Morceaux du 13 janvier

Il s’arrête, bras ballants, regarde les quelques personnes sur le quai du métro, puis il se met à marcher rapidement. Puis s’arrête. Il porte des babouches ajourées, pieds nus, un pantalon de survêt noir mou et usagé. Puis il regarde de nouveau les gens sur le quai, marche vite dans l’autre sens et s’arrête. Fatalement, on le remarque. Il inquiète même un peu. Sans le montrer, tous les futurs passagers à sa proximité le surveillent, l’air de rien. Cette fois-ci, il semble venir vers moi mais il fait un écart soudain et va poser un pistolet en plastique qui claque sur un des sièges verts. C’est un petit pistolet, noir, avec un morceau orange au bout du canon. Je croise le regard d’un vieil homme qui relève les sourcils. Pas clair, celui-là, semble-t-il me dire. Puis le métro arrive. Surtout ne pas monter dans la même rame que lui. Mais il a déjà disparu.

C’était ce matin.

Cet après-midi, j’ai eu la réponse au casting qui s’était si bien passé. Je ne suis pas pris. J’aurais dû me méfier de la descente vertigineuse de la courbe qui me disait pourtant que c’était mort. Mais on ne prête pas assez attention aux courbes. Trop peu. On se laisse griser par la fulgurance des montées.

Quoi qu’il advienne, mon projet de documentaire avance bien. Il prend même un tour qui lui donne ses chances.

Sinon, j’ai fait une nouvelle découverte sur l’eau. Mais mieux vaut-il en rester à la précédente.

J’imagine ce qui doit se passer dans la tête de la personne qui lit ceci et ne me connaît pas.

12 réflexions sur « Morceaux du 13 janvier »

      1. La courbe est uniquement la réplique de celui qui la trace, son éch’eau !
        L’eau écoute tout le monde mais une courbe ne peut raconter qu’un seul être,… si j’ai tout bien suivi 😉

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  1. Babouches ajourées et pistolet à bouchon… Ce gugusse ressemble davantage à un « môme perdu » qu’à un « criminel en puissance ».
    En 18 ans de vie et métro/RER à Paris, j’en ai croisé un tas de lascars de la sorte, qui se jouent une espèce de théâtre en eux, et pour nous, afin d’être remarqués par les chalands que nous sommes. Et ainsi sortir « un peu » de l’anonymat dans lequel ils sont plongés (les errants, ces gens de peu).
    En ces occasions – et tu en fais part – il est assez intéressant de regarder les réactions des gens alentour. En gros, ils flippent. Car la différence fait flipper.
    On ne connaît pas… Donc, avec a priori et/ou avec une sorte d’instinct d’auto-protection, on flippe.
    C’est quoi ce type !? Réaction instinctive au premier degré.
    Je le comprends aisément puisque ça m’est déjà arrivé de réagir ainsi.
    Mais après un temps de réflexion, tu t’aperçois bien que le gugusse ainsi accoutré est très loin de mettre ta vie en danger !
    Du coup, t’as même parfois envie d’aller lui parler pour qu’il te dise ce qu’il déconne ainsi, simple curiosité.
    Mais surtout établir un lien pour qu’il se sente moins anonyme en ces couloirs du métro…

    Pour le reste, eh bien c’est ballot que tu n’aies pas été pris, putain de courbes…

    Le docu sur lequel tu avances n’a peut-être aucun lien avec celui que je vais évoquer : le doc sur JFS…
    Où en es-tu sur celui-ci ?

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