Confinement J heu… 11 ?

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Raoult : Nouvelle étude sur 80 patients. Rejetée parce que pas de groupe témoin ni placebo. Bon, en même temps, choisir de soigner 80 autres personnes avec des médicaments que tu juges moins efficaces et 80 autres par placebo, juste pour satisfaire à la science, ça doit poser un cas de conscience dans la situation actuelle…

Le pic d’épidémie : Les scientifiques l’annoncent pour la fin de la semaine prochaine. Personnellement, je le vois pour mardi ou mercredi. Sur quoi je me fonde ? Sur rien. Optimisme naïf diagnostiqué très tôt.

Mon confinement : Je fais partie de « ces connards de parisiens » qui sont partis dans leur maison de campagne (on a filé notre appart à de la jeunesse qui travaille à Paris et qui sera mieux qu’en studios). Donc, maçonnerie, jardinage et je vais m’atteler à faire la musique de mon documentaire sur Jean-François Stevenin. Il y a pire comme confinement. Mais il est forcément teinté d’angoisse pour les enfants qui bossent au contact de plein de gens. Nous respectons à la lettre les règles les plus radicales du confinement. Priorité : venant de Paris, ne pas infecter le village et les villes voisines. On arrive au bout de la quatorzaine.

Mon opinion sur la façon dont la crise est gérée : je pense la même chose que les personnes qui ne voteront pas LREM.

Masques : masques de bricolage Wolfkart FFP1.

Gants : Métro épicerie du village (en rupture de stocks).

Symptômes : néant.

Plaisirs : observer le printemps à l’œuvre.

Bo, vous savez…

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Je m’en suis rendu compte au moment où j’ai quitté Facebook pour une quatorzaine. J’ai supprimé mes derniers posts et constaté à quel point tout cela était vain. Qui suis-je pour ramener ma fraise à tous bouts de champs ? En plus, je me trompe souvent. Comme un acteur quelconque, je suis une éponge qui ramasse tout ce qui l’entoure. Parfois, quelques fulgurances intuitives ressemblent à de la pertinence, parfois même prédictive. Mais dans l’ensemble, on frise plutôt le café du commerce. J’en ai pleinement conscience.

Quand j’écris un article, je suis souvent persuadé que j’avance des choses qui ne sont pas suffisamment dites, voire je m’illusionne d’apporter un point de vue un peu différent, décalé, en contrepoint de la vision commune. Mais si je constate que l’article est beaucoup lu (grâce aux statistiques de mon hébergeur), je commence à m’inquiéter. Merde. Je n’ai pas dit trop de conneries ? Et si. Je vais encore me faire cataloguer de ceci ou de cela. Au point où j’en suis… mais bon, c’est peut-être pas la peine d’en rajouter.

Je continue à tenir le blog malgré tout, avec le risque assumé d’y dire des conneries. C’est juste pas fait exprès. Quand je m’en aperçois, j’en suis le premier désolé.

Il y a tout de même une vertu thérapeutique à s’exprimer puis à analyser les conneries qu’on a pu dire. C’est toujours ça.

Help ! Exercice de statistique

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Voilà un petit problème de statistique que j’aimerais régler une fois pour toutes. Si vous avez deux ou trois connaissances et qu’il vous reste un peu de temps dans votre confinement, la résolution de cet exercice m’aiderait grandement.

Attention ! Ce qui suit n’est pas une expérience que je vous propose mais je demande un outil statistique pour analyser une expérience de ce type.

Hypothèse : une vidéo de 6 minutes d’exercice de relaxation aurait pour effet de faire baisser le rythme cardiaque.

  • 20 volontaires équipés de montres cardio permettant de sortir une courbe de mesures sur une durée donnée.
  • Durée du test : 1 heure
  • Dans cette heure, chaque volontaire doit de livrer à différentes activités de son choix, activités physiques (marche, bricolage, ménage) et de repos (assis, lecture…).
  • Une seule activité est imposée dans cette heure : chaque volontaire doit s’asseoir et regarder, quand il le souhaite, une vidéo de relaxation de 6 minutes. Il doit noter l’heure du début de visionnage.

Pour chaque volontaire, on obtient une courbe d’une heure qui reflète les fluctuations du rythme cardiaque et les données liées à ces courbes : relevé des pulsations par minutes toutes les secondes. Selon l’activité physique, les pulsations augmentent ou diminuent.

Chaque volontaire communique a posteriori l’heure à laquelle il a regardé la vidéo de relaxation.

On va pouvoir ainsi vérifier si la vidéo a bien eu pour effet de faire baisser ses pulsations cardiaques. Pour cela, on regroupe les données ainsi récoltées pour le visionnage de la vidéo (chacun à une heure différente).

Quelle panoplie d’outils statistiques utiliser ?

N’hésitez pas à partager ce problème aux personnes dont vous supposez qu’elles ont des connaissances en statistique.

Et si c’était du placebo ?

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Dans les études cliniques, on compare 3 groupes. Un sans médicament, un second avec un médicament (molécule active) et un troisième avec un placebo (faux médicament). C’est ce troisième groupe qui manque dans l’étude de Raoult.

L’effet placebo est une faculté que nous avons à nous guérir nous-mêmes par la croyance que nous avons en l’effet supposé d’un médicament et par la confiance que nous avons envers le médecin prescripteur. Mais au-delà de ce simple facteur psychologique, il y a des mécanismes physiologiques qui se mettent en route, confirmés par l’imagerie médicale.

On sait depuis longtemps que dans le domaine de la douleur, le placebo est efficace pour 30% des patients, ce pourcentage pouvant même atteindre 70% dans certains cas. D’une manière générale, le placebo agit plus rapidement qu’un médicament et plus longtemps. Plus le médicament est amer, réputé puissant et qu’il est cher, plus il est efficace. Le rituel posologique est aussi important. Plus c’est invasif (injections, suppo…) et plus ça marche.

On aurait tort de le résumer à un simple effet psychologique agissant sur des pathologies psychosomatiques. L’effet placebo agit dans tous les domaines.

Dans le contexte que nous connaissons, le Pr Raoult bénéficie d’une telle aura, les espoirs d’efficacité sont tels qu’on peut imaginer une effet placebo d’un ordre très élevé. En ce moment, Raoult donnerait des fraises Tagada, il y a fort à parier qu’il obtiendrait des résultats miraculeux sur un grand nombre de patients. L’hystérie du débat à son sujet ne fait que lui conférer une place de puissant gourou, homme libre contre les académismes, le parfait héros des temps modernes.

Je suis un pragmatique. J’adore Excel, les graphiques, les courbes, les pourcentages, les coefficients de corrélation. Quand les infos m’annoncent qu’on atteint un nombre record de morts liés au Corona, je sais qu’il ne s’agit que d’un cumul qui fatalement augmente chaque jour. Alors, tous les matins, je vais chercher les données officielles accessibles facilement et je regarde le nombre de morts quotidiens, le rentre dans un tableau et observe son évolution sur la durée et par rapport à la veille. Par exemple, hier, on a eu moins de morts en France que la veille. Mais ça, ça n’intéresse pas les infos. Mais je m’égare.

Oui, pour en revenir au Pr Raoult, nous verrons bientôt, grâce à de nombreux essais cliniques si l’hydroxychloroquine est réellement efficace et si elle fait mieux que le placebo. Les chiffres parleront et tout le monde sera content. Mais, d’ores et déjà, même si les molécules utilisées (Chloroquine + antibiotique) s’avéraient inefficaces contre le virus, ne faisant pas mieux que l’effet placebo, je salue l’action de Raoult qui, grâce à l’espoir qu’il a suscité, aura de toute façon sauvé plein de gens par effet placebo.

Ne reste plus qu’à attendre le verdict des études cliniques en cours pour savoir si c’est encore mieux.

Petit complément par rapport aux chiffres… La baisse d’un jour sur l’autre n’a pas de sens. C’est sur une période suffisament longue qu’on mesure une tendance. Par ailleurs, aucune des données n’est satisfaisante : le nombre d’infectés ne vaudrait que si tout le monde était dépisté ; pour les morts, beaucoup ne sont pas comptabilisés. Bref, il faut jouer avec les imperfections, faire un choix et observer l’évolution à l’intérieur d’un système approximatif. C’est mieux que rien ou que de simples additions catastrophistes.

Tous complotistes ?

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On assiste à une bataille inouïe entre les pro et anti Raoult. Les pro qui veulent croire au médicament miracle et crient à l’injustice en voyant leur sauveur massacré et les anti qui n’ont pour argument que des jugements sur la personne.

Si on veut s’appuyer sur des arguments de jugement sur la personne, on pourrait régler directement le compte de Maron en disant qu’il a le profil d’un directeur d’agence bancaire démago, ringard et narcissique. Mais bon, on ne va pas jouer à ce jeu. Il fait suffisamment de conneries factuelles pour ne pas avoir besoin de charger sur son physique et son expression.

Raoult, donc. Voilà que les autorités scientifiques décident qu’on peut utiliser la chloroquine quand les malades sont en réanimation, alors que Raoult dit qu’il faut utiliser le médicament dès les premiers symptômes car il n’est plus efficace dans les phases avancées de la maladie. Nous, les gueux non-instruits, cherchons à comprendre ce qui nous semble illogique. Pourquoi autoriser la chloroquine uniquement dans les cas où elle ne marche pas ? Là, évidemment, on ne peut pas comprendre. On est face à un conflit cognitif. Pourquoi les autorités de santé peuvent-elles sortir de telles conneries ? Dans quel but ? Et c’est là que le complotisme se met en route : face à une opinion publique favorable, ils autorisent l’utilisation de la chloroquine quand elle ne marche pas, juste pour dire que ça ne marche pas et permettre à des laboratoires pharmaceutiques de produire des dérivés du même produit à un prix beaucoup plus élevé que le nivaquine (dont l’usine est en redressement judiciaire et qu’il suffirait à l’état de nationaliser vite fait). Je rappelle juste que la nivaquine est un médicament pas cher, utilisé de façon massive et obligatoire pour la prévention du paludisme depuis plus d’un demi-siècle (ce qui règle la question des effets négatifs).

Le complotisme, aussi irrationnel qu’il puisse être, véritable couveuse à fake news, est en fait généré par les comportements illogiques des tenants du pouvoir politique, économique et scientifique. Si tout était clair, limpide, transparent, logique, pédagogique, il n’y aurait pas de réflexe complotiste. Il ne naît que de la nécessité de comprendre des choses illogiques, de leur donner un sens puisque le sens réel semble absent ou caché.

Pourquoi, par exemple, imposer un confinement d’un côté et demander aux entreprises de continuer à fonctionner ? Réponse :  parce que le souci économique est cyniquement équivalent à celui de la santé.

Après le scandale du manque de masque, de la tenue du premier tour des élections, de l’impossibilité matérielle de faire des tests, voilà que nous nous acheminons vers un futur scandale autour de la médication puis sans doute bientôt de la vaccination.

Si le complotisme consiste essentiellement en une manipulation odieuse de l’information. s’il est le biberon des monstres comme Trump et Lepen, son expression première naît de l’incurie et de l’insincérité des pouvoirs institutionnels en place.

Après le virus, serons-nous plus sages ?

Oui, j’ai décidé d’illustrer tous mes articles avec des fleurs.

D’actualité

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Nous sommes au XIVème siècle en Italie et la peste noire fait des milliers de morts. Dix jeunes nobles florentins, sept femmes et trois hommes, décident de quitter la ville et de se retirer en une belle campagne pour fuir l’épidémie.

Ils se fixent pour règle de raconter chacun, chaque jour, une histoire aux autres sur un thème choisi par le roi ou la reine de la journée.

Le confinement dure 10 jours. 10 jours, 10 nouvelles, soit 100 nouvelles qui sont rassemblées dans le Décaméron que Boccace commença à écrire dès 1349.

Le Décaméron a été adapté en partie par Pasolini. Sans vouloir suivre son exemple, Manigances est la libre adaptation d’une de ces nouvelles : Une saison au purgatoire.

En ces temps confinés, je vous propose ce court-métrage de 24 minutes, réalisé l’an dernier et diffusé le 1ermars sur France 2 dans Histoires courtes.

J’y comprends rien

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Bon, j’y connais rien et, vérification faite, je n’ai effectivement pas de doctorat en épidémiologie. Mais bon, en lisant tout ce qui passe, j’ai cru comprendre deux ou trois trucs qui m’interrogent.

Visiblement, pour lutter contre l’épidémie, il faut un dépistage systématique, le port du masque généralisé et un traitement aux antipaludéens (c’est ce qu’ont fait les asiatiques).

Mais ici, on ne dépiste que les gens malades, on manque de masque pour les soignants. Les hôpitaux sont surchargés. Pourquoi ?

D’après ce que j’ai lu encore, on a abandonné les stocks de plusieurs centaines de millions de masques en 2011, sous Sarkozy, on n’a pas rétabli sous Hollande, ni sous Macron.

Pour ce qui est de la capacité d’accueil d’urgence des hôpitaux, elle a fait les frais depuis bien longtemps des politiques de suppression de personnel et de lits équipés. On a tous lu qu’il y avait 25.000 lits de soins d’urgence en Allemagne contre 7.000 en France. Et les hôpitaux lancent un cri d’alarme depuis des mois à travers des mouvements de grève auxquels le gouvernement n’a répondu que par du rustinage : on ne manque pas de personnel mais il faut réorganiser (la chanson préférée du libéralisme).

Bref, aujourd’hui, en France, on est incapable de tester, incapable de fournir des masques et incapable d’avoir des hôpitaux en capacité de faire face aux situations de crise.

Et voici que Macron a une soudaine prise de conscience : « nous devons changer de paradigme économique ». Nous sommes des millions d’imbéciles à le claironner depuis des lustres, mais bon. Voilà qu’ils pensent à nationaliser, maintenant ! Pourtant, toutes ces recettes que nous proposions étaient évacuées avec un sourire méprisant comme appartenant à l’ancien monde. On nous promettait un monde nouveau, tellement meilleur. C’est vrai que cette crise ne semble pas révéler que le libéralisme mondialisé soit la panacée annoncée.

Résultats de tout ça, des informations fausses (on donne un taux de mortalité appliqué aux seuls dépistés alors que les porteurs du virus sont au moins 10 fois plus nombreux). Le port du masque devrait être destiné aux personnes positives au virus et on fait l’inverse. On te fait un confinement à partir de feuilles à imprimer soi-même. Quant à l’antipaludéen qui existe depuis 1949 et qui a été utilisé contre tous les coronavirus, le pontes de la science nous disent qu’il faut attendre une publication dans une revue scientifique à comité de lecture. Je rêve…

La meilleure blague est venue de la commission européenne : on annule les règles budgétaires. Comme l’impression que c’est à cause de ces mêmes règles qu’on en est arrivé là.

Bref, je ne comprends rien de rien à la gestion de cette épidémie. Je n’y vois qu’un épais brouillard d’angoisse généralisée.