tout en trac

Ce matin, je suis allé faire l’acteur à la Fémis pour une élève réalisatrice en deuxième année. J’y suis allé comme toujours la trouille au ventre, parce que, faire l’acteur est toujours pour moi un enjeu disproportionné, même pour un exercice. 

Plus ça va, plus j’ai peur. Le trac. Le trac juste avant. Pendant que je joue, c’est plus pareil. La peur s’est évaporée.

Mais d’où elle vient, cette peur ? Elle est parfois tellement vive que j’envisage le plus sérieusement du monde d’en finir avec ce métier. Je pense que je ne suis pas fait pour lui. Un usurpateur. Et pourquoi, quand le travail commence, c’est le plaisir qui l’emporte ? Pourquoi ce grand écart entre deux émotions tellement antagoniques ? Pourquoi faut-il toujours qu’une chose appelle son contraire ?

On s’en fout un peu. Ce que je retiendrai c’est que c’était un monologue, que je l’ai appris, que ça a donné vie à un personnage qui n’existe pas, sous la direction de celle qui l’a imaginé. Et que ça fait du bien d’interagir avec des gens, de retrouver des copains au passage, de renouer avec ce lieu qui m’a vu débuter au cinéma, avec de nouveaux jeunes réalisateurs, presque les mêmes que ceux d’il y a trente ans au moins. C’était un moment dense. Dense parce que la vie, c’est se débattre avec des émotions contraires et des souvenirs.

Pourquoi cet article ? Pour me vanter d’avoir travaillé à la Fémis, sans doute. Ça claque. Et puis, qu’un acteur dise qu’il a le trac, c’est le signe d’une certaine valeur. Ça dépend des écoles. Il y a une marge entre les acteurs dilettantes et les écorchés vifs. 

Bref, comme tous ceux qui s’expriment sur la toile, en ces temps pourris, on peut résumer la chose à ce besoin idiot de rappeler qu’on existe. Je précise ça pour Frédéric Nouhaud, un vieux copain qui interroge toujours avec un malin plaisir le pourquoi du comment, dès lors qu’il fragilise celui qui a parlé.

12 réflexions sur « tout en trac »

  1. Tu serais peut-être moins stressé si tu interprétais un personnage sympa, généreux, un bon type et non une crapule à la fin de la guerre dans le mauvais camp, un racisme dans un café…
    Pis, La Femis, laisse moi rire (lol) moi, c’était l’ IDHEC, mais pas réussi l’entrée… Enfin un mode d’avant l’avant !

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  2. Retour aux Sources !
    Finalement, tu ne décrottes pas de toujours ce qui t’a fait tripper.
    Même si toujours – et c’est un bien manifeste bourré d’humilité et d’incertitudes – tu t’aventures…
    Encore et encore.
    Ton Chemin finalement. Non ?…
    T’aventurer dans tout…
    Ta Liberté en fait !
    Garde bien tout cela dans le creux de ton coeur et de ton esprit.
    C’est ainsi que l’on vieillit jeune.
    Et que de pontons improbables et imagés, l’on obtient des horizons très heureux, faits de plénitude.
    Et à nos âges – et en quoique que l’on s’adonne -…, franchement la plénitude est vraiment de mise !

    Et si tu me réponds « Tu l’as dit bouffis », je monte à Paris t’en coller une (une bise sur ta joue droite, voulais-je te dire).

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      1. Merde… du coup je flippe, vu que t’es plus costaud et plus sportif que moi.
        Sinon, ça va quand même !

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  3. Ola mon vieux copain, je tombe sur tes mots ce soir, je suis cité, permet moi donc de répondre. « un vieux copain qui interroge toujours avec un malin plaisir le pourquoi du comment, dès lors qu’il fragilise celui qui a parlé. »
    Oui, je suis plutôt en version analytique depuis quelques années ce qui ne se résume pas pour ma part  » au pourquoi du comment » comme tu le dis, de là à en prendre » un malin plaisir à fragiliser celui qui a parlé  » sérieusement je pense que tu t’égares ou que tu ne ne me connais pas si bien que ça. Je pense que tu réagis de cette façon parce que j’ai posé le lien entre pudeur et orgueil sur un post précédent. C’est une réalité que j’ai vécu et dont je peux parler. Je ne balance pas des choses pour déstabiliser l’autre, j’essaie d’ouvrir d’autres gammes sur ce réseau binaire ment pauvre. Tu parles très bien de ton trac/peur juste au dessus et des contradictions qui sont certainement le fondement de notre humanité , probablement que le comédien prend ça en pleine face plus d’autres, c’est son lot, la lumière. Pour ce qui est de l’usurpateur, il faudrait aller voir du côté de la mère, mais je m’arrête là. Je t’embrasse mon vieux copain.

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    1. Ah ! Ça fait plaisir de te lire. Je me suis permis de te titiller un peu parce que tu ne manques pas de le faire de temps à autres. Et en écrivant la partie principale (j’analyse aussi beaucoup trop), je me suis dit « tiens, que pourrait dire Fred Nouhaud ? ». Alors j’ai rajouté la fin. Mais Fred Nouhaud, ce n’est pas vraiment toi, bien sûr. C’est la lucidité, la conscience, cette part qui n’est pas dupe, pas même de ce que l’on est ou de ce que l’on dit. Je lui ai donné un nom. Le tien. Allez, il va falloir qu’on se fasse un pineau dès que ça déconfite 😉

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  4. Si Fred Nouhaud devient un concept, je crains que l’usurpateur que je suis, demande des droits d’hauteur..
    A très fite, j’espère !

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