Content de lui, le con…

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À Fos-sur-Mer, nous avons joué devant près de 500 personnes, avec le même succès. Décidément, Intra-Muros émeut. Ce fût pour moi une expérience un peu particulière car je jouais pour la première fois avec deux nouvelles partenaires de scène et un nouveau musicien. Mais avec les mises en scène de Michalik, on n’est jamais perdus tant tout est au cordeau. Moins drôle, un de mes collègues perdait son père le même jour. On doit jouer en toutes circonstances. Drôle de métier.

Ce matin, j’étais en rendez-vous chez mon éditrice. On finalise petit à petit pour une sortie printanière d’Orange Magnétique. Peu de retouches à prévoir en dehors du début. Les démarrages sont toujours difficiles et ne se trouvent qu’à la fin.

2019 démarrera donc pour moi avec la sortie d’un bouquin et d’un film, presqu’en même temps. Le tout en plein milieu de la tournée d’Intra-Muros.

Très mauvaise nouvelle en revanche. Elsa, l’assistante de production d’Intra-Muros m’a donné ma carte Sénior pour les billets à tarif réduit. On a beau s’activer dans tous les sens, il y a toujours quelque chose ou quelqu’un pour vous rappeler que vous n’avez pas l’âge que vous croyez.

Demain, on retourne au montage de Manigances pour faire quelques modifications bienvenues. Pas de gilet jaune, donc. Tant que le film n’est pas définitivement en boîte, il reste la place à tous les changements pour éviter de futurs regrets.

Voilà comment, en ce moment, la vie me semble bien remplie et je me sens comblé. Comme j’ai la fâcheuse tendance à me considérer comme une merde, les périodes de caresses narcissiques ne peuvent pas faire de mal.

Bordelais, Pyrénéens, Marseillais, c’est pour vous !

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Ça y est, ça va commencer… Demain, nous partons jouer Intra-Muros d’Alexis Michalik à Fos s/mer. Et, dès la semaine prochaine, la tournée commence, parfois proche de Paris, parfois en Belgique, en Suisse, dans le sud de la France, dans le Nord, en Bretagne, Vendée, Pyrénées, etc…

Petite attention pour les amis Bordelais. Nous jouons le 18 décembre au Pin Galant. Très peu d’invitations, mais je vais voir pour des tarifs réduits.

Pour les 64 et 40, on viendra au mois de mars à Mont-de-Marsan, Dax, Serres Castet, Biarritz.

Pour les Marseillais (après La French, on se sent un peu Marseillais), on revient au printemps avec plusieurs dates à Marseille et à proximité, sur la côte d’Azur. Je dirai tout en temps voulu.

Ben oui, il ne faut pas oublier que je suis aussi comédien de théâtre…

Pas la peine d’ouvrir le lien !

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Pour commencer, je mets une photo peu vendeuse. Alors, je préviens que ça va être un article encore nombriliste et prétentieux. Con, quoi. Si je dis ça en préambule, c’est qu’une sorte de dépression s’exprime souvent à la fin d’un montage.

Je me suis retrouvé face à mon OVNI, un peu dépité. Et puis je suis allé au cinéma et j’ai vu Heureux comme Lazzaro d’Alice Rohrwacher. Du coup, je me suis senti moins seul. Et moins ringard, tant que j’y étais. Je me disais juste avant, à quoi bon faire des films comme tout le monde puisque tout le monde en fait (mieux que je ne le ferais, sans doute) ? Mais attention, je ne prétends pas que faire un film différent signifie faire un bon film. On va dire qu’il part au moins avec le mérite d’essayer quelque chose. Bon, le bonus ne vaut que si c’est fait sans prétention et en dehors de toute boursouflure narcissique. Des films originaux chiants à mourir, il en existe.

Cette façon de me démarquer sans chercher à le faire (je suis toujours convaincu au départ que je vais faire un film qui plaira à tout le monde) correspond bien au regard que je porte sur le monde qui m’entoure. J’ai un mal fou avec les cases, les boîtes, les tiroirs, les étagères, les étiquettes. Tout ce qui enferme et définit.

En lisant ce blog, on pourrait me penser France Insoumise. Mais, c’est plus compliqué que ça. L’autre soir, j’ai regardé sur internet un bout du meeting de Mélenchon à Pau. Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver les premiers orateurs médiocres, de voir qu’ils étaient coincés derrière un pupitre mal sonorisé, que les commentaires en direct étaient faux, du genre « Merci JLM pour cette leçon d’histoire de haut niveau ! » alors qu’il n’avait pas encore commencé à prendre la parole. Et des comme ça, il en défilait à la pelle, du genre, on a mis en place un petit groupe d’insoumis qui vont balancer des commentaires pré-écrits. On se serait cru à Moscou en 1950. Sans compter, les chaises qu’on apporte pour placer devant les militants qui étaient sur scène. Ils étaient trop vieux, alors on a mis des jeunes devant eux. Sans parler de l’éclairage merdeux pour les premiers intervenants, projecteurs blancs sur les murs de salle des fêtes. Quand JLM est arrivé, les lumières se sont faites bleu-blanc-rouge, les micros pourris ont laissé place à 2 HF épinglés à sa veste pour qu’il puisse déambuler, on a viré le pupitre pour y placer sa table haute ronde avec bouteille de Perrier. Comment adhérer à un mouvement qui défend des idées proches des miennes quand je sens qu’on me prend pour un con et qu’on essaie de me manipuler. Les autres, ça vaut pas mieux. J’avais assisté à un meeting de Besancenot en son temps et c’était la même chose. Il déboule en dernier avec sa houppette et son blouson noir pour faire le sketch après qu’on se soit payé une brochette de prises de paroles merdeuses. Lui, vu à la télé ! Je ne parle pas des ténors de tous bords. C’est kif kif.

Alors j’ouvre ma gueule sans carte comme j’essaie de faire des films sans tricher. Mais c’est pas simple. Je commence à réfléchir au prochain qui se passerait dans le futur, avec une télé qui dit des gros mots et ment à chaque phrase, les nains de jardin obligatoires et l’organisation de battues aux étrangers ou au gauchistes, un an sur deux. Le tout sous le contrôle de quelques-uns, invisibles, qui dirigent les banques, l’eau, l’agro-alimentaire, la pharmacie et l’énergie. Toute ressemblance avec le présent est totalement fortuite. Ça serait une farce bucolique tournée en campagne.

Le 17 novembre ? C’est la veille du 18. Le prix du carburant c’est rien par rapport à tout ce qu’il faudrait remettre en question et je ne suis pas certain d’être d’accord sur les solutions avec ceux qui vont manifester.

Retour dans le réel

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Ça y est, on en est au stade où le film se démerde tout seul. Encore quelques petites modifications au montage, histoire de peaufiner ceci ou cela, mais Manigances a fini de m’occuper l’esprit vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de 9 heures à 19 heures en salle de montage, puis de 21 à 23:30 à écrire et enregistrer des voix-off et de la musique.

Le résultat sera encore un film inclassable, un OVNI pur et dur, une nouvelle bizarrerie intemporelle poético-blancanesque. Elle en laissera sur le bord de la route et en entrainera d’autres. Elle surprendra, c’est sûr.

Petit à petit, mes oreilles se rouvrent à ce qui m’entoure et mes yeux se remettent à faire le point au-delà de l’écran.

Bonjour le monde, je reviens !

Rire jaune

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Forcément, en enchaînant Beyrouth et le montage de Manigances, il ne me reste pas grand temps pour écrire sur le blog. Mais tout se passe à merveille côté Manigances.

Pourtant, pendant ce temps, il y a eu le Brésil, par exemple, cette élection qui s’ajoute à d’autres et qui nous laisse malheureusement présager les suivantes. On attaque les insoumis ici, des mecs d’extrême droite lancent des appels à la rébellion. Bref, pendant que je me distrais à tenter de faire rire en image, le monde continue sa chute vers la connerie généralisée au service du libéralisme (les bourses ne s’inquiètent jamais de l’arrivée au pouvoir de fachos, ni les riches).

Allez, demain c’est férié. Mais moi, je bosse à essayer de vous faire rigoler. C’est l’ultime possibilité de subversion, on dirait.

Super Liban

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Belle rencontre avec le Liban. Dans la salle d’abord avec quatre représentations d’Intra-Muros devant un public sensible et réactif. De ceux qui vous portent et vous accompagnent du début à la fin. Les quelques débats d’après spectacle étaient de haut niveau. Empreinte d’un goût des arts et d’un niveau culturel. La francophonie y tient une place importante. Jubilation de jouer avec les copains.

Extra-muros, Joëlle et Freddy nous ont promenés dans les montagnes du Chouf puis, hier, c’est en bateau qu’ils nous ont fait découvrir Byblos, un site archéologique unique, livre ouvert dont les lettres de pierre déroulent sous nos yeux et nos pas l’histoire de nos civilisations communes. Se côtoient grecs et romains jusqu’au château des croisés, temples et chapelles chrétiennes. Le croisement des religions qui cohabitent plus ou moins bien depuis des siècles dans ce pays traversé de guerres donne une impression de sagesse et de douceur. On devine comme partout la violence sociale et la corruption derrière ce tableau sirupeux. Mais le statut singulier de ce pays ouvert qui domine.

Désolé pour cette rédaction de CM2 mais j’ai été bousculé dans mes a priori de pays de chaos. Beyrouth ce n’est plus pour moi la seule image du bordel des années de guerre civile, d’occupation Syrienne ou de bombardements Israéliens. 

Ça monte

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Le montage ? Il se passe très bien. On se dirige vers un truc plus grave que je pensais mais qui pourrait séduire ceux qui ont un peu d’humour. Ma monteuse me dit que c’est un film féministe. Personnellement, je trouve que c’est un film d’une grande liberté. Je suis même étonné de pouvoir faire ça aujourd’hui. À suivre…