Le bruit des hommes

Je ne saurais dire d’où ça vient, mais la plupart des bruits des villages de campagne sont produits très majoritairement par des hommes : tondeuse, perceuse, burin à percussion, tronçonneuse, élagueuse, débroussailleuse, scie circulaire, meuleuse, ponceuse, fusil de chasse, voix fortes, rire sonore, voiture qui fait vroum vroum, moto qui fait vroum vroum vroum, musique à fond… Ils font tellement de bruit, qu’ils en sont parfois contraints de porter des casques assourdissants en conduisant leurs engins. C’est comme si les hommes avaient un besoin de s’affirmer en faisant du bruit. S’ils aiment bricoler, on pourrait presque penser que c’est juste pour se donner l’occasion de produire du décibel. Le bruit est-il un des éléments de la domination masculine ? 

On me rétorquera que je suis un vieux macho et que les femmes aussi utilisent ces outils. Ce à quoi je répondrais : ok, les femmes sont tout à fait capables de produire autant de bruits, si elles le désirent. Mais ne pourrait-on pas plutôt œuvrer ensemble pour que les outils, manipulés par des hommes ou des femmes, soient juste moins bruyants ?

Dans les débats très animés autour de la question du féminisme, on a parfois l’impression que le militantisme prend la forme la plus imbécile de la domination masculine, avec lynchages, sectarisme et prosélytisme. C’est dommage parce qu’il y a en effet beaucoup à faire pour mettre à mal le pouvoir abusif des hommes sur les femmes. Cette domination, on la vit tous les jours, à tous les étages du moindre pouvoir, jusqu’au cœur de nos foyers. J’ai tendance à penser que se battre ensemble contre toutes formes de domination serait un premier moyen d’atténuer le déséquilibre homme/femme, mais aussi le racisme, l’injustice sociale… Mais je me trompe peut-être. Et par pitié, ne me jetez pas au pilori parce que j’ose exprimer les conneries qui me passent par la tête. La connerie ne fait aucune distinction de sexe.

11 réflexions sur « Le bruit des hommes »

  1. Le climatiseur de mon voisin, toute la journée, je lui ai dîs que des coffres d ‘isolation existaient. Il a dit oui. Petite victoire sur 58 db! La conscience du bruit, le mot est masculin, est ce que le bruit est un reflet de la virilité?

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  2. Je viens d’éviter de lire ton texte à haute voix. Je participe ainsi à un meilleur chemin. Après une demi-heure de rocade bordelaise, ça repose.
    « Le bruit » est masculin. Mais le linguiste a fait preuve d’équilibre puisque « le silence », aussi.

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  3. Je reviens d’un séjour de deux semaines dans les Causses du Quercy….Le silence y est quasi total, à part quelques cris d’oiseaux….Et j’étais à plus de 20 km de Montcuq! 🤭

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  4. Il me semble, d’un point de vue éthologique, que la domination est un principe d’interaction chez les mammifères, entre femelles et mâles, entre les différents membres d’un même groupe, entre les différents groupes. Ce qui nous paraît naturel chez des animaux que l’on observe ne nous paraît pas naturel chez nous. Et pourtant il me semble que si l’on doit légiférer pour limiter la domination masculine c’est peut-être qu’il doit y avoir un fondement naturel qui explique cette domination. Je dis qui l’explique, pas qui la justifie !
    De très nombreuses sociétés (voire toutes les sociétés) sont inégalitaires à plus ou moins grande échelle, toujours en défaveur des femmes et les droits qu’elles obtiennent avec beaucoup de difficultés peuvent facilement être mis à bas puisque ce sont des droits, donc des textes qui s’appliquent aux membres d’une société et non pas des rééquilibrages naturels au sein de l’espèce.

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  5. Scierie en haut, télévisions (2 car deux maisons mitoyennes) à droite, chien qui aboie et maître qui gueule un peu plus haut, chien qui aboie et maîtresse qui gueule un peu plus bas, travaux derrière, musique techno un peu loin derrière, voiture sans pot d’échappement (ça existe donc ?), motos vroum vroum sur une roue, tondeuses dimanche à 17h00, démolition d’un pigeonnier jardin mitoyen, auto radio à fond pendant que ducon répare sa voiture sourire du plombier assuré en prime…Seule note sympa gosses qui gueulent de joie dans la piscine gonflable. Je redoute l’heure de la retraite…dans un village de 450 âmes que nous avions choisi, à l’époque, pour son calme. Ici et depuis huit ans, le dialogue est impossible. On te répond « hé bé té, c’est la campagne »…Désolée j’ai pas envie du tout d’être délicate bien que descente d’une Bordelo/Lot et Garonnaise j’en peux plus…qu’il aillent se faire voir avec leurs « poches », leurs « chocolatines », leur « ang » à chaque fin de phrase ou presque. J’ai des rêves d’exil en Irlande du Nord, où il fait froid, où il pleut, où on peut jouer aux fléchettes avec des rugbymen élégantsqui boivent leur thé en levant le petit doigt juste avant de se bourrer la gueule à la bière. Parfaitement.

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