour aider Air France et Darty-Fnac. Le MEDEF demande un moratoire sur les obligations environnementales. Le monde de demain semble ne tirer aucune leçon et campe sur son modèle pollueur de la surconsommation.

Nous vivons tout cela depuis des décennies et portons Macron au pouvoir. Sommes-nous donc masochistes ? Ne comprenons-nous rien ? Sommes-nous aveugles ? Avons-nous perdu la parole, la pensée ?

Le premier qui me répond « c’est pas si simple » je… je… bref.

Une petite expérience rapide

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Dans le JT de 13:00 de France Inter, 2 à 3 minutes sont consacrées au spécialiste des serial killers que l’on suppose être mythomane. Il aurait triché sur son CV.

On est bien d’accord que tout le monde se contrefout de cette info dont on est en droit de se demander pourquoi la rédaction a choisi de la placer dans ce JT de 13:00.

Alors je vous propose une petite expérience pour essayer de percer ce mystère.

Donc, un spécialiste mythomane qui a menti sur son CV… Sans réfléchir donnez-moi le nom de la première personnalité qui vous vient à l’esprit. Plus il y aura de réponses, plus ça sera intéressant.

Je précise que ce n’est pas une blague et que vous ne devez pas vous demander ce qui me ferait plaisir pour faire rigoler mais réellement la première personnalité qui vous vient à l’esprit.

Merci d’avance.

Le cinéma me manque

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Revenons aux humeurs passagères. Ici, c’est le brouillard, l’automne, la rentrée. Nous avons connu le printemps et ses éclosions magiques, puis l’été et le plaisir de dîner dehors, aux derniers chants des oiseaux qui se souhaitent la bonne nuit et des grenouilles qui profitent de la tombée du jour pour lancer leur concert nocturne.

J’ai mis à profit le confinement pour faire de la chansonnette et lancer la phase 2 assez décisive de ma recherche sur l’eau. Mais ce qui raconte ce que je suis profondément se joue la nuit, dans les rêves. De ce côté-là, aucun doute. Mon être vibre au rythme du cinéma, tantôt comme acteur, tantôt à réaliser des films. Au réveil, tout le reste, aussi passionnant soit-il, la chansonnette, les expériences étranges, la politique, ne sert qu’à tromper l’attente, combler le vide.

Oui, je sais. C’est un peu comme si je déclarais ma flamme à Sophie Marceau (je suis allé chercher la femme préférée des Français).

Pour dire que…

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Depuis que je me suis mis à faire de la chansonnette, ça me prend un temps de dingue, comme dirait l’autre (celui qui considère que le temps, c’est de l’argent). Ceci explique mon absence des réseaux (entre autres).

Globalement, je commence à en avoir plein les bottes d’être pendu aux paroles floues de cette bande de gouvernants. À chaque fois, on voit bien que leurs décisions sont mal assurées et répondent avant tout à leurs lacunes.

Allez, tout va bien ici et j’espère qu’il en est de même pour vous.

Tiens, l’autre jour, j’ai fait de la gelée de pissenlits. Pas mauvais du tout.

Un entretien dans le magazine Komédie !

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LES CASQUETTES À BLANCAN

À 61 ans, Bernard Blancan est l’inventeur du Théthyscope, un appareil qui, par un phénomène quantique se produisant en électrolyse, connecte un récipient d’eau aux humeurs d’une personne à distance. Cette découverte majeure sur des propriétés de l’eau et son rapport à la conscience lui vaudraient, dans un monde libre et ouvert, un prix Nobel. Mais voilà, Blancan, il n’est ni biologiste, ni physicien quantique. C’est un saltinbanque, acteur, réalisateur, sourcier, musicien, blogueur, auteur, chansonnier… Sa découverte a toutes les chances de se retrouver aux oubliettes de la science. Partons à la rencontre de ce curieux personnage un peu bancal, revendiquant sa liberté de penser et vantant les mérites d’une forme de médiocrité créatrice.

Bernard Blancan, quel enfant étiez-vous ?

Un amoureux. Je tombais amoureux des filles les plus folles et inaccessibles. Je me faisais l’ami de tous les gamins rejetés, Arabes, gitans, laids, bizarres. J’étais en admiration devant les coquelicots, boutons d’or et marguerites dans les champs de blé, les fleurs d’acacia que l’on mangeait, des fougères dont on faisait des cabanes. J’aimais me percher dans les arbres pour défier mon vertige. Aux chiottes, j’imaginais que les feuilles de PQ étaient des lettres d’amour. En classe, j’étais un clown imbécile.

Le théâtre, la musique, le cinéma dans cette période ?

À 15-16 ans, je devais être déjà aux jeunesses communistes. Avec des copines, on a fait nos premiers spectacles mêlant chansons engagées et théâtre. Mon père me prêtait sa caméra super 8 et je rêvais de faire des clips pour Pink Floyd.

Vous avez fait beaucoup de théâtre ?

Oui, au départ. J’étais à Bordeaux et je faisais du théâtre amateur avec le théâtre en Planches. Je n’imaginais pas devenir professionnel. Amateur, c’est celui qui aime, aimais-je à dire. Et puis j’ai fait le conservatoire en amateur, en cours du soir. Admirateur de Jean-Pierre Nercam, un metteur en scène dont j’avais été subjugué par un Godot magistral, j’ai fait un IUT carrières sociales, juste parce qu’il y était prof, plutôt que faire le conservatoire professionnel. Je détestais les acteurs qui se la racontent. Et puis j’ai joué avec plein de troupes bordelaises en refusant de m’incruster dans une, j’ai monté une compagnie avec la volonté de surprendre toujours, passant d’un Beckett à du café-théâtre en passant par Audiberti. Mais quand j’ai voulu adapter un Kafka, je me suis heurté au mur des institutions. On m’a dit : ce qui est compliqué, c’est qu’on a du mal à vous cerner. On vous voit faire le pitre avec des personnages à accent. Mais là, c’est un gros projet sérieux. À partir de ce jour, j’ai décidé d’abandonner la création théâtrale. Allez vous faire foutre ! J’ai fait l’acteur pour Lenoir, Blanloeil, Tiberghien, Cojo, Berdot, Mauget, Olliver… Un jour, j’ai fait un stage-spectacle avec Christian Collin. Un expérience très forte autour de La Tête Vide de Guérin. Collin m’a dit qu’il fallait que je parte à Paris. J’y ai réfléchi pour finalement décider que non. Et du coup, j’ai arrêté le théâtre et passé le concours d’instituteur avec succès.

Comment êtes-vous venu au cinéma, alors ?

Grâce à l’IUT. J’y ai rencontré des gens comme Philippe Lespinasse, Pierre Carles et Yves Caumon. Je jouais dans les films super 8 de ce dernier. Puis il a fait la Fémis et m’a fait tourner dans ses courts-métrages. C’est dans sa promo que j’ai rencontré Hélène Angel. Yves a continué à me faire tourner dans ses films (Cache-cache, par exemple) et, en 99, Hélène m’a offert mon plus beau rôle de long-métrage dans Peau d’Homme Cœur de Bête. C’est là que je suis parti à Paris pour essayer d’y faire l’acteur.

Et en 2006, la consécration. Vous obtenez un prix d’interprétation à Cannes !

Oui, pour Indigènesde Rachid Bouchareb, avec mes camarades de jeu Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Samy Nacéri. Un moment magique. Un conte de fée que j’ai vécu comme une reconnaissance inouïe, un aboutissement.

Et pourtant, votre carrière semble s’arrêter à ce moment…

Oui, c’est comme pour le virus. C’était le pic, suivi d’un plateau et d’une descente assez rapide.

Pourquoi, d’après vous ?

Parce que je n’étais pas préparé à plonger si tard dans le grand bain. J’ai continué à ramener ma fraise comme dans le pédiluve. Mais dans le grand bain, ça pullule de requins ambitieux et fébriles. Quelques-uns n’ont fait qu’une bouchée de moi (avec le sourire).

Des noms ?

Ça va pas, non ?! Mais, dans ce grand bain, il s’est trouvé des gens très bien qui ont permis à mes restes de vivre encore un peu sur les écrans. Laurent Teyssier, Philippe Fernandez, Cédric Jimenez, Serge Moati, Jean-Philippe Amar par exemple.

Vous tenez un blog depuis 2004, vous pensez que ça a quelque chose à voir ?

Certainement. Mais pas à cause de ce que j’y écris. Je n’ai jamais rien balancé. Je suis un trouillard, un médiocre, un rebelle de pacotille. Non, c’est pas à cause de mes écrits, mais à cause de ce que s’imaginaient les requins qui ne sont pas très intelligents. Mon blog était une menace potentielle pour eux. C’est juste ça. Un fantasme dans leurs têtes.

Vous savez, ce blog, c’est un éloge de la médiocrité. La médiocrité est notre lot commun, en réalité. L’humain, quel qu’il soit, a ses limites, ses failles, ses faiblesses. On croit toujours comprendre quelque chose quand nous ne faisons que croire à ce qu’on nous raconte ou à ce que nous nous racontons. À travers les personnes que l’on admire, on ne fait que projeter des personnages irréels, des personnages de fiction. L’humain est tellement plus piteux, en réalité. Quand j’écris dans le blog, j’ai cette conscience de ma propre condition de médiocre. Elle ne m’interdit pas de m’exprimer puisque j’en ai le plein droit et en éprouve la nécessité. Je me sens comme l’incarnation d’un Don Quichotte qui s’attaque à des moulins à vent et enfonce des portes ouvertes ?

C’est en 2006 aussi que vous devenez sourcier, non ?

Oui, mais je ne m’étendrais pas sur le sujet. J’ai fait un film produit par Céline Loiseau de TS Productions, Retour aux sources, qui raconte l’histoire.

Réalisateur ?

De courts-métrage, oui. Céline m’a suivi dans mes aventures cinématographiques loufoques comme Ogres Niais, réalisé à partir d’impros enregistrées d’enfants de maternelle et CP. Et puis, l’an dernier, on a fait Manigances, d’après une nouvelle du Décaméron de Boccace. Le mieux c’est de les voir.

Il y a 2 ans, vous retrouvez les planches dans une pièce d’Alexis Michalik.

Oui, Intra-Muros avec Jeanne Arènes (puis Raphaëlle Bouchard et Ariane Mourier) et , Alice de Lencquesaing (puis Sophie de Furst), Fayçal Safi (puis Christopher Bayemi), Paul Jeanson. À la musique, Raph Charpentier (suivi de Sylvain Briat). Une aventure incroyablement joyeuse au Théâtre 13, puis à la Pépinière et à Avignon qui s’est terminée pour moi par 120 dates de tournée.

Pourquoi avoir arrêté, alors ?

Pour retrouver ma liberté.

Pendant le confinement, on vous découvre chanteur…

Chansonnier serait plus juste. Je n’aime pas ma voix et ne me considère pas comme chanteur. J’écris des textes qui racontent des histoires loufoques ou qui commentent l’actualité. Il y a les chansons que je compose (je fais la musique de mes films et d’autres) et celles à qui j’ai confié par jeu la musique à Raph Charpentier (Intra-Muros). À chaque fois que j’ai terminé une chanson, je pense que c’est une grosse bouse, et puis finalement, ça plait à quelques-uns. Et puis dans cette période, c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé de rester « vivant ». J’ai toujours besoin d’agir, de faire des choses pour ne pas sombrer.

Vous avez signé plusieurs ouvrages. Vous considérez-vous écrivain ?

Certainement pas. À chaque fois que j’ai écrit un bouquin, c’était par nécessité de partager des choses réelles réputées de pas l’être : Secrets de sourcier (Eyrolles), Si j’étais guérisseur (Eyrolles) et Magnétique (Michel Lafon).

Justement, depuis vos débuts dans ces mondes plus ou moins sulfureux, vous vous appliquez à tenter de prouver l’existence de phénomènes étranges par la méthode scientifique. Mais ne pensez-vous pas que cet aspect de vos passions puisse mal passer dans la profession ?

À vrai dire, je m’en fous un peu.

Qu’en est-il du Thétyscope ?

Merci de me poser la question. J’ai beaucoup expérimenté pour montrer que la pensée pouvait avoir une influence physique sur la matière. J’en ai profité pour démonter des conneries qui pouvaient circuler sur le sujet. Je suis un pragmatique, chercheur autodidacte et empirique, le contraire d’un intellectuel théoricien. Je crois avoir cette liberté de vue offerte aux artistes pour m’affranchir des dogmes croyants ou scientifiques. Animé d’une curiosité sans limite, j’ai besoin de vérifier par l’expérience que ce que l’on me dit est vrai en même temps que je veux prouver que mes hypothèses, aussi farfelues soient-elles, sont justes.

C’est ainsi qu’en faisant le bilan d’une douzaine d’années d’expériences, je me suis aperçu que le dénominateur commun à celles-ci était l’eau. C’est ainsi que, par hasard, j’ai fini par découvrir qu’un récipient d’eau se chargeait de la conscience de l’être vivant qui la regarde. L’eau comme miroir de notre psyché (amusant de voir que certains miroirs s’appellent psyché, d’ailleurs). J’ai des mesures répétées pendant plusieurs mois qui en attestent et des expériences sur le modèle scientifique qui prouvent de manière irréfutable que ce n’est pas le hasard qui intervient dans les résultats obtenus.

S’ouvre pour moi une des plus grandes batailles de ma petite vie : faire reconnaître ma découverte. Et accessoirement, gagner un peu de pognon avec mon appareil.

Un grand merci, Bernard Blancan pour cet entretien très riche et rendez-vous donc pour la publication de votre découverte !

Merci à vous, Bernard Blancan, rédacteur en chef du magazine Komédie !

Je vous en prie, c’est moi.

Non, non, c’est moi !

 

Filmographie résumée en images

Retour aux sources

Ogres Niais

Manigances

Confiné de poule Chanson confinée avec musique Raph

Le monde de demain Chanson engagée par bibi

Arrêtez le foutage de gueule !

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Je ne m’attarderai pas sur la date du 11 mai ni sur le dépistage des personnes qui ont les symptômes. Il y aurait sujet à un article. Mais j’ai relevé particulièrement une partie du discours que je retranscris de mémoire. Grosso modo, il était question que personne ne vienne dire qu’il avait eu raison sur tout, qu’il fallait sortir des idéologies.

Non, Monsieur Macron, il n’est pas question de sortir des idéologies. Ceux qui se sont battus pour le maintien du service public, aux côtés des soignants, des retraités, des chômeurs, des précaires, contre les inégalités, contre les délocalisations, ils ont bien porteurs d’une idéologie. Et depuis longtemps. On les connaît. Ce sont les communistes, les Insoumis, le NPA, Lutte Ouvrière, les écologistes, Attack, les Gilets Jaunes et bien d’autres. Bref, tous ces gens que vous avez ridiculisés, méprisés, gazés, parce qu’ils n’adoptaient pas votre idéologie libérale, tous ces gens sont ceux qui, dans leur lutte quotidienne, dans leurs discours, disaient ce qui nous saute au nez aujourd’hui. Vous osez vous approprier des mots de la révolution ?

Pour qui vous prenez vous, Monsieur Macron ? Vous pensez que toute vérité, vous eût-elle été étrangère durant toute votre vie, vous appartiendrait désormais ? Ceux qui se battaient pour elle seraient-ils voués à ne pas rappeler que toutes ces évidences étaient les leurs ? Ces valeurs que vous semblez découvrir, c’est la solidarité, l’humanisme, la justice, le pouvoir des peuples à penser et à agir sans tenir rigueur du mépris qui leur a toujours été porté.

Vous avez l’air sympathique, en apparence, Monsieur Macron. Mais je n’oublie pas qu’En Marche, ce sont vos initiales. Vos marcheurs, élus ou Ministres, ce qui les caractérise le mieux à mes yeux, c’est l’Opportunisme. L’opportunisme cynique devrais-je préciser. Et voilà que vous nous en faites une nouvelle démonstration. « On s’est trompé. On va faire comme disaient les autres, mais sans les autres. Nous ce qu’on veut, c’est garder le pouvoir ».

Plutôt que jouer le rôle de celui qui veut rêver notre demain commun, vous feriez mieux de vous rapprocher d’une multinationale qui vous réservera un joli poste de direction. C’est vraisemblablement là qu’est votre juste place. Oubliez-nous. Nous aussi, on vous oubliera.

Bonus : tel qu’il est parti, en octobre, il nous pond un gouvernement d’union nationale. Sans le FN. Le FN, il le garde pour 2022 : « les fachos ou moi ». C’est grossier, mais ça lui ressemblerait assez.

Une chanson aviaire et confinée

Antibourrine, c’est le nom de groupe qu’on s’est donné avec Raph Charpentier. Quand on jouait intramuros, pour nous échauffer, il jouait de la musique et j’improvisais des chansons à la con. On a refait pareil mais chacun confiné dans son coin. Lui la musique (chapeau bas) et moi les paroles.

Alors, ce n’est pas une chanson à texte comme les autres, mais un divertissement un brin absurde, une diversion face à tout ça. Chanson enfantine pour tous les âges…

Parler des oeufs de Pâques, c’est bien, mais il ne faudrait pas oublier les poules…

Comme j’ai promis à Raph (le musicien) un gros succès à 30 vues, n’hésitez pas à partager !

Bas les masques

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Je pense que le mot masque est un des mots les plus prononcés ces derniers temps. Mais cette histoire de masques, même si elle est rebattue, mérite qu’on s’y attarde un peu car elle révèle pas mal de disfonctionnements économiques et politiques. Je n’ai pas peur d’enfoncer des portes ouvertes car d’autres n’ont de cesse d’essayer de les fermer en douce.

Chronologie

Tout d’abord, on comprend immédiatement que les masques sont des éléments importants contre la propagation de l’épidémie. On pige très vite qu’il y a les FFP2 qui protègent ceux qui les portent contre une contamination extérieure en même temps qu’ils empêchent au contaminé qui les porte de transmettre le virus. Le masque plus basique, s’il ne protège pas du virus que l’on croise, évite que l’on propage ceux que l’on porte soi-même. Tout cela tient de l’évidence.

Dans un premier temps, l’état raconte qu’on en a commandé plein, qu’ils vont arriver et que l’on en fabrique. Tout va bien. Mais très vite, on se rend compte, vu de chez nous, que personne n’a de masque et que les hospitaliers n’en ont même pas, ou si peu.

Vient alors le petit retour à l’histoire qui nous raconte que sous Bachelot, on en avait des milliards suite à la grippe H1N1. Et puis la grippe n’avait pas été si grave et tout le monde avait sauté sur Bachelot, Marine Lepen avec les autres, pour crier à la honte d’avoir dépensé autant d’argent. Ce fût là le début de disparition des stocks, démarrée sous Sarkozy et poursuivie sous Hollande et sous Macron.

Mais comme le sujet, c’est les masques, je ne développerai pas l’application de tous les gouvernements de droite ou socialistes à obéir aux directives libérales de l’union européenne qui ont eu pour effet de mettre à sac tout le système hospitalier et les services publics. Car oui, l’Europe est politique, l’Europe est néolibérale. Ce n’est pas une norme mais un choix idéologique qui implique des conséquences sur le bien commun de chaque pays.

Dans une phase ultérieure, le gouvernement a été obligé d’admettre qu’il n’y avait pas de masque mais que, l’épidémie étant internationale, c’était le cas de tous les pays. Par conséquent, on ne sera pas approvisionné aussi vite qu’on le souhaiterait. Mais qu’on se rassure : le comité scientifique (sur qui toute décision semble reposer désormais) affirme que les masques ne sont pas aussi utiles qu’on le dit. D’accord. Merci le conseil scientifique, on peut souffler. C’est ce même conseil scientifique qui aurait dit qu’on pouvait voter au premier tour des municipales. Il est très pratique, ce conseil scientifique !

Depuis quelques jours, le ministre de la santé nous explique que l’avis de ce même conseil scientifique a évolué : désormais, le port du masque devrait se généraliser davantage, en même temps que l’on commence à en produire. On notera qu’il y a une grande corrélation entre les avis de girouette du conseil scientifique et l’état en fonction des possibilités de ce dernier. Comme quoi, on aurait tort de croire en la neutralité de la science. Je précise cela parce que chaque jour nous montre, à travers les querelles autour de Raoult par exemple, que la science baigne dans les idéologies, les dogmes et les partis pris, comme toutes les instances de pouvoir quelles qu’elles soient.

La question est plus vaste et plus politique

Mais ces masques, en fait, en Asie, on n’en manque pas. Tout le monde en porte. C’est normal puisque la mondialisation libérale de l’économie a conduit à ce que 20% de la production mondiale dans tous les domaines se soit concentrée sur la Chine et les pays voisins à cause du coup de la main d’œuvre moins élevé.

Car oui, si les pays capitalistes (œuvrant sous des masques différents, républicains ou démocrates, de droite ou socialistes) se retrouvent sans masque (et sans respirateurs et le reste), c’est juste qu’ils ont fait le choix d’abandonner tout leur système de production pour le déléguer à des pays dans lesquels les ouvriers travaillent pour trois fois rien. Toute notre économie fonctionne sur ce principe : abandon des services publics, dévalorisation des métiers vitaux, production déléguée aux antipodes.

Oui, ce petit virus nous aura permis de voir les effets directs de l’idéologie néolibérale. Maintenant, est-ce que cela produira une prise de conscience politique de la population ? C’est pas gagné. Pourtant, difficile de ne pas constater. Il n’est pas question de vanter les pays communistes existant ou ayant existé mais de la nécessité que les choix politiques mettent en avant l’humain, la justice sociale, la protection, en prenant en compte les soucis d’environnement (cette nécessité dépasse l’histoire du virus, bien sûr).

On notera qu’une chanson prend moins de temps (à porter son attention, pas à la faire).

Encore pardon

J’ai essayé de récidiver dans la chanson en gardant une thématique d’actualité (le confinement) mais, cette fois, en essayant de bosser le texte et le niveau musical. Disons que ça me semble un brin plus profond que la précédente.

Lavez-vous les mains ! Et les oreilles…

Pardon !

Quand je me mets à faire de la musique (je n’en fais pas si souvent), j’ai besoin de commettre une sorte de bouse. Le truc qui sort avec les trois premiers accords. Tu pourrais t’arrêter là, mais non. En général, je poursuis ma non-oeuvre jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’elle soit terminée. Ce n’est qu’à partir de ce moment que je meux commencer à composer des trucs difficiles et qui demandent un vrai travail.

Pour cette bouse-là, j’ai choisi de faire une chanson. J’ai griffonné sur la table un texte vite fait, sans revenir sur aucune phrase, aucune rime, aussi ridicule qu’elle puisse être. Et ça donne Restez chez vous !, une espèce de pseudo chanson engagée à la façon de celles qui ont bercé mon adolescence.

Pour ce qui est de la thématique, je ne suis pas allé chercher bien loin. Les 15 premiers jours de confinement, j’ai été tellement atterré par la violence des échanges autour de la chloroquine que ça m’a énervé. Énervé par cette fascination bien compréhensible pour un bonhomme qui annonce qu’il est le sauveur et encore davantage pour le mépris agressif des « sachants ». Je ne savais plus où j’étais ni dans quel monde.

Et puis, dans cette période où l’on diffuse de jolies chansons joliment chantées par de belles personnes confinées, autant jouer de bad, du tripal à deux balles, du trivial pas content qui sent un peu des pieds.

Bientôt chez vos libraires !

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J’ai le plaisir de vous présenter la couverture de mon prochain livre.

On est persuadé qu’en cette période de confinement, on peut se cultiver, lire, écrire, créer. Je ne suis pas certain que cela soit exact. On est psychiquement tellement pris par la question de l’épidémie, qu’il me semble tout juste que l’on peut à la rigueur peaufiner des choses existantes, trier, classer, bricoler mais que le processus de création artistique reste compliqué en dehors du sujet virus-confinement.

Nouvelles de la plaine

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Raoult ou les Russes, hydroxychlorodrine ou méflokine, Nivaquine ou Lariam ? Voilà qu’un nouvel antipaludéen sort du chapeau des Russes comme médicament anti Covid 19.

Du même coup, les mêmes Russes sortent également un test de dépistage rapide disponible à 100.000 exemplaires dès lundi (en Russie). La semaine qui vient va être riche en animation Web. D’un côté on aura les complotistes pro Russes et Raoult par principe et les bienpensants anti Russes et Raoult par principe aussi. Globalement, des analyses cliniques devraient mettre tout le monde d’accord.

Perso, tout ça m’amuse. J’attends juste avec une certaine impatience que ces Messieurs veuillent bien valider les résultats de la course à l’échalote plutôt que se foutre sur la gueule. Ce sont des vies qui sont en jeu.

Allez, mon rêve le plus fou, c’est que le virus s’éteigne de lui-même comme par miracle beaucoup plus vite que prévu et qu’on en finisse avec ce confinement.

C’est là que ça devient intéressant. Cet article, je l’ai écrit vite fait hier soir mais j’ai mal dormi. Il y avait un petit problème. Ces infos sur la Russie, je les ai lues sur le fil d’actualités Google et elles viennent de RT France et de Sputnik. Deux médias russes qui diffusent de l’info en France.

Pourquoi cette info n’est reprise par aucun journal français ? En revanche, on parle du confinement de Moscou.

Comme en temps de guerre, nous allons assister à une bataille de l’information. Ou plutôt de la désinformation. Le public est avide, en quête de bonnes nouvelles. Tout est bon pour balancer des fausses nouvelles, orienter la façon de présenter l’information.

Alors, les Russes, Fakenews ? Si c’est le cas, le rôle dans la désinformation de Sputnik et de RT est très clair. Et d’une certaine manière, c’est rassurant. Si ce sont de vrais nouvelles, c’est plus ennuyeux. Pourquoi notre presse ne relaie-t-elle pas des informations qui nous concernent ? Ce qu’il y a de sûr, si c’est un rumeur, une fausse info, il y aura toujours des imbéciles de mon espèce pour les relayer comme je l’ai fait hier soir.

Cette période est passionnante.

J’ai écouté le premier ministre

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Je rigole pas. Je me suis tapé la conférence de presse d’Édouard Philippe. En entier. J’ai apprécié qu’il daigne faire enfin de la pédagogie. Rien à voir avec les annonces précédentes. J’ai trouvé assez honnête sur la forme. Après ça raconte que la mondialisation qui consiste à déléguer la production à la Chine, par exemple, ça peut avoir des inconvénients au-delà même de l’emploi en France. Les arguments sur les masques et les médicaments étaient justes pour un 28 mars où l’épidémie est mondiale. Mais depuis janvier ou février, il y avait quand même peut-être un peu de marge pour anticiper deux ou trois commandes des choses manquantes ou bien pour lancer la production en France. C’est vrai qu’aujourd’hui, c’est un peu tard. Pour l’anecdote, j’ai aimé les territoires ultra malins, aussi.

Bref, là, quand même, le 28 mars, je trouve que tout est bien prêt. Dans les limites des stocks disponibles. On aura bien compris qu’il sera impossible de faire des tests de masse et que la population ne sera pas équipée de masques. Pour les caissières et caissiers, c’est pas encore au programme mais je crois qu’on s’en occupe. Quant à l’hydroxychloroquine, on va commencer des études. J’ai lu quelque part que Rennes avait été contacté pour en envisager une. Mais rien ne presse de toute façon. Les gens s’imaginent que c’est simple de monter un protocole et de publier dans une revue scientifique à comité de lecture. Ben non. Pas de précipitation. La vitesse et la hauteur de la vague, c’est pas le problème. C’est vulgaire.

Bien, comme je vois que la mode est au concert à la maison, un de ces 4, j’aurai peut-être la hardiesse de faire un blog en chanson.

Confinement J heu… 11 ?

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Raoult : Nouvelle étude sur 80 patients. Rejetée parce que pas de groupe témoin ni placebo. Bon, en même temps, choisir de soigner 80 autres personnes avec des médicaments que tu juges moins efficaces et 80 autres par placebo, juste pour satisfaire à la science, ça doit poser un cas de conscience dans la situation actuelle…

Le pic d’épidémie : Les scientifiques l’annoncent pour la fin de la semaine prochaine. Personnellement, je le vois pour mardi ou mercredi. Sur quoi je me fonde ? Sur rien. Optimisme naïf diagnostiqué très tôt.

Mon confinement : Je fais partie de « ces connards de parisiens » qui sont partis dans leur maison de campagne (on a filé notre appart à de la jeunesse qui travaille à Paris et qui sera mieux qu’en studios). Donc, maçonnerie, jardinage et je vais m’atteler à faire la musique de mon documentaire sur Jean-François Stevenin. Il y a pire comme confinement. Mais il est forcément teinté d’angoisse pour les enfants qui bossent au contact de plein de gens. Nous respectons à la lettre les règles les plus radicales du confinement. Priorité : venant de Paris, ne pas infecter le village et les villes voisines. On arrive au bout de la quatorzaine.

Mon opinion sur la façon dont la crise est gérée : je pense la même chose que les personnes qui ne voteront pas LREM.

Masques : masques de bricolage Wolfkart FFP1.

Gants : Métro épicerie du village (en rupture de stocks).

Symptômes : néant.

Plaisirs : observer le printemps à l’œuvre.

Bo, vous savez…

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Je m’en suis rendu compte au moment où j’ai quitté Facebook pour une quatorzaine. J’ai supprimé mes derniers posts et constaté à quel point tout cela était vain. Qui suis-je pour ramener ma fraise à tous bouts de champs ? En plus, je me trompe souvent. Comme un acteur quelconque, je suis une éponge qui ramasse tout ce qui l’entoure. Parfois, quelques fulgurances intuitives ressemblent à de la pertinence, parfois même prédictive. Mais dans l’ensemble, on frise plutôt le café du commerce. J’en ai pleinement conscience.

Quand j’écris un article, je suis souvent persuadé que j’avance des choses qui ne sont pas suffisamment dites, voire je m’illusionne d’apporter un point de vue un peu différent, décalé, en contrepoint de la vision commune. Mais si je constate que l’article est beaucoup lu (grâce aux statistiques de mon hébergeur), je commence à m’inquiéter. Merde. Je n’ai pas dit trop de conneries ? Et si. Je vais encore me faire cataloguer de ceci ou de cela. Au point où j’en suis… mais bon, c’est peut-être pas la peine d’en rajouter.

Je continue à tenir le blog malgré tout, avec le risque assumé d’y dire des conneries. C’est juste pas fait exprès. Quand je m’en aperçois, j’en suis le premier désolé.

Il y a tout de même une vertu thérapeutique à s’exprimer puis à analyser les conneries qu’on a pu dire. C’est toujours ça.

Help ! Exercice de statistique

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Voilà un petit problème de statistique que j’aimerais régler une fois pour toutes. Si vous avez deux ou trois connaissances et qu’il vous reste un peu de temps dans votre confinement, la résolution de cet exercice m’aiderait grandement.

Attention ! Ce qui suit n’est pas une expérience que je vous propose mais je demande un outil statistique pour analyser une expérience de ce type.

Hypothèse : une vidéo de 6 minutes d’exercice de relaxation aurait pour effet de faire baisser le rythme cardiaque.

  • 20 volontaires équipés de montres cardio permettant de sortir une courbe de mesures sur une durée donnée.
  • Durée du test : 1 heure
  • Dans cette heure, chaque volontaire doit de livrer à différentes activités de son choix, activités physiques (marche, bricolage, ménage) et de repos (assis, lecture…).
  • Une seule activité est imposée dans cette heure : chaque volontaire doit s’asseoir et regarder, quand il le souhaite, une vidéo de relaxation de 6 minutes. Il doit noter l’heure du début de visionnage.

Pour chaque volontaire, on obtient une courbe d’une heure qui reflète les fluctuations du rythme cardiaque et les données liées à ces courbes : relevé des pulsations par minutes toutes les secondes. Selon l’activité physique, les pulsations augmentent ou diminuent.

Chaque volontaire communique a posteriori l’heure à laquelle il a regardé la vidéo de relaxation.

On va pouvoir ainsi vérifier si la vidéo a bien eu pour effet de faire baisser ses pulsations cardiaques. Pour cela, on regroupe les données ainsi récoltées pour le visionnage de la vidéo (chacun à une heure différente).

Quelle panoplie d’outils statistiques utiliser ?

N’hésitez pas à partager ce problème aux personnes dont vous supposez qu’elles ont des connaissances en statistique.

Et si c’était du placebo ?

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Dans les études cliniques, on compare 3 groupes. Un sans médicament, un second avec un médicament (molécule active) et un troisième avec un placebo (faux médicament). C’est ce troisième groupe qui manque dans l’étude de Raoult.

L’effet placebo est une faculté que nous avons à nous guérir nous-mêmes par la croyance que nous avons en l’effet supposé d’un médicament et par la confiance que nous avons envers le médecin prescripteur. Mais au-delà de ce simple facteur psychologique, il y a des mécanismes physiologiques qui se mettent en route, confirmés par l’imagerie médicale.

On sait depuis longtemps que dans le domaine de la douleur, le placebo est efficace pour 30% des patients, ce pourcentage pouvant même atteindre 70% dans certains cas. D’une manière générale, le placebo agit plus rapidement qu’un médicament et plus longtemps. Plus le médicament est amer, réputé puissant et qu’il est cher, plus il est efficace. Le rituel posologique est aussi important. Plus c’est invasif (injections, suppo…) et plus ça marche.

On aurait tort de le résumer à un simple effet psychologique agissant sur des pathologies psychosomatiques. L’effet placebo agit dans tous les domaines.

Dans le contexte que nous connaissons, le Pr Raoult bénéficie d’une telle aura, les espoirs d’efficacité sont tels qu’on peut imaginer une effet placebo d’un ordre très élevé. En ce moment, Raoult donnerait des fraises Tagada, il y a fort à parier qu’il obtiendrait des résultats miraculeux sur un grand nombre de patients. L’hystérie du débat à son sujet ne fait que lui conférer une place de puissant gourou, homme libre contre les académismes, le parfait héros des temps modernes.

Je suis un pragmatique. J’adore Excel, les graphiques, les courbes, les pourcentages, les coefficients de corrélation. Quand les infos m’annoncent qu’on atteint un nombre record de morts liés au Corona, je sais qu’il ne s’agit que d’un cumul qui fatalement augmente chaque jour. Alors, tous les matins, je vais chercher les données officielles accessibles facilement et je regarde le nombre de morts quotidiens, le rentre dans un tableau et observe son évolution sur la durée et par rapport à la veille. Par exemple, hier, on a eu moins de morts en France que la veille. Mais ça, ça n’intéresse pas les infos. Mais je m’égare.

Oui, pour en revenir au Pr Raoult, nous verrons bientôt, grâce à de nombreux essais cliniques si l’hydroxychloroquine est réellement efficace et si elle fait mieux que le placebo. Les chiffres parleront et tout le monde sera content. Mais, d’ores et déjà, même si les molécules utilisées (Chloroquine + antibiotique) s’avéraient inefficaces contre le virus, ne faisant pas mieux que l’effet placebo, je salue l’action de Raoult qui, grâce à l’espoir qu’il a suscité, aura de toute façon sauvé plein de gens par effet placebo.

Ne reste plus qu’à attendre le verdict des études cliniques en cours pour savoir si c’est encore mieux.

Petit complément par rapport aux chiffres… La baisse d’un jour sur l’autre n’a pas de sens. C’est sur une période suffisament longue qu’on mesure une tendance. Par ailleurs, aucune des données n’est satisfaisante : le nombre d’infectés ne vaudrait que si tout le monde était dépisté ; pour les morts, beaucoup ne sont pas comptabilisés. Bref, il faut jouer avec les imperfections, faire un choix et observer l’évolution à l’intérieur d’un système approximatif. C’est mieux que rien ou que de simples additions catastrophistes.

Tous complotistes ?

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On assiste à une bataille inouïe entre les pro et anti Raoult. Les pro qui veulent croire au médicament miracle et crient à l’injustice en voyant leur sauveur massacré et les anti qui n’ont pour argument que des jugements sur la personne.

Si on veut s’appuyer sur des arguments de jugement sur la personne, on pourrait régler directement le compte de Maron en disant qu’il a le profil d’un directeur d’agence bancaire démago, ringard et narcissique. Mais bon, on ne va pas jouer à ce jeu. Il fait suffisamment de conneries factuelles pour ne pas avoir besoin de charger sur son physique et son expression.

Raoult, donc. Voilà que les autorités scientifiques décident qu’on peut utiliser la chloroquine quand les malades sont en réanimation, alors que Raoult dit qu’il faut utiliser le médicament dès les premiers symptômes car il n’est plus efficace dans les phases avancées de la maladie. Nous, les gueux non-instruits, cherchons à comprendre ce qui nous semble illogique. Pourquoi autoriser la chloroquine uniquement dans les cas où elle ne marche pas ? Là, évidemment, on ne peut pas comprendre. On est face à un conflit cognitif. Pourquoi les autorités de santé peuvent-elles sortir de telles conneries ? Dans quel but ? Et c’est là que le complotisme se met en route : face à une opinion publique favorable, ils autorisent l’utilisation de la chloroquine quand elle ne marche pas, juste pour dire que ça ne marche pas et permettre à des laboratoires pharmaceutiques de produire des dérivés du même produit à un prix beaucoup plus élevé que le nivaquine (dont l’usine est en redressement judiciaire et qu’il suffirait à l’état de nationaliser vite fait). Je rappelle juste que la nivaquine est un médicament pas cher, utilisé de façon massive et obligatoire pour la prévention du paludisme depuis plus d’un demi-siècle (ce qui règle la question des effets négatifs).

Le complotisme, aussi irrationnel qu’il puisse être, véritable couveuse à fake news, est en fait généré par les comportements illogiques des tenants du pouvoir politique, économique et scientifique. Si tout était clair, limpide, transparent, logique, pédagogique, il n’y aurait pas de réflexe complotiste. Il ne naît que de la nécessité de comprendre des choses illogiques, de leur donner un sens puisque le sens réel semble absent ou caché.

Pourquoi, par exemple, imposer un confinement d’un côté et demander aux entreprises de continuer à fonctionner ? Réponse :  parce que le souci économique est cyniquement équivalent à celui de la santé.

Après le scandale du manque de masque, de la tenue du premier tour des élections, de l’impossibilité matérielle de faire des tests, voilà que nous nous acheminons vers un futur scandale autour de la médication puis sans doute bientôt de la vaccination.

Si le complotisme consiste essentiellement en une manipulation odieuse de l’information. s’il est le biberon des monstres comme Trump et Lepen, son expression première naît de l’incurie et de l’insincérité des pouvoirs institutionnels en place.

Après le virus, serons-nous plus sages ?

Oui, j’ai décidé d’illustrer tous mes articles avec des fleurs.

D’actualité

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Nous sommes au XIVème siècle en Italie et la peste noire fait des milliers de morts. Dix jeunes nobles florentins, sept femmes et trois hommes, décident de quitter la ville et de se retirer en une belle campagne pour fuir l’épidémie.

Ils se fixent pour règle de raconter chacun, chaque jour, une histoire aux autres sur un thème choisi par le roi ou la reine de la journée.

Le confinement dure 10 jours. 10 jours, 10 nouvelles, soit 100 nouvelles qui sont rassemblées dans le Décaméron que Boccace commença à écrire dès 1349.

Le Décaméron a été adapté en partie par Pasolini. Sans vouloir suivre son exemple, Manigances est la libre adaptation d’une de ces nouvelles : Une saison au purgatoire.

En ces temps confinés, je vous propose ce court-métrage de 24 minutes, réalisé l’an dernier et diffusé le 1ermars sur France 2 dans Histoires courtes.