Coïncidences

Photographiè sur le trottoir en allant chez l’huissier

Il arrive parfois des choses surprenantes. Ce matin, je me suis rendu chez un huissier de justice pour déposer le procédé de mon invention, histoire de me protéger.

Vers 11:00, je signais un accord de collaboration sur mon invention avec un pays lointain.

Vers 13:00, j’avais rendez-vous avec une réalisatrice pour faire l’acteur dans un exercice d’école de la Fémis. Elle m’a présenté le texte à travailler.

Il s’agit d’un personnage en mal de reconnaissance lié à sa petite enfance et qui est devenu inventeur. Sa vie va commencer à changer de façon positive, jusqu’à ce que le gars avec qui il a partagé son invention lui pique le brevet et disparaisse de la circulation pour faire fructifier avec succès sa propre entreprise. Je précise que la réalisatrice ne me connaissait pas et qu’elle m’a choisi parmi une série de photos d’acteurs.

Quand les coïncidences montrent une telle un puissance temporelle, il y a de quoi être troublé. Enfin, personnellement, ça me trouble toujours.

Nouvel IOS personnel, changement de planète

Si la France est sourde à l’innovation et à la nouveauté, c’est à l’étranger que je vais développer mon invention qui permet de décrypter ce qui se passe au niveau neuronal par des mesures d’eau.

Je sais que ce que je dis depuis quelques temps est à peu près du niveau de la hiéroglyphe pour le lecteur de ce blog. Un comédien qui invente n’a aucun crédit, y compris dans la population. Je ne m’en plains pas car j’aurais sans doute le même réflexe rationnel de rejet pour une invention venant d’un collègue.

Comme dit l’adage, nul n’est prophète en son pays. Ce qui prend un tour nouveau pour ma petite affaire, c’est que j’ai une piste sérieuse pour une collaboration scientifique ailleurs, loin. Me voici désormais éloigné des problématiques sociopolitiques et peu me chaut de ne pas tourner comme acteur. Ma vie toute entière est tendue vers ma découverte et ses multiples applications. Peu importe aussi que la science ne soit pas en mesure de la valider. J’apporte pourtant la preuve scientifique de l’existence d’un phénomène totalement reproductible. C’est l’explication qui échappe à nos connaissances actuelles.

Voici comment, en peu de temps, par le fruit d’une curiosité jamais rassasiée et du hasard, à soixante ans et des poussières, c’est ma vie qui prend un tournant radical. Dans les mois qui viennent cela devrait se concrétiser de façon impressionnante, passant d’une recherche solitaire pendant une bonne décennie à des collaborations fructueuses.

Si j’écris moins sur le blog, c’est que le journal d’un comédien qui motivait mon expression publique en 2004 a perdu tout son sens. Si je ne laisse plus longtemps traîner mes opinions politiques peu consensuelles exprimées du Facebook, c’est que ce combat donquichottesque a perdu pour moi de son importance et de sa nécessité personnelle. 

J’ai peut-être l’air de me la péter dans ma façon d’écrire et de parler, j’en ai bien conscience. C’est juste que j’essaie d’exprimer ma pensée avec justesse et précision, comme on entre des données dans des tableurs Excel. Ça oblige à peser, non pas des clémentines, mais des mots. Affirmer des choses qui ne sont pas admises, en toute tranquillité, de façon démonstrative est forcément déplaisant pour celui qui les reçoit. On soupçonne son auteur, dès lors qu’il n’a pas les bagages culturels, ni blouse blanche, ni voix de basse, de n’être pas à sa place et, par voie de conséquence, d’être dans l’illumination, le délire ou simplement la folie. Il nous fait peur ou nous inquiète par empathie. Et c’est vrai que, parfois, mon vocabulaire porte les manques de l’apprentissage autodidacte. Je n’ai pas l’aisance naturelle des gens bien nés et bien éduqués. Je sais tout cela. Pour parachever le tableau, j’ai en plus une gueule de prolo anachronique. Je sais.

Malgré toutes ces choses visibles qui jouent en ma défaveur, je tiens à préciser pour mes amis, que je suis en bonne santé mentale et que je veille à garder toute l’humilité et l’honnêteté des gens simples, qui ne sont pas nécessairement simples d’esprit. La seule différence réside dans le fait que j’ai choisi de me foutre de ce qu’on pouvait bien penser de moi.

Le poids des maux

Islamisme : Courant de pensée musulman, essentiellement politique, apparu au XXème siècle. Il peut s’agir du choix conscient de la doctrine musulmane comme guide de l’action politique, ou transformer le système social et politique en faisant de la charia l’unique source du droit.

Gauchisme : Terme péjoratif employé pour qualifier l’action politique d’individus ou d’organisations comme étant d’extrême gauche. Historiquement, le terme désigne un courant politique trotskiste, anarchiste ou maoïste qui prône la révolution, considéré comme distinct des courants classiques de la gauche et du communisme.

Glissement sémantique : fait qu’un mot ou une expression acquiert au fil du temps un sens différent de celui de son origine, ce qui peut donner lieu à des quiproquos.

Avec l’expression Islamo-gauchisme on assiste à un double glissement sémantique. 

  • On devine que le mot gauchiste ne s’applique plus aux visions révolutionnaires les plus radicales (radicale n’étant pas non plus un mot péjoratif à l’origine) qui se distinguaient de la gauche traditionnelle et du communisme, mais désormais commencerait à s’appliquer à l’aile gauche du PS. Je rappelle par exemple que Mélenchon était un ministre socialiste.
  • Stricto sensu, un islamo-gauchiste serait donc un révolutionnaire qui veut transformer le système social et politique en faisant de la charia l’unique source du droit. Par conséquent, un islamo-gauchiste, serait un islamiste révolutionnaire.

Les leaders du glissement sémantique, dans la classe politique, sont incontestablement les macronistes En Marche et le Front National (qui pense qu’en changeant de nom il changera d’image). Mais la classe politique dans son ensemble s’est prêtée à la transformation du sens des mots, à commencer par celui de « réforme » qui est devenu amputation des droits sociaux et augmentation des inégalités.

Le langage et la vision du réel

Ceux qui s’intéressent à la vision savent que l’œil ne voit pas une image mais une quantité de photons qui passent dans le cortex visuel. L’image est alors reconstituée par différentes zones du cerveau dont celle du langage. Ainsi, on s’est aperçu qu’une tribu qui n’avait pas le mot bleu dans son vocabulaire, ne voyait pas le bleu. Quand on présente à un de ses membres un carré bleu parmi 10 carrés verts, personne n’est capable de distinguer le carré bleu des carrés verts. En revanche, certaines nuances de vert sont possibles pour ces personnes alors qu’elles ne le sont pas pour une personne occidentalisée. https://www.researchgate.net/publication/43627151_Colour_categories_and_category_acquisition_in_Himba_and_English

Je n’ai que soixante-deux ans et je souffre de voir les bases de ma vision du monde sans cesse attaquées dans leurs fondements (les mots). En quelques années, les mots les plus positifs sont dévoyés pour devenir péjoratifs et les pires d’entre eux deviennent de véritables panacées.

Ceux qui se prêtent à ces jeux pour influencer la collectivité ne sont pas des imbéciles. Ce sont des gens malintentionnés qui utilisent l’arme la plus puissante qui existe pour s’attaquer à ce qui distingue par son élaboration l’humain de l’animal : le langage.

La création du mot islamo-gauchiste n’a qu’un objectif : associer toute pensée de gauche au terrorisme islamiste. Tous ceux qui défendent ce concept sont à vomir.

En attendant God Eau

Je bosse comme un malade. Ça ne me rapporte pas un radis (pour l’instant) mais je ne compte pas les heures qui dépassent largement celles des bureaux.

Résultat, la première version de mon manuscrit est validée par mon éditeur, la définitive sera remise mi-mars. J’espère que vous attendez déjà avec impatience Le Pouvoir de l’Eau, sortie septembre 21 aux éditions Eyrolles. Ça peut faire du bruit.

Parallèlement, mon documentaire Je me Jette à l’Eau est en train de prendre un tour très différent de ce qu’il était. Je partais d’un bidule intimiste, rempli de courbes et de graphiques. J’arrive à un projet qui nous fait voyager d’Athènes à Glasgow, de Marrakech à Tokyo. Ce qui veut dire un financement important pour un sujet délicat. Mais au bout d’un moment, il faut se lâcher sur ses ambitions si l’on veut vraiment faire quelque chose, plutôt que rabioter à l’avance de tous les côtés pour sortir un truc tout étriqué qui ramassera 3 cacahuètes et que personne ne verra. À suivre…

Une fois mes écrits terminés, je vais pouvoir respirer un peu et préparer la lecture d’une pièce de Maylis Besserie adaptée de son roman Le Tiers Temps. Il met en scène la fin de vie de Samuel Beckett. La lecture se fera pour l’Escale du livre de Bordeaux, sous la direction de Guy Lenoir. On reparlera de tout ça le moment venu.

Statut de la parole

L’humain se distingue des autres animaux par cette faculté de parler, pouvoir exprimer sa pensée, dire ses sensations, son opinion, avouer ses craintes, partager ses intuitions. Parler fait que nous sommes ensemble, que nous pouvons réagir ensemble, progresser ensemble, tenter collectivement de résoudre les problèmes.

Parler, c’est affirmer son existence, penser que nos sensations, nos connaissances, notre expérience, notre intelligence valent quelque chose et méritent de s’exprimer. Parler, c’est montrer qu’on existe, dire de soi.

Adolescent en quête d’amour, j’avais deux ennemis : le beau parleur qui jongle avec les mots pour flatter et le beau ténébreux, con comme un balais, qui avait assez de neurones pour comprendre qu’il valait mieux se taire.

Collectivement, la parole est évidemment l’expression du pouvoir des uns sur les autres. 

On a tous vécu ce débat après une projection. Tout est bien ordonné. Il y a le réalisateur face au public, juste devant l’écran, avec un micro, l’animateur chargé de l’organisation de la parole en présentant, posant des questions « intelligentes » et consentant à faire circuler un micro dans la salle pour récolter des questions si possible « intelligentes ». Le public boit les paroles même s’il brûle d’envie de rentrer chez lui (jeu social), de temps à autres, une personne prend sur soi pensant qu’elle pourra faire avancer le débat. Et puis l’on retrouve immanquablement cette personne qui, du fond de la salle, lève le bras à la moindre occasion pour monopoliser la parole et ne parler que d’elle, n’hésitant à aucune digression hors-sujet pourvu qu’elle montre qu’elle existe. Eh oui, dans cette situation où le réalisateur a une légitimité de la parole mise en scène, une personne qui souffre d’un manque de légitimité ou, une autre qui veut rappeler à l’assistance qu’elle-même est porteuse d’une parole publique, aucune n’hésitera jamais à s’exprimer dans ce cadre ritualisé de la prise de parole.

En politique

Le gilets jaunes ne se sont-ils pas manifesté en hurlant que les sans-voix montraient qu’ils étaient là ? Ils démontraient ainsi que la parole collective était confisquée par les instances de pouvoir, les institutions et les média. La réponse a été le débat citoyen qui a démontré que les sans-voix pouvaient penser, réfléchir, prendre des décisions courageuses. Mais on sait ce qu’il reste de cette consultation dans le concret.

Pour la présidentielle de 2017, quand vous écoutiez un meeting de Mélenchon, à chaque phrase, il y avait de l’analyse des situations socio-économique, une dénonciation des mécanismes de l’injustice sociale, des propositions de solutions. Bref un discours politique auquel on adhère ou n’adhère pas, mais construit sur de la pensée et de l’analyse. 

Marine Lepen, elle, son discours consiste à agiter les émotions négatives de son électorat, essentiellement basées sur la peur. On retrouve ce niveau de langage émotionnel dans le discours complotiste qui est d’ailleurs essentiellement animé par l’extrême droite. On nous ment, on nous manipule, nous savons la vérité.

Je me suis forcé à suivre des meetings de Macron. Et là, c’est le vide abyssal. Rien. Du vent. Du pipeau. Des mots les uns à le suite des autres. Tout reposait sur la mise-en-scène d’un mec jeune et dynamique sensé incarner le sauveur porteur d’un monde nouveau, tous nos malheurs ayant pour responsables la classe politique dans son ensemble. On voit concrètement où cela nous a mené. La seule promesse tenue (mais a-t-il seulement formulé des promesses ?) est celle d’une parole ramenée au statut pragmatique de communication stratégique. Niveau publicitaire et propagandiste, accompagné de la fabrication d’une pensée unique construite sur la vérité scientifique, la parole de spécialistes. Idéologie mortifère qui voudrait sceller la victoire de la science contre les croyances, des Lumières contre l’obscurantisme, de la raison contre l’émotion. Rêve qui se résume à un programme informatique, de l’intelligence artificielle. Inhumanisme.

Discrédit de la parole

Macron n’est que l’expression d’un glissement de notre société qui s’aseptise toujours plus, limite la liberté d’expression. Et ceci se fait par la parole, par l’expression imposée d’une pensée, non pas dominante mais le fruit de la pensée des dominateurs. Et cette parole autorisée et dominatrice, elle use de tous les recours propres a ce qu’elle fait semblant de dénoncer. Elle utilise l’émotion plutôt que la raison. Toute parole alternative sera discréditée. Mélenchon et Raoult sont des égos sur pattes ! On juge les personnes pour effacer leur parole. Il y a du vrai, bien sûr dans ce qui est reproché aux porteurs de paroles qui remettent en question la pensée des dominateurs. Mais que dire de l’égo d’un Macron et de ses mises-en-scène, de sa gestion du pouvoir ? N’est-il pas, dans ses actes et ses décisions plus autoritaire et mégalomane que ceux qu’il joue à dénoncer ? Mascarade !

Des paroles à l’écrit

Notre siècle nous aura vu abandonner la parole pour la remplacer par des sms, des mails, des tweets. L’avantage est que cela permet à ceux qui n’avaient pas de voix en dehors de considérations météorologiques de s’exprimer enfin. L’inconvéniet, c’est que nous avons détourné nos yeux pour les braquer sur des écrans. Évidemment, chacun se sentant désormais investi d’une légitimité à s’exprimer, qui plus est dans un cadre qui assure la protection d’une distance physique qui évite de se prendre une baigne dans la gueule, on y va, on balance, on diffuse. On postait la photo de son chat, maintenant on devient militant anti-masque, antivax, anti tout. On dit une colère d’avoir dû se taire. Mais le flot des mots est si grand, si logarithmé par les réseaux, que ces révoltes sont canalisées pourvu qu’elles ne remettent pas en question l’ordre économique et qu’elles n’entravent en rien les véritables responsables des malheurs collectifs.

Le silence comme arme de pouvoir

Dans ce jeu de l’écrit, le pouvoir s’exerce de façon insidieuse. Non pas par la parole, mais par le silence. Faites une requête auprès d’une personne hiérarchiquement supérieure. La meilleure façon que le destinataire aura d’affirmer son pouvoir consistera à prendre du temps pour répondre, vous laissant face à votre position inférieure sur l’échelle et à votre manque d’influence.

De la parole à l’image

Les jeunes préfèrent maintenant les stories aux mots écrits. L’actualité se résume à des images de poubelles qui brûlent sur BFM et à des flics qui elbèdent sur les réseaux sociaux. Sorte de régression dans l’expression. On ne prend plus la peine de dire. On prétend montrer, on laisse l’image agir, porteuse de sens et de fantasmes. Tellement trompeuse, l’image. En même temps, ce paragraphe est bien léger, voire inutile.

Pourquoi j’ai parlé

Je sais que mon article fera 3 likes sur Facebook, que tout le monde s’en tape du statut de l’image, qu’on n’aime pas les textes longs, qu’on leur préfère deux phrases ou une photo. Je m’en fous. J’avais besoin de dire, même si personne ne m’écoute, parce que parler libère et aide à comprendre. J’avais besoin de dire parce que je travaille à partager la découverte que j’ai faite sur l’eau et la conscience et que, forcément, je passe pour un déséquilibré mégalomane égaré dans ses croyances. Et c’est chiant. Mais vraiment très chiant. Tout ça, à cause du statut de la parole, de qui la porte, de qui l’entend, de qui ne peut pas l’entendre, de qui refuse de l’entendre. C’est dit.

Une baune cheauze de fête

Ça y est ! Avec un peu d’avance, j’ai remis la première version de mon manuscrit à mon éditrice. Pour l’instant, ça s’appelle Le pouvoir de l’eau, mais un titre n’est jamais définitif (et celui-ci ne me plait pas particulièrement). J’y livrerai ma fameuse découverte sur l’eau dans le menu et vous verrez que ça décoiffe.

Mais comme je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin, je profite de cette étape pour avancer sur mon projet de film. Le sujet ? La même chose mais en filmant des gens. Plein de gens. Il s’appelle Je me jette à l’eau. Pour ce film, je lancerai bientôt une expérience qui nécessitera une cinquantaine de volontaires que je recruterai exclusivement sur Facebook et sur mon blog. Commencez à vous chauffer !

Au secours !

Vous avez fait votre petit test Covid ? C’est ainsi que s’est adressée à moi l’infirmière. Je me faisais opérer d’une cataracte ce midi. 

Pouvez-vous me dire pourquoi Petit test Covid ? Pourquoi quand on est dans la position du patient tout devient petit ? 

Vous posez vos petits vêtements dans le petit placard, si vous voulez faire un petit pipi, les petits pipirooms sont ici, vous mettrez vos petits pieds dans ces petits chaussons en papier et vous attendez dans votre petite chambre qu’un petit brancardier vienne vous chercher pour vous descendre au petit bloc pour qu’on vous fasse une petite anesthésie. Prenez ce petit comprimé !

Alors, j’aimerais dire à toutes les infirmières du monde que le test Covid, c’est une longue mèche qu’on enfonce dans mon grand nez. C’est tout.

Suggestion : Alors, mon gaillard, on s’est fait chatouiller les naseaux ?

Morts de trouille

Chez les décideurs de cinéma et de télé, on évite scrupuleusement tout ce qui n’est pas politiquement correct. En science, personne n’ose s’aventurer dans des zones qui ne sont pas consensuelles par avance. En politique, on se demande où sont passés ceux qui osent dire d’autres vérités que celles des « spécialistes en ceci ou cela », tous ou presque ayant jeté leur dédain sur le mouvement des gilets jaunes. À la manif de samedi, il y avait davantage de flics que de manifestants, tant le préfet n’a aucune vision de la réalité. La presse, elle s’occupe à parler du Covid. Au moins, ça prend de la place et ça évite de parler de ce qui fâche.

En fait, je pense que nous vivons une période qui a démarré bien avant le virus, où les élites sont terrorisées, tétanisées, mortes de trouille. Peur de leur responsabilité dans les crises. Peur d’un peuple fantasmé qui résosociote puisqu’il n’y a plus d’espace d’expression collective ouvert à la diversité des opinions. L’élite a peur que ce peuple lui demande un jour des comptes.

Alors l’élite tremble, lynche toute pensée contraire à la sienne, fabrique des lois qui fichent, filment, protègent les forces de l’ordre jusqu’à en faire des chiens d’attaque.

Cette trouille de l’élite sonne-t-elle le glas d’un ordre établi ? En tout cas, la peur, c’est le contraire de la vie, de l’insolence, de l’imagination, de l’humour, de l’irrévérence, toutes ces choses qui font avancer les idées et le monde. Il va devenir temps que ça finisse. La vie reprend toujours le dessus quand elle est menacée. Vive le printemps !

Une si longue absence

Certains devaient se demander ce qui m’arrivait. Déjà qu’on aura noté que je poste de moins en moins d’articles, ces derniers temps.

J’ai fait un saut à la manif contre la loi sécurité globale, cet après-midi. On était moins nombreux que d’habitude. Je pense qu’il y avait plus de flics que de manifestants. Beau pays.

Bon, sinon, ne tournons pas autour du pot. Voilà huit jours que j’étais absorbé par une expérience qui montre que l’on peut mesurer nos émotions à travers une petite fiole d’eau sur laquelle on applique des mesures continues. Au paravant, on a juste regardé une photo de cette fiole. De n’importe où.

Cette idée complètement folle que j’avance depuis plus d’un an, j’ai pu la tester avec 47 volontaires à qui je demandais de regarder une vidéo contenant 3 bande-annonces de cinéma. À la fin, ils devaient remplir un questionnaire dans lequel ils disaient quel film ils avaient préféré. 47 personnes ! De l’eau ! Eh bien, le résultat des mesures traduit exactement le choix écrit des volontaires. Il correspond d’ailleurs aux différences de nombre d’entrées au cinéma. Et quand on oppose à ces résultats 47 mesures témoins hors visionnage, on n’obtient pas du tout le même résultat.

Le résultat en soi est magnifique. Mais il va être montré à une société qui mesure les émotions par le biais d’algorithmes appliquée aux réaction faciales de spectateurs filmés. Filmés en visionnant ces mêmes bande-annonces.

J’ai monté cette expérience en vue de la faire figurer dans mon bouquin sur le sujet. Ça tombe bien que ça ait marché. Je n’en dis pas davantage au cas où je face appel à des volontaires pour une prochaine.

Voilà à quoi ont été occupés mes 8 derniers jours, du matin au soir, sans week-end. C’est pourquoi retrouver le monde avec un petit saut à la manif, ça ne pouvait pas faire de mal.

Un virus ne doit pas nous faire oublier le reste

Je connais deux personnes qui m’ont témoigné de ce qu’est la macronie au quotidien pour elles. L’une d’entre-elles sort d’un licenciement négocié. Six mois de carence avant d’avoir droit au chômage. Problèmes de dos. Une opération. Arrêt de travail obligatoire. Du coup, elle va toucher un demi-salaire de la sécurité sociale pendant son arrêt de travail et, du même coup, elle se retrouve radiée de Pôle Emploi. Son inquiétude, c’est que sa nouvelle inscription au chômage après la maladie va repousser encore la carence et engendrer un nouveau calcul (à la baisse) de son indemnité future. Conclusion, moins ça va, plus on t’enfonce. Mais, au fait, l’allongement du délai de carence pour le chômage, c’est un certain François Hollande qui était président quand ça a été voté.

La seconde personne est une femme retraitée et militante. Il y a deux jours, ce sont les gendarmes qui sont venus la chercher chez elle pour l’amener au poste. On a une photo de 2019 sur laquelle on voit votre voiture à proximité d’une manifestation illégale. On vous soupçonne d’être l’organisatrice de la manifestation non autorisée. Alors, ça, c’est pas Hollande, c’est le fruit de la dérive autoritaire d’un état qui, sous la présidence de Macron, grignote régulièrement nos droits fondamentaux et nos libertés.

J’ai beau travailler à ravaler ma colère (c’est pas bon pour la santé, la colère qui ronge) et à relativiser le merdier, il y a des jours où l’on a envie de lancer quelque insulte à ceux qui organisent minutieusement l’injustice sociale.

Mais je ne vais pas terminer sur une note aussi sombre. Pour la première fois depuis un an, je suis allé chez la coiffeuse. Moi qui d’habitude ne moufte pas, j’ai papoté, profitant que le Covid ait vidé son salon.

Zut, j’allais oublier. Vous voulez voir la courbe des chiffres de réanimation ? No comment…

Soldes d’hiver

C’est les soldes ! On va pouvoir craquer toutes les économies qu’on a placées sur nos livrets A pendant le Covid ! Enfin, vous, peut-être. Je sais pas. Il paraît qu’ils n’ont jamais vu autant d’épargne. Bon, en fait, c’est 20 % des Français qui ont économisé. 1 sur 5. Ce qui veut dire que 4 Français sur 5 n’ont pas réussi à économiser. Vu comme ça, je comprends mieux. Voilà donc une nouvelle qui a été mise en avant pour nous rappeler que, quoi qu’il arrive, que ça marche du feu de Dieu ou que ce soit la pire crise, il y a toujours une partie qui en tire profit. Profit quand ça marche, profit dans la catastrophe. Tous ceux qui sont privés d’activité, culture et restauration, ceux-là, même s’ils s’en sortent plutôt pas mal quand ça marche, ils plongent. Les plus pauvres, ils plongent encore plus profond. Mais ils ont l’habitude de faire de la plongée, eux. Même quand ça marche, ils n’ont pas la bouée. 

On ne peut même pas dire que la crise révèle les inégalités. Les inégalités, elles sont là depuis longtemps et aucune réforme gouvernementale n’est produite pour les réduire. Enfin, si, avec des mots, de temps à autres. Mais allez déposer des mots à la banque, ça n’aura pas grand effet sur votre solde débiteur.

Bon, pour vous remonter le moral, comme je note quotidiennement les chiffres du covid, je suis en mesure de vous annoncer que c’est pas bon du tout. Le prochain confinement semble très très proche.

Je parlais dans un article précédent de la nécessité d’être heureux. Je confirme. Occulter un regard lucide sur le monde n’est pas indispensable à la capacité de récolter ses petits bonheurs quotidiens.

De Bacri à Jean-Pierre

Parler des disparus, c’est hélas souvent parler de soi. Bacri, pour moi, c’était un inaccessible. Juste parce qu’il ne faisait pas semblant de quoi que ce soit. Un regard, un sourire suffisaient. Parce que c’était vrai. Les mots peinaient à sortir et quand ils sortaient, c’était par paquets. 

On s’est croisé plusieurs fois. On a même tourné ensemble dans Comme une image ou dans Adieu Gary de Nassim Amaouche. On a mangé à la même table lors de soirées Canal au festival de Cannes. Avec ses parents qui l’accompagnaient souvent, qu’il ne cachait pas. Comme je suis sans doute aussi timide que lui, j’ai jamais voulu forcer une relation avec lui ou singer ces fameuses amitiés cinématographiques. Je l’observais en coin, le respectais profondément. La distance obligée qu’il avait sur les autres, il l’avait en jouant, refusant de «faire» l’acteur. 

Jean-Pierre, je n’ai jamais eu le courage de te le dire de ton vivant. Mais je t’aimais beaucoup.

Morceaux du 13 janvier

Il s’arrête, bras ballants, regarde les quelques personnes sur le quai du métro, puis il se met à marcher rapidement. Puis s’arrête. Il porte des babouches ajourées, pieds nus, un pantalon de survêt noir mou et usagé. Puis il regarde de nouveau les gens sur le quai, marche vite dans l’autre sens et s’arrête. Fatalement, on le remarque. Il inquiète même un peu. Sans le montrer, tous les futurs passagers à sa proximité le surveillent, l’air de rien. Cette fois-ci, il semble venir vers moi mais il fait un écart soudain et va poser un pistolet en plastique qui claque sur un des sièges verts. C’est un petit pistolet, noir, avec un morceau orange au bout du canon. Je croise le regard d’un vieil homme qui relève les sourcils. Pas clair, celui-là, semble-t-il me dire. Puis le métro arrive. Surtout ne pas monter dans la même rame que lui. Mais il a déjà disparu.

C’était ce matin.

Cet après-midi, j’ai eu la réponse au casting qui s’était si bien passé. Je ne suis pas pris. J’aurais dû me méfier de la descente vertigineuse de la courbe qui me disait pourtant que c’était mort. Mais on ne prête pas assez attention aux courbes. Trop peu. On se laisse griser par la fulgurance des montées.

Quoi qu’il advienne, mon projet de documentaire avance bien. Il prend même un tour qui lui donne ses chances.

Sinon, j’ai fait une nouvelle découverte sur l’eau. Mais mieux vaut-il en rester à la précédente.

J’imagine ce qui doit se passer dans la tête de la personne qui lit ceci et ne me connaît pas.

Tous mes voeux !

Les vœux 2021 sont assez particuliers tant on nous promet que cette année s’annonce au moins aussi pourrie que la précédente. Dans ce contexte, donnons-nous tout de même une petite parenthèse. Chacun osera y glisser ses rêves et ses espoirs les plus fous. (……………..)

Ouais, même ça, comment dire… ça sonne bizarre. Oh pardon… on m’apprend que Mme Traditiondesvoeux a été emportée par le Covid. RIP

Vivement quand même que ça se termine…

2020, je crois bien que je l’ai commencée comme je la termine : à bosser sur ma découverte sur l’eau. Et puis il y a eu le confinement. Il a commencé par une angoisse lourde, la peur de perdre des proches, de mourir. Il y a eu quelque chose d’apocalyptique dans les premiers jours. Et puis est apparu Raoult. Tout a changé à cet instant. On avait d’un côté les scientifiques qui mentaient sur les masques pour couvrir leurs manquements dans la gestion des stocks et de l’autre, tous ceux qui voyaient en Raoult le sauveur providentiel.

Nous avions tous enfin des raisons de penser, de nous battre, d’espérer, de contester… la vie, quoi !

La suite de la bataille a été d’une tristesse affligeante, assassinat en règle pour les uns, fanfaronnades pour l’autre. Nous avons compris que la vérité scientifique était toute relative et que le gouvernement naviguait à vue, plus ou moins bien conseillé.

On a vu Édouard Philippe se faire virer parce qu’il faisait de l’ombre, remplacé par une personnalité plus fragile à tous points de vue.

Pendant ce confinement, j’ai partiellement laissé tomber mes expériences pour m’amuser à faire des chansons et des clips tout pourris. Bien amusé.

C’est là aussi que s’est décidé l’écriture d’un livre autour de ma découverte sur l’eau pour les Éditions Eyrolles. Sortie prévue au printemps prochain. J’ai bien avancé.

En juin, je suis allé tourner en Suisse dans un beau court-métrage de Lou-Théa Papaloïzos. Un bol d’air incroyable dans les alpages pour un projet artistique fort. Il fût loin, le confinement !

Et puis je suis retourné à mes expériences et à la vie normale. L’été est arrivé puis il est passé, comme ça.

À l’automne, je tournais dans un autre court-métrage en banlieue parisienne, celui de Francis Magnin. Une comédie romantique sélectionnée à l’Alpe d’Huez. 

En octobre, c’est la retraite qui est arrivée avec la déception quant à son montant dérisoire. Une vie de liberté se paie fatalement. Mais ça va.

Et puis le second confinement confus est arrivé avec la certitude qu’on en aurait encore pour des mois. Quand ça se calme chez nous, ça redémarre chez les voisins et ça revient chez nous…

Belle expérience de jury Zoom pour le festival d’Aix-en-Provence. Belles rencontres à distance.

Enfin, il y a eu ce truc totalement inattendu : Philippe Claudel qui veut me voir jouer dans son film, Le bruit des trousseaux. Une parenthèse enchanteresse, tant du point de vue humain qu’artistique.

Et voilà que 2020 compte ses derniers jours. Ils allongent.

Une histoire de sourcier

Puisque nous sommes à l’approche des « fêtes » (hum, tu parles de fêtes, toi!), je vais vous raconter une histoire vraie. Une histoire de sourcier. Le témoignage que l’un d’entre eux vient de poster sur un forum dédié (pas aux histoires mais aux sourciers).

Ludovic débute dans sa recherche sourcière. Mais il a bien appris. Cette fois, c’est pour de vrai. Il doit aller chez un client et lui trouver l’emplacement où creuser un puits.

Ludovic arpente le terrain avec ses baguettes. Au bout de quelques passages à pas lents, il pense avoir trouvé deux veines d’eau qui se croisent. C’est idéal pour creuser un puits. Il en informe le client en lui précisant qu’il devrait trouver de l’eau entre 12 et 13 mètres de profondeur. Le client, tout heureux, va chercher un piquet qu’il plantera à l’endroit précis indiqué par le jeune sourcier. Au septième coup de massette, le piquet cogne sur une pierre. Le client tente sa chance quelques centimètres plus loin. Ça n’aura pas d’incidence sur la position du forage. Mais, là encore, le piquet trouve un obstacle. Le client décide alors d’aller chercher une pioche. Il enlève la terre sur quelques centimètres. Ce n’est pas une pierre mais une dalle de béton. Elle est carrée. C’est même une trappe. Il essaie de l’ouvrir, mais rien à faire. Il s’en occupera plus tard. Il remercie le sourcier et lui promet de lui donner des nouvelles. Si je n’ai pas de l’eau, j’aurai peut-être un trésor, rit-il.

Ce n’est que dans la soirée que le client téléphone au sourcier. Ça y est, j’ai réussi à ouvrir la trappe ! Figurez vous que c’est un puits qui avait été condamné. Et vous savez quoi ? L’eau est à 12,80 mètres !

Pour tout trésor, le client a trouvé l’eau qu’il cherchait. Pas mal pour un débutant de sourcier, non ? Quelques décennies avant lui, un autre sourcier avait arpenté le même terrain, sa baguette de coudrier en mains, pas à pas, et avait annoncé qu’au même endroit se trouvaient deux veines d’eau souterraine qui se croisaient à 12 ou 13 mètres de profondeur.

Les esprits étriqués crieront à la coïncidence, la chance, le hasard, voire même au menteur ou au charlatan. J’appartiens à ceux qui pensent que des choses merveilleuses échappent parfois à la raison et aux revues scientifiques à comité de lecture. 

Il n’est jamais trop tard, dirait la dame à la bûche…

Soudain, alors que nous parlions de mes expériences bizarres sur l’eau, un copain me demande si je connaissais la série Twin Peaks (1990, réalisation David Lynch). Non, jamais vu. David Lynch, je porte sur lui un regard relativement bovin. Je ne fais pas partie des fanatiques de Mulholland Drive. Mon esprit est davantage Straigt Story. Logique. Mais devant l’enthousiasme du copain, j’ai été curieux. Et me voilà désormais fan inconditionnel de Twin Peaks, avec 30 ans de retard. Un univers décalé, ludique, qui veut faire peur et faire rire.

Cette année 2020 aura vu entrer un autre film dans mon panthéon cinématographique : Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman. Pas étonnant avec tout ça que j’affectionne et interroge les bizarreries.

Parfait, mon Général !

J’ai le droit de dire que j’ai été heureux ? Oui, je sais, la période ne s’y prête pas vraiment mais j’ai tourné mon dernier jour dans Le Bruit des Trousseaux de Philippe Claudel, pas plus tard qu’hier. Nous étions dans la prison de Clairvaux, une prison historique de longues peines. Elle fermera bientôt.

Dans le film, j’avais un petit rôle. Celui d’un prof de math. Mais de ces petits rôles dont je disais qu’ils se remarquent. Un personnage mystérieux, étrange, voire comique par moments. Quand on le voit débarquer, on se demande ce qu’il va nous pondre.

Ce fût un tel bonheur de me retrouver sur un plateau de tournage, dirigé par Philippe Claudel, aux côtés de Cyril Descours. On avait beau être masqués (pas pendant les prises, bien sûr), ils étaient loin, le Covid, Macron, Castex, le couvre-feu, les Noël à 6. On a même parlé sourciers.

Nous étions logés à Colombey-les-Deux-Eglises, lieu de pèlerinage des gaullistes et des politiques en quête de caution. 

Cette année relativement très pourrie se termine de très belle manière pour moi.

Anomalie dans les chiffres Covid

Je ne suis ni épidémiologiste, ni statisticien. Mais j’aime la science et la statistique. Et je ne me fie pas à l’avance aux informations que l’on me donne. Plutôt que suivre les titres des journaux souvent trompeurs, depuis septembre, je suis méthodiquement les données Covid à partir des chiffres officiels en appliquant une moyenne mobile à 7 jours sur les hospitalisations, réanimations et décès dans les hôpitaux (hors Ehpad). Je ne veux pas tenir compte du nombre de cas positifs aux tests car ils sont trop relatifs. Au début on ne testait pas, parfois on teste beaucoup, parfois moins et les tests ne sont pas fiables à 100%. Au moins, hospitalisations, réanimations et décès, ça me semble les données les plus « objectives ».

Maintenant, quand on regarde les courbes réalisées depuis septembre, on voit bien que les chiffres se stabilisent à un niveau supérieur que ce qu’il était avant le début de la seconde vague. 

Mais on remarquera aussi une anomalie : la courbe des décès ne ressemble pas à celles des hospitalisations et des réanimations. Elle descend beaucoup moins vite et de façon beaucoup plus aléatoire. Ce qui revient à constater qu’à un nombre égal de réanimations, on meurt davantage. Étonnant, non ?

Hypothèses :

  • on soigne de plus en plus mal le Covid.
  • on met dans les morts du Covid des gens qui meurent d’autre chose.

Et voici la courbe d’évolution en pourcentage par rapport aux chiffres du 27 septembre (ci-dessous). On voit que la courbe des décès (en gris) monte beaucoup plus que celle des hospitalistations et réanimations.

Conclusion :

Le nombre de décès Covid n’est pas une information fiable. Je me focaliserai désormais sur le nombre d’hospitalisations et d’entrées en réanimation.

Effacement de manif

Je n’étais pas à la manif de samedi mais il est évident que le phénomène Black Blocs gâche un peu la fête. La population dans sa globalité ne retient de la manif que le merdier ambiant. On en a oublié pourquoi on manifestait.

Cher Black Bloc, tu es beau, tout en noir. Tu penses que la société est dans un tel état que le seule solution est de tout casser. Dans ce cas, je t’encourage à organiser des manifs non-autorisées avec tes copains et de tout casser. Ce n’est pas à toi de décider du degré de violence d’un manifestant lambda. En décidant qu’il faut infiltrer toutes les manifs pour tout pourrir, quitte à annuler l’effet de la vraie manif, tu te comportes en petit dictateur qui impose aux autres, doublé d’un lâche manipulateur qui instrumentalise un mouvement social.

L’effet que cela produit est simple : plus personne n’aura envie de descendre dans la rue. L’État peut à loisir pointer du doigt les désordres pour asseoir son régime autoritaire. Les baisés, ben, c’est nous tous.

Et puis, de toute façon, que tu veuilles nous priver du droit de manifester, au bout du compte, ça n’a pas grande importance. Regarde les manifs contre la loi travail, déjà réprimées à coups de LBD. À quoi elles ont abouti ? Au maintien de la loi travail et à l’élection de Macron.

Sur le fond, il y a sans doute de quoi réfléchir, s’interroger sur l’utilité de manifester ou pas. Mais sur la forme, c’est clair que tu as tout faux.

Dans le Bruit des trousseaux

J’ai l’honneur, le plaisir et l’avantage de tourner dans Le bruit des trousseaux de et par Philippe Claudel. J’y joue un prof de math (prof de prison). Le héros est joué par Cyril Descours (que l’on pourra voir au théâtre du Palais Royal dans Edmond d’Alexis Michalik). Autres compagnons de jeu, Olivier Cruveiller et Saïda Jawad.

Si, généralement, le réalisateur imprime sur toute son équipe un état d’esprit particulier, pour Philippe Claudel, c’est la bienveillance. 

Soit je suis toujours tellement content de tourner que je trouve à chaque fois tout le monde sympathique, soit j’ai de la chance. Sans doute un mélange des deux.

Pour un premier jour de sortie de plus d’une heure…

Alors, j’y étais. Il faisait beau. Coincé plus d’une heure rue Faubourg du Temple tellement il y avait de monde. Plutôt joyeuse, la manif.

Petit moment magique : un copain m’appelle. Je n’entends pas le téléphone dans ma poche mais je me cogne à lui (pas au téléphone, au copain !).

Je ne sais pas si la télé dira qu’il y avait beaucoup de monde, mais les premiers arrivaient à Bastille que la place de la République était encore pleine de monde.

Non à la loi « sécurité globale » !

Profitons-en !

C’est un jour un peu particulier. Aujourd’hui, on a le droit de dire que les violences policières existent et que les rapports qu’ils nous font signer en garde à vue sont très souvent archi faux. On a le droit de penser que la loi « sécurité globale » qui veut encadrer la diffusion des images de policiers en action est une nouvelle loi liberticide et la marque de la dérive de l’état vers un régime autoritaire. On a le droit de dire qu’on a parfois envie de se protéger contre la police. Alors j’en profite.

J’espère que ça va tenir jusqu’à demain car je compte bien manifester avec la marche pour les libertés.

Instantannés

Moment 1, Paris, rue d’Avron, 24/11/20, 11:30

Plaquée au mur, fouillée au corps, bretelles de salopette secouées et pendantes, la jeune femme ne dit rien. Quatre hommes en uniformes plus ou moins officiels. Vous voyez, il suffit de le mettre, le masque ! dit l’un d’eux avec le ton de celui qui est obligé de mal se comporter à cause de la négligence du coupable. 

Moment 2, Nancy, 24/11/20, 23:24.

Dans la nuit froide, sous de pâles réverbères embrumés, accrochés à des silhouettes hésitantes, des sacs à dos épient les portes coulissantes des hôtels chics en manque de clients.

Moment 3, Banlieue Nancy, 25/11/20, 12:23

Mon plaisir d’acteur consiste à faire claquer un journal sur le coin d’une table, à l’instant juste. Il n’y en a qu’un et il ne dure qu’un dixième de seconde.

Moment 4, Nancy, Vitrine du Printemps, esplanade de la gare, 25/11/20, 17:18

Ce n’est qu’au moment où je me suis demandé s’il y avait une photo à faire, que j’ai vu le reflet du ciel.

Festival international Tous Courts en ligne du 1er au 6 décembre

Je fais partie du jury du 38ème festival international Tous Courts d’Aix-en-Provence. Je me faisais une joie de m’y rendre mais, Covid oblige, on fait ça en ligne.

Ayant déjà visionné un grand nombre de films (5 programmes sur 10), je vous invite à en faire autant entre le 1er et le 6 décembre. Vous avez accès gratuitement à plus d’une cinquantaine de films et je peux vous assurer que cette édition est un grand cru. J’y ai vu des films drôles, émouvants, rageurs ou amoureux. Du cinéma de tous horizons.

Je n’aime jamais trop cette place de jury dans laquelle on fait des choix collectifs et dont ne doivent émerger que 3 prix. Il y a toujours une part d’injustice dans les choix. Mais, être sélectionné dans ce festival est déjà un gage de grande qualité et l’assurance pour les réalisateurs qu’ils pourront poursuivre leur chemin (festival catégorie 1, ça compte pour l’obtention d’aides futures).

Pour votre plaisir et pour la possibilité de voir ce qu’il se fait de par le monde en termes de court-métrages, n’hésitez pas à vous connecter à partir du 1er décembre à la plateforme : https://festivaltouscourts.kinow.tv/fr/

Si tout va bien, le jury viendra à Aix pour la 39ème édition.

Les bons comptes

Je n’étais pas à la manif d’hier contre la loi sécurité globale, mais il y avait beaucoup de monde, malgré le confinement et tout et tout.

Comme vous le savez, je n’ai pas la chance d’être complotiste. Néanmoins, je profite de ce petit billet pour vous transmettre les courbes hospitalisations/réa/décès.

Comme je vous l’avais expliqué, les chiffres donnés par la presse ne reflètent pas la réalité puisque qu’il y a un biais de remontée des données et un autre lié aux pratiques hospitalières. Avec ces données annoncées quotidiennement, on a toujours des chiffres très bas le week-end, les chiffres les plus élevés le mardi et le vendredi et des chiffres qui descendent les mercredis et jeudis. J’ai donc choisi d’appliquer chaque jour une moyenne mobile sur une semaine. Avec cette technique qui est la plus proche de la réalité de l’évolution de l’épidémie, on voit que les courbes ont atteint leur pic entre le 6 et le 10 novembre (plus tardif pour les décès, normal). Ce n’est pas pour dire qu’il n’y a pas de Covid. Il s’agit juste d’avoir les outils qui témoignent réellement de son évolution et permettent de ne pas uniquement se fier aux gros titres des média.

Sinon, tout va bien.

À Nancy, ça confine sévère

Tellement heureux de tourner sur un beau projet, un réalisateur de haut niveau, des collègues de poids.

Le seul truc qui a un peu déconné, c’est avant le tournage. Trouille bleue. Scène difficile. Insomnie 2 jours avant. Puis Nancy confinée, ville morte.

Mais le reste, le plateau, un grand bonheur. Sauf la répétition, bien sûr, raide comme un piquet, tremblant comme une feuille, bafouillant. Avec un tel départ, certains ont pu craindre le pire. Moi-même, dois-je avouer, je sentais l’horizon s’embrumer. Et puis c’est sorti, comme il fallait.

À la remorque

J’avais de la vieille laine de verre à évacuer. La déchetterie est ouverte. C’est au moment de remplir l’attestation de déplacement que je me suis rendu compte que, bien que la déchetterie soit ouverte, que je n’avais pas le droit de m’y rendre. Ok. Donc, je vais enfreindre la loi et cocher la case achats de première nécessité. Pas foutu de voir qu’il y avait une case prévue pourtant à cet effet : se rendre dans un service public.

Arrivé sur place, j’appréhende le moment de manœuvrer. Pour un parisien, faire marche arrière avec une remorque, c’est toujours une épreuve de Fort Boyard. Comme la benne « laine de verre est tout à fait au fond, dans un coin difficile à la manœuvre, je décide de me garer sans gêner et de détacher la remorque pour la tirer manuellement devant la benne. Comme avec moi les décisions sont le plus souvent suivies d’actions, je traine la remorque et je vide ma laine de verre. La remorque en était pleine.

C’est au moment de ramener la remorque à la voiture que les dames de la déchetterie, les déchettières, quoi, s’approchent de moi. Ne me dites pas que vous avez jeté votre laine de verre ici !? Ben si, avec mes histoires de décision/action, entre les deux, je me suis trompé de benne.

Tenez, prenez cette perche et mettez tout au bon endroit ! Et me voilà parti pour une bonne demi-heure de transfert de rouleaux de laine de verre, jouant l’équilibriste ici, manquant de tomber dans la benne là ou laissant tomber la laine en dehors des bennes ailleurs. On appelle ça une galère. Mais comme il faisait beau, j’ai pris ça comme un jeu de pêche à la ligne dans les fêtes foraines. En plus, c’est gratuit.

Oui, ce matin, j’ai décidé que j’en avais marre de parler de la condition humaine dans la société française et que, vu ma place dans cette dite société, il valait mieux me cantonner à raconter des choses plus factuelles qui donnent la mesure réelle de qui je suis.

HOLD-UP sur la coiffeuse

J’avais des essais auto-filmés à faire pour un rôle dans un téléfilm. Un gendarme. Et comme j’ai préféré aller au cinéma plutôt que chez le coiffeur, le dernier jour avant le confinement, j’avais une putain de tignasse et une barbe qui ne convenaient pas. En l’absence de coiffeurs, j’ai moi-même opéré à une coupe, en m’appuyant sur de nombreuses années d’observations dans le miroir du salon de coiffure.

À peine ma coupe terminée, je reçois un sms de la coiffeuse du tournage vers lequel je m’envole la semaine prochaine : « pouvez-vous m’envoyer une photo de vous du jour et accepteriez-vous que je coupe cheveux et barbe si c’est utile ? ». J’ai donc fait un selfie illico et attendu le verdict. « Ok, c’est parfait comme ça ! ». 

J’ai donc pu enchainer avec mes essais filmés la conscience tranquille, me disant même que j’aurai l’avantage de la coupe de cheveux par rapport à mes concurrents.

J’ai enlevé le reste de l’article car, dans notre monde binaire « c’estbienc’estpasbien », mieux vaut fermer sa gueule quelques temps…

Chiffres suite

Alors, au vu de ce que j’ai lu dans les commentaires précédents, on peut en conclure que les chiffres journaliers ne sont pas exacts. Il y a un effet week-end qui est dû au système de reccueil des données.

Une solution simple m’est alors apparue : Pour chaque jour, faire la moyenne sur une semaine. On obtient ainsi des courbes plus cohérentes et qui reflètent mieux la réalité.

Courbes moyennes sur 7 jours du 27/09/20 au 08/11/20

Sur ces courbes qui appliquent cette technique simple on peut en effet constater qu’il y a une inflexion des chiffres. La progression est en train de ralentir sérieusement.

Hypothèse 1 : ce n’est pas l’effet de confinement qui se fait ressentir mais l’effet couvre-feu précédent. Dans ce cas, on ne va pas tarder à sortir du confinement et on sera libre avant Noël.

Hypothèse 2 : L’effet d’une mesure ne se mesure pas sur deux semaines mais sur 5 jours. Dans ce cas, c’est l’effet confinement qui est mesuré. Dans cette hypothèse, la courbe devrait baisser très vite.

Hypothèse 3 : le virus n’en a rien à foutre des mesures et fait comme bon lui semble. On fait des corrélations abusives en reliant la courbe aux mesures. Cette hypothèse est passible de délit de complotisme.

Une question à propos des chiffres

Bon, histoire de montrer que je ne passe pas ma vie devant mon ordi, l’illustration raconte que je suis allé en forêt (hier après-midi) et que j’y ai trouvé un joli cèpe. Mais bon, voici une question qui me taraude l’esprit depuis pas mal de temps et je compte sur vous pour m’apporter les réponses.

En observant les courbes du Covid, j’ai remarqué depuis longtemps qu’elles formaient des dents de scie régulières. Curieux de voir de quoi il retournait, j’ai rassemblé les données de 6 semaines, du 21 septembre au 2 novembre, en les classant par jour de la semaine. Et j’obtiens ceci :

Ce qui me surprend, c’est que l’on va davantage à l’hôpital, en réanimation ou que l’on décède surtout le mardi et le vendredi. En revanche, le week-end, on en profite visiblement pour éviter l’hôpital, la réanimation et le dernier souffle.

Hypothèse 1 : Les hôpitaux ne sont pas foutus de sortir des chiffres en fin de journée le week-end. Dans ce cas, il serait pas mal de faire une collecte participative pour leur payer un système informatique assez simple qui sorte les données en un clic.

Hypothèse 2 : Les services de l’État n’ont pas les moyens de traiter les informations le week-end. Alors embauchez ! Et arrêtez de nous sortir des chiffres qui ne sont pas le reflet de la réalité.

Hypothèse 3 : On est extraordinairement conditionnés culturellement par le rythme hebdomadaire et nous évitons de mourir le week-end, histoire de profiter d’un dernier pour la route.

Morale : Si vous suivez les chiffres quotidiennement, ne croyez pas que, parce que ça baisse du vendredi au dimanche, vous êtes sortis d’affaire. Une claque vous attend toujours le lundi, suivie d’une plus grosse le mardi. C’est sur la durée que les courbes parlent.

Pour ceux qui ne croient pas à la seconde vague, regardez juste les petites courbes bleues et rouges et vous aurez une idée.

J’attends donc tous vos éclaircicements pour trancher définitivement entre les hypothèses 1, 2 ou 3.

Lettre à un copain de gauche (s’il en reste)

Si tu veux, il y a encore 2 ans, quand on ramenait sa gueule, c’était pour critiquer une loi, une décision, une attitude, la répression. On était proche d’un courant politique dans lequel on se reconnaissait. Bref, on avait des repères. On connaissait les méchants. À chacun ses méchants, bien sûr, mais il n’y en avait pas tant que ça.

Mais là, tu vois, il se passe un truc chelou. Les gens se méfient de tout et de tous, n’ont plus confiance en la politique, en rien. Et quand il n’y a plus de confiance en rien, les gens, ils installent le premier dictateur qui passe. 

Pour nous, les mecs dits de gauche, on avait le Poutou ou le Mélenchon. Mais qu’en reste-t-il du Mélenchon aujourd’hui, des Insoumis ? Oh, ils sont là, bien sûr. Tu as le Ruffin qui ne manque pas une occasion de montrer qu’il est hyper gentil et super en colère contre ces gens qui ne connaissent même pas le prix d’un kilo de pâtes. 

Non, tout ça c’est fini, c’est totalement passé de mode. Et la bestiole n’a pas arrangé le truc. On est tellement gouverné à vue, à coups de com, que plus grand monde se sent représenté. 

Tu trouves pas dingue comme ils se barrent tous dans des délires ? La pensée politique est en train de devenir de la science-fiction. Sans déconner, pour les nouveaux révolutionnaires, la dictature, c’est porter un masque, Bill Gates veut tuer tous les pauvres, Trump est un mec bien, ils ont peur qu’on les vaccine de force pour leur mettre des puces (comme s’il était question que ce soit obligatoire. Ça va être obligatoire ?)… bref, la pensée est en train de se barrer en couille, on dirait. Ça vire au grand n’importe quoi. T’as vu le dernier truc ? Le virus serait sorti d’un laboratoire chinois, c’est sûr maintenant. Comme si j’en avais quelque chose à foutre qu’il sorte d’un labo ou du cul d’une fouine !

Tu crois pas qu’on devrait se virer d’Internet ? C’est là que ça dérape, qu’ils partent en vrille. Qu’on part en vrille, tous.

Pour nous, c’était pas trop compliqué. T’avais ceux qui s’engraissent sur le travail des autres et leur consommation d’un côté et tous les autres, dont 90% s’appauvrissent et à qui on rabiote des droits chaque jour. C’est plus vrai, tout ça ? Ben on dirait. C’est vrai que t’as les GAFA, maintenant. Mais les GAFA, c’est quoi ? Ben c’est Carrefour d’hier, en plus développé. Ils continuent le boulot : se faire du pognon sur la consommation de masse. T’as d’autres personnes qui pensent que le problème c’est les étrangers qui bossent au black, touchent des allocs et le RSA, tout ça pour nous tirer dessus à la fin. Je rigole pas, on en est là de la pensée.

Tu sais quoi ? On est en train de redevenir des bêtes, de simples animaux.

J’ai bien peur qu’on soit bientôt obligé de se contenter de ronchonner autour d’un verre de rouge, sur un ponton en bord de Garonne. Sinon, ils finiront par nous foutre en taule pour terrorisme.

Et le Covid, j’en pense quoi ? Ben, là, je sèche un peu. Quand les nouveaux penseurs disent que la mortalité est exagérée, je dis peut-être. Mais je regarde les courbes, tu me connais. Non, ce qui semble évident, c’est qu’ils flippent de n’avoir pas les moyens de soigner dans les hôpitaux. À cause de leur politique et de celle de leurs prédécesseurs. Ils n’ont pas le temps de former des médecins et des réanimateurs. Il faut faire avec ce qu’on a fabriqué. Je crois que ça se résume à ça. Quant à leur confinement où en même temps on travaille ou on va à l’école et on reste chez soi, ‘faudra m’expliquer la logique. Mais j’y connais rien. Je ne suis pas charcutier.

Il manque peut-être un paragraphe

Ça y est, ça se concrétise. Je pars bientôt en tournage. Bon, je vais quitter le confinement pour tourner en prison. Oui, comme dans Intra-Muros. La prison me colle à la peau. Mais je m’en fous, ça va faire du bien de jouer, faire son boulot, malgré tout ça et tout ça. 

En attendant, j’avance encore dans l’écriture du bouquin pour lequel l’éditrice m’a fait des retours très encourageants. Je vais en être fier de ce bébé-là.

Je me demande si je rajoute un paragraphe. Mais non. Quand je fais ça, généralement ça se barre en couille. Alors j’en reste là pour aujourd’hui.

Ils ont voté !

Que les Américains se déchirent pour savoir qui de Trump ou Biden a gagné, on peut le comprendre. Trump est un gros gamin méchant, menteur, capricieux et bêta. Ça, semble-t-il, c’est pas un souci, là-bas. On peut s’identifier. Le mec, il est président de la plus grande puissance et il passe sa vie sur twitter à gueuler et balancer des conneries plus grosses que lui. Il vient de signer un décret pour licencier des milliers de scientifiques, tellement il est con et ne supporte pas d’être contredit. Le mec, il est président des Etats-Unis, et avant même la fin du dépouillement, il se déclare vainqueur (comme n’importe quel dictateur) et il accuse l’opposition de tricher (comme n’importe quel dictateur). Bref, on pourrait en faire des pages sur ce malade mental.

Mais ce qu’il y a de plus fort dans tout ça, c’est que je lis sur mon mur Facebook qu’il y a des gens, en France, parmi des connaissances, qui soutiennent Trump !

On me dira que Biden, c’est un peu comme Ségolène Royal face à Sarko en 2007. C’est vrai qu’on peut s’interroger pour ce choix fait par les démocrates. Mais si l’Amérique était de gauche, ça se saurait. Évidemment que Biden, c’est pas un héros. Qui s’attend à ce qu’il apporte le moindre changement ? Au moins ne passera-t-il pas son temps à injurier tout le monde. Et, rien que pour ça, pour un peu de calme, on a envie qu’il soit élu, juste histoire d’éteindre le haut-parleur à conneries qui hurle à longueur de journée. Juste un peu de repos.

Comme les gens qui soutiennent Trump en France sont les mêmes qui s’indignent contre le masque et les vaccins, on est en droit de se poser la question de qui ils vont nous mettre au pouvoir en 2022. Oui, elle est blonde et aussi con que Trump. Vous devinez ? La démocratie à la Facebook et aux délires en tous genres.

Trump-Biden, de toute façon, qui gouverne ? L’autre imbécile, qu’a-t-il fait en 4 ans en dehors de mentir et gueuler sur twitter ? Et l’Amérique ne s’est pas effondrée. Les plus pauvres ont perdu des droits, on a construit des morceaux de murs. Mais à part ça ? À quoi bon perdre son temps à défendre ce personnage de BD ? J’en sais rien. Mais c’est plutôt rigolo, au fond. Comme des bulles de savon.

Installation 2 – La chasse aux mots sages

Installation 2 – La chasse aux mots sages

Puisqu’on préfère autoriser la chasse plutôt que la lecture, voici l’idée d’une installation interactive forestière.

  • Une forêt
  • Des spectateurs équipés de gilets jeunes, casques reliés à des pistolets-micros et viseurs zoom montés sur pieds, sièges pliants.
  • Le groupe de spectateurs part en forêt.
  • Dans certains arbres, des photos agrandies sont perchées, ou bien des personnages sculptés, ou bien des acteurs. 
  • À chaque arbre habité par ces objets, de petits haut-parleurs diffusent des voix enregistrées qui parlent doucement. 
  • Elles disent des textes forts et apaisés, sans colère, qui nous aident à construire nos lendemains meilleurs. La parole est claire, intelligente et sage. Il peut s’agir de textes anciens comme de paroles contemporaines, parfois de la poésie. Des choses qui font du bien d’entendre. Pas du positivisme gnangnan. De la pensée lucide et sage. Mais, comme la sagesse n’interdit pas l’humour, les textes peuvent être drôles, voire comiques.

Ainsi, le spectateur-chasseur part à la chasse à la parole sage, avec son petit siège et son micro. Libre à chacun de rester en groupe ou de partir dans une chasse solitaire, d’écouter ce qu’il veut, autant qu’il veut et de préférer chasser des sons d’oiseaux.

La chasse aux mots sages doit être une expérience forte, transformante, revigorante, relaxante. Un bol d’air physique et intellectuel.

Gestion de crise

Le Professeur Santé : C’est pas compliqué. Quand les gens sont sans masque et agglutinés, ils se contaminent. Ça va poser un problème avec les lits de réa.

Le premier ministre : Y a qu’à confiner !

Le ministre des finances : Pas possible, si on confine, on coule.

Le ministre des voies ferrées : il faudrait fermer les bars et les restaus.

Le président : pas possible, ils sont trop médiatiques et manifestent.

Le premier ministre : on n’a qu’à dire qu’on confine sauf qu’on dit aux gens d’aller bosser et, pour pas les emmerder, on laisse les écoles ouvertes.

Le professeur Santé : Mais… c’est pas un confinement, ça. Le virus va circuler encore…

Le premier ministre : Non, c’est un couvre-feu avec les bars fermés. Mais on annonce confinement. Hé hé hé hé !

Le ministre des voies ferrées : On laisse le petit commerce ?

Le premier ministre : ben non, sinon les bars y vont gueuler.

Le ministre des voies ferrées : pas con.

La secrétaire lève la main.

La secrétaire (Sonia) : Comme la solution c’est de porter le masque, il suffit d’interdire toutes les situations où les gens sont nombreux et sans masque. Du coup, théâtre, ciné, librairies, petits commerces, tout ça peut continuer. Pas de couvre-feu, pas de confinement .

Le président : (à la secrétaire) Ta gueule ! Messieurs, la séance est levée ! (à la secrétaire) Sonia, appelez Bezos et passez-le moi !

Sortie avant confinement

Pendant que des files interminables de voitures se ruaient vers le PQ, nous sommes allés au cinéma pour y voir l’excellent film coréen de Hong Sang-soo, La femme qui s’est enfuie. Parce que dans les commerces de première nécessité, il devrait y avoir les librairies, les cinémas et les théâtres (ce ne sont pas des lieux de contamination), les galeries d’art…

Que penser de ce confinement dans lequel les gens doivent aller travailler puis s’enfermer ?

Je dois avouer que je ne suis pas du tout convaincu de la façon dont l’état gère les crises de Covid et de terrorisme. En même temps, quand j’écoute la droite d’opposition, je n’entends pas mieux. Quand j’entends la gauche… ben, je dois avoir quelque déficience auditive car je ne l’entends pas.

J’entends ici une voix qui s’élève pour m’interpeler : « c’est bien beau de critiquer, mais qu’est-ce que tu proposes ? ».

J’ai plein de choses à proposer. Mais je préfère les garder pour mon entourage direct plutôt que les livrer à l’envi sur le grand réseau. Il ne fait pas bon proposer par les temps qui courent.

Bonne nouvelle (en attendant la suite)

J’écris cet article en attendant le discours de 20 heures. Aucune surprise à attendre puisqu’on sait déjà vers où on va.

En attendant, ce matin, j’ai eu une bonne nouvelle : je suis pris sur un téléfilm avec un bien joli second rôle. Ça me fait d’autant plus plaisir que j’aime le personnage et le film et que… je n’ai pas eu à passer de casting. Oui Madame. J’avoue que je ne suis jamais meilleur que quand je ne passe pas d’essais.

Coup de vent

« Il y a un problème avec la communauté Tchétchène ». Qu’est-ce qui lui a pris à Mélenchon ? Pas besoin d’avoir fait science po pour deviner pourquoi il a pointé du doigt l’origine du monstre. Stratégie digne des Le Pen. Il voulait mettre l’accent sur Tchéchène plutôt que sur islamiste, sans se soucier de ce que cela signifie de désigner une communauté. Dans ces circonstances, contre la connerie ambiante, on doit mesurer son langage, choisir les mots justes qui pointent avec précision les responsabilités.

Quant aux cris de la droite (et de son extrême), ce sont les mêmes depuis des décennies. Les solutions qu’elle propose ne suffiront pas à résoudre le problème. Sans doute l’aggraveront-elles, même. Pour ce qui est des gesticulations médiatiques du gouvernement, on en a l’habitude : pour En Marche, la solution aux problèmes, c’est agiter les JT de mesures improvisées.

On se prend à rêver d’un couvre-feu de la parole politique. Lassitude d’entendre ces Kaa (le serpent du livre de la jungle) qui ne parlent que pour séduire leurs électorats respectifs, au mépris de la pensée la plus élémentaire.

Je dis ça sans colère ni amertume. Au fond je m’en fous. Je fais la sieste et je vaque en attendant d’avoir le loisir d’entendre une parole sage. Mais vu le mépris avec lequel on a traité les travaux de la convention citoyenne pour le climat, je crois qu’on a le temps.

Je vais redresser les pans de la clôture bousculés par le vent. Agir sur la matière avec ses petits bras, c’est bien ce qu’il nous reste de plus sage.

À la manif

Je suis arrivé un peu tôt à la manif en hommage au professeur décapité. La place de la République était encore clairsemée et une manif de contestataires Algériens prévue de longue date avait été maintenue pour marquer son soutien au peuple Français face au terrorisme islamiste.

Je me suis dirigé au son des voix qui parlaient fort, pour entendre ce qui se disait ici ou là. Ici, un prof se plaignait en criant que ses collègues gauchistes du SNES ne se mobilisaient que pour faire taire la contestation populaire contre l’islam. Ailleurs, quelques racistes ne se gênaient pas pour s’exprimer avec leur humour hitlérien. Là, c’étaient des musulmans qui produisaient une parole forte contre le terrorisme et le détournement mortifère d’une religion par des assassins sans humanité. La parole du dernier faisait du bien. Elle était claire, limpide, sans ambiguïté.

C’est sans doute cette parole publique qui nous manque le plus aujourd’hui si l’on veut sortir des clivages haineux, tant du côté des islamistes que de celui des nationalistes. Il n’y a pas 2 camps. Il y a aussi celui de ceux veulent avancer et trouver des solutions à la fois fermes et pacifiques.

Néanmoins, pris dans ces faisceaux contradictoires et souvent incompatibles, j’ai préféré applaudir en hommage au prof d’histoire et repartir tranquillement.

Tournage hier, manif aujourd’hui

Hier, je tournais. Et c’était chouette ces scènes dans le court-métrage de Francis Magnin. Une comédie romantique, légère et émouvante. Pablo Pauly, super camarade de jeu. Thomas Blumenthal, tellement étonnant. Le film s’est fait avec l’investissement d’une production et des coups de mains très professionnels ici ou là. La comédie romantique, c’est vrai que ça ne fait pas très sérieux. Pas de message politique, pas de dénonciation ni de critique. Juste des jeunes qui essaient de piger deux ou trois trucs de l’amour au sens le plus futile. Ne reste qu’à souhaiter un joli succès à ce film qui sort des clous parce qu’il ose la légèreté.

Je devais déserter Paris aujourd’hui mais cet aprem, j’ai manif. Moins romantique, moins comédie notre monde en ce moment. Il est important de le dire en vrai.

En phase

En prévision du couvre-feu, et par dépit de n’avoir plus aucune opinion à exprimer publiquement, je me suis mis à l’électronique. C’est le type de truc qui te prend la tête mais de façon légère, un peu comme quand tu jardines. Ça t’évite juste de penser pendant que tu bosses, mais la nuit, tu n’en rêves pas.

Je dois écrire une première version d’un projet documentaire pour la fin de la semaine prochaine. Ça, ça va prendre autrement plus la tête. Mais j’adore.

Sinon, je sais que je vais toucher 1600 balles de retraite. Je me permets de le dire car c’est pédagogique. Tu veux faire du cinéma ? Ok. Sois technicien !

À tâtons

Vu Un pays que se tient sage, un film du monde d’avant dans lequel on était en droit de s’inquiéter des dérives démocratiques d’un pays où l’on pratique les arrestations avant les manifs, des milliers de gardes à vue, des violences disproportionnées avec des grenades et LBD. Le monde d’avant.

Le monde d’après, j’ai beau ouvrir les yeux, je peine à en saisir les contours. Je ne comprends pas toujours mes concitoyens, pas plus que les dirigeants. Je n’ai pas encore trouvé la Pierre de Rosette qui me permettrait de traduire correctement ce que j’entends, ce que je lis.

Alors j’avance tant bien que mal. J’ai écrit la moitié de mon bouquin et l’ai envoyé à mon éditrice, je vais tourner, travailler à l’écriture d’un documentaire. La vie à tâtons. C’est cette brume épaisse sur l’avenir proche qui nous fait avancer à petits pas.

J’aime bien titiller

Alors, les masques ? Vous voulez qu’on parle des masques ? Non, ne me dites pas que vous voulez encore parler des masques !

Alors, juste, il n’y a pas de contamination dans les endroits où il y a beaucoup de monde quand chacun porte un masque : métro, train, salles de spectacle, cinéma. En revanche, il y a des contaminations dans les lieux clos où les gens ne portent pas de masque et sont nombreux : rassemblements familiaux, fêtes, boîtes de nuit, bars. Conclusion : la contamination est liée au port du masque de façon évidente. Maintenant, on peut parler de liberté, si vous voulez, mais là, j’ai pas envie. Bien sûr, on peut toujours se demander si c’est judicieux dans la rue (pour les grandes villes où c’est obligatoire). Mais bon. Il faut se dire que se balader incognito peut avoir des avantages. 

Sinon, je commence à avoir un grand nombre de cas de Covid dans ma famille proche et dans mon premier cercle de connaissances. Personne n’est mort ou n’est parti en réanimation. On jugera plus tard, dans quelques mois, de la pertinence des mesures. Pour l’instant, il faut être sacrément fort pour porter un jugement objectif. Peur paranoïaque d’un virus moins dangereux que la grippe ? Fallait-il ne pas confiner ? Ce port du masque est-il disproportionné ? 

Je peux avoir des avis très tranchés sur la politique, parce que c’est simple de voir les effets mesurés de telle ou telle politique, son incidence sur les uns ou sur les autres. À partir de là, si l’on constate que le capitalisme aggrave la pauvreté, les injustices, les inégalités, la pollution, il me semble évident de me rapprocher de ceux qui proposent des solutions qui vont dans le sens d’équilibres plus justes dans tous les domaines. C’est ma logique. Je la respecte. Je m’étonne même que des mecs qui pensent la même chose votent Macron. Mais bon, pareil pour ceux qui pensent la même chose et votent Le Pen. Mais bon…

En revanche, lA Covid, le masque et tout ça… je préfère me méfier de ce que je pense mercredi, sachant que jeudi, si ça se trouve, je suis capable de penser le contraire.

Expo

Rien ne m’obligeait à écouter France Inter vers 08:00, ce matin. On a commencé par un journal catastrophiste, avec des mots empilés, un ton qui jubile à étaler et sur jouer l’horreur, le malheur des uns face aux intempéries. On aime dire les morts, nommer les ministres qui vont se déplacer. On se lâche. La catastrophe, ça fait vendre.

On enchaîne ensuite par le nouvel album de Trucbidwin. Et là, j’ai l’impression d’une voix posée sur de la musique au mètre pour tutoriels. De la musique marketing, de celles que l’on pose sur des clichés à la Géo.

Pour finir, l’invitée est Marlène Schiappa. Là, c’est tellement énorme que j’en ris. Un éclat de rire matinal, ça peut pas faire de mal. Un moment formidable :

  • Quand on voit ces catastrophes, vous pensez que l’état en fait assez pour l’écologie ?
  • Dans l’écologie, il y a ceux qui veulent tout changer et ceux qui ne veulent rien changer. Nous on a choisi une écologie pragmatique sur un fil entre les deux positions. On prend des décisions qui n’ont jamais été prises. Tenez, par exemple, on a interdit les animaux sauvages dans les cirques.

Je crois que c’est ça qui m’a fait rire. Mais il y a eu tellement pire.

J’imagine une installation dans une galerie. Une pièce vide aux murs décrépis. Sur un piédestal, un téléphone portable qui envoie le son du journal de France Inter du 3 octobre de 08:00 à 08:15. 

Annonces

Je vais laisser la voiture au garage. Entre les alertes attentat et ce que disent les gens informés à propos des mesures qui vont être prises à Paris pour le Codavi (comme disait un agriculteur devant ces limousines, cet après-midi), je reporte mon départ.

J’ai lu d’ailleurs que le premier ministre avait annoncé… qu’il allait annoncer des annonces demain. Peut-être.

Automne

Le mec, il se fait pas chier. Il est à 3 jours de la retraite et il raconte qu’il est en train d’écrire à la campagne, qu’il va se balader l’après-midi pour oxygéner son cerveau et faire travailler son corps. Le tout, sans masque, en forêt et en croisant ici un petit morceau de Moyen-âge et là, ramassant des châtaignes. 

Ce week-end, c’était festival du film court d’Angoulême. Rencontre avec des gens, rencontre avec des artistes, rencontre avec des films. Évidemment, peu amateur de consensus, je n’aime pas être jury. Pourtant je l’étais. Nous étions 5, aux goûts divergents, et c’était très plaisant, finalement.

Il va bien falloir montrer encore, non pas le bout de son nez, mais son masque du côté de Paris. Garder le lien.

Nouvelle lettre aux complotistes

Il ne se passe pas un jour sans que je constate qu’une de mes connaissances véhicule un discours complotiste. Ça me chagrine. Alors, de temps à autres, je fais une lettre, comme celle-ci. C’est peut-être naïf et puéril. Je sais pas.

Chers complotistes,

Comme par hasard (vous aimez bien commencer vos affirmations par « comme par hasard », hein !), les théories complotistes sont générées et diffusées par les plus grands menteurs du monde (Trump, Poutine, Bolsonaro, le RN). En poussant votre façon de raisonner (si l’on peut parler de raison), vous ne trouvez pas que c’est louche que ça vienne d’endroits où l’on ne respecte rien, où l’on ment, où l’on assassine ? Je ne sais pas mais, à votre place, je me poserais quand même la question. Elle pourrait presque se résumer à « et si le complot, c’était eux, ceux qui nous encouragent à devenir complotistes ? ».

Dans votre discours, vous employez souvent les mots de liberté et de dictature, alors que les chefs du complotisme susnommés sont les personnages les plus proche de comportements dictatoriaux. Pour vous, souvent, le mot liberté est attaché à la critique port du masque (objet dérisoire quand on sait ce qu’a été la lutte pour la liberté dans bien des moments de notre histoire). Mais le plus souvent, il s’agit pour vous d’autoriser les discours racistes, l’antisémitisme et les valeurs morales des intégristes religieux d’un autre temps. Un grand nombre de choses que vous dénoncez ressemble comme un copier/coller aux discours des années 30 qui nous ont conduit au fascisme.

Sous prétexte d’être antisystème, vous vous mettez à vomir la démocratie. Une grande guignolade, pour vous.

Sur ce point, parfois, je ne suis pas très loin de penser comme vous. Et il m’arrive de le dire. Sauf que je préfère me tenir prioritairement à des valeurs humaines que j’estime au-dessus de tout : la soif de vérité, de justice et de partage. Or, vos critiques du système sont souvent mues par des valeurs autrement moins généreuses, souvent haineuses, dans lesquelles les plus fragiles et ceux qui ne pensent pas comme vous sont à exclure. Votre conception antisystème est juste mortifère.

Vous vous plaignez de la bien-pensance et de ses effets oppresseurs. Je suis d’accord avec vous. Mais, entre le discours haineux et la bien-pensance, de deux maux, j’ai vite fait de choisir le moins pire. Ce qui ne m’empêche pas de dénoncer l’un comme l’autre.

Penser, c’est analyser, pousser toujours plus loin la compréhension des effets et des causes, chercher toujours à savoir d’où vient ce qui est dit, tenter de garder toujours son libre-arbitre. Mais il semblerait que vous vous pressiez à propager toujours plus vite et toujours plus aveuglément les pires mensonges vendus comme vérités cachées. Vous me faites peur.

Ne voyez-vous pas que notre monde est en train de ressembler à celui décrit par Georges Orwell, dans lequel nous sommes traqués, toutes nos informations collectées et utilisées à des fins commerciales ou de propagande ? Les conneries que vous partagez rapportent du pognon à ceux qui les inventent. Votre aveuglement concourt à l’édification de ce monde imbécile car il tue la pensée, la responsabilité individuelle. La pensée s’amenuise de jour en jour. Plus rien ne semble vrai. Chacun dénonce l’autre de fake-news, de fausse information. Et au bout du compte, il n’y a plus d’information. Ne reste qu’un vague bruit proféré par des abrutis de toutes parts. Y compris par moi, sans doute.

Chers complotistes de toutes origines, de toutes classes, parfois des amis, songez seulement quelques minutes à ce à quoi votre révolte conduira. Ça ressemble à la dictature. Un monde où l’on enferme ou tue ceux qui sont différents ou ont des pensées rebelles.

Vous me direz que les démocraties actuelles ne font souvent pas mieux. On y enferme et on y tue de façon propre, symbolique, par la création « d’affaires », de lynchage médiatique bien orchestré par de braves petits soldats de l’information. C’est pas faux.

Pour ma part je fais le choix de me battre, d’ouvrir ma gueule, mais pour que plus personne ne soit enfermé ou tué au nom de ceci ou de cela ou de quelque différence. Ça ne veut pas dire faire le bisounours et ouvrir les prisons pour libérer tous les malfrats. Les valeurs de justice, de vérité et de partage, valent pour tout et pour tous. Comment renoncer à sanctionner quiconque enfreindrait la loi commune ?

Bref, si je partage quelques-uns de vos constats, je ne partage en rien la finalité de l’ordre que vous semblez vouloir instaurer, sans y penser, de façon indirecte et nonchalante. En fait, votre attitude ne dérange personne. Elle assure même la continuation du pourrissement du monde.

En attendant

Hier, nous avions une rencontre avec les comédiens et le réalisateur d’un court-métrage dans lequel je vais tourner le mois prochain. Une comédie sentimentale qui, de par le casting, devrait produire tous les effets d’un joli moment acidulé et joyeux. Quel plaisir de découvrir des acteurs et un réalisateur. Tout le monde est dans le plaisir et l’éclate.

Vous me direz que je suis désormais abonné aux courts-métrages. Il se trouve que depuis quelques temps, je me viande dans tous les castings que je fais. Bon, en même temps, les castings en question, c’est le plus souvent pour un jour de tournage dans des séries ou téléfilms avec des rôles pour le moins anecdotiques. Ça n’aide pas. 

En revanche, dans les courts-métrages, ce sont des rôles intéressants qu’on m’offre. Ils sortent des personnages ayant à se battre contre leurs démons ou subissant toute la misère du monde. Des personnages vivants, quoi. Alors je prends. Je ne vais pas gagner ma vie avec ça, mais au moins je continue à faire mon métier avec un immense plaisir. 

Pendant ce temps, la télé et le cinéma m’oublient. Toutes les conditions sont réunies pour qu’un jour la fiction se rappelle que j’existe. Car oui, si je suis habité par d’autres passions au travers des quelles je me réalise, je crois que, fondamentalement, je suis sur cette terre pour jouer.

En ouverture du festival

Vendredi 25 septembre à 18:00, Manigances sera présenté en ouverture du Festival International du Film Court d’Angoulême. J’y serai, bien sûr. Je resterai car je serai au jury pour les deux jours suivants.

Je rappelle que Manigances est une comédie médiévale de 25 minutes que j’ai réalisée.

Dans les rôles principaux : Émilie Caen, Robinson Stevenin, François Loriquet, Bernard Blancan.

Ce film a été produit par Céline Loiseau de TS Productions, avec le concours de France Télavision, le CNC, SACD Fondation Beaumarchais, Région Nouvelle Aquitaine et Département de la Charente Pôle Magellis.

Manigances est inspiré d’une nouvelle d’une nouvelle du Décameron de Bocccace écrit au XIVème siècle. Dans le Décaméron, 10 jeunes adultes se racontent des histoires alors qu’ils sont confinés dans la campagne florentine pendant la peste noire. Manigances est donc une histoire issue d’un confinement…