Une pensée pour les maquisards

beurk

Le plateau de Glières, c’est ce lieu ou soldats allemands et miliciens français ont livré bataille ensemble contre un groupe de résistants. C’est là que Macron a choisi de commémorer ce triste événement aux côtés de Sarkozy. Nous entrons dans la phase II de la communication électorale de Macron, la dernière étape de sa stratégie de maintien au pouvoir.

C’est quoi le message ? Pas compliqué voire très simple : Le macronisme consiste à inverser le sens profond des mots pour repeindre ce que l’on fait de plus abject des couleurs d’une pensée généreuse et humaniste. Ainsi, Macron serait-il humaniste, sincère, honnête, engagé auprès des plus faibles, combattant sans cesse pour la démocratie, contre le mensonge, la violence, le fascisme, un résistant…

Tout le monde voit bien que notre démocratie ne s’est jamais aussi mal (com)portée en termes de violence, de pénalisation de l’opposition, d’abandon de pans entiers de nos libertés d’agir, de penser, de s’exprimer, d’enquêter, de manifester, de s’opposer. Au plus haut sommet de l’état on fabrique même des fake-news, des mensonges, des contre-vérités, tout ce que l’on prétend dénoncer par ailleurs. Et pourtant, on fait chanter aux Glières le chant des partisans, chant de la résistance que l’on entend à chaque manif de gilets jaunes. Parce que, les résistants, ça serait Macron et toute la bourgeoisie réactionnaire de droite et de gauche ?

Nous pensent-ils imbéciles ? Oui, sans doute. Dans cette phase, grâce à une stratégie des plus grossières, Macron essaie d’influencer le futur comportement des électeurs en leur faisant croire que c’est lui le garant de la démocratie, de la république et des libertés tandis que tous les opposants sont des fascistes, complotistes, populistes, des porteurs de haine et de violence. Cette stratégie abjecte est évidemment partagée par Sarkozy (la grande union des républicains), mais pas seulement. Aujourd’hui-même, François Hollande formule une mise en garde : un jour, l’extrême droite arrivera au pouvoir en France. Voilà, pas moins de trois présidents pour jouer la vieille rengaine en canon.

Nous vivons une forme de totalitarisme feutré utilisant les mêmes méthodes abjectes que tous les totalitarismes. Mais il se joue ici une partie de billards à trois bandes. Comme je l’ai déjà dit, l’ennemi du pouvoir, ce n’est pas l’extrême droite. C’est la gauche, c’est le socialisme, tous les anticapitalistes qui rêvent de construire un monde plus juste.

Alors oui, l’extrême droite arrivera bien au pouvoir, grâce au travail assidu de tous les capitalistes qui se sont succédés au pouvoir depuis les années 50 sous diverses étiquettes (en dehors de brèves parenthèses qui ont dû fléchir ou trahir).

En bref : Macron serait la résistance (qui fût essentiellement composée de gaullistes et de communistes), il faut attirer l’électorat de droite en invitant Sarkozy. Tout le reste, c’est la peste brune. Votez En Marche ! Votez Macron ! Votez contre les nazis !

L’abjection des macronistes ne connaîtra d’autres limites que celles de leurs ambitions personnelles et de leur opportunisme. Infinie…

12 réflexions sur « Une pensée pour les maquisards »

  1. Effectivement, le soutien indéfectible de nos gouvernements (tant de droite comme de gauche) à l’économie de la consommation frénétique et à la croissance à tout va (j’ai encore entendu ce week-end la joie d’un journaliste qui annonçait sur France Inter une croissance économique française supérieure à celle de l’Allemagne) est une catastrophe pour notre société. En creusant les inégalités au lieu de soutenir les solidarités, nos gouvernements ont fait croitre le nombre d’insatisfaits du système démocratique. En réaction, ils ne vont plus voter ou choisissent les sirènes du FN qui creusent leur sillon, petit à petit, et finiront très probablement par arriver à diriger notre pays. Alors, notre démocratie déjà vacillante finira de s’écrouler. Peut-être faut-il en passer par là pour que renaisse une démocratie digne de ce nom? Et la main sur le cœur, nos futurs dirigeants pourront alors déclamer solennellement: « plus jamais ça! »…

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  2. Deux faussaires sur un plateau…une insulte aux valeurs du CNR .
    Depuis qu’elle est au pouvoir, la bourgeoisie d’industrie ou financière a toujours su identifier le danger pour sa survie. Les Sarko, Macron, Castaner, etc…face aux mouvement des gilets jaunes, ne font que répéter un vieux discours (aux mots prés) que le journaliste Saint-Marc Girardin publia dans « Le Journal des Débats » (pro-gouvernement de Louis Philippe) le 8 décembre 1831 quand les Canuts de Lyon se soulevèrent:
    « Aujourd’hui, les Barbares qui menacent la société ne sont point au Caucase ni dans les steppes de la Tartarie ; ils sont dans les faubourgs de nos villes manufacturières. Il ne faut point les injurier ; ils sont, hélas ! plus à plaindre qu’à blâmer : ils souffrent, la misère les écrase. Comment ne chercheraient-ils pas aussi une meilleure condition ? Comment ne se pousseraient-ils pas tumultueusement vers une meilleure fortune ? Comment ne seraient-ils pas tentés d’envahir la bourgeoisie ? Ils sont les plus forts, les plus nombreux […] il faut que la classe moyenne sache bien quel est l’état des choses ; il faut qu’elle connaisse bien sa position. Elle a au-dessous d’elle une population de prolétaires qui s’agite, qui frémit, sans savoir ce qu’elle veut, sans savoir où elle ira ; que lui importe ? Elle est mal. Elle veut changer. C’est là où est le danger de la société moderne ; c’est de là que peuvent sortir les barbares qui la détruiront. Dans cette position, il est nécessaire que la classe moyenne comprenne bien ses intérêts et le devoir qu’elle a à remplir. » (voirl’article sur: http://aimable-faubourien.blogspot.com/2010/01/saint-marc-girardin-les-barbares-qui.html)
    Le 10 juillet 1931, Saint-Marc Girardin présicera à propos des ouvriers qu’il désignait sous le vocable de « barbares », » appliqué par nous à une classe d’homme que son défaut d’instruction et sa vie précaire tiennent en effet dans un état d’hostilité dangereuse pour la société. »
    On lit ou entend la même chose dans nos médias aujourd’hui. Et ces gens là se disent « progressistes ». Lol!

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    1. Ça me fait aussi beaucoup penser à la Commune. J’ai pris avec moi de quoi me documenter sur le sujet tant le parallèle avec les gilets jaunes semble évident. 😉 Les révolutions se font décidément toujours bouffer ou mater par la police, mais aussi par le grand peuple, celui des classes moyennes, petites bourgeoises, intellectuelles lâches et frileuses. Mais la juste cause est pourtant chez ces perdants. Vive les Gilets Jaunes !

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  3. Les communards étaient très structurés, des élus, un gouvernement, des généraux, etc…Le mouvement des gilets jaunes ressemble plus à toutes ces émeutes qui ont émaillé notre histoire sur la base d’un ras le bol fiscal et qui ont évolué sur des revendications sociales. Ces luttes ont été répertoriées par une historienne, Michelle Zancarini-Fournel dans « Les luttes et les rêves, une histoire populaire de 1685 à nos jours ». On n’a que l’embarras du choix pour faire des comparaisons, à la différence près qu’aujourd’hui les informations circulent plus vite.

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  4. Lorsque le niveau de vie de la classe moyenne se détériore et que la solidarité familiale se dégrade, le socle financier et social se réduit. Il est de moins en moins apte à amortir les secousses des plus démunis et c’est le sommet qui vacille. En reproduisant cette détérioration des classes moyennes, nos dirigeants continuent de saper l’édifice républicain. Le sommet se raidit et la démocratie glisse lentement vers l’autoritarisme. L’étape suivante dépend de la l’acceptation des masses à la contrainte et peut alors varier du totalitarisme à la révolution populaire.

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  5. Jupiter sur son plateau. « Placé trop haut, l’être humain manque d’oxygène, il devient dyslexique. »

    Cette image me rappelle cette analyse « braudeliène » de l’économiste François-Xavier Verschave :
    « Il s’agit de faire servir l’État – plutôt qu’il ne se serve -, de l’obliger, un peu contre sa nature, à produire du service public, plutôt qu’à généraliser le  » self-service public « , bref de le tenir en laisse. Vaste programme, vaste enjeu politique. L’État n’a que sa triste raison, et de conscience que celle de ses citoyens. À encenser le rôle de l’État, à lui abandonner le soin du développement humain, on n’encourage pas à cultiver une large  » société civile « , capable de résister aux illusions célestes. L’État est utile, et même indispensable, s’il est piloté. Encore faut-il savoir que ce n’est pas au niveau de l’État lui-même que se situe la cabine de pilotage, mais à l’étage en-dessous. Encore faut-il former des citoyens, c’est-à-dire des acteurs politiques qui sont persuadés que le rôle intermédiaire est bien plus éminent que le supérieur, capables aussi de décrypter avec humour le double langage permanent, cette maladie professionnelle qui contamine presque fatalement les  » privilégiés « . Placé trop haut, l’être humain manque d’oxygène, il devient dyslexique. On ne l’aide pas, et on peut beaucoup y perdre, à prendre trop au sérieux ses discours stratosphériques. En réalité, la communication entre gouvernants et gouvernés relève d’une poésie, ou d’une pneumatique, qui restent largement à inventer.
    https://survie.org/themes/francafrique/article/on-joue-mieux-avec-un-ballon

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