Climat et eau souterraine

Puits

La semaine dernière, j’ai soulevé une des planches qui protègent mon puits pour voir si tout allait bien. J’ai mis quelques secondes à réaliser que le seau accroché au bout de la longue chaine planait dans le vide, bien au-dessus de la surface de l’eau. La chaine étant à son maximum. Le niveau de la nappe d’eau souterraine est bien descendu de 4 mètres.

Et de ce constat, je commence à parler autour de moi. Oui, le niveau des rivières est extrêmement bas. Les puits s’assèchent. En dehors de quelques averses qui suffisent à l’herbe, il ne pleut pas depuis des mois.

Mon regard s’élargit encore et je m’aperçois que la France entière est en état de sècheresse. Et maintenant, on nous dit que l’agriculture espagnole la subit encore plus fortement. Au Portugal, ça fait 6 mois qu’ils n’ont pas vu a pluie. C’est toute l’agriculture qui en pâtit, jusqu’au bétail, avec des vaches qui crèvent.

Mais tout ça n’est peut-être qu’un épisode exceptionnel comme on en a toujours connu. Il n’y a pas lieu de s’alarmer. Alors mon regard s’élargit dans le temps.

Voici la carte de France de l’évolution des pluies efficaces (celles qui alimentent les nappes souterraines) de 1951 à 2014.

pluiesefficaces5908

 

On voit que le déficit en pluies efficaces affecte la majeure partie du pays à l’exception du nord.

Voici la carte des sècheresses agricoles pour la même période.

secheresse

On voit que la courbe est ascendante.

Voici la carte des températures de 1900 à 2016 (écart moyenne annuelle avec température moyenne 1981/2010).

températures

Et il se trouve encore plein de gens pour dire que le changement climatique, c’est des conneries. Et il s’en trouve d’autres pour dire que ce changement est naturel et qu’il n’est pas lié à l’activité humaine. Heu, quand on regarde ces tableaux, il me semble qu’on voit assez bien que le phénomène est à la fois récent et rapide, en même temps qu’il commence à s’inscrire dans la durée. L’implication de l’activité humaine ne fait pas de doute.

Le sourcier que je suis trouve qu’il va commencer à être urgent de faire beaucoup plus que les COP machin truc. Un grand merci à Trump et à tous les connards qui préfèrent penser que les écologistes nous font chier. À ce rythme, l’eau, il faudra aller la chercher très profond. Mais ça ne pose pas de problème à ceux qui pensent que, tant qu’il y a de l’eau, on s’en fout.

10 réflexions sur « Climat et eau souterraine »

  1. La COP réuni des responsables politiques qui passent leur temps à nous imposer des réformes visant à augmenter le PIB, notre humaine production de richesses. Ce dernier a quadruplé en France depuis 1959 (en Euros constants de 500 à 2000). Dans le même temps d’aprés les courbes ci-dessus, le niveau de l’eau dans les nappes baissent, la corrélation est évidente. L’eau potable comme produit intérieur, fruit du travail de la Nature diminue…son Produit Intérieur Baisse!…A la fin qui va perdre?

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  2. On avance…On avance…Si on lit bien la presse: à la COP21, une grande décision a été prise: se revoir à la COP22 qui décida la revoyure à la COP23 qui a peine terminé a fixé la date de la COP24…

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  3. Ces changements climatiques sont ressentis depuis de longues années par la faune, à la fois positivement et négativement – chacun y trouvant son compte, ou non !
    D’abord par les insectes, au milieu des années 1990 (années sèches de 1995 et 1996), avec des implantations d’espèces et le développement de populations stables de libellules et d’orthoptères, par exemple, dans le nord du pays, d’où elles étaient jusqu’alors absentes (ou de présence anecdotique). Pour exemple, certaines libellules rares à cette époque en Île-de-France – et a fortiori dans le dpt du Nord – y sont maintenant devenues communes à très communes (populations abondantes).
    Ces « migrations climatiques » sont en premier lieu le fait des Invertébrés, probablement davantage réactifs : l’explosion de certaines populations d’orthoptères, suite à la canicule de 2003, a pu être largement constatée lors des deux étés suivants.
    Mais le plus dramatique (« la seconde lame ») est que des vertébrés, en l’occurrence certains oiseaux migrateurs transsahariens – et sur une très courte période, finalement, d’une quinzaine d’années – réagissent à cela, traduisant ces effets-là par des décalages dans leurs dates de départ en migration et retour d’hivernage. De nombreuse études scientifiques en attestent.
    Pour ne citer que deux exemples… Le Milan noir revient plus tôt : les premiers individus sont parfois aperçus dès la mi-février, soit en moyenne 8-10 jours plus précocement qu’il y a 15-20 ans. S’agissant d’une espèce opportuniste, il n’a pas de mal à trouver une provende ressourçante à l’issue de son long voyage.
    En revanche, l’Hirondelle rustique (20 g), insectivore pur et dur, émet également une tendance à un retour plus précoce sur ses quartiers de nidification (« chez nous »). Du fait de son régime alimentaire strict, elle est parfois confrontée à des débuts de printemps maussades où peu d’insectes sont à disposition. Exsangue suite à un tel voyage, ayant un métabolisme « court » (nécessitant de se nourrir à de multiples reprises au cours d’une même journée), eh bien dans ce cas de figure-là, elle subit une mortalité parfois assez élevée.

    En conclusion, le fait que certains Invertébrés réagissent aux changements climatiques est (était) déjà un signe d’alerte en soi. Mais plus grave – et cette situation est installée depuis au moins une quinzaine d’années -, que certains Vertébrés, tels les oiseaux migrateurs transsahariens, traduisent également ceci, constitue un second degré bien plus alarmant.
    Le réchauffement climatique, au-delà de « seulement » impacter la ressource en eau, a de larges conséquences sur la biodiversité en général.

    Quelques « rigolos » prendraient grand plaisir à imaginer que de grands vins puissent émaner de vignobles belges, eu égard à certaines prédictions disant que la vigne allait remonter vers le nord sous quelques décennies.
    Soi dit en passant, il y a une quinzaine d’années, j’avais rencontré une vieille personne qui m’avait relaté – photos à l’appui – que dans les années 1920-1930, son père cultivait la vigne. Et que son vin était bien apprécié.
    Où ? me direz-vous… Eh bien c’était en vallée de l’Aubetin, en Seine-et-Marne… Ça interroge un peu…

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  4. Les animaux servent souvent à rappeler aux hommes qu’ils n’arrêtent pas de déconner, au détriment de tous… Et depuis des siècles !
    Après (« plus sérieusement »…), si on supprime le canard, le confit sera rare. Et selon les pensées de Pascal, si on supprime le mouton, le gigot d’agneau n’existera plus à Pâques. Quant au poulet dominical… ben… tout pareil.
    Vire donc les insectes pollinisateurs, et trouve de bons fruits mûrs après…
    Fondamentalement, si tu supprimes les animaux, on disparaît avec, vu qu’on est juste des « pauvres » animaux nous-mêmes !

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