République, c’était plus près…

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Croncron Premier a fait joujou sous les lustres de la République et de Versailles. Il a joué au président très XIXème siècle, un brin littéraire, voire ampoulé, sur jouant les effets protocolaires. Le ton empreint de solennité, il a dressé les grandes lignes de sa future politique. Je n’ai pas écouté le discours, je l’ai juste parcouru en replay et, à l’issue de ce visionnage, j’ai décidé de me rendre illico place de la République pour y rejoindre les Insoumis.

Qu’est-ce qu’il a dit, Croncron ? Ben, qu’il fallait faire des économies, rééquilibrer les comptes, mettre une dose de proportionnelle, organiser des plébiscites référendaires, enlever des députés et des sénateurs… Mouais… Il a surtout fait un grand cinéma. Mais au lieu de servir un discours rassembleur, il a tapé comme un malade sur ceux qui ne sont pas derrière lui. De très nombreuses fois il a utilisé les mots « réel » et « réalité » en affirmant que lui seul et ceux qui le suivent étaient dans le réel. Tous les autres, ce sont des sectaires enfermés dans leurs idéologie moribondes. Et de mettre dans le même panier coco, insoumis et les puants du Front National. Tant qu’à faire, allons-y, d’autres l’ont fait avant lui. C’est même le refrain de la symphonie du nouveau monde macronisé.

Mais allez vous faire foutre, Croncron Premier ! Je ne pense pas comme vous, je ne partage pas votre analyse de la situation réelle ni ne trouve pertinents les remèdes que vous proposez. C’est toi, Croncron qui nous parle de réel quand depuis le premier jour de ton mandat, tu mets tout en scène, maîtrise ta communication pour faire de toi un héros lointain qui, dans ses apparitions rares et mises en scène devrait susciter une admiration obligée ? Dans le mauvais film que tu veux mettre en scène en te distribuant le rôle principal, la moitié des Français seraient relégués au rôles de figurants, des emmerdeurs, des pauvres mecs, des idiots, de méchants rebelles. Ben ton film, j’en veux pas. Elle est où la poubelle que je balance le scénario ?

Voilà pourquoi ça m’a fait un bien fou d’aller me joindre à la foule des imaginatifs sous le soleil de République. J’avais enfin l’impression d’exister.

mama

10 réflexions sur « République, c’était plus près… »

  1. Voilà un portrait qui colle comme un gant à notre « Croncron »: « Il avait aussi cette faculté merveilleuse de pouvoir, cinq heures durant, et sur n’importe quel sujet, parler sans jamais exprimer une idée. Son intarissable éloquence déversait, sans un arrêt, sans une fatigue, la lente, la monotone, la suicidante pluie du vocabulaire politique, aussi bien sur les questions de marine que sur les réformes scolaires, sur les finances que sur les beaux-arts, sur l’agriculture que sur la religion. Les journalistes parlementaires reconnaissaient en lui leur incompétence universelle et miraient leur jargon écrit dans son charabia parlé. Serviable, quand cela ne lui coûtait rien, généreux, prodigue même, quand cela devait lui rapporter beaucoup, arrogant et servile, selon les événements et les hommes, sceptique sans élégance, corrompu sans raffinement, enthousiaste sans spontanéité, spirituel sans imprévu, il était sympathique à tout le monde. Aussi son élévation rapide ne surprit, n’indigna personne. Elle fut, au contraire, accueillie avec faveur des différents partis politiques, car Eugène ne passait pas pour un sectaire farouche, ne décourageait aucune espérance, aucune ambition, et l’on n’ignorait pas que, l’occasion venue, il était possible de s’entendre avec lui. Le tout était d’y mettre le prix. »
    Octave Mirbeau (Le jardin des supplices)

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  2. La « Macronésie »… « Terre politique » qui se fera submergée par les flots venus de toute part. Réchauffement climatique, oblige.
    Un peu d’écologie « fondamentale »… et tant nécessaire.
    « De trop bien paraître, nul ne saurait être ».
    Ce n’est pas de La Fontaine, c’est de moi ! (Bernard, dépose à la SACEM pour moi, STP, je vais encore me faire niqué, sinon !).
    Le Bellâtre nous a encore fait la démo. C’est mignon…
    Mais comptons-nous les cons, les Gros-Jean comme devant…
    Je t’ai une poussée hémorroïdes, moi, ce soir…

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