Rire jaune

singe

Forcément, en enchaînant Beyrouth et le montage de Manigances, il ne me reste pas grand temps pour écrire sur le blog. Mais tout se passe à merveille côté Manigances.

Pourtant, pendant ce temps, il y a eu le Brésil, par exemple, cette élection qui s’ajoute à d’autres et qui nous laisse malheureusement présager les suivantes. On attaque les insoumis ici, des mecs d’extrême droite lancent des appels à la rébellion. Bref, pendant que je me distrais à tenter de faire rire en image, le monde continue sa chute vers la connerie généralisée au service du libéralisme (les bourses ne s’inquiètent jamais de l’arrivée au pouvoir de fachos, ni les riches).

Allez, demain c’est férié. Mais moi, je bosse à essayer de vous faire rigoler. C’est l’ultime possibilité de subversion, on dirait.

13 réflexions sur « Rire jaune »

  1. Tu ne crois pas si bien dire Bernard…. En 79 paraissait: « le communisme est-il soluble dans l’alcool » de Philippe Meyer qui rassemblait nombre de blagues circulant dans les pays sous tutelle communiste stalinienne, présenté comme la seule façon possible de protester pour les dissidents… Peut-être qu’aujoure’hui , il suffirait de remplacer communisme par « la dictature » ou autre dénominations similaires ?

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  2. Tu ne crois pas si bien dire Bernard….
    En 79 paraissait:
    « le communisme est-il soluble dans l’alcool » de Philippe Meyer qui rassemblait nombre de blagues circulant dans les pays sous tutelle communiste stalinienne, présenté comme la seule façon possible de protester pour les dissidents…
    Peut-être qu’aujoure’hui , il suffirait de remplacer communisme par « la dictature » ou autre dénominations similaires ?

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  3. « Je suis frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres » a déclaré notre « trés cher » Président. Il sait de quoi il parle puisqu’il participe à la destruction de la gauche ce qui, comme dans les années 30, facilite l’accés au pouvoir de l’extrème-droite. D’abord l’ED met un pied avec les élections puis le deuxième, le peuple se le prend dans la tronche.
    L’humour comme « ultime possibilité de subversion »…Mais la satire a des effets paradoxaux. En 2013 un ami poète qui a étudié cette fumeuse période, faisait part de ses réflexions:  » La satire reste un outil pratique (il rapporte des rires et du lectorat) mais douteux car elle peut rallier tous les mécontents… même si ces derniers sont irréductiblement opposés entre eux. Tu ris sur une blague contre les fonctionnaires et tu te retrouves à rire avec un type du FN. Le trait satirique aide bien à démasquer le plus souvent quelque chose de révoltant mais il ne donne pas nécessairement le sens politique dans lequel doit être compris le Réel. Aujourd’hui, les humoristes de notre beau pays plaisantent sans scrupule sur le Fonctionnaire-Feignasse, sur le Politicien véreux, sur le Journaliste vendu, grosso-modo sur l’Intellectuel… sans même s’apercevoir qu’ils alimentent – pas toujours à leur insu – la roue du moulin FN. Franz Werfel, poète, romancier autrichien, faisait le bilan de cet Entre-Deux-Guerres en Allemagne. Il évoquait cette période en réfléchissant sur son passé de poète expressionniste et de celui de ses collègues comme Walter Benjamin, Stefan Zweig, Klaus Mann, Joseph Roth ou Kurt Tucholski qui ne prenait pas Hitler au sérieux. Werfel concluait : «Nous avons été les chauffeurs de l’enfer dans lequel le monde était en train de sombrer». Les articles satiriques et féroces de Tucholski (il parlait – comme Nietzsche – de «l’Allemand en tant que tel qui est lâche, mesquin», du «Juif» qui «ne sait ce qu’est la liberté»), convenaient finalement aux nationalistes et aux nazis qui, pour d’autres raisons que les siennes, avaient exactement la même opinion sur la République de Weimar. Comme lui, ils rêvaient de la détruire. Désespéré, Tucholski aura vécu intensément et désespérément le drame des Intellectuels de cette époque. A force de frapper contre tous ceux qui étaient pour cette République (désastreuse, certes), il a fini par gommer la force montante des nazis. En 1933, les nazis brûlent les livres de Tucholsky et le déchoient de sa nationalité. Il écrira à un ami: « Je vais maintenant la fermer. On n’engueule pas un océan. »

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  4. En parlant de ressemblance, je vous conseille de regarder Victor ce soir et demain à la télé sur France2. En fait, on est aussi dans les années 1848…. J’ai pu voir les 2 premiers épisodes, c’est étonnant.

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