Berlin 3

Pas de canicule. Toujours ça de gagné. Séjour toujours aussi réjouissant. Même si…

On ne va tirer des généralités à partir de sa seule expérience (ce que j’aurais tendance à faire, comme tout le monde) mais je me suis tellement fait hurler dessus par un taré, tout simplement parce que je l’avais dépassé à vélo pour attendre que le feu passe au vert, que j’ai tremblé de la terreur que ce type de voix peut susciter. Rarement ressenti autant de violence. La violence de ceux qui pètent un câble quand leur pauvre petit ordre se trouve dérangé. La psychorigidité irrationnelle du facho de base. La veille, j’avais vu deux pauvres jeunes cyclistes Espagnols se faire pourrir comme des assassins parce qu’ils avaient freiné un peu tard et mordu sur la ligne piéton.

J’en ai conclu que Berlin était bipolaire, partagée entre l’expression débridée et bordélique de ceux qui inventent le monde et la rigidité violente des nostalgiques de l’ordre. Comme partout, sans doute, mais avec un putain de poids historique. Encore lourd, le poids de l’histoire, de tous côtés. Le mur de la cour intérieure de l’immeuble où je crèche est criblé d’impacts de balles. Et je suis dans Berlin Est (ou l’échec douloureux d’une expérience communiste). Ça aussi ça impacte.

Bon, c’est un blog et j’y dis aussi ma connerie. Scusez-moi.

Berlin 2

Quand je dis que je suis à Berlin, on me demande si je suis en tournage. Il ne vient que très rarement à l’idée qu’on puisse y passer une semaine de vacances. Ben si. Et c’est très agréable dès que l’on quitte la partie bétonnée.

La photo, c’est l’ancien aéroport de l’est converti en parc. Tout est un peu comme ça, hésitant entre une extrême rigidité et une énergie de bric de broc rebelle. Un bobo à vélo brûle un feu rouge, on manque lui casser la gueule.

C’est cool, Berlin.

Berlin

Berlin. Le mur, c’était il y a 30 ans. Aujourd’hui, c’est so arty, so bobo, ses vélos, son peu de voitures, son street art, son imagination, sa douceur de vivre. Tout est fait pour le vivre-ensemble. C’est pas compliqué, on aurait juste envie d’y vivre, s’y poser. Mais comme partout, c’est vraisemblablement plus compliqué que ça. Peu de mixité, une population Canal Saint-Martin des années 2000. En tout cas, tellement plaisant, comme ça, en passant. À la fois excitant et reposant.

Badine, l’humeur

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La troisième vidéo tarde un peu, me direz-vous. Oui ben, l’expérience en cours est inédite et longue. Un peu de patience. Il m’en faut bien. Mais changeons de sujet.

Comme vous, j’ai vu tout le toin toin autour du défilé du 14 juillet. Une fête révolutionnaire qui est devenue un hymne aux armées, un défilé de canons, avions et missiles tentant de nous faire croire que nos dirigeants en ont de plus grosses que les nôtres. C’est comme dans les sciences dites dures. Il vous faut du quantitatif. Exit l’homéopathie ! Et ceux qui sifflent et huent, ceux qui font désordre, on les arrête et les parque dans des cours bétonnées cerclées de hangars et de babelés. Les jolies colonies de vacances pour courber la tête de ceux qui la oseraient la redresser.

C’est l’été 2019. Rien de bien neuf dans notre monde de brutes et de soumission fainéante. Plus rien n’offusque. On en oublie même la nature des symboles. On les détourne pour la cause des guignols qui se croient tout-puissants.

N’hésitez pas à aller écouter la chanson de Léo Ferré postée en commentaire dans l’article précédent par Robert.

Des oiseaux dans les pierres

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Depuis qu’on a mis ces lumières dans l’allée, il n’y a pas à dire, c’est plus agréable. Mais non, je déconne. En même temps, les riches, à part quelques Fillon qui sont attachés aux demeures de charme ou Balkany qui vous ferait croire qu’il a acheté ça pour une bouchée de pain et qu’il a beaucoup de mal à entretenir, les riches, donc, la nouvelle mode consiste à se faire loger en logement social et à profiter des belles demeures d’état aux frais de la populasse. Je dis ça, je dis rien.

Rien à voir. Je voulais vous faire part d’une relation étrange qu’a noué un oiseau avec moi. Il piaille, me suit et manifeste clairement qu’il recherche ma compagnie. Je me suis d’abord dit qu’il réclamait à boire ou à manger. Mais non, il s’en fout. Il veut juste communiquer avec un deux-pattes-sans-ailes. J’ai envie de lui demander à quoi ça rime. Ce matin, il a même amené un copain avec lui dans la grange. Il a dû lui dire : « viens voir, il y a un deux-pattes-sans ailes qui fait la causette avec moi ! ». L’autre a certainement haussé les ailes et il est reparti à sa liberté d’oiseau.

Pour ceux qui suivent mes aventures, j’ai décidé de porter cheveux courts et de raser ma barbe. En effet, j’ai été pris dans cette glabritude pour le dernier casting. Ma tête semble plus présentable qu’avec ma barbe d’Ange-Anselme. Et du coup, je ne joue même pas un prolo déviant mais un député réactionnaire. Ça change. Ça donnerait presque envie de château.

Perspective

TROP

Acheté une chemise et une cravate. Rasé ma barbe. Appris mon texte. Levé à 05:00, sauté dans le train. Arrivé à Paris, acheté une veste, coupe radicale chez le coiffeur. Oublié mon sac à dos à la terrasse du café. Retourné à la terrasse du café et retrouvé le sac à dos. Et j’ai chaussé mes lunettes et passé le casting. Un rôle de député. Mélenchon peut bien aller se rhabiller. Super moment. Puis voyage en sens inverse.

Retour aux castings pour petits rôles. J’ai trop joué pour Un Village Français, trop fait de théâtre, trop ramené ma fraise pour la convention collective, trop été de gauche, trop été gilet jaune, trop passionné de trucs bizarres. Pas assez fadasse et dragueur de petits fours.

La deuxième vidéo sur la recherche sur plan

Et voilà qui est fait. La seconde vidéo porte sur la chose la plus incompréhensible que je connaisse : les sourciers qui cherchent de l’eau sur un bout de papier !

Il fallait en passer par cette étape pour comprendre à quel point ces phénomènes étranges sont inacceptables d’un point de vue scientifique alors que pour les praticiens, on touche à l’évidence. La grande question qui a animé mes recherches toutes ces années  a été celle-là : je constate qu’il existe des effets mesurables d’actions à distance et j’aimerais bien comprendre ce qui se passe. J’ai trop d’expériences à mon actif pour en rester à la réponse facile : c’est juste le hasard.

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Bon, sinon, demain, direction Paris pour passer un casting. Au prix que ça me coûte, j’espère que je serai pris sur celui-là. Mais bon, comme il s’agit encore de jouer un connard fini, j’ai mes chances.