À la remorque

J’avais de la vieille laine de verre à évacuer. La déchetterie est ouverte. C’est au moment de remplir l’attestation de déplacement que je me suis rendu compte que, bien que la déchetterie soit ouverte, que je n’avais pas le droit de m’y rendre. Ok. Donc, je vais enfreindre la loi et cocher la case achats de première nécessité. Pas foutu de voir qu’il y avait une case prévue pourtant à cet effet : se rendre dans un service public.

Arrivé sur place, j’appréhende le moment de manœuvrer. Pour un parisien, faire marche arrière avec une remorque, c’est toujours une épreuve de Fort Boyard. Comme la benne « laine de verre est tout à fait au fond, dans un coin difficile à la manœuvre, je décide de me garer sans gêner et de détacher la remorque pour la tirer manuellement devant la benne. Comme avec moi les décisions sont le plus souvent suivies d’actions, je traine la remorque et je vide ma laine de verre. La remorque en était pleine.

C’est au moment de ramener la remorque à la voiture que les dames de la déchetterie, les déchettières, quoi, s’approchent de moi. Ne me dites pas que vous avez jeté votre laine de verre ici !? Ben si, avec mes histoires de décision/action, entre les deux, je me suis trompé de benne.

Tenez, prenez cette perche et mettez tout au bon endroit ! Et me voilà parti pour une bonne demi-heure de transfert de rouleaux de laine de verre, jouant l’équilibriste ici, manquant de tomber dans la benne là ou laissant tomber la laine en dehors des bennes ailleurs. On appelle ça une galère. Mais comme il faisait beau, j’ai pris ça comme un jeu de pêche à la ligne dans les fêtes foraines. En plus, c’est gratuit.

Oui, ce matin, j’ai décidé que j’en avais marre de parler de la condition humaine dans la société française et que, vu ma place dans cette dite société, il valait mieux me cantonner à raconter des choses plus factuelles qui donnent la mesure réelle de qui je suis.

8 réflexions sur « À la remorque »

  1. Quand un homme part ainsi à l’aventure c’est toujours très émouvant.
    Car en plus, t’avoueras que tout le monde n’a pas une remorque (je n’en ai pas) ni une cargaison de vielle laine de verre à gerber dans la première déchetterie venue, qui plus est, ouverte un dimanche matin. En plein confinement et à l’heure de la messe retransmise sur réseaux soucieux.
    Mais t’es parvenu à accomplir ce challenge, plus puissant encore que le Vendée Globe. Chapeau !
    Et même si tu as d’abord fait fausse route, tu as redressé le cap. La laine est dans le bon container, les moutons sont bien gardés !
    Prochain chalenge : récupérer le vieux mastic des vitres, le ramollir/rajeunir et le reposer.
    Aaaahhh, la campagne… y a pas à dire c’est quand même drôlement chouette !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s