Un pour tous, tous bourrins

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Demain, j’aurai une réponse concernant une aide possible pour Manigances, mon prochain court-métrage de fiction, ma comédie médiévale. On aurait dû la tourner l’an dernier mais, pour cause de théâtre, on avait reporté d’un an. Il traite en partie de la libération d’une femme de l’emprise d’un homme. Un film féministe. Si je l’avais tourné l’an dernier, il aurait été terminé juste avant les affaires d’abus sexuels dans le cinéma. Il aurait été pile poil dans le sujet, au cœur des préoccupations du moment.

Et en même temps (comme dirait Ducon), les préoccupations du moment commencent à m’agacer. Cette peopolisation des monstres a quelque chose de ridicule. Les enfoirés restent des enfoirés, à tous les étages, dans tous les boulots. Les abus de pouvoir seraient exclusivement masculins ? Les violences sexuelles ou physiques ne sont qu’une partie des relations perverses d’emprise. Je ne dis pas qu’elles sont acceptables. Il faut les dénoncer. Mais allons plus loin, alors. Il faut donner des noms, dans le cinéma, de monstres féminins ? Et pourquoi ne s’intéresser qu’au cinéma, au show-biz, à la politique ?

Les femmes sont capables de violences physiques, de harcèlement, d’emprise, de violence psychologique dont les dégâts sont aussi énormes, mortels parfois. Mais non, on n’entend plus que des discours sur ces affreux hommes et ces pauvres femmes victimes.

Ce que la société reproche aux gens de la gauche radicale (un discours qu’on juge caricatural et réducteur), elle ne cesse de l’appliquer au centuple avec ses a priori, ses images vites trouvées. Les monstres, on s’en repait, on les sélectionne, on les mène au pilori médiatique. Qu’ils aient purgé leur peine ou bien qu’ils n’aient pas encore été soumis au verdict la justice. C’est carnaval. On brûle des figures pour se faire croire que tout ira mieux. Nous voilà juges guignols. Enfin, quand je dis nous, je pense à ceux qui parlent devant des caméras de télévision ou que ces mêmes caméras vont chercher.

Si le fond du combat est juste (les violences faites aux femmes), en ce moment, même si l’on peut penser que c’est normal après des siècles de domination masculine, la façon de le mener n’est pas obligatoirement la meilleure. Résumer la relation masculin/féminin à la relation homme/femme à sens unique, c’est un peu court, dirait Cyrano.

Voilà des millénaires que la société s’est construite sur l’autorité masculine. Et c’est détestable car le masculin, c’est l’ordre, l’autorité, la hiérarchie, le pouvoir, l’argent. Toutes ces choses qui régissent le monde au profit de quelques dominants, sur le dos des opprimés, physiques, psychologiques ou sociaux. C’est ce modèle qu’il conviendrait de remettre en cause, ce modèle archaïque profondément masculin.

Si le remède c’est de mettre des femmes à la place des hommes, on n’aura pas beaucoup avancé, puisque ce sera toujours le masculin, fût-il porté par des femmes, qui continuera. C’est une vraie révolution intellectuelle qu’il faudrait mener. Elle n’est pas prête d’avoir lieu. Il faudrait tout réinventer. Mais il est tard. Il faut que j’arrête de bavasser mes conneries. On est en macronie. Et en macronie, il faut aligner un peu plus d’arguments (dispense faite de ce principe aux macronistes eux-mêmes).

Bref, demain, j’aurai la réponse pour mon film féministe. Au moment où je l’écrivais, le futur venait me souffler à l’oreille qu’il fallait en parler. Parce qu’une idée ne naît jamais dans une tête, mais dans des millions, l’air de rien. Et le futur a déjà ses résonances. Espérons qu’il ne paraisse pas déjà dépassé…

8 réflexions sur « Un pour tous, tous bourrins »

  1. Il n’y a quà revisionner le film  » Magdalen’s sisters », pour voir jusqu’où peut aller la violence des femmes , sur d’autres femmes…Jusqu’à la mort…Comme tu l’écris, cette emprise féminine existe aussi dans notre société, c’est bien d’en parler…
    Oh, dis, tu as vu, la dame qui a un os dans le chignon, elle a aussi un renard autour du cou !!! 😉

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  2. Le Renard me paraît avoir l’œil… comment dire… un tantinet « lubrique », voire excitouille.
    M’étonnerait pas qu’il s’agisse d’un couillu !
    A moins que j’ai mal regardé son regard, à ce renard…
    Peut-être serait-ce la représentation « renarde et maligne » de la dernière nommée chez Trump (trump sa mère !) qui, ai-je entendu à la radio ce soir, ne serait pas la dernière à avoir fait comme le le peine d’antan. Avec évidemment de meilleurs moyens techniques qu’à l’époque dudit.

    Après, connaissant quelques proches de sexe masculin, ayant vécu des choses difficiles (violences de la part de leur conjointe), loin de moi est la systématisation – ou l’unicité des cas. Mais, regardant tout ceci avec, je l’espère, la distance nécessaire, le cas contraire est « statistiquement » (le vilain adverbe), le fait largement le plus courant.

    Le problème que je perçois est la stigmatisation de « certains », et l’omission « partielle » (a minima) de tout autre cas. Quelques-uns en font état de ces cas, qui sont minoritaires certes, mais qui existent bel et bien.

    Les réseaux sociaux ont actuellement, de par leur ampleur, largement tendance à polluer les débats. C’est au plus fort « qui poste », que revient aujourd’hui le droit de « la bonne pensée ».
    Au-delà de ceux-ci, et de leur impact – à mon sens desservant parfois, voire même souvent le fond -, je vois la Société évoluer vers un manque de recul, d’analyses et de discernement sur le global. Et pour certaines et certains, trop accrocs à tout ceci, ne plus disposer librement de leur propre analyse, tant influencés qu’ils sont en consultant leur Facebook. (Ceux-ci me dérangeraient fortement s’ils devaient siéger lors d’un procès en assise).

    Car cette influence est telle que si tu déroges, ne serait-ce que d’un post… un soir de recul et divergence d’opinion, eh bien tu es fustigé en cela et tu perds, en quelque sorte, l’aval (« l’amitié ») de tous. Et tu te sens exclus par tous.
    (Je n’épiloguerai pas, mais le contenu de ton blog va largement dans ce sens. Preuve en est ton post d’aujourd’hui : contrarier la pensée « unique » du moment…)
    Or (je reprends le fil), ces réseaux ont comme objectif(s) justement le contraire…
    C’est d’un paradoxe inouï ! Et quel que soit le domaine qui nous importe.
    Trois fois « MERDE » pour ton film féministe !
    Pensée égoïste mais partagée, autre paradoxe qui m’intéresse…

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  3. Changer le « modèle » revient à éduquer le regard dans « le dos des opprimés, physiques, psychologiques ou sociaux ». Victor Hugo:
    « Quelques jours après, un matin, comme il faisait beau soleil et qu’ils étaient tous deux sur le perron du jardin, autre infraction aux règles que semblait s’être imposées Jean Valjean, et à l’habitude de rester dans sa chambre que la tristesse avait fait prendre à Cosette, Cosette, en peignoir, se tenait debout dans ce négligé de la première heure qui enveloppe adorablement les jeunes filles et qui a l’air du nuage sur l’astre ; et, la tête dans la lumière, rose d’avoir bien dormi, regardée doucement par le bonhomme attendri, elle effeuillait une pâquerette. Cosette ignorait la ravissante légende je t’aime, un peu, passionnément, etc. ; qui la lui eût apprise ? Elle maniait cette fleur, d’instinct, innocemment, sans se douter qu’effeuiller une pâquerette, c’est éplucher un cœur. S’il y avait une quatrième Grâce appelée la Mélancolie, et souriante, elle eût eu l’air de cette Grâce-là. »
    https://www.bartongalleries.com/library/painting/2222/Paquerettes

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