En marche !

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102 km sur le GR 65 et ses variantes. Ça décontracte. Un pied commençait à faire la gueule et on le comprend. On y croise la nature, la nature, des pèlerins qui pèlerinent, des chevreuils qui traversent en bondissant, des frigos où tu te sers et laisses une pièce, un montreuillois qui prend un raccourci qui s’avère être une impasse et qui choisit de gravir la falaise pour ne pas faire demi-tour, une fille qui marche avec son père pour guérir son genou, des enseignantes qui se font un bout de chemin chaque année, des qui marchent pour le sport, d’autres vers Saint-Jacques.

Nous, on a commencé par prendre le chemin à l’envers pour y faire une boucle. D’emblée, ça fait tâche. Comme dans la vie de bitume. On ne change pas comme ça, juste parce qu’on marche.

Je vais marcher, tè !

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La question que je me pose est la suivante : qu’est-ce qu’on fait après, quand on a trouvé le graal ? Non, parce que, quand tu le cherches, ça t’occupe, t’en rêves. Mais quand tu tombes dessus par hasard, après des années de quête, qu’est-ce qui se passe ?

Quand tu doutes toujours, tu as au moins un peu de répit. Tu peux toujours te dire que c’est un faux. Ça, je sais faire. Mais ça ne dure qu’un temps. Il y a un moment où il faut bien se rendre à l’évidence.

C’est quoi, ce graal ? Ben, c’est mon graal. Permettez que, contrairement à mon habitude, je ne m’empresse pas de communiquer. Il y a toujours une part de secret dans un graal. On n’a pas trop envie de le montrer au premier venu. Ça se pique, un graal.

Allez, quelques jours de rando dans le Quercy pour réfléchir à tout ça. Pas de photos de beaux paysages. J’en profiterai juste. J’entre dans la culture du secret.

Retour sur un meurtre

meurtre

Imagine un pays suffisamment riche en ressources pétrolières pour que personne ne paie d’impôt, que l’eau et l’électricité soient gratuites, qu’un vaste programme permette d’irriguer les déserts et d’y développer des cultures, un pays qui investit dans le tourisme, y compris dans les pays voisins, un pays d’où l’on crée le fond monétaire d’un continent pauvre, au grand dam des institutions financières internationales, un pays qui donne à chacun de ses habitants un revenu universel de 300 dollars, qu’il travaille ou non.

Ce pays, c’était la Lybie avant que les occidentaux y foutent le bordel et éliminent le monstre au nom de la démocratie (merci Sarkozy).

Qui définit le statut de dictateur ? Pourquoi celui-ci plutôt que celui-là ? Pourquoi les « dictateurs » des diplomaties occidentales sont-ils toujours des rouges ? Pourquoi on laisse faire Erdogan, par exemple, qui emprisonne les intellectuels et les journalistes ? Pas assez rouge, peut-être ? Non, avec lui on monnaie des solutions pour endiguer le flux migratoire. Ça se paie.

Aujourd’hui, le système d’aqueducs mis en place pendant un quart de siècle a été endommagé par les frappes occidentales et pâtit, pour ce qu’il en reste du manque d’entretien. Le chaos que connaît le pays depuis la chute de Kadhafi aggrave chaque jour la situation.

Quand tu es libyen, je m’interroge sur ce que tu as gagné de ce changement, survenu en grande partie par l’intervention d’un président qui s’est fait élire avec l’argent libyen.

On pense au cynisme de nos dirigeants dans notre propre pays, menant les politiques libérales (et pseudo démocratiques) qui amputent chaque jour le bien commun et la solidarité. Mais si l’on considère leur politique internationale ouverte ou souterraine, on a envie de pleurer.

On ne se fait pas que des amis quand on parle de « ça ». Il me semble pourtant qu’il y a deux ou trois faits objectifs qui racontent quand même autre chose que le discours dominant qui pousse des hauts cris à l’unisson contre ceux qu’on présente comme les méchants.

Sommes-nous bien certains de disposer ici de toute liberté intellectuelle ? Que penser de la façon où l’on a maté comme jamais les mouvements étudiants ici, les zadistes là, légiférant pour ficher « s » (danger terroriste) des gauchistes, des écologistes, des anarchistes, un pays où l’on maltraite les migrants. Quel modèle formons-nous pour intervenir de façon meurtrière dans tel ou tel pays ? En Irak, on a appris après coup que les infos militaires justifiant une intervention étaient fausses. Tout est communication, falsification dès qu’on parle de l’international.

Il ne s’agit pas d’excuser Kadhafi pour les méfaits qu’il a commis dans certaines situations. Chaque dirigeant est, à un moment ou à un autre, un monstre. Lui, en plus était suffisamment fantasque pour qu’il soit facile de dire qu’il était fou. Mais après avoir organisé savamment le chaos qui a conduit à sa fragilisation, puis à son anéantissement et celui de son pays, qu’avons-nous laissé à la place de ce que l’on a démoli ?

Vent artificiel

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Dans le film islandais Woman at ware (film rafraichissant), Benedikt Erlingsson fait dire à son héroïne qui est une activiste écolo : « nous sommes la génération qui peut encore agir. Les prochaines ne le pourront plus ».

Pourquoi les générations futures ne pourraient-elles plus agir ? Parce que les bouleversements climatiques seront catastrophiques ? Peut-être juste parce que la vraie démocratie est en train de disparaître et qu’il fait de moins en moins bon exprimer des points de vue divergents.

Ce n’est pas la faute d’un vilain pouvoir politique, mais le dictat soft d’un monde libéral, une lente évolution de l’humanité contemporaine qui élit Trump ou Macron et se tait, subit, préfère la torpeur des écrans au bruit de la révolte.

C’est la version pessimiste.

Mais il existe une alternative : que l’espoir soit héréditaire ou contagieux.

Oui, je sais, au lieu dire de telles banalités, j’aurais pu aussi bien me contenter d’une description du ventilateur, de son fonctionnement et des effets qu’il produit.

De la folie douce ?

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Certes, on prépare le film, mais je dois aussi finir le bouquin. Et pour finir le bouquin, je dois faire des tas d’expériences.

Ce genre d’obligations me remplit de joie, en fait. J’ai fait appel à de nouveaux appareils, testé l’influence de l’intention (à distance) sur plein de choses, avec des gens différents… et avec succès à chaque fois. Je tire mon chapeau à mes amis sourciers qui ne manquent jamais de se porter volontaires et de me suivre dans mes élucubrations.

Grace à ces expériences, c’est le discours qui dit que c’est impossible qui devient peu à peu une élucubration.

Jardinage

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Avec l’équipe de choc de la déco, nous avons débroussaillé un décor de Manigances. Déjà l’imaginaire est en route pour venir apporter une couche supplémentaire au scénario. Dans deux mois, nous serons en plein tournage et tout cela aura encore une autre allure.

À toutes fins utiles, je précise que Manigances n’est pas un film sur les pratiques contemporaines du pouvoir mais une comédie médiévale.

Quoi que, Benalla et son acolyte, joyeuse équipe de bras cassés qui se déguiseraient en croisés pour aller casser la gueule à de pauvres manants (juste parce qu’ils sont potes avec le seigneur du coin), ça pourrait le faire.