Grenade bio

grenade

Je vais sans doute me répéter. C’est juste dans l’espoir d’être entendu.

Messieurs les gouvernants, Mesdames messieurs les bourgeois politiques, médiatiques, intellectuels et artistes, vous allez sans doute parvenir à étouffer le mouvement des Gilets Jaunes. Vous faites avec lui ce que vous avez fait avec Mélenchon : le conspuer et le honnir à la moindre occasion, jusqu’à le rendre infréquentable. Vous avez mis à terre la pensée de gauche. Pas celle des libéraux socialistes qui sont vos alliés et qui ne veulent en rien changer les injustices du monde capitaliste, dévastateur de nature et d’humanité. Je parle de la pensée traditionnelle de la gauche que vous avez glissé à coups de communication fourbe et honteuse au rang des extrêmes voire des ultras. Vous avez sali tant de monde, du peuple aux militants d’opposition, leur affublant des mots de haine, de racistes, homophobes, antisémites.

Votre victoire étriquée sera un nouveau coup porté aux humiliés qui sont beaucoup plus nombreux que vous ne l’imaginez. Et vous pensez vous en tirer en supposant que vous allez faire naître de l’abstention aux prochaines élections et rejouer la farce du « c’est moi ou le fascisme ». Mais cette blague ne prend plus car pour les humiliés que vous insultez, dont vous ternissez sans cesse l’image, que vous gazez et flasballez, que vous enfermez, pour qui vous créez toujours plus de lois liberticides, vous êtes déjà le fascisme. Certes, le fascisme souriant et aux gants de velours, mais vous incarnez l’autorité sourde méprisante et injuste de tous les dictateurs. Ces mots vous semblent trop forts ? Ils ne sont pas encore à la hauteur de ceux que vous proférez tous à longueur d’écrans. Vous voyez ce que ça fait ?

Par conséquent, Mesdames Messieurs les bourgeois politiques, médiatiques, intellectuels et artistes, vous aurez tout fait (ou ne rien fait contre) pour qu’aucun parti ne soit pire que le vôtre aux yeux des humiliés. Votre mascarade « c’est moi ou le fascisme » ne marchera pas la prochaine fois.

Quoi ? Lepen au pouvoir ? Mais oui, c’est ce que vous fabriquez, tranquillement mais sûrement, à coups de tweets, de lois, de journalistes politiques devenus polémistes au service des gagnants, d’artistes engagés devenus sourds-muets. Les humiliés, ils n’ont pas peur de ça. L’extrême droite s’installe en Europe, en Italie dernièrement. Les humiliés n’en ont plus peur. Pas plus que vous, d’ailleurs, car vous savez que ces régimes ne remettent jamais en cause vos règles économiques corrompues qui font que chaque année les dividendes battent tous les records. Vous et vos amis seront à l’abri. Ce sont toujours les mêmes qui souffriront, même s’ils ont permis que ça se fasse. Ils l’auront fait juste pour en finir avec vous. Ils se trompent, je sais. Mais c’est ce que vous créez. De toute façon, qui que soit la personne au pouvoir, tout est trop bétonné de tous les côtés pour qu’elle fasse ce qu’elle dit. Regardez Trump et son mur imbécile.

J’en viens à penser que votre choix est fait : « moi ou le fascisme ». Peu importe. Mais surtout pas les idées qui veulent offrir une alternative au capitalisme. Vous vous inscrivez dans la course au suicide collectif pourvu qu’il ne soit pas démontré par une quelconque expérience politique autre que vous vous étiez trompé, qu’on peut mieux faire pour les hommes et l’environnement. Les zadistes sont pour vous des terroristes. C’est vrai que planter des poireaux, c’est très violent. Surtout quand on imagine des systèmes de distribution, de travail et de commerce qui ne remplissent pas les poches des actionnaires. C’est beaucoup plus violent que les aéroports ou l’enfouissement de déchets toxiques.

Nous jugerons samedi des effets de votre dernière grenade de désencerclement : l’antisémitisme. Grenade assourdissante, peut-être. Vous êtes bientôt à cours de munitions, mais vous avez vos chances avec ce coup-là.

Ce qu’aura apporté ce mouvement au peuple, c’est la prise de conscience aigüe du monde que vous fabriquez, de la façon dont il fonctionne, du rôle de l’argent et des médias à leur service. Et n’allez pas pousser des cris de vierge effarouchées parce que je critique les médias, s’il vous plaît ! Ils sont des vôtres, ils pensent bien sagement tout comme vous et n’hésitent jamais à donner un petit coup de pouce à votre propagande. Les soi-disant spécialistes invités sur les plateaux pensent tous aussi comme vous et vous servent la soupe. C’est selon vous anti-démocratique de critiquer les médias ? Ce qui n’est pas démocratique c’est de n’avoir pas le droit de le faire sans être taxé de complotiste ou de je ne sais quoi. Vous avez tout inversé.

Mesdames, messieurs les bourgeois politiques, médiatiques, intellectuels et artistes, vous avez décidé qu’il n’y aurait pas de révolution économique et démocratique. Soit. Je ne vous remercie pas. Je crois même que je vous en veux un peu. En marche !

8 réflexions sur « Grenade bio »

  1. Comme il semble loin le temps où tu écrivais : « Et puisqu’il n’y a d’autres choix que celui généré par les électeurs du premier tour, je fais celui de penser que Le Pen et Macron, ça n’est pas la même chose. »

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  2. Je ne vois plus cet article sur FB ( ou alors, il est dans une autre dimension ? )
    J’en profite pour te redire BRAVO pour ce coup de gueule, j’ai fait suivre  » en dehors de FB », et j’ai des retours super sympas….

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  3. « Federico est tombé, mort,
    sang au front, plomb dans les entrailles
    Car le crime eut lieu à Grenade,
    sachez-le – pauvre Grenade ! – sa Grenade… » (Machado)

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