Vive le vent !

noel

J’aurais dû parier la semaine dernière quand je prédisais une montée de Macron dans les sondages. Car, une chose est indéniable. C’est un beau parleur. Son intervention pour la mort de Johnny a été assez exemplaire. Il a su capter qu’il s’agissait d’une idole, d’un phénomène qui traverse le temps et les clivages. D’autres n’ont parlé que de ses évasions fiscales. On était ailleurs et il a su capter. À l’international, quand il s’agit de lancer de belles phrases, d’appeler le meilleur de ses vœux, il n’y en a pas deux comme lui. Il est brillant. Il ne sort rien de concret de ses belles paroles, mais au moins on a de belles paroles et ça rassure, les belles paroles. On a envie d’y croire.

Le discours de Macron, c’est comme les illuminations de Noël. On sait que ça brille juste le temps de faire marcher le commerce mais on en oublie volontiers ce qu’il a dessous, quand on les enlève. C’est ma-gni-fi-que.

Le plus riches d’entre nous (qui ne constituent qu’une infime minorité de la population) voient même en lui le père Noël en personne. Pour eux, l’heure des cadeaux, c’est tous les jours. Pour les autres, il va falloir attendre. Regardez, il vous a baissé la taxe d’habitation. Il va même la supprimer ! Il nous explique que le manque à gagner pour les collectivités locales sera compensé par l’état. Comment ? Ben, on ne sait pas vraiment, mais on va le faire. Promis.

Un jour, il faudra bien faire les comptes, voir qui a gagné ou perdu dans chaque acte concret de sa politique. Comme on approche de Noël, on peut espérer que le bilan sera équitable.

Bon, j’avoue que cet article n’a pas grand intérêt en dehors de faire entendre la petite musique attendue du mec qui est contre. Encore une fois.

Je reviendrai quand je serai plus inspiré. Mais avec la trêve des confiseurs, je crains pour mon inspiration.

Toujours vivant

projo

Ce n’est pas parce que je passe plusieurs jours sans poster un article que je suis mourant. Les absences sont toujours interprétées.

J’ai beaucoup travaillé au protocole des oranges pour le transmettre à des personnes qui doivent reproduire l’expérience avant que je la reproduise moi-même avec ceux qui se sont portés volontaires (merci à eux).

Mais ma vie n’est pas faite d’oranges.

Hier, j’étais dans la banlieue rennaise pour la projection de La terre et le temps, le documentaire réalisé par Mathilde Mignon (ma compagne) autour de la problématique de l’agriculture péri-urbaine. Il se trouvait que j’avais fait la musique. Salle archi comble avec des gens refoulés. Très bel accueil des agriculteurs du film et du public. Beau film. Belle soirée.

Allez, je boucle car je joue dans peu à la Pépinière.

Appel à volontaires pour expériences !

Mon prochain livre devrait s’appeler « l’expérience des oranges » et parler d’expériences que j’ai réalisées avec différents matériaux qui tendent à montrer qu’il existe une possible influence physique de la pensée sur la matière vivante.

La dernière en date remonte à juin 2017 et porte sur l’influence de la pensée sur l’évaporation d’oranges. Avant de pouffer, je vous invite à considérer d’un regard objectif les résultats ci-dessous. Mais je vais vous raconter avec des images…

LE PREMIER JOUR

J’ai pris 20 oranges que j’ai baptisées de jolis noms, 10 d’entre elles destinées à devenir les cibles de participants qui allaient émettre une intention (ABCDEFGHIJ). Les 10 autres sont des témoins (tA, tB, TC, …etc.).

200RANGES

Pesée des oranges. On prend soin de les stocker en mêlant cibles et témoins.

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LE DEUXIÈME JOUR (J1 pour les volontaires)

On pèse de nouveau les oranges pour voir comment elles se sont évaporées en 24 heures, sans aucune influence.

2 groupes de 5 volontaires chacun (10 personnes) vont tenter d’influencer l’évaporation des oranges.

5 personnes pour le groupe SE CONSERVE. Chacun va recevoir la photo d’une orange et va se concentrer sur celle-ci, pendant 3 à 5 minutes en imaginant qu’elle est emballée d’un film transparent qui la rend étanche, que les pores de sa peau se ferment pour l’empêcher de s’évaporer. Chacun visualise ce qu’il fait sur l’orange.

Par tirage au sort, on leur a attribué les oranges A, B, C, D, E.

Les 5 personnes du groupe S’ÉVAPORE vont se concentrer chacune sur la photo de l’orange qu’ils ont reçue. Il devront visualiser qu’elle s’évapore, qu’un brouillard sort de la peau comme un jet de vapeur. 3 à 5 minutes de concentration.

les oranges F, G, H, I, J leur ont été attribuées par tirage au sort.

J1

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LE TROISIÈME JOUR (deuxième jour pour les participants)

On pèse de nouveau les oranges.

Cette fois-ci, chacun des membres du groupe SE CONSERVE va recevoir une photo qui avait été attribuée la veille à l’autre groupe (parmi FGHIJ).

Le groupe S’ÉVAPORE se partagera les oranges ABCDE qui étaient attribuée la veille à « se conserve ».

J2

LE QUATRIÈME JOUR

On effectue la dernière pesée et on est en mesure de voir si chaque groupe SE CONSERVE et S’ÉVAPORE a eu une influence sur l’évaporation des oranges.

Un jour on a donc eu A, B, C, D, E     F, G, H, I, J

et le lendemain A, B, C, D, E     F, G, H, I, J

Les pesées quotidiennes de chaque orange entrent dans le tableur qui va comparer à la fois l’évaporation de chaque orange par rapport à l’évaporation totale de l’ensemble des 20 oranges et par rapport à sa propre évaporation de la veille. On termine par les écarts qui seront supérieurs à zéro quand « s’évapore » et inférieurs à zéro quand « se conserve ».

RÉSULTAT DES GROUPES SE CONSERVE ET S’ÉVAPORE

Que s’est-il passé pour les cibles d’un jour sur l’autre sous influence des groupes se conserve et s’évapore ?

CIBLESJ1J2

Pour ABCDE (premier histogramme) on a confirmation que le premier jour, les écarts sont < 0 sous influence SE CONSERVE et, le lendemain, > 0 sous influence de S’ÉVAPORE.

Pour FGHIJ, l’évaporation est nette le premier jour sous influence S’ÉVAPORE et de nouveau en dessous du zéro le deuxième jour sous l’influence de SE CONSERVE.

Vou noterez que chaque jour, on a 5 oranges qui s’évaporent davantage quand elles sont sous influence de s’évapore. Et le lendemain, c’est exactement l’inverse qui se produit.

Pour ce qui est des témoins TA, TB, TC… etc, moins d’amplitude et pas d’inversion d’un jour sur l’autre.

TEMOINSJ1J2

Si l’on s’amuse à rassembler les pesées des cibles au moment où elles ont été sous influence SE CONSERVE et celles sous influence S’ÉVAPORE et que l’on procède de la même façon pour les témoins, on obtient les performances des groupes SE CONSERVE et S’ÉVAPORE

CIBLESTEMOINSINTENTION

Difficile d’invoquer le hasard pour ce résultat. Mais nous pouvons regarder de plus près avec les résultats individuels des cibles et des témoins.

J’ai oublié de préciser clairement que cette expérience s’est faite à distance. Les participants n’ont eu qu’une photo. Ça pose d’autres questions.

RÉSULTAT ORANGE PAR ORANGE

CIBLESINTENTION

Grande cohérence entre mesures et intentions, même elle n’est pas totale.

TEMOINSINTENTIONS

Plus de cohérence pour les témoins et moins d’amplitude. Définitivement confirmé par les courbes qui suivent.

COURBES

Je rappelle que nous parlons de l’évaporation de 20 oranges, que 10 témoins se sont évaporés de façon aléatoire et que 10 cibles ont vu leur évaporation s’adapter chaque jour aux influences se conserve et s’évapore (évaporation – pour 5 et évaporation + pour 5 autres)  par moitié et que l’inversion globale souhaitée le lendemain s’est produite (5 évaporation + pour 5 évaporation – ).

APPEL À VOLONTAIRES

Cette expérience va être reproduite pas d’autres. Mais l’expérience de juin a été réalisée avec des volontaires rodés à ce type d’expériences. Je souhaite la renouveler avec des personnes qui n’ont pas obligatoirement pratiqué des choses aussi surprenantes, au mois de janvier.

Pour être volontaires, il faudrait

  • être majeur
  • ne pas avoir déjà participé à cette expérience
  • ne pas être entré en rationalisme comme en religion (si par exemple vous persistez à croire que c’est impossible malgré les résultats, vous allez vous empêcher plus ou moins consciemment d’agir sur les photos).
  • ne pas avoir de difficulté à imaginer, rêver, visualiser
  • être ouvert à des possibles non définis par la science
  • être intimement persuadé que vous en êtes capable (a priori, tout le monde en est parfaitement capable, dès lors qu’il accepte de jouer le jeu)
  • avoir la possibilité de s’isoler et se concentrer 3 à 5 minutes par jour, pendant 2 jours.
  • être motivé et joueur

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Mon Johnny

johnny

J’avais des goûts musicaux peu affirmés, à 14-15 ans. Bien sûr, j’appréciais Brel, Ferrat, Ferret c’est même pas sûr à l’époque. Mais pour le reste, je baignais dans la variété la plus banale. C. Jérôme, Stone et Charden, Mike Brant, Gérard Lenorman, Joe Dassin, Michel Fugain, Christophe, Françoise Hardy, Aznavour, Polnareff, Dutronc. Je jouais Jeux Interdits à la guitare. Pink Floyd, Kraftwerk, Ange, Santana, Neil Young, Tangerine Dream, ça viendrait plus tard. Néanmoins, Johnny, ce n’était déjà plus de ma génération. Il se mêlait vaguement aux autres, mais je le trouvais un peu ridicule avec sa coiffure, ses tenues et sa rock attitude. Presque un vieux ringard.

Et puis concomitamment à l’acquisition de ma première mobylette, une petite grise qui avait été celle de ma mère, je me retrouvais invité à un concert de Johnny au parc des expositions de Bordeaux. Je n’aurais jamais fait ce choix de mon propre gré, mais puisque j’y étais invité… On y était allé à quelques potes. Il y avait un monde fou.

Ça sera une vraie claque. Je me suis retrouvé face à une bête de scène comme je n’en reverrai plus. Son engagement était total. Il suait à grosses gouttes, changeant de tenues pendant le concert. Et la foule était folle. Et il était fou. Il donnait tout à chaque mot, poussait sa voix au-delà de ses limites. Il y avait quelque chose de mystique dans ce moment. Un homme que la foule avait fait dieu et lui qui assumait pleinement son rôle. Il n’était plus humain. Il faisait ce qu’aucun humain n’est capable de faire.

En sortant du concert, ma mobylette avait disparu.

Si par la suite je n’ai jamais été fan, je lui ai toujours voué le respect que l’on doit aux hommes d’exception, à ceux qui donnent leur vie aux autres en acceptant de disparaître en dehors du rôle qu’ils endossent. Ces hommes qui ne sont plus que des concepts.

Je fais partie de ceux qui croient que les pensées sont une énergie qui informe physiquement la réalité. Hier soir, en sortant de la bouche de métro pour rejoindre la Pépinière, je vous jure que j’ai senti de façon palpable Johnny qui avait envahi l’air des rues. Il flottait partout comme un brouillard épais.

Intra-Muros aux Globes de Cristal !

globes

Chaque année, un jury composé de journalistes remet des prix, Globes de cristal, dans différents secteurs des arts et de la culture. Il s’agit de récompenser les meilleures productions ou les meilleurs artistes de l’année écoulée dans les domaines de la musique, cinéma/télévision, théâtre, littérature, arts. Dans chaque catégorie et sous-catégorie, on compte 5 sélections.

Cette année, Intra-Muros d’Alexis Michalik figure parmi les 5 prétendants au globe de cristal de la meilleure pièce de théâtre.

Quand on voit le nombre de pièces de théâtres montées dans une année, faire partie du peloton de tête est une vraie fierté. Un grand bravo à Alexis Michalik, encore une fois… et à mes partenaires de scènes, Jeanne Arènes, Alice de Lencquesaing, Sophie de Furst, Fayçal Safi, Paul Jeanson et Raph Charpentier. Et un clin d’œil à tous ceux qui ont concouru à ce spectacle, aux producteurs, aux décorateurs, scénographes, assistante, éclairagistes, attachés de presse, techniciens, administratifs, aux spectateurs, à nos futurs remplaçants, au Théâtre 13 qui a accueilli la création, le théâtre des Béliers à Avignon et la Pépinière depuis septembre.

Rien ne dit qu’à la fin on aura le prix. Il y a du beau monde en face. Mais peu importe. On a beau relativiser ce type de récompense (moi le premier), quand on est ne serait-ce que sélectionné, concerné de près ou de loin, c’est toujours une marque de reconnaissance du travail artistique. C’est peut-être moins précieux que les applaudissements du public, mais ça compte réellement.

J’en profite pour faire un petit rappel. L’équipe actuelle joue à la Pépinière jusqu’au 29 décembre. Mais une partie d’entre elle (pas moi parce que j’ai mes projets à réaliser d’urgence) continue dès le 30 décembre avec des remplacements. Le spectacle restera Intra-Muros, parce que c’est une pièce de Michalik et que c’est ficelé comme un rôti bien dodu. On affiche parfois complet, mais il reste souvent des places. Quand on veut voir la pièce, ce n’est pas forcément facile, mais c’est toujours possible.

Mort d’Anselme ?

anselme

En sortant du théâtre, j’ai appris le décès d’Anselme aux alentours de 22:00 dans les derniers épisodes d’Un Village Français. Les causes de la mort sont pour l’heure incertaines. Certains parlent d’un suicide mis en scène, d’autres d’un assassinat par les forces de l’ordre. Je pencherais quant à moi pour une euthanasie au cordon CRS.

Il incarnait une forme de résistance sans compromis avec ce que certains appelleraient la lucidité des désespérés. Ayant eu la chance de l’incarner dans l’exercice de mon métier d’acteur, j’ose avancer que ce n’était pas lui qui était désespéré mais que sa lucidité était désespérante pour chacun car elle renvoyait à l’impossibilité des vrais changements face aux jeux de pouvoir des médiocres. Collectivement, on n’en veut pas de ces Anselme qui ouvrent leur gueule et disent les choses telles qu’elles sont, crues, vraies, tristes à mourir quand on a le courage de les voir. Il était à l’opposé du nouveau monde, celui du compromis, de la pensée acidulée, aseptisée, guidée par le pognon, du « t’as qu’à t’acheter un costard ». Dans un instinct de survie, l’humanité s’en accommode, fait avec. Mais heureusement qu’il reste encore quelques Anselme pour assurer la survie de l’âme, de la conscience, de ce qui fait que nous sommes encore humains.

Anselme mort, je vais quant à moi retrouver des chemins plus paisibles. Ayant appris qu’En Marche n’était pas un parti, je vais aller voir du côté de l’UDI.

Non, je déconne. Macron est un connard de droite avec sa bande de copains opportunistes et pourris jusqu’à la moelle, des communicateurs à deux balles, des manipulateurs qui roulent pour leurs seules gueules, même pas pour le capitalisme ou le libéralisme ! Ils n’en sont que le produit, les pauvres et tristes marionnettes. Ça, ça ne se dit pas. Mais est-ce que c’est faux ?

Tu n’es pas complètement mort, Anselme !

Théâtre et psychanalyse

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Quand on joue au théâtre, il y a quelques scènes dans lesquelles on doit se retrouver dans un état émotionnel fort. Pour la colère, c’est facile de le retrouver chaque soir. On parle fort, on se tend physiquement, les sourcils se froncent et la blague est faite. Mais quand il s’agit d’émotions plus intimes, plus tripales, qui peuvent conduire aux larmes, c’est une autre paire de manches dirait l’avocat. L’acteur y parvient facilement pendant les répétitions. Puis pour les premières représentations. Mais après ? À la centième, comment garder la sincérité et l’intensité de l’émotion ?

Il n’y a pas d’école en la matière. Ou plutôt, il y en a plusieurs. Mais je ne vais pas parler de Brecht et de Stanislavski. Pour ce qui est lié au sentiment amoureux, on peut s’appuyer sur les personnages de la pièce, en prenant soin de distinguer personnages et acteurs. Sinon, l’acteur tombe amoureux de l’actrice et ça devient le bazar dans sa vie. La vie d’acteurs célèbres est pleine de mariages et de divorces de plateaux. Le plus sage consiste donc à croire en la fiction que l’on raconte, l’isoler de la vie réelle, ne plus être soi-même le temps de la pièce, mais le personnage et considérer les autres acteurs comme des personnages.

Vivre à 100% dans la fiction, pendant près de deux heures. Peu à peu, on identifie telle scène comme un appui à la suivante, comme une source à laquelle on s’abreuve pour nourrir la prochaine, celle qui fera jaillir l’émotion. Appréhender le décor en lui donnant une réalité autre, celle de la fiction. Mais quand on joue longtemps, qu’il y a peu de décors, notre esprit peine à rester entre les parenthèses fictionnelles. Sans cesse, nous sortons de l’histoire pour constater que tel acteur ne joue pas comme la veille. Parfois même l’esprit s’égarant dans des considérations qui n’ont plus rien à voir avec la pièce, ni avec les personnages, ni avec les acteurs, ni avec le théâtre. Vite, replonger dans la fiction ! Alerte rouge. C’est là que viennent les trous. Ces béquilles sont faibles et ne suffisent pas à faire naître l’émotion. Il faut alors faire sa tambouille, aller puiser dans sa mémoire affective, revivre certaines situations que l’on a vécues, avec diverses personnes de la vraie vie, à différentes périodes. On convoque alors à la rescousse les fantômes du passé.

C’est à ce moment que nait un vrai travail de psychanalyse. Pour ce qui tourne autour du sentiment amoureux, on va chercher les situations qui ont fait naître les plus vives émotions. Et on sait bien que celles-ci sont fondées sur des illusions, des projections, bien éloignées d’un amour solide et durable. On peut plonger jusque dans l’enfance, les premiers émois. Et passant d’une situation à l’autre, on revisite chacune en la décrochant du panthéon du souvenir. Et elle s’éclaire soudain du sceau de la conscience, de la raison, de l’expérience. Et en baignant ainsi dans ce magma affectif, ce matériau intime, on finit par découvrir, comme jamais on n’y était parvenu, ce qui, au plus profond de soi, a pu générer ces illusions, ces projections. On finit par en débusquer la cause première, la source, le fondement. Et tout s’éclaire d’un jour nouveau. À tel moment de ma vie, dans telle situation, j’ai eu le ventre qui se tordait d’amour. Mais en réalité, c’était d’autres personnages qui étaient en jeu. Il se rejouait autre chose, comme une fiction dans laquelle les protagonistes en auraient figuré d’autres. Les jeux de l’amour comme des pièces de théâtre.

On peut revenir alors à la fiction en ayant l’impression d’avoir grandi un peu. Et paradoxalement, cet exercice de représentation, cette histoire inventée par un autre et projetée sous les lumières, face à un public, elle aura produit l’effet de longues séances de psychanalyse. Introspections publiques qui gardent leurs secrets.

Ils ne se font pas chier, les acteurs. En plus, ils se font payer !