D’actualité

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Nous sommes au XIVème siècle en Italie et la peste noire fait des milliers de morts. Dix jeunes nobles florentins, sept femmes et trois hommes, décident de quitter la ville et de se retirer en une belle campagne pour fuir l’épidémie.

Ils se fixent pour règle de raconter chacun, chaque jour, une histoire aux autres sur un thème choisi par le roi ou la reine de la journée.

Le confinement dure 10 jours. 10 jours, 10 nouvelles, soit 100 nouvelles qui sont rassemblées dans le Décaméron que Boccace commença à écrire dès 1349.

Le Décaméron a été adapté en partie par Pasolini. Sans vouloir suivre son exemple, Manigances est la libre adaptation d’une de ces nouvelles : Une saison au purgatoire.

En ces temps confinés, je vous propose ce court-métrage de 24 minutes, réalisé l’an dernier et diffusé le 1ermars sur France 2 dans Histoires courtes.

J’y comprends rien

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Bon, j’y connais rien et, vérification faite, je n’ai effectivement pas de doctorat en épidémiologie. Mais bon, en lisant tout ce qui passe, j’ai cru comprendre deux ou trois trucs qui m’interrogent.

Visiblement, pour lutter contre l’épidémie, il faut un dépistage systématique, le port du masque généralisé et un traitement aux antipaludéens (c’est ce qu’ont fait les asiatiques).

Mais ici, on ne dépiste que les gens malades, on manque de masque pour les soignants. Les hôpitaux sont surchargés. Pourquoi ?

D’après ce que j’ai lu encore, on a abandonné les stocks de plusieurs centaines de millions de masques en 2011, sous Sarkozy, on n’a pas rétabli sous Hollande, ni sous Macron.

Pour ce qui est de la capacité d’accueil d’urgence des hôpitaux, elle a fait les frais depuis bien longtemps des politiques de suppression de personnel et de lits équipés. On a tous lu qu’il y avait 25.000 lits de soins d’urgence en Allemagne contre 7.000 en France. Et les hôpitaux lancent un cri d’alarme depuis des mois à travers des mouvements de grève auxquels le gouvernement n’a répondu que par du rustinage : on ne manque pas de personnel mais il faut réorganiser (la chanson préférée du libéralisme).

Bref, aujourd’hui, en France, on est incapable de tester, incapable de fournir des masques et incapable d’avoir des hôpitaux en capacité de faire face aux situations de crise.

Et voici que Macron a une soudaine prise de conscience : « nous devons changer de paradigme économique ». Nous sommes des millions d’imbéciles à le claironner depuis des lustres, mais bon. Voilà qu’ils pensent à nationaliser, maintenant ! Pourtant, toutes ces recettes que nous proposions étaient évacuées avec un sourire méprisant comme appartenant à l’ancien monde. On nous promettait un monde nouveau, tellement meilleur. C’est vrai que cette crise ne semble pas révéler que le libéralisme mondialisé soit la panacée annoncée.

Résultats de tout ça, des informations fausses (on donne un taux de mortalité appliqué aux seuls dépistés alors que les porteurs du virus sont au moins 10 fois plus nombreux). Le port du masque devrait être destiné aux personnes positives au virus et on fait l’inverse. On te fait un confinement à partir de feuilles à imprimer soi-même. Quant à l’antipaludéen qui existe depuis 1949 et qui a été utilisé contre tous les coronavirus, le pontes de la science nous disent qu’il faut attendre une publication dans une revue scientifique à comité de lecture. Je rêve…

La meilleure blague est venue de la commission européenne : on annule les règles budgétaires. Comme l’impression que c’est à cause de ces mêmes règles qu’on en est arrivé là.

Bref, je ne comprends rien de rien à la gestion de cette épidémie. Je n’y vois qu’un épais brouillard d’angoisse généralisée.

Au vert

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Nous, on s’est mis au vert. Confinement absolu pendant 14 jours pour préserver la population. Mais avec la nature, c’est plus facile. Ici, en campagne, ce sont les personnes âgées qui ont du mal à piger les règles de protection.

Tout va bien…

Portez-vous bien et soyez prudents !

En commun

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Je n’allais plus au café ni au restau. Plus les moyens. J’avais baissé ma consommation générale depuis un bout de temps. J’avais une vie sociale peu portée sur les grands groupes de personnes. Ça fait un bon moment que je n’ai pas tourné. Plus de travail payé. La seule chose qui change, c’est que tout le monde va vivre ce que je vis depuis quelques mois.

Profitez donc de ce temps pour vous passionner pour d’autres choses, lire, écrire. Vous verrez, on s’y fait très bien.

Pour être tout à fait franc, je trouve que c’est l’article le plus imbécile que j’ai jamais écrit.

Sans doute le bouleversement. Macron qui fait croire qu’il a eu la révélation qui était de gauche. Aller voter demain alors qu’on ferme les bars et les restaus. Quelque chose de la perte de toute logique doit m’impacter.

Sale temps

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On ne peut pas faire comme si. Le sujet, c’est la bestiole. Personne ne sait vraiment quelle est l’ampleur réelle de la chose. Ici, on continue comme si de rien n’était ou presque. Juste les radios, les journaux qui vous font flipper à longueur de journée.

Il y a quelques jours, un de mes fils a passé pas mal de temps dans un endroit sympa. Deux jours après, il apprend que cet endroit sympa est désormais fermé pour cause de bestiole. Comme je l’ai vu entre temps (mon fils), je suis potentiellement concerné aussi. Comment on fait pour un dépistage ? Ben, on fait rien. Il faut être malade pour se faire dépister. Sauf quand on est ministre ou député. Là, on peut faire un dépistage sans symptôme. Ok, normal. Quoi que.

Une fois que tu es possiblement concerné par le machin mais que tu ne peux pas te faire dépister, tu sais que tu es peut-être porteur et que si tu l’es, tu vas refiler la bestiole à droite à gauche, par inadvertance. Aucun risque pour les enfants et le gens pas trop vieux et en bonne santé mais, même les gens qui deviennent porteurs sains, vont contaminer à leur tour et finir pas atteindre des vieux et des gens fragiles. Cas de conscience.

Heureusement, hier soir, mon fils a appris que l’endroit sympa qui a fermé pour cause de bestiole, ce n’est pas celui dans lequel il a passé pas mal de temps il y a quelques jours. Donc, du coup, je n’ai moi non plus rien à craindre de ce côté et peux continuer ma vie sociale.

Mais quelle drôle d’histoire où l’on a l’impression que l’on ne maîtrise rien et dont on ne sait pas évaluer vraiment l’issue. Mai ? Juin ?

Pendant ce temps, la police police, la politique politique et les giboulées giboulent.

Par lassitude

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J’ai annoncé que je quittais Facebook. Drôle de décision. Comme l’impression d’un décalage entre l’illusion d’un lien social très large mais au bout du compte tout fin et sujet à l’évaporation. Un réseau social de désocialisation.

Quant à la place de soi face aux autres, pour moi c’est un peu comme dans une réunion publique.

Devant une assemblée, avec un micro, installé à la table qui fait face au public, c’est assez facile puisque tu t’inscris physiquement dans une géographie et un décorum qui te donnent d’amblée un statut social.

La place de spectateur est assez confortable aussi. Quand tu t’emmerdes, tu peux papoter avec ton voisin des conneries de ton chat.

Quand tu lèves le bras pour donner ton point de vue ou poser une question, avant qu’on ne t’écoute, on juge d’abord qui tu es ou semble être, on interroge ta légitimité à perturber le cours paisible de l’ordre social. C’est instinctif. Si t’es à cette place, celle de celui qui prend la parole sans qu’on lui ait demandé, soit tu déploies des trésors de séduction si tu en es capable, soit tu bafouilles, la voix tremblotante, tout dans l’émotion. On a souvent l’impression que tu parles à la seule fin de montrer que tu existes.

Il te reste encore la place du petit malin dissipé, celui qui, de temps à autre, lâche une grosse vanne, un peu fort, pour faire glousser l’assistance. Puis il s’enfonce dans son siège, un large sourire aux lèvres et les yeux brillants, content de lui.

Tu peux toujours déployer soudain une banderole pour tes causes perdues. S’en suivront des grands chuuuut et quelques applaudissements. Peu nourris, les applaudissements. Et les vigiles te feront sortir. À moins que tu ne sortes de toi-même s’il n’y a pas de vigile.

Bref. Le jeu de la réunion publique, je commençais à en avoir un peu ma claque. Ces grandes salles sont sans fenêtre.

Nouvelles du jour

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Commençons par le virus machin truc. La panique est en train de gagner la France. Déjeuné hier à Belleville. Beaucoup moins de monde que d’habitude, restaus désertés, des places dans le métro. Ça sent la grosse panique largement alimentée par les infos qui ne parlent que de ça. D’ici 3 semaines, les cinémas, les théâtres, les métros, les terrasses vont se vider. Peut-être va-t-on interdire les manifestations.

Je dis pas que le virus n’existe pas. J’ai juste l’impression, d’après ce que j’ai compris, que c’est mortel comme la grippe. La grippe, je m’en suis chopé une il y a peu qui m’a terrassé 2 jours. Et je crois que j’ai survécu. À moins d’avoir raté un truc. Donc, plus on nous rebat les oreilles, plus les gens ont peur et angoissent. Les gens adorent qu’on leur promette des catastrophes à venir (comme si les catastrophes prévenaient avant d’arriver !). Du coup, quand à la radio tu entends parler du virus et que l’invité est le président du groupe LREM, je sais pas ce qui se passe, sans doute un effet d’accumulation, tu éteins la radio.

Bien, le virus, c’est fait. Oui, mon expérience. 24 participants, un boulot monstre et un résultat plus qu’à la hauteur. Un bon pas de plus et une nouvelle épreuve de franchie avec succès.

Le cinéma, maintenant. Je vais bientôt jouer un très beau rôle dans un super beau court-métrage. Et ça, ça fait plaise.

À propos de court-métrage, le mien, Manigances, c’est dimanche soir très tard sur France 2 dans Histoires Courtes et en replay pendant 7 jours. Je donnerai le lien, évidemment.

Ben, je crois qu’on a fait à peu près le tour.

Ça va décoiffer

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L’autre jour, j’ai dit que je m’emmerdais. Qu’est-ce que ça cache ? Dans mon fonctionnement psychique, tout se passe comme en météorologie. Quand je dois faire un truc important, primordial, qui met en jeu tout mon être, il y a toujours cet état qui précède et qui ressemble à ce fameux calme avant la tempête. Ça va secouer, tout chambouler mais, juste avant, c’est le calme plat, de ces temps en suspend qui, au lieu d’être paisibles, sont lourds de menace et d’angoisse. À petite échelle, on appelle ça le trac.

Ce qui m’a mis dans un tel état, on s’en doute, c’était ce dont j’avais parlé la veille. La fameuse expérience que je proposais de mettre en œuvre.

25 personnes se sont portées volontaires. Ça commence à ressembler à un bel échantillon. L’expérience dure 4 jours. À mi-parcours, je vois se dessiner la preuve irréfutable d’un point de vue scientifique d’un phénomène physique incroyable et inconnu, reproductible à 100%. Je ne peux pas révéler ici le détail du principe qui est en jeu, mais ce phénomène physique mesurable consiste en une interaction entre un appareil et une personne à distance (la volontaire la plus éloignée est au Marcoc, soit 2.500 kilomètres). Aussi fou que cela puisse paraître, j’ai sous le nez la preuve scientifique reproductible de l’existence concrète de ma découverte. Même les volontaires sont dans l’ignorance de mes éléments de preuve.

De quoi il parle ? Je ne peux toujours pas le révéler pour ne pas me faire piquer l’idée. Mais le temps de la révélation approche à grands pas.

Alors oui, quand je dis « je m’emmerde », je parle de cette fragilité psychologique du découvreur qui a été assez fou au départ et suffisamment libéré des carcans de la normalité pour oser imaginer qu’une chose impensable était possible et qui a déployé toute son énergie sur plusieurs années pour montrer qu’il avait raison contre les vérités du reste du monde. Oui, ce « je m’emmerde » raconte cette solitude face à la société et les règles qui la régissent. Ça ne s’applique bien sûr pas à ma vie affective et sociale à l’échelle de l’individu (même si parfois, cela peut avoir des incidences). De ce côté, tout va bien.

Ne cherchez pas à savoir de quoi il retourne. Vous le saurez d’ici la fin de l’année, je pense. Un grand merci à tous ces volontaires qui ont eu la curiosité de donner un peu de leur temps pour oser défier l’impossible collectif. Il y en aura d’autres. On va pas s’emmerder !

Je m’emmerde

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Il y a des moments, comme ça, où l’on s’ennuie ferme. Quand t’es acteur et que tu tournes pas, à la base, c’est chiant. Tu es persuadé que tu ne tourneras plus jamais. Bon. D’ailleurs, c’est pas faux. Mais il se trouve que j’ai aussi des projets de réalisation.

Quand on réalise, c’est le contraire de l’ennui. Quoi que. Il y a ce temps tellement long où tu écris tout seul et attends les retours de lectures. Et puis tu attends que la production se mette en place, que les aides tombent. En fait, la vraie éclate, c’est quand tu commences les repérages et quand tu tournes. Le montage est pas mal non plus. Mais tu sais que tu vas traverser une longue période avec des images que tu finis pas ne plus aimer et un film qui tarde à accoucher. Pas si facile, le montage. Là, j’attends les moyens de finir mon documentaire sur Jean-François Stévenin. Point mort. Et je sens que le prochain documentaire traîne un peu. Doux euphémisme. Ça traîne pas, c’est à l’arrêt. Du coup, je m’emmerde.

Il y avait aussi cette comédie sociale pour laquelle nous avons obtenu une aide de la région Bretagne. Manque de pot, le film m’excitait au départ parce qu’il racontait que les gens étaient endormis, subissaient tout et se réveillaient soudain pour prendre leur destin en main. Ça se finissait bien et c’était rigolo. Mais depuis, il y a eu le mouvement des Gilets Jaunes et ce long mouvement social contre la réforme des retraites. Et qu’est-il advenu de tout cela ? Rien. Mais rien de chez rien. Les gens ont été humiliés, bafoués, éborgnés, matraqués et tout ça pour que pouic, rien, le vide, le néant. La presse, d’un conformisme confondant, bave toujours dans le sens du poil des conformistes étriqués. Et chacun vaque comme il peut avec des espoirs qui rétrécissent par la force des choses, sous le poids d’un fatalisme désespérant. Comment veux-tu honnêtement prétendre redonner espoir en faisant un film ? Je m’emmerde dans cette société rouillée de partout et coincée dans ses peurs.

En fin d’année dernière, j’ai fait fortuitement une découverte qui, sans déconner, pourrait me valoir un prix Nobel. Mais elle est tellement incroyable, elle remet tellement en question les connaissances que nous avons, bouscule tant les frontières du possible, que personne ne veut m’aider à débroussailler cette terre inconnue. Là où devrait naître la curiosité et l’excitation intellectuelle, se répand encore la peur, la sidération, l’apathie, la méfiance, le silence, voire la suspicion. La possibilité que je me trompe existe bien sûr. Mais je suis devant une telle accumulation d’évidences qu’il serait complètement débile de renoncer à explorer de nouveaux champs de possibles sous prétexte qu’ils ne sont pas conventionnels. Je m’emmerde ferme dans ce monde coincé de partout, timoré de tout, étriqué, engoncé dans ses mesquines certitudes et son incapacité à s’émerveiller pour de vrai. Je m’emmerde.

En fait, c’est la frilosité qui m’emmerde, le conformisme, les politiques qui s’en branlent, les gens dont le sport préféré consiste à cracher sur les voisins les plus vulnérables.

Et puis il y a ces amis que vous appelez de temps à autres mais ne vous appellent jamais, eux. C’est chiant les amis qui ne font que répondre sans appeler. Faut-il que je m’inscrive à un club de pétanque ? Que j’organise des groupes de parole ? Oui, c’est ça. Des groupes de parole sans objectif particulier. Des groupes de rêveurs lucides. De rêveurs éveillés.

Oh, je ne vais pas virer pour autant misanthrope. J’aime bien les gens, au fond et je les respecte. Je ne vais pas sombrer non plus dans la dépression. Je fais partie des résilients, ces gens qui se réinventent toujours à partir du vide, là où d’autres s’effondrent ou renoncent. Mais il est un fait que, là, je m’emmerde. Envie de refaire de la musique, tiens. C’est ça. Je vais refaire de la musique. Et aller faire le malin en public, au spectacle, aux avant-premières. Faire de la socialisation. Je n’ai pourtant que peu de goût pour ces jeux superficiels. C’est un tort.

Je sais. On ne devrait pas dire des choses comme ça. C’est pour ça que je les dis. À quoi bon se limiter à dire ce qu’on doit dire ?

Levée partielle du secret

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J’ai mis au point le prototype d’un appareil qui permet d’enregistrer à distance vos émotions profondes en temps réel. Quand on parle d’émotions profondes, il convient plutôt de parler d’humeurs, comme états d’âme persistant plusieurs minutes, au-delà des émotions fugaces.

Grâce à des courbes qui se développent en temps réel, chacun peut mesurer l’incidence positive ou négative qu’ont des événements presque anodins sur ses humeurs, bien au-delà de ce que pourrait exprimer un ressenti conscient.

La connaissance de ces états d’âme très détaillés permet à chacun de révéler son être profond et de faire surgir l’évidence des effets sur celui-ci des interactions avec son environnement. Cette connaissance aide à élaborer des stratégies visant à produire des actes en accord avec ce que nous sommes, à travailler notre sincérité, à prendre conscience de faiblesses possibles pour les corriger.

Les applications d’un tel appareil sont multiples. Elles vont porter sur tous les domaines dans lesquels ou cherchera à mesurer les impacts émotionnels, psychologie, thérapies, développement personnel, recherches de bien-être mais aussi tous les domaines de l’éducation, la cognition, l’art. Ce peut être ce qu’on appelle un outil de deep learning qui est utilisé pour étudier l’impact émotionnel d’un film, d’une publicité, d’un scénario… Excellent outil d’apprentissage du lâcher-prise, aussi. Des applications sont évidemment la promesse de grandes avancées dans l’intelligence artificielle et la robotique en créant un accès pour la machine aux humeurs des personnes entrant en interaction avec elles.

Cet appareil repose sur une découverte révolutionnaire qui doit rester secrète jusqu’au dépôt d’un brevet à l’INPI et d’une possible publication scientifique. La grande nouveauté est que ces mesures ne nécessitent aucun capteur physique relié à la personne et peuvent s’effectuer à très grande distance.

Pour l’heure, j’aurais besoin de volontaires qui accorderaient deux minutes de leur temps pour une action précise et accepteraient que leurs activités soient mesurées pendant une durée définie (en général, entre 30 minutes et 2 heures). Il peut s’agir parfois de regarder une vidéo. Pour d’autres de simplement noter tous les horaires de changements d’activité.

ATTENTION ! On est au complet pour les volontaires pour cette fois. Merci beaucoup.

François Loriquet, par exemple

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Je trouve qu’il ne tourne pas assez. Il est sympa, il a du talent, il y a plein de rôles qui pourraient lui convenir. Alors je trouve qu’il ne tourne pas assez.

Un mec comme moi, tu peux te dire que j’ouvre trop ma gueule dans mon blog, que j’affiche trop mes opinions, que j’ai une tête de con si on veut, que je suis un peu barré avec mes histoires de sourcier. Mais Loriquet, rien de tout ça. Le mec bien, talentueux, qui peut tout jouer. Alors je trouve qu’il ne tourne pas assez. Le cinéma et la télévision demeurent un mystère insondable.

Manigances le 1er mars dans Histoires courtes

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Ça y est, nous y voilà. Manigances, avec Émilie Caen, Robinson Stévenin, François Loriquet, Image : Christophe Legal, Son : Stéphane Roché, Costumes : Tina Bonheure, Décors : Lionel Demante, Vinolo Suisse : Philippe Vinolo, montage : Barbara Bascou, musique scénario dialogue adaptation réalisation et petit rôle : Bernard Blancan, la fameuse fantaisie médiévale produite par TS Productions Céline Loiseau sera diffusée dans Histoire Courtes sur France 2, le 1er mars après minuit. Il sera possible de le voir en Replay pendant 7 jours.

Ce matin, petite interview par Pauline Dévi qui passera après le film (l’interview, pas Pauline). La soirée a pour thème En Son Nom…

Un grand merci à Christophe Taudière le sélectionneur, à la SACD pour sa bourse Beaumarchais, au CNC, à la Région Nouvelle Aquitaine et au département de la Charente, Pôle Magélis.

La pensée complexe En Marche

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Quand on dit à un secrétaire d’état des relations auprès du parlement que Macron est perçu comme le président des riches et que l’on s’appuie sur un rapport de l’OFCE sur les effets inégalitaires de la politique fiscale du gouvernement, il répond que l’on cultive en France une haine des riches et que c’est très grave. C’est vrai que quand tous les rapports montrent que les plus riches s’enrichissent chaque année davantage tandis que l’on constate un appauvrissement des couches les plus faibles de la société, ça veut dire « je hais les riches ». D’où il y a une haine des riches ? Montrer de façon factuelle que la politique fiscale favorise les riches relèverait donc d’un sentiment ? Et quand bien même, si l’on devait proférer un sentiment négatif, se porterait-il sur les riches ou bien sur ceux qui fixent les règles inégalitaires ? La réponse est dans la question. Mais alors, pourquoi les tenants de la pensée complexe se prêtent-ils à de tels raccourcis ignobles intellectuellement ? Sans doute parce que ce discours se voulant soi-disant objectif, s’appuyant sur des faits, de la science, n’est qu’un outil de plus au service d’une idéologie qui n’a d’autre valeur que d’être une idéologie parmi d’autres. Cette posture est hautaine et insincère et arrête de valoir dès lors qu’elle n’est pas favorable aux tenants du pouvoir.

Selon les penseurs complexes, ceux qui nous serinent que « c’est beaucoup plus compliqué que ça », « vous mélangez tout » quand on leur sort des chiffres qui dérangent, eh bien, pour eux donc, pour lui, en tout cas, le secrétaire d’état En Marche, le rapport de OFCE est juste faux. Et de sortir l’exemple qui tue : « Par exemple, dans leur rapport, ils parlent du prix du tabac alors que ce n’est pas du tout pour ça qu’on a pris ces mesures ».

Argument de merde, complètement pourri voire honteux. Des chiffres : la proportion des fumeurs dans les catégories sociales aux plus faibles revenus ne cesse d’augmenter. En 2017, cette proportion était passée de 35,2 % à 37,5 % tandis que la proportion des fumeurs dans les catégories les plus favorisée diminuait. Par conséquent, passer les prix des cigarettes de 4 à 10 euros (soit 450 € mensuels pour un fumeur qui fume 1,5 paquet/jour) n’a de réelle incidence que pour les faibles revenus. Ils s’appauvrissent encore davantage alors que fumer est une addiction, une maladie, souvent liée aux angoisses d’une vie difficile. Faire le choix de résoudre ce problème de santé publique en augmentant le prix des cigarettes est pour le moins discutable, non ? Je dis ça sans haine, juste avec des faits. Et quand vous allez vous approvisionner au bureau de tabac, observez la consommation de jeux à gratter. Les plus accros, bizarrement, sont les plus pauvres, les plus miséreux. En effet, quand votre problème numéro un est l’absence de revenus ou leur faiblesse, la seule solution que vous entrevoyez, c’est d’avoir de la chance.

« Ce n’est pas pour ça qu’on a fait ça ». Il est complètement idiot ou quoi ? L’agriculteur qui fait un arrosage intensif de son champ de maïs peut avoir pour effet de faire baisser le niveau de la nappe phréatique. Est-ce qu’on va lui dire qu’il plante du maïs avec la seule intention de faire baisser la nappe phréatique ? Bien sûr que non. Mais cela nous autorise quand même à nous poser la question des effets de cette culture sur les nappes phréatiques en période de bouleversement climatique. Prendre la chose dans sa globalité. Monsieur le secrétaire d’état, si vous n’avez pas décidé d’augmenter le prix du tabac pour appauvrir les plus pauvre, vous devriez être capable de constater qu’un des effets de votre mesure en demeure l’appauvrissement des plus pauvres. C’est pas plus compliqué que ça.

https://www.franceinter.fr/emissions/questions-politiques/questions-politiques-09-fevrier-2020

Je passerai pour cette fois sur la mauvaise foi caractérisée concernant le rejet de l’amendement du congé pour enfant décédé. Le mec il est capable d’essayer de nous faire croire qu’ils n’ont pas voté cet amendement juste pour en faire un meilleur.

On atteint me semble-t-il un niveau de rejet de la classe politique dont la raison n’est pas totalement irrationnelle mais trouve sa source dans les pratiques de la classe politique elle-même. En disant cela, pour ces gens-là, je suis un complotiste, un dépressif, un haineux, un séditieux, un islamogauchiste, un radicalisé, un facho, un antidémocrate, un pro-dictature, un… Bref, j’adore votre pensée complexe.

Coucou !

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J’ai arrêté. Je ne suis pas certain que ça dure longtemps, mais j’ai arrêté d’écouter les infos qui n’en sont pas. Ce ne sont que des infos triées sur le volet, destinées à générer leur petite dose d’angoisse, à alimenter de façon détournée les dérives de la pensée la plus médiocre, celle qui fait de l’audimat ou bien à livrer du sensationnel quel qu’il soit, positif ou négatif, pourvu que ce soit du sensationnel. Et puis le ton qu’ils emploient, toujours faux, toujours plein de la petite musique journalistique qui veut imiter la connivence ou une supposée intelligence de ceux qui déversent la nouvelle et qui sont plus malins.

J’ai arrêté. Peut-être pas pour longtemps. Mais que c’est bon de se couper un peu du monde vu par les médias pour regarder celui qui nous entoure. Il est tout con, le monde qui nous entoure. Tiens, les poubelles s’y entassent depuis des jours, mais les médias, ils préfèrent parler du Heinekenvirus ou de ce jeune démocrate qui n’est pas sans rappeler Macron. On a trop parlé des grèves pour rappeler qu’elles continuent partout, l’air de rien, un coup ici, un coup là, contre cette inique réforme des retraites.

Avant, ça m’énervait, les infos. Ça entretenait ma colère. Mais là, j’ai arrêté. Pour peu de temps, sans doute. Par là même, j’ai donné un peu de repos à ma colère, lui préférant mes passions constructives ou créatrices. Ou tout simplement des activités sans valeur autre que de vous mettre de bonne humeur. Coupé du grand monde pour être davantage dans le petit, le nôtre. Oh, copain, on va se le boire, ce verre ? Tu vas voir comment on va te le refaire, le monde !

Toujours des manigances

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Lundi soir, il y avait une projection de Manigances (mon dernier court-métrage) à la Maison des Auteurs. Pour l’instant, la dernière parisienne. Mais on nous annonce que la projection sur France 2 est toute proche. Je vous en informerai. On me parle aussi d’une projection à Angoulême le 25 mars sur grand écran. Je ne manquerai pas d’en parler aussi.

À part ça, je passe des heures et des heures à fignoler mes activités secrètes et j’avance, j’avance, y compris sur l’idée d’un film sur le fameux secret.

Consensus mou

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Le consensus mou est mortifère, sans vie. Il est un frein au mouvement, aux avancées, à la création.

Si je pense à ça, c’est parce que je viens de lire la liste des films nominés aux César. C’est pas compliqué. On n’y retrouve que les films dont la presse a parlé tout au long de l’année avec force promotion, sur tous les plateaux de télé. Quand tu vas au cinéma, que tu as le coffret, tu te rends compte qu’il y a quelques films dont on a moins parlé et qui sont pourtant de pures merveilles. Moins de gens connus sans doute, moins de buzz. Mais du cinéma, de celui qui vous émeut, vous surprend, vous donne à penser sur la vie, sur l’art, sur le cinéma. Et là, que voit-on ? La liste des films qui ont fait plein d’entrées alors que de telles récompenses devraient permettre de révéler du cinéma, de lui donner une seconde chance d’exister après le laminoir des sorties qui tombent bien ou mal.

On finit par se demander à quoi ça rime, tout ce tralala.

Je fais partie des votants depuis quelques années. Quel bonheur quand arrive enfin le coffret (bien tard, en décembre pour voter en janvier). Grâce à lui, on peut se faire des séances de rattrapage, voir les films qu’on a failli aller voir mais qu’on a ratés à cause d’une trop courte ou trop discrète exploitation. Résultat, au premier tour, celui qui donne les nominations, je crois que je n’ai pas voté pour un seul des films nominés (il y en a plus de 200 au départ).

C’est un peu comme pour les élections. À la fin, c’est Macron-Lepen.

Mes moulins

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Allez, je m’oblige. Pas le temps d’écrire ici car je suis très occupé par l’activité secondaire dont je parlais il y a quelques semaines. Enfin, dont je disais que je ne pouvais pas en parler. Et je le confirme. Non, je ne peux en parler. Et ce n’est pas l’envie qui me manque, moi qui livre tout de mes opinions, de mes activités artistiques. Mais là, que pouic. J’ai obligation de me taire.

En revanche, dans quelques mois, je ne parlerai que de ça. Trop sans doute. Ceux qui m’ont viré de leurs amis parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec mes opinions vont me redemander si je veux bien les accepter. Car oui, cette nouvelle activité pourrait avoir une issue bruyante et très positive. On adore le positif et le bruit.

Mais je m’emporte, je m’emporte. Si ça se trouve, l’issue sera de l’ordre de la montagne qui accouche d’une souris. C’est ce que pensent certains qui sont dans le secret. Et du coup, j’aurais encore moins d’amis.

Pourtant, ceux qui savent commencent à deviner que j’en suis au point où les armes sont quasiment prêtes et fourbies pour briser les plafonds de verre. Il n’y a plus qu’eux qui pourraient empêcher une issue positive et bruyante. Mais cette fois, j’ai avec moi les arguments incontestables et la force de ceux qui adorent voir les plafonds de verre se briser.

Qu’est-ce qu’il nous fait ? Il délire ? Ben non. Il trépigne juste.

Allo ?

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Je me demandais si on nous prenait pour des imbéciles. Selon la porte-parole de l’Élysée, la réforme des retraites représenterait une avancée sociale.

J’ai une proposition super originale à faire au gouvernement. Vous savez quoi ? Puisque c’est une avancée sociale, prenez les dossiers de personnes qui partent à la retraite en février 2020. Donnez le montant de leur pension. Ensuite, vous prenez les mêmes personnes, les mêmes dossiers, et vous appliquez les règles de la réforme. Il suffit alors de comparer. C’est la seule façon de nous montrer que la réforme est avantageuse (ou pas).

Pourquoi vous ne le faites pas ?

Sinon, il y a un petit guide fourni par une économiste atterrée. C’est ici : https://www.atterres.org/sites/default/files/Note-retraite.pdf?

Grognon

J’ai partagé cette vidéo sur facebook où l’on voit soi-disant une infirmière se faire tabasser par la police dans la manifestation de jeudi. Prenant soin de me renseigner plus avant, je finis par apprendre que ce n’est pas l’infirmière (une aide-soignante, en réalité) qui se ramasse une volée de coups de poings d’une extrême violence, mais un homme qui est venue la protéger alors qu’elle se faisait trainer sur le sol par des policiers.

Ce n’est pas parce que ce n’est pas une femme qui se fait tabasser que mon dégoût disparaît pour autant. Quand on regarde la vidéo, c’est la violence de ce policier qui est abjecte. Un policier n’a pas à régler un quelconque délit en frappant la personne comme un bourrin. Il y a des lois, des tribunaux, des juges, dans une démocratie. Quel délit commet un homme qui intervient pour protéger une femme qui est trainée au sol comme du temps de Cromagnon ? Il est quoi ce flic pour juger ce qui est bien ou pas bien et infliger directement sa peine ?

Insupportable cette violence policière, ce policier qui tire à bout portant sur un manifestant, celui-là qui tabasse à grands coups de poings un homme au sol pour la seule journée de jeudi. On nous dit, ce n’est pas de la violence policière mais de la violence de policiers. Mais quand on regarde la vidéo, il y a celui qui tabasse, mais aussi celui qui tient, celui qui intervient quand un autre manifestant veut s’interposer, celui qui maintient les autres manifestants qui crient à l‘écart de la scène. Pas un policier n’intervient auprès de son collègue pour lui dire d’arrêter, que ce n’est pas son rôle, qu’il n’a pas le droit de tabasser ainsi au sol. Aucun. Cette violence est entrée dans la norme. Elle ne choque pas les collègues.

Des scènes comme celles-là, il y en a des dizaines et des dizaines depuis la loi travail sous Hollande, les gilets jaunes et maintenant les retraites. Et les victimes de ces violences policières, ce ne sont jamais ce qu’on appelle des casseurs, casqués, masqués, équipés de masques à gaz. Jamais. C’est monsieur tout le monde, des jeunes, des vieux, des femmes, des passants, des syndicalistes.

En s’exerçant sur le tout-venant, cette violence a pour effet de dissuader la population à manifester. Je ne dis pas que c’est sa fonction, mais avec une telle accumulation, on finit par être en droit de se poser la question.

Messieurs Macron et Castaner, vous n’avez rien à dire ? N’êtes-vous pas les garants de l’ordre démocratique ? Pensez-vous que l’ordre démocratique ne s’applique pas à ceux qui ne sont pas d’accord avec vous ? Pourquoi tolérez-vous que des policiers cachent leur numéro matricule obligatoire en manifestation ? Pensez-vous que cette présence policière disproportionnée dans les manifestations actuelles associée à ces vidéos de violences policières va nous dissuader de manifester ? Que nous allons baisser les bras et abdiquer devant vos réformes dictées par des problématiques financières ?

Peut-être que c’est ce qui va se passer, après tout. Mais ce qui ne se règle pas dans la rue se paye dans les urnes. Souvenez-vous du référendum qui a dit non à Mastricht en 2005. Pourquoi pensez-vous qu’Hollande a été élu en 2012 ? Parce que les Français se pensaient socialistes ? Parce qu’il était hyper charismatique ? Simplement parce qu’en 2008, le traité a été ratifié par le congrès sans tenir compte du référendum. Exit Sarkozy. Aussi simple que ça. Mais la prochaine fois, si les Français ne veulent plus de socialistes, plus de la droite, plus de Macron… Vous serez responsables avec vos prédécesseurs de ceux qui prendront le pourvoir après vous. La seule chance que vous ayez de rester sur le trône, c’est une abstention record. C’est jouable. Bien tenté.

Mais après tout, quelle différence y aurait-t-il entre le RN et En Marche dans la façon de gouverner ? Pas évident que l’électeur perçoive la nuance. Les révolutionnaires seront toujours aussi maltraités et les riches toujours aussi protégés. Après tout, c’est bien ce qui vous importe, non ?

Le lendemain de la publication de cet article, sans que j’imagine un quelconque lien de cause à effet, Castaner a fait une mise au point lors de ses voeux à la police. La coupe était en effet bien pleine…

Bon fond

fond vert

Hier, nous étions au studio d’Épinay pour retourner des moments que nous avions tournés à l’assemblée nationale. À la caméra, le réalisateur. Certes, je n’avais que 3 phrases, mais ce fût un moment chouette et fort. Le rendu devrait être pour le moins efficace. Pour une fois, je n’endossais pas le rôle d’un personnage mauvais ou méchant. Non, c’était un bon. Un peu en colère, mais pour la bonne cause.

Je râlais un peu de jouer un petit rôle, tout petit, mais le fait qu’il soit positif m’a réconcilié avec moi-même. Et pour me réconcilier avec moi-même, ça demande parfois pas mal de boulot.

Dans le cadre des réconciliations avec soi, nous avions une réunion ce matin avec ma productrice pour envisager l’achèvement du documentaire que je tourne sur Jean-François Stevenin. Et tout repart sur des rails. J’en ai profité pour commencer à envisager le suivant, tout aussi excitant : h2o, la sidération.

Sans déconner… je dis tout, sur ce blog !

Début d’an

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L’année professionnelle, je l’ai commencée le 3. Ça n’a pas trainé. Et pour l’occasion, nous tournions à l’assemblée nationale. Très touchant de se retrouver dans ce lieu symbolique. La première impression est que c’est beaucoup plus petit que l’image qu’on s’en fait. Deuxième impression, les sièges ne sont pas confortables. Mais finalement, en y siégeant des heures et des heures, on finit pas s’y faire. On ne manque pas d’imaginer ceux qui jadis ont siégé sur ces bancs, personnages plus ou moins illustres. On pense à ceux qui y siègent aujourd’hui. Fresques et sculptures dénudées font vagabonder l’esprit quand le temps est long.

Je ne peux rien dire du film, mais il se rejouait des scènes qui se sont déroulées en ces murs il y a quelques décennies. Incroyable la violence des propos. On en ressort avec une meilleure compréhension des débats qui ont prévalu à une loi toujours en vigueur, même si certains adoreraient la supprimer sans débat.

Pendant ce temps de claustration qui nous a conduits jusqu’à plus de vingt-deux heures, on s’est senti si loin du monde, si loin de la vie qui grouille sans métro, dans les magasins remplis par le fiche de paye du début de mois. On devine pourquoi nos représentants dans leur cocon de velour sont si loin de nous et de nos préoccupations, tellement au-dessus, ailleurs, hors du temps.

Vœux

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Meilleurs vœux pour cette année 2020 qui, à n‘en pas douter, sera particulière. Du bonheur en perspective. Des changements. Des combats victorieux. De l’imagination à revendre. Je vous la souhaite riche, belle et apaisante.

Rendez-vous le 27 pour une projection de Manigances ?

Les jours allongent

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  1. C’était du bonheur avec la tournée Intra-Muros, jusqu’en juin. Voyage, équipe de copains, le rendez-vous avec le public. C’était aussi Manigances qui se termine, Contis, Gindou. El Commandante qui s’ancre en Bretagne avec une aide régionale.

C’est aussi quelques castings plus ou moins heureux. C’est aussi Magnétique, le livre. Une sortie en pleine tournée, des signatures ici et là, là l’IMI, au GNOMA, à Sarrant, à Blaye.

2019, c’est aussi une découverte assez incroyable. Tellement incroyable que je peine à y croire moi-même, tellement incroyable que personne n’y croit. Ça va être du boulot pour la faire exister, cette découverte.

2019, c’est aussi un gilet jaune qui va marcher sous les gaz policiers, à Lyon, à Bordeaux, à Paris. C’est des manifs contre la réforme des retraites.

La retraite, c’est aussi celle qui vient et me concerne en octobre prochain. C’est violent, l’idée de la retraite au regard de ce qui s’est produit en une année. Aucune envie que ça s’arrête. Pas de raison que ça s’arrête. Mais c’est le mot qui sonne de manière désagréable.

2019, c’est déjà plein de souvenirs et plein de graines qui forgent les promesses de 2020, un livre, un film qui se tourne, des rôles, des surprises, du bonheur, des luttes, la force d’inventer toujours les futurs qui s’enchainent.

Depuis quelques jours, les jours allongent. Il faut se remettre au travail.

Pourquoi c’est le bordel ?

demain

Paris n’est pas reconnaissable. Beaucoup de monde sur les trottoirs, à deux roues. Se déplacer devient une aventure. Un autre rythme s’impose, qui pénalise nos trajets, le commerce, le travail dans son ensemble. Mais la question des retraites ne peut pas se gérer sans ce moment compliqué pour tout le monde.

On nous parle des privilégiés, bien sûr, ceux qui s’accrochent à leurs avantages. Mais c’est bien tout le monde qui va être impacté, et pas seulement par le recul de l’âge de départ (sur lequel le gouvernement va évidemment lâcher puisque c’est le boulon qu’il est prêt à enlever pour faire passer le reste). Le reste, le système à points, le minimum garanti à 1000 euros (pour ceux qui ont une carrière pleine seulement), on aimerait bien avoir un comparateur entre la situation actuelle et celle qui prévaudra au moment de la réforme. Les comparateurs, c’est facile pour tout, sauf pour la retraite, visiblement. C’est une chose qui, si la réforme était honnête, aurait dû être exposée aussitôt. Et comme par hasard, on s’empresse de dire qu’on va faire quelque chose pour les enseignants, les policiers, les militaires, les pompiers, les danseurs de l’opéra… Si la réforme n’avait pas d’impact, on ne s’empresserait pas déjà la compenser pour certains. On découvre soudain pourquoi il y avait des régimes spéciaux.

Un gouvernement qui veut réformer la retraite honnêtement, sans prendre les gens pour des imbéciles devrait être capable de dire au moment où il présente la réforme : avant la réforme, vous partiriez à tel âge et vous toucheriez ceci et, après la réforme, voilà à quel âge vous partirez et ce que vous allez toucher en plus ou en moins (en prenant le plus de cas possibles).

En l’absence de ces éléments et, compte-tenu des déboires du ministre chargé de la réforme, on comprend aisément la grève, le bordel. Demain, manif pour tout le monde ! Juste parce qu’on aimerait être considérés comme des citoyens responsables et non pas comme des crétins à qui l’on ne peut rien expliquer.

Spécialement pour le blog

Bernard Blancan NB 9045

Je suis sans doute l’acteur qui a le moins de photos. Au pire, je fais un selfie très moche de temps en temps pour dépanner.

Il aura fallu que je sois au salon du livre Livres en Citadelle (Blaye) pour qu’un photographe talentueux (ClaudeClin) pointe son objectif sur ma gueule. Du coup, je me retrouve avec une jolie photo d’actualité. Merci Claude !

Je l’ai postée sur Facebook : plus de 300 likes, comme ils disent. C’est que ça ne doit pas être mauvais.

Manif

manif

13,5 kilomètres ! Voilà ce que j’ai dans les pattes, aujourd’hui. En revanche, on ne peut pas dire que j’ai à proprement parler manifesté. Comme les pauvres habitent dans le nord-est de Paris, le préfet a prévu un trajet dans le sud-ouest et fait fermer toutes les bouches de métro, partout, même aux endroits où un trafic devait être assuré. Ils sont d’un filou, les crétins qui sont au pouvoir !

Du coup, j’avais un casting ce matin. Une heure de marche aller, une heure de marche retour. Arrivé chez moi à 14:00, je n’allais pas me payer un UBER pour aller à la manif. Tu m’étonnes qu’il y ait eu moins de monde.

Pour me consoler, ce soir, je suis allé voir It must be heaven du Palestinien de Elia Suleiman. Un film à la Jacques Tati avec la délicatesse de l’Orient. On en ressort le cœur léger. Le retour à pied est plus facile.

Blaye

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Ce week-end fut donc Blayais. Signatures de Magnétiques, mais aussi Secrets de sourcier ou Si j’étais guérisseur. À ma grande surprise, nous en avons vendus.

Pourquoi une telle surprise ? Pour cause de lucidité. Les sujets qui me passionnent et que je développe dans ces bouquins mais aussi bien au-delà à travers des expériences que je continue, n’intéressent qu’un très très faible pourcentage de la population. On l’éprouve d’autant plus concrètement quand on observe les gens qui passent devant la table. Le plus souvent, c’est un coup d’œil vite fait et ils s’enfuient presque, déjà honteux d’avoir lu le titre. En revanche, les quelques-uns qui s’arrêtent sont au minimum curieux. Une étincelle peut les passionner tant ce que racontent ces phénomènes est incroyable et vertigineux.

Par moment, je m’éclipsais pour aller voir la gueule toujours changeante de l’estuaire.

À Blaye, je n’y vais pas pour vendre des livres. Juste pour revoir les copains instituteurs qui organisent la manifestation depuis 27 ans, passer du temps avec Fredéric Dufourg de la librairie Olympique et faire vibrer les souvenirs de théâtre que j’ai vécus dans cette citadelle dans les années 90.

Il n’y a pas que le gilet qui est jaune

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C’est un comble. Hier, je n’ai pas manifesté.

D’une part, je n’étais pas à Paris et, d’autre part, j’avais un dossier compliqué à rendre aujourd’hui pour un long-métrage. Très à la bourre, j’ai fini par le mettre en ligne 13 minutes avant la fin des inscriptions. Mais, second comble, le film est une comédie sociale qui traite de l’importance de manifester. Encore un artiste qui se dit de gauche, parle beaucoup mais n’est pas là quand il faut affirmer concrètement ses idées.

Bien noté les infos ? Pas manif. Travail sur film. C’est tout ce que je voulais dire pour aujourd’hui.

Ah non. Je rappelle que ce week-end, je vais signer mes livres à Livres en Citadelle à Blaye. À cause des grèves, il y aura quelques absents. Donc, moins de concurrence. Gnarf gnarf gnarf

Si je continue comme ça, je suis mûr pour En Marche, moi…

Cherche non-sourcier (ère)

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Aujourd’hui, je suis allé signer mes bouquins, Secrets de sourcier, Si j’étais guérisseur et Magnétique dans la librairie-tartinerie du petit village de Sarrant dans le Gers. Tout a commencé par une petite présentation-conférence et s’est terminé par une initiation aux baguettes de sourcier pour une grosse vingtaine de personnes.

Chacun est reparti en ayant vécu de ses mains le mouvement magique des baguettes de sourcier. Six d’entre eux ont même trouvé la profondeur. Pour une première fois en une heure et demie, c’est pas mal.

Nous avons tous adoré ce moment où un grand ado arrivé en retard a dit qu’il ne voulait pas essayer parce que ça ne marcherait pas avec lui. Je lui ai dit que c’était super parce qu’on avait enfin trouvé une personne pour qui ça ne marche pas. Je l’ai donc invité à nous faire la démonstration de ce qui se passait quand ça ne marchait pas. Malheureusement, ça a marché pour lui aussi.

Je vais donc peut-être envisager de parcourir la France pour trouver une personne avec qui ça ne marche pas.

Disons, moins présent…

absence

Je viens prévenir que le blog sera un petit peu silencieux pour quelques temps. Aucun souci de santé, aucune dépression, pas de drame familial, pas de choc émotionnel, pas de, pas de… C’est juste que je vais être très occupé par une activité qui doit rester secrète. Alors, non, je ne monte pas une secte, je n’entre pas dans un groupuscule politique activiste. Rien d’illégal. J’opère juste un revirement radical d’activité. Ça n’a rien à voir avec ce que vous connaissez de moi et ça va m’occuper quelques mois.

Je m’échapperai de ce nouvel emploi du temps pour signer Magnétique à Sarrant, dans le Gers, dimanche prochain et le 7 décembre, je signerai le même au salon du livre de Blaye. Je reviendrai en parler.

Ça me rappelle…

mur

À l’époque où le mur de Berlin est tombé, j’étais à Bordeaux. Nous avions une compagnie qui s’appelait Glapion & Fils avec Martine Pont, Jean-François Toulouse, Philippe Rousseau… Nous avions volé le nom à Jacques Audiberti dont j’étais tombé amoureux de l’écriture. Nous avions monté une de ses pièces (l’effet Glapion, pièce géniale) et confié la mise en scène à Guy Lenoir. Faute de théâtre susceptibles de nous accueillir, nous avions joué dans l’amphi de la fac de Pharmacie, Place de La Victoire à Bordeaux.

Avec Guy et les copains de Glapion, nous avons décidé de hurler haut et fort notre amertume de voir les théâtres institutionnels bordelais interdits d’accès aux artistes du cru. Un directeur du CDN à qui j’avais demandé rendez-vous pour lui dire que j’étais comédien Bordelais et que j’aimerais bien jouer dans son théâtre m’avait répondu d’aller à Paris ou de faire les avant-premières pour faire connaissance. C’est vrai !

Bref, on avait organisé une manif intitulée « le mur du fond du théâtre de la honte ». Nous avions érigé un mur de parpaings devant le grand théâtre.

Auparavant, nous avions imaginé une conférence de presse un peu spéciale : nous avions convoqué des journalistes à un endroit anonyme, en soirée. Nous leur avons bandé les yeux et leur avont intimé l’ordre de monter dans une fourgonnette. Nous les avons débarqués dans un garage d’immeuble et leur avons débandé les yeux. Nous avions mis en scène à la FLNC, avec cagoules et faux fusils pour leur dire nos revendications et annoncer la manifestation. Et tout ça s’est terminé par un coup de rouge, évidemment, des articles et du monde à la manif.

Nous avions bien pigé les règles de la communication. Et le temps a passé, je suis parti à Paris, faute de n’avoir pas accès aux théâtres institutionnels bordelais.

Au cachot !

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On aura remarqué que j’écris beaucoup moins sur le blog depuis quelques temps. Ce n’est pas que je n’ai rien à raconter, loin de là. La réalité, c’est que l’on m’en empêche.

Ah bon ? Et qui ?

Vous ! Moi.

En effet, j’aurais pu parler de mes expériences en cours (qui sont passionnantes), ou bien de l’affaire Ruggia. Sur la chose, j’en avais des choses à dire. Mais je ne peux les dire. Je ne peux les dire parce qu’on ne peut plus parler de certaines choses sans passer obligatoirement par des cases, en évitant soigneusement les sens interdits. Je n’aurais pas écrit pour innocenter Ruggia, qu’on se rassure (et oui, deux phrases peuvent déjà prêter à confusion). J’aurais essayé de complexifier un peu la chose, de parler des harcèlements qui se pratiquent dans nos professions et qui ne sont pas que sexuels, j’aurais parlé de la SRF, du parcours d’acteurs en lien avec leur engagement, de tas de choses en lien avec la discrimination collective inconsciente et le harcèlement de quelques-uns. Bref, j’aurais fait un long article.

Mais voilà, cet article, je n’ai pas le droit de l’écrire. Rien ne me l’interdit formellement, aucune loi, aucun décret. Mais l’écrire me livrerait encore davantage à l’étiquetage, au catalogage, à l’ostracisation. La prise de position, aujourd’hui, dès lors qu’elle va à l’encontre du folklore langagier du moment entraîne automatiquement le rejet et l’isolement. Le cachot virtuel existe. Dans le cas d’un acteur, il a des incidences professionnelles majeures.

Nous observerons l’évolution de la carrière d’Adèle Haenel à partir de cette histoire. Rien ne peut prédire qu’elle ira dans un sens ou dans l’autre. Les ingrédients sont complexes et antinomiques : d’une part elle se trouve surmédiatisée (ce qui est apprécié par ceux qui financent le cinéma) mais, par ailleurs, elle bouscule l’ordre établi (ce qui n’est pas apprécié par ceux qui financent le cinéma). Rien de dit de quel côté penchera la balance.

À propos de balance, sur mes expériences avec l’eau, je me retrouve dans la position du feu Docteur Benvéniste qui s’est fait dézinguer avec ses expériences autour de la mémoire de l’eau. Idem pour Montagnier qui a pris la relève. On ne touche pas à l’eau ! Du coup, je vais encore passer pour un mec complètement allumé. Ce qui est déjà fait depuis que je communique sur mes expériences. Dire des choses qui montrent les limites des connaissances scientifiques, ouvrir des brèches sur des concepts qui bousculent trop, a pour effet de vous dénoncer comme charlatan, tricheur, ésotériste, bon à brûler. Encore une fois, pas besoin de loi ou de décret ni de méchantes personnes. Ça se fait tout seul, collectivement. C’est de l’ordre du réflexe.

En politique, c’est la même chose. Les Gilets Jaunes sont vécus comme des fachos ou des révolutionnaires violents radicalisés alors que nous vivons le gouvernement le plus agressif socialement quand les patrons du CAC 40 ont enregistré cette année un nouveau record de revenus. Nous vivons à l’envers de la réalité.

Ce matin, LinkedIn m’informait de qui avait recherché mon profil (image d’entête). Ça m’a fait rire.

Je m’interroge

Je suis désolé, mais cette histoire de réforme du chômage me turlupine. J’essaie d’écouter les arguments des uns et des autres pour me faire une idée un petit peu plus nuancée que celle qui me vient immédiatement à l’esprit, à savoir que ce gouvernement travaille pour appauvrir les pauvres.

Les faits

Il faut travailler davantage dans une période plus courte pour avoir droit au chômage. S’ajoute une dégressivité des allocations au bout de six mois. Les décodeurs du Monde ont testé la situation de huit cas pour mesurer les effets de cette réforme (https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/11/01/huit-cas-concrets-pour-comprendre-ce-qui-change-dans-l-indemnisation-des-chomeurs_6017653_4355770.html?fbclid=IwAR0DbcmfFWFLgIfSH6whIgEEDELZg0StMTU5ofN8Tlbq16bDAr–gr3Ml98).

Ce qui ressort de cette étude, c’est que ceux qui seront le plus impactés par cette réforme sont ceux qui travaillent en CDD courts. Pourtant, une personne qui vit de petits boulots, elle est le plus souvent mal payée et, à la fin du mois, le salaire n’a rien à voir avec une personne qui a un vrai boulot.

Pourquoi une telle réforme ?

Muriel Pénicaud nous assure que ça ne change rien pour les chômeurs sortant d’un CDI ou de contrats longs et qu’elle veut simplement corriger une anomalie : Certains chômeurs toucheraient davantage de chômage que le salaire qu’ils touchaient avant. Je ne sais pas d’où elle sort cette affirmation mais, si une seule personne qui a le courage de lire cet article peut m’assurer qu’elle touche plus au chômage que ce qu’elle touchait quand elle travaillait, qu’elle se manifeste ! C’est faux.

Mais peut-être voulait-elle parler de ces choses qu’on entend souvent, à savoir que pour certains, mieux vaut rester au chômage plutôt que d’accepter un boulot qui paiera moins. Ça, on l’entend en effet. Mais ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que la rémunération qu’on vous propose est en-dessous de votre indemnité chômage qui est par définition elle-même inférieure au salaire que vous perceviez avant. Une rémunération donc inférieure à quelque chose d’encore inférieure à votre ancien boulot. Ce qui signifie qu’on vous a proposé un salaire de merde qui au final va vous engluer encore davantage dans le merdier, avec en plus les frais de transport et le travail que vous allez fournir.

Grâce à cette réforme, ceux qui galéraient avec leurs petits CDD sont assurés d’avoir davantage de difficulté à ouvrir des droits au chômage et, quand ils y auront droit, ils toucheront tellement peu qu’ils seront obligés de prendre le premier boulot de merde mal payé pour survivre.

Pourquoi s’attaquer aux pauvres ?

On aurait tort de résumer la politique du gouvernement comme celle de méchants. Ils ne pensent pas de façon affective et n’éprouvent vraisemblablement aucun plaisir malsain à s’attaquer aux plus faibles. Leur logique n’est pas de l’ordre du sentiment mais des faits bruts, scientifiques, froids. Ils suivent une logique comptable, arthmétique liée à l’application du libéralisme économique, du capitalisme, parce qu’ils pensent que c’est la meilleure façon de penser pour le bien de la collectivité.

Voici ce qu’en dit Muriel Pénicaud elle-même : « La précarité, oui, elle coûte cher au régime d’assurance chômage, payé par l’impôt, par tout le monde et les entreprises. Et le problème, c’est qu’il y a 35 milliards de dette, la deuxième après la SNCF. S’il y a une crise dans 10 ans, comment on va faire pour payer ? ».

La même Muriel Pénicaud affirme qu’on objectif de chômage à 7% est possible. Et en effet, rien qu’avec cette réforme, tous ceux qui devront prendre des boulots sous-payés vont sortir des statistiques et ceux qui ne pourront pas ouvrir de droits, soit ils vivront sur le seuil de pauvreté, voire en-dessous, avec un simple RSA. Dans tous les cas, ils sortiront aussi des statistiques du chômage. Grâce à eux, aux pauvres, aux précaires, le gouvernement pourra se targuer d’avoir réussi à faire baisser le chômage.

Pourquoi le silence de l’opinion publique ?

Il semblerait que l’opinion publique, tant qu’elle n’est pas massivement atteinte, se foute pas mal des pauvres et des précaires et du sort qui leur est fait. Elle les situe à la marge, comme tous ceux qu’elle déteste, les marginaux de tous poils, les colériques, les différents d’elle pour qui elle nie toujours sa propre responsabilité. La masse enterre sa propre capacité à s’émouvoir. Elle continue à voter capitaliste, regarde les inégalités s’accroitre sans broncher. Pourvu que son petit confort soit assuré, ne penser à rien, ne rien voir, ne rien entendre, ne rien espérer. Attendre la mort pépère dans son petit terrier. C’est ce que je pense quand il ne fait pas beau, que je poste un truc sur des gilets jaunes qui se font casser la gueule par la police et que personne ne lève le pouce ou manifeste un grrr quelconque.

Mais je ne terminerai pas sur une note aussi sombre. Laissons la parole à Muriel Pénicaud.

 

 

Brouillard

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Hier soir, j’étais à la cérémonie offerte par les amis théâtreux bordelais au souvenir de François Mauget. Ce fût une plongée dans le souvenir de tant de visages amicaux et familiers avec qui j’ai partagé tant d’années. Après 20 ans d’absence, on se retrouvait comme si nous nous étions quittés la veille au spectacle de Bidule. Et Mauget était là, partout, comme un brouillard, le sourire distant, un peu en coin, déjà pressé d’aller jouer de l’autre côté.

Ce matin, cramant une clope dans le jardin, j’observais que le brouillard épais avait pour effet de faire entendre les sons comme traités par un micro hyper cardioïde.  Des oiseaux, j’entendais comme jamais le battement des ailes. Des sons en gros plan. Les gouttelettes d’eau en suspension dans l’air affectent la circulation des ondes sonores. Les sons les plus lointains sont éloignés jusqu’à disparaître. Les réverbérations n’existent plus, absorbées par l’eau. Tout est plus grave, plus mat, centré sur ce qui est proche.

Incarnations, désincarnations

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Ces jours-ci, je fais l’acteur. Vendredi, c’était le dernier jour de Groom (pour moi). Un tournage tellement sympa que j’avais l’impression de faire partie des meubles, alors que je n’aurai tourné que deux jours. Je suis sûr qu’une de mes répliques deviendra culte. Je n’en dis pas davantage.

Demain, on change de braquet. Costume de député de droite. Pour le verbe, j’attendrai les autres jours en janvier. Gros film. Petit rôle. Tout petit petit. J’aurais peut-être pas dû.

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Il y a deux semaines, disparaissait Jean-Michel Martial. C’était lui qui me foutait à la porte dans le film Edmond d’Alexis Michalik. On s’est à peine croisé mais ça jouait. Un mec aussi sympa que talentueux.

Mauget

Et en fin de semaine, c’est du côté de Bordeaux que le metteur en scène et copain François Mauget perdait la vie pour une connerie d’accident domestique comme on dit. Lui, j’avais fait davantage que le croiser. C’était ce qu’on appelle un mec bien. Pas besoin d’attendre qu’il soit mort pour avoir su que c’était un mec bien. C’est simple, un mec bien. Quand il te parle, il est avec toi. Il a des rêves pour changer le monde. Un mec qui est épaté par des trucs, désespéré par d’autres. Vivant, quoi. Et maintenant, mort.

De l’air…

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Petit retour à la campagne avant de repartir tourner la suite de groom. En dehors d’activités professionnelles et de la continuation d’expériences incroyables sur l’eau (j’en parlerai en vidéo bientôt), je ramassé des cèpes qui furent fort bons et récolté des feuilles de mauve du jardin pour les faire sécher en vue de tisanes d’hiver.

Tout à l’heure, je bloquais sur les abeilles butinant les fleurs de gaura blanc, leur boule de pollen calée sous leur ventre. La campagne, ça calme.

Je précise, afin d’éviter aux jaloux de se faire un ulcère, que les cèpes et la mauve, c’était hier, dimanche. Non, parce que sinon, j’en connais qui seraient prompts à se dire : « putain, les intermittents, ils se la coulent douce ! ». Les gens ont du mal à imaginer la quantité de boulot fourni pour mener de front autant de choses que celles que j’ai en cours.

Groom, c’est de la série !

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Tourné toute la journée pour Groom, une websérie complètement déjantée de Studio Bagel. Sur la photo, Vincent Tirel. Grosse énergie pour le tournage de ce curieux objet qui n’est pas sans me rappeler la série H. J’avais fait un « guest » dans H. Un épisode, quoi. L’inspecteur du guide Michelin. Du coup, il se trouve parfois quelqu’un qui me reconnaît parce qu’il m’a vu jouer dans H, il y a… longtemps.

Le personnage que je joue a quelque chose à voir. C’est un client super chiant. Et je peux déjà vous dire, que ça va faire rire. L’équipe est super jeune, esprit Youtube, à commencer par le réalisateur, Théo bonnet que l’on prendrait pour l’accessoiriste si on ne le voyait pas diriger plateau et mise en scène.

La série se tourne dans un grand hôtel normand grand luxe. J’avais eu le plaisir d’en être le client d’un soir lors de la tournée d’avant premières d’Indigènes. Souvenirs, souvenirs.

Et puis Cabourg, c’est là que le fiston avait récolté, il y a quelques jours son prix.

À peine avais-je terminé de tourner, je rallumais mon portable. S’y trouvait une bien jolie nouvelle sous forme de message vocal. Nous avons obtenu, avec Guillaume G, une aide à l’écriture pour notre scénario de long-métrage de la région Bretagne. L’histoire de notre comédie sociale se déroule à Douarnenez.

Bon, je ne ferai pas la liste complète des bonnes nouvelles. C’est la loi des séries…

Petit conte

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Alors, les Kurdes, ce sont des humains, donc. Des hommes, des femmes, des enfants. D’autres humains, ont décidé qu’on ne voulait surtout pas qu’ils aient un pays à eux, avec un drapeau et tout et tout. Alors ces autres humains, les Turcs, ont décidé d’envoyer l’armée, de lâcher des bombes sur les premiers, juste en prévention, pour qu’il n’y ait jamais de Kurdistan. Drôle de façon de régler les problèmes en zigouillant des êtres humains, en bombardant leurs maisons, leurs villages, les obligeant à fuir par centaines de milliers, hommes, femmes et enfants.

Pourtant, les Kurdes, ils avaient largement contribué à stopper d’autres humains devenus fous, faisant sauter des tours, tuant des innocents partout dans le monde. Merci les Kurdes.

Pendant ce temps, dans les pays riches, quelques humains investis de hautes responsabilités disent que ça n’est pas bien de faire une guerre aux Kurdes. Ces humains-là, ceux qui sont investis de hautes responsabilités, ont la particularité de dire et redire toujours ce qui est bien et pas bien. Mais ils sont tellement pris par leurs responsabilités diverses, économiques, sociales, morales, financières, des tas de responsabilités quoi, qu’ils n’ont jamais la force d’agir. Mais soyons justes. Il leur arrive de joindre le geste à la parole. Ils savent attaquer les méchants dictateurs, par exemple. Un méchant dictateur est un humain investi de hautes responsabilités dans un pays pauvre dont le sol regorge de pétrole et de gaz. C’est ça, un méchant dictateur.

Le chef des Turcs, lui, il emprisonne les opposants, les journalistes, les intellectuels, les enseignants mais les humains investis de hautes responsabilités dans les pays Européens ont besoin des Turcs pour empêcher l’immigration. Oui parce que les réfugiés, dans les pays riches, les humains qui donnent les hautes responsabilités à quelques-uns avec des bouts de papiers, ils n’aiment pas les réfugiés parce qu’ils leur mangent leur pain et leurs allocations. C’est ce qu’ils disent.

Alors, les humains Kurdes, ils peuvent bien se faire massacrer, personne n’en a rien à foutre comme on dit dans certaines chaumières.

Casting, épisode 7

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Qui qui veut un nouvel épisode de la série Casting ? Allez, c’est tellement drôle et plein de rebondissements, que je le livre. Alors,  je commence par un résumé des épisodes précédents.

  • Je passe un casting pour une joli second rôle.
  • Je suis pris
  • Le lendemain, je ne suis plus pris parce qu’on a pris un acteur régional
  • Après diverses tergiversations, je suis de nouveau pris.
  • Finalement, je ne peux pas tourner car à une des dates, je tourne sur un autre film
  • En fait, je m’aperçois que dans cet autre film, alors que j’ai passé de supers essais sur une super scène, on m’a filé un rôle de silhouette avec 3 phrases. Merde…
  • On m’annonce que finalement, la date de tournage qui m’a empêché de jouer le joli second rôle est déplacée. Trop tard…

Je rêve ? Non non. Heureusement, j’ai pris le parti d’en rire depuis un bon bout de temps. Et, du coup, chaque nouvel épisode est une nouvelle blague pour moi. Je soupçonne Xavier Dupont de Ligonnès d’être derrière tout ça.

Effervescences

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Quand je ne poste pas d’article pendant quelques jours, on peut penser que je ne fais rien ou que je déprime. Absence = vide.

En fait, si je n’écris pas depuis quelques jours, c’est que si j’avais dû écrire, j’aurais fait trois articles par jour. État d’effervescence.

Certaines choses m’ont meurtri. Ce fonctionnaire de la préfecture qui achète un couteau et tue ses collègues par délire religieux. Cet autre malade qui, en Allemagne, tue parce qu’il n’aime pas les juifs, les étrangers et les femmes. Ce président qui part tuer les Kurdes parce qu’il a peur qu’ils revendiquent leur autonomie alors qu’ils ont été les plus vaillants contre le terrorisme. Toute cette connerie meurtrière m’affecte en tant que membre de la communauté humaine. Mais qu’écrire encore sur le sujet, si ce n’est crier ?

Aux antipodes, je suis excité, joyeux, heureux, passionné par les dernières touches que je porte à une expérience avec de l’eau que je vais mener en public samedi pour une conférence que je vais donner au GNOMA (congrès de magnétiseurs) et autour de mon bouquin. Cette expérience que j’ai mise au point, elle raconte des choses extraordinaires. Elle nous dit que nous sommes vivants, en même temps qu’un lien très fort nous unit avec tout ce qui est vit, êtres, animaux, plantes, eau. Méditation. Autre sphère.

Mais en même temps, je me rends compte que le rôle pour lequel j’en ai raté un autre pour cause d’indisponibilité, est à peine une silhouette. Déception, ironie.

Je pourrais raconter les deux spectacles que je suis allé voir : Une Suite Française avec la copine Guilaine Londez ou encore l’Abîme mis en scène par Thomas Ostermeyer. Le plaisir d’une petite boîte de théâtre pleine de vie pour l’un et pour l’autre, le regard d’un médecin légiste sur la vacuité abyssale du monde que nous nous sommes fabriqué. Remarquable.

Après la projection de Manigances, les bonheurs de comédie de Paul, la vie m’a trop sollicité pour que je prenne le temps de raconter. Vive les silences du blog ! Ils témoignent du plein de la vraie vie.

Le jour où Paul est devenu acteur

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Hier fût une journée faste puisque mon fils cadet, Paul, a décroché un prix d’interprétation dans un festival de théâtre à Cabourg.

Quand on n’a pas de prix, on se dit que c’est génial ou que bof, et alors ? Mais dans la famille, nous ne sommes pas les plus sûrs de nous. Le doute et la quête de reconnaissance, on connaît, on se transmet tout ça. J’ai ma part de responsabilité. Alors, un truc comme ça, ça vous enlève ce fameux doute qui empêche pour un petit bout de temps.

Fier de lui, mais surtout tellement heureux qu’il reçoive ce message de légitimité. C’est quand même le seul mec de sa promo à ne pas avoir d’agent.

Le jour où je suis devenu réalisateur

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10:12, venu de Nancy, Guy Gauthier est là ! Des projections comme celles de ce matin, j’en redemande ! J’ai rarement eu l’occasion de recevoir autant de retours aimants. Un grand merci à ceux qui ont fait le chemin et pour tous les mots qu’ils m’ont dits. C’était la famille élargie, la vraie, celle du cinéma et des amis. Je ne m’attendais pas à ce que celui-ci aime le film. Tel autre me dit, mais il faudrait une séance avec tes trois films ! Tous m’ont dit que le film me ressemblait. Je sais, certains vont se dire que ce n’est pas un compliment 😉 Mais c’en est un. Me voilà donc réalisateur à mes propres yeux. D’habitude, je dis comédien. Oh, pas un réalisateur mainstream, bien sûr. Le mec incapable de faire un film « normal ». Tu fais un cinéma nordique m’a dit un autre. Ben oui, pas très Français mon petit cinéma du fil tendu dans lequel tu ne sais jamais de quel côté tu vas tomber, qui décale le décalage et joue toujours. Espiègle et impertinent m’a dit encore un autre. Liberté.

Ben voilà, j’ai donc les chevilles qui enflent. Et avec ce temps de merde, j’aime bien cette sensation de chaleur au niveau des articulations.

Une autre projection de Manigances, ma petite fantaisie médiévale avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet est prévue à la SACD en décembre. En attendant le passage sur France 2. Merci Céline Loiseau et la bande à TS !

Chez le coiffeur

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Je suis allé chez le coiffeur et me suis acheté un pull. A priori, tout le monde s’en fout à juste titre. Tout au plus, la photo va-t-elle peut-être provoquer un sourire.

En fait, c’est pour poster un truc que seuls ceux qui me lisent vraiment pourront débusquer.

Le truc c’est ça : il reste des places (pas beaucoup) pour la projection de Manigances, ma comédie médiévale de 24 minutes, demain à 11 heures au Louxor (Métro Barbès). C’est avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet. C’est produit par Céline Loiseau de TS Productions, avec le soutien de France 2, Beaumarchais, La région Nouvelle Aquitaine, la Charente, etc…

Alors, cher lecteur du blog, si tu habites Paris et que tu t’ennuies demain matin, tu n’hésites pas. Il y a un pot après.

Il est quand même préférable de déposer un petit mail à stagiaire@tsproductions.net et/ou de me faire un petit coucou.

Je précise quand même qu’il y a déjà du monde, sinon ça fait le mec qui n’a pas un chat à sa pauvre projo 😉

Qu’est-ce qu’elle vous a fait ?

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Greta Thunberg. Cette gamine passe son temps à dire aux dirigeants : lisez les rapports scientifiques et agissez ! Elle ne dit pas davantage. Elle le dit à sa façon. Elle a été médiatisée dès sa première intervention et est devenue une icône de la cause environnementale. Elle ne fait que répéter, partout où elle passe : lisez les rapports scientifiques et agissez ! C’est pas de gauche, c’est pas de droite, c’est même pas écolo. C’est juste Lisez ces rapports et agissez !

Les réactions face à ce discours on ne peut plus factuel sont de l’ordre : elle ferait mieux d’aller à l’école ; elle est manipulée ; c’est une autiste asperger ; c’est une extrémiste ; on parle de haine, de radicalité, de gauchistes dangereux… même le père Macron y est allé de son petit rejet, lui qui l’avait invitée quelques mois plus tôt.

Mais Messieurs les dirigeants, les bobos nouvelle tendance pro-glyphosate (si, si, ça existe), tous ceux qui crachent à la gueule de cette gamine dépassée par sa peur de devoir passer sa vie à compter les disparitions d’espèces animales, végétales, à subir les conséquences du dérèglement climatique, à voir la terre se transformer dans un sens pas sympa pour le seul besoin du fonctionnement capitaliste et celui des consommateurs inconscients, les dédaigneux, ceux qui croient survoler tout ça sans sombrer jamais dans le catastrophisme, ceux qui pensent que la science arrangera tout vite fait, les No Futur que ça fait rire, votre acharnement est franchement suspect.

C’est quoi cette attitude, votre attitude, ce refus d’entendre ce qu’elle dit ? Lisez les rapports scientifiques et agissez !

Ces rapports, je ne les ai pas lus. C’est un tort. En même temps, le seul parebrise de ma voiture me raconte la disparition des insectes. Ben oui, je conduis depuis 1979 et, à cette époque, dès que tu faisais plus de 100 bornes, il fallait passer un petit coup à la station-service si tu voulais espérer voir quelque chose de nuit. Mes copains glyphosatés me répondent que je n’ai pas le droit de tirer d’enseignements d’une expérience personnelle. Ok. J’ai pas le droit. Juste je constate. Pas fait de doctorat pour affirmer que je vois la disparition des espèces animales et les effets, années après années, des dérèglements climatiques, le vampirisme du libéralisme qui enrichit chaque jour les mêmes, une poignée et appauvrit chaque jour les autres, la masse. Pas besoin de doctorat pour ça. J’ai 61 ans. Même toi qui es dans les classes moyennes, tu compares tes feuilles d’impôt d’année en année. Tu n’as pas le droit de tirer de leçons de ton expérience personnelle, ni de celle de ton entourage, mais quand même, il me semble que tu es en droit de te dire qu’il y a un truc qui déconne quelque part. Et ces gens qui m’imposent de me tenir aux rapports scientifiques à propos des insectes de mon pare-brise, ceux qui méprisent le bas peuple quand il affirme des choses qui ne sont pas avérées scientifiquement, ben, aujourd’hui, ce sont les premiers à dézinguer Greta Thunberg qui se contente de dire : Lisez les rapports scientifiques et agissez !

Greta, à ta place je jetterais l’éponge. Je me dirais, au moins j’ai prévenu. Parce que là, tu vas continuer à t’en prendre plein la gueule de la part de tous ces connards plus ou moins souriants. Tu vas t’endurcir peut-être. Ou peut-être pas…

Ça serait dommage de rater ça.

FINDELETE

Vendredi soir, sur Arte, passe un beau film. La fin de l’été. Le film brosse le portrait sensible d’un ado et de son jeune frère (Talid Ariss et Maël Rouin Berrandou), en vacances chez leurs grands-parents (Bernard Le Coq et Christiane Millet). Premiers émois, questionnements sexuels, confusions des amitiés amoureuses, peur panique de l’homme pour la femme fantasmée, mystérieuse, peur de n’être pas à la hauteur, de l’inconnu. Quand ces jeunes commencent à peine d’esquisser leur vie autonome, les grands parents racontent leur vieil amour par leurs gestes, leurs attentions, l’accompagnement de l’un qui perd la boule par l’autre qui résiste comme il peut aux catastrophes du temps qui passe trop vite et n’abandonne rien de son amour.

Très banal comme thématiques tant elles sont universelles. Mais c’est là qu’intervient le cinéma, son casting, sa direction d’acteur, sa lumière, ses cadrages, sa mise en scène, sa capacité à restituer de façon stylisée la vérité sans fard, avec justesse, faisant éclore l’émotion avec intelligence et délicatesse. Hélène Angel parvient à porter un regard qui communie avec la nature et les êtres les plus communs, sans chercher à en faire des héros désincarnés, des stéréotypes. Elle nous montre des gens, nous-mêmes, nos familles, nos voisins.

Je ne vais quand même pas faire un article entier sans parler directement et sans détour de moi-même. On me connaît. J’ai réellement débuté en cinéma avec un magnifique rôle dans un des films les plus forts dans lesquels j’ai eu la chance de tourner. C’était en 98. Ça s’appelait Peau d’Homme, Cœur de Bête. Et c’est Hélène Angel qui l’a réalisé. Mais attention. Je ne fayote pas. On est amis et ce n’est pas le genre de la maison. Je vois des films et quelques-uns me touchent par la justesse de leur regard. C’est un de ceux-là.

Vendredi 4 octobre à 20:55 sur Arte.

Casting la série, épisode 5 (épilogue)

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Quand ça veut pas… Alors, il y a un nouveau retournement dans cette histoire. Ben oui, j’ai un autre tournage aux mêmes dates. Donc, impossible pour moi de faire celui-ci.

J’entend une voix au fond de la classe qui dit « on aurait pu commencer par ça, non ? ». Donnez-moi votre carnet de liaison, petit impertinent !

Sur ce, Jacques Chirac est mort. J’avais serré la main du président lors d’une projection d’Indigènes à la quelle il avait tenu à assister et à l’issue de laquelle il avait décidé de revaloriser les pensions de retraite des anciens combattants tirailleurs et goumiers. Merci Monsieur Bouchareb et merci Monsieur Chirac. Pour une fois, jouer la comédie avait eu une incidence concrète sur la vie des gens. À la même époque, son ministre de l’intérieur, un certain Nicolas Sarkozy, crachait sur le film.

Casting story, épisode IV

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Igor Kovalski, Adrien L’Hommedé, ma pomme en survêtement.

Il ne faut jamais croire que tout est fini. J’avais annoncé une bonne nouvelle, la voilà ! Je ne sais qui est intervenu avec force et persuasion dans l’histoire du casting dont j’ai fait une petite série, mais finalement je suis pris dans le rôle pour lequel j’ai passé des essais. Morale de l’histoire : il reste une part de morale dans ce qu’on croyait perverti par les lois de l’argent. L’expression peut avoir des conséquences bénéfiques. C’est la seconde leçon. On ne peut que s’en féliciter. En tout cas, cette histoire fait un homme heureux puisque je me réjouissais à la perspective d’incarner ce rôle. Merci à celui qui m’a défendu. Tout ce qui va dans un sens de justice me ravit, tant pour les autres que pour ma pomme.

J’ai eu l’info pendant que je tournais dans Gare au Fenwick d’Adrien L’Hommedé (l’homme aidé), avec Igor Kovalski. Les docks de Rochefort, ça avait de la gueule. Bonne ambiance, beau boulot. J’ai adoré le Fenwick et le port de gilet jaune. Bien amusé (c’est la base du métier).

LA FRENCH ce soir à 21:04 sur France 3

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Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas mon nom qu’il faudrait bouder la French de Cédric Jimenez. J’y joue quand même Lucien Aimé Blanc, un sacré flic, avec un paquet de bons acteurs, une image très seventies.

Là, je suis du côté de Rochefort où je tourne dans un court-métrage d’Adrien L’hommedé. Un bien joli scénario et une journée épuisante à conduire un Fenwick H25 avec Igor Kovalsky Retrouvé une partie de l’équipe de Cosmodrama et de… Manigances.

Si ça intéresse quelqu’un, une bonne nouvelle pour demain, ça va venir.

Science-fiction

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Quand t’étais homme préhistorique, il y a longtemps, à l’échelle d’une vie humaine, t’avais connu plusieurs guerres tribales, deux exils à moyenne distance et basta. À titre personnel, à l’époque contemporaine, j’ai connu les locomotives à vapeurs, l’écriture à la plume, l’arrivée du téléphone filaire grand public, de la télévision, puis de l’informatique. Le premier homme sur la lune. La chute du rêve communiste, la mise en œuvre de la mondialisation libérale, le marché commun puis l’Europe. Le catéchisme pour tout le monde, la mode new-âge, l’arrivée de l’homéopathie puis le déremboursement de celle-ci. J’ai connu les amplis à lampe pour la guitare électrique, l’arrivée des magnétos cassettes et mange-disques, les premières tables de montage-mixage sur mini-disc puis l’arrivée de Garage Band sur mac. Et c’est pas fini. Je n’ai que 61 ans.

Ça fait beaucoup pour une seule vie, beaucoup de changements de paradigmes, de valeurs communes, à l’échelle d’un pauvre humain.

C’est en considérant cette nouvelle échelle qui fait connaître à une seule vie humaine des changement radicaux que je n’ai pas aimé AD ASTRA (si tu n’as pas vu le film et que tu comptes le voir, arrête de lire l’article).

Certes le film est impressionnant et remarquablement interprété par Brad Pitt, mais il prétend répondre à la question métaphysique « y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». Et la réponse à laquelle nous ne sommes en réalité toujours pas en mesure de répondre, elle est donnée par le père qui ne l’accepte pas (génération précédente). Pourtant, cette réponse, elle est idéologiquement celle de la nouvelle génération, de la future, presque, quand ceux qui dirigent actuellement le monde, les matérialistes marchands, les scientistes à la petite semaine, auront définitivement casé toutes les croyances, les rêves de changement, les idéologies, au rang du charlatanisme et des superstitions.

Nous n’y sommes pas et nous connaissons aujourd’hui des sursauts de croyances mais le monde que nous construisons se dirige inexorablement vers l’avènement du Rien, du progrès technique, de la science qui élimine tout ce qui lui échappe. Les révoltes que nous connaissons, qu’elles soient idéologiques ou spirituelles, ne sont que les soubresauts d’un ancien monde qui n’a pas de place dans les instances décisionnaires, dans les cercles du pouvoir. L’ordre revient toujours dans le même sens, sous le regard bovin de la masse. Aujourd’hui, comme le raconte le film, ceux qui portent l’hypothèse d’un quelque-chose plutôt que rien sont des fous (comme le père dans le film). Les zadistes, les black-blocs, Gréta Thunberg, Mélenchon, les gilets jaunes, les révoltés de Hong-Kong, les évaporeus d’oranges…

Voilà les grands traits de la thématique de mon prochain film : ART SADA. Mais il finit bien.