Le patron et le vigile

vigile

On va encore me dire que je suis toujours dans une attitude critique. Contentons-nous de faits.

D’abord cette histoire Benalla. C’est l’histoire de trois copains qui bossent dans la sécurité. L’un bosse pour le président, l’autre pour la République en Marche et le troisième au cabinet du premier ministre. Déjà, à la base, ça fait beaucoup. Le premier mai, deux d’entre eux décident d’aller casser du gauchiste en manifestation avec brassards, casques et armes filés par la police. Drôle d’occupation pour des mecs de la sécurité mais bon, on s’amuse comme on peut. Mais, non seulement ils ne sont pas empêchés, mais ils sont aidés. Une petite sanction s’en suit, mais elle est symbolique. Jusqu’à ce que la presse identifie Benalla. Réponse du gouvernement : ce mec fait n’importe quoi. Ce n’est pas une affaire d’état, mais une affaire d’été. On fait semblant de s’agiter un peu mais, avant de faire les perquisitions, on laisse le temps à Benalla de se débarrasser d’un coffre-fort contenant vraisemblablement des choses compromettantes. Disparu, le coffre, envolé ! Et puis on finit par le virer, parce que ça commence quand même à faire désordre. Mais on lui laisse du boulot pour le 14 juillet, pour la coupe du monde, pour les voyages de Macron, on lui laisse ses passeports diplomatiques, on le retrouve en Afrique à faire du business quelques jours avant une visite officielle du patron, on apprend qu’il a monté des affaires, créé une boîte avec la mafia russe, avec ses potes, pendant qu’il exerçait encore à l’Élysée.

Alors qu’ils sont sous contrôle judiciaire, on apprend par Médiapart que les potes de voient toujours malgré l’interdiction qui leur a été faite par la justice. Réponse de l’état : perquisition chez Médiapart. On sait jamais. Peut-être qu’ils ont le coffre de Benalla.

La veille de la sortie du rapport accablant du Sénat, on envoie Bénalla et Crase en prison. C’est vrai que ça faisait désordre de laisser ces bandits dehors quand des gilets jaunes sont enfermés. Mais, une nouvelle bourde idiote permet à Ben et Cracra de partager pendant une heure la même cellule pour papoter ensemble alors qu’on va les arrêter parce qu’ils avaient parlé ensemble alors qu’ils n’en avaient pas le droit. À ce stade, ce n’est pas qu’ils sont incontrôlables mais qu’ils sont incontrôlés, tout simplement. Et puis hier, une semaine plus tard, pfffuit, les voilà libérés. On est en droit cette fois de se poser quand même deux ou trois questions. La première idée qui vient en tête, c’est qu’il est protégé. La seconde, c’est qu’il y a des raisons à cela. Et vu la montagne de conneries que fait ce mec, les raisons, elles doivent être énormes.

Faut-il en conclure que Macron est malhonnête ? Ben, j’ai envie de dire qu’un mec qui s’attaque aux APL, qui enlève 18 millions aux centres d’hébergement en 2018 avec pour objectif une coupe de 57 millions en trois ans et qui va se faire photographier à côté des SDF (pour comprendre), je ne suis pas certain que ce soit la preuve d’une grande honnêteté. Ou alors, je ne connais rien à l’honnêteté.

Mais bon, contentons-nous de penser que je fais partie de ces casse-couilles qui voient le mal partout. Les coupables, c’est toujours ceux qui ramènent leur fraise.

12 réflexions sur « Le patron et le vigile »

  1. J’adore ton post, je pense comme toi. On a un watergate sous les yeux et ici tout continue comme avant , et vas y que je t’ouvre la porte et que je t ’embrouille….! Tu pourrais en faire un film. Au moins, il y aura un truc de positif à tout cela.

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  2. En médecine, il existe une bonne vieille méthode qui a fait ses preuves et marche souvent… ça se nomme « l’abcès de fixation ». Lorsqu’on se trouve devant une infection qu’on ne peut circonscrire et réduire on tente d’attirer « le mal » à un endroit précis du corps pour pouvoir l’extirper. On introduit sous la peau une gaze imbibée de térébenthine qui crée une inflammation locale où les bactéries bont se précipiter… Eh bien pour moi,l’affaire Benalla est un parfait exemple, voulu on non, de ce type de traitement.. On a une infection généralisées pas du tout localisée: les Gilets Jaunes que l’on n’arrive pas à réduire, on la contient tout au plus pour le moment.. Mrs Benalla et confrères viennent fixer l’attention des médias (complices ???) et la ire des braves gens… oh le méchant Ben alla…. oh la méchante justice (encore une instance suffisamment indéterminée pour ne pas prendre trop de risques, et un bon fusible…..) En Tout cas un bel arbre, disons un bosquet, qui cache Laforest de l’indignation montante… Un beau piège en tout cas…

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  3. Non, je ne te trouve pas casse-bonbons 🙂 Lucide, oui. « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil » Char.
    (Je partage très souvent tes analyses et tes constats, et nous sommes quand même nombreux à les faire)

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