Science-fiction

art sada

Quand t’étais homme préhistorique, il y a longtemps, à l’échelle d’une vie humaine, t’avais connu plusieurs guerres tribales, deux exils à moyenne distance et basta. À titre personnel, à l’époque contemporaine, j’ai connu les locomotives à vapeurs, l’écriture à la plume, l’arrivée du téléphone filaire grand public, de la télévision, puis de l’informatique. Le premier homme sur la lune. La chute du rêve communiste, la mise en œuvre de la mondialisation libérale, le marché commun puis l’Europe. Le catéchisme pour tout le monde, la mode new-âge, l’arrivée de l’homéopathie puis le déremboursement de celle-ci. J’ai connu les amplis à lampe pour la guitare électrique, l’arrivée des magnétos cassettes et mange-disques, les premières tables de montage-mixage sur mini-disc puis l’arrivée de Garage Band sur mac. Et c’est pas fini. Je n’ai que 61 ans.

Ça fait beaucoup pour une seule vie, beaucoup de changements de paradigmes, de valeurs communes, à l’échelle d’un pauvre humain.

C’est en considérant cette nouvelle échelle qui fait connaître à une seule vie humaine des changement radicaux que je n’ai pas aimé AD ASTRA (si tu n’as pas vu le film et que tu comptes le voir, arrête de lire l’article).

Certes le film est impressionnant et remarquablement interprété par Brad Pitt, mais il prétend répondre à la question métaphysique « y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». Et la réponse à laquelle nous ne sommes en réalité toujours pas en mesure de répondre, elle est donnée par le père qui ne l’accepte pas (génération précédente). Pourtant, cette réponse, elle est idéologiquement celle de la nouvelle génération, de la future, presque, quand ceux qui dirigent actuellement le monde, les matérialistes marchands, les scientistes à la petite semaine, auront définitivement casé toutes les croyances, les rêves de changement, les idéologies, au rang du charlatanisme et des superstitions.

Nous n’y sommes pas et nous connaissons aujourd’hui des sursauts de croyances mais le monde que nous construisons se dirige inexorablement vers l’avènement du Rien, du progrès technique, de la science qui élimine tout ce qui lui échappe. Les révoltes que nous connaissons, qu’elles soient idéologiques ou spirituelles, ne sont que les soubresauts d’un ancien monde qui n’a pas de place dans les instances décisionnaires, dans les cercles du pouvoir. L’ordre revient toujours dans le même sens, sous le regard bovin de la masse. Aujourd’hui, comme le raconte le film, ceux qui portent l’hypothèse d’un quelque-chose plutôt que rien sont des fous (comme le père dans le film). Les zadistes, les black-blocs, Gréta Thunberg, Mélenchon, les gilets jaunes, les révoltés de Hong-Kong, les évaporeus d’oranges…

Voilà les grands traits de la thématique de mon prochain film : ART SADA. Mais il finit bien.

11 réflexions sur « Science-fiction »

  1. Après faut-il considérer le progrès technique comme une progrès ? J’ai l’impression qu’il y a un fil conducteur dans l’humanité qui est loin d’être résolu : Le pouvoir qui oppresse, la bataille entre les riches et les pauvres.
    On est face à des questions vertigineuses : faut t’il mettre en oeuvre tout ce qu’il est possible de mettre en oeuvre techniquement ? Par exemple la 5G : est ce que l’hyper communication des objets est compatible avec l’urgence écologique ? En tout cas à grande échelle ? Cela va t’il nous rendre plus heureux , plus libre ou plus dépendant ?

    Il me semble aussi que cette vitesse technique au fond est une illusion. Fondamentalement, beaucoup de choses qui arrivent d’un coup aujourd’hui sont basées sur des recherches bien plus anciennes. Je ne suis pas sur que fondamentalement on ai trouvé de si grandes choses dernièrement. Il y a un effet « arc ». Tout le temps qu’il faut pour tendre l’arc semble interminable. Si on ne regarde que le laché, en presque rien tout se déclenche. On est dans un tel moment. Et on oubli que toutes ces choses actuelles sont en réalité le fruit de centaines d’années voir de millénaires d’observations et de recherches. Pourtant, celui qui à la fin lâche la flêche à tous les honneurs. Il n’a pourtant pas tant de mérite.
    Avec la conscience de la finitude de la terre et de ses ressources, il va falloir tendre un autre arc, et cela va sembler interminable.
    Dans l’avenir, il va sans doute falloir ralentir et réfléchir de façon globale, (quand je fais une action sur un point A, quelle conséquences sur le point B, et sur l’ensemble du système). Et dans la réflexion, il faudra tenir compte de la possibilité de vie de tout le monde. Pour moi le seul progrès est celui-là, et la technique peut aider si on ne la considère que comme un outil.

    Si on n’y arrive pas, on s’oriente vers un monde encore plus inégalitaire ou la technique rend plus riche les riches, et oppresse le reste du monde. Cela pourrait apparaitre comme un progrès technique aux yeux de ceux qui en profitent, et pourtant c’est la poursuite d’une stagnation au fil des millénaires……. et la perspectives de grandes révoltes…

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  2. «Le tempo de l’histoire de la vie s’est considérablement accéléré vers la fin. L’évolution procède come le Boléro de Maurice Ravel. Elle commence doucement et lentement avec les organismes unicellulaires, suivant une longue série de variations quasi imperceptibles sur un même thème qui ne cesse de nous hanter. Le tempo s’accélère au fur et à mesure que le temps passe, et l’explosion des formes du vivant à la période du cambrien est semblable à la variété des instruments qui font progressivement leur entré dans le morceau de Ravel. Mais l’unité de la vie est toujours présente, comme le thème sous-jacent du Boléro qui se fait constamment entendre. Jusqu’au crescendo et à l’apothéose, où tout les instruments jouent de concert dans un maelström de notes, comme le miracle de l’émergence de la pensée et de la conscience.
    Cette accélération exponentielle de l’histoire, nous pouvons mieux l’appréhender en imaginant un calendrier cosmique où les 14 milliards d’années de l’univers seraient comprimées en une seule année. Dans ce calendrier, chaque jour correspondrait à 38,4 millions de nos années (une année est le temps mis par la terre pour effectuer un périple complet autour du Soleil), chaque heure à 1,6 million de nos années, chaque minute à 26 667 de nos années, et chaque seconde à 444 de nos années. Le Big Bang aurait lieu le 1er janvier et l’époque actuelle correspondrait au 31 décembre, minuit. La grande fresque cosmique se déroulerait ainsi :
    La voie lacté naitrait le 21 février, mais le système solaire avec son cortège de planètes ferait seulement son apparition le 3 septembre, donc après que les trois quarts de l’année se seraient écoulés. Les premières cellules de vie sur Terre entreraient en scène le 23 septembre, les micro-organismes inventeraient le sexe le 26 octobre, les organismes pluricellulaires verraient le jour le 14 novembre, et l’atmosphère de la Terre s’enrichirait en oxygène le 28 novembre.
    Le développement du vivant surviendrait surtout dans la seconde moitié du dernier mois de l’année : l’explosion cambrienne, avec la grande prolifération des espèces, se produirait le 16 décembre, les trilobites prospéreraient le 17 décembre, les premiers poissons et vertébrés naîtraient le 18 décembre. Les armées vertes des plantes envahiraient les terres le 20 décembre. Le 21 décembre, les premiers insectes feraient leur apparition et coloniseraient à leur tour les terres. Ils seraient rejoints par les amphibiens le 22 décembre et par les reptiles le 23 décembre. Les dinosaures amorceraient leur domination sur Terre le 24 décembre, à la veille de Noël. Les premiers mammifères pointeraient le bout de leur museau le 26 décembre, et le chant des premiers oiseaux égaierait la Terre le 27 décembre. La Terre deviendrait une planète fleurie, mais un astéroïde assassin viendrait frapper le 28 décembre, provoquant une catastrophe globale et la sortie de scène des dinosaures. Nos cousins les plus proches, les primates, feraient leur entrée le 29 décembre. Le développement du cerveau et le passage du singe à l’humain se produiraient pendant les deux derniers jours de l’année, les 30 et 31 décembre.
    Quant à l’espèce humaine, tout son développement se déroulerait au soir du 31 décembre. les premiers humains se mettraient à marcher à 21 h 49 mn. Avec son sens développé du symbolisme et de l’abstraction, l’Homo sapiens commencerait à créer et à innover. Les inventions se multiplieraient et se télescoperaient pour améliorer le bien-être matériel des humains, mais aussi pour transmettre le savoir et la connaissance, magnifier et illuminer l’esprit. Maintes choses se lasseraient dans la dernière minute de l’année. L’homme fabriquerait des outils en pierre à 23 h 59 mn 26 s et inventerait l’agriculture à 23 h 59 mn 37 s. L’astronomie verrait le jour à 23 h 59 mn 50 s, suivie de près par l’alphabet à 23 h 59 53 s et par la métallurgie du fer à 23 h 59 58 s. De grands hommes feraient leur apparition pour guider leurs semblables dans la vie spirituelle : Bouddha à 23 h 59 mn 55 s, le Christ à 23 h 59 56 s et Mahomet à 23 h 59 mn 57 s. La renaissance et l’avènement de la science expérimentale surviendraient dans la dernière seconde de l’année, à 23 h 59 59 s.»
    Trinh Xuan Thuan dans Origines : La nostalgie des commencements.

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  3. Et du coup, en une seule seconde, l’homo sapiens réussira-t’il à provoquer une extinction massive des espèces (dont la sienne probablement) ou bien cela prendra t’il quelques secondes supplémentaires du jour suivant ?
    Affaire à suivre …

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  4. Bel article !

    science…
    fiction…
    l’homme aura beau tenter de démêler,
    elles sont intimement croisées…

    Et seule la ou les croyance(s) que l’on possède, en quoi que ce soit, représente(nt) une véritable force dans la vie !

    à mon avis bien sûr…

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  5. Tu as écrit: ‘les évaporeus d’oranges’… C’est joli.
    Eva, la source de vie. Sans doute, faudra-t-il, à notre monde, des êtres perméables à cette source, pour que Rien ne vienne plus croupir le cours naturel des choses.

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