Le problème…

labo

Je sais pas. Mais si ça se trouve, c’est important. Au hasard de mes expériences, je suis arrivé à un truc assez dingue. Des mesures qui racontent que l’eau perçoit nos émotions, nos intentions, nous écoute en quelque sorte.

Je sais, à ce stade, vous vous inquiétez. Il est tombé. On l’a perdu. Allo les urgences ?! Non, pas les urgences. Ça marche plus depuis longtemps, les urgences.

Le problème quand tu crois avoir découvert un truc super important, c’est que tu peines à y croire toi-même. Mais si ça se vérifie vraiment, ça va faire mal. Non parce que, cette fois, plus question de peser des oranges. On est dans du solide, du mesurable, du reproductible, du qui n’a pas besoin de machines à plusieurs centaines de milliers d’euros. Non, mon truc, c’est un truc de pauvres. C’est accessible à tous.

Le problème quand tu crois avoir découvert un truc super important, c’est que tu ne peux pas le dire. Pas trop vite. Pas trop tôt. Il faut d’abord le vérifier plein de fois, dans plein de circonstances. Mais surtout, il ne faut pas te faire piquer l’idée. N’en parler qu’une fois que t’as un truc à vendre. Un bouquin. Pas avant d’avoir envisagé toutes les applications possibles, des plus ludiques aux plus utiles.

Le problème quand tu crois avoir découvert un truc, c’est que tant de choses se jouent que tu as peur de faire un pas de côté. Tu te mets à rêver un à quelque chose de grand, quelque chose de beau. Un truc qui peut t’aider à vivre.

Le problème, c’est que je ne sais pas encore, mais que ça va pas tarder.

C’est quoi, ce texte ? De la poésie ? Un petit délire ? De la chèvre ? Du chou ? Allez savoir…

Ça me rappelle…

mur

À l’époque où le mur de Berlin est tombé, j’étais à Bordeaux. Nous avions une compagnie qui s’appelait Glapion & Fils avec Martine Pont, Jean-François Toulouse, Philippe Rousseau… Nous avions volé le nom à Jacques Audiberti dont j’étais tombé amoureux de l’écriture. Nous avions monté une de ses pièces (l’effet Glapion, pièce géniale) et confié la mise en scène à Guy Lenoir. Faute de théâtre susceptibles de nous accueillir, nous avions joué dans l’amphi de la fac de Pharmacie, Place de La Victoire à Bordeaux.

Avec Guy et les copains de Glapion, nous avons décidé de hurler haut et fort notre amertume de voir les théâtres institutionnels bordelais interdits d’accès aux artistes du cru. Un directeur du CDN à qui j’avais demandé rendez-vous pour lui dire que j’étais comédien Bordelais et que j’aimerais bien jouer dans son théâtre m’avait répondu d’aller à Paris ou de faire les avant-premières pour faire connaissance. C’est vrai !

Bref, on avait organisé une manif intitulée « le mur du fond du théâtre de la honte ». Nous avions érigé un mur de parpaings devant le grand théâtre.

Auparavant, nous avions imaginé une conférence de presse un peu spéciale : nous avions convoqué des journalistes à un endroit anonyme, en soirée. Nous leur avons bandé les yeux et leur avont intimé l’ordre de monter dans une fourgonnette. Nous les avons débarqués dans un garage d’immeuble et leur avons débandé les yeux. Nous avions mis en scène à la FLNC, avec cagoules et faux fusils pour leur dire nos revendications et annoncer la manifestation. Et tout ça s’est terminé par un coup de rouge, évidemment, des articles et du monde à la manif.

Nous avions bien pigé les règles de la communication. Et le temps a passé, je suis parti à Paris, faute de n’avoir pas accès aux théâtres institutionnels bordelais.

Au cachot !

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On aura remarqué que j’écris beaucoup moins sur le blog depuis quelques temps. Ce n’est pas que je n’ai rien à raconter, loin de là. La réalité, c’est que l’on m’en empêche.

Ah bon ? Et qui ?

Vous ! Moi.

En effet, j’aurais pu parler de mes expériences en cours (qui sont passionnantes), ou bien de l’affaire Ruggia. Sur la chose, j’en avais des choses à dire. Mais je ne peux les dire. Je ne peux les dire parce qu’on ne peut plus parler de certaines choses sans passer obligatoirement par des cases, en évitant soigneusement les sens interdits. Je n’aurais pas écrit pour innocenter Ruggia, qu’on se rassure (et oui, deux phrases peuvent déjà prêter à confusion). J’aurais essayé de complexifier un peu la chose, de parler des harcèlements qui se pratiquent dans nos professions et qui ne sont pas que sexuels, j’aurais parlé de la SRF, du parcours d’acteurs en lien avec leur engagement, de tas de choses en lien avec la discrimination collective inconsciente et le harcèlement de quelques-uns. Bref, j’aurais fait un long article.

Mais voilà, cet article, je n’ai pas le droit de l’écrire. Rien ne me l’interdit formellement, aucune loi, aucun décret. Mais l’écrire me livrerait encore davantage à l’étiquetage, au catalogage, à l’ostracisation. La prise de position, aujourd’hui, dès lors qu’elle va à l’encontre du folklore langagier du moment entraîne automatiquement le rejet et l’isolement. Le cachot virtuel existe. Dans le cas d’un acteur, il a des incidences professionnelles majeures.

Nous observerons l’évolution de la carrière d’Adèle Haenel à partir de cette histoire. Rien ne peut prédire qu’elle ira dans un sens ou dans l’autre. Les ingrédients sont complexes et antinomiques : d’une part elle se trouve surmédiatisée (ce qui est apprécié par ceux qui financent le cinéma) mais, par ailleurs, elle bouscule l’ordre établi (ce qui n’est pas apprécié par ceux qui financent le cinéma). Rien de dit de quel côté penchera la balance.

À propos de balance, sur mes expériences avec l’eau, je me retrouve dans la position du feu Docteur Benvéniste qui s’est fait dézinguer avec ses expériences autour de la mémoire de l’eau. Idem pour Montagnier qui a pris la relève. On ne touche pas à l’eau ! Du coup, je vais encore passer pour un mec complètement allumé. Ce qui est déjà fait depuis que je communique sur mes expériences. Dire des choses qui montrent les limites des connaissances scientifiques, ouvrir des brèches sur des concepts qui bousculent trop, a pour effet de vous dénoncer comme charlatan, tricheur, ésotériste, bon à brûler. Encore une fois, pas besoin de loi ou de décret ni de méchantes personnes. Ça se fait tout seul, collectivement. C’est de l’ordre du réflexe.

En politique, c’est la même chose. Les Gilets Jaunes sont vécus comme des fachos ou des révolutionnaires violents radicalisés alors que nous vivons le gouvernement le plus agressif socialement quand les patrons du CAC 40 ont enregistré cette année un nouveau record de revenus. Nous vivons à l’envers de la réalité.

Ce matin, LinkedIn m’informait de qui avait recherché mon profil (image d’entête). Ça m’a fait rire.

Je m’interroge

Je suis désolé, mais cette histoire de réforme du chômage me turlupine. J’essaie d’écouter les arguments des uns et des autres pour me faire une idée un petit peu plus nuancée que celle qui me vient immédiatement à l’esprit, à savoir que ce gouvernement travaille pour appauvrir les pauvres.

Les faits

Il faut travailler davantage dans une période plus courte pour avoir droit au chômage. S’ajoute une dégressivité des allocations au bout de six mois. Les décodeurs du Monde ont testé la situation de huit cas pour mesurer les effets de cette réforme (https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/11/01/huit-cas-concrets-pour-comprendre-ce-qui-change-dans-l-indemnisation-des-chomeurs_6017653_4355770.html?fbclid=IwAR0DbcmfFWFLgIfSH6whIgEEDELZg0StMTU5ofN8Tlbq16bDAr–gr3Ml98).

Ce qui ressort de cette étude, c’est que ceux qui seront le plus impactés par cette réforme sont ceux qui travaillent en CDD courts. Pourtant, une personne qui vit de petits boulots, elle est le plus souvent mal payée et, à la fin du mois, le salaire n’a rien à voir avec une personne qui a un vrai boulot.

Pourquoi une telle réforme ?

Muriel Pénicaud nous assure que ça ne change rien pour les chômeurs sortant d’un CDI ou de contrats longs et qu’elle veut simplement corriger une anomalie : Certains chômeurs toucheraient davantage de chômage que le salaire qu’ils touchaient avant. Je ne sais pas d’où elle sort cette affirmation mais, si une seule personne qui a le courage de lire cet article peut m’assurer qu’elle touche plus au chômage que ce qu’elle touchait quand elle travaillait, qu’elle se manifeste ! C’est faux.

Mais peut-être voulait-elle parler de ces choses qu’on entend souvent, à savoir que pour certains, mieux vaut rester au chômage plutôt que d’accepter un boulot qui paiera moins. Ça, on l’entend en effet. Mais ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que la rémunération qu’on vous propose est en-dessous de votre indemnité chômage qui est par définition elle-même inférieure au salaire que vous perceviez avant. Une rémunération donc inférieure à quelque chose d’encore inférieure à votre ancien boulot. Ce qui signifie qu’on vous a proposé un salaire de merde qui au final va vous engluer encore davantage dans le merdier, avec en plus les frais de transport et le travail que vous allez fournir.

Grâce à cette réforme, ceux qui galéraient avec leurs petits CDD sont assurés d’avoir davantage de difficulté à ouvrir des droits au chômage et, quand ils y auront droit, ils toucheront tellement peu qu’ils seront obligés de prendre le premier boulot de merde mal payé pour survivre.

Pourquoi s’attaquer aux pauvres ?

On aurait tort de résumer la politique du gouvernement comme celle de méchants. Ils ne pensent pas de façon affective et n’éprouvent vraisemblablement aucun plaisir malsain à s’attaquer aux plus faibles. Leur logique n’est pas de l’ordre du sentiment mais des faits bruts, scientifiques, froids. Ils suivent une logique comptable, arthmétique liée à l’application du libéralisme économique, du capitalisme, parce qu’ils pensent que c’est la meilleure façon de penser pour le bien de la collectivité.

Voici ce qu’en dit Muriel Pénicaud elle-même : « La précarité, oui, elle coûte cher au régime d’assurance chômage, payé par l’impôt, par tout le monde et les entreprises. Et le problème, c’est qu’il y a 35 milliards de dette, la deuxième après la SNCF. S’il y a une crise dans 10 ans, comment on va faire pour payer ? ».

La même Muriel Pénicaud affirme qu’on objectif de chômage à 7% est possible. Et en effet, rien qu’avec cette réforme, tous ceux qui devront prendre des boulots sous-payés vont sortir des statistiques et ceux qui ne pourront pas ouvrir de droits, soit ils vivront sur le seuil de pauvreté, voire en-dessous, avec un simple RSA. Dans tous les cas, ils sortiront aussi des statistiques du chômage. Grâce à eux, aux pauvres, aux précaires, le gouvernement pourra se targuer d’avoir réussi à faire baisser le chômage.

Pourquoi le silence de l’opinion publique ?

Il semblerait que l’opinion publique, tant qu’elle n’est pas massivement atteinte, se foute pas mal des pauvres et des précaires et du sort qui leur est fait. Elle les situe à la marge, comme tous ceux qu’elle déteste, les marginaux de tous poils, les colériques, les différents d’elle pour qui elle nie toujours sa propre responsabilité. La masse enterre sa propre capacité à s’émouvoir. Elle continue à voter capitaliste, regarde les inégalités s’accroitre sans broncher. Pourvu que son petit confort soit assuré, ne penser à rien, ne rien voir, ne rien entendre, ne rien espérer. Attendre la mort pépère dans son petit terrier. C’est ce que je pense quand il ne fait pas beau, que je poste un truc sur des gilets jaunes qui se font casser la gueule par la police et que personne ne lève le pouce ou manifeste un grrr quelconque.

Mais je ne terminerai pas sur une note aussi sombre. Laissons la parole à Muriel Pénicaud.

 

 

Brouillard

brouillard

Hier soir, j’étais à la cérémonie offerte par les amis théâtreux bordelais au souvenir de François Mauget. Ce fût une plongée dans le souvenir de tant de visages amicaux et familiers avec qui j’ai partagé tant d’années. Après 20 ans d’absence, on se retrouvait comme si nous nous étions quittés la veille au spectacle de Bidule. Et Mauget était là, partout, comme un brouillard, le sourire distant, un peu en coin, déjà pressé d’aller jouer de l’autre côté.

Ce matin, cramant une clope dans le jardin, j’observais que le brouillard épais avait pour effet de faire entendre les sons comme traités par un micro hyper cardioïde.  Des oiseaux, j’entendais comme jamais le battement des ailes. Des sons en gros plan. Les gouttelettes d’eau en suspension dans l’air affectent la circulation des ondes sonores. Les sons les plus lointains sont éloignés jusqu’à disparaître. Les réverbérations n’existent plus, absorbées par l’eau. Tout est plus grave, plus mat, centré sur ce qui est proche.

Incarnations, désincarnations

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Ces jours-ci, je fais l’acteur. Vendredi, c’était le dernier jour de Groom (pour moi). Un tournage tellement sympa que j’avais l’impression de faire partie des meubles, alors que je n’aurai tourné que deux jours. Je suis sûr qu’une de mes répliques deviendra culte. Je n’en dis pas davantage.

Demain, on change de braquet. Costume de député de droite. Pour le verbe, j’attendrai les autres jours en janvier. Gros film. Petit rôle. Tout petit petit. J’aurais peut-être pas dû.

jeanmichelmartial

Il y a deux semaines, disparaissait Jean-Michel Martial. C’était lui qui me foutait à la porte dans le film Edmond d’Alexis Michalik. On s’est à peine croisé mais ça jouait. Un mec aussi sympa que talentueux.

Mauget

Et en fin de semaine, c’est du côté de Bordeaux que le metteur en scène et copain François Mauget perdait la vie pour une connerie d’accident domestique comme on dit. Lui, j’avais fait davantage que le croiser. C’était ce qu’on appelle un mec bien. Pas besoin d’attendre qu’il soit mort pour avoir su que c’était un mec bien. C’est simple, un mec bien. Quand il te parle, il est avec toi. Il a des rêves pour changer le monde. Un mec qui est épaté par des trucs, désespéré par d’autres. Vivant, quoi. Et maintenant, mort.

Ce mec est fou !

danger

Je suis très pris en ce moment sur la confection d’une de mes expériences bizarres que je vais réaliser en public courant novembre. Je suis dans ce domaine en pleine révolution.

Changement de point de vue

Ayant longtemps affirmé que l’esprit pouvait avoir une influence sur la matière vivante, j’ai opéré un revirement intellectuel à 90°. Ce dont je me rends compte au fil des expériences, c’est que l’eau est un élément tout à fait singulier, de par ses propriétés physiques en premier lieu. Beaucoup sont clairement identifiées (3 états, liquide, solide et gazeux, la faculté qu’elle a de créer un champ magnétique de la même polarité que l’aimant auquel elle est soumise – diamagnétisme, propriétés électriques, etc…). Mais il semblerait selon moi qu’elle soit sensible à des informations d’ordre psychique. C’est en tout cas ce que me racontent mes expériences. Du coup, je ne suis plus dans la perspective anthropocentrée de l’esprit humain qui agirait sur ce qui l’entoure, mais dans celle de l’eau comme véhicule d’une forme de conscience.

D’autres ont cherché

Je sais que c’est tout aussi barré d’un point de vue rationnel, mais il y a des résonnances avec les travaux sur la mémoire de l’eau, ceux de Masaru Emoto sur l’influence sur les cristaux de glace, voire même l’homéopathie et ses très hautes dilutions. Ce sont évidemment des domaines très controversés dans les milieux scientifiques, voire même tabous. Mais j’ai l’habitude de ne pas me laisser enfermer par des a priori, dussent-ils être scientifiques.

Ce que je sais, c’est que je mets au point une expérience qui semble montrer qu’il se passe un truc bizarre mesurable et reproductible. Il faut rester prudent et continuer à expérimenter. Mais si ce que j’observe depuis plusieurs mois se confirme, j’espère que ça sera récupéré par d’autres et que ça se saura.

Place au doute

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne suis pas le dernier à douter. Avant d’affirmer haut et fort, je poursuis encore toutes les pistes qui pourraient mener à une explication rationnelle s’inscrivant dans le cadre strict de nos connaissances scientifiques. J’essaie d’identifier et de débusquer tous les biais environnementaux possibles, réduire au maximum les marges d’erreur, les bruits.

À quoi ça sert ?

Si ça se confirme, il faudra que des scientifiques en biophysique, par exemple, confirment et approfondissent les hypothèses que j’avance. De nombreux champs d’application sont possibles, de la médecine à l’agriculture et d’autres encore.

En lien

Dans ce genre de domaine, il y a un très bon dossier dans Sciences et Vie d’octobre sur l’effet placebo. De nombreuses études scientifiques sont menées depuis pas mal d’années et vont jusqu’à montrer que le corps fabrique soudain des molécules de guérison et quelles zones du cerveau sont impliquées. C’est assez fascinant. Ce qui est en jeu n’est pas une simple illusion psychologique comme on a tendance à le résumer, mais la mise en branle réelle de nombreux processus physiques, chimiques et biologiques.

Acteur d’abord

Comme chercheur n’est pas mon métier, demain je tourne mon dernier jour dans groom et lundi dans un autre film. Tout va bien.