Petit mot à ceux qui ne sont ni gilets jaunes ni foulards rouges

plage

Tout a commencé par un mouvement contre la taxation du gasoil. Immédiatement, il est dit que c’est un mouvement téléguidé par l’extrême droite. Marine Lepen n’hésite d’ailleurs pas à afficher son soutien à ce mouvement.

Mais très vite, à force de se retrouver sur les ronds-points, de parler, les personnes impliquées dans ce mouvement qui prend de l’ampleur se mettent à élargir leurs revendications. Et on assiste à une véritable remise en cause de notre fonctionnement démocratique. On y évoque les injustices fiscales et sociales, on se met à imaginer d’autres façon d’exercer la démocratie.

Le Pen

Le 7 décembre, Marine Lepen envoie une lettre à toutes les rédactions des grands journaux pour exprimer sa distance avec ce mouvement. Il n’est pas question pour elle de remettre en cause la Vème république dont le pouvoir présidentiel lui convient parfaitement. Bizarrement, la presse choisit de ne pas relayer ce courrier. Mais chacun aura noté le silence de la leader du mouvement d’extrême-droite depuis.

Non, ce n’est pas un mouvement d’extrême-droite mais un mouvement populaire révolutionnaire pacifiste qui s’est mis en branle.

Le RIC

Les gens de gauche traditionnelle s’inquiètent aussi de la revendication du Référendum d’Initiative Citoyenne avec l’argument qu’avec des référendums, on pratiquerait encore la peine de mort et l’avortement serait encore interdit. C’est un raisonnement biaisé. Certes, l’opinion était défavorable à l’abolition de la peine mort au moment où elle a été décidée, mais qui dit que s’il y avait eu un référendum cela aurait été le cas, par exemple ? Un référendum provoque forcément un débat, des prises de parole et des arguments de part et d’autre qui font évoluer la position de l’opinion. Il y a une situation de départ qui évolue par le dialogue. On ne peut donc prétendre à l’issue d’un référendum sur ces sujets sans afficher un profond mépris ou au moins une méfiance pour le peuple.

Je rappelle qu’en 2005, nous avons voté non à un référendum pour l’entrée de la France dans le traité Européen de Maastricht. Contrairement à la Norvège, l’Islande ou la Suisse qui ont respecté le résultat négatif à ce type de référendum, la France, elle, a signé le traité. Un modèle de démocratie ?

L’Europe

On sait depuis que nos politiques économiques et sociales nationales sont dictées par l’Europe avec pour conséquence des règles budgétaires contraignantes, des directives qui ont des conséquences importantes sur l’agriculture, l’écologie, la politique sociale. Je vous laisse juges de ce qu’en pensent les Français.

La réponse de l’état

La réponse de l’État à ce mouvement des gilets jaunes a consisté à le réprimer violemment, à empêcher toutes les prises de paroles collectives : évacuation des ronds-points, gazage et charge policière violente de la tentative d’assemblée nuit jaune de samedi. En même temps, il a développé un système de propagande qui qualifie les gilets jaunes de fascistes et de factieux. Il tente par une communication étudiée et provocatrice et des actes étudiés de faire dégénérer le mouvement pour le discréditer. Faire naître le chaos est une volonté très visible du gouvernement avec l’espoir de reprendre la main en lâchant deux ou trois mesures qui satisferont tout le monde (pourvu que rien ne change). Pour faire la blague, il lance un débat national qui se transforme en one-man-show En Marche.

La presse quant à elle a réagi selon les principes de sa classe. Mais peu à peu, des éléments d’analyse sont parvenu timidement à voir le jour. Trop lentement.

Demain ?

Si le pays refuse ce sursaut démocratique, une réforme profonde, sa révolution institutionnelle et politique pacifique, s’il reste sur sa Vème république, il retrouvera l’apparence du calme mais mettra au pouvoir un régime autoritaire nationaliste et populiste de la pire espèce. De là naîtra peut-être la répression des révolutionnaires et les conditions d’une révolution violente dans une ou deux décennies.

Juste pour finir : les gilets jaunes ne sont pas 69.000 ou 84.000. Ce ne sont que des chiffres de manifestants mal comptés par la préfecture. Ils sont des millions.