Campagne pour les européennes

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Et puis il y a ces élections européennes, ce mouvement des Gilets Jaunes qui continue. Samedi, je vais essayer d’aller derrière la banderole des Sous-marins Jaunes. Le 26, je vote, c’est sûr. Mais je suis encore dans l’hésitation. Je me verrais bien aider Ian Brossat à atteindre les 5%, histoire d’ouvrir une chance à une gauche rassemblée pour la nécessité d’une prise de pouvoir. En finir avec le libéralisme cynique pour la préservation de ce qu’il reste de la planète, de la biodiversité. Tous les experts le disent : décroissance, révolution du partage des richesses. Indispensable révolution écologique et sociale. L’espoir est rouge-vert.

En 2020, LFI, PC, Hamon et EELV ont le devoir d’y aller unis. Les ultras rouges, eux, n’ont jamais montré qu’ils voulaient se retrousser les manches pour bosser concrètement dans les mairies ou ailleurs. La prochaine présidentielle commence à se jouer dans ces européennes. Je n’ai aucune envie qu’elle se résume à un duo Macron/Lepen.

Je ne demande à personne de penser comme moi. Ce n’est que mon modeste point de vue et je me trompe peut-être. Et alors ? Il me semble tout de même qu’il y a une forme de logique.

À part ça… on part jouer Intra-Muros au Havre. Plus que quatre dates. Une autre vie se met en place avec l’accompagnement de Manigances, le montage du documentaire-portrait de Jean-François Stevenin et la plongée dans l’écriture du long. En espérant aussi le retour de l’autre côté de la caméra, celui du guignol qui fait l’acteur. J’ai manqué quelques rendez-vous pour cause de théâtre. Sans regret. Mais là, c’est open, qu’on se le dise !

Manigances à Contis 2019 !

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Manigances est sélectionné en compétition européenne au Festival de Contis. Je pense que l’on a du mal à imaginer le plaisir que ça me fait. Contis, j’y avais remporté le prix du public, il y a 24 ans, donc, avec mon premier court-métrage, Lartigue expose. Depuis, ça a été une longue histoire d’amitié avec Betty Berr et Rainer. N’allez pas penser que j’ai été pistonné pour autant. Je n’étais sûr de rien. Il n’y a que 24 films et ça joue sur de l’européen.

On aurait été sélectionné à Cannes que je n’aurais pas été plus heureux. Dès que tu vas à Cannes, tu sais pas comment t’habiller, tu te demandes comment tu vas être logé, tu sais que tu vas être noyé dans la foule… je rigole, mais il y a de ça. À Contis, au moins, c’est nature et humain.

Pour le coup, je vous donne en exclusivité, un petit teaser du film (ne cherchez pas, il évite de raconter l’histoire).

Manigances, 24 minutes, produit par Céline Loiseau TS Production, France Télévision, Nouvelle Aquitaine, CNC, Procirep, SACD Beaumarchais, Département de la Charent, Vidéo de Poche, avec Robinson Stevenin, Émilie Caen, François Loriquet, image Christophe Legal, Son Stephane Roché, musique : le réalisateur

Pendant ce temps, à Cannes, mon agent va travailler pour El Commandante, la comédie (long-métrage) que nous écrivons avec Guillaume Grosse.

On est heureux !

http://www.cinema-contis.fr/competition-europeenne-de-courts-metrages/

En mai, fais ce que tu peux

viaduc

C’est un peu le grand calme sur le blog. À peu près comme chaque année à la même époque, celle des ponts où une grande partie de l’activité s’est arrêtée. La semaine qui vient nous laisse quelques jours pardon, 1 jour de contacts possibles avec la profession, avant qu’elle ne s’éparpille sur la Croisette jusqu’au 25.

La tournée d’Intra-Muros se résumant désormais à une date par semaine jusqu’à la fin du mois, j’ai quand même trouvé l’occasion de renouer avec des amis délaissés, replonger dans le capharnaüm de mon bureau tout aussi délaissé. Avant-hier, j’étais à la cérémonie des Polar organisée à Paris pour le festival de Cognac. Le petit monde de la télé et du ciné, j’en ai tellement été éloigné depuis deux ans que je répondais par des saluts de la tête à des inconnus avec qui, si ça se trouve, j’avais bossé jadis. Mais ce fût une soirée très agréable.

Pour occuper le vide laissé par l’impossibilité d’agir pendant les ponts, j’ai continué à mettre au point une baguette de sourcier révolutionnaire et j’ai lancé la suite des expériences dont je parle dans Magnétique. Avec de l’eau, deux expériences au spectrophotomètre qui ont marché comme je l’espérais, toutes les deux. Toujours aussi passionné.

Cette histoire des otages me fait sourire jaune. On sait que la libération d’otages est une activité très prisée en période électorale, de tous temps, sous tous régimes. Là, les otages ont donc été libérés. Soulagement. Mais deux militaires y ont laissé leur vie. Ce n’est donc pas l’opération rêvée. Néanmoins, sous-entendre que les deux touristes sont responsables, leur mettre le poids de deux morts sur les épaules, j’ai trouvé ça plus que moyen et assez indigne. Mais bon, je dois être particulier.

Demain, visite à mon agent. Avant d’aller jouer au Havre, j’aurai sans doute le temps de finaliser le générique de Manigances et d’organiser les projections de juin.

Attention, piège à cons

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Le RN et LREM, en bonne entente, voudraient confisquer les élections européennes pour les transformer en un référendum pour l’un ou pour l’autre. Que ce soit l’un ou l’autre qui arrive en tête ne changera pas le président ni l’assemblée, ni le gouvernement.

On peut s’abstenir, voter blanc, vert, rouge, bleu, jaune, rose, orange, selon ses convictions. Tout, mais ne pas se faire encore une fois confisquer une élection par de grossières manœuvres qui résumeraient le suffrage en « Macron ou les fachos ». Franchement, je n’ai pas peur de le dire : ils se valent. Leur petit théâtre de Guignol, pour moi, c’est fini !

Dissonance cognitive

À Monaco pour jouer Intra-Muros, je lis Crépuscule de Juan Branco. Cherchez l’erreur.

Crépuscule c’est ce bouquin dont la presse ne parle pas et qui nous raconte comment les cercles du pouvoir, de l’argent et des médias sont imbriqués. Ou comment les fortunes se font avec les aides de l’état. On le savait ou du moins on s’en doutait. Mais là, c’est vécu de l’intérieur, nommé et documenté. C’est parfois un peu chiant, comme Magnétique, mais, comme Magnétique aussi, on est content de l’avoir lu. 

Au fait, mais j’ai fait un film !

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C’est pas tout, mais j’espère bien que Manigances sera sélectionné dans quelques festivals avant son passage sur France 2. Pour l’instant, on n’a pas encore posé le générique. C’est l’affaire de quelques jours. Nous partons également vers deux projections équipe à Paris et en Charente au mois de juin. Je donnerai toutes les infos en temps voulu, c’est à dire très vite.

En attendant, nous partons jouer Intra-Muros demain à Monaco.

Pour ceux qui n’ont pas suivi, je rappelle que Manigances est un court-métrage que j’ai réalisé cet automne, une fantaisie médiévale avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet.

Alors, ça gaze ?

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Les Blacks Blocs, je veux bien. Ça a chauffé en début de manif. Avant-même le départ. Mais je n’y étais pas pour voir. En revanche, on avançait pépères, mélangés, gilets jaunes, CGT, écolos, PC, Insoumis, anarchistes, gauchistes, gens pas contents. Bref, une manif. Mais une très très grosse manif. Il faudra que les compteurs « indépendants » nous expliquent comment ils comptent. Dommage que pour ce type de manif on ne puisse bénéficier d’images aériennes qui seraient tellement plus parlantes. Mais ça, ils ne le font que quand ça peut servir à manipuler l’opinion ou à l’endormir.

Je disais donc que nous avancions pépères et soudain, est-ce à cause de l’Internationale chantée et applaudie chaleureusement, toujours est-il qu’ils se sont mis à nous gazer, Boulevard Saint-Marcel, faisant même appel au canon à eau sur un gros paquet, non pas de blacks blocs mais de cégétistes qui n’avaient rien demandé.

Et ça vous prend, ces gaz. On dirait du poivre pur. Ça vous prend à la gorge, vous pique violemment la langue et les muqueuses, les poumons, impression de suffoquer, puis ce sont les yeux qui se mettent à brûler et à pleurer et à piquer. Vous voudriez sortir du cortège, respirer, mais ce n’est pas possible. La police barre chaque issue, chaque rue et vous interdit vigoureusement de sortir. Pour bien vous gazer, on est obligé de vous enfermer. Une dame panique ici et bouscule le bouclier d’une policière. Elle est âgée et ne comprends pas qu’on refuse de la laisser quitter la manif. Si ça se trouve, elle ne manifeste même pas, d’ailleurs. Et ça gaze dans la nasse, et on bat des branchies en désordre, pauvres poissons de mai pris aux filets policiers.

Forcément, les gens qui se font gazer, assourdir, tremper, à chaque manif, sans avoir rien demandé d’autre que d’être entendus et comptés correctement, au bout d’un moment, à force de voir que les médias ne disent rien de ce qu’ils disent, de ce qu’ils font, qui minimisent sans arrêt leur parole et leur nombre, à force de se faire grenader et gazer, voire flashballer, ben, il arrive un moment où ils se sentent humiliés, maltraités, victimes d’injustice. Et que fait un humain dans ces conditions ? Il encaisse, il encaisse et à un moment, il explose. Et forcément, l’explosion, elle est violente. C’est humain. C’est de la psychologie de base. Quelqu’un qui se fait maltraiter, humilier sans réagir, il finit par mourir.

Ce fût un très gros 1ermai. Allo ? Macron ? T’es sûr qu’on continue avec toi ? Non parce que là, on parle de Maduro, on parle de l’Algérie, des Russes et des Hongrois mais que penser d’un gouvernement qui connait un mouvement social de 24 semaines et qui ne fait rien à part réprimer. Je sais bien que la presse fait ce qu’elle peut pour se convaincre elle-même que les mesures annoncées vont aider tout le monde, qu’elles montrent que les gilets jaunes ont été compris. La presse étrangère qui n’a pas d’intérêt dans le pays rigole bien, elle, à juste titre.

La désinformation du jour

À chaque manif, on s’arrange à monter un micro-événement en épingle pour tenter de dresser la population contre les vilains manifestants. Cette fois-ci, des dizaines de manifestants auraient attaqué l’hôpital de la Salpêtrière :  c’est faux. Ils fuyaient les gaz et n’étaient pas violents. Quand on est gazé, on panique et on cherche des refuges respirables. De nombreuses vidéos attestent de cette réalité.