Première projection de Manigances

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C’était comme ça. Doux, délicat et bienveillant. Hier soir, première projection de Manigances en Charente, au cinéma La Halle aux Grains de La Rochefoucauld. Il s’agissait de présenter le film aux techniciens et figurants ainsi qu’à tous ceux qui nous avaient donné un coup de main d’une manière ou d’une autre. C’était un moment très paisible, chaleureux. Ils étaient 85 à s’être déplacés pour l’occasion.

Ça a été pour moi l’occasion de découvrir le film, porté par le regard de spectateurs (pas tout à fait neutres). Je l’ai trouvé trop ceci ou trop cela par endroits, amusant à d’autres. En tout cas, ce n’était plus tout à fait le film que nous avions monté.

L’équipe du cinéma a tout bien fait. Moi, c’était perfectible. Au moment de présenter le film, j’ai oublié de remercier des partenaires, et, en voulant me risquer à nommer les techniciens présents, impossible de me souvenir du nom de Charly. Ça fait un peu le parigot qui n’en a rien à foutre. Mais ça y est. Le film existe désormais. Dimanche il s’offrira au public du festival de Contis.

Répétitions et autres

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Ce matin, bouclage de la boucle Intra-Muros. Nous nous sommes retrouvés à quelques-uns autour d’Alexis Michalik pour la projection du documentaire de Lucie Crechet, Répétitions. Elle a filmé les 6 semaines de répétions d’Intra-Muros en février-mars 2017. Le travail est bien visible, son évolution, les errements, la direction d’acteur, la formation d’une équipe. Assez émouvant. Le DVD est en vente chez L’Harmattan,

https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=video&no=3726

La semaine prochaine sera Manigances. Lundi, projection au cinéma La Halle aux Grains de La Rochefoucauld. Jeudi, c’est le départ pour le festival de Contis. Le film sera projeté en compétition dimanche 23 juin à 16:00. Avis aux amateurs !

En attendant, nous allons repartir à la recherche de producteurs pour notre long-métrage. Pour patienter, je me suis lancé dans l’imagination concrète et filmée d’un documentaire qui s’appellerait « Évaporations ». Ça serait dans le style de Retour aux sources, encore plus libre dans la forme et davantage poétique et humoristique. Un OVNI qui ne sera pas facile à financer. Mais j’y crois.

Demain, nouveau casting pour un rôle d’entraineur de foot.

Voilà la vie des jours qui passent à soi-disant ne rien faire.

Laïcité

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Avec ces ponts qui se succèdent, impossible de prendre des rendez-vous parce que, soit les gens sont en vacances, soit ils sont dépassés par le retard. Mais au fait, dans un pays qui se veut laïque, c’est dingue le nombre de jours fériés liés à la religion. Nous sommes en 2019. Voit-on les ouvriers courir à la messe ces jours-là ? Dans l’ancien temps, sans doute, mais pas aujourd’hui. Ça n’a aucun sens.

Je n’ai rien contre le christianisme, là n’est pas la question. Le problème c’est cette succession de fêtes religieuses qui bloquent le pays alors qu’elles ne se réfèrent à aucune pratique réelle. On peut très bien rajouter des jours fériés pour ceux qui aiment l’idée d’avoir des suppléments de congés. Il y aurait pas mal de choses à commémorer si l’on voulait. Mais surtout, en évitant de tout concentrer entre avril et mai.

Au lieu de ça, voilà qu’ils font travailler les gens gratuitement le lundi de Pentecôte pour soi-disant financer la gestion des personnes âgées, ou quelque chose du genre. Mais non, les gars, l’argent que vous donnez, il est mal employé, tout le monde le sait. Si l’on arrêtait ces simagrées et qu’on retourne au boulot le lundi de Pentecôte, mais en étant payé, ça serait plus juste, me semble-t-il. Avec les journées de ceci et de cela, il sera facile de remettre un peu de férié ici ou là.

Mais bon, toucher à ça reviendrait à trainer dans les rues tous les identitaires et tous les fachos qui accuseraient l’état de renier les fondations chrétiennes de notre civilisation. Jouez les orgues, sortez les scouts !

Facile de pointer les choses qui tournent pas rond. Il suffit que ce soit décidé par l’état pour que, par réflexes, on rejette. Je concède au passage que le gouvernement qui s’occupe de nous, donne pas mal de raisons objectives de s’insurger. Mais la question n’est pas là non plus.

Pour réformer ce type de disfonctionnement, on ne peut compter sur l’état. Seule une démocratie participative y parviendrait. Une démocratie où chacun serait appelé à la réflexion, à proposer. Les choix sortant de ces consultations seraient beaucoup mieux acceptés. C’est beaucoup moins utopique qu’il n’y paraît. Encore faudrait-il que nous sachions et voulions faire advenir ce type de démocratie.

Article chiant sur des coulisses cinématographiques

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Il est des rancœurs qui, jamais éteintes, se réveillent parfois et vous replongent dans un rôle social que vous n’avez pas aimé jouer et qui a laissé des traces. C’était il y a quelques années, au moment où des réalisateurs craignaient que soit appliquée la convention collective du cinéma. Ils pensaient que cette application des règles salariales les empêcherait de faire des films. Souvent engagés dans leur discours artistique, ces réalisateurs semblaient penser qu’il était normal que, d’une certaine manière, leurs films soient financés par des économies sur la masse salariale. Et moi, coco dans les tripes, défenseur maladif de la veuve et l’orphelin, pourfendeur des injustices, Don Quichotte bringuebalant sur son cheval trop maigre, je me suis érigé contre cette posture qui consistait à faire financer le cinéma par les techniciens. Je pensais que les réalisateurs devaient plutôt se battre pour que les producteurs trouvent les financements permettant de payer au tarif. Et même, pour se faire payer eux-mêmes à la hauteur de leur travail. Il y a toujours de grosses difficultés à financer le cinéma d’auteur. Mais les raisons sont prioritairement ailleurs que dans le seul coût de la main d’oeuvre. Cette question n’est qu’une incidence de ces difficultés et non la cause principale. Il y avait d’autres combats à mener. Grand mal m’a pris de la ramener. Depuis, aucun de ces réalisateurs avec qui j’avais déjà travaillé n’a fait appel à moi. Les amitiés sincères que j’avais tissées se sont évaporées.

Hier soir, je suis allé voir un film co-écrit par un copain de cette époque. Un de ces films dont les réalisateurs craignaient qu’ils ne puissent plus exister alors qu’ils continuent à se faire malgré le passage de la convention. J’ai voulu envoyer un message à cet ami pour lui dire le plaisir que j’avais eu de voir le film et le féliciter. Mais plus rien. Disparu. Plus de contact. Le temps est passé.

Rétrospectivement, je me suis senti comme nos Gilets Jaunes. En cette période se jouaient les prémices de ce qu’est devenu notre pays : mépris de classe, abandon d’une partie de la morale pour des raisons de pragmatisme économique. Ce qui allait devenir le Macronisme s’installait peu à peu, avec son lot de trahisons idéologiques et son opportunisme dévorant. Toute opposition est rejetée avec violence et mépris. Aujourd’hui, les Gilets Jaunes sont considérés comme un ramassis de fachos, Clémentine Autain veut éteindre la colère de Mélenchon (et Mélenchon lui-même) pour la remplacer (Mélenchon avec) par des messages positifs et pleins d’espoirs (par elle), Jadot piétine la gauche comme on écrase un vulgaire mégot et Macron a bouffé droite et gauche au nom de la pensée dite complexe qui se résume finalement en « lui, le progressiste, ou les fachos ». En termes de pensée complexe, peut mieux faire, il me semble.

Je ne me suis pas battu contre des personnes que j’aimais. J’ai lutté contre une société qui glisse collectivement vers une forme de cynisme et de faux-semblants. Un monde d’accommodations et de petits mensonges, où l’on veut par exemple imposer la voiture électrique en oubliant de dire qu’elle est très polluante dans sa fabrication et que l’électricité se fait encore dans les centrales nucléaires (Remember Fukushima, Tchernobyl, l’enfouissement des déchets radioactifs…) . Capitalisme badigeonné de vert. Et dans ce monde, il ne fait pas bon ouvrir sa gueule. On est un peu comme ce mec en gilet jaune qui parlerait trop fort dans la salle d’exposition, un soir de vernissage.

Ce qui est dommage, c’est que cet article, les personnes concernées ne le liront pas. Elles m’ont viré depuis longtemps des choses à lire.

D’autres se diront que je suis imbécile d’afficher de telles opinions qui heurteront à n’en pas douter de potentiels employeurs. Mais je n’ai jamais nommé personne dans mes articles. Je me suis dressé face à un mouvement collectif que je jugeais erroné. C’est une opinion globale, pas une attaque vers un tel ou un tel. Pour exercer son métier d’acteur, il ne me paraît pas obligatoire de faire des courbettes et de n’avoir pas d’opinion. Par ailleurs, en considérant le cours de la pensée collective, c’est bien moi qui me trompe. Pas eux. Ils sont en phase avec le monde. Est-il besoin qu’ils me méprisent pour autant ou me punissent de nourrir une opinion différente de la leur, sur un événement particulier ? En conscience, je ne le crois pas. J’ai une autre vision de la morale et ne leur en veux pas.

1968, création de la SRF (Société des Réalisateurs de Films)

Des rôles en vue

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Troisième casting en deux semaines. Bon, c’est encore un suspect, le mec. C’est à dire que quand les téléspectateurs me voient arriver à l’écran, en général, ils doivent se dire « oh putain ! ». Moi qui suis si gentil, si doux, si dans les nuages, c’est drôle comme on m’imagine violent. Bon, c’est vrai qu’avec mes expériences d’influence de l’esprit sur la matière ou de sourcier, il y en a pas mal qui doivent penser que je suis complètement barge. Alors bon, un barge, il est capable de tout. C’est comme les cons, c’est à ça qu’on les reconnaît.

Cela dit, je n’ai pas de scrupule. Ça me fait bosser et c’est toujours plaisant de jouer les barges. Mieux vaut jouer plein de barges que d’attendre des rôles de vieux beau.

En tout cas, je suis ravi de voir que, le théâtre achevé, ça se réveille à fond côté tournages.

Réécrire l’histoire est un crime

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Quand on voit ces commémorations qui se déroulent en Angleterre, comment ne pas avoir un haut le cœur. D’accord, c’est le débarquement, qu’on fête mais l’air de rien, en mettant le projecteur ainsi, on vire le rôle des Russes dans la libération. Ayant joué dans Indigènes, comment pourrais-je oublier que la libération par le sud s’est faite par les tirailleurs et goumiers d’Algérie, Maroc, Afrique. Les gouvernants, les nôtres compris, n’ont que peu de morale. C’est pas nouveau mais c’est une façon de nier une immensité de sacrifices humains. Et on nous parle complotisme et fake-news.

Dans notre histoire contemporaine, nous vivons avec des œillères le mouvement des Gilets Jaunes. Les historiens de demain vont se régaler de cet épisode tant nous sommes tous piteux et complices de l’écriture ordurière de l’histoire qui se fait.

Après ces dernières élections, je ressens un immense dégoût pour la chose politique. Jadot lui-même nous réécrit les élections en balayant les partis de gauche d’un revers de manche, se voyant déjà à l’Élysée. Notre présent et notre avenir ne se construisent pas en reniant le rôle de chacun dans l’histoire mais en puisant en elle.

Me voilà retourné dans l’opposition jugée « radicale » alors qu’elle n’est que lucide. Une seule consolation, dans mon bureau de vote, le RN était loin derrière. En tête, les Insoumis, puis les verts. Macron n’était que troisième.

Ils veulent m’envoyer en prison !

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Ça ne traîne pas. Dès cet après-midi, je retourne en casting pour me projeter sur les petits et grands écrans. En même temps, le changement ne sera pas radical car c’est pour jouer un taulard. Ange, sors de ce corps ! J’ai d’autres essais dans la foulée : un assassin qui va finir sa vie en taule aussi.

Un jour il faudra que je compte le nombre de fois où je suis mort dans ma filmographie, combien d’années de prison j’ai à mon actif, combien de victimes. Je dois avoir la gueule à ça. La gueule…

Dans un film qui se passerait au cœur de l’état le directeur de casting auditionne des acteurs pour jouer le rôle du ministre de l’intérieur. Arrive Castaner.

  • Oui, Monsieur ?
  • Heu… c’est pour le casting.
  • Vous venez pour le rôle du mafieux ?
  • Non, non, pour celui du ministre.

Rires.

Comme quoi, la gueule…