Nouvelle lettre aux complotistes

Il ne se passe pas un jour sans que je constate qu’une de mes connaissances véhicule un discours complotiste. Ça me chagrine. Alors, de temps à autres, je fais une lettre, comme celle-ci. C’est peut-être naïf et puéril. Je sais pas.

Chers complotistes,

Comme par hasard (vous aimez bien commencer vos affirmations par « comme par hasard », hein !), les théories complotistes sont générées et diffusées par les plus grands menteurs du monde (Trump, Poutine, Bolsonaro, le RN). En poussant votre façon de raisonner (si l’on peut parler de raison), vous ne trouvez pas que c’est louche que ça vienne d’endroits où l’on ne respecte rien, où l’on ment, où l’on assassine ? Je ne sais pas mais, à votre place, je me poserais quand même la question. Elle pourrait presque se résumer à « et si le complot, c’était eux, ceux qui nous encouragent à devenir complotistes ? ».

Dans votre discours, vous employez souvent les mots de liberté et de dictature, alors que les chefs du complotisme susnommés sont les personnages les plus proche de comportements dictatoriaux. Pour vous, souvent, le mot liberté est attaché à la critique port du masque (objet dérisoire quand on sait ce qu’a été la lutte pour la liberté dans bien des moments de notre histoire). Mais le plus souvent, il s’agit pour vous d’autoriser les discours racistes, l’antisémitisme et les valeurs morales des intégristes religieux d’un autre temps. Un grand nombre de choses que vous dénoncez ressemble comme un copier/coller aux discours des années 30 qui nous ont conduit au fascisme.

Sous prétexte d’être antisystème, vous vous mettez à vomir la démocratie. Une grande guignolade, pour vous.

Sur ce point, parfois, je ne suis pas très loin de penser comme vous. Et il m’arrive de le dire. Sauf que je préfère me tenir prioritairement à des valeurs humaines que j’estime au-dessus de tout : la soif de vérité, de justice et de partage. Or, vos critiques du système sont souvent mues par des valeurs autrement moins généreuses, souvent haineuses, dans lesquelles les plus fragiles et ceux qui ne pensent pas comme vous sont à exclure. Votre conception antisystème est juste mortifère.

Vous vous plaignez de la bien-pensance et de ses effets oppresseurs. Je suis d’accord avec vous. Mais, entre le discours haineux et la bien-pensance, de deux maux, j’ai vite fait de choisir le moins pire. Ce qui ne m’empêche pas de dénoncer l’un comme l’autre.

Penser, c’est analyser, pousser toujours plus loin la compréhension des effets et des causes, chercher toujours à savoir d’où vient ce qui est dit, tenter de garder toujours son libre-arbitre. Mais il semblerait que vous vous pressiez à propager toujours plus vite et toujours plus aveuglément les pires mensonges vendus comme vérités cachées. Vous me faites peur.

Ne voyez-vous pas que notre monde est en train de ressembler à celui décrit par Georges Orwell, dans lequel nous sommes traqués, toutes nos informations collectées et utilisées à des fins commerciales ou de propagande ? Les conneries que vous partagez rapportent du pognon à ceux qui les inventent. Votre aveuglement concourt à l’édification de ce monde imbécile car il tue la pensée, la responsabilité individuelle. La pensée s’amenuise de jour en jour. Plus rien ne semble vrai. Chacun dénonce l’autre de fake-news, de fausse information. Et au bout du compte, il n’y a plus d’information. Ne reste qu’un vague bruit proféré par des abrutis de toutes parts. Y compris par moi, sans doute.

Chers complotistes de toutes origines, de toutes classes, parfois des amis, songez seulement quelques minutes à ce à quoi votre révolte conduira. Ça ressemble à la dictature. Un monde où l’on enferme ou tue ceux qui sont différents ou ont des pensées rebelles.

Vous me direz que les démocraties actuelles ne font souvent pas mieux. On y enferme et on y tue de façon propre, symbolique, par la création « d’affaires », de lynchage médiatique bien orchestré par de braves petits soldats de l’information. C’est pas faux.

Pour ma part je fais le choix de me battre, d’ouvrir ma gueule, mais pour que plus personne ne soit enfermé ou tué au nom de ceci ou de cela ou de quelque différence. Ça ne veut pas dire faire le bisounours et ouvrir les prisons pour libérer tous les malfrats. Les valeurs de justice, de vérité et de partage, valent pour tout et pour tous. Comment renoncer à sanctionner quiconque enfreindrait la loi commune ?

Bref, si je partage quelques-uns de vos constats, je ne partage en rien la finalité de l’ordre que vous semblez vouloir instaurer, sans y penser, de façon indirecte et nonchalante. En fait, votre attitude ne dérange personne. Elle assure même la continuation du pourrissement du monde.

En attendant

Hier, nous avions une rencontre avec les comédiens et le réalisateur d’un court-métrage dans lequel je vais tourner le mois prochain. Une comédie sentimentale qui, de par le casting, devrait produire tous les effets d’un joli moment acidulé et joyeux. Quel plaisir de découvrir des acteurs et un réalisateur. Tout le monde est dans le plaisir et l’éclate.

Vous me direz que je suis désormais abonné aux courts-métrages. Il se trouve que depuis quelques temps, je me viande dans tous les castings que je fais. Bon, en même temps, les castings en question, c’est le plus souvent pour un jour de tournage dans des séries ou téléfilms avec des rôles pour le moins anecdotiques. Ça n’aide pas. 

En revanche, dans les courts-métrages, ce sont des rôles intéressants qu’on m’offre. Ils sortent des personnages ayant à se battre contre leurs démons ou subissant toute la misère du monde. Des personnages vivants, quoi. Alors je prends. Je ne vais pas gagner ma vie avec ça, mais au moins je continue à faire mon métier avec un immense plaisir. 

Pendant ce temps, la télé et le cinéma m’oublient. Toutes les conditions sont réunies pour qu’un jour la fiction se rappelle que j’existe. Car oui, si je suis habité par d’autres passions au travers des quelles je me réalise, je crois que, fondamentalement, je suis sur cette terre pour jouer.

En ouverture du festival

Vendredi 25 septembre à 18:00, Manigances sera présenté en ouverture du Festival International du Film Court d’Angoulême. J’y serai, bien sûr. Je resterai car je serai au jury pour les deux jours suivants.

Je rappelle que Manigances est une comédie médiévale de 25 minutes que j’ai réalisée.

Dans les rôles principaux : Émilie Caen, Robinson Stevenin, François Loriquet, Bernard Blancan.

Ce film a été produit par Céline Loiseau de TS Productions, avec le concours de France Télavision, le CNC, SACD Fondation Beaumarchais, Région Nouvelle Aquitaine et Département de la Charente Pôle Magellis.

Manigances est inspiré d’une nouvelle d’une nouvelle du Décameron de Bocccace écrit au XIVème siècle. Dans le Décaméron, 10 jeunes adultes se racontent des histoires alors qu’ils sont confinés dans la campagne florentine pendant la peste noire. Manigances est donc une histoire issue d’un confinement…

bien, bien, bien

On s’en fout un peu et ça ne regarde personne, mais j’écris. Comme je n’écris pas très bien, j’écris un jour et le lendemain je reviens sur ce que j’ai écrit la veille. Il va falloir que j’active un peu un rythme plus soutenu si je veux tenir les délais. Et comme c’est une période où je m’aime encore moins que d’habitude, je passe mon temps à juger ce que j’écris. Bref, les affres de l’écrivaillon, quoi.

C’est sans doute ce même état d’esprit très autocritique qui m’empêche de poster des articles rebelles sur tel ou tel sujet politique ou social. Il y aurait tellement à rire jaune quant au traitement gouvernemental de la crise sanitaire que je ne vois pas bien en quoi mon opinion pourrait avoir un quelconque intérêt.

Ce matin, au café du coin, je croise un agriculteur que va récolter 30 au lieu de 115 à cause du manque d’eau. Il porte sur lui une angoisse. Voyons, voyons, soyons Trump : Fake News ! Tout va bien. 

C’est moi ou tout ne va pas si bien, en fait ?

Vadrouilles

Ce week-end, nous avons parlé eau et guérisseurs dans le Gers. Cet après-midi, j’ai fait une post-synchro pour un film bordelais. J’enchainais, toujours à Bordeaux avec une réunion autour d’un projet théâtral très excitant. La semaine prochaine, j’accompagnerai Manigances à Angoulême pour l’ouverture du festival de court-métrage. Je ferai partie du jury le lendemain. Passion de l’invisible, cinéma, théâtre. Dans le Sud-Ouest…

Sous des températures tropicales, dans un monde où les gens errent masqués dans les rues, en pleine apocalypse, la vie continue.

Un autre jour

Je sais… Il n’y a pas longtemps, j’écrivais un article dans lequel je m’interrogeais sur le port du masque. Oh, bien sûr, pas à la façon d’un militant anti-masque. Juste je m’interrogeais. Aujourd’hui, les données ont changé et les chiffres nous montrent un rebond de l’épidémie et une augmentation des admissions en réanimation. Donc, ça ne rigole plus. Je tenais à clarifier mon point de vue.

Comme par hasard, ce matin, le fichier Word que j’ai ouvert s’est mis à m’afficher un zoom à 200%. Comme si aujourd’hui je devais y voir moins bien qu’hier. Non mais… allo, quoi ! Encore un coup de Bill Gates qui veut me vendre des lunettes Linky 5G avec des puces vaccinées de partout.

Résolution de rentrée

Un mois ! Un mois sans Facebook. Record battu. Ouais, bon, c’est pas non plus extraordinaire. De toute façon, j’y reviens, dans le réseau social.

Cette année passée en grande partie à la campagne avec quelques incursions parisiennes a eu pour effet de me désocialiser comme jamais. Peu de relations d’un côté et trop peu de temps pour renouer de l’autre, dans les circonstances que l’on connaît. Pas de boulot non plus en dehors de celui qui m’occupe en solo autour de mon bouquin et des expériences qui vont avec.

L’ermite est un des archétypes de notre société. Dans la littérature, dans l’art, on a souvent la figure de cette personne qui s’isole du monde. Elle incarne l’image d’une libération des servitudes sociales, associée souvent à celle d’un retour à la nature. Cette image nourrit l’imaginaire de l’être social submergé par le jeu social, comme un refuge fantasmé. La petite maison perdue dans les bois ou à flanc de montagne avec pour seule compagnie les visites éphémères d’animaux sauvages.

Sauf que l’homme a des instincts grégaires. Il a besoin de la foule, d’appartenir à des groupes sociaux, retrouver la meute, le clan. Facebook est le lieu virtuel de l’expression de cet instinct. Cet espace algorithmique offre à nos yeux et à nos doigts l’illusion d’une existence sociale. Pourtant, cette existence sociale est de moins en moins incarnée, filtrée par des écrans, masquée désormais. A tel point que, sur Facebook par exemple, on est heureux d’exhiber le moindre moment où l’on est en relation concrète et réelle avec des gens : selfie à plusieurs avec sourire obligé.

Cette désocialisation dont je parle, on pense souvent qu’elle est de notre fait, que nous en sommes responsables individuellement. Elle finirait même par nous culpabiliser. Pourtant, elle est un résultat de l’évolution de notre mode de vie : nous sommes nombreux à avoir dû changer de territoire pour des questions professionnelles ; le téléphone puis internet nous ont permis de multiplier nos conversations mais en leur hottant leur caractère charnel. Notre pensée ne se nourrit plus pour l’essentiel que de celle qui circule dans les tuyaux de l’information, qu’elle soit médiatique ou issue des réseaux sociaux. Courte, simple (voire simpliste) et efficace.

Une des caractéristiques des conflits sociaux est que les gens concernés se remettent à parler ensemble, pour de vrai, avec des postillons et des odeurs. Et soudain, la pensée se met de nouveau en mouvement, recommence à construire, à échafauder collectivement. Les gilets jaunes furent le dernier espace où des gens se sont rassemblés contre une taxe gasoil et ont fini par élaborer une pensée politique remettant en question le libéralisme.

Vouloir renouer avec le lien social réel, à un moment où une autre étape de la désocialisation collective est entamée par la peur du virus, du cluster, le port du masque, tient de la gageure. Pourtant, je vais en faire ma résolution de rentrée.

Corrélations

De retour dans la ville masquée. Il n’y a plus que les gens installés aux terrasses des cafés qui ont un visage, avec un nez et une bouche. Sinon, ce ne sont que masques sur pattes. Comme si la ville s’était transformée en parc hospitalier dans lequel les malades déambulent, entamant une timide convalescence. Les masques que j’ai achetés pas cher, fabriqués très loin par des gens très pauvres et sans doute très jeunes, puent. Une odeur inconnue qui étouffe toutes les autres, celles du dehors, celles des gens, de la nourriture qui cuit, de la vie qui fait sa chimie. Ces masquent nous coupent de tout. 

J’observe ces militants anti-masque. Enfin, j’observe leur discours car ils ne sont pas visibles dans la rue. Il suffit de la menace de perdre 135 euros pour que tout le monde se voile la face. Et je ne sais pas. J’observe ces statistiques. 26 morts du Covid hier, soit 1 personne sur 2.300.000. Cette personne n’a vraiment pas de chance. Moins de morts que l’an dernier de toute façon. En revanche, quand tout le monde était confiné, ça tombait, ça tombait. Comme si la maladie se foutait bien des mesures gouvernementales, des précautions. Les corrélations s’inversent. Plus de cas positifs, moins de malades et de morts. 

Pourquoi est-il moins dangereux de parler dans un café, longtemps, sans masque, avec plein de personnes, les mêmes, que de marcher dans la rue ? Y a t-il eu des contaminations suite aux rassemblements de milliers de personnes non masquées ? Elle est où la logique ? Je la cherche. Je lis les analyses de machin et de bidule. Mais je n’ai qu’une hâte : qu’un professeur, membre reconnu des instances décisionnaires, juge que finalement, le masque, c’est utile dans certains cas mais que sa généralisation (avec exceptions liées à la nécessité de ne pas porter tort aux commerces de bouche) est idiote et abusive. Non, parce que moi, ce que j’en pense, ça n’a aucune valeur. Je n’ai pas fait les études nécessaires à porter un jugement juste sur cette situation. Juste je m’interroge. 

C’est la fin août

Pas de quoi trop alimenter le blog, ces temps-ci. Ce qui ne signifie pas qu’il ne se passe rien dans ma vie. Mais peu de choses méritent d’être publiques. Il faut garder son jardin.

Comme tout le monde, cette histoire de Covid continue de me pourrir la tête. Mais j’ai la chance d’être obsessionnel et d’avancer encore sur mes recherches sur l’eau. Il est probable d’ailleurs que, d’ici quelques semaines, je fasse appel à des volontaires pour lancer une grande expérience. Pour l’instant, je teste à petite échelle et peaufine le protocole.

On va aller masquer un peu à Paris, histoire de voir un peu ce qui bouge.

Dans ma rue passe un cluster. Je veux dire un mariage sans masque.

Prise de tête en fin d’été

Quand il y a eu des manifs d’anti-masques à Berlin, je me suis publiquement demandé si les gens ne devenaient pas fous. Mais aujourd’hui, je me demande si les autorités politiques et sanitaires ne sont pas en train de s’égarer. Quand on regarde les chiffres, on constate une augmentation des cas positifs mais aucune augmentation significative des hospitalisations, des personnes en réanimation ou des décès. Et ce, malgré la fête de la musique et de nombreux rassemblements estivaux.

Je ne comprends pas pourquoi la presse ne met l’accent que sur le nombre de cas positifs alors que les autres données, les seules valables pour évaluer la dangerosité d’une maladie, ne sont jamais relayées.

La Covid fait plus de mal à nos têtes qu’autre chose.

Pyrénées

Il y a des jours où le Pic du Midi d’Ossau se prend pour le logo de la Paramount. Ne manquent que des étoiles en demi-cercle.

Je croyais me souvenir que pour voir les images d’en haut, il fallait marcher beaucoup en montant. Mes jambes me l’on confirmé.

Dans les sommets je me suis encore demandé quelle était la meilleure façon d’éveiller l’intérêt à propos de ma découverte sur l’eau. L’altitude n’y a rien fait. Je n’ai toujours pas trouvé la solution. Découvrir un truc n’est rien au regard de la difficulté à le faire entendre.

Entre deux

Ayant quitté la mer et avant de rejoindre la montagne, occupé à divers travaux et je me suis déjà mis à l’ouvrage pour l’écriture du livre. Et vite fait, une petite expérience pour la route.

J’avoue que ma cure de désintoxication à Facebook se passe plutôt bien. S’épargner de lire des messages dont on ne comprend pas pourquoi ceux qui les écrivent les postent, ça repose. Ça renvoie aussi à sa propre vacuité dans ce système de communication algorithmique.

Alors bon, je continue d’écrire un peu dans le blog en me demandant un peu pourquoi. Un peu.

Vacances

Alors, je me suis mis en pause de Facebook. Trop de connerie exacerbée de tous côtés. Inutile de rajouter le mienne. Il y a ceux qui disent qu’il n’y a pas d’épidémie et qu’on veut nous imposer un vaccin obligatoire et puis, hier, alors que je postais un petit message vers la communauté Libanaise, je me faisais traiter de connard d’occidental. Bref. La pensée des réseaux, quoi. Toujours aussi mesurée et d’un niveau de pensée très élevé. Autant sortir de la salle pour cramer une clope.

Tiens, une petite histoire à l’honneur de la police. Si, si, ce n’est pas parce qu’il y a des violences policières (que je dénonce quand il faut), qu’il faut rejeter l’uniforme par principe. Mon histoire, donc. Nous arrivions de Paris en gare d’Angoulême à 23:25. Arrivés à la voiture, nous constatons qu’un sac à dos est resté dans le train qui vient de partir vers Bordeaux. L’ordinateur est dans le sac. Que faire ? La gare a déjà fermé ses portes. Personne de visible. Pas de numéro de téléphone de la gare sur les pages jaunes. On fait le 17 et on explique la situation. Le gendarme local nous donne les numéros de téléphone de la gare et le 06 de la personne d’astreinte. Pas de réponse. Le gendarme n’a pas les numéros de la gare de Bordeaux et il n’y a pas de numéro accessible au public.

Et là, on appelle le commissariat central de Bordeaux. On explique à nouveau la situation. La police nous remercie car ça évitera de faire intervenir l’équipe de déminage si le sac est retrouvé dans le train. Ils s’occupent de tout. Une petite heure après, coup de fil de la gare qui a été informée par la police. Le sac est bien là et nous pourrons aller le chercher le lendemain matin.

Cette histoire aidera peut-être quelqu’un un de ces quatre. 

Pas très intéressant

Voilà quelques temps que je n’ai pas écrit sur le blog, tiens. Visiblement, je n’ai pas été pris sur mes précédents casting. Pour l’un, j’ai été mauvais, pour l’autre, j’ai dû être mauvais aussi. Non, en fait, je crois que le réalisateur pensait que j’étais trop vieux pour le rôle. Ou que ma tête ne lui revenait pas. Ou que je ne sais quoi. Bref, je n’ai pas été pris.

J’ai une autre rencontre avec un réalisateur lundi. Si je ne suis pas pris, c’est que vraiment je suis mauvais mauvais ou que je mets de la mauvaise volonté. Oui, le rôle en question, il s’appelle Bernard, voire même Bernard Blancan. Alors si à l’issue du rendez-vous le réalisateur me dit « heu… en fait, je ne suis pas certain que… », je crois qu’il ne me restera plus qu’à renoncer définitivement à ce boulot. Mais ça ne se passera pas comme ça, bien sûr.

Sinon, ce qui m’occupe le plus ces temps-ci, ce sont mes expériences avec l’eau. C’est chaque jour plus passionnant. Mais il ne faut pas que j’oublie ce qui va avec : je dois trouver la meilleure façon de faire comprendre la portée de ma découverte. Je dois dire que venant d’un comédien blogueur, dans un contexte où chacun se demande ce qu’il peut croire, c’est pas gagné. C’est un challenge très excitant.

Mais il n’y a pas que ça, il y a la vie et tout ce qu’elle vous prend et vous donne. Ça fait un gros morceau de temps aussi. Et de vacances…

Oui, le champignon, c’était en Suisse… Donc, rien à voir avec l’article qui, lui-même, n’a pas grand chose à voir avec quoi que ce soit.

Le bruit des hommes

Je ne saurais dire d’où ça vient, mais la plupart des bruits des villages de campagne sont produits très majoritairement par des hommes : tondeuse, perceuse, burin à percussion, tronçonneuse, élagueuse, débroussailleuse, scie circulaire, meuleuse, ponceuse, fusil de chasse, voix fortes, rire sonore, voiture qui fait vroum vroum, moto qui fait vroum vroum vroum, musique à fond… Ils font tellement de bruit, qu’ils en sont parfois contraints de porter des casques assourdissants en conduisant leurs engins. C’est comme si les hommes avaient un besoin de s’affirmer en faisant du bruit. S’ils aiment bricoler, on pourrait presque penser que c’est juste pour se donner l’occasion de produire du décibel. Le bruit est-il un des éléments de la domination masculine ? 

On me rétorquera que je suis un vieux macho et que les femmes aussi utilisent ces outils. Ce à quoi je répondrais : ok, les femmes sont tout à fait capables de produire autant de bruits, si elles le désirent. Mais ne pourrait-on pas plutôt œuvrer ensemble pour que les outils, manipulés par des hommes ou des femmes, soient juste moins bruyants ?

Dans les débats très animés autour de la question du féminisme, on a parfois l’impression que le militantisme prend la forme la plus imbécile de la domination masculine, avec lynchages, sectarisme et prosélytisme. C’est dommage parce qu’il y a en effet beaucoup à faire pour mettre à mal le pouvoir abusif des hommes sur les femmes. Cette domination, on la vit tous les jours, à tous les étages du moindre pouvoir, jusqu’au cœur de nos foyers. J’ai tendance à penser que se battre ensemble contre toutes formes de domination serait un premier moyen d’atténuer le déséquilibre homme/femme, mais aussi le racisme, l’injustice sociale… Mais je me trompe peut-être. Et par pitié, ne me jetez pas au pilori parce que j’ose exprimer les conneries qui me passent par la tête. La connerie ne fait aucune distinction de sexe.

La fabrique de la colère

Ceux qui crient haut et fort que les médias officiels, les BFM et compagnie, c’est de la merde et qu’il vaut mieux se fier aux infos qui passent par les réseaux sociaux ont raison en partie. Les médias, ce n’a jamais été de la pure objectivité. Pour autant, les mêmes qui crient, ce sont souvent ceux qui balancent à qui mieux mieux des fausses informations sur les réseaux sociaux, pour le plus grand plaisir des Trump et des Fachos (quand ce ne sont pas eux-mêmes qui balancent ces fausses informations).

Hier, par exemple, je suis tombé sur la photo de gauche sur Facebook. On y voit la femme du président portant un masque d’une marque de luxe. L’image est tellement forte symboliquement, qu’elle provoque de la colère et un sentiment d’injustice. On aurait presqu’envie de la partager ! Pour ma part, je suis allé sur Google, j’ai tapé « Brigitte Macron » et j’ai cliqué sur Images. Ce qui m’a permis de retrouver l’original de la photo (image de droite) que l’on a trafiquée.

Donc, chers amis qui m’envoyez des messages privés avec ce type de fausses informations, je vous remercie de prendre le temps, avant, de faire une recherche sur votre moteur de recherche : vous éviterez de m’ennuyer et vous apprendrez deux ou trois choses. Une information objective, ça demande du boulot. Merci.

r e v EAU l u t i o n

La fameuse découverte sur l’eau (que j’ai faite presque par inadvertance), ne va bientôt plus être secrète. Le projet de livre a été validé aujourd’hui-même par la direction de chez Eyrolles. J’attendais ce jour avec une certaine impatience, la même que j’ai à écrire ce livre. Et encore plus d’en livrer tous les secrets aux lecteurs. C’est assez révolutionnaire, en fait. Certainement plus que bien des idées.

J’ai eu une autre bonne nouvelle, mais j’ai entendu Lambert Wilson dire que, par superstition, il ne fallait pas parler de ses projets tant qu’ils ne sont pas certains. Alors, j’en parlerai quand ça sera certain. Mais c’est déjà une bonne nouvelle.

Attrapé par le colbac

C’est ce que je craignais (ou espérais, peut-être). La semaine dernière, j’avais un call-back (second rendez-vous pour casting) pour un rôle à un jour de tournage. Je devais avoir une réponse vendredi ou aujourd’hui. Pas de réponse pour l’instant. Tu me diras, passer un casting pour un rôle d’un jour quand tu as deux trois films derrière toi, c’est assez succulent. Mais ne pas être pris… je sais pas, il y a quelque chose de rassurant, de joyeux. Ben oui, une impression d’ordre, de juste retour des choses, de coup de pouce du destin. 

Bref, pris ou pas pris, je suis heureux. Que demande le peuple ? Heu, le peuple, je préfère ne pas savoir ce qu’il demande 😉

Complément dans lequel les bras m’en tombent. Cet article fait initialement sur le blog blancan a été censuré par Facebook parce que mon blog a été signalé par un idiot comme étant je sais pas quoi. Porno ? Porteur de fake-news ? Je vais voir comment régler ceci avec ceux-là…

Quand les artistes se font arnaquer

Je n’arrive pas à trouver l’origine de la loi qui autorise un abattement de 25% sur les cotisations retraite des artistes, mais c’est une véritable honte ! J’en constate les effets au moment où je vais toucher ma retraite. Mais prenons une vision plus large.

Un trou du cul de ministre quelconque a décidé de faire un cadeau aux entreprises de l’audiovisuel et du spectacle : on va opérer un abattement de 25 % sur les cotisations retraite des artistes ! Chers producteurs, voici un petit geste fiscal qui va vous profiter. Chers artistes, vous, on va vous niquer jusqu’à l’os ! Voyons les effets que ça engendre concrètement pour le producteur et pour l’artiste.

Sur l’année de travail pour un salaire annuel de 20.000 euros (1.666 brut par mois).

L’artiste va voir son salaire net annuel augmenter de 966 euros soit 80,5 euros par mois.

Le producteur, lui, fait une économie de 1197,84 euros soit 99,82 euros par mois.

À ce stade, tout le monde est gagnant. Le producteur plus que l’artiste. Voyons maintenant l’incidente que ça a sur la retraite de l’artiste.

La retraite de base va passer de 10.000 euros annuels à 7.500 annuels ce qui veut dire qu’au lieu de toucher 833 euros par mois, il ne touchera que 625 euros par mois.

Ce qui veut dire que chaque mois de sa retraite, il touchera 208 euros de moins soit 2.500 euros par an. Et ce, pendant toute les années de sa retraite. Pour le producteur, aucune incidence à ce moment.

En résumé, en une année de travail, grâce à cette mesure géniale, l’artiste a gagné 966 euros mais chaque année de sa retraite, il en perd 2.500.

Le mec qui a pondu ce truc immonde, il a fait l’ENA ? Le producteur qui applique cet avantage a-t-il la moindre considération pour l’artiste ? Les syndicats, ils font quoi, en fait ?

La nuance

La loi dit que l’employeur doit demander au salarié son accord pour appliquer cet abattement par écrit. Je n’ai jamais vu un producteur me dire si tu acceptes d’appliquer l’abattement tu toucheras 80 euros en plus ce mois-ci mais pendant toute ta retraite, toute ta vie, tu toucheras 208 euros de moins par mois

Présenté comme ça, évidemment, j’aurais toujours demandé à ce que cet abattement de merde ne me soit pas appliqué. Au lieu de cela, soit je n’ai pas reçu la demande, soit quand c’était une petite prod, pour un court-métrage, par exemple, grand-seigneur (sachant que ça leur faisait des économies), je leur disais de l’appliquer.

Le petit coup de pouce fiscaux aux entreprises sont souvent payés très chèrement par les salariés. Mais allons-y, continuons à voter pour les guignols En Marche, de droite ou même socialistes. Au stade où on en est, ils sont tous responsables de cette situation absurde et d’une injustice crasse.

J’espère que cet article servira à mes jeunes camarades.

Si parmi vous quelqu’un est capable de me dire qui a fait voter cette loi et quand, je suis preneur.

Le monde de demain

Pendant le confinement, j’avais fait une chanson qui s’appelait Le monde de demain. Elle remettait en doute les volontés gouvernementales de tout changer pour un monde plus juste qui récompenserait ceux qui se sont révélés être les véritables acteurs de la bonne marche de notre société.

L’interview du 14 juillet de notre cher président vient confirmer que, non seulement rien ne va changer sous son règne, mais que tout a des chances de s’aggraver pour les plus fragiles (on ne touchera pas aux plus fortunés, promet-il).

Il est déjà loin son discours qui disait qu’il fallait changer de paradigme, de modèle, qu’il fallait tout réinventer. 

Castex premier ministre, l’ours imitateur de son maître Sarkozy, ne semble pas donner le gage des changements les plus profonds.

Nous nous dirigeons vers un rustinage à minima pour lequel on demandera aux mêmes de faire les efforts.

Mais restons optimistes. On a Bachelot à la culture. Après son stage aux grosses têtes, elle a tout d’un André Malraux ou d’un Jack Lang, c’est évident.

En écrivant ceci, j’ai tout du Français jamais content. Peut-être. J’ai juste l’impression de comparer ce qui est dit à ce qui est fait. Je ne sais pas si c’est français, chinois ou polonais. En tout cas, ce n’est pas moi qui fait des grands discours, qui appelle à enfourcher les tigres et autres délires. 

Allez, masque obligatoire le 1er août ! En voilà une mesure fort à propos…

Ça porte ses fruits

J’ai bien fait de me livrer à la pensées positive l’autre jour. J’accumule les bonnes nouvelles à un point qui frise l’indécence. Je vais rencontrer un scientifique pour mes expériences sur l’eau. C’est un fait assez décisif pour la suite. J’ai appris que mon projet de bouquin a reçu l’aval d’un premier comité et devrait être définitivement validé avant la fin du mois. Par ailleurs, je passe un casting la semaine prochaine pour un rôle taillé sur mesure et très important. J’écris l’article avant d’appeler ma productrice pour les films en cours parce que ça ferait trop.

Je suis assez fan du monde d’après, même s’il tourne en ce moment autour de mon nombril.

Bonheur

Je regardais le gens dans la rue et je me disais que nous avons une sacrée chance. Nous habitons un beau pays, extrêmement juste socialement, où les valeurs les plus généreuses et humanistes font l’unanimité au sein de la population. Nous réalisons ensemble le rêve de tant de générations. Nous sommes pleinement satisfaits des élus qui nous représentent si bien, avec désintéressement et ce souci constant de justice et de transparence, en même temps qu’une responsabilisation intelligente de chacun de nous. Sur le visage des passants se lisent l’amour du prochain et la joie de vivre.

Ce matin, j’ai mis une petite gamelle d’eau sur mon merveilleux balcon plein sud afin que oiseaux et insectes viennent se désaltérer à loisir. Petite piscine gratuite, les amis ! Leur chant ressemble à un joyeux merci.

Vêtu d’un voile de patience, avec sérénité, je laisse toutes les bonnes nouvelles prendre le temps de venir à moi, fruits délicieux de messages envoyés ici ou là, en réponse à des castings, des projets passionnants, aux résultats de comités divers.

De temps à autres, je m’essaie à un exercice de pensée positive. J’en arrive à la conclusion qu’en fait, pour être parfaitement heureux, mieux vaut ne pas penser du tout, être sourd, aveugle et trépané. À moins de tout simplement considérer le monde tel qu’il est, avec ses imperfections et de renoncer à vouloir le changer. Je vous aime.

Contre

Se battre. La vache se montre un peu trop affectueuse – en réalité friande du sel de la transpiration. Mais dans la société des hommes, il faut se battre sans cesse.

Se battre contre la peste brune qui instille jour après jour son venin dans la collectivité. Contre la popularité des Zemmour. Contre le marketing d’un président qui gesticule sans fin pour conserver sa place. Contre des opposants qui n’ont rien d’autre à opposer que leur désir de prendre la place. Contre les rouleaux compresseurs du journal collectif qui aplanit toute pensée qui dépasse. 

Contre cet employé d’administration qui ne fait pas le travail qui satisferait aux droits qui vous sont dus. Contre le monde de la fiction qui vous fait passer des essais pour un rôle d’un jour avec deux répliques, sans vous donner de réponse, alors que vous avez si longtemps tourné et tourné et tourné. Contre ceux qui n’aident que les projets artistiques qui ne sont que la réplication de projets artistiques existants. Contre ceux qui renoncent à comprendre.

Contre la bien-pensance et la non-pensance. Contre l’immobilisme et le consensus. Contre la satisfaction ridicule de ce qui existe et que l’on possède. 

Contre notre propre résignation.

Vers Nébraska

Image Fanny Reynaud – Nebraska de Lou-Théa Papaloïzos – E c al

Retour Paris. Voté par procuration dimanche. J’ai bien aimé la vague verte. Mais pas de politique aujourd’hui. Retour au journal d’un comédien.

Avec les 2 ans de théâtre et à part 3 jours sur le film d’Olivier Dahan, cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas tourné. On me dira que jouer, c’est comme le vélo : ça ne s’oublie pas. Mais c’est un peu vite dit. Je crois que ce retour au théâtre m’avait un brin perturbé dans ma façon d’appréhender le jeu au cinéma, malgré une carrière honorable. En faisant notamment ma bande annonce, j’avais constaté que mon jeu ne me plaisait pas, que j’en faisais trop, pas assez simple, trop dans le faire, dans la démonstration et le forcé. Eh oui, on peut vite dériver, frêles embarcations que nous sommes.

Ce film en Suisse aura été l’occasion de commencer à corriger le tir, sous la direction d’une équipe souvent plus jeune que mes propres enfants. Il ne se sont pas encombré de politesses gênées pour me dire ceci ou cela, corrigeant quand il le fallait. Et leur regard était toujours juste. Cette semaine m’aura permis de dépasser l’opinion que j’avais de moi ces derniers temps, à savoir que je pensais que j’étais en train de devenir doucement un mauvais acteur. Il n’est pas d’âge pour se remettre en question. C’est la condition indispensable pour durer dans ce métier, à moins d’être une icône qui peut se permettre de jouer comme un pied.

Je ressors donc de ce tournage tout redynamisé, confiant et prêt à me frotter aux plateaux de tournage. On va vérifier si ça marche, pas plus tard qu’aujourd’hui car j’ai un casting autofilmé. J’aime ce boulot !

Merci à Lou-Théa pour son écriture et sa réalisation, à la caméra de Fanny, aux micros de Théo et à cette équipe de jeunes cinéastes que ne s’est pas contentée de jouer à faire un film. Il y avait l’exigence de ceux qui font tout pour qu’un vrai film surgisse.

Ça commence comme ça

.Une semaine de tournage en Suisse. Je joue un paysan. Avec des vaches. Et un visiteur impromptu. Scénario minimaliste et impressionniste (Nebraska de Lou-Théa Papaloïzos), grand air, grand beau, équipe jeune et pro. Franchement, ça déconfine bien. Le monde d’après commence là, pour moi.

Arrivé à Lausanne, je n’ai pas manqué de porter mon regard sur la rue de l’hôtel dans lequel nous logions pour Intra-Muros. Nous avions fait pas mal de dates de tournée en Suisse. C’est là que j’ai commencé à aimer ce pays que je ne connaissais pas en dehors des clichés liés à l’horlogerie, au chocolat, au fromage et aux milliardaires qui y cachent leur argent. Pour une fois, j’aurais envie de dire que c’est plus compliqué que ça.

Jouer un paysan, en tout cas, ça me convient pas mal.

Comme disait Robert

Robert ?

Trois mois. Ça faisait trois mois que je n’étais pas retourné à Paris. C’est un petit peu les vacances qui commencent. C’est à dire que j’ai bossé pour mon bouquin dont un comité va donner un avis. J’ai travaillé aussi au scénario que nous écrivons avec Guillaume G. En même temps, je me débattais avec de la paperasserie administrative, attendant avec un peu d’inquiétude de savoir à quelle sauce je serai mangé pour mes droits à la retraite. Retraite, le mot sonnait encore bizarrement à mes oreilles il y a encore quelques années. Et puis ça arrive. Pour ce qui est des trimestres, tout y est. Longue carrière qui m’aurait même permis de demander un départ anticipé. Si une question est de connaître le montant de cette retraite, une seconde en découle immédiatement : C’est quoi ces conneries ?! Je suis donc vieux ? La réponse est non.

Pas question pour moi de me reposer pour autant. Je continue pareil. La semaine prochaine, je pars faire l’acteur pour une semaine en Suisse (d’où l’idée de vacances car jouer, ça reste des vacances). Nous avons commencé à bosser sur un projet théâtral à Bordeaux pour 2022. Mais n’en parlons pas trop car le projet est assujetti à l’obtention de droits d’adaptation. J’ai un documentaire à finir, un autre à commencer, à continuer la lutte acharnée pour un long-métrage. Les prochaines années seront aussi consacrées à ma fameuse découverte sur l’eau. Et, en faisant tout ça (et le reste), j’espère bien continuer à exercer le métier pour quoi je suis fait : acteur.

Ceux qui m’attendaient pour m’inscrire au club de bridge et de pétanque ou encore à l’amicale des pêcheurs à la ligne, vont devoir patienter encore un peu.

Un copain me demandait comment je faisais pour mener des projets si différents de front. Je lui ai répondu qu’il suffisait d’être schizophrène. Tu fais un truc et il n’y a que ça qui existe, puis tu passes à un autre et il n’y a que ça qui existe.

Alors, si je prétends ne pas être vieux, je ne suis pas pour autant né de la dernière pluie. Je sais donc bien qu’il y en a qui se diront que cette façon de raconter tout ce que je vais faire est un peu pathétique. Pas faux. Je pense la même chose quand un néorural me raconte qu’il est vachement bien depuis qu’il a quitté Paris et qu’il renaît. On sait bien que c’est plus compliqué, l’histoire. J’espère juste qu’il y en aura quelques-uns pour être jaloux car mieux vaut faire envie que pitié comme disait Robert.

Fatigué, dépassé

Dans les périodes d’hystérisation des débats, je finis toujours par fermer ma gueule. En tout cas, espacer mes écrits. Parce que peut-être que tout le monde a raison et tout le monde a tort.

D’une part, être flic et se faire caillasser, insulter, c’est pas supportable, pas plus que subir le racisme et la violence de policiers dans ce qu’on appelle les quartiers ou en manif. L’organisation sociale de notre société déconne de tous les côtés. Elle est où, la manif qui dénonce les deux situations ou celle qui milite pour des solutions générales ? Même ces quelques mots sont sans doute sujets à polémique, en cette période. Ils impliquent à la fois une exemplarité et une reconnaissance du métier de policier et un traitement profond, économique, social, d’urbanisation et de retour à la loi et à la justice dans les zones où prospèrent misère sociale et violence.

Quelles actions politiques jouent simultanément sur ces deux leviers, quels programmes ? Le moment est peut-être venu d’arrêter de vouloir satisfaire les uns ou les autres pour des raisons électorales. Alors, évidemment, ça demande un certain courage parce qu’agir dans ces deux directions en même temps implique en retour un rejet a priori des uns et des autres, brandissant la dictature policière d’un côté et l’état vendu à la racaille de l’autre.

Macron avait vendu ce fameux discours du « en même temps ». Ses actes se sont montrés pour le moins déséquilibrés et semblent juste guidés par une idéologie et des intérêts électoraux opportunistes liés à chaque conjoncture. Pas de vision d’ensemble projetée sur la construction de l’avenir. Comme la plupart de ses prédécesseurs, d’ailleurs.

J’ai sans doute perdu une occasion de me taire…

Porte ouverte

Mais il faut bien se prononcer. Une certaine France rêve d’une bonne dictature policière pour la débarrasser de tous ces étrangers. Ne disons pas qu’elle n’existe pas. Elle est là, partout, l’air de rien. Oui, le racisme est là, dans des petites phrases, des hochements de tête. 

À la campagne où je vis pendant quelques mois, on déteste les étrangers, bien sûr, mais comme il n’y en a pas trop, on se replie sur les Gitans et les Parisiens, l’air de rien. Ben oui, on se retrouve toujours à un moment donné la victime du racisme de quelqu’un.

Bien sûr, vous me direz, les prisons sont pleines de gens de couleurs. La racaille. Ben oui, la vouyouserie, c’est pas forcément culturel. Ce qui est bizarre, c’est qu’elle a tendance à se développer dans les cages à lapins. Bizarre. À Bordeaux, mon ex ville d’adoption, dans les années 50, c’était les Espagnols. Pas les Portugais parce que ce sont de bons maçons. Et après les Espagnols, ça a été les « Nord-Africains ». Main d’œuvre pas chère que l’on parquait dans les premières cités. 

Bon, les plus gros voyous, ceux qui nous arnaquent tous à coups de milliards, à longueur de journée et depuis des siècles, ce ne sont pas ces petits voyous. Les vrais bandits, ils portent la cravate et se font sucer sous le bureau. Ils font des « affaires ». Mais bon, ceux-là, la fameuse certaine France, elle ne s’y intéresse que s’ils sont Juifs ou francs-maçons. Les autres, ça compte pas. C’est blanc. C’est la vie. C’est trop discret pour atteindre leurs neurones. Ils admirent, sont aux petits oignons, presque intimidés. Mais c’était pareil au Moyen-Âge, j’imagine, ces histoires de soumission à la richesse pour qui on s’use toute une vie.

Nous, les connards de Bobos parisiens, on ne vote pas facho parce qu’on vit mélangés depuis longtemps. On a vite compris que la gentillesse ou la connerie n’ont pas de couleur.

Je n’ai pas de mépris pour la ruralité, même si parfois elle me fait mal aux oreilles. Mais en même temps, force est de constater que la Marine, c’est bien là qu’elle est le mieux entendue. C’est juste triste. Les provinciaux ne sont pas plus cons que les autres. Je ne sais pas ce que c’est, un provincial à part une personne qui n’est pas Parisienne, vu du 75. Mais pour eux, les images d’un homme qui se fait assassiner par un flic, ça ne leur fait ni chaud ni froid. On n’en parle pas. On ne se prononce pas. Ni sur les violences policières. Parce qu’on est contre les voyous et pour la police par principe (sauf quand on prend des PV). On n’est pas touché par un tel meurtre. On n’ira jamais en manif pour revendiquer quoi que ce soit de toute façon ni cambrioler quiconque. Ils n’ont qu’à faire pareil et il n’y aura pas de problème !

Et moi, ma position ? Ben je suis horrifié par ce meurtre et je devine à travers lui qu’il y en a plein d’autres qui ne sont pas filmés. Je ne suis pas anti-flic pour autant. Il faut juste que ce ne soit pas trop les plus cons qui prennent toute la place. Je subis comme une violence qui m’est adressée toutes les violences policières gratuites perpétrées lors des manifs. Ça ne veut pas dire que je partage les façons de voir de ce qu’on appelle par commodité les casseurs. Ce n’est pas parce que le racisme me choque que je suis un islamo-gauchiste. Je crains les voyous, moi aussi et les discours racistes venant d’autres communautés me gonflent autant que tous les racismes.

Ce ne sont sans doute que des portes ouvertes que j’enfonce, de la bien-pensance. Rien à foutre, je déteste la bien-pensance, ce terrorisme intellectuel, aussi débile et malveillant que la connerie crasse de certains électeurs de l’autre enflure.

RIP, Mister Floyd.

aouaryou ?

Quelques nouvelles, surtout pour les lecteurs de la famille et les amis qui préfèrent regarder le blog plutôt que passer un coup de fil.

Je suis encore enchampêtré en Charente profonde. L’avantage réside essentiellement dans le fait que j’ai pu jouer du ukulélé comme un sourd à minuit et demie sans risquer déranger les voisins. Le second avantage, c’est que l’on peut bosser en plus du potager. J’ai travaillé comme un malade sur l’approfondissement de mes expériences et à la formation d’une équipe. J’ai envoyé un plan développé de mon bouquin à l’éditrice. Il m’a fallu plus d’une semaine pour le sortir.

Côté tournages, je tourne sur un court fin juin, celui qui était prévu en mars, en Suisse.

Et puis sinon, pas mal pris dans des histoires de retraite car oui, c’est pour bientôt. Et il manque ceci et cela et patati et patata. Je ne sais même pas combien je vais toucher. J’en suis à espérer que ce sera juste un peu mieux que le chômage. Ce qui ne résoudra pas grand-chose. Au moins en aurais-je terminé avec la course perpétuelle aux heures. Aux heures payées, je précise. Parce que si j’avais été payé pour tout le boulot que j’ai fourni, j’aurais pas mal de pognon.

Comme tout le monde, j’ai suivi avec grand intérêt la grande série de l’année, Chloroquine. Ils annoncent une saison 2, je crois. 

Côté politique, je me rapproche chaque jour du désespoir quand j’entends parler ceux qui sont au menu 2022 et, pire encore, quand j’entends mes semblables. Je fais bien de travailler sur l’eau. C’est autrement plus passionnant et plein de perspectives.

Ça ne se lit sans doute pas, mais je suis très apaisé depuis que je bosse sur le bouquin.

La santé ? Ça va. Je me suis mis à la marche nordique.

Le cinéma ? Je l’ai dit. Et mieux vaut ne pas en dire davantage, sinon la santé ça n’ira plus.

Putain, je prends des risques…

Oui, les violences policières existent en France, au-delà même du racisme. Et ceux qui en sont victimes n’osent même pas porter plainte alors que systématiquement ils ont été frappés et accusés dans les rapports d’avoir frappé la police. Je ne raconterai pas encore ces histoires qui me touchent de près pour ne pas porter préjudice aux personnes qui en ont été victimes. Mais 3 personnes dans un cercle très très restreint, ça fait beaucoup. Oui, les gens finissent par avoir peur de la police, mêmes quand ils sont blancs. La violence s’exerce contre les personnes de couleur mais aussi les jeunes et les militants. Arrêtons de nous raconter des histoires.

Dénoncer les violences policières ne signifie pas être contre la police. C’est juste exiger qu’elle fasse son travail et rien que son travail. Il ne consiste pas à infliger des peines corporelles, des peines tout court, sans jugement ni avoir subi la moindre menace, pas plus qu’à rédiger des faux rapports. Quand les autorités couvrent ces agissements minoritaires, elles encouragent à ce qu’ils se généralisent.

Pas si simple

Vous savez donc que je vais sortir un bouquin sur l’eau en septembre 21. Mais les extraordinaires propriétés de l’eau, je les ai découvertes grâce à un appareil inventé par hasard : le DoubleYou. Cet appareil a pour effet sur l’humain de mesurer son énergie vitale ou énergie psychique. En d’autres termes, l’humeur. Mais précisons un peu, même si ça vous semble fastidieux, car ça en vaut la peine.

Cette fameuse énergie vitale, il faut aller du côté de la psychanalyse pour avoir une idée de ce que ça raconte. En résumé et en m’inspirant des travaux de Carl Gustav Jung sur le sujet, il s’agirait de la libido au sens large (plaisir, désir en opposition à frustration, déception) liés à des pulsions de vie et pulsions de mort. En plus de la libido, on ajoutera les notions de sécurité et danger. Ces pulsions seraient guidées par des objectifs archaïques vitaux : faire l’amour puisque vous y pensez, mais aussi manger, aller boire un café avec un pote ou faire votre tour de vélo ou de course à pied. Cette énergie vitale augmente à l’approche de la réalisation de votre objectif et se met à diminuer dès que l’objectif est atteint ou que sa réalisation semble compromise. Oui, le gros salasse va trouver l’exemple des montagnes d’énergie de séduction qu’il va mettre en œuvre pour conclure avec la dame et son endormissement immédiat une fois son objectif atteint. Pour un repas, c’est pareil. Votre énergie vitale augmente au fur et à mesure qu’approche le moment effectif du repas mais se met à diminuer dès que vous avez commencé à manger.

J’ai mené une expérience au mois de février avec une grosse vingtaine de volontaires. Mais le résultat de l’expérience a raconté encore davantage que ce que voulait l’expérience. Chacun d’eux devait se livrer à différentes activités de son choix pendant une heure en notant les horaires. Je leur demandais néanmoins de se livrer à une activité imposée : regarder une vidéo de 6 minutes 30. Je pensais initialement que la vidéo devait mettre de bonne humeur et, de fait, les mesure du DoubleYou étaient nettement et significativement supérieures pour la vidéo que pour les autres activités.

Mais je me suis aperçu que les mesures commençaient à monter bien avant la vidéo et redescendaient beaucoup plus vite après. Ce qui m’a conduit à comprendre mieux ce que je mesurais. Pour 75% des personnes, ce n’était pas le contenu de la vidéo qui avait influencé les mesures positivement mais le seul fait que c’était la seule activité imposée. J’aurais pu demander de balayer la cuisine, c’était pareil. Parce que quand on demande à une personne de faire ce qu’elle veut et de faire le rapport de ce qu’elle a fait, c’est beaucoup plus « dangereux », en tout cas moins confortable que de se livrer à une activité imposée. Une activité imposée est sécurisante. On fait ceci parce qu’on nous l’a demandé. Aucun jugement ne sera porté sur nous parce que nous avons agi à la demande expresse d’une autorité extérieure.

C’est en buvant mon café en terrasse de bistrot ce matin que m’est apparue cette évidence en lien avec mes petites expériences. Quand on est confiné à cause d’une menace, au début on est dans la peur de cette menace mais la sécurité que représente le confinement finit par l’emporter et nous rassurer.

Mais quand on nous dit de nous déconfiner, c’est une autre histoire. Nous voilà de nouveau livrés à nous-mêmes et responsables de nos objectifs vitaux. Fini la sécurité. Pour celui qui reprend le boulot, tout va bien. Il retrouve ses objectifs habituels. Mais pour ceux qui sont sur le carreau, cette liberté retrouvée les met face à leur impossibilité de nourrir un quelconque objectif. Il en va de même pour la personne pour qui le danger extérieur demeure présent.

La communication gouvernementale qui a consisté essentiellement à nous demander d’attendre les nouvelles directives pour dans 15 jours a eu pour effet de nous enlever la possibilité de gérer nos objectifs individuels. D’un côté nous étions rassurés parce que nous savions ce que nous n’allions pas faire pendant 15 jours, mais nous étions pour beaucoup dans la souffrance de ne plus pouvoir nous projeter librement.

En conclusion, le confinement fût un traumatisme mais le déconfinement sera pour beaucoup un second traumatisme, parfois pire que le premier.

On pourrait élargir cette notion de sécurité que provoquent le injonctions à faire ceci ou cela dans un champ plus vaste de la politique. De fait, la communication des fachos qui consiste à brandir nos peurs (danger = baisse de l’énergie vitale) pour vendre leur programme sécuritaire (sécurité = augmentation de l’énergie vitale) est fondamentalement une manipulation très efficace (voir l’installation de tous les populistes sur la planète). Il faudra apprendre à nous méfier de ces manipuations grossières si nous voulons rester libres. Un vaste programme contre nature. La seule façon d’y échapper : construire un objectif vital commun qui fasse rêver.

Septembre 21

Ça change tout, quand on a un objectif à long terme. J’ai eu un coup de fil de plus d’une heure, hier, avec une éditrice d’une grosse maison d’édition. Les fameuses expériences qui montrent certaines propriétés surprenantes de l’eau, je ne vais plus me contenter de les mâchouiller avec quelques copains. Elle a l’air aussi décidée que moi à ce qu’un bouquin sur le sujet puisse voir le jour. Comme elle est très compétente, elle m’a permis en un rien de temps de construire une architecture solide du livre (dont le titre reste à trouver). Sortie prévue pour septembre 2021.

Celui-ci, je le sens très bien parce que je m’y raconte moins et que je mets tout en œuvre pour qu’il fasse davantage de bruit que les précédents. Les cartes en main sont très prometteuses et le sujet est si passionnant et surprenant qu’il a tout ce qu’il faut pour hameçonner la presse (et passionner les lecteurs). 

La différence majeure avec les précédents, c’est qu’il ne s’agit plus des hommes et de leur faculté un brin magique de percevoir des choses invisibles (sourciers) ou de projeter des intentions sur la matière (guérisseurs). On ne se situe plus dans ces sphères dans lesquelles s’affrontent croyants et sceptiques. Le sujet, c’est l’eau. Plus question d’intention, de possibilités d’influencer. C’est l’eau qui s’occupe de tout. Et c’est beau, ce que ça raconte.

Que ça fait du bien de pouvoir recommencer à rêver demain après cette période mortifère de confinement !

Proposition pour lutter contre la pauvreté

C’est bien beau de râler tout le temps. Il faut savoir être constructif.

Pour lutter efficacement contre la pauvreté, je propose que l’on passe le paquet de cigarettes à 20 euros. Je me fonde sur des études scientifiques.

De récentes études nous racontent que depuis la politique vantée par notre très chère Agnès Buzin (et qui consiste à augmenter le prix des cigarettes) a pour effet une diminution de la consommation du côté des classes sociales favorisées tandis que les pauvres continuent voire augmentent leur consommation. Du coup, leur pauvreté augmente encore, générant des angoisses qui ont pour effet d’accélérer le développement de cancers. Résultat, les pauvres meurent davantage et de fait, la pauvreté diminue. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, autant doubler le prix des clopes. Pas con, hein ?!

Un air de liberté

Pour Guy Bedos

Dé-con-finés ! Ouf. Mardi, je vais faire… je sais pas, moi… 112 kms. Juste pour voir ce qu’il y a de l’autre côté du cercle.

Bedos est parti. J’avais aimé ses provocations jamais méchantes, ses blagues machistes d’une autre époque. En termes d’humour, il a été pas mal précurseur d’un genre qui sévit encore aujourd’hui, cet humour qui montre qu’il déconne, ses faux fou-rires, son ton faux pour exprès. On pourrait dire qu’il était aussi un acteur engagé, mais à cette époque, ils étaient un paquet à voir rouge et noir. C’était l’époque qui voulait ça. Aujourd’hui, mes copains les plus engagés, ils se battent pour défendre le glyphosate. Les autres, ils sont comme moi, grandes gueules peu actives en dehors de quelques manifs ou carrément dans le militantisme paranoïaque. Le plus grand nombre attend un peu parce que c’est pas si simple. Une autre époque. Quand une figure meurt, c’est le passé qui surgit pour nous raconter aujourd’hui dans le creux de sa tombe.

Un grand comique d’aujourd’hui, c’est Raoult. Dans la soirée du jour où j’ai écrit l’article sur la chloroquine, il passait à la télé avec Pujadas. J’ai regardé et, surprise, j’ai ri comme un bossu, comme devant un Louis De Funès. Il était tellement trop, le Raoult, dégoulinant de mégalomanie, d’une mauvaise foi à la Cruchot (De Funès dans les Gendarmes), une volonté de mépriser et d’humilier son adversaire. C’était extrêmement drôle. Bon, une fois bien ri, quand même, tu finis par te dire que ce n’est pas un personnage de Gérard Oury mais un vrai mec qui fait quand même un peu peur… Hein, la pilule jaune ? Heu… 

Néanmoins, il y a de quoi rire aussi avec la fameuse étude qui enterre l’hydroxychloroquine…

Hydroxyraoultquine

Par Franck Sabattier — Travail personnel, CC BY-SA 4.0,

J’adore Raoult. Pas la personne. Il a des cheveux ridicules, il se touche toujours la barbe, il a l’air complètement mégalo. Mais, de mon point de vue d’acteur, réalisateur, j’adore la façon pépère qu’il a de dire les choses et le bordel qu’il provoque.

N’allez pas me classer dans la catégorie des pro ou des anti-Raoult. Je trouve cette bataille fascinante parce qu’elle ne parle pas de lui mais du rapport de chacun à la science et à la croyance. 

Je ne sais pas trop où en est la science sur les histoires d’hémisphères du cerveau, de cette histoire qu’il y aurait une partie rationnelle, cartésienne, qui analyse froidement et une autre comme siège des émotions (et des croyances, fatalement), mais ça reste une image qui va m’aider à illustrer mon propos. 

Notre psychisme, qui que nous soyons, est constitué de ces deux pôles. Parfois, nous analysons froidement les situations, nous cherchons des solutions et à d’autres moments, nous nous laissons aller à nos pulsions affectives et à nos croyances. Cela vaut autant pour le poète bouddhiste que pour le sceptique militant. Les deux pensent et s’illusionnent. 

Le premier refait le monde selon ses rêves, ne craignant pas les illusions, prenant parti pour les causes qui lui semblent les plus jolies. Mais cela ne l’empêche pas de passer son temps à résoudre des problèmes bassement matérialistes et concrets, sans quoi il ne survivrait pas. Le second est persuadé qu’on ne lui en contera pas, qu’il est seul à avoir un libre-arbitre. Il ne se réfère qu’à des choses ayant fourni une multitude de preuves avérées par la communauté des diplômés en math-physique-chimie. Mais où est son libre-arbitre si sa vie se résume à attendre 12 publications avant d’oser émettre une opinion ? Les excès de cette attitude n’a-t-elle pas à voir avec celle des croyants, dès lors que cet être raisonnable entre en religion de La Science (ne pouvant pourtant ignorer ses limites et ses lacunes, ses jeux de pouvoir et d’influence) voire s’abandonne au prosélytisme sectaire ? Dans une partie de mauvaise foi, il y a match nul, 1 partout.

Et là, avec cette fameuse histoire de chloroquine, c’est la bataille entre ces 2 personnages qui s’est jouée. C’était jubilatoire à suivre. D’un côté, t’as le mec qui affirme qu’il a trouvé le remède miracle et de l’autre ceux qui se démerdent pour « prouver » que ce médicament est un poison. Sans déconner. La fameuse étude qui est sortie vendredi, il paraît qu’elle comporte des biais, qu’elle est imparfaite. Mais peu importe, on va l’utiliser pour enterrer le trublion.

Mon point de vue sur hydroxychloroquine et la chloroquine, je n’en ai pas vraiment parce que je ne veux pas passer mon temps à éplucher les études et à apprendre comment les lire. Je me dis juste que la réalité se situe vraisemblablement entre les 2 positions qui semblent les seuls choix possibles si l’on regarde la télé. Mais plus profondément, je pense que la science néglige de façon idéologique tout ce qui est d’ordre psychique ou de la conscience (je me heurte depuis des années à ce tabou avec mes expériences). Pour être plus précis, j’ai l’impression qu’il vaut mieux être soigné par un mec non conventionnel qui me dit que je vais guérir si je prends la capsule jaune que par un mec qui me dit de prendre la capsule bleue dont il n’est pas certain qu’elle agisse puisqu’il n’y a pas eu de publication, parce que ça prend du temps de faire une étude sérieuse, etc… Je ne pense pas que Raoult triche sur ses chiffres. En revanche, je ne suis pas certain que ses succès soient liés essentiellement à la molécule utilisée.

Allez, je vais l’avouer. Quand il y a 3 semaines, Raoult nous dit de regarder la courbe de Gauss qui raconte que l’épidémie est saisonnière et qu’elle va disparaître, ben moi, illico, je l’ai cru. J’ai même pas besoin qu’il me dise que les virus, c’est son métier depuis longtemps. Je l’ai cru parce que je pense qu’il est collectivement plus bénéfique de croire que le virus disparaît plutôt que d’attendre les analyses prudentes d’un professeur Salomon. Et ce n’est pas irrationnel. Je m’appuie sur des années de recherches personnelles sur la relation esprit/matière et sur des travaux divers qui ne parviennent jamais à se libérer du statut de pseudoscience ou de charlatanisme, non pas à cause de la nullité de leurs travaux, mais de tous les tabous et préjugés que draine avec elle la communauté scientifique.

J’ai regardé, hier, un documentaire d’époque sur Jacques Benvéniste et la mémoire de l’eau. L’homme n’était pas parfait, beau gosse charmeur, se prenant pour Galilée et Einstein mâtiné d’un Gérard Philippe. Ses études pouvaient contenir des biais mais il s’est passé la même chose que pour Raoult. Ce qu’il osait avancer bousculait tant les théories de la physique classique, que la meute des orthodoxes n’en a fait qu’une bouchée avec des contre-études totalement délirantes et qui, le plus souvent, ne respectaient même pas le protocole original. 

À chaque fois, on procède de la même façon : on décrédibilise la personne dès qu’elle fait un pet de travers et on l’élimine médiatiquement, ses études avec. Franchement, la science, c’est pas joli joli parfois. Théoriquement, c’est parfait, indispensable pour la compréhension du monde. Mais dans la réalité, ce ne sont que des personnes qui veulent du pognon et de la reconnaissance (Raoult compris, la reconnaissance) et sont sujets à divers jeux de pouvoir à l’intérieur d’un cadre figé et réactionnaire destiné à ce que ceux qui sont en place y restent. On ne peut sérieusement se réclamer de la science sans en interroger son fonctionnement.

Covid bilan2

Le politologue

La télé, la radio, tous nous balancent des chiffres affolants sur le fameux Covid19 mais avec une légèreté déconcertante. Personne ne cherche à créer des comparaisons, à analyser de façon globale. Tout part du petit nombril national et se diffuse dans le haut-parleur au service des dirigeants. On nous prévient à juste titre des fake news qui circulent sur la toile, mais, franchement, les médias ne font pas vraiment mieux.

Qui comprend quelque chose à ce virus ? Pas grand monde, parce qu’il ne répond pas à la logique cartésienne, aux cases et aux principes scientifiques tellement étriqués. Pour un scientifique, une personne contaminée va en contaminer x. Sauf que ça dépend de la personne contaminée, des x personnes qu’elle a croisées, de la virulence du virus qui s’est installé dans son corps, de la température extérieure et d’un nombre innombrables de facteurs.

Le virus a fait mourir 44 personnes par million sur la planète. En France, on est à 444par million. En Suède (qui ne s’est pas confinée) 385par million.

Concernant la Suède, j’ai même entendu à la radio que le taux de mortalité était supérieur à celui de la France. Ce qui est faux.

Alors on entend des conneries du genre « en Suède, les gens respectent naturellement les distances sociales ». Ok. Pourquoi l’Afrique pour laquelle on prédisait une hécatombe, est-elle peu touchée ? Le virus y circule pourtant, on ne peut pas dire qu’il y ait une culture du geste barrière, la population est importante, mais, voilà, ça ne prend pas.

Au Brésil, ils en sont à 100 décès par million d’habitants.

Bref, finalement, qui peut dire ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire, en réalité ? On peut bien sûr mettre des décors blancs ou des dorures et y planter des drapeaux pour expliquer que ceci ou que cela, que les scientifiques ceci ou cela. Ça rassure. Mais les scientifiques ceci ou cela, ils feraient bien de faire preuve d’un peu d’humilité et de cesser de s’accrocher à leurs chiffres comme à des bouées de sauvetage. Avec les chiffres, vous allez voir qu’il y en a qui vont vous dire que ce sont les pays chrétiens qui sont touchés (hum, c’est chrétien, la Chine ?). D’autres vous diront que ce sont ceux qui ont le plus d’antennes relais de téléphones portables.

Une chose est sûre. Comme toujours, les médias et les fake-news, main dans la main, se sont appliqués à jouer avec nos peurs. Quant à moi, je ne suis pas du tout certain que les réponses législatives et policières soient les meilleures. 

Donnez à chacun des informations les plus complètes possibles en évitant de prédire sans cesse des catastrophes et je suis sûr qu’il saura apprécier ce qu’il convient de faire. C’est en tout cas une vision plus démocratique que celle du troupeau qu’on prétend protéger et de guider. En disant cela, je sais bien qu’il y a ceux qui ne rêvent que d’être menés, tête basse, à la baguette d’un bon berger. Pour ceux-là, personne ne pourra jamais rien.

Pour avoir accès à des données objectives dans plein de domaines, je vous conseille https://coronavirus.politologue.com. Il recueille toutes les données officielles dans le monde entier.

J’en pouvais plus, il fallait que je le dise

Alors, en préambule : je suis comédien et donc, spécialiste en rien.

N’empêche, que je cherche un peu à m’informer au-delà de la presse grand public et des messages gouvernementaux. En évitant néanmoins toutes les conneries complotistes qui circulent sur le net.

On a donc ici la courbe des cas avérés de Covid 19 en France de janvier au 20 mai. Ce sont les données officielles. J’y ai juste rajouté les décisions gouvernementales (masques, dépistage, confinement…).

Du premier coup d’œil, on peut se dire qu’il n’y a jamais eu autant de contaminés que pendant le confinement. Bon, mais il faut affiner.

On voit que la courbe commence à s’infléchir au bout de 15 jours de confinement. On peut donc en conclure que le confinement a eu un effet bénéfique.

À partir du 11mai, date de déconfinement, il n’y a pas d’augmentation des cas alors qu’il y a davantage de tests de dépistage. On sait par ailleurs que les admissions aux urgences diminuent chaque jour.

Je me pose juste la question suivante : pourquoi un tel laxisme (pas de masques, pas de tests) avant le confinement alors qu’on connaissait l’existence et les effets du virus depuis décembre ? Si on avait agi plus tôt et mieux, un confinement aurait-il pu être évité ou plus court, ou plus tôt ?

Et la seconde question : pourquoi soudain des mesures aussi radicales que les déplacements limités à 100 kms maintenant que les effets de l’épidémie décroissent partout ?

Encore une fois, je ne suis spécialiste de rien. Et il semblerait que, de toute façon, les spécialistes ne sont pas d’accord entre eux.

J’apprends ce matin que les tests sérologiques ne seront disponibles qu’à l’été.

J’aimerais juste que les baltringues au pouvoir ne se croient pas trop autorisés à décider autoritairement de nos vies avec toujours un temps de retard.

J’ai beau n’être spécialiste de rien, je commence à en avoir marre des points d’interrogations générés par les décisions douteuses et souvent décalées de ces branquignoles.

En bonus, l’évolution de la mortalité comparée à 2018 et 2019 :

Source Insee

Conclusion, la mortalité est devenue inférieure aux 2 années précédentes, comme en mars.

Le jour où je me suis senti papillon

papillon dans mon jardin

Planté devant la feuille blanche, je me suis mis en devoir de faire un article de blog. Mais voilà que rien ne vient, que rien ne sort, si ce n’est c’est impossibilité de trouver quelque chose à dire. 

Si je parle des nominations D’Alexis Michalik aux Molières, on va penser que je fayote. J’ai vu Une Histoire d’Amour et j’y ai vécu un immense plaisir de spectateur, alors que je ne suis pas le public idéal, particulièrement pour les amis. Marie-Camille Soyer, belle surprise de la voir nominée elle aussi. Elle est parfaite dans cette Histoire d’Amour. Voilà. Envie de parler des autres.

Par ailleurs, j’ai encore expérimenté hier mon invention qui raconte que l’eau se connecte au vivant de façon mesurable. J’avais levé le pied pendant le confinement. Mais à chaque fois que je m’y remets et que j’ai sous les yeux les résultats incroyables, je me retrouve aussi face à l’abîme qui me sépare de mes semblables. Regards fuyant devant un truc trop « énorme » venant d’un mec trop ding dong.

D’un côté la réussite et la reconnaissance, de l’autre, le sentiment d’impuissance. C’est peut-être de cela que mon inconscient voulait me faire parler.

D’ici 3 jours

JAQUETTE

Mon agent nous a fait savoir qu’il serait bon de profiter de ce temps où nous ne pouvons pas travailler pour refaire nos bandes démo. Ma dernière datait de 2014. De fait, si je suis très absent du web pendant quelques jours, c’est que je suis occupé à ça. On en arrive là. On doit prévenir de nos absences publiques, maintenant.

Mais revenons à ces fameuses bandes-démo. La précédente, je l’avais faite un peu comme un CV. On m’y voyait jouer dans différents films à différentes périodes de ma vie. Mais à quoi cela sert-il de montrer que l’on a déjà joué et, si possible, pas trop mal joué ? Quand un casting a besoin de vous, c’est pour un rôle bien précis. Il va donc privilégier un acteur qui, par hasard, a montré qu’il avait déjà bien joué un rôle qui ressemble au personnage pour lequel on a besoin de trouver un acteur potentiel.

Pour la future bande démo, je vais tenter un truc qui ne se fait pas a priori. Parce que j’ai pour principe de vie de faire des choses que je n’ai pas déjà vues ou qui vont à l’encontre d’une norme ramollie et bien-pensante. Ma bande démo sera donc comme moi : plutôt clivante. Il y aura ceux qui aimeront et ceux qui détestent parce que c’est pas pareil que les autres. Ben oui, ceux qui font différemment sont vécus souvent comme dérangeants ou tout simplement comme des petits cons prétentieux.

Dans les faits, pourtant, quand on fait appel à moi pour des castings, depuis quelques années, c’est le plus souvent pour jouer le suspect ou le coupable dans les séries policières. J’ai tellement joué ça que, désormais, je rate systématiquement (et involontairement) tous les castings dans lesquels on me demande de rejouer la même chose : le mec qui a l’air louche qui va orienter vers une fausse piste ou le gars d’extraction populaire qui porte en lui une grosse faille qui va le faire passer à l’acte. En fait, je crois que je ne sais plus jouer ça. Je n’y arrive plus parce que ça ne m’amuse plus. Est-il possible de jouer sans plaisir, sans désir ?

Mon vrai créneau de jeu, celui pour lequel je n’ai aucune lassitude, c’est la comédie ou les films de genre ou d’époque, les personnages lunaires, décalés, burlesques, poétiques, dans l’espace, obsessionnels à forte caractérisation, naïfs imbéciles ou en colère. Ce sont eux qui résonnent le mieux avec ma vibration énergétique intime (Du Filho, Rufus, Villeret…). C’est sûr que dans ce créneau, il n’y a pas beaucoup de personnages parce que notre monde adore les drames réalistes dans lesquels les gentils et les méchants sont reconnaissables au-delà des limites de circulation en période d’état d’urgence sanitaire. C’est comme dans l’actu : les vilains gilets jaunes, le trop violent Mélenchon, les salauds des cités, les dépravés de l’argent. Le monde se police à tous les sens du terme.

Bon mais, je bavarde, je bavarde. J’ai une bande démo à faire !

Mon 11 mai

libération

Qu’est-ce qui est plus insupportable que d’être dans l’attente, de ne pas avoir les éléments qui te permettent d’envisager le futur ? C’est ce que produit le déconfinement, en fait. Au moins, confiné, tu te dis que tu n’as le choix de rien.

J’ai l’habitude de ce genre de situation. Dès que l’on fait des projets artisitiques, leur réalisation dépend de multiples intermédiaires qui prennent leur temps pour lire, prendre des décisions, se réunir, attente des résultats de diverses commissions pilotées par des spécialistes plus ou moins contestables… Professionnellement, on attend, on s’habitue un peu, même si on fulmine souvent. Ces interdictions de se projeter finissent quand même par miner le moral.

Avec cette période post-confinement, c’est la même chose, mais on a l’impression que cette situation spécifique est désormais généralisée.

J’ai droit à la retraite grâce à mon activité professionnelle précoce depuis le mois d’avril. Mais impossible d’avoir un rendez-vous téléphonique et les réponses aux messages écrits sont le plus souvent totalement inappropriées.

Dans le village où je me suis confiné, on devait avoir des masques à disposition au bureau de tabac le 4 mai + d’autres distribués par la mairie avant le déconfinement. Mais personne n’a été livré.

Ce rayon de circulation de 100 kms me coupe de tout accès à ma famille et mes amis ou à mon milieu professionnel. Rentrer à Paris sans activité ? Tout rassemblement public interdit ? La question se pose. Mais se retrouver bloqué là-bas, en appart, sans boulot, sans loisirs, je ne suis pas certain.

Et quand tu vois que les décisions dépendent du monteur de tigres, de Véran, Philippe et Rantamplan, tu n’es pas certain que tout sera fait avec bon sens.

Si tu ajoutes à cela que tu constates que beaucoup de gens que tu connais se laissent aller soit à l’adoration de Son Altesse, soit au complotisme le plus imbécile, tu finis par te sentir un peu isolé sous la pluie et le vent.

Bref, le 11 mai jour de libération ? Pas certain.

Bad trip

trip

Dans la perspective du déconfinement, je me suis un peu lâché. J’ai trouvé un champignon dans le jardin. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Il ne me serait jamais venu à l’idée auparavant  de cueillir un champignon, comme ça, sans le connaître, pour le porter à ma bouche.

Il n’était pas très bon. Mais presque aussitôt, ma tête se mit à tourner. Je voulais regagner la maison mais, rien à faire. Tout tanguait autour de moi comme si je fus sur un bateau pris dans la tempête. Je me suis accroché au mât. Enfin, au tronc du cerisier. Et comme il me semblait qu’un vent monstrueux se mettait à souffler dans mes oreilles, je me suis laissé tomber au pied de l’arbre. Je sentais ma mort toute proche. Je n’avais même plus peur. Je savais que l’inéluctable était là, enveloppant, presque rassurant.

Couché au sol, ballotté comme une chiffe, j’entendis une voix. Une voix d’homme qui semblait théoriser sur ses chances d’accoster sans encombre. Je me risquais à ouvrir un œil. L’homme était barbu et assis en une étrange posture. Il m’est difficile de la décrire. Il avait, non pas la tête dans les mains mais les mains dans la tête. Oui, c’est ça. Ses mains étaient entrées dans sa tête. Mais ça ne saignait pas. Je fus pris alors d’une soudaine colère qui me fit me redresser : Au lieu de théoriser sur le naufrage, tu ferais mieux de descendre à la cale pour voir s’il y a du fromage et du jambon, lui lançais-je en bavant un peu. Sans doute le mot fromage se rapprochait-il du mot naufrage et mes neurones m’avaient-ils abandonné sous les effets du champignon pour s’en aller gambader à leur guise. Mais d’où sortais-je le jambon ? Je ne sais toujours pas.

C’est alors qu’apparût au-dessus de nos têtes une boule rouge d’où sortaient une multitude de petites trompes. Elle semblait tournoyer dans les airs à quelques mètres de nous, menaçante. Nous savions intuitivement que si par malheur elle parvenait à nous toucher, nous tomberions à jamais dans les abîmes. J’avais l’impression confuse que cette menace ne visait pas que nous mais l’humanité toute entière.

Je fus alors emporté par un élan héroïque qui me fit me redresser encore davantage. Je sentais maintenant que le sort de la planète reposait sur mes frêles épaules. Mais la boule rouge virevoltant dans les airs devait lire dans mes pensées. Elle s’enfuit. C’est alors que je sifflai, la bouche dans mes doigts (oui, je sais, c’est impossible a priori). Deux tigres qui broutaient les plants de concombre dans mon potager relevèrent la tête. M’apercevant, ils accoururent vers nous. Ils avaient compris. Nous les enfourchâmes avec mon compagnon de naufrage et nous élançâmes à la poursuite de la boule. Dans le ciel, une sorte de calendrier 2020-2021 se forma, apparaissant et disparaissant par intermittence. Puis tout devint blanc. Et je vomis.

J’espère que personne, après mon témoignage, ne se hasardera à ingurgiter un champignon dans son jardin s’il n’en connaît pas l’espèce.

Pour ceux qui ne s’intéressent que de très loin à l’actualité culturelle : Ce texte est très inspiré d’un certain discours sur la culture. Non, je n’ai pas mangé de champignons…

Toutes mes conneries vidéo-confinées

blog

Et voilà que le premier confinement se termine. Il aura été long, laborieux, anxiogène.

La seule chose que je suis parvenu à faire, c’est des conneries, chansonnettes ou vidéos potaches, pour nous distraire. C’est ce qu’il restera de mon nomansland temporel.

Le première chanson avec image animée fût « le monde de demain ». C’était au moment où nous nous rendions compte que ceux qui faisaient marcher la boutique étaient ceux qui étaient descendu dans la rue.

Pour le second clip, c’est Raph Charpentier, le copain musicien d’Intra-Muros a fait la musique. Un délire surréaliste sur la situation de confiné.

Toujours Charpentier pour la musique pour ce clip qui raconte la communication à 15 jours de nos gouvernants.

Là, ce n’est pas une chanson, mais un tuto interminable à la façon Édouard Philippe… Ça dure 13 minutes, mais ça vaut la peine d’aller au bout (contrairement aux tutos d’Édouard Philippe)… (gros succès)

Plus potache, le tuto 2 mais beaucoup plus court, avec un clin d’oeil à Raoult.

Une chansonnette pour finir, ritournelle entêtante qui interroge sur la notion de Bisounours.

Voilà quelle fût ma façon d’exister un peu en cette période qui laissera des traces (pas moi, la période).

Lundi, bouger sans remplir une autorisation… Bon déconfinement !

Madame Irma parle de Son Altesse

SAS

J’avais parié que Son Altesse allait tout lâcher pour les intermittents. En effet, les artistes sont réputés pour ouvrir leur gueule en argumentant et certains ont une réelle influence sur la pensée collective. On préfère toujours se les mettre dans la poche.

Ce n’est donc pas les mesures pour la culture annoncées par Son Altesse qui m’ont surpris. C’est le ton, la forme. J’avais l’impression que Son Altesse était soudain investie d’un nouveau personnage : le grand réformateur qui va changer le monde de demain avec imagination, volonté, voulant surprendre tout le monde, opérant un virage à gauche tel que le fit Roosevelt avec le New Deal.

Car oui, Son Altesse est romantique, passionné à ses heures. Peu importent les convictions profondes, c’est le rôle qui l’emporte. La beauté du personnage.

Et si Mélenchon allait finir par voler au secours de Macron ?

Imaginons deux secondes que Son Altesse mette en pratique ses paroles et veuille tout chambouler pour une politique où l’état est fort, décide, protège (une vraie politique socialiste, pas à la Hollande). Pensez-vous que cela se passerait comme ça, facilement ?

Quand on demande trop d’efforts au peuple, quand on le saigne, il descend dans la rue et crie. Alors on le matraque, on le gaze, on dénonce la violence des gens trop radicalisés, on laisse pourrir et tout finit par se tasser. Ça marche comme ça quand le peuple est en colère. Mais si l’on demande au pouvoir du pognon de faire des sacrifices, là, ça ne crie pas, ça ne descend pas dans la rue, ça ne fait pas de bruit. Mais ça agit dans les tours de la Défense, sur les plages de Caraïbes, ça téléphone, ça prend la fuite, ça place ailleurs, ça démolit tout ce qui pourrait aider aux projets bolchéviques. S’il le faut, il y a suffisamment d’argent pour faire dézinguer les gêneurs et monter de faux mouvements sociaux pilotés par les mafias. L’histoire est pleine de ces réactions du pouvoir de l’argent. Ce n’est pas une vue complotiste. C’est de l’histoire.

Je ne suis pas certain qu’il soit complètement naïf et vain de porter un regard sur les situations comme sur un théâtre de marionnettes, n’en déplaise aux « c’est-pas-si-simple ». Si la pensée peut sembler complexe, les actes restent guidés par des pulsions archaïques. Nous oublions trop vite que nous sommes des animaux. Ne craignons pas d’êtres bêtes puisque nous le sommes.

Pourquoi Sarko, Hollande, Macron, commencent-ils leur mandat en faisant des gros cadeaux aux fortunés ? Je parierais que c’est moins par conviction économique sincère que par peur de se voir emmerdé. Pour les artistes, c’est pareil. Les gouvernants ont peur de ceux qui pensent et s’expriment. Il vaut toujours mieux payer pour obtenir des bouffons. La pensée est sous contrôle. Enfin, une illusion de contrôle qui ne tient jamais bien longtemps.

Félicitons-nous de ces gestes pour les intermittents, quelles qu’en soient les motivations ! Et si son Altesse veut endosser un nouveau costume, qu’elle le fasse !

Oui, la période que s’annonce va être passionnante.

PS : Alors, le sujet de l’article n’est pas sur la qualité des mesures mais sur la posture de Son Altesse. Ensuite, je ne dis pas qu’il a viré à gauche mais « imaginons que ». Voilà…

Une chanson Bisounours

Une fois n’est pas coutume, j’ai commis une chanson Bisounours. L’effet de la campagne, du soleil, je sais pas.

La chanson initiale était plus longue, trop longue. Et la raccourcissant, je la trouve trop gentille. Mais bon, pour une fois…

Les divas

castafiore

Au début, ils étaient tellement dépassés par les événements que c’était le bordel obligé. Mais maintenant, nous mettre dans l’attente d’annonces est devenu une stratégie. On vous en dira plus en fin de semaine. Avant c’était dans 15 jours. 15 jours, ça semblait être la formule la plus utilisée par le gouvernement.

Tu veux regarder le premier ministre faire son discours à l’assemblée, mais tu ne sais pas où. Alors tu te doutes bien que c’est sur BFM. Mais pour ce qui est du débat des députés qui va suivre, tu auras pour mission d’aller chercher sur quelle chaîne ça se passe.

Aujourd’hui c’est le tour de Macron. Il a annoncé il y a plusieurs jours qu’il ferait un discours sur un plan culture. Fatalement, quand tu bosses dans ce domaine, tu as envie de savoir le plus vite possible quel sort nous sera réservé (même si a priori c’est idiot d’attendre puisqu’au pire, tu le sauras aux infos suivantes). Mais quand parlera-t-il ? Sur quelle chaîne ? Démerde-toi ! Tu as appris ce matin qu’il commencerait pas une visio-conférence avec des artistes (tu ne sais pas lesquels) et qu’il fera ses annonces après. Comme si celles-ci allaient tenir compte de cet entretien avec des artistes. Quel cinéma !

Avec cette histoire de virus, le gouvernement a compris qu’on était tous suspendus à ses décisions, dans l’attente des ordres et des consignes. C’est mieux que dans le plus beau de leurs rêves. Les voilà devenus un deux mois les maîtres absolus de nos destinées.

Et vas-y que je te blablate, que je joue la longueur, que je me fais désirer, que je te distille en deux heures des infos qui auraient pu prendre trois minutes. Vivement que le virus s’éteigne. S’ils ne l’ont pas chopé, ils ont chopé le gros melon, eux.