Petit conte

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Alors, les Kurdes, ce sont des humains, donc. Des hommes, des femmes, des enfants. D’autres humains, ont décidé qu’on ne voulait surtout pas qu’ils aient un pays à eux, avec un drapeau et tout et tout. Alors ces autres humains, les Turcs, ont décidé d’envoyer l’armée, de lâcher des bombes sur les premiers, juste en prévention, pour qu’il n’y ait jamais de Kurdistan. Drôle de façon de régler les problèmes en zigouillant des êtres humains, en bombardant leurs maisons, leurs villages, les obligeant à fuir par centaines de milliers, hommes, femmes et enfants.

Pourtant, les Kurdes, ils avaient largement contribué à stopper d’autres humains devenus fous, faisant sauter des tours, tuant des innocents partout dans le monde. Merci les Kurdes.

Pendant ce temps, dans les pays riches, quelques humains investis de hautes responsabilités disent que ça n’est pas bien de faire une guerre aux Kurdes. Ces humains-là, ceux qui sont investis de hautes responsabilités, ont la particularité de dire et redire toujours ce qui est bien et pas bien. Mais ils sont tellement pris par leurs responsabilités diverses, économiques, sociales, morales, financières, des tas de responsabilités quoi, qu’ils n’ont jamais la force d’agir. Mais soyons justes. Il leur arrive de joindre le geste à la parole. Ils savent attaquer les méchants dictateurs, par exemple. Un méchant dictateur est un humain investi de hautes responsabilités dans un pays pauvre dont le sol regorge de pétrole et de gaz. C’est ça, un méchant dictateur.

Le chef des Turcs, lui, il emprisonne les opposants, les journalistes, les intellectuels, les enseignants mais les humains investis de hautes responsabilités dans les pays Européens ont besoin des Turcs pour empêcher l’immigration. Oui parce que les réfugiés, dans les pays riches, les humains qui donnent les hautes responsabilités à quelques-uns avec des bouts de papiers, ils n’aiment pas les réfugiés parce qu’ils leur mangent leur pain et leurs allocations. C’est ce qu’ils disent.

Alors, les humains Kurdes, ils peuvent bien se faire massacrer, personne n’en a rien à foutre comme on dit dans certaines chaumières.

Casting, épisode 7

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Qui qui veut un nouvel épisode de la série Casting ? Allez, c’est tellement drôle et plein de rebondissements, que je le livre. Alors,  je commence par un résumé des épisodes précédents.

  • Je passe un casting pour une joli second rôle.
  • Je suis pris
  • Le lendemain, je ne suis plus pris parce qu’on a pris un acteur régional
  • Après diverses tergiversations, je suis de nouveau pris.
  • Finalement, je ne peux pas tourner car à une des dates, je tourne sur un autre film
  • En fait, je m’aperçois que dans cet autre film, alors que j’ai passé de supers essais sur une super scène, on m’a filé un rôle de silhouette avec 3 phrases. Merde…
  • On m’annonce que finalement, la date de tournage qui m’a empêché de jouer le joli second rôle est déplacée. Trop tard…

Je rêve ? Non non. Heureusement, j’ai pris le parti d’en rire depuis un bon bout de temps. Et, du coup, chaque nouvel épisode est une nouvelle blague pour moi. Je soupçonne Xavier Dupont de Ligonnès d’être derrière tout ça.

Effervescences

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Quand je ne poste pas d’article pendant quelques jours, on peut penser que je ne fais rien ou que je déprime. Absence = vide.

En fait, si je n’écris pas depuis quelques jours, c’est que si j’avais dû écrire, j’aurais fait trois articles par jour. État d’effervescence.

Certaines choses m’ont meurtri. Ce fonctionnaire de la préfecture qui achète un couteau et tue ses collègues par délire religieux. Cet autre malade qui, en Allemagne, tue parce qu’il n’aime pas les juifs, les étrangers et les femmes. Ce président qui part tuer les Kurdes parce qu’il a peur qu’ils revendiquent leur autonomie alors qu’ils ont été les plus vaillants contre le terrorisme. Toute cette connerie meurtrière m’affecte en tant que membre de la communauté humaine. Mais qu’écrire encore sur le sujet, si ce n’est crier ?

Aux antipodes, je suis excité, joyeux, heureux, passionné par les dernières touches que je porte à une expérience avec de l’eau que je vais mener en public samedi pour une conférence que je vais donner au GNOMA (congrès de magnétiseurs) et autour de mon bouquin. Cette expérience que j’ai mise au point, elle raconte des choses extraordinaires. Elle nous dit que nous sommes vivants, en même temps qu’un lien très fort nous unit avec tout ce qui est vit, êtres, animaux, plantes, eau. Méditation. Autre sphère.

Mais en même temps, je me rends compte que le rôle pour lequel j’en ai raté un autre pour cause d’indisponibilité, est à peine une silhouette. Déception, ironie.

Je pourrais raconter les deux spectacles que je suis allé voir : Une Suite Française avec la copine Guilaine Londez ou encore l’Abîme mis en scène par Thomas Ostermeyer. Le plaisir d’une petite boîte de théâtre pleine de vie pour l’un et pour l’autre, le regard d’un médecin légiste sur la vacuité abyssale du monde que nous nous sommes fabriqué. Remarquable.

Après la projection de Manigances, les bonheurs de comédie de Paul, la vie m’a trop sollicité pour que je prenne le temps de raconter. Vive les silences du blog ! Ils témoignent du plein de la vraie vie.

Le jour où Paul est devenu acteur

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Hier fût une journée faste puisque mon fils cadet, Paul, a décroché un prix d’interprétation dans un festival de théâtre à Cabourg.

Quand on n’a pas de prix, on se dit que c’est génial ou que bof, et alors ? Mais dans la famille, nous ne sommes pas les plus sûrs de nous. Le doute et la quête de reconnaissance, on connaît, on se transmet tout ça. J’ai ma part de responsabilité. Alors, un truc comme ça, ça vous enlève ce fameux doute qui empêche pour un petit bout de temps.

Fier de lui, mais surtout tellement heureux qu’il reçoive ce message de légitimité. C’est quand même le seul mec de sa promo à ne pas avoir d’agent.

Le jour où je suis devenu réalisateur

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10:12, venu de Nancy, Guy Gauthier est là ! Des projections comme celles de ce matin, j’en redemande ! J’ai rarement eu l’occasion de recevoir autant de retours aimants. Un grand merci à ceux qui ont fait le chemin et pour tous les mots qu’ils m’ont dits. C’était la famille élargie, la vraie, celle du cinéma et des amis. Je ne m’attendais pas à ce que celui-ci aime le film. Tel autre me dit, mais il faudrait une séance avec tes trois films ! Tous m’ont dit que le film me ressemblait. Je sais, certains vont se dire que ce n’est pas un compliment 😉 Mais c’en est un. Me voilà donc réalisateur à mes propres yeux. D’habitude, je dis comédien. Oh, pas un réalisateur mainstream, bien sûr. Le mec incapable de faire un film « normal ». Tu fais un cinéma nordique m’a dit un autre. Ben oui, pas très Français mon petit cinéma du fil tendu dans lequel tu ne sais jamais de quel côté tu vas tomber, qui décale le décalage et joue toujours. Espiègle et impertinent m’a dit encore un autre. Liberté.

Ben voilà, j’ai donc les chevilles qui enflent. Et avec ce temps de merde, j’aime bien cette sensation de chaleur au niveau des articulations.

Une autre projection de Manigances, ma petite fantaisie médiévale avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet est prévue à la SACD en décembre. En attendant le passage sur France 2. Merci Céline Loiseau et la bande à TS !

Chez le coiffeur

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Je suis allé chez le coiffeur et me suis acheté un pull. A priori, tout le monde s’en fout à juste titre. Tout au plus, la photo va-t-elle peut-être provoquer un sourire.

En fait, c’est pour poster un truc que seuls ceux qui me lisent vraiment pourront débusquer.

Le truc c’est ça : il reste des places (pas beaucoup) pour la projection de Manigances, ma comédie médiévale de 24 minutes, demain à 11 heures au Louxor (Métro Barbès). C’est avec Robinson Stevenin, Émilie Caen et François Loriquet. C’est produit par Céline Loiseau de TS Productions, avec le soutien de France 2, Beaumarchais, La région Nouvelle Aquitaine, la Charente, etc…

Alors, cher lecteur du blog, si tu habites Paris et que tu t’ennuies demain matin, tu n’hésites pas. Il y a un pot après.

Il est quand même préférable de déposer un petit mail à stagiaire@tsproductions.net et/ou de me faire un petit coucou.

Je précise quand même qu’il y a déjà du monde, sinon ça fait le mec qui n’a pas un chat à sa pauvre projo 😉

Qu’est-ce qu’elle vous a fait ?

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Greta Thunberg. Cette gamine passe son temps à dire aux dirigeants : lisez les rapports scientifiques et agissez ! Elle ne dit pas davantage. Elle le dit à sa façon. Elle a été médiatisée dès sa première intervention et est devenue une icône de la cause environnementale. Elle ne fait que répéter, partout où elle passe : lisez les rapports scientifiques et agissez ! C’est pas de gauche, c’est pas de droite, c’est même pas écolo. C’est juste Lisez ces rapports et agissez !

Les réactions face à ce discours on ne peut plus factuel sont de l’ordre : elle ferait mieux d’aller à l’école ; elle est manipulée ; c’est une autiste asperger ; c’est une extrémiste ; on parle de haine, de radicalité, de gauchistes dangereux… même le père Macron y est allé de son petit rejet, lui qui l’avait invitée quelques mois plus tôt.

Mais Messieurs les dirigeants, les bobos nouvelle tendance pro-glyphosate (si, si, ça existe), tous ceux qui crachent à la gueule de cette gamine dépassée par sa peur de devoir passer sa vie à compter les disparitions d’espèces animales, végétales, à subir les conséquences du dérèglement climatique, à voir la terre se transformer dans un sens pas sympa pour le seul besoin du fonctionnement capitaliste et celui des consommateurs inconscients, les dédaigneux, ceux qui croient survoler tout ça sans sombrer jamais dans le catastrophisme, ceux qui pensent que la science arrangera tout vite fait, les No Futur que ça fait rire, votre acharnement est franchement suspect.

C’est quoi cette attitude, votre attitude, ce refus d’entendre ce qu’elle dit ? Lisez les rapports scientifiques et agissez !

Ces rapports, je ne les ai pas lus. C’est un tort. En même temps, le seul parebrise de ma voiture me raconte la disparition des insectes. Ben oui, je conduis depuis 1979 et, à cette époque, dès que tu faisais plus de 100 bornes, il fallait passer un petit coup à la station-service si tu voulais espérer voir quelque chose de nuit. Mes copains glyphosatés me répondent que je n’ai pas le droit de tirer d’enseignements d’une expérience personnelle. Ok. J’ai pas le droit. Juste je constate. Pas fait de doctorat pour affirmer que je vois la disparition des espèces animales et les effets, années après années, des dérèglements climatiques, le vampirisme du libéralisme qui enrichit chaque jour les mêmes, une poignée et appauvrit chaque jour les autres, la masse. Pas besoin de doctorat pour ça. J’ai 61 ans. Même toi qui es dans les classes moyennes, tu compares tes feuilles d’impôt d’année en année. Tu n’as pas le droit de tirer de leçons de ton expérience personnelle, ni de celle de ton entourage, mais quand même, il me semble que tu es en droit de te dire qu’il y a un truc qui déconne quelque part. Et ces gens qui m’imposent de me tenir aux rapports scientifiques à propos des insectes de mon pare-brise, ceux qui méprisent le bas peuple quand il affirme des choses qui ne sont pas avérées scientifiquement, ben, aujourd’hui, ce sont les premiers à dézinguer Greta Thunberg qui se contente de dire : Lisez les rapports scientifiques et agissez !

Greta, à ta place je jetterais l’éponge. Je me dirais, au moins j’ai prévenu. Parce que là, tu vas continuer à t’en prendre plein la gueule de la part de tous ces connards plus ou moins souriants. Tu vas t’endurcir peut-être. Ou peut-être pas…