Casting, suite et fin

sortie

On croit toujours qu’on a un rôle. Surtout quand c’est votre agent qui vous l’annonce avec une joie non feinte. Mais hier après-midi, nouveau coup de fil : Heu, je suis désolée, la production m’a rappelée et comme ils avaient fait aussi un casting en région, finalement, ils préfèrent y prendre le rôle.

Alors, ce n’est pas une blague, ce n’est pas de l’humour, c’est la vérité. J’ai bien fait de faire la sieste en traversant Paris.

Alors, comment ça se passe, en vérité, factuellement, sans jugement : vous passez le casting (sans le réalisateur). Si vous êtes retenus, on présente les essais, non pas au réalisateur, mais à la chaîne qui valide ou pas. Ensuite, une fois validé, la prod doit penser financement. Quand on a une aide régionale, on doit redistribuer dans la région qui finance, en prenant des techniciens et des acteurs du cru. Je trouve par ailleurs cette donnée très pertinente pour la vie de la région.

Mais au-delà de tout ça, je pense à ce que sont devenus les choix artistiques dans la production audiovisuelle. Pour le cinéma, pour jouer la concierge on va vous proposer Virginie Éfira, pour la fermière, Karine Viard et pour le facteur, on va en faire une factrice et proposer le rôle à Adèle Haenel. Il est où le casting adapté au scénario ? Évaporé, disparu, au profit des préjugés qui régissent les rêves de recettes.

Et artistiquement… Artistiquement, il est où le choix du réalisateur ? Souvent, parce qu’il faut bien vivre et que le film se tourne, il avale son chapeau, finit par s’en foutre totalement de la question des choix artistiques. Et pour la télé, ben, c’est ce que j’ai raconté avec d’autres mochetées en plus. On va virer telle héroïne de série parce qu’on la trouve trop vieille en saison VI. Alors on va prendre son sosie un brin plus jeune.

Alors, je ne balance pas, je dis ce qui se passe, tout simplement, que tout le monde connaît et préfère taire pour garder sa petite place précaire. Il y a un problème ? Je n’en vois pas.

Là où je suis un brin triste, c’est que j’avais tourné dans le premier long-métrage du réalisateur et qu’on avait fait du bon boulot. Sympathisé, même.

En fait, ce monde bouffé par l’argent, qui nous a transformés en vulgaires consommateurs, il déconne à tous les étages. C’est peut-être pour ça qu’on n’en a pas terminé des révoltes, des gilets jaunes et des incontrôlables. Bien sûr, personne n’aime le désordre et aspire au silence et à la tranquillité. Mais quel autre choix que la révolte si l’on ouvre un peu les yeux et que l’on ne veut plus s’asseoir sur sa dignité ?

Résultat du casting

pltform

J’ai eu le rôle. Enfin, un rôle. Pas celui pour lequel j’ai passé les essais, mais un autre. Moins paysan. Plus en colère. C’est ça, l’homme en colère. Et je suis content. 4 tournages qui s’enchaînent ou s’entremêlent.

Vu hier soir une avant-première Les Fleurs Amères d’Olivier Meys. Un film très instructif sur le destin de ces prostituées de Belleville, remarquablement interprété par des actrices Chinoises.

Vu cet après-midi une expo de Peter Keene et PietSo, à la Plateforme (Paris 20ème). Des installations qui mêlent végétaux, sculptures et appareillages électroniques au carrefour de la poésie et de la radiesthésie. Je voulais juste y passer, curieux. J’y suis resté deux heures et demie et me suis fait des amis.

Obligé de poursuivre mes expériences bizarres en vue d’une expérience en direct pour un congrès au mois d’octobre. Je peaufine et c’est impressionnant comme ça marche.

Bientôt la projection parisienne de Manigances. Il n’y a pas trop de places, alors je garde un peu de discrétion. Les copains sauront se rappeler à moi si je ne l’ai pas fait avant eux.

master class : le casting

renard

Je vois que quand je poste une de mes expériences bizarres, ça fait l’effet d’une implosion. Un long souffle de silence, puis plus rien. Ça me fait rire, en fait. J’en suis au stade où je n’attends vraiment rien de ces partages qui sont difficilement acceptables d’un point de vue rationnel. Mais j’en parle quand même parce que je sais que c’est juste.

Cet après-midi, davantage acceptable, je passais un nouveau casting pour un unitaire. Ça serait pour jouer le rôle d’un paysan. J’aime bien les rôles de paysans (même si j’adore changer de ces incarnations terriennes et un peu bourrues qu’on me colle facilement).

J’y suis allé tellement zen que j’en ai fait une petite sieste dans le métro sur le trajet qui me conduisait à Boulogne. Pas une décontraction du style rien à foutre, mais la certitude que le fait d’être pris ne repose pas vraiment sur ce que vous faites. Du coup, j’y vais détendu et je m’amuse. Autant ne pas perdre son temps à se ronger les sangs pour quelque chose qui vous échappe à 80%. Bon, on me dira, c’était pas un rôle principal. T’inquiète gros, dans l’état actuel du cinéma Français qui est régi par les lois des parts de marché, je ne fais pas partie des 17 acteurs Français bancables. Je suis à l’abri du stress. Mais je m’amuse encore.

Aussi bien dans les expériences bizarres que dans le métier d’acteur, la marge reste une zone de liberté ludique. Un biotope dans lequel on n’est pas riche mais heureux.

Je m’évapore encore

Bon, j’ai plein de textes à apprendre pour les prochains tournages et je dois faire des volets et les poser. Mais tout cela ne m’empêche pas de continuer mes expériences bizarres.

Dans cette vidéo, j’ai l’air moins crédible que jamais et plus barré à l’ouest que… jamais. Pourtant, il s’agit de la meilleure expérience que j’ai produite et reproduite. Je vais très prochainement l’expérimenter en public avec la participation plus qu’active des personnes présentes.

Pendant que la vidéo chargeait, nous faisions de la confiture de pêches de vigne. Nos pêches, elles n’auraient pas la place sur un étal de marchand de fuit. La peau serait jugée trop épaisse et l’esthétique trop brute. Pourtant, quand on croque dedans, elles sont rouge sombre en surface puis blanches jusqu’au noyau, juteuses et sucrées à souhait. Quant au goût, il est celui des pêches volées de mon enfance. Comme mes expériences.

Tout un programme

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Un blog d’acteur se doit de parler un peu boulot, quand même. Alors, comment s’annonce l’année 2019-2020 ? Après deux ans de théâtre avec Intra-Muros, je m’étais complètement éloigné des caméras et des écrans. Je craignais que le retour ne soit pas obligatoirement facile, d’autant que les castings pendant que je jouais au théâtre n’avaient pas été des plus fructueux. Eh bien, il semblerait que tout aille pour le mieux. Je vais tourner très vite dans un court-métrage bien joli, un très gros film de cinéma dont on entendra parler, une série burlesque que j’aime beaucoup et, lundi prochain je passe des essais pour un téléfilm. Bref, le retour aux écrans s’amorce plutôt très bien.

Début octobre aura lieu la projection parisienne de Manigances. Je donnerai toutes les infos rapidement.

Le 12 octobre, je me livre à une conférence/signatures de Magnétique devant un parterre de magnétiseurs de toute la France (GNOMA). En prime, je leur proposerai une expérience bizarre en live qui montrera qu’ils ont une influence physique sur l’eau. Une façon de sortir du blabla et de vivre en direct une expérience.

Dans les creux, il me reste à travailler encore à l’écriture d’un film et au montage d’un documentaire.

Que ceux qui voudraient m’expédier à la retraite devront faire preuve de patience.

Vendredi 6 (demain) à L’Utopia

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Demain, je serai à l’Utopia de Bordeaux qui fête ses 20 ans. Dans le cadre des festivités, la soirée de demain (20:30) propose 3 courts-métrages dont La Caverne de Philippe Fernandez (Cosmodrama) que nous avions tourné il y a tellement longtemps que je me demande qui est le mec sur la photo. Ça sera un plaisir de revoir ce film sur grand écran en compagnie de Philippe et de tous les copains que je croiserai.

À demain !

M’en parlez pas !

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Je vais bientôt fêter mes 61 ans. C’est pas un drame. À cet âge, forcément, on s’interroge sur sa retraite. Un coup on nous dit qu’il faut attendre 64 ans, et le coup d’après, Macron nous dit qu’il faut compter les annuités. Si c’était le cas, j’aurais très vite droit à la retraite. De toute façon, comme le disait Jacob ce matin (on ne peut m’accuser d’être de son bord), ce qui va se passer en réalité, c’est qu’ils vont faire traîner le machin pour après les municipales. Conclusion : s’ils veulent déplacer la réforme après les municipales, c’est qu’ils prévoient qu’elle sera impopulaire, donc qu’elle nous niquera encore. Allez, je vais commencer à m’occuper du dossier puisque je n’ai rien à attendre d’une République prétendument ne Marche, plus soucieuse des échéances électorales que d’autre chose.