Vive le théâtre !

The_great_theater_of_Epidaurus,_designed_by_Polykleitos_the_Younger_in_the_4th_century_BC,_Sanctuary_of_Asklepeios_at_Epidaurus,_Greece_(14015010416)

Toujours au beau fixe pour Intra-Muros pas loin d’être complet jusqu’à la fin du festival. Chaque représentation est différente, chaque public l’est aussi. Spectacle vivant. Mais Intra-Muros délivre toujours la même émotion.

Ce matin, je me suis laissé aller à un excès de décontraction avant la représentation. De petits faux pas en ont profité pour se glisser sur le plateau, venant rappeler qu’il ne fallait rien lâcher. Si l’humain et l’émotion ont trouvé leur acmé dans cette pièce, il n’en reste pas moins que le cadre reste une machine redoutable à la Michalik qui tourne à toute allure, avec ses exigences d’orfèvre. Le spectacle nécessite une particulière concentration. La moindre courroie qui se détend et la mécanique déclenche ses alarmes. Mais bon, c’était quand même une bonne !

Le petit mot du jour sur Croncron premier ? Ben, si le chef des armées a démissionné au regard des coupes budgétaires infligées à son ministère, que dire de la culture ? Le budget sera en baisse. Si l’on ajoute à ces économies celles demandées aux collectivités locales, il est évident que le secteur de la culture dans son ensemble va en pâtir. Moins de ressources pour le théâtre subventionné, évidemment, mais aussi pour le théâtre qui ne l’est pas, tout simplement parce que les lieux d’accueil de spectacles vont aussi devoir rogner leur budget. Pas de souci pour les gros succès, mais les spectacles plus modestes ou plus pointus feront les frais d’un nivellement par le haut en terme de rentabilité. Logique des politiques libérales. Ça ne veut pas dire que les spectacles qui marchent n’ont aucune qualité artistique (même si l’on ne peut affirmer le contraire). La question est de savoir si l’on veut assouvir les besoins d’un public consommateur (le prix des places le limitant aux classes sociales favorisées intellectuelles) ou élargir une pratique dans un souci d’éducation, d’émancipation, d’accès plus démocratique à la culture ? Les politiques de rigueur on fait leur choix. Celui de privilégier les recettes, les rentrées d’argent, plutôt que le bien commun.

Quand il s’agira plus ouvertement de la politique sociale (droit du travail, flexibilité, retraites, chômage… ), ce sera la même histoire, en plus direct, en plus violent.

On me dira qu’on ne peut éternellement fermer les yeux sur les déficits budgétaires et sur l’ampleur de la dette. Mais regardons du côté de l’Allemagne. La politique d’austérité a abouti à un équilibre beaucoup plus sain. Néanmoins, pas question pour Merkel de lâcher du lest sur le social alors que tout est à l’équilibre. Il faut rester « raisonnable ». Résultat : une bonne santé de l’économie, un accroissement des richesses accompagnés d’une précarisation du salariat et une augmentation de la pauvreté. Mieux vaut-il être chômeur ou travailleur à petits CDD, petits salaires et sans vision d’avenir ? Je laisse à chacun le soin de choisir. Ou d’envisager d’autres choix possibles. Non, parce que, si l’avenir de l’humanité doit se limiter à la violence économique et sociale subie par les plus faibles, ça ne me fait pas vraiment rêver.

Ce discours vous emmerde ? Ben, je n’ai pas fini de le tenir. Trop simpliste, peut-être ? Trop soft encore, je pense.

En même temps

CRONCRON

Monsieur le chantre de la pensée complexe, du « en même temps », s’est encore laissé aller à un raccourci, de ceux qui sont dénoncés par les macronistes historiques : L’antisionisme est l’antisémitisme réinventé. Pour tonton Croncron, les antisionistes, les postsionistes Israéliens sont donc antisémites.

Allons donc, Croncron, c’est plus compliqué que ça ! On peut être opposé à la politique de colonisation dénoncée par l’O.N.U, sans être antisémite. C’est basique. Parmi les antisionistes, évidemment, il y a des Dieudonné, des antisémites notoires, mais on n’a pas le droit, en leur nom, de cataloguer ce point de vue global de raciste. C’est de la manipulation grossière et irrespectueuse. Une insulte à la raison. C’est le même type de manipulation qui est utilisé quand on met l’opposition de gauche dite « radicale » (autre manipulation, le mot « radicale ») dans le même panier que le FN. Croncron et ses copains les rassemble dans les « extrêmes ». Comme Erdogan veut couper la tête à tous les traites, profitant d’un coup d’État raté pour museler toute opposition. Ce n’est certes pas au même niveau, mais c’est exactement le même procédé.

Qu’il soit noir, arabe, blanc à houppette blonde, asiatique, juif ou indien, un con critiquable est un con critiquable. Avec sa formule, Croncron fait justement preuve de racisme puisqu’il met une question de race à un endroit où elle ne devrait pas être. Mais passons.

À l’international, nous l’avons compris, Macron fait du show, du lobbying pour sa seule gueule et son image. Du vent indifférent aux chefs d’État qu’il drague.

Pour sa politique nationale, nous pouvons déjà prédire sa stratégie : 10 mesures pourries dont une très très pourrie annoncées par le premier ministre. Phase 2 : Crocron premier intervient et supprime la mesure très très pourrie. Résultat, on fait passer les 9 mesures pourries et en prime, fier d’avoir « empêché » la soi-disant mesure très pourrie, on pointe du doigt les opposants : ces gens ne font rien, sont rétrogrades et bons à rien, ils nous empêchent de bosser, ils bloquent le pays, et patati et patata.

J’en vois déjà qui se disent qu’il vaut mieux le juger sur ses actes. Ben, pour éviter qu’on le juge sur des actes, il n’agit pas. Il fait des photos pour Paris Match. En deux mois, il n’a fait que ça. Des photos avec Trump, Poutine, Netanyaou (Bibi pour les intimes).

Pour un macroniste de base, c’est clair que je suis maintenant un complotiste. Il va falloir s’habituer à se voir balancer dans les paniers les plus pourris par la nouvelle classe dirigeante.

Détente

19417472

Premier jour de relâche. Vite, un train et une escapade hors de la cohue et de la chaleur. Demain matin, on recommence. Je craignais que ce soit un peu long de jouer à Avignon. Et en fait, ben, ça l’est vraiment. Il aura fallu que j’attende 54 ans pour vivre ça. Heu 55. Heu 56. Heu 57. Heu 58. Putain, j’ai bientôt 59 !

Je suis de loin la politique, lui préférant en ce moment la musique de film que je dois composer (dans les interstices où je ne suis pas concentré sur le spectacle). Néanmoins, j’ai bien vu Macron le communicant, faute de voir des mesures concrètes. On nous annonce des coupes budgétaires (politique de rigueur), des baisses d’impôts (c’est à dire plein de fric en moins pour la gestion du pays) et en même temps, comme dirait l’autre, on nous promet une politique juste qui ne laissera personne sur la route. Je pense que le mec, il est magicien. Comment on dit, déjà… oui, illusionniste ! Il y en a quelques-uns dans le Off.

Ils sont fous ces artistes !

IMG_5242

Dans la cour du musée rue Violette, une statue géante du coup de boule de Zizou.

Intra Muros continue sa route et acquière sa notoriété. Ça fait drôle de jouer dans un « spectacle-dont-on-parle ». La pression de jouer n’est pas prête de disparaître. Essayer d’être à la hauteur. L’avantage, c’est un Avignon de luxe pour lequel il n’est pas besoin de tracter.

Ce soir, j’ai croisé un comédien bien gonflé, tiens. Il faisait tracter les spectateurs à peine sortis de son spectacle. Et ils se prêtaient au jeu avec grand plaisir et sans doute efficacité. 1.500 spectacles dans le Off et 300 dans le In, mieux vaut faire preuve d’imagination. Pour nous, évidemment, avec un metteur en scène sur-moliérisé, l’amorçage de la pompe était facile. Et comme le spectacle est bon…

C’est assez désagréable de jouer au satisfait. Mais c’est un blog. Pas un truc où l’on surjoue un succès imaginaire. C’est un fait, le spectacle marche et je ne vais pas dire le contraire sous prétexte de ne pas éveiller les jalousies ou d’avoir l’air de me la péter. Je connais ma chance d’avoir croisé la route de Michalik. Avant lui, je n’étais jamais arrivé à ne serait-ce que faire partie de la moindre distribution parisienne.

Bon, j’ai quand même essayé de mettre un titre et une photo sans lien avec ce que je raconte, histoire de rester un peu discret.

L’inconvénient de tout ça, c’est dodo de bonne heure. On joue le matin.

Ouf… belle première !

19894047_10154947401164403_2009615388_n

Pour rire, l’affiche gag de Paul Lapierre. Pour de vrai, belle première d’Intra-Muros dans le Off, salle pleine, debout et les yeux rouges à la fin. Public hyper réactif, tant dans le rire (normal pour un public connaisseur) que dans l’émotion (là, c’est jamais gagné pour un public à qui on ne la fait pas). Cette pièce est un pur régal à jouer. Mais putain, j’avais la trouille avant de démarrer. Partenaires de rêve.

Allez, au lit ! On joue demain matin.

Ça se précise…

IMG_5181 - copie

Demain matin, c’est la générale. Vendredi la première. Nous verrons bien ce qu’en disent les spectateurs d’Avignon. Jouant dedans, je ne suis pas le meilleur juge a priori. Mais il me semble que j’aurais adoré voir ce spectacle et que j’en aurais gardé longtemps un souvenir vivace. Je préfère quand même que vous veniez pour vous faire votre propre idée.

République, c’était plus près…

IMG_5179

Croncron Premier a fait joujou sous les lustres de la République et de Versailles. Il a joué au président très XIXème siècle, un brin littéraire, voire ampoulé, sur jouant les effets protocolaires. Le ton empreint de solennité, il a dressé les grandes lignes de sa future politique. Je n’ai pas écouté le discours, je l’ai juste parcouru en replay et, à l’issue de ce visionnage, j’ai décidé de me rendre illico place de la République pour y rejoindre les Insoumis.

Qu’est-ce qu’il a dit, Croncron ? Ben, qu’il fallait faire des économies, rééquilibrer les comptes, mettre une dose de proportionnelle, organiser des plébiscites référendaires, enlever des députés et des sénateurs… Mouais… Il a surtout fait un grand cinéma. Mais au lieu de servir un discours rassembleur, il a tapé comme un malade sur ceux qui ne sont pas derrière lui. De très nombreuses fois il a utilisé les mots « réel » et « réalité » en affirmant que lui seul et ceux qui le suivent étaient dans le réel. Tous les autres, ce sont des sectaires enfermés dans leurs idéologie moribondes. Et de mettre dans le même panier coco, insoumis et les puants du Front National. Tant qu’à faire, allons-y, d’autres l’ont fait avant lui. C’est même le refrain de la symphonie du nouveau monde macronisé.

Mais allez vous faire foutre, Croncron Premier ! Je ne pense pas comme vous, je ne partage pas votre analyse de la situation réelle ni ne trouve pertinents les remèdes que vous proposez. C’est toi, Croncron qui nous parle de réel quand depuis le premier jour de ton mandat, tu mets tout en scène, maîtrise ta communication pour faire de toi un héros lointain qui, dans ses apparitions rares et mises en scène devrait susciter une admiration obligée ? Dans le mauvais film que tu veux mettre en scène en te distribuant le rôle principal, la moitié des Français seraient relégués au rôles de figurants, des emmerdeurs, des pauvres mecs, des idiots, de méchants rebelles. Ben ton film, j’en veux pas. Elle est où la poubelle que je balance le scénario ?

Voilà pourquoi ça m’a fait un bien fou d’aller me joindre à la foule des imaginatifs sous le soleil de République. J’avais enfin l’impression d’exister.

mama