Instantannés

Moment 1, Paris, rue d’Avron, 24/11/20, 11:30

Plaquée au mur, fouillée au corps, bretelles de salopette secouées et pendantes, la jeune femme de dit rien. Quatre hommes en uniformes plus ou moins officiels. Vous voyez, il suffit de le mettre, le masque ! dit l’un d’eux avec le ton de celui qui est obligé de mal se comporter à cause de la négligence du coupable. 

Moment 2, Nancy, 24/11/20, 23:24.

Dans la nuit froide, sous de pâles réverbères embrumés, accrochés à des silhouettes hésitantes, des sacs à dos épient les portes coulissantes des hôtels chics en manque de clients.

Moment 3, Banlieue Nancy, 25/11/20, 12:23

Mon plaisir d’acteur consiste à faire claquer un journal sur le coin d’une table, à l’instant juste. Il n’y en a qu’un et il ne dure qu’un dixième de seconde.

Moment 4, Nancy, Vitrine du Printemps, esplanade de la gare, 25/11/20, 17:18

Ce n’est qu’au moment où je me suis demandé s’il y avait une photo à faire, que j’ai vu le reflet du ciel. Question de regard.

Festival international Tous Courts en ligne du 1er au 6 décembre

Je fais partie du jury du 38ème festival international Tous Courts d’Aix-en-Provence. Je me faisais une joie de m’y rendre mais, Covid oblige, on fait ça en ligne.

Ayant déjà visionné un grand nombre de films (5 programmes sur 10), je vous invite à en faire autant entre le 1er et le 6 décembre. Vous avez accès gratuitement à plus d’une cinquantaine de films et je peux vous assurer que cette édition est un grand cru. J’y ai vu des films drôles, émouvants, rageurs ou amoureux. Du cinéma de tous horizons.

Je n’aime jamais trop cette place de jury dans laquelle on fait des choix collectifs et dont ne doivent émerger que 3 prix. Il y a toujours une part d’injustice dans les choix. Mais, être sélectionné dans ce festival est déjà un gage de grande qualité et l’assurance pour les réalisateurs qu’ils pourront poursuivre leur chemin (festival catégorie 1, ça compte pour l’obtention d’aides futures).

Pour votre plaisir et pour la possibilité de voir ce qu’il se fait de par le monde en termes de court-métrages, n’hésitez pas à vous connecter à partir du 1er décembre à la plateforme : https://festivaltouscourts.kinow.tv/fr/

Si tout va bien, le jury viendra à Aix pour la 39ème édition.

Les bons comptes

Je n’étais pas à la manif d’hier contre la loi sécurité globale, mais il y avait beaucoup de monde, malgré le confinement et tout et tout.

Comme vous le savez, je n’ai pas la chance d’être complotiste. Néanmoins, je profite de ce petit billet pour vous transmettre les courbes hospitalisations/réa/décès.

Comme je vous l’avais expliqué, les chiffres donnés par la presse ne reflètent pas la réalité puisque qu’il y a un biais de remontée des données et un autre lié aux pratiques hospitalières. Avec ces données annoncées quotidiennement, on a toujours des chiffres très bas le week-end, les chiffres les plus élevés le mardi et le vendredi et des chiffres qui descendent les mercredis et jeudis. J’ai donc choisi d’appliquer chaque jour une moyenne mobile sur une semaine. Avec cette technique qui est la plus proche de la réalité de l’évolution de l’épidémie, on voit que les courbes ont atteint leur pic entre le 6 et le 10 novembre (plus tardif pour les décès, normal). Ce n’est pas pour dire qu’il n’y a pas de Covid. Il s’agit juste d’avoir les outils qui témoignent réellement de son évolution et permettent de ne pas uniquement se fier aux gros titres des média.

Sinon, tout va bien.

À Nancy, ça confine sévère

Tellement heureux de tourner sur un beau projet, un réalisateur de haut niveau, des collègues de poids.

Le seul truc qui a un peu déconné, c’est avant le tournage. Trouille bleue. Scène difficile. Insomnie 2 jours avant. Puis Nancy confinée, ville morte.

Mais le reste, le plateau, un grand bonheur. Sauf la répétition, bien sûr, raide comme un piquet, tremblant comme une feuille, bafouillant. Avec un tel départ, certains ont pu craindre le pire. Moi-même, dois-je avouer, je sentais l’horizon s’embrumer. Et puis c’est sorti, comme il fallait.

À la remorque

J’avais de la vieille laine de verre à évacuer. La déchetterie est ouverte. C’est au moment de remplir l’attestation de déplacement que je me suis rendu compte que, bien que la déchetterie soit ouverte, que je n’avais pas le droit de m’y rendre. Ok. Donc, je vais enfreindre la loi et cocher la case achats de première nécessité. Pas foutu de voir qu’il y avait une case prévue pourtant à cet effet : se rendre dans un service public.

Arrivé sur place, j’appréhende le moment de manœuvrer. Pour un parisien, faire marche arrière avec une remorque, c’est toujours une épreuve de Fort Boyard. Comme la benne « laine de verre est tout à fait au fond, dans un coin difficile à la manœuvre, je décide de me garer sans gêner et de détacher la remorque pour la tirer manuellement devant la benne. Comme avec moi les décisions sont le plus souvent suivies d’actions, je traine la remorque et je vide ma laine de verre. La remorque en était pleine.

C’est au moment de ramener la remorque à la voiture que les dames de la déchetterie, les déchettières, quoi, s’approchent de moi. Ne me dites pas que vous avez jeté votre laine de verre ici !? Ben si, avec mes histoires de décision/action, entre les deux, je me suis trompé de benne.

Tenez, prenez cette perche et mettez tout au bon endroit ! Et me voilà parti pour une bonne demi-heure de transfert de rouleaux de laine de verre, jouant l’équilibriste ici, manquant de tomber dans la benne là ou laissant tomber la laine en dehors des bennes ailleurs. On appelle ça une galère. Mais comme il faisait beau, j’ai pris ça comme un jeu de pêche à la ligne dans les fêtes foraines. En plus, c’est gratuit.

Oui, ce matin, j’ai décidé que j’en avais marre de parler de la condition humaine dans la société française et que, vu ma place dans cette dite société, il valait mieux me cantonner à raconter des choses plus factuelles qui donnent la mesure réelle de qui je suis.

HOLD-UP sur la coiffeuse

J’avais des essais auto-filmés à faire pour un rôle dans un téléfilm. Un gendarme. Et comme j’ai préféré aller au cinéma plutôt que chez le coiffeur, le dernier jour avant le confinement, j’avais une putain de tignasse et une barbe qui ne convenaient pas. En l’absence de coiffeurs, j’ai moi-même opéré à une coupe, en m’appuyant sur de nombreuses années d’observations dans le miroir du salon de coiffure.

À peine ma coupe terminée, je reçois un sms de la coiffeuse du tournage vers lequel je m’envole la semaine prochaine : « pouvez-vous m’envoyer une photo de vous du jour et accepteriez-vous que je coupe cheveux et barbe si c’est utile ? ». J’ai donc fait un selfie illico et attendu le verdict. « Ok, c’est parfait comme ça ! ». 

J’ai donc pu enchainer avec mes essais filmés la conscience tranquille, me disant même que j’aurai l’avantage de la coupe de cheveux par rapport à mes concurrents.

J’ai enlevé le reste de l’article car, dans notre monde binaire « c’estbienc’estpasbien », mieux vaut fermer sa gueule quelques temps…

Chiffres suite

Alors, au vu de ce que j’ai lu dans les commentaires précédents, on peut en conclure que les chiffres journaliers ne sont pas exacts. Il y a un effet week-end qui est dû au système de reccueil des données.

Une solution simple m’est alors apparue : Pour chaque jour, faire la moyenne sur une semaine. On obtient ainsi des courbes plus cohérentes et qui reflètent mieux la réalité.

Courbes moyennes sur 7 jours du 27/09/20 au 08/11/20

Sur ces courbes qui appliquent cette technique simple on peut en effet constater qu’il y a une inflexion des chiffres. La progression est en train de ralentir sérieusement.

Hypothèse 1 : ce n’est pas l’effet de confinement qui se fait ressentir mais l’effet couvre-feu précédent. Dans ce cas, on ne va pas tarder à sortir du confinement et on sera libre avant Noël.

Hypothèse 2 : L’effet d’une mesure ne se mesure pas sur deux semaines mais sur 5 jours. Dans ce cas, c’est l’effet confinement qui est mesuré. Dans cette hypothèse, la courbe devrait baisser très vite.

Hypothèse 3 : le virus n’en a rien à foutre des mesures et fait comme bon lui semble. On fait des corrélations abusives en reliant la courbe aux mesures. Cette hypothèse est passible de délit de complotisme.

Une question à propos des chiffres

Bon, histoire de montrer que je ne passe pas ma vie devant mon ordi, l’illustration raconte que je suis allé en forêt (hier après-midi) et que j’y ai trouvé un joli cèpe. Mais bon, voici une question qui me taraude l’esprit depuis pas mal de temps et je compte sur vous pour m’apporter les réponses.

En observant les courbes du Covid, j’ai remarqué depuis longtemps qu’elles formaient des dents de scie régulières. Curieux de voir de quoi il retournait, j’ai rassemblé les données de 6 semaines, du 21 septembre au 2 novembre, en les classant par jour de la semaine. Et j’obtiens ceci :

Ce qui me surprend, c’est que l’on va davantage à l’hôpital, en réanimation ou que l’on décède surtout le mardi et le vendredi. En revanche, le week-end, on en profite visiblement pour éviter l’hôpital, la réanimation et le dernier souffle.

Hypothèse 1 : Les hôpitaux ne sont pas foutus de sortir des chiffres en fin de journée le week-end. Dans ce cas, il serait pas mal de faire une collecte participative pour leur payer un système informatique assez simple qui sorte les données en un clic.

Hypothèse 2 : Les services de l’État n’ont pas les moyens de traiter les informations le week-end. Alors embauchez ! Et arrêtez de nous sortir des chiffres qui ne sont pas le reflet de la réalité.

Hypothèse 3 : On est extraordinairement conditionnés culturellement par le rythme hebdomadaire et nous évitons de mourir le week-end, histoire de profiter d’un dernier pour la route.

Morale : Si vous suivez les chiffres quotidiennement, ne croyez pas que, parce que ça baisse du vendredi au dimanche, vous êtes sortis d’affaire. Une claque vous attend toujours le lundi, suivie d’une plus grosse le mardi. C’est sur la durée que les courbes parlent.

Pour ceux qui ne croient pas à la seconde vague, regardez juste les petites courbes bleues et rouges et vous aurez une idée.

J’attends donc tous vos éclaircicements pour trancher définitivement entre les hypothèses 1, 2 ou 3.

Lettre à un copain de gauche (s’il en reste)

Si tu veux, il y a encore 2 ans, quand on ramenait sa gueule, c’était pour critiquer une loi, une décision, une attitude, la répression. On était proche d’un courant politique dans lequel on se reconnaissait. Bref, on avait des repères. On connaissait les méchants. À chacun ses méchants, bien sûr, mais il n’y en avait pas tant que ça.

Mais là, tu vois, il se passe un truc chelou. Les gens se méfient de tout et de tous, n’ont plus confiance en la politique, en rien. Et quand il n’y a plus de confiance en rien, les gens, ils installent le premier dictateur qui passe. 

Pour nous, les mecs dits de gauche, on avait le Poutou ou le Mélenchon. Mais qu’en reste-t-il du Mélenchon aujourd’hui, des Insoumis ? Oh, ils sont là, bien sûr. Tu as le Ruffin qui ne manque pas une occasion de montrer qu’il est hyper gentil et super en colère contre ces gens qui ne connaissent même pas le prix d’un kilo de pâtes. 

Non, tout ça c’est fini, c’est totalement passé de mode. Et la bestiole n’a pas arrangé le truc. On est tellement gouverné à vue, à coups de com, que plus grand monde se sent représenté. 

Tu trouves pas dingue comme ils se barrent tous dans des délires ? La pensée politique est en train de devenir de la science-fiction. Sans déconner, pour les nouveaux révolutionnaires, la dictature, c’est porter un masque, Bill Gates veut tuer tous les pauvres, Trump est un mec bien, ils ont peur qu’on les vaccine de force pour leur mettre des puces (comme s’il était question que ce soit obligatoire. Ça va être obligatoire ?)… bref, la pensée est en train de se barrer en couille, on dirait. Ça vire au grand n’importe quoi. T’as vu le dernier truc ? Le virus serait sorti d’un laboratoire chinois, c’est sûr maintenant. Comme si j’en avais quelque chose à foutre qu’il sorte d’un labo ou du cul d’une fouine !

Tu crois pas qu’on devrait se virer d’Internet ? C’est là que ça dérape, qu’ils partent en vrille. Qu’on part en vrille, tous.

Pour nous, c’était pas trop compliqué. T’avais ceux qui s’engraissent sur le travail des autres et leur consommation d’un côté et tous les autres, dont 90% s’appauvrissent et à qui on rabiote des droits chaque jour. C’est plus vrai, tout ça ? Ben on dirait. C’est vrai que t’as les GAFA, maintenant. Mais les GAFA, c’est quoi ? Ben c’est Carrefour d’hier, en plus développé. Ils continuent le boulot : se faire du pognon sur la consommation de masse. T’as d’autres personnes qui pensent que le problème c’est les étrangers qui bossent au black, touchent des allocs et le RSA, tout ça pour nous tirer dessus à la fin. Je rigole pas, on en est là de la pensée.

Tu sais quoi ? On est en train de redevenir des bêtes, de simples animaux.

J’ai bien peur qu’on soit bientôt obligé de se contenter de ronchonner autour d’un verre de rouge, sur un ponton en bord de Garonne. Sinon, ils finiront par nous foutre en taule pour terrorisme.

Et le Covid, j’en pense quoi ? Ben, là, je sèche un peu. Quand les nouveaux penseurs disent que la mortalité est exagérée, je dis peut-être. Mais je regarde les courbes, tu me connais. Non, ce qui semble évident, c’est qu’ils flippent de n’avoir pas les moyens de soigner dans les hôpitaux. À cause de leur politique et de celle de leurs prédécesseurs. Ils n’ont pas le temps de former des médecins et des réanimateurs. Il faut faire avec ce qu’on a fabriqué. Je crois que ça se résume à ça. Quant à leur confinement où en même temps on travaille ou on va à l’école et on reste chez soi, ‘faudra m’expliquer la logique. Mais j’y connais rien. Je ne suis pas charcutier.

Il manque peut-être un paragraphe

Ça y est, ça se concrétise. Je pars bientôt en tournage. Bon, je vais quitter le confinement pour tourner en prison. Oui, comme dans Intra-Muros. La prison me colle à la peau. Mais je m’en fous, ça va faire du bien de jouer, faire son boulot, malgré tout ça et tout ça. 

En attendant, j’avance encore dans l’écriture du bouquin pour lequel l’éditrice m’a fait des retours très encourageants. Je vais en être fier de ce bébé-là.

Je me demande si je rajoute un paragraphe. Mais non. Quand je fais ça, généralement ça se barre en couille. Alors j’en reste là pour aujourd’hui.

Ils ont voté !

Que les Américains se déchirent pour savoir qui de Trump ou Biden a gagné, on peut le comprendre. Trump est un gros gamin méchant, menteur, capricieux et bêta. Ça, semble-t-il, c’est pas un souci, là-bas. On peut s’identifier. Le mec, il est président de la plus grande puissance et il passe sa vie sur twitter à gueuler et balancer des conneries plus grosses que lui. Il vient de signer un décret pour licencier des milliers de scientifiques, tellement il est con et ne supporte pas d’être contredit. Le mec, il est président des Etats-Unis, et avant même la fin du dépouillement, il se déclare vainqueur (comme n’importe quel dictateur) et il accuse l’opposition de tricher (comme n’importe quel dictateur). Bref, on pourrait en faire des pages sur ce malade mental.

Mais ce qu’il y a de plus fort dans tout ça, c’est que je lis sur mon mur Facebook qu’il y a des gens, en France, parmi des connaissances, qui soutiennent Trump !

On me dira que Biden, c’est un peu comme Ségolène Royal face à Sarko en 2007. C’est vrai qu’on peut s’interroger pour ce choix fait par les démocrates. Mais si l’Amérique était de gauche, ça se saurait. Évidemment que Biden, c’est pas un héros. Qui s’attend à ce qu’il apporte le moindre changement ? Au moins ne passera-t-il pas son temps à injurier tout le monde. Et, rien que pour ça, pour un peu de calme, on a envie qu’il soit élu, juste histoire d’éteindre le haut-parleur à conneries qui hurle à longueur de journée. Juste un peu de repos.

Comme les gens qui soutiennent Trump en France sont les mêmes qui s’indignent contre le masque et les vaccins, on est en droit de se poser la question de qui ils vont nous mettre au pouvoir en 2022. Oui, elle est blonde et aussi con que Trump. Vous devinez ? La démocratie à la Facebook et aux délires en tous genres.

Trump-Biden, de toute façon, qui gouverne ? L’autre imbécile, qu’a-t-il fait en 4 ans en dehors de mentir et gueuler sur twitter ? Et l’Amérique ne s’est pas effondrée. Les plus pauvres ont perdu des droits, on a construit des morceaux de murs. Mais à part ça ? À quoi bon perdre son temps à défendre ce personnage de BD ? J’en sais rien. Mais c’est plutôt rigolo, au fond. Comme des bulles de savon.

Installation 2 – La chasse aux mots sages

Installation 2 – La chasse aux mots sages

Puisqu’on préfère autoriser la chasse plutôt que la lecture, voici l’idée d’une installation interactive forestière.

  • Une forêt
  • Des spectateurs équipés de gilets jeunes, casques reliés à des pistolets-micros et viseurs zoom montés sur pieds, sièges pliants.
  • Le groupe de spectateurs part en forêt.
  • Dans certains arbres, des photos agrandies sont perchées, ou bien des personnages sculptés, ou bien des acteurs. 
  • À chaque arbre habité par ces objets, de petits haut-parleurs diffusent des voix enregistrées qui parlent doucement. 
  • Elles disent des textes forts et apaisés, sans colère, qui nous aident à construire nos lendemains meilleurs. La parole est claire, intelligente et sage. Il peut s’agir de textes anciens comme de paroles contemporaines, parfois de la poésie. Des choses qui font du bien d’entendre. Pas du positivisme gnangnan. De la pensée lucide et sage. Mais, comme la sagesse n’interdit pas l’humour, les textes peuvent être drôles, voire comiques.

Ainsi, le spectateur-chasseur part à la chasse à la parole sage, avec son petit siège et son micro. Libre à chacun de rester en groupe ou de partir dans une chasse solitaire, d’écouter ce qu’il veut, autant qu’il veut et de préférer chasser des sons d’oiseaux.

La chasse aux mots sages doit être une expérience forte, transformante, revigorante, relaxante. Un bol d’air physique et intellectuel.

Gestion de crise

Le Professeur Santé : C’est pas compliqué. Quand les gens sont sans masque et agglutinés, ils se contaminent. Ça va poser un problème avec les lits de réa.

Le premier ministre : Y a qu’à confiner !

Le ministre des finances : Pas possible, si on confine, on coule.

Le ministre des voies ferrées : il faudrait fermer les bars et les restaus.

Le président : pas possible, ils sont trop médiatiques et manifestent.

Le premier ministre : on n’a qu’à dire qu’on confine sauf qu’on dit aux gens d’aller bosser et, pour pas les emmerder, on laisse les écoles ouvertes.

Le professeur Santé : Mais… c’est pas un confinement, ça. Le virus va circuler encore…

Le premier ministre : Non, c’est un couvre-feu avec les bars fermés. Mais on annonce confinement. Hé hé hé hé !

Le ministre des voies ferrées : On laisse le petit commerce ?

Le premier ministre : ben non, sinon les bars y vont gueuler.

Le ministre des voies ferrées : pas con.

La secrétaire lève la main.

La secrétaire (Sonia) : Comme la solution c’est de porter le masque, il suffit d’interdire toutes les situations où les gens sont nombreux et sans masque. Du coup, théâtre, ciné, librairies, petits commerces, tout ça peut continuer. Pas de couvre-feu, pas de confinement .

Le président : (à la secrétaire) Ta gueule ! Messieurs, la séance est levée ! (à la secrétaire) Sonia, appelez Bezos et passez-le moi !

Sortie avant confinement

Pendant que des files interminables de voitures se ruaient vers le PQ, nous sommes allés au cinéma pour y voir l’excellent film coréen de Hong Sang-soo, La femme qui s’est enfuie. Parce que dans les commerces de première nécessité, il devrait y avoir les librairies, les cinémas et les théâtres (ce ne sont pas des lieux de contamination), les galeries d’art…

Que penser de ce confinement dans lequel les gens doivent aller travailler puis s’enfermer ?

Je dois avouer que je ne suis pas du tout convaincu de la façon dont l’état gère les crises de Covid et de terrorisme. En même temps, quand j’écoute la droite d’opposition, je n’entends pas mieux. Quand j’entends la gauche… ben, je dois avoir quelque déficience auditive car je ne l’entends pas.

J’entends ici une voix qui s’élève pour m’interpeler : « c’est bien beau de critiquer, mais qu’est-ce que tu proposes ? ».

J’ai plein de choses à proposer. Mais je préfère les garder pour mon entourage direct plutôt que les livrer à l’envi sur le grand réseau. Il ne fait pas bon proposer par les temps qui courent.

Bonne nouvelle (en attendant la suite)

J’écris cet article en attendant le discours de 20 heures. Aucune surprise à attendre puisqu’on sait déjà vers où on va.

En attendant, ce matin, j’ai eu une bonne nouvelle : je suis pris sur un téléfilm avec un bien joli second rôle. Ça me fait d’autant plus plaisir que j’aime le personnage et le film et que… je n’ai pas eu à passer de casting. Oui Madame. J’avoue que je ne suis jamais meilleur que quand je ne passe pas d’essais.

Je me jette à l’eau

Ça y est ! Je viens d’envoyer la première version à ma productrice du documentaire que je veux réaliser. Il s’appelle Je me jette à l’eau.

C’est sans doute parce que je suis en période d’écriture sur un sujet qui demande une approche scientifique que je ramène moins ma fraise à tout va sur les réseaux sociaux. En même temps, autant il est facile de gueuler contre telle réforme, contre telles violences avérées, autant il est difficile d’étaler des avis sur ce que nous vivons. D’un côté il y a des faits incontestables et de l’autre, des avis scientifiques dont on a appris qu’ils étaient contradictoires, des décisions politiques qui tiennent du tâtonnement maladroit et un virus dont on ne sait pas ce qu’il nous prépare encore. On ne peut que s’appuyer sur des courbes pour nous faire notre propre idée. Et ces courbes, indéniablement, elles montrent que c’est un peu la merde. 

Alors, vociférer contre les masques, les vaccins, la dictature ou l’opportunité d’un couvre-feu à 21 heure, tout ça me semble un peu vain et pas très à propos face à de telles inconnues.

Non, je ne change pas. Je m’appuie toujours sur des faits.

Coup de vent

« Il y a un problème avec la communauté Tchétchène ». Qu’est-ce qui lui a pris à Mélenchon ? Pas besoin d’avoir fait science po pour deviner pourquoi il a pointé du doigt l’origine du monstre. Stratégie digne des Le Pen. Il voulait mettre l’accent sur Tchéchène plutôt que sur islamiste, sans se soucier de ce que cela signifie de désigner une communauté. Dans ces circonstances, contre la connerie ambiante, on doit mesurer son langage, choisir les mots justes qui pointent avec précision les responsabilités.

Quant aux cris de la droite (et de son extrême), ce sont les mêmes depuis des décennies. Les solutions qu’elle propose ne suffiront pas à résoudre le problème. Sans doute l’aggraveront-elles, même. Pour ce qui est des gesticulations médiatiques du gouvernement, on en a l’habitude : pour En Marche, la solution aux problèmes, c’est agiter les JT de mesures improvisées.

On se prend à rêver d’un couvre-feu de la parole politique. Lassitude d’entendre ces Kaa (le serpent du livre de la jungle) qui ne parlent que pour séduire leurs électorats respectifs, au mépris de la pensée la plus élémentaire.

Je dis ça sans colère ni amertume. Au fond je m’en fous. Je fais la sieste et je vaque en attendant d’avoir le loisir d’entendre une parole sage. Mais vu le mépris avec lequel on a traité les travaux de la convention citoyenne pour le climat, je crois qu’on a le temps.

Je vais redresser les pans de la clôture bousculés par le vent. Agir sur la matière avec ses petits bras, c’est bien ce qu’il nous reste de plus sage.

À la manif

Je suis arrivé un peu tôt à la manif en hommage au professeur décapité. La place de la République était encore clairsemée et une manif de contestataires Algériens prévue de longue date avait été maintenue pour marquer son soutien au peuple Français face au terrorisme islamiste.

Je me suis dirigé au son des voix qui parlaient fort, pour entendre ce qui se disait ici ou là. Ici, un prof se plaignait en criant que ses collègues gauchistes du SNES ne se mobilisaient que pour faire taire la contestation populaire contre l’islam. Ailleurs, quelques racistes ne se gênaient pas pour s’exprimer avec leur humour hitlérien. Là, c’étaient des musulmans qui produisaient une parole forte contre le terrorisme et le détournement mortifère d’une religion par des assassins sans humanité. La parole du dernier faisait du bien. Elle était claire, limpide, sans ambiguïté.

C’est sans doute cette parole publique qui nous manque le plus aujourd’hui si l’on veut sortir des clivages haineux, tant du côté des islamistes que de celui des nationalistes. Il n’y a pas 2 camps. Il y a aussi celui de ceux veulent avancer et trouver des solutions à la fois fermes et pacifiques.

Néanmoins, pris dans ces faisceaux contradictoires et souvent incompatibles, j’ai préféré applaudir en hommage au prof d’histoire et repartir tranquillement.

Tournage hier, manif aujourd’hui

Hier, je tournais. Et c’était chouette ces scènes dans le court-métrage de Francis Magnin. Une comédie romantique, légère et émouvante. Pablo Pauly, super camarade de jeu. Thomas Blumenthal, tellement étonnant. Le film s’est fait avec l’investissement d’une production et des coups de mains très professionnels ici ou là. La comédie romantique, c’est vrai que ça ne fait pas très sérieux. Pas de message politique, pas de dénonciation ni de critique. Juste des jeunes qui essaient de piger deux ou trois trucs de l’amour au sens le plus futile. Ne reste qu’à souhaiter un joli succès à ce film qui sort des clous parce qu’il ose la légèreté.

Je devais déserter Paris aujourd’hui mais cet aprem, j’ai manif. Moins romantique, moins comédie notre monde en ce moment. Il est important de le dire en vrai.

En phase

En prévision du couvre-feu, et par dépit de n’avoir plus aucune opinion à exprimer publiquement, je me suis mis à l’électronique. C’est le type de truc qui te prend la tête mais de façon légère, un peu comme quand tu jardines. Ça t’évite juste de penser pendant que tu bosses, mais la nuit, tu n’en rêves pas.

Je dois écrire une première version d’un projet documentaire pour la fin de la semaine prochaine. Ça, ça va prendre autrement plus la tête. Mais j’adore.

Sinon, je sais que je vais toucher 1600 balles de retraite. Je me permets de le dire car c’est pédagogique. Tu veux faire du cinéma ? Ok. Sois technicien !

À tâtons

Vu Un pays que se tient sage, un film du monde d’avant dans lequel on était en droit de s’inquiéter des dérives démocratiques d’un pays où l’on pratique les arrestations avant les manifs, des milliers de gardes à vue, des violences disproportionnées avec des grenades et LBD. Le monde d’avant.

Le monde d’après, j’ai beau ouvrir les yeux, je peine à en saisir les contours. Je ne comprends pas toujours mes concitoyens, pas plus que les dirigeants. Je n’ai pas encore trouvé la Pierre de Rosette qui me permettrait de traduire correctement ce que j’entends, ce que je lis.

Alors j’avance tant bien que mal. J’ai écrit la moitié de mon bouquin et l’ai envoyé à mon éditrice, je vais tourner, travailler à l’écriture d’un documentaire. La vie à tâtons. C’est cette brume épaisse sur l’avenir proche qui nous fait avancer à petits pas.

J’aime bien titiller

Alors, les masques ? Vous voulez qu’on parle des masques ? Non, ne me dites pas que vous voulez encore parler des masques !

Alors, juste, il n’y a pas de contamination dans les endroits où il y a beaucoup de monde quand chacun porte un masque : métro, train, salles de spectacle, cinéma. En revanche, il y a des contaminations dans les lieux clos où les gens ne portent pas de masque et sont nombreux : rassemblements familiaux, fêtes, boîtes de nuit, bars. Conclusion : la contamination est liée au port du masque de façon évidente. Maintenant, on peut parler de liberté, si vous voulez, mais là, j’ai pas envie. Bien sûr, on peut toujours se demander si c’est judicieux dans la rue (pour les grandes villes où c’est obligatoire). Mais bon. Il faut se dire que se balader incognito peut avoir des avantages. 

Sinon, je commence à avoir un grand nombre de cas de Covid dans ma famille proche et dans mon premier cercle de connaissances. Personne n’est mort ou n’est parti en réanimation. On jugera plus tard, dans quelques mois, de la pertinence des mesures. Pour l’instant, il faut être sacrément fort pour porter un jugement objectif. Peur paranoïaque d’un virus moins dangereux que la grippe ? Fallait-il ne pas confiner ? Ce port du masque est-il disproportionné ? 

Je peux avoir des avis très tranchés sur la politique, parce que c’est simple de voir les effets mesurés de telle ou telle politique, son incidence sur les uns ou sur les autres. À partir de là, si l’on constate que le capitalisme aggrave la pauvreté, les injustices, les inégalités, la pollution, il me semble évident de me rapprocher de ceux qui proposent des solutions qui vont dans le sens d’équilibres plus justes dans tous les domaines. C’est ma logique. Je la respecte. Je m’étonne même que des mecs qui pensent la même chose votent Macron. Mais bon, pareil pour ceux qui pensent la même chose et votent Le Pen. Mais bon…

En revanche, lA Covid, le masque et tout ça… je préfère me méfier de ce que je pense mercredi, sachant que jeudi, si ça se trouve, je suis capable de penser le contraire.

Expo

Rien ne m’obligeait à écouter France Inter vers 08:00, ce matin. On a commencé par un journal catastrophiste, avec des mots empilés, un ton qui jubile à étaler et sur jouer l’horreur, le malheur des uns face aux intempéries. On aime dire les morts, nommer les ministres qui vont se déplacer. On se lâche. La catastrophe, ça fait vendre.

On enchaîne ensuite par le nouvel album de Trucbidwin. Et là, j’ai l’impression d’une voix posée sur de la musique au mètre pour tutoriels. De la musique marketing, de celles que l’on pose sur des clichés à la Géo.

Pour finir, l’invitée est Marlène Schiappa. Là, c’est tellement énorme que j’en ris. Un éclat de rire matinal, ça peut pas faire de mal. Un moment formidable :

  • Quand on voit ces catastrophes, vous pensez que l’état en fait assez pour l’écologie ?
  • Dans l’écologie, il y a ceux qui veulent tout changer et ceux qui ne veulent rien changer. Nous on a choisi une écologie pragmatique sur un fil entre les deux positions. On prend des décisions qui n’ont jamais été prises. Tenez, par exemple, on a interdit les animaux sauvages dans les cirques.

Je crois que c’est ça qui m’a fait rire. Mais il y a eu tellement pire.

J’imagine une installation dans une galerie. Une pièce vide aux murs décrépis. Sur un piédestal, un téléphone portable qui envoie le son du journal de France Inter du 3 octobre de 08:00 à 08:15. 

Annonces

Je vais laisser la voiture au garage. Entre les alertes attentat et ce que disent les gens informés à propos des mesures qui vont être prises à Paris pour le Codavi (comme disait un agriculteur devant ces limousines, cet après-midi), je reporte mon départ.

J’ai lu d’ailleurs que le premier ministre avait annoncé… qu’il allait annoncer des annonces demain. Peut-être.

Automne

Le mec, il se fait pas chier. Il est à 3 jours de la retraite et il raconte qu’il est en train d’écrire à la campagne, qu’il va se balader l’après-midi pour oxygéner son cerveau et faire travailler son corps. Le tout, sans masque, en forêt et en croisant ici un petit morceau de Moyen-âge et là, ramassant des châtaignes. 

Ce week-end, c’était festival du film court d’Angoulême. Rencontre avec des gens, rencontre avec des artistes, rencontre avec des films. Évidemment, peu amateur de consensus, je n’aime pas être jury. Pourtant je l’étais. Nous étions 5, aux goûts divergents, et c’était très plaisant, finalement.

Il va bien falloir montrer encore, non pas le bout de son nez, mais son masque du côté de Paris. Garder le lien.

Nouvelle lettre aux complotistes

Il ne se passe pas un jour sans que je constate qu’une de mes connaissances véhicule un discours complotiste. Ça me chagrine. Alors, de temps à autres, je fais une lettre, comme celle-ci. C’est peut-être naïf et puéril. Je sais pas.

Chers complotistes,

Comme par hasard (vous aimez bien commencer vos affirmations par « comme par hasard », hein !), les théories complotistes sont générées et diffusées par les plus grands menteurs du monde (Trump, Poutine, Bolsonaro, le RN). En poussant votre façon de raisonner (si l’on peut parler de raison), vous ne trouvez pas que c’est louche que ça vienne d’endroits où l’on ne respecte rien, où l’on ment, où l’on assassine ? Je ne sais pas mais, à votre place, je me poserais quand même la question. Elle pourrait presque se résumer à « et si le complot, c’était eux, ceux qui nous encouragent à devenir complotistes ? ».

Dans votre discours, vous employez souvent les mots de liberté et de dictature, alors que les chefs du complotisme susnommés sont les personnages les plus proche de comportements dictatoriaux. Pour vous, souvent, le mot liberté est attaché à la critique port du masque (objet dérisoire quand on sait ce qu’a été la lutte pour la liberté dans bien des moments de notre histoire). Mais le plus souvent, il s’agit pour vous d’autoriser les discours racistes, l’antisémitisme et les valeurs morales des intégristes religieux d’un autre temps. Un grand nombre de choses que vous dénoncez ressemble comme un copier/coller aux discours des années 30 qui nous ont conduit au fascisme.

Sous prétexte d’être antisystème, vous vous mettez à vomir la démocratie. Une grande guignolade, pour vous.

Sur ce point, parfois, je ne suis pas très loin de penser comme vous. Et il m’arrive de le dire. Sauf que je préfère me tenir prioritairement à des valeurs humaines que j’estime au-dessus de tout : la soif de vérité, de justice et de partage. Or, vos critiques du système sont souvent mues par des valeurs autrement moins généreuses, souvent haineuses, dans lesquelles les plus fragiles et ceux qui ne pensent pas comme vous sont à exclure. Votre conception antisystème est juste mortifère.

Vous vous plaignez de la bien-pensance et de ses effets oppresseurs. Je suis d’accord avec vous. Mais, entre le discours haineux et la bien-pensance, de deux maux, j’ai vite fait de choisir le moins pire. Ce qui ne m’empêche pas de dénoncer l’un comme l’autre.

Penser, c’est analyser, pousser toujours plus loin la compréhension des effets et des causes, chercher toujours à savoir d’où vient ce qui est dit, tenter de garder toujours son libre-arbitre. Mais il semblerait que vous vous pressiez à propager toujours plus vite et toujours plus aveuglément les pires mensonges vendus comme vérités cachées. Vous me faites peur.

Ne voyez-vous pas que notre monde est en train de ressembler à celui décrit par Georges Orwell, dans lequel nous sommes traqués, toutes nos informations collectées et utilisées à des fins commerciales ou de propagande ? Les conneries que vous partagez rapportent du pognon à ceux qui les inventent. Votre aveuglement concourt à l’édification de ce monde imbécile car il tue la pensée, la responsabilité individuelle. La pensée s’amenuise de jour en jour. Plus rien ne semble vrai. Chacun dénonce l’autre de fake-news, de fausse information. Et au bout du compte, il n’y a plus d’information. Ne reste qu’un vague bruit proféré par des abrutis de toutes parts. Y compris par moi, sans doute.

Chers complotistes de toutes origines, de toutes classes, parfois des amis, songez seulement quelques minutes à ce à quoi votre révolte conduira. Ça ressemble à la dictature. Un monde où l’on enferme ou tue ceux qui sont différents ou ont des pensées rebelles.

Vous me direz que les démocraties actuelles ne font souvent pas mieux. On y enferme et on y tue de façon propre, symbolique, par la création « d’affaires », de lynchage médiatique bien orchestré par de braves petits soldats de l’information. C’est pas faux.

Pour ma part je fais le choix de me battre, d’ouvrir ma gueule, mais pour que plus personne ne soit enfermé ou tué au nom de ceci ou de cela ou de quelque différence. Ça ne veut pas dire faire le bisounours et ouvrir les prisons pour libérer tous les malfrats. Les valeurs de justice, de vérité et de partage, valent pour tout et pour tous. Comment renoncer à sanctionner quiconque enfreindrait la loi commune ?

Bref, si je partage quelques-uns de vos constats, je ne partage en rien la finalité de l’ordre que vous semblez vouloir instaurer, sans y penser, de façon indirecte et nonchalante. En fait, votre attitude ne dérange personne. Elle assure même la continuation du pourrissement du monde.

En attendant

Hier, nous avions une rencontre avec les comédiens et le réalisateur d’un court-métrage dans lequel je vais tourner le mois prochain. Une comédie sentimentale qui, de par le casting, devrait produire tous les effets d’un joli moment acidulé et joyeux. Quel plaisir de découvrir des acteurs et un réalisateur. Tout le monde est dans le plaisir et l’éclate.

Vous me direz que je suis désormais abonné aux courts-métrages. Il se trouve que depuis quelques temps, je me viande dans tous les castings que je fais. Bon, en même temps, les castings en question, c’est le plus souvent pour un jour de tournage dans des séries ou téléfilms avec des rôles pour le moins anecdotiques. Ça n’aide pas. 

En revanche, dans les courts-métrages, ce sont des rôles intéressants qu’on m’offre. Ils sortent des personnages ayant à se battre contre leurs démons ou subissant toute la misère du monde. Des personnages vivants, quoi. Alors je prends. Je ne vais pas gagner ma vie avec ça, mais au moins je continue à faire mon métier avec un immense plaisir. 

Pendant ce temps, la télé et le cinéma m’oublient. Toutes les conditions sont réunies pour qu’un jour la fiction se rappelle que j’existe. Car oui, si je suis habité par d’autres passions au travers des quelles je me réalise, je crois que, fondamentalement, je suis sur cette terre pour jouer.

En ouverture du festival

Vendredi 25 septembre à 18:00, Manigances sera présenté en ouverture du Festival International du Film Court d’Angoulême. J’y serai, bien sûr. Je resterai car je serai au jury pour les deux jours suivants.

Je rappelle que Manigances est une comédie médiévale de 25 minutes que j’ai réalisée.

Dans les rôles principaux : Émilie Caen, Robinson Stevenin, François Loriquet, Bernard Blancan.

Ce film a été produit par Céline Loiseau de TS Productions, avec le concours de France Télavision, le CNC, SACD Fondation Beaumarchais, Région Nouvelle Aquitaine et Département de la Charente Pôle Magellis.

Manigances est inspiré d’une nouvelle d’une nouvelle du Décameron de Bocccace écrit au XIVème siècle. Dans le Décaméron, 10 jeunes adultes se racontent des histoires alors qu’ils sont confinés dans la campagne florentine pendant la peste noire. Manigances est donc une histoire issue d’un confinement…

bien, bien, bien

On s’en fout un peu et ça ne regarde personne, mais j’écris. Comme je n’écris pas très bien, j’écris un jour et le lendemain je reviens sur ce que j’ai écrit la veille. Il va falloir que j’active un peu un rythme plus soutenu si je veux tenir les délais. Et comme c’est une période où je m’aime encore moins que d’habitude, je passe mon temps à juger ce que j’écris. Bref, les affres de l’écrivaillon, quoi.

C’est sans doute ce même état d’esprit très autocritique qui m’empêche de poster des articles rebelles sur tel ou tel sujet politique ou social. Il y aurait tellement à rire jaune quant au traitement gouvernemental de la crise sanitaire que je ne vois pas bien en quoi mon opinion pourrait avoir un quelconque intérêt.

Ce matin, au café du coin, je croise un agriculteur que va récolter 30 au lieu de 115 à cause du manque d’eau. Il porte sur lui une angoisse. Voyons, voyons, soyons Trump : Fake News ! Tout va bien. 

C’est moi ou tout ne va pas si bien, en fait ?

Vadrouilles

Ce week-end, nous avons parlé eau et guérisseurs dans le Gers. Cet après-midi, j’ai fait une post-synchro pour un film bordelais. J’enchainais, toujours à Bordeaux avec une réunion autour d’un projet théâtral très excitant. La semaine prochaine, j’accompagnerai Manigances à Angoulême pour l’ouverture du festival de court-métrage. Je ferai partie du jury le lendemain. Passion de l’invisible, cinéma, théâtre. Dans le Sud-Ouest…

Sous des températures tropicales, dans un monde où les gens errent masqués dans les rues, en pleine apocalypse, la vie continue.

Un autre jour

Je sais… Il n’y a pas longtemps, j’écrivais un article dans lequel je m’interrogeais sur le port du masque. Oh, bien sûr, pas à la façon d’un militant anti-masque. Juste je m’interrogeais. Aujourd’hui, les données ont changé et les chiffres nous montrent un rebond de l’épidémie et une augmentation des admissions en réanimation. Donc, ça ne rigole plus. Je tenais à clarifier mon point de vue.

Comme par hasard, ce matin, le fichier Word que j’ai ouvert s’est mis à m’afficher un zoom à 200%. Comme si aujourd’hui je devais y voir moins bien qu’hier. Non mais… allo, quoi ! Encore un coup de Bill Gates qui veut me vendre des lunettes Linky 5G avec des puces vaccinées de partout.

Résolution de rentrée

Un mois ! Un mois sans Facebook. Record battu. Ouais, bon, c’est pas non plus extraordinaire. De toute façon, j’y reviens, dans le réseau social.

Cette année passée en grande partie à la campagne avec quelques incursions parisiennes a eu pour effet de me désocialiser comme jamais. Peu de relations d’un côté et trop peu de temps pour renouer de l’autre, dans les circonstances que l’on connaît. Pas de boulot non plus en dehors de celui qui m’occupe en solo autour de mon bouquin et des expériences qui vont avec.

L’ermite est un des archétypes de notre société. Dans la littérature, dans l’art, on a souvent la figure de cette personne qui s’isole du monde. Elle incarne l’image d’une libération des servitudes sociales, associée souvent à celle d’un retour à la nature. Cette image nourrit l’imaginaire de l’être social submergé par le jeu social, comme un refuge fantasmé. La petite maison perdue dans les bois ou à flanc de montagne avec pour seule compagnie les visites éphémères d’animaux sauvages.

Sauf que l’homme a des instincts grégaires. Il a besoin de la foule, d’appartenir à des groupes sociaux, retrouver la meute, le clan. Facebook est le lieu virtuel de l’expression de cet instinct. Cet espace algorithmique offre à nos yeux et à nos doigts l’illusion d’une existence sociale. Pourtant, cette existence sociale est de moins en moins incarnée, filtrée par des écrans, masquée désormais. A tel point que, sur Facebook par exemple, on est heureux d’exhiber le moindre moment où l’on est en relation concrète et réelle avec des gens : selfie à plusieurs avec sourire obligé.

Cette désocialisation dont je parle, on pense souvent qu’elle est de notre fait, que nous en sommes responsables individuellement. Elle finirait même par nous culpabiliser. Pourtant, elle est un résultat de l’évolution de notre mode de vie : nous sommes nombreux à avoir dû changer de territoire pour des questions professionnelles ; le téléphone puis internet nous ont permis de multiplier nos conversations mais en leur hottant leur caractère charnel. Notre pensée ne se nourrit plus pour l’essentiel que de celle qui circule dans les tuyaux de l’information, qu’elle soit médiatique ou issue des réseaux sociaux. Courte, simple (voire simpliste) et efficace.

Une des caractéristiques des conflits sociaux est que les gens concernés se remettent à parler ensemble, pour de vrai, avec des postillons et des odeurs. Et soudain, la pensée se met de nouveau en mouvement, recommence à construire, à échafauder collectivement. Les gilets jaunes furent le dernier espace où des gens se sont rassemblés contre une taxe gasoil et ont fini par élaborer une pensée politique remettant en question le libéralisme.

Vouloir renouer avec le lien social réel, à un moment où une autre étape de la désocialisation collective est entamée par la peur du virus, du cluster, le port du masque, tient de la gageure. Pourtant, je vais en faire ma résolution de rentrée.

Corrélations

De retour dans la ville masquée. Il n’y a plus que les gens installés aux terrasses des cafés qui ont un visage, avec un nez et une bouche. Sinon, ce ne sont que masques sur pattes. Comme si la ville s’était transformée en parc hospitalier dans lequel les malades déambulent, entamant une timide convalescence. Les masques que j’ai achetés pas cher, fabriqués très loin par des gens très pauvres et sans doute très jeunes, puent. Une odeur inconnue qui étouffe toutes les autres, celles du dehors, celles des gens, de la nourriture qui cuit, de la vie qui fait sa chimie. Ces masquent nous coupent de tout. 

J’observe ces militants anti-masque. Enfin, j’observe leur discours car ils ne sont pas visibles dans la rue. Il suffit de la menace de perdre 135 euros pour que tout le monde se voile la face. Et je ne sais pas. J’observe ces statistiques. 26 morts du Covid hier, soit 1 personne sur 2.300.000. Cette personne n’a vraiment pas de chance. Moins de morts que l’an dernier de toute façon. En revanche, quand tout le monde était confiné, ça tombait, ça tombait. Comme si la maladie se foutait bien des mesures gouvernementales, des précautions. Les corrélations s’inversent. Plus de cas positifs, moins de malades et de morts. 

Pourquoi est-il moins dangereux de parler dans un café, longtemps, sans masque, avec plein de personnes, les mêmes, que de marcher dans la rue ? Y a t-il eu des contaminations suite aux rassemblements de milliers de personnes non masquées ? Elle est où la logique ? Je la cherche. Je lis les analyses de machin et de bidule. Mais je n’ai qu’une hâte : qu’un professeur, membre reconnu des instances décisionnaires, juge que finalement, le masque, c’est utile dans certains cas mais que sa généralisation (avec exceptions liées à la nécessité de ne pas porter tort aux commerces de bouche) est idiote et abusive. Non, parce que moi, ce que j’en pense, ça n’a aucune valeur. Je n’ai pas fait les études nécessaires à porter un jugement juste sur cette situation. Juste je m’interroge. 

C’est la fin août

Pas de quoi trop alimenter le blog, ces temps-ci. Ce qui ne signifie pas qu’il ne se passe rien dans ma vie. Mais peu de choses méritent d’être publiques. Il faut garder son jardin.

Comme tout le monde, cette histoire de Covid continue de me pourrir la tête. Mais j’ai la chance d’être obsessionnel et d’avancer encore sur mes recherches sur l’eau. Il est probable d’ailleurs que, d’ici quelques semaines, je fasse appel à des volontaires pour lancer une grande expérience. Pour l’instant, je teste à petite échelle et peaufine le protocole.

On va aller masquer un peu à Paris, histoire de voir un peu ce qui bouge.

Dans ma rue passe un cluster. Je veux dire un mariage sans masque.

Prise de tête en fin d’été

Quand il y a eu des manifs d’anti-masques à Berlin, je me suis publiquement demandé si les gens ne devenaient pas fous. Mais aujourd’hui, je me demande si les autorités politiques et sanitaires ne sont pas en train de s’égarer. Quand on regarde les chiffres, on constate une augmentation des cas positifs mais aucune augmentation significative des hospitalisations, des personnes en réanimation ou des décès. Et ce, malgré la fête de la musique et de nombreux rassemblements estivaux.

Je ne comprends pas pourquoi la presse ne met l’accent que sur le nombre de cas positifs alors que les autres données, les seules valables pour évaluer la dangerosité d’une maladie, ne sont jamais relayées.

La Covid fait plus de mal à nos têtes qu’autre chose.

Pyrénées

Il y a des jours où le Pic du Midi d’Ossau se prend pour le logo de la Paramount. Ne manquent que des étoiles en demi-cercle.

Je croyais me souvenir que pour voir les images d’en haut, il fallait marcher beaucoup en montant. Mes jambes me l’on confirmé.

Dans les sommets je me suis encore demandé quelle était la meilleure façon d’éveiller l’intérêt à propos de ma découverte sur l’eau. L’altitude n’y a rien fait. Je n’ai toujours pas trouvé la solution. Découvrir un truc n’est rien au regard de la difficulté à le faire entendre.

Entre deux

Ayant quitté la mer et avant de rejoindre la montagne, occupé à divers travaux et je me suis déjà mis à l’ouvrage pour l’écriture du livre. Et vite fait, une petite expérience pour la route.

J’avoue que ma cure de désintoxication à Facebook se passe plutôt bien. S’épargner de lire des messages dont on ne comprend pas pourquoi ceux qui les écrivent les postent, ça repose. Ça renvoie aussi à sa propre vacuité dans ce système de communication algorithmique.

Alors bon, je continue d’écrire un peu dans le blog en me demandant un peu pourquoi. Un peu.

Vacances

Alors, je me suis mis en pause de Facebook. Trop de connerie exacerbée de tous côtés. Inutile de rajouter le mienne. Il y a ceux qui disent qu’il n’y a pas d’épidémie et qu’on veut nous imposer un vaccin obligatoire et puis, hier, alors que je postais un petit message vers la communauté Libanaise, je me faisais traiter de connard d’occidental. Bref. La pensée des réseaux, quoi. Toujours aussi mesurée et d’un niveau de pensée très élevé. Autant sortir de la salle pour cramer une clope.

Tiens, une petite histoire à l’honneur de la police. Si, si, ce n’est pas parce qu’il y a des violences policières (que je dénonce quand il faut), qu’il faut rejeter l’uniforme par principe. Mon histoire, donc. Nous arrivions de Paris en gare d’Angoulême à 23:25. Arrivés à la voiture, nous constatons qu’un sac à dos est resté dans le train qui vient de partir vers Bordeaux. L’ordinateur est dans le sac. Que faire ? La gare a déjà fermé ses portes. Personne de visible. Pas de numéro de téléphone de la gare sur les pages jaunes. On fait le 17 et on explique la situation. Le gendarme local nous donne les numéros de téléphone de la gare et le 06 de la personne d’astreinte. Pas de réponse. Le gendarme n’a pas les numéros de la gare de Bordeaux et il n’y a pas de numéro accessible au public.

Et là, on appelle le commissariat central de Bordeaux. On explique à nouveau la situation. La police nous remercie car ça évitera de faire intervenir l’équipe de déminage si le sac est retrouvé dans le train. Ils s’occupent de tout. Une petite heure après, coup de fil de la gare qui a été informée par la police. Le sac est bien là et nous pourrons aller le chercher le lendemain matin.

Cette histoire aidera peut-être quelqu’un un de ces quatre. 

Pas très intéressant

Voilà quelques temps que je n’ai pas écrit sur le blog, tiens. Visiblement, je n’ai pas été pris sur mes précédents casting. Pour l’un, j’ai été mauvais, pour l’autre, j’ai dû être mauvais aussi. Non, en fait, je crois que le réalisateur pensait que j’étais trop vieux pour le rôle. Ou que ma tête ne lui revenait pas. Ou que je ne sais quoi. Bref, je n’ai pas été pris.

J’ai une autre rencontre avec un réalisateur lundi. Si je ne suis pas pris, c’est que vraiment je suis mauvais mauvais ou que je mets de la mauvaise volonté. Oui, le rôle en question, il s’appelle Bernard, voire même Bernard Blancan. Alors si à l’issue du rendez-vous le réalisateur me dit « heu… en fait, je ne suis pas certain que… », je crois qu’il ne me restera plus qu’à renoncer définitivement à ce boulot. Mais ça ne se passera pas comme ça, bien sûr.

Sinon, ce qui m’occupe le plus ces temps-ci, ce sont mes expériences avec l’eau. C’est chaque jour plus passionnant. Mais il ne faut pas que j’oublie ce qui va avec : je dois trouver la meilleure façon de faire comprendre la portée de ma découverte. Je dois dire que venant d’un comédien blogueur, dans un contexte où chacun se demande ce qu’il peut croire, c’est pas gagné. C’est un challenge très excitant.

Mais il n’y a pas que ça, il y a la vie et tout ce qu’elle vous prend et vous donne. Ça fait un gros morceau de temps aussi. Et de vacances…

Oui, le champignon, c’était en Suisse… Donc, rien à voir avec l’article qui, lui-même, n’a pas grand chose à voir avec quoi que ce soit.

Le bruit des hommes

Je ne saurais dire d’où ça vient, mais la plupart des bruits des villages de campagne sont produits très majoritairement par des hommes : tondeuse, perceuse, burin à percussion, tronçonneuse, élagueuse, débroussailleuse, scie circulaire, meuleuse, ponceuse, fusil de chasse, voix fortes, rire sonore, voiture qui fait vroum vroum, moto qui fait vroum vroum vroum, musique à fond… Ils font tellement de bruit, qu’ils en sont parfois contraints de porter des casques assourdissants en conduisant leurs engins. C’est comme si les hommes avaient un besoin de s’affirmer en faisant du bruit. S’ils aiment bricoler, on pourrait presque penser que c’est juste pour se donner l’occasion de produire du décibel. Le bruit est-il un des éléments de la domination masculine ? 

On me rétorquera que je suis un vieux macho et que les femmes aussi utilisent ces outils. Ce à quoi je répondrais : ok, les femmes sont tout à fait capables de produire autant de bruits, si elles le désirent. Mais ne pourrait-on pas plutôt œuvrer ensemble pour que les outils, manipulés par des hommes ou des femmes, soient juste moins bruyants ?

Dans les débats très animés autour de la question du féminisme, on a parfois l’impression que le militantisme prend la forme la plus imbécile de la domination masculine, avec lynchages, sectarisme et prosélytisme. C’est dommage parce qu’il y a en effet beaucoup à faire pour mettre à mal le pouvoir abusif des hommes sur les femmes. Cette domination, on la vit tous les jours, à tous les étages du moindre pouvoir, jusqu’au cœur de nos foyers. J’ai tendance à penser que se battre ensemble contre toutes formes de domination serait un premier moyen d’atténuer le déséquilibre homme/femme, mais aussi le racisme, l’injustice sociale… Mais je me trompe peut-être. Et par pitié, ne me jetez pas au pilori parce que j’ose exprimer les conneries qui me passent par la tête. La connerie ne fait aucune distinction de sexe.

La fabrique de la colère

Ceux qui crient haut et fort que les médias officiels, les BFM et compagnie, c’est de la merde et qu’il vaut mieux se fier aux infos qui passent par les réseaux sociaux ont raison en partie. Les médias, ce n’a jamais été de la pure objectivité. Pour autant, les mêmes qui crient, ce sont souvent ceux qui balancent à qui mieux mieux des fausses informations sur les réseaux sociaux, pour le plus grand plaisir des Trump et des Fachos (quand ce ne sont pas eux-mêmes qui balancent ces fausses informations).

Hier, par exemple, je suis tombé sur la photo de gauche sur Facebook. On y voit la femme du président portant un masque d’une marque de luxe. L’image est tellement forte symboliquement, qu’elle provoque de la colère et un sentiment d’injustice. On aurait presqu’envie de la partager ! Pour ma part, je suis allé sur Google, j’ai tapé « Brigitte Macron » et j’ai cliqué sur Images. Ce qui m’a permis de retrouver l’original de la photo (image de droite) que l’on a trafiquée.

Donc, chers amis qui m’envoyez des messages privés avec ce type de fausses informations, je vous remercie de prendre le temps, avant, de faire une recherche sur votre moteur de recherche : vous éviterez de m’ennuyer et vous apprendrez deux ou trois choses. Une information objective, ça demande du boulot. Merci.

r e v EAU l u t i o n

La fameuse découverte sur l’eau (que j’ai faite presque par inadvertance), ne va bientôt plus être secrète. Le projet de livre a été validé aujourd’hui-même par la direction de chez Eyrolles. J’attendais ce jour avec une certaine impatience, la même que j’ai à écrire ce livre. Et encore plus d’en livrer tous les secrets aux lecteurs. C’est assez révolutionnaire, en fait. Certainement plus que bien des idées.

J’ai eu une autre bonne nouvelle, mais j’ai entendu Lambert Wilson dire que, par superstition, il ne fallait pas parler de ses projets tant qu’ils ne sont pas certains. Alors, j’en parlerai quand ça sera certain. Mais c’est déjà une bonne nouvelle.

Attrapé par le colbac

C’est ce que je craignais (ou espérais, peut-être). La semaine dernière, j’avais un call-back (second rendez-vous pour casting) pour un rôle à un jour de tournage. Je devais avoir une réponse vendredi ou aujourd’hui. Pas de réponse pour l’instant. Tu me diras, passer un casting pour un rôle d’un jour quand tu as deux trois films derrière toi, c’est assez succulent. Mais ne pas être pris… je sais pas, il y a quelque chose de rassurant, de joyeux. Ben oui, une impression d’ordre, de juste retour des choses, de coup de pouce du destin. 

Bref, pris ou pas pris, je suis heureux. Que demande le peuple ? Heu, le peuple, je préfère ne pas savoir ce qu’il demande 😉

Complément dans lequel les bras m’en tombent. Cet article fait initialement sur le blog blancan a été censuré par Facebook parce que mon blog a été signalé par un idiot comme étant je sais pas quoi. Porno ? Porteur de fake-news ? Je vais voir comment régler ceci avec ceux-là…

Quand les artistes se font arnaquer

Je n’arrive pas à trouver l’origine de la loi qui autorise un abattement de 25% sur les cotisations retraite des artistes, mais c’est une véritable honte ! J’en constate les effets au moment où je vais toucher ma retraite. Mais prenons une vision plus large.

Un trou du cul de ministre quelconque a décidé de faire un cadeau aux entreprises de l’audiovisuel et du spectacle : on va opérer un abattement de 25 % sur les cotisations retraite des artistes ! Chers producteurs, voici un petit geste fiscal qui va vous profiter. Chers artistes, vous, on va vous niquer jusqu’à l’os ! Voyons les effets que ça engendre concrètement pour le producteur et pour l’artiste.

Sur l’année de travail pour un salaire annuel de 20.000 euros (1.666 brut par mois).

L’artiste va voir son salaire net annuel augmenter de 966 euros soit 80,5 euros par mois.

Le producteur, lui, fait une économie de 1197,84 euros soit 99,82 euros par mois.

À ce stade, tout le monde est gagnant. Le producteur plus que l’artiste. Voyons maintenant l’incidente que ça a sur la retraite de l’artiste.

La retraite de base va passer de 10.000 euros annuels à 7.500 annuels ce qui veut dire qu’au lieu de toucher 833 euros par mois, il ne touchera que 625 euros par mois.

Ce qui veut dire que chaque mois de sa retraite, il touchera 208 euros de moins soit 2.500 euros par an. Et ce, pendant toute les années de sa retraite. Pour le producteur, aucune incidence à ce moment.

En résumé, en une année de travail, grâce à cette mesure géniale, l’artiste a gagné 966 euros mais chaque année de sa retraite, il en perd 2.500.

Le mec qui a pondu ce truc immonde, il a fait l’ENA ? Le producteur qui applique cet avantage a-t-il la moindre considération pour l’artiste ? Les syndicats, ils font quoi, en fait ?

La nuance

La loi dit que l’employeur doit demander au salarié son accord pour appliquer cet abattement par écrit. Je n’ai jamais vu un producteur me dire si tu acceptes d’appliquer l’abattement tu toucheras 80 euros en plus ce mois-ci mais pendant toute ta retraite, toute ta vie, tu toucheras 208 euros de moins par mois

Présenté comme ça, évidemment, j’aurais toujours demandé à ce que cet abattement de merde ne me soit pas appliqué. Au lieu de cela, soit je n’ai pas reçu la demande, soit quand c’était une petite prod, pour un court-métrage, par exemple, grand-seigneur (sachant que ça leur faisait des économies), je leur disais de l’appliquer.

Le petit coup de pouce fiscaux aux entreprises sont souvent payés très chèrement par les salariés. Mais allons-y, continuons à voter pour les guignols En Marche, de droite ou même socialistes. Au stade où on en est, ils sont tous responsables de cette situation absurde et d’une injustice crasse.

J’espère que cet article servira à mes jeunes camarades.

Si parmi vous quelqu’un est capable de me dire qui a fait voter cette loi et quand, je suis preneur.

Le monde de demain

Pendant le confinement, j’avais fait une chanson qui s’appelait Le monde de demain. Elle remettait en doute les volontés gouvernementales de tout changer pour un monde plus juste qui récompenserait ceux qui se sont révélés être les véritables acteurs de la bonne marche de notre société.

L’interview du 14 juillet de notre cher président vient confirmer que, non seulement rien ne va changer sous son règne, mais que tout a des chances de s’aggraver pour les plus fragiles (on ne touchera pas aux plus fortunés, promet-il).

Il est déjà loin son discours qui disait qu’il fallait changer de paradigme, de modèle, qu’il fallait tout réinventer. 

Castex premier ministre, l’ours imitateur de son maître Sarkozy, ne semble pas donner le gage des changements les plus profonds.

Nous nous dirigeons vers un rustinage à minima pour lequel on demandera aux mêmes de faire les efforts.

Mais restons optimistes. On a Bachelot à la culture. Après son stage aux grosses têtes, elle a tout d’un André Malraux ou d’un Jack Lang, c’est évident.

En écrivant ceci, j’ai tout du Français jamais content. Peut-être. J’ai juste l’impression de comparer ce qui est dit à ce qui est fait. Je ne sais pas si c’est français, chinois ou polonais. En tout cas, ce n’est pas moi qui fait des grands discours, qui appelle à enfourcher les tigres et autres délires. 

Allez, masque obligatoire le 1er août ! En voilà une mesure fort à propos…

Ça porte ses fruits

J’ai bien fait de me livrer à la pensées positive l’autre jour. J’accumule les bonnes nouvelles à un point qui frise l’indécence. Je vais rencontrer un scientifique pour mes expériences sur l’eau. C’est un fait assez décisif pour la suite. J’ai appris que mon projet de bouquin a reçu l’aval d’un premier comité et devrait être définitivement validé avant la fin du mois. Par ailleurs, je passe un casting la semaine prochaine pour un rôle taillé sur mesure et très important. J’écris l’article avant d’appeler ma productrice pour les films en cours parce que ça ferait trop.

Je suis assez fan du monde d’après, même s’il tourne en ce moment autour de mon nombril.

Bonheur

Je regardais le gens dans la rue et je me disais que nous avons une sacrée chance. Nous habitons un beau pays, extrêmement juste socialement, où les valeurs les plus généreuses et humanistes font l’unanimité au sein de la population. Nous réalisons ensemble le rêve de tant de générations. Nous sommes pleinement satisfaits des élus qui nous représentent si bien, avec désintéressement et ce souci constant de justice et de transparence, en même temps qu’une responsabilisation intelligente de chacun de nous. Sur le visage des passants se lisent l’amour du prochain et la joie de vivre.

Ce matin, j’ai mis une petite gamelle d’eau sur mon merveilleux balcon plein sud afin que oiseaux et insectes viennent se désaltérer à loisir. Petite piscine gratuite, les amis ! Leur chant ressemble à un joyeux merci.

Vêtu d’un voile de patience, avec sérénité, je laisse toutes les bonnes nouvelles prendre le temps de venir à moi, fruits délicieux de messages envoyés ici ou là, en réponse à des castings, des projets passionnants, aux résultats de comités divers.

De temps à autres, je m’essaie à un exercice de pensée positive. J’en arrive à la conclusion qu’en fait, pour être parfaitement heureux, mieux vaut ne pas penser du tout, être sourd, aveugle et trépané. À moins de tout simplement considérer le monde tel qu’il est, avec ses imperfections et de renoncer à vouloir le changer. Je vous aime.