Jouer en bourse, c’est fun !

jeux

En 2015, la Française des jeux réalisait un bénéfice de 159 millions d’euros. Un des prochains projets de l’État Macron, c’est de ne laisser à l’état que 25% des parts et de céder le reste aux actionnaires en vue d’une entrée en bourse.

Une chose est certaine : quand on joue, on sait qu’on va perdre. Une autre chose est certaine : quand on organise des jeux de hasard, on sait qu’on va gagner. Beaucoup. À coup sûr.

La réalité du jeu, ce sont les files d’attente continues dans les bureaux de tabacs dans lesquels les pauvres vont gratter des tickets dans l’espoir de devenir… moins pauvres pour quelques jours. C’est une absurdité évidente mais, quand on est pauvre, on pense moins parce qu’on est obsédé par le manque d’argent. Ce n’est pas qu’on est plus bête. C’est juste qu’on ne sait plus comment faire et qu’il est plus simple, quand rien ne marche, d’en appeler au hasard.

Des études ont montré qu’on a un Qi plus bas quand on est pauvre. Mais qu’en réalité, c’est la pauvreté qui abaisse le Qi. Quand on est pauvre, on n’a plus accès de la même façon à la culture, à l’éducation, à la santé, à la nutrition et l’esprit est occupé par le sentiment d’échec, par l’impossibilité matérielle de résoudre le problème majeur du manque d’argent.

600.000 personnes sont touchées par une pratique excessive des jeux de hasard qui constituent une addiction, au même titre que les autres. Atteinte du psychisme, de la santé, des facultés de socialisation.

L’état est le sommet de l’organisation sociale d’un pays. Et que propose le gouvernement Macron pour résoudre les problèmes qui semblent se poser ? De privatiser la Française avec l’objectif pour lui permettre de se développer (c’est écrit) et de fait, par son entrée en bourse, de filer la manne à des actionnaires dont l’intérêt est évidemment que les gens jouent de plus en plus. C’est un vrai choix politique.

Cette nouvelle réforme est à mes yeux tout-à-fait révélatrice du cynisme libéral de la gouvernance Macron.

6 réflexions sur « Jouer en bourse, c’est fun ! »

  1. T’es tendu en ce moment !
    Moi, j’suis pauvre. Comme nous tous…

    Alors le week-end, avé les copains (aussi pauvres que moi) on joue aux courses. On mise 6 ou 9 euros chacun – on n’est pas non plus dans le délire et la dépense.
    On sait très bien que jamais on ne s’enrichira avec ceci.
    Ces petits instants, et ces petites mises – ces petits paris, en sorte – permettent à nous tous de nous retrouver. De rigoler ensemble. De refaire le Monde… De déconner, en fait ! Surtout l’occasion de déconner ensemble. Chose essentielle à nos bonheurs partagés.
    Nos paris sur les canassons courant à Vincennes, Auteuil, Lonchamp, ou même ailleurs… Finalement on s’en fiche un peu…
    L’essentiel est qu’on se retrouve, ensemble, autour de ces mêmes couillonnades, nous, les potes de toujours.
    L’occasion de parler de « nos morts », et bien sûr de nos vivants, que l’on aime… Dont on n’espère pas qu’ils aillent rejoindre « nos morts »…
    Pour mon cas, ces « jeux de hasard » se bornent à cela. Juste en cela. Et le partage avé les copains de toujours.
    (je crois que je resterais à jamais un vieux putain de socialiste ! Quoique les dérives soient…).

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    1. Tu me parles du tiercé du dimanche, camarade. J’ai pas dit qu’il fallait interdire les jeux 😉 Mais il faut voir les graveurs quotidiens. C’est une autre histoire. Et le sujet, c’est d’abord la privatisation/mise en bourse. Tu me mettras le 9 placé, s’il te plait 😉

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      1. Pouf… Le 9, il est resté paître au beau milieu de la place de Courréjean. Il m’a beaucoup déçu, javais misé dessus : 2 francs cinquante. Une autre époque… !
        J’ai juste perdu des sous qui n’existent plus !
        En sorte, ça va.

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  2. Je découvre ton billet tout en achevant la lecture des ‘Utopies réalistes’ de Rutger Bregman. En épilogue, une citation d’Eduardo Galeano: « L’utopie est à l’horizon. Je m’approche de deux pas; elle recule de deux pas. Je fais encore dix pas et elle s’éloigne de dix pas encore. J’aurai beau avancer, je ne l’atteindrai jamais. A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela: continuer à marcher. »
    Une certaine politique se dit, elle aussi, ‘en marche’. Sa course effrénée se joue sur une ruse réaffirmant le ‘statu quo’ d’une société soumise pour le plus grand nombre, ogresse pour les quelques autres.
    Pour Bregman, la Politique à adopter, celle qui s’écrit avec une capitale, ne serait plus comme disait von Bismarck, l’art du possible, mais l’art de rendre l’impossible inévitable. A suivre 😉 ?

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