Une info amusante

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A priori ce n’est qu’une anecdote. Éric Woerth poste un tweet où il se montre en train d’escalader un glacier. Il veut montrer qu’il est en forme, sportif et a le goût du risque et de l’effort. Ok. Mais, certains internautes remarquent que sur la photo, on voit deux personnes marcher debout et que la petite lanière de son sac à dos témoigne que le cadre a volontairement été basculé pour donner l’impression de vide.

Si l’on redresse la photo en redonnant à la lanière l’orientation dictée par la gravité, on ne voit plus qu’un mec à quatre pattes, un peu trouillard, assuré par des pointes aux pieds, aux mains et par une corde. En dehors de l’accoutrement, ça fait davantage touriste qu’alpiniste chevronné.

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Mais passons sur cette petite déformation de la réalité qui, à près tout, est assez amusante. Ce qui l’est moins, c’est la façon qu’a Éric Woerth de se défendre. Je peux appeler mon guide de haute montagne pour qu’il en atteste. Si on peut voir deux personnes en train de marcher, c’est que celles-ci sont 200 mètres plus bas, là ou le glacier se redresse. Cela fait 40 ans que je pratique l’alpinisme. Cette photo n’avait pas d’autre but que de partager ma passion, mais cela reste drôle”. Il parle de guide, de 40 ans de pratique, des personnes qui marchent mais à aucun moment il ne concède que la photo a été cadrée pour accentuer l’idée de vide. Il aurait pu répondre : « certes, la photo est quelque peu orientée, mais on peut voir que ce n’est pas moi qui l’ai prise… ». Faire une blague, quoi.

Éric Woerth fait partie de cette classe politique impliquée dans différentes affaires de magouilles. Pour ces gens-là, le travestissement de la réalité a beau être flagrant, ils continueront toujours à nier avec le sourire.

Une expérience en vidéo

Pour l’écriture de Magnétique, j’avais investi une partie de mon à-valoir dans quelques appareils qui me permettraient d’aller plus loin dans ma recherche de donner corps à l’invisible.

Dans cette vidéo, je montre des tests qui tentent de voir si l’on peut influencer physiquement un liquide par intention.

Je reste très conscient du risque de présenter de telles expériences tant l’hypothèse qui motive ma petite recherche est a priori totalement farfelue. Parler des sourciers ou des guérisseurs, ça passe. Ça fait folklore local. Mais montrer des expériences qui voudraient faire passer du folklore à une explication hors connaissances scientifiques induite par ces pratiques a quelque chose de transgressif. Je sais.

La question que je me pose au sujet de cette vidéo est la suivante : vont-ils dépasser un regard qui juge, qui cherche au-delà de ce qui est montré et écouter le propos ? Quand on est persuadé qu’une personne délire, on ne s’intéresse pas à ce qu’elle dit mais à la façon de le dire. Et on brode sa propre histoire. En fait, cette vidéo est aussi une expérience dans l’expérience. Une exploration des limites.

Allez, direction la plage !

Gindou, du 17 au 24 août

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La nouvelle la plus fabuleuse du moment, c’est la sélection de Manigances, mon court-métrage avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet, au festival de Gindou (Lot). À chaque fois que je vais dans ce festival, c’est que du bonheur. Le public a le regard aiguisé par 35 ans de rencontres, l’endroit est chaleureux et convivial, la sélection qui laisse place à de belles découvertes. Je raconterai tout ça le moment venu (17 août).

http://www.gindoucinema.org/index.php/396-gindou-2019.html

En attendant, une abeille m’a piqué en plein magasin de bricolage, déclenchant assez rapidement un œdème qui m’a invité à préférer préparer la prochaine vidéo du Labo de Béber plutôt que de prendre la truelle. J’annonce donc une vidéo très prochaine qui parlera de… de… bio-psychokinèse. C’est quoi ? Ben vous verrez bien !

Lobotomie

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Aujourd’hui, il fait doux. Ces histoires de réchauffement, c’est sans doute vrai, mais ce n’est pas catastrophique puisqu’il peut encore faire doux.

Aujourd’hui, on me dit qu’il n’y a pas de lien entre l’intervention de la police et la mort de Steve. C’est vrai que ces jeunes drogués et alcoolisés n’ont besoin de personne pour tomber à l’eau.

Aujourd’hui, on m’a montré ce gilet jaune homophobe et raciste. C’est vrai que ce sont sans doute des fascistes. C’est ce que nous dit notre gouvernement. Il doit être bien informé.

Aujourd’hui, on nous a montré ces gilets jaunes qui sont violents et cassent. C’est vrai que c’est pas bien de casser. Les gens devraient se calmer.

Aujourd’hui, on nous dit que les règles du chômage vont changer. C’est vrai que quand les assistés le seront un peu moins, ils finiront par aller travailler.

Aujourd’hui, on apprend que jamais les riches n’ont jamais été aussi riches et que la précarité augmente chaque jour pour les plus faibles. C’est peut-être vrai, après tout. Mais n’est-ce pas l’ordre du monde depuis la nuit des temps ? La façon la moins pire de sauvegarder l’humanité ?

Aujourd’hui, on nous dit qu’à Moscou et Hong Kong la police réprime violemment les manifestants. C’est vrai que dans certains pays, les libertés sont réprimées. Les gens se battent pour la démocratie.

Aujourd’hui on nous dit que l’état profite de l’été pour expulser les sans-papiers à la pelle. C’est vrai qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

Aujourd’hui, il fait doux.

Au cas où… Définition du second degré : Forme d’ironie et d’humour qui laisse sous-entendre l’inverse de ce que l’on pense vraiment.

L’été pas loin

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Le blog est en sommeil, parce que c’est l’été. Alors je m’énerve moins. Je travaille de mes mains. Je maçonne, je peins. Je vais même souder, tant que j’y suis. On rafistole la cabane. Pas de théâtre. Les tournages sont pour l’automne. Bien sûr, si Manigances se retrouve en festival, il faudra lâcher la truelle pour retourner à l’agitation du monde. Ce sera avec plaisir aussi. Mais en attendant, bosser concrètement, laisser reposer la tête. Le soir, quand le soleil est couché et que les oiseaux se sont tu, depuis le hamac, je guette la sortie de la hérissonne et de ses petits.

Berlin Go ! #4

Quand on veut jouer au plus con avec moi, on n’est jamais sûr de gagner. Après avoir bien intégré toutes les règles à la con du parfait cycliste, voilà qu’un couple de vieux connards projète de m’égorger sur pied en proférant des insultes germaniques, comme quoi je n’aurais rien à faire sur le trottoir sur ma bicyclette. Sauf que, d’une part je ne vois pas ce qui l’autorise à ramener sa fraise puisque je ne le gène en rien. D’autre part, il se trouve que nous sommes sur une partie où la piste cyclable est précisément déviée sur le trottoir, pour cause d’arrêt de tramway sur la rue. Dans une langue très européenne, mêlant français, allemand, anglais et espagnol, plaçant ici ou là quelque Ahrrrrrr, je me suis mis à gueuler plus fort que lui. Ma compagne m’a accompagné dans ce récital. Une semaine qu’on se fait pourrir sur nos vélos. Se faire gueuler dessus alors que ce sont eux les fautifs, c’était la goutte d’eau, le béret sur la tête, on entre en résistance.

Ne voulant pas non plus faire un spectacle bénévole, je repartais sur ma monture. Et là, j’entend un énorme rire de Castaphiore. Je maîtrise mal le rire allemand mais la traduction devait être à peu près celle-ci : non mais c’est incroyable, ils viennent chez nous pour nous écraser et en plus ils nous insultent. Dans quel monde on vit ?

Bref, ce n’est pas ce que je retiendrai de notre séjour Berlinois. Mais comme je ne tiens pas un blog sponsorisé par Tourisme et vacances, démerdez-vous. C’est super, Berlin, sa douceur (quand t’es piéton), son architecture témoin d’histoires, ses musées, ses galeries, ses lieux alternatifs, ses boutiques bobos, ses bier gartens, ses curry wurst, ses friches artistiques, ses terrasses, ses recoins…

Berlin 3

Pas de canicule. Toujours ça de gagné. Séjour toujours aussi réjouissant. Même si…

On ne va tirer des généralités à partir de sa seule expérience (ce que j’aurais tendance à faire, comme tout le monde) mais je me suis tellement fait hurler dessus par un taré, tout simplement parce que je l’avais dépassé à vélo pour attendre que le feu passe au vert, que j’ai tremblé de la terreur que ce type de voix peut susciter. Rarement ressenti autant de violence. La violence de ceux qui pètent un câble quand leur pauvre petit ordre se trouve dérangé. La psychorigidité irrationnelle du facho de base. La veille, j’avais vu deux pauvres jeunes cyclistes Espagnols se faire pourrir comme des assassins parce qu’ils avaient freiné un peu tard et mordu sur la ligne piéton.

J’en ai conclu que Berlin était bipolaire, partagée entre l’expression débridée et bordélique de ceux qui inventent le monde et la rigidité violente des nostalgiques de l’ordre. Comme partout, sans doute, mais avec un putain de poids historique. Encore lourd, le poids de l’histoire, de tous côtés. Le mur de la cour intérieure de l’immeuble où je crèche est criblé d’impacts de balles. Et je suis dans Berlin Est (ou l’échec douloureux d’une expérience communiste). Ça aussi ça impacte.

Bon, c’est un blog et j’y dis aussi ma connerie. Scusez-moi.