Un berger et deux perchés à l’Élysée

berger

J’ai deux copains un peu perchés. Parfois, ils se prennent pour Dieu : et si on demandait à Correa (l’ancien président de l’Équateur) de se présenter aux élections présidentielles françaises ? C’est pas possible. On n’a pas le droit. Bon, on fait comment, alors ? On sait qu’après Hollande, ça sera un mec de droite. Alors qui, à droite, serait susceptible de présider la France de façon révolutionnaire ? Jean Lassalle, bien sûr ! Les voilà partis pour aider le berger à conquérir le trône.

De ce délire de comptoir est né Un berger et deux perchés à l’Élysée de Pierre Carles et Philippe Lespinasse.

Au départ, le film dérange forcément car si pour eux ce n’est qu’un jeu, un prétexte dont Lassalle est la marionnette, pour lui, c’est du sérieux : ils sont ses conseillers. On saisit bien l’ambiguïté de la situation. Mais, peu à peu, Jean Lassalle s’affranchit sans le savoir du procédé car il résiste, il affirme, il se bat, il y croit. Il n’est pas né de la dernière pluie, le vieux briscard de la politique. Mais il est tellement atypique, caricature sur pattes comme il se décrit lui-même, que, l’air de rien, il se met à incarner ces révolutions populaires qui menacent à tout moment de renverser la table. Il y a du gilet jaune qui émerge de ce documentaire, particulièrement à travers le frère et la mère de Jean Lassalle. La parole est juste et sans fard, lucide et incisive. Ça sent le Béarn qui ne fait pas semblant, à qui on ne raconte pas des histoires. Le communiste, Chassaigne, se montre en admiration pour de grand dégingandé au grand pif qui n’hésite jamais à provoquer l’assemblée par un chant des montagnes ou le port d’un gilet jaune.

Ce film est revigorant. Un manifeste poétique sur la politique. Ce regard dans les coulisses d’une élection présidentielle est une jolie mise à distance de ce grand spectacle de marionnettes auquel nous sommes conviés à jouer le public désabusé tous les 5 ans.

Surtout. On rigole. Et ça libère…

Montagnes Py-réné-éheux…

Sortie le 23 janvier, dans les bons cinémas.

 

8 réflexions sur « Un berger et deux perchés à l’Élysée »

  1. Le nez de Jean Lassalle… un écosystème ne supportant pas l’odeur de l’ours (qui va dévorrrrrer toutes les brrrrrebis et piller les rrrrruches). Lassalle il est comme les nouvelles cultures de tomates, hors sol.

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  2. Dans le milieu médiatique, beaucoup se moquent de Lassalle. Aprés la sortie du dernier « Ferry Luc, le tireur le plus rapide à l’Ouest des Pesos »; voyons ce que vient de dire un « grand expert » en économie, Olivier Babeau, membre de l’Institut Sapiens, sur l’antenne de BFMTV: « Il ne faut pas opposer les gens. On a besoin plus que jamais de réconciliation. Je ne vois pas l’intérêt de dresser les riches contre les pauvres, ils sont complémentaires. » Propos relevés entre-autres (un feu d’artifice de conneries!) sur:
    https://www.telerama.fr/television/escalade-de-la-violence-chez-les-gilets-jaunes,-des-enfants-gates-qui-deshonorent-la-boxe,n6081422.php

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