Fatigué, dépassé

Dans les périodes d’hystérisation des débats, je finis toujours par fermer ma gueule. En tout cas, espacer mes écrits. Parce que peut-être que tout le monde a raison et tout le monde a tort.

D’une part, être flic et se faire caillasser, insulter, c’est pas supportable, pas plus que subir le racisme et la violence de policiers dans ce qu’on appelle les quartiers ou en manif. L’organisation sociale de notre société déconne de tous les côtés. Elle est où, la manif qui dénonce les deux situations ou celle qui milite pour des solutions générales ? Même ces quelques mots sont sans doute sujets à polémique, en cette période. Ils impliquent à la fois une exemplarité et une reconnaissance du métier de policier et un traitement profond, économique, social, d’urbanisation et de retour à la loi et à la justice dans les zones où prospèrent misère sociale et violence.

Quelles actions politiques jouent simultanément sur ces deux leviers, quels programmes ? Le moment est peut-être venu d’arrêter de vouloir satisfaire les uns ou les autres pour des raisons électorales. Alors, évidemment, ça demande un certain courage parce qu’agir dans ces deux directions en même temps implique en retour un rejet a priori des uns et des autres, brandissant la dictature policière d’un côté et l’état vendu à la racaille de l’autre.

Macron avait vendu ce fameux discours du « en même temps ». Ses actes se sont montrés pour le moins déséquilibrés et semblent juste guidés par une idéologie et des intérêts électoraux opportunistes liés à chaque conjoncture. Pas de vision d’ensemble projetée sur la construction de l’avenir. Comme la plupart de ses prédécesseurs, d’ailleurs.

J’ai sans doute perdu une occasion de me taire…

4 réflexions sur « Fatigué, dépassé »

  1. Discours politique, rien de neuf: « Il y a encore une forme du mensonge particulièrement riche parce qu’elle combine toutes les autres en y ajoutant l’information (ne souriez pas…), l’imagination et le grand tirage. Elle s’appelle le bourrage de crâne et dépasse de loin en capacité de nuire tous les autres procédés de truquages et d’escroqueries psychologiques. La chose est vieille comme la presse, le mot, un mot magnifique par sa précision, est né pendant la guerre, à une époque où la presse s’attachait, avec un zèle sans bornes, à « bourrer » de sornettes les crânes des hommes qu’il fallait amener à tuer et se faire tuer pour que les oligarchies capitalistes rivales pussent refaire la carte du monde (de manière à recommencer plus tard…)…. » (Victor Serge – « Le bourrage de crâne » – 1937)
    « L’hystérisation des débats » nourrit les « populismes » et surtout démontre les limites de la démocratie représentative. La démocratie est « prisonnière » de la représentation et de surcroît, engloutie par le marché. Sans une profonde réforme institutionnelle, incluant en continue l’exercice démocratique, tout débat se finit au mieux en eau de boudin, au pire en excés de violences récurrentes.

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