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J’ai vu qu’une pétition circulait pour enlever les victoires de la musique à Orelsan parce qu’il aurait tenu des propos sexistes dans certains de ses textes. Tant qu’on y est on a qu’à demander tout bonnement l’interdiction de l’ensemble des albums de rap. C’est vrai que la femme n’y bénéficie pas de la meilleure image et que les chanteurs ne sont pas des champions de courtoisie ni des amoureux de la nuance et des belles lettres. Si tu enlèves les insultes, les appels à la haine et les grossièretés, c’est clair qu’il ne va pas rester grand-chose.

Et puis en ce moment, il vaut mieux avoir un casier judiciaire vierge pour ouvrir sa gueule. Ne jamais avoir dragué un peu lourdement. Un bon coup de ménage sur les comptes Facebook s’avère aussi indispensable parce que, si ça se trouve, il y a huit ans, j’ai dit une grosse connerie.

On vit sous le régime de la web-terreur menée conjointement par les bien-pensants-bobos et les fachos de tous poils. Je ne dis pas que les bobos sont des fachos, mais que les réseaux sociaux, les émissions de télé polémistes, une certaine presse qui a besoin de faire parler d’elle-même, sont plus que jamais ces espèces d’arènes des jeux du cirque, des défouloirs dans lesquels on se délecte à taper sur de vrais gens. On est revenu au temps des lapidations. Plus personne n’a droit à l’erreur, au passé, aux humeurs, à l’humour, à l’amour. Nous sommes en train de nous déshumaniser à grande vitesse, de nous transformer en petits pions blancs et lisses des jeux d’échec dont les règles seraient dictées par une pseudo morale. L’intolérance est la même de tous bords. Même le pessimisme dont je fais preuve dans ces dernières phrases est à bannir de notre monde de plus en plus virtuel.

Ce mouvement de fond est tellement puissant, qu’il encourage (et c’est plus grave) l’autocensure. En achevant la première version du bouquin sur les expériences que j’ai menées qui conduisent à la preuve de l’influence de la pensée sur la matière, je me suis presque retrouvé à écrire que c’était impossible alors que j’avais les preuves sous les yeux. Tout ça parce qu’avancer aujourd’hui une chose inexpliquée scientifiquement revient à être assimilé à un croyant, un illuminé, un fou, un charlatan, un imbécile. Il m’a fallu prendre mon courage à deux mains pour affirmer l’existence d’un fait incontestable dont les explications vont à l’encontre de ce qui est communément admis.

Il va devenir de plus en plus courageux voire téméraire d’oser émettre des opinions singulières ou présenter des faits qui dérangent l’ordre établi.

Cet article n’a pas vocation à faire la publicité de mon prochain bouquin. Elle se fera le moment venu (s’il est édité). Mon propos est sincère et se veut l’expression du malaise croissant que j’éprouve à la lecture des fils d’actualité.

13 réflexions sur « web web web »

  1. Les paroles s’envolent, les écrits restent…
    Bernard, tu as raison de pointer les excés du #dénonce machin-chose. Cela crée un malaise dont profite
    certains tenants du « on ne peut plus rien dire » des gens comme Franz-Olivier Giesbert essayer quelque peu de réhabiliter Maurras, Céline, d’autres trouver du positif au régime de Vichy, etc…
    http://www.telerama.fr/television/franz-olivier-giesbert-en-pelerinage-sur-les-traces-de-charles-maurras,n5482282.php
    On vit une drôle d’époque en accéléré qui n’est pas sans en rappeler une autre.
    Aprés la guerre, Franz Werfel, écrivain autrichien, faisait le bilan de cet Entre-Deux-Guerres en Allemagne. Il évoquait cette période en réfléchissant sur son passé de poète expressionniste : «Nous avons été les chauffeurs de l’enfer dans lequel le monde était en train de sombrer». Dans cet Entre-Deux-Guerres le journaliste allemand Kurt Tucholski publia plus de 3 000 articles dans presque 100 journaux. Avec pour but de «transformer sa machine à écrire en mitraillette», de la diriger contre cette Allemagne militariste et traditionnelle qu’il exécrait. Pacifiste, il penchait du côté du Parti Communiste Allemand et pourfendait les sociaux-démocrates dans ses papiers.
    Comme nos humoristes et journalistes qui plaisantent sans scrupule sur le Fonctionnaire-Feignasse, sur le Politicien véreux, sur le Journaliste vendu, grosso-modo sur l’Intellectuel… sans même s’apercevoir qu’ils alimentent le Moulin FN.
    Les articles satiriques, féroces, dénonciateurs de Tucholski convenaient finalement aux nationalistes et aux nazis qui, pour d’autres raisons que les siennes, avaient exactement la même opinion sur la République de Weimar. Comme lui, ils rêvaient de la détruire. Désespéré, Tucholski aura vécu intensément et désespérément le drame des Intellectuels de cette époque. A force de frapper contre tous ceux qui étaient pour cette République (désastreuse, certes), il a fini par gommer la force montante des nazis.

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  2. Toute cette tendance m’épuise un peu, même si quelque aspect de tout ceci doit être (« ton porc etc. »). J’en suis bien conscient et respectueux. Une certaine nuance devrait cependant prévaloir. Or, en l’instant, le contraire m’apparaît être : à l’excès.
    Bientôt, tu ne pourras plus saluer quelqu’une (ou quelqu’un), celle-ci ou celui-ci, sans qu’il ou elle se sente agressé(e) par ton salut (courtois, cependant)…
    Les liens sociaux, en termes de communication, comme intergénérationnels, en prennent ainsi un « grand coup dans la panse »!
    Toujours « à l’excès »… : bientôt, plus personne ne va « oser » adresser la parole à autrui, sous prétexte que …
    La « déviance », qu’impliquent ces multiples méfiances, m’inquiète un peu., sur le sujet des liens sociétaux… Jusqu’où allons-nous aller ainsi ?…
    Peut-être que de revenir à des choses basiques et simples (moins de réseaux sociaux « polluants » et davantage de conscience inscrite), nous simplifierait l’existence…
    C’est en tout cas ce que je pense. Mais je suis peut-être un peu vieux-jeu.
    « Déconnecté »…

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  3. T’as pas des trucs encore plus laids à nous mettre en illustration ?? Moi je retourne deux minutes au ponton (pfff… j’en viens tout juste !!) pour me replonger dans le beau, dis donc !

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  4. … Alors là, c’est ce que tu crois !!
    Ils n’auront pas « MA LIBERTE DE PENSER »,
    hem, accessoirement, je souhaite garder aussi l’humour, pliz !
    😉

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