En zone commerciale

Il faut compter deux heures pour un remplacement de pare-brise. Deux heures à attendre dans une zone commerciale en période de Covid. Presque tout est fermé. Dans les rares magasins ouverts, de la rubalise rouge et blanche enferme des rayons entiers. J’ai même trainé mes guêtres dans une animalerie ouverte. Les oiseaux, étonnés de voir un client, se sont mis à chanter et imaginant sans doute que j’allais les libérer. Pensez-donc !

Je me suis cru dans un film de fin du monde, une période dans laquelle on ne vendrait plus que le nécessaire pour s’alimenter. Et la Foirfouille. Oui, une foirfouille, ça fait partie des magasins indispensables, tout comme ceux qui vendent des poissons sous verre, des tortues naines au moment de la vente, des rats blancs et des oiseaux en cage. Drôle d’impression, quand même, pleine d’interrogations sur notre soif de consommer.

J’avais tout de même apporté un bouquin et j’ai fini assis sur des marches, le dos au soleil enfin généreux. J’ai économisé sans doute quelque sou.

C’était une expérience de vie suffisamment rare pour être relatée. D’habitude, au même endroit, ce sont des tonnes de marchandises qui s’engouffrent dans la bouche ouverte des voitures. L’image n’est pas très heureuse car la bouche serait donc à l’arrière… je laisse au lecteur le soin de faire ses propres délires.

3 réflexions sur « En zone commerciale »

  1. En t’étant fait casser du verre mort, ton pare-brise, t’es tombé dans « le marché des petits êtres vivants ».
    Petits piafs perdus dans de petites cages, poissons à demi-noyés, souris, rats, cochons d’Inde et lapins nains, tout aussi confinés que nous.
    Ces endroits sont des paradoxes pour nos petits gamins. Eux qui n’ont pas encore acquis la conscience de ce qui est vraiment nase.
    Alors certes, à trois-quatre ans, ils sont super heureux de voir des bestioles de près, sans avoir conscience que ce sont juste des « prisonniers ».
    La transposition absolue (et extrême) de ceci, chez des adultes, serait d’en emmener une bonne cinquantaine dans un autobus Macron pour visiter Fleury-Mérogis ! Jardi-Jail !

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  2. « L’homme qui vit très seul (je prétends que je vivais très seul, les contradicteurs sont des aveugles) a parfois un besoin insensé de la multitude humaine. »
    Aragon, Le Mauvais plaisant.

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