L’émerveillement ne paie pas

Bonjour la toile ! Comment allez-vous ? 

De mon côté, ça pourrait être pire. Je vais travailler de mon art dans le mois qui vient : Des petites choses dans 3 tournages et quelques jours de résidence d’écriture en Gironde. 

Me vient à l’idée que je pourrais co-animer un stage de direction d’acteur. J’ai déjà fait et ça m’a bien plu. Ce n’est pas uniquement pour le plaisir, ne soyons pas hypocrite, mais pour gagner quelque sous aussi.

Je constate que depuis plusieurs mois, je travaille comme un damné à faire des expériences sur ma découverte qui marche avec l’eau, à distance avec le Japon, le Brésil, la Suisse, le Canada, la Grèce et j’en oublie. À chaque fois, ça me demande beaucoup de travail de traitement de données, de tableaux comparateurs, d’analyse et de prospective. Mais pour tout cela, tout le temps passé, l’occupation continuelle de l’esprit, je ne touche pas un centime. En plus de ça, je n’ai pas la disponibilité pour développer d’autres activités plus rémunératrices et entretenir le lien social (ou ce qu’il en reste en cette période). La passion peut être piégeante et vous dévorer tout cru quand d’autres s’en approprieront les fruits, une fois tout le travail fait (à l’oeil).

J’ai dépassé le stade où je dois prouver que ça marche. Si je mesure l’eau qui a été regardée par une personne, je peux mesurer l’activité émotive de la personne en temps réel, quelle que soit la distance qui la sépare de l’appareil. Nous avons montré récemment que ces mesures sont corrélées avec celles produites par un électroencéphalogramme. Les preuves, je les collectionne. Mais on est déjà passé au stade des applications concrètes. Et elles sont nombreuses. Parfois elles me gonflent, comme l’utilisation que pourrait en faire le marketing, parfois elles m’amusent. Mais le moment est venu de la récolte de quelques pépètes pour compléter ma triste retraite d’intermittent.

Mais au fond, ma passion, elle n’est pas de sortir des courbes, des graphiques et des coefficients de corrélation à gogo. Elle réside avant tout dans l’émerveillement du lien que j’ai mis en évidence qui unit l’eau et la conscience. C’est tout simplement une révolution scientifique et philosophiques qui dépasse de très loin la vulgarité des applications. Mais nous sommes au XXIème siècle et le premier souci des gens est « à quoi ça sert ? ». À quoi ça sert ? À quoi ça sert, la gravité ? À quoi ça sert l’étude des crevettes dans les abysses ? Ça sert à rien de commercial. C’est juste merveilleux. Ça fait marcher les neurones plutôt que le porte-monnaie. Ça ouvre l’esprit sur l’univers, la vie. Mais n’empêche. Je veux être payé pour mon travail, juste parce que je vis dans notre monde du XXIème siècle.

En septembre, sort mon bouquin et j’ai hâte de profiter de l’occasion pour animer des conférences avec démonstration en direct. Partager, faire comprendre. Montrer. Démontrer. Faire vivre une expérience.

Bien sûr, je vais me régaler à faire l’acteur et vais y mettre toute ma passion. Celle du jeu. C’est un peu du même ordre que celle qui tourne autour de l’eau. La passion n’a pas d’objet. C’est un état. Un état qui ne demande qu’à faire des étincelles dans les yeux de ceux avec qui on le partage. Vive les arts et la science ! 

2021, donc

Premier mai. Donc, maintenant, en 2021, donc, l’ennemi public, donc, c’est la CGT. C’est vrai qu’ils font chier à défendre les multinationales, les intérêts de la finance, à préparer une loi qui va mettre dans la merde deux millions de chômeurs, à faire voter des lois autoritaires, à fermer les lieux culturels. Ok, c’est donc la CGT, tout le merdier. J’avais pas tout compris, moi. C’est que je commence à prendre en âge. J’avais pas réalisé tout ça. Il va falloir que je me mette à la page.

Je vais commencer à réfléchir aux élections, tiens.

– si je vote socialiste, je valide le libéralisme social. Donc, le libéralisme tout court, parce que deux mots, c’est trop long.

– si je vote communiste, je cautionne l’ex-URSS, la Corée du Nord et Staline.

– si je vote France Insoumise, je suis un valet de ce facho de Mélenchon qui est à la fois islamo-gauchiste, antisémite, pro-Poutine et responsable des gelées que nous avons connues début avril.

– si je vote EELV, là aussi, il y a trop de lettres. Il faudra choisir entre Jadot et Bayou et accepter que l’on annule les concerts en plein air parce qu’on y piétine les pelouses.

– si je vote Modem, il faut que je considère que ça se termine par em, EM, En marche.

– si je vote En Marche , EM, Emmanuel Macron, je deviens royaliste ou bonapartiste.

– si je vote LR, je vais devoir porter des chemises rayées bleu et blanc et que je me coiffe avec la raie sur le côté. Et puis il y a une grande proximité LR – LREM (voir ci-dessus)

– si je vote RN, il va falloir que je me fasse pote avec tous les néo-fascistes et que j’enlève Indigènes de mon CV.

– si je vote à l’extrême gauche ou gauche hyper radicale, je vais devoir acheter des petites lunettes rondes et apprendre à mépriser les communistes et la CGT, crier vive la Révolution en espérant qu’elle n’aura jamais lieu.

– si je ne vote pas, je m’assois sur le droit de vote, renie la démocratie et je n’ai pas intérêt de parler politique à table.

– si je suis anarchiste, il faudra que je me persuade que je suis le seul à avoir compris quelque chose.

– si je suis individualiste et n’en ai rien à foutre de rien ni des autres, il va falloir accepter que l’on m’appelle connard. Remarque, Bernard, connard, c’est assez proche, phonétiquement je veux dire.

  • on me dira qu’il reste le vote blanc (toujours pas comptabilisé malgré l’obligation de le faire). Mais on me reprochera de faire le jeu du RN ou du premier épouvantail venu.

Bo, ça a l’air bien compliqué, tout ça. Il est où le fourgon de la CGT, donc, que je le caillasse ?

C’est fait !

Voici un petit moment que je n’ai pas écrit ici. C’est sans doute que je n’ai pas grand-chose à dire. Depuis la dernière fois, rien n’a vraiment changé. Je travaille beaucoup sur mes expériences aquatiques toujours aussi passionnantes.

Et je me suis fait vacciner au Pfizer. Dans un hôpital militaire. Une caricature d’organisation militaire. Ne laissez pas deux sièges avec votre voisin ! Dès qu’une personne était appelée, tout le monde devait se lever en avancer d’un siège. Et dans cet ordre apparent, c’était un bordel sans nom où les horaires de convocation n’étaient pas respectés, où l’on pouvait se faire piquer la place ou piquer la place d’un autre. Près d’une heure de retard sur l’horaire prévu, les médecins et infirmiers ne sachant pas à quel poste ils devaient piquouser. Bref, on s’en fout, c’est fait. L’objectif n’est pas tant de me protéger mais de ne plus avoir à faire ces putains de tests tous les quatre matins et d’avoir la liberté de voyager. Effets secondaires : néant.

Voilà pour les nouvelles. Elles sont bonnes.

Quant à la photo, elle n’est même pas de moi. Je donne plus rien…

Ça se fête !

Et de un ! Enfin un casting qui a marché. C’est pour un petit rôle, certes, mais il y a de quoi s’amuser avec un bonhomme bien méchant (ça se fête).

Pour ce qui est de ma recherche sur l’eau, voilà que je suis désormais identifié comme chercheur (ça se fête). Une co-publication est en cours pour la dernière expérience réalisée. Je crois qu’on ne va pas s’arrêter là (ça se fête).

Mais j’y pense… quand auront-nous la possibilité de faire la fête ?

En zone commerciale

Il faut compter deux heures pour un remplacement de pare-brise. Deux heures à attendre dans une zone commerciale en période de Covid. Presque tout est fermé. Dans les rares magasins ouverts, de la rubalise rouge et blanche enferme des rayons entiers. J’ai même trainé mes guêtres dans une animalerie ouverte. Les oiseaux, étonnés de voir un client, se sont mis à chanter et imaginant sans doute que j’allais les libérer. Pensez-donc !

Je me suis cru dans un film de fin du monde, une période dans laquelle on ne vendrait plus que le nécessaire pour s’alimenter. Et la Foirfouille. Oui, une foirfouille, ça fait partie des magasins indispensables, tout comme ceux qui vendent des poissons sous verre, des tortues naines au moment de la vente, des rats blancs et des oiseaux en cage. Drôle d’impression, quand même, pleine d’interrogations sur notre soif de consommer.

J’avais tout de même apporté un bouquin et j’ai fini assis sur des marches, le dos au soleil enfin généreux. J’ai économisé sans doute quelque sou.

C’était une expérience de vie suffisamment rare pour être relatée. D’habitude, au même endroit, ce sont des tonnes de marchandises qui s’engouffrent dans la bouche ouverte des voitures. L’image n’est pas très heureuse car la bouche serait donc à l’arrière… je laisse au lecteur le soin de faire ses propres délires.

Bienvenue dans le monde des festivals !

J’ai vécu une nouvelle fois l’épreuve du jury de courts-métrages en distanciel. Cette fois, c’était pour un jeune festival (Regain) de Fos-sur-Mer. Il avait été demandé à ceux qui voulaient de faire un court-métrage ayant pour thématique Fos et l’environnement. Un festival ouvert donc à tous. Des films généralement auto-produits. 

Dans ce cas, il ne faut pas s’attendre à voir des films bien ficelés et bien réalisés. Ils sont souvent le reflet de ce qu’imaginent les gens qu’on attend d’eux. Pas mal de naïveté, d’application à faire comme l’on croit qu’il faut faire. Et puis la tâche était ardue : parler de l’environnement dans un lieu hautement industriel et réputé pour sa pollution. Celui qui s’est le mieux sorti du guêpier, c’est un réalisateur qui a osé le documentaire en allant chercher la parole des gens qui vivent sur place. On y retrouve le paradoxe d’une population qui a subi de plein fouet les effets de la pollution et qui a bénéficié par ailleurs de la situation : avoir du travail grâce à l’industrie. Demeure pour ces gens un fort attachement à leur territoire, difficilement compréhensible pour un point de vue extérieur trop manichéen.

Mon coup de coeur aura été pour un film d’animation en dessins découpés réalisé avec les enfants d’une maison de quartier. Ils imaginaient comment résoudre les problèmes de pollution avec leur imagination d’enfants. Aucun n’imaginait quitter les lieux. En revanche, les solutions étaient totalement hilarantes parfois et très sages et censées à d’autres moments. Très touchant, cette parole qui veut réparer coûte que coûte. 

Résultat : Prix du jury pour UN ÉCRIN DE SAGESSE de Julien Lawin et mention spécial pour FOS LAND de la maison de quartier du Mazet.

Merci à Jacques Brunie d’avoir lancé cette initiative citoyenne.

À voir

Vu un remarquable documentaire : Vivre dans l’Allemagne en guerre de Jérôme Prieur. Il passera sur France 5 début mai.

Ce documentaire est exclusivement illustré d’images allemandes, souvent des films amateurs. On est tellement proche de ces gens que j’ai été pris d’une angoisse en début du film. On y voit et on y comprend comment la majorité de la population se nourrit de la haine du Juif insufflée par son dirigeant déjà fou, comment tout le monde se tait face à l’horreur qui est en train de se mettre en place, comment les beaux parleurs tiennent le pouvoir et le cerveau de la population, aveuglée, gobant toutes les promesses d’avenirs radieux. Un pouvoir qui puise dans ce que l’humain a de plus hideux : la fabrication de la haine de l’autre, du juif, du non aryen, du communiste, du gitan, de l’infirme… On suit, tout au long du film, les écrits et correspondances de quelques personnes qui n’ont pas toutes les même point de vue. Quelle horreur quand l’une d’elle accuse le monde de bombarder l’Allemagne en oubliant que son chef avait déporté, exterminé, déclaré des guerres, envahi les pays voisins. Non, pour elle, la haine, c’est et ça reste les autres.

Cette angoisse, elle résonnait avec celle que j’ai pu ressentir quand j’ai été abasourdi par le silence d’une si grande partie de la gauche pendant les gilets jaunes. L’angoisse que j’ai pu ressentir quand j’ai vu des proches tomber dans le complotisme le plus imbécile fabriqué de toute pièce par l’extrême droite. L’angoisse que j’ai pu ressentir quand les Américains ont élu Trump. L’angoisse que j’ai pu ressentir en voyant se déployer la propagande la plus abjecte qui tend à faire passer toute réelle opposition pour quasi terroriste ou islamo gauchiste. L’angoisse que j’ai pu éprouver quand les lois deviennent autoritaires, liberticides, racistes.

Quand la crise sanitaire fait naître des promesses gouvernementales que nous allons payer cher pour éponger, alors qu’elle a accru les inégalités, la pauvreté et les bénéfices du CAC 40 et que je vois que le peuple auquel j’appartiens hésite entre Macron et Lepen, ça m’angoisse. Comme 27° fin mars et tout qui gèle en avril et que le chef des écolos, c’est Jadot.

Oui, je la ferme depuis quelques mois. Non pas que je n’ai rien à dire ou que je sois obsédé par la magie de l’eau. C’est juste que j’ai peur. Peur du silence qui s’est installé partout.

Que celui qui pense que je suis en train de dire que Macron est un nazi m’enlève de ses « amis » ou se dispense de me lire. On gagnera du temps.

Jour à tête de con

Question casting, je deviens champion. Merci à mon agent. Enfin, champion par le nombre de castings passés. En revanche, au niveau de la réussite objective, je veux dire au débouché sur une embauche, je pense que je suis très bas dans le classement.

J’ai raté récemment des castings pour des rôles à 5 jours de tournage. Cette semaine, nous avons revu nos ambitions avec des rôles à un jour de tournage. Un sérial killer et un juge. Je me suis amusé pour le premier (raison pour laquelle ce n’est pas gagné) et j’ai été sérieux comme un juge dans le second. On verra bien ce que ça donne.

Ayant atteint l’âge de la vaccination accessible, je m’interroge sur l’obligation de prendre Astra Zénéka. Avantage bénéfice par rapport au risque, certes. Mais envisageons la part de risque entre les différents vaccins, non ? Et dans ce cas, je me demande pourquoi on veut m’obliger à prendre celui qui est réputé comporter le plus de risques. Quand on est joueur comme je le suis (dans la tête, pas en pratique car j’ai compris très vite qu’on se situait dans le champ de l’addiction), on prend ce type de données en considération. 

J’en ai marre de ces ambiguïtés permanentes de la part de nos gouvernants. Et Bruno Lemaire qui conclue en disant que nous allons tous (sauf les riches, bien sûr) payer le prix de la crise avec les réformes du chômage et des retraites. J’en ai marre d’être pris pour une merde par ces Jean Foutre et leurs multiples passe-droits.

Quand on n’a pas le choix…

J’ai rajouté in-extremis un dernier chapitre à mon bouquin qui est déjà en édition. Ça sera un passage important puisque j’y relate que les mesures que j’ai obtenues sur les variations d’humeur d’un Japonais à Tokyo, à partir des mesures d’une fiole d’eau chez moi (et dont je lui avais envoyé une photo) ont été corrélées aux mesures d’un appareil de mesures cérébrales qu’il avait sur la tête. On avait fait l’expérience il y a une dizaine de jours et nous l’avons reproduite avec le même succès dimanche dernier. Je ne vais pas vous saouler avec des courbes qui seront dans le livre, mais le fait que mes mesures qui témoignent de l’activité psychique d’une personne correspondent à celles obtenues par un appareil sur place (au Japon) constitue une avancée formidable pour donner le crédit que méritent mes hypothèses. Tant que vous n’avez pas lu le livre, vous devez vous demander comment c’est possible. Pourtant ça l’est. Et il est vraisemblable que l’expérience donne lieu à une publication scientifique.

Vous voyez, je ne dors pas. À Paris pour des rendez-vous en tous genres dont un casting. J’ai tout regroupé la même semaine avant de retourner me confiner dans ma tanière. 

J’ai eu la réponse pour le casting made in home dont j’avais montré des extraits vidéo : je n’ai pas été pris. Tant pis pour eux. Il se trouve que je connaissais le réalisateur, en plus. Je pense que je vais l’oublier définitivement, celui-là, même s’il n’est peut-être « pour rien » dans la décision.
 
Si ça continue comme ça, je vais vraiment être obligé de gagner des sous avec mon invention.

Je l’ai vue danser

Hier, on ne s’est pas emmerdé. On est allé voir la mer et y passer du bon temps. Avant la confinitude et le retour de l’hiver. Sur la photo, il semble que la mer soit un peu agitée. C’est encore une de mes couillonades.

Sinon, je bosse comme un malade pour pas un rond, un peu à mes expériences, pour ajouter un dernier complément au bouquin qui sortira en septembre. Je n’ai pas encore le droit de vous montrer la couverture, mais elle est super belle. 

À force de bosser, de prendre un peu de temps pour prendre l’air, plus de place pour les covidations médiatiques ni pour les potilissitudes absurdes. Coupé du monde. C’est pas mal, en fait. Même si on commence à manquer cruellement de relations sociales. Faire l’ours, ça va un temps, mais il manque l’essentiel.

All is in order

Vue de pas loin du ponton, ce lieu d’où l’on regarde couler l’eau. Très pris par de nouvelles expériences qui montrent que j’avais raison. C’est important de voir qu’on avait raison lorsqu’on affirmait ceci ou cela. On peut se tromper, bien sûr. Mais dans certains domaines, mieux vaut éviter. Par exemple, j’affirmais que je pouvais mesurer en direct les émotions d’une personne qui regardait la photo d’une fiole d’eau. Eh bien, je viens de réaliser une expérience avec un monsieur qui, dans un pays lointain où le soleil se lève, avait sur sa tête un casque qui témoigne de ses émotions grâce à des mesures d’activité cérébrale. Ce monsieur devait regarder 2 vidéos après avoir regardé la photo d’une fiole d’eau, celle-ci étant située au pays de la baguette et du fromage. Eh bien, les mesures de son appareil et du mien sont d’accord. Quand il est joyeux, les 2 appareils le disent et lorsqu’ils s’ennuie un peu, les 2 appareils ne disent pas autre chose. J’avais donc bien raison.

Toutes ces nouveautés ont néanmoins des effets autres sur ma vie d’habitant du pays de la baguette et du fromage : je suis des cours d’anglais pour parvenir à ne plus trop baragouiner lors de nos réunions zoomatiques.

On me dit que le président a parlé pour redire ce que disaient les journalistes juste avant. Tant mieux. All is in order.

On m’apprend que Pompidou est mort

Un marronnier de printemps : la photo des fleurs d’arbres fruitiers. Alors, qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter maintenant que j’ai entamé un article ? On élimine les sujets qui ne sont pas consensuels. Donc, on parle de rien puisque plus rien n’est consensuel. Dès qu’on ouvre la bouche, on est islamo-gauchiste ou nazi, en ce moment. On va éviter de parler du Covid. D’autres s’en chargent et nous en surchargent.

Ne reste que ma vie-mon œuvre. Mais ça aussi ça gonfle. Tant pis.

Je viens d’achever deux bons mois de surcharge d’activité et de stress en tous genres. La dernière grosse pression, c’était Le Tiers Temps de Maylis Besserie dont le metteur en scène et ami Guy Lenoir s’est dit qu’il me verrait bien incarner Beckett. Lecture filmée sous pression à l’Escale du livre. L’auteure était là. Mais pour rajouter à la blague, figurez-vous que j’ai entamé de gros travaux dentaires. Et ce con de dentiste m’a mis une prothèse provisoire qui ne tient pas du tout. La veille de jouer, j’avais encore des dents synthétiques qui faisaient des cabrioles dans ma bouche, rendant mon articulation déjà approximative avec toutes les dents, complètement chaotique. On aurait pu penser que je parlais une langue étrangère. Mais la langue d’un tout petit pays. Une sorte de dialecte qui passionnerait quelque doctorant linguiste voulant faire le malin. J’ai dû coller tout ça, comme les vieux collent leur dentier, bouffant systématiquement la moitié de la colle dont je ne connais pas vraiment la composition. On me dira que c’était pas mal pour incarner un vieux monsieur dans sa fin de vie. En tout cas, pour un acteur, c’est un peu la pire des conneries qui puisse arriver. Bref, ça a tenu, on n’a rien vu. J’ai juste eu peur d’avoir très honte au moment où 4 dents auraient surgi avec les postillons traditionnels de l’acteur qui essaie d’articuler pour une fois afin de justifier son salaire.

En tout cas, malgré tout ça, ce fût un bon et grand moment, de ceux qui posent les bases du spectacle à venir avec une équipe dans laquelle il ne risque pas y avoir de dispute. Manquerait plus que ça !

Demain, je rends le manuscrit définitif de mon bouquin. J’attends juste le résultat d’une expérience qu’on est en train de mener avec le Japon. Merde, je l’ai dit. Ben oui, j’expérimente avec ceux pour qui ce qui te fait passer pour un branquignole ici est digne d’intérêt là-bas.

Dans la catégorie stress, en tout cas, c’est terminé pour un petit moment. Je peux enfin regarder les fleurs du mirabellier.

Désolé pour le titre. J’ai pas trouvé mieux. Quant au style, je ne suis sans doute pas complètement redescendu de mon personnage. Sauf que lui, il écrit bien.

Tiers temps

Le tiers temps, c’est le livre de Maylis Besserie qui a obtenu le prix Goucourt 2020 du premier roman. C’est aussi le petit coup de folie de Guy Lenoir qui s’est dit qu’il faudrait adapter le livre au théâtre. On le comprend. Le personnage du roman, c’est Sam. Samuel Beckett. Maylis Besserie s’est chargée de l’adaptation. L’escale du livre de Bordeaux a décidé d’en offrir une lecture filmée.
Voilà comment je me suis retrouvé à Bordeaux pour incarner Beckett, le temps d’une lecture, avec Zola Ntondo au piano et dans la parole médicale. Viendra ensuite le spectacle, grâce à Guy Lenoir, Loïc Rojouan (Théâtre des Beaux Arts), Éric Blosse (Lumière), Barbara Schroeder (scénographie), Caroline Corbal (arts numériques) avec le soutien de l’OARA et de l’IDDAC.
Voici comment je renouerai avec la scène.
Le tiers temps (lecture d’extraits 45 minutes), c’est à voir demain samedi 27 à 18:00, ici : https://escaledulivre.com/events/le-tiers-temps/?occurrence=2021-03-27
Attention, diffusion unique.

Un an plus tard…

Ben, je m’étais promis une chanson anniversaire de confinement. C’est fait.

Explications

Il est des œuvres qui, comme dans l’art contemporain des années 90, nécessitent des explications pour être comprises, tant elles semblent laides et ratées. C’en est une.

Il s’agissait de faire une chanson qui traduise l’état d’esprit dans lequel nous nous sommes trouvés lorsqu’il a été décidé de prendre de nouvelles mesures pour l’île de France. On pensait tous à un confinement un peu strict, sans que nous en ayons particulièrement envie, mais conscients que les chiffres n’étaient vraiment pas bons. Au lieu de cela, on nous annonçait un durcissement mais avec une autorisation de 2 pages qui nous permettait de sortir encore plus librement qu’avant, puis sans attestation, que l’on devait rentrer chez nous à 19 heures au lieu de 18. Bref, les mesures restrictives nous rendaient un peu plus de liberté de circuler qu’avant la décision. Impression d’imprécision, de précipitation et d’absurdité totale.

Dans ces conditions, j’ai voulu écrire une chanson en 5 minutes, sans rime, afin de traduire le niveau d’amateurisme des instances décisionnaires. Il fallait en même temps traduire le fait que nous acceptions n’importe quoi à partir d’un grand n’importe quoi, ce qui revient à dire que nous perdions collectivement encore un peu de notre discernement et de notre raison. Il fallait donc quelque chose d’improvisé, mal fait, qui se prend au sérieux, tout en étant totalement débile, moche et vulgaire. 

L’oeuvre finale devrait provoquer un sentiment de malaise chez celui ou celle qui la regarde, effet miroir de nos acceptations, nos résignations et de notre désespérance profonde.

Géométrie de l’eau

Ce matin, en gelant à la surface d’un seau contenant quelques déchets noyés par la pluie, l’eau a gelé en formant des formes géométriques.
Quand je vous dis que je m’intéresse à l’eau, ce n’est pas pour rien.
Elle me fascinera toujours.

Essais à la maison

Ça s’est généralisé avec le Covid (je sais, on dit la). On demande de plus en plus aux comédiens de filmer eux-mêmes leurs essais. C’est assez drôle. On se transforme en habilleur, coiffeur, comédien, parfois preneur de vue et de son. Souvent, la famille est mise à contribution pour filmer ou donner la réplique. Pendant une heure ou deux, l’appartement devient studio de cinéma.

Hier, j’avais deux essais à tourner avec un préfet, un flic et un gars un brin louche, si vous voyez ce que je veux dire.

Je me suis amusé à mettre des extraits parce que je trouve que c’est drôle.

tout en trac

Ce matin, je suis allé faire l’acteur à la Fémis pour une élève réalisatrice en deuxième année. J’y suis allé comme toujours la trouille au ventre, parce que, faire l’acteur est toujours pour moi un enjeu disproportionné, même pour un exercice. 

Plus ça va, plus j’ai peur. Le trac. Le trac juste avant. Pendant que je joue, c’est plus pareil. La peur s’est évaporée.

Mais d’où elle vient, cette peur ? Elle est parfois tellement vive que j’envisage le plus sérieusement du monde d’en finir avec ce métier. Je pense que je ne suis pas fait pour lui. Un usurpateur. Et pourquoi, quand le travail commence, c’est le plaisir qui l’emporte ? Pourquoi ce grand écart entre deux émotions tellement antagoniques ? Pourquoi faut-il toujours qu’une chose appelle son contraire ?

On s’en fout un peu. Ce que je retiendrai c’est que c’était un monologue, que je l’ai appris, que ça a donné vie à un personnage qui n’existe pas, sous la direction de celle qui l’a imaginé. Et que ça fait du bien d’interagir avec des gens, de retrouver des copains au passage, de renouer avec ce lieu qui m’a vu débuter au cinéma, avec de nouveaux jeunes réalisateurs, presque les mêmes que ceux d’il y a trente ans au moins. C’était un moment dense. Dense parce que la vie, c’est se débattre avec des émotions contraires et des souvenirs.

Pourquoi cet article ? Pour me vanter d’avoir travaillé à la Fémis, sans doute. Ça claque. Et puis, qu’un acteur dise qu’il a le trac, c’est le signe d’une certaine valeur. Ça dépend des écoles. Il y a une marge entre les acteurs dilettantes et les écorchés vifs. 

Bref, comme tous ceux qui s’expriment sur la toile, en ces temps pourris, on peut résumer la chose à ce besoin idiot de rappeler qu’on existe. Je précise ça pour Frédéric Nouhaud, un vieux copain qui interroge toujours avec un malin plaisir le pourquoi du comment, dès lors qu’il fragilise celui qui a parlé.

Bravo

Je ne révèlerai pas à qui j’ai écrit, hier. Il faudra déployer des trésors d’imagination pour deviner. Allez, je vais juste vous donner un indice : il a tout raflé.

Avec mon appareil qui mesure les émotions, ce n’est pourtant pas lui qui aurait battu tous les scores de mes émotions personnelles mais le copain Sami Bouajila. Quand on a croisé un type comme lui, on a touché à l’essence de ce qui fait d’un homme un acteur. Elle est faite de cette énergie et cette force qui métamorphosent les fragilités les plus intimes. 

Bravo Sami !

J’ai pété un câble

J’ai voté aux César. J’en ai profité pour écrire à un réalisateur (je ne l’avais jamais fait). Je lui ai dit que j’avais voté pour lui et qu’en échange, j’aimerais bien tourner dans son prochain film.

Je n’allais tout de même pas rester sur une phrase aussi sibylline ! Aussi ai-je rajouté que j’avais eu un prix d’interprétation à Cannes et que, si je n’avais pas fait pout autant une carrière extraordinaire, c’était peut-être parce que j’étais mauvais acteur. Autant être honnête.

Je ne sais pas s’il aura ce message, qui le lira, ni-même s’il sera lu. En tout cas, je l’ai fait parce que je crois que faire quelque chose de dérisoire et ridicule vaut mieux que ne rien faire du tout.

Tous les jours à 14 heures

J’y suis arrivé un peu tard, hier. Mais tous les jours à 14:00, c’est pas mal d’aller soutenir ceux qui occupent l’Odéon pour la réouverture des lieux culturels et le prolongement de l’année blanche pour les intermittents.

Ce fût une occasion de me balader dans le coeur de Paris et de constater que sans bar ni restaurant, la ville a perdu de son âme. Les gens marchent pour aller acheter ou travailler, éventuellement de parquer dans des parcs. La fonction pause a disparu.

Petit test d’intuition

Voici donc un petit test pour les noctambules intuitifs. 

D’après vous, sur la photo ci-dessous, s’agit-il d’eau de source ou d’eau du robinet ? Une autre eau ? Quel type ?

Postez votre réponse en commentaire. Réponse demain…

Réponse : c’est de l’eau du robinet. Petite subtilité (elle était salée).

Quelques nouvelles

Bonjour les amis ! Ben voilà, comme je le disais lors du dernier article, je viens moins souvent écrire sur le blog. Pour autant, tout va bien.

J’ai rendu hier le manuscrit complet de mon livre. Encore un ou deux aller/retours et ça sera dans la boîte. Je suis content de ce premier résultat. Je pense qu’il sera plus facile à lire que le précédent et que vous apprendrez plein de choses.

Par ailleurs, j’ai entamé les démarches en pays lointain pour ma petite invention. Les premiers échanges ont été fructueux. Mais quoi qu’il arrive, j’ai décidé d’aller jusqu’à la concrétisation d’un appareil.

Aucune opinion à proférer sur l’état de monde ou de la France. Aucun coup de gueule, si ce n’est que je m’associe pleinement aux copains qui occupent l’Odéon. Je reste effaré de la différence de traitement que l’on a accordé de façon plus ou moins arbitraire à la culture dans son ensemble par rapport aux commerces et aux transports.

Je ne me pose pas la question du vaccin car je n’ai pas l’âge requis ni la comorbidité nécessaire.

J’entends d’ici le lecteur qui se demande ce que vient foutre cette illustration. Ben, qu’il me trouve une image pour illustrer un tel article !

Coïncidences

Photographiè sur le trottoir en allant chez l’huissier

Il arrive parfois des choses surprenantes. Ce matin, je me suis rendu chez un huissier de justice pour déposer le procédé de mon invention, histoire de me protéger.

Vers 11:00, je signais un accord de collaboration sur mon invention avec un pays lointain.

Vers 13:00, j’avais rendez-vous avec une réalisatrice pour faire l’acteur dans un exercice d’école de la Fémis. Elle m’a présenté le texte à travailler.

Il s’agit d’un personnage en mal de reconnaissance lié à sa petite enfance et qui est devenu inventeur. Sa vie va commencer à changer de façon positive, jusqu’à ce que le gars avec qui il a partagé son invention lui pique le brevet et disparaisse de la circulation pour faire fructifier avec succès sa propre entreprise. Je précise que la réalisatrice ne me connaissait pas et qu’elle m’a choisi parmi une série de photos d’acteurs.

Quand les coïncidences montrent une telle un puissance temporelle, il y a de quoi être troublé. Enfin, personnellement, ça me trouble toujours.

Nouvel IOS personnel, changement de planète

Si la France est sourde à l’innovation et à la nouveauté, c’est à l’étranger que je vais développer mon invention qui permet de décrypter ce qui se passe au niveau neuronal par des mesures d’eau.

Je sais que ce que je dis depuis quelques temps est à peu près du niveau de la hiéroglyphe pour le lecteur de ce blog. Un comédien qui invente n’a aucun crédit, y compris dans la population. Je ne m’en plains pas car j’aurais sans doute le même réflexe rationnel de rejet pour une invention venant d’un collègue.

Comme dit l’adage, nul n’est prophète en son pays. Ce qui prend un tour nouveau pour ma petite affaire, c’est que j’ai une piste sérieuse pour une collaboration scientifique ailleurs, loin. Me voici désormais éloigné des problématiques sociopolitiques et peu me chaut de ne pas tourner comme acteur. Ma vie toute entière est tendue vers ma découverte et ses multiples applications. Peu importe aussi que la science ne soit pas en mesure de la valider. J’apporte pourtant la preuve scientifique de l’existence d’un phénomène totalement reproductible. C’est l’explication qui échappe à nos connaissances actuelles.

Voici comment, en peu de temps, par le fruit d’une curiosité jamais rassasiée et du hasard, à soixante ans et des poussières, c’est ma vie qui prend un tournant radical. Dans les mois qui viennent cela devrait se concrétiser de façon impressionnante, passant d’une recherche solitaire pendant une bonne décennie à des collaborations fructueuses.

Si j’écris moins sur le blog, c’est que le journal d’un comédien qui motivait mon expression publique en 2004 a perdu tout son sens. Si je ne laisse plus longtemps traîner mes opinions politiques peu consensuelles exprimées du Facebook, c’est que ce combat donquichottesque a perdu pour moi de son importance et de sa nécessité personnelle. 

J’ai peut-être l’air de me la péter dans ma façon d’écrire et de parler, j’en ai bien conscience. C’est juste que j’essaie d’exprimer ma pensée avec justesse et précision, comme on entre des données dans des tableurs Excel. Ça oblige à peser, non pas des clémentines, mais des mots. Affirmer des choses qui ne sont pas admises, en toute tranquillité, de façon démonstrative est forcément déplaisant pour celui qui les reçoit. On soupçonne son auteur, dès lors qu’il n’a pas les bagages culturels, ni blouse blanche, ni voix de basse, de n’être pas à sa place et, par voie de conséquence, d’être dans l’illumination, le délire ou simplement la folie. Il nous fait peur ou nous inquiète par empathie. Et c’est vrai que, parfois, mon vocabulaire porte les manques de l’apprentissage autodidacte. Je n’ai pas l’aisance naturelle des gens bien nés et bien éduqués. Je sais tout cela. Pour parachever le tableau, j’ai en plus une gueule de prolo anachronique. Je sais.

Malgré toutes ces choses visibles qui jouent en ma défaveur, je tiens à préciser pour mes amis, que je suis en bonne santé mentale et que je veille à garder toute l’humilité et l’honnêteté des gens simples, qui ne sont pas nécessairement simples d’esprit. La seule différence réside dans le fait que j’ai choisi de me foutre de ce qu’on pouvait bien penser de moi.

Le poids des maux

Islamisme : Courant de pensée musulman, essentiellement politique, apparu au XXème siècle. Il peut s’agir du choix conscient de la doctrine musulmane comme guide de l’action politique, ou transformer le système social et politique en faisant de la charia l’unique source du droit.

Gauchisme : Terme péjoratif employé pour qualifier l’action politique d’individus ou d’organisations comme étant d’extrême gauche. Historiquement, le terme désigne un courant politique trotskiste, anarchiste ou maoïste qui prône la révolution, considéré comme distinct des courants classiques de la gauche et du communisme.

Glissement sémantique : fait qu’un mot ou une expression acquiert au fil du temps un sens différent de celui de son origine, ce qui peut donner lieu à des quiproquos.

Avec l’expression Islamo-gauchisme on assiste à un double glissement sémantique. 

  • On devine que le mot gauchiste ne s’applique plus aux visions révolutionnaires les plus radicales (radicale n’étant pas non plus un mot péjoratif à l’origine) qui se distinguaient de la gauche traditionnelle et du communisme, mais désormais commencerait à s’appliquer à l’aile gauche du PS. Je rappelle par exemple que Mélenchon était un ministre socialiste.
  • Stricto sensu, un islamo-gauchiste serait donc un révolutionnaire qui veut transformer le système social et politique en faisant de la charia l’unique source du droit. Par conséquent, un islamo-gauchiste, serait un islamiste révolutionnaire.

Les leaders du glissement sémantique, dans la classe politique, sont incontestablement les macronistes En Marche et le Front National (qui pense qu’en changeant de nom il changera d’image). Mais la classe politique dans son ensemble s’est prêtée à la transformation du sens des mots, à commencer par celui de « réforme » qui est devenu amputation des droits sociaux et augmentation des inégalités.

Le langage et la vision du réel

Ceux qui s’intéressent à la vision savent que l’œil ne voit pas une image mais une quantité de photons qui passent dans le cortex visuel. L’image est alors reconstituée par différentes zones du cerveau dont celle du langage. Ainsi, on s’est aperçu qu’une tribu qui n’avait pas le mot bleu dans son vocabulaire, ne voyait pas le bleu. Quand on présente à un de ses membres un carré bleu parmi 10 carrés verts, personne n’est capable de distinguer le carré bleu des carrés verts. En revanche, certaines nuances de vert sont possibles pour ces personnes alors qu’elles ne le sont pas pour une personne occidentalisée. https://www.researchgate.net/publication/43627151_Colour_categories_and_category_acquisition_in_Himba_and_English

Je n’ai que soixante-deux ans et je souffre de voir les bases de ma vision du monde sans cesse attaquées dans leurs fondements (les mots). En quelques années, les mots les plus positifs sont dévoyés pour devenir péjoratifs et les pires d’entre eux deviennent de véritables panacées.

Ceux qui se prêtent à ces jeux pour influencer la collectivité ne sont pas des imbéciles. Ce sont des gens malintentionnés qui utilisent l’arme la plus puissante qui existe pour s’attaquer à ce qui distingue par son élaboration l’humain de l’animal : le langage.

La création du mot islamo-gauchiste n’a qu’un objectif : associer toute pensée de gauche au terrorisme islamiste. Tous ceux qui défendent ce concept sont à vomir.

En attendant God Eau

Je bosse comme un malade. Ça ne me rapporte pas un radis (pour l’instant) mais je ne compte pas les heures qui dépassent largement celles des bureaux.

Résultat, la première version de mon manuscrit est validée par mon éditeur, la définitive sera remise mi-mars. J’espère que vous attendez déjà avec impatience Le Pouvoir de l’Eau, sortie septembre 21 aux éditions Eyrolles. Ça peut faire du bruit.

Parallèlement, mon documentaire Je me Jette à l’Eau est en train de prendre un tour très différent de ce qu’il était. Je partais d’un bidule intimiste, rempli de courbes et de graphiques. J’arrive à un projet qui nous fait voyager d’Athènes à Glasgow, de Marrakech à Tokyo. Ce qui veut dire un financement important pour un sujet délicat. Mais au bout d’un moment, il faut se lâcher sur ses ambitions si l’on veut vraiment faire quelque chose, plutôt que rabioter à l’avance de tous les côtés pour sortir un truc tout étriqué qui ramassera 3 cacahuètes et que personne ne verra. À suivre…

Une fois mes écrits terminés, je vais pouvoir respirer un peu et préparer la lecture d’une pièce de Maylis Besserie adaptée de son roman Le Tiers Temps. Il met en scène la fin de vie de Samuel Beckett. La lecture se fera pour l’Escale du livre de Bordeaux, sous la direction de Guy Lenoir. On reparlera de tout ça le moment venu.

Statut de la parole

L’humain se distingue des autres animaux par cette faculté de parler, pouvoir exprimer sa pensée, dire ses sensations, son opinion, avouer ses craintes, partager ses intuitions. Parler fait que nous sommes ensemble, que nous pouvons réagir ensemble, progresser ensemble, tenter collectivement de résoudre les problèmes.

Parler, c’est affirmer son existence, penser que nos sensations, nos connaissances, notre expérience, notre intelligence valent quelque chose et méritent de s’exprimer. Parler, c’est montrer qu’on existe, dire de soi.

Adolescent en quête d’amour, j’avais deux ennemis : le beau parleur qui jongle avec les mots pour flatter et le beau ténébreux, con comme un balais, qui avait assez de neurones pour comprendre qu’il valait mieux se taire.

Collectivement, la parole est évidemment l’expression du pouvoir des uns sur les autres. 

On a tous vécu ce débat après une projection. Tout est bien ordonné. Il y a le réalisateur face au public, juste devant l’écran, avec un micro, l’animateur chargé de l’organisation de la parole en présentant, posant des questions « intelligentes » et consentant à faire circuler un micro dans la salle pour récolter des questions si possible « intelligentes ». Le public boit les paroles même s’il brûle d’envie de rentrer chez lui (jeu social), de temps à autres, une personne prend sur soi pensant qu’elle pourra faire avancer le débat. Et puis l’on retrouve immanquablement cette personne qui, du fond de la salle, lève le bras à la moindre occasion pour monopoliser la parole et ne parler que d’elle, n’hésitant à aucune digression hors-sujet pourvu qu’elle montre qu’elle existe. Eh oui, dans cette situation où le réalisateur a une légitimité de la parole mise en scène, une personne qui souffre d’un manque de légitimité ou, une autre qui veut rappeler à l’assistance qu’elle-même est porteuse d’une parole publique, aucune n’hésitera jamais à s’exprimer dans ce cadre ritualisé de la prise de parole.

En politique

Le gilets jaunes ne se sont-ils pas manifesté en hurlant que les sans-voix montraient qu’ils étaient là ? Ils démontraient ainsi que la parole collective était confisquée par les instances de pouvoir, les institutions et les média. La réponse a été le débat citoyen qui a démontré que les sans-voix pouvaient penser, réfléchir, prendre des décisions courageuses. Mais on sait ce qu’il reste de cette consultation dans le concret.

Pour la présidentielle de 2017, quand vous écoutiez un meeting de Mélenchon, à chaque phrase, il y avait de l’analyse des situations socio-économique, une dénonciation des mécanismes de l’injustice sociale, des propositions de solutions. Bref un discours politique auquel on adhère ou n’adhère pas, mais construit sur de la pensée et de l’analyse. 

Marine Lepen, elle, son discours consiste à agiter les émotions négatives de son électorat, essentiellement basées sur la peur. On retrouve ce niveau de langage émotionnel dans le discours complotiste qui est d’ailleurs essentiellement animé par l’extrême droite. On nous ment, on nous manipule, nous savons la vérité.

Je me suis forcé à suivre des meetings de Macron. Et là, c’est le vide abyssal. Rien. Du vent. Du pipeau. Des mots les uns à le suite des autres. Tout reposait sur la mise-en-scène d’un mec jeune et dynamique sensé incarner le sauveur porteur d’un monde nouveau, tous nos malheurs ayant pour responsables la classe politique dans son ensemble. On voit concrètement où cela nous a mené. La seule promesse tenue (mais a-t-il seulement formulé des promesses ?) est celle d’une parole ramenée au statut pragmatique de communication stratégique. Niveau publicitaire et propagandiste, accompagné de la fabrication d’une pensée unique construite sur la vérité scientifique, la parole de spécialistes. Idéologie mortifère qui voudrait sceller la victoire de la science contre les croyances, des Lumières contre l’obscurantisme, de la raison contre l’émotion. Rêve qui se résume à un programme informatique, de l’intelligence artificielle. Inhumanisme.

Discrédit de la parole

Macron n’est que l’expression d’un glissement de notre société qui s’aseptise toujours plus, limite la liberté d’expression. Et ceci se fait par la parole, par l’expression imposée d’une pensée, non pas dominante mais le fruit de la pensée des dominateurs. Et cette parole autorisée et dominatrice, elle use de tous les recours propres a ce qu’elle fait semblant de dénoncer. Elle utilise l’émotion plutôt que la raison. Toute parole alternative sera discréditée. Mélenchon et Raoult sont des égos sur pattes ! On juge les personnes pour effacer leur parole. Il y a du vrai, bien sûr dans ce qui est reproché aux porteurs de paroles qui remettent en question la pensée des dominateurs. Mais que dire de l’égo d’un Macron et de ses mises-en-scène, de sa gestion du pouvoir ? N’est-il pas, dans ses actes et ses décisions plus autoritaire et mégalomane que ceux qu’il joue à dénoncer ? Mascarade !

Des paroles à l’écrit

Notre siècle nous aura vu abandonner la parole pour la remplacer par des sms, des mails, des tweets. L’avantage est que cela permet à ceux qui n’avaient pas de voix en dehors de considérations météorologiques de s’exprimer enfin. L’inconvéniet, c’est que nous avons détourné nos yeux pour les braquer sur des écrans. Évidemment, chacun se sentant désormais investi d’une légitimité à s’exprimer, qui plus est dans un cadre qui assure la protection d’une distance physique qui évite de se prendre une baigne dans la gueule, on y va, on balance, on diffuse. On postait la photo de son chat, maintenant on devient militant anti-masque, antivax, anti tout. On dit une colère d’avoir dû se taire. Mais le flot des mots est si grand, si logarithmé par les réseaux, que ces révoltes sont canalisées pourvu qu’elles ne remettent pas en question l’ordre économique et qu’elles n’entravent en rien les véritables responsables des malheurs collectifs.

Le silence comme arme de pouvoir

Dans ce jeu de l’écrit, le pouvoir s’exerce de façon insidieuse. Non pas par la parole, mais par le silence. Faites une requête auprès d’une personne hiérarchiquement supérieure. La meilleure façon que le destinataire aura d’affirmer son pouvoir consistera à prendre du temps pour répondre, vous laissant face à votre position inférieure sur l’échelle et à votre manque d’influence.

De la parole à l’image

Les jeunes préfèrent maintenant les stories aux mots écrits. L’actualité se résume à des images de poubelles qui brûlent sur BFM et à des flics qui elbèdent sur les réseaux sociaux. Sorte de régression dans l’expression. On ne prend plus la peine de dire. On prétend montrer, on laisse l’image agir, porteuse de sens et de fantasmes. Tellement trompeuse, l’image. En même temps, ce paragraphe est bien léger, voire inutile.

Pourquoi j’ai parlé

Je sais que mon article fera 3 likes sur Facebook, que tout le monde s’en tape du statut de l’image, qu’on n’aime pas les textes longs, qu’on leur préfère deux phrases ou une photo. Je m’en fous. J’avais besoin de dire, même si personne ne m’écoute, parce que parler libère et aide à comprendre. J’avais besoin de dire parce que je travaille à partager la découverte que j’ai faite sur l’eau et la conscience et que, forcément, je passe pour un déséquilibré mégalomane égaré dans ses croyances. Et c’est chiant. Mais vraiment très chiant. Tout ça, à cause du statut de la parole, de qui la porte, de qui l’entend, de qui ne peut pas l’entendre, de qui refuse de l’entendre. C’est dit.

Une baune cheauze de fête

Ça y est ! Avec un peu d’avance, j’ai remis la première version de mon manuscrit à mon éditrice. Pour l’instant, ça s’appelle Le pouvoir de l’eau, mais un titre n’est jamais définitif (et celui-ci ne me plait pas particulièrement). J’y livrerai ma fameuse découverte sur l’eau dans le menu et vous verrez que ça décoiffe.

Mais comme je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin, je profite de cette étape pour avancer sur mon projet de film. Le sujet ? La même chose mais en filmant des gens. Plein de gens. Il s’appelle Je me jette à l’eau. Pour ce film, je lancerai bientôt une expérience qui nécessitera une cinquantaine de volontaires que je recruterai exclusivement sur Facebook et sur mon blog. Commencez à vous chauffer !

Au secours !

Vous avez fait votre petit test Covid ? C’est ainsi que s’est adressée à moi l’infirmière. Je me faisais opérer d’une cataracte ce midi. 

Pouvez-vous me dire pourquoi Petit test Covid ? Pourquoi quand on est dans la position du patient tout devient petit ? 

Vous posez vos petits vêtements dans le petit placard, si vous voulez faire un petit pipi, les petits pipirooms sont ici, vous mettrez vos petits pieds dans ces petits chaussons en papier et vous attendez dans votre petite chambre qu’un petit brancardier vienne vous chercher pour vous descendre au petit bloc pour qu’on vous fasse une petite anesthésie. Prenez ce petit comprimé !

Alors, j’aimerais dire à toutes les infirmières du monde que le test Covid, c’est une longue mèche qu’on enfonce dans mon grand nez. C’est tout.

Suggestion : Alors, mon gaillard, on s’est fait chatouiller les naseaux ?

Morts de trouille

Chez les décideurs de cinéma et de télé, on évite scrupuleusement tout ce qui n’est pas politiquement correct. En science, personne n’ose s’aventurer dans des zones qui ne sont pas consensuelles par avance. En politique, on se demande où sont passés ceux qui osent dire d’autres vérités que celles des « spécialistes en ceci ou cela », tous ou presque ayant jeté leur dédain sur le mouvement des gilets jaunes. À la manif de samedi, il y avait davantage de flics que de manifestants, tant le préfet n’a aucune vision de la réalité. La presse, elle s’occupe à parler du Covid. Au moins, ça prend de la place et ça évite de parler de ce qui fâche.

En fait, je pense que nous vivons une période qui a démarré bien avant le virus, où les élites sont terrorisées, tétanisées, mortes de trouille. Peur de leur responsabilité dans les crises. Peur d’un peuple fantasmé qui résosociote puisqu’il n’y a plus d’espace d’expression collective ouvert à la diversité des opinions. L’élite a peur que ce peuple lui demande un jour des comptes.

Alors l’élite tremble, lynche toute pensée contraire à la sienne, fabrique des lois qui fichent, filment, protègent les forces de l’ordre jusqu’à en faire des chiens d’attaque.

Cette trouille de l’élite sonne-t-elle le glas d’un ordre établi ? En tout cas, la peur, c’est le contraire de la vie, de l’insolence, de l’imagination, de l’humour, de l’irrévérence, toutes ces choses qui font avancer les idées et le monde. Il va devenir temps que ça finisse. La vie reprend toujours le dessus quand elle est menacée. Vive le printemps !

Une si longue absence

Certains devaient se demander ce qui m’arrivait. Déjà qu’on aura noté que je poste de moins en moins d’articles, ces derniers temps.

J’ai fait un saut à la manif contre la loi sécurité globale, cet après-midi. On était moins nombreux que d’habitude. Je pense qu’il y avait plus de flics que de manifestants. Beau pays.

Bon, sinon, ne tournons pas autour du pot. Voilà huit jours que j’étais absorbé par une expérience qui montre que l’on peut mesurer nos émotions à travers une petite fiole d’eau sur laquelle on applique des mesures continues. Au paravant, on a juste regardé une photo de cette fiole. De n’importe où.

Cette idée complètement folle que j’avance depuis plus d’un an, j’ai pu la tester avec 47 volontaires à qui je demandais de regarder une vidéo contenant 3 bande-annonces de cinéma. À la fin, ils devaient remplir un questionnaire dans lequel ils disaient quel film ils avaient préféré. 47 personnes ! De l’eau ! Eh bien, le résultat des mesures traduit exactement le choix écrit des volontaires. Il correspond d’ailleurs aux différences de nombre d’entrées au cinéma. Et quand on oppose à ces résultats 47 mesures témoins hors visionnage, on n’obtient pas du tout le même résultat.

Le résultat en soi est magnifique. Mais il va être montré à une société qui mesure les émotions par le biais d’algorithmes appliquée aux réaction faciales de spectateurs filmés. Filmés en visionnant ces mêmes bande-annonces.

J’ai monté cette expérience en vue de la faire figurer dans mon bouquin sur le sujet. Ça tombe bien que ça ait marché. Je n’en dis pas davantage au cas où je face appel à des volontaires pour une prochaine.

Voilà à quoi ont été occupés mes 8 derniers jours, du matin au soir, sans week-end. C’est pourquoi retrouver le monde avec un petit saut à la manif, ça ne pouvait pas faire de mal.

Un virus ne doit pas nous faire oublier le reste

Je connais deux personnes qui m’ont témoigné de ce qu’est la macronie au quotidien pour elles. L’une d’entre-elles sort d’un licenciement négocié. Six mois de carence avant d’avoir droit au chômage. Problèmes de dos. Une opération. Arrêt de travail obligatoire. Du coup, elle va toucher un demi-salaire de la sécurité sociale pendant son arrêt de travail et, du même coup, elle se retrouve radiée de Pôle Emploi. Son inquiétude, c’est que sa nouvelle inscription au chômage après la maladie va repousser encore la carence et engendrer un nouveau calcul (à la baisse) de son indemnité future. Conclusion, moins ça va, plus on t’enfonce. Mais, au fait, l’allongement du délai de carence pour le chômage, c’est un certain François Hollande qui était président quand ça a été voté.

La seconde personne est une femme retraitée et militante. Il y a deux jours, ce sont les gendarmes qui sont venus la chercher chez elle pour l’amener au poste. On a une photo de 2019 sur laquelle on voit votre voiture à proximité d’une manifestation illégale. On vous soupçonne d’être l’organisatrice de la manifestation non autorisée. Alors, ça, c’est pas Hollande, c’est le fruit de la dérive autoritaire d’un état qui, sous la présidence de Macron, grignote régulièrement nos droits fondamentaux et nos libertés.

J’ai beau travailler à ravaler ma colère (c’est pas bon pour la santé, la colère qui ronge) et à relativiser le merdier, il y a des jours où l’on a envie de lancer quelque insulte à ceux qui organisent minutieusement l’injustice sociale.

Mais je ne vais pas terminer sur une note aussi sombre. Pour la première fois depuis un an, je suis allé chez la coiffeuse. Moi qui d’habitude ne moufte pas, j’ai papoté, profitant que le Covid ait vidé son salon.

Zut, j’allais oublier. Vous voulez voir la courbe des chiffres de réanimation ? No comment…

Soldes d’hiver

C’est les soldes ! On va pouvoir craquer toutes les économies qu’on a placées sur nos livrets A pendant le Covid ! Enfin, vous, peut-être. Je sais pas. Il paraît qu’ils n’ont jamais vu autant d’épargne. Bon, en fait, c’est 20 % des Français qui ont économisé. 1 sur 5. Ce qui veut dire que 4 Français sur 5 n’ont pas réussi à économiser. Vu comme ça, je comprends mieux. Voilà donc une nouvelle qui a été mise en avant pour nous rappeler que, quoi qu’il arrive, que ça marche du feu de Dieu ou que ce soit la pire crise, il y a toujours une partie qui en tire profit. Profit quand ça marche, profit dans la catastrophe. Tous ceux qui sont privés d’activité, culture et restauration, ceux-là, même s’ils s’en sortent plutôt pas mal quand ça marche, ils plongent. Les plus pauvres, ils plongent encore plus profond. Mais ils ont l’habitude de faire de la plongée, eux. Même quand ça marche, ils n’ont pas la bouée. 

On ne peut même pas dire que la crise révèle les inégalités. Les inégalités, elles sont là depuis longtemps et aucune réforme gouvernementale n’est produite pour les réduire. Enfin, si, avec des mots, de temps à autres. Mais allez déposer des mots à la banque, ça n’aura pas grand effet sur votre solde débiteur.

Bon, pour vous remonter le moral, comme je note quotidiennement les chiffres du covid, je suis en mesure de vous annoncer que c’est pas bon du tout. Le prochain confinement semble très très proche.

Je parlais dans un article précédent de la nécessité d’être heureux. Je confirme. Occulter un regard lucide sur le monde n’est pas indispensable à la capacité de récolter ses petits bonheurs quotidiens.

De Bacri à Jean-Pierre

Parler des disparus, c’est hélas souvent parler de soi. Bacri, pour moi, c’était un inaccessible. Juste parce qu’il ne faisait pas semblant de quoi que ce soit. Un regard, un sourire suffisaient. Parce que c’était vrai. Les mots peinaient à sortir et quand ils sortaient, c’était par paquets. 

On s’est croisé plusieurs fois. On a même tourné ensemble dans Comme une image ou dans Adieu Gary de Nassim Amaouche. On a mangé à la même table lors de soirées Canal au festival de Cannes. Avec ses parents qui l’accompagnaient souvent, qu’il ne cachait pas. Comme je suis sans doute aussi timide que lui, j’ai jamais voulu forcer une relation avec lui ou singer ces fameuses amitiés cinématographiques. Je l’observais en coin, le respectais profondément. La distance obligée qu’il avait sur les autres, il l’avait en jouant, refusant de «faire» l’acteur. 

Jean-Pierre, je n’ai jamais eu le courage de te le dire de ton vivant. Mais je t’aimais beaucoup.

Morceaux du 13 janvier

Il s’arrête, bras ballants, regarde les quelques personnes sur le quai du métro, puis il se met à marcher rapidement. Puis s’arrête. Il porte des babouches ajourées, pieds nus, un pantalon de survêt noir mou et usagé. Puis il regarde de nouveau les gens sur le quai, marche vite dans l’autre sens et s’arrête. Fatalement, on le remarque. Il inquiète même un peu. Sans le montrer, tous les futurs passagers à sa proximité le surveillent, l’air de rien. Cette fois-ci, il semble venir vers moi mais il fait un écart soudain et va poser un pistolet en plastique qui claque sur un des sièges verts. C’est un petit pistolet, noir, avec un morceau orange au bout du canon. Je croise le regard d’un vieil homme qui relève les sourcils. Pas clair, celui-là, semble-t-il me dire. Puis le métro arrive. Surtout ne pas monter dans la même rame que lui. Mais il a déjà disparu.

C’était ce matin.

Cet après-midi, j’ai eu la réponse au casting qui s’était si bien passé. Je ne suis pas pris. J’aurais dû me méfier de la descente vertigineuse de la courbe qui me disait pourtant que c’était mort. Mais on ne prête pas assez attention aux courbes. Trop peu. On se laisse griser par la fulgurance des montées.

Quoi qu’il advienne, mon projet de documentaire avance bien. Il prend même un tour qui lui donne ses chances.

Sinon, j’ai fait une nouvelle découverte sur l’eau. Mais mieux vaut-il en rester à la précédente.

J’imagine ce qui doit se passer dans la tête de la personne qui lit ceci et ne me connaît pas.

Tous mes voeux !

Les vœux 2021 sont assez particuliers tant on nous promet que cette année s’annonce au moins aussi pourrie que la précédente. Dans ce contexte, donnons-nous tout de même une petite parenthèse. Chacun osera y glisser ses rêves et ses espoirs les plus fous. (……………..)

Ouais, même ça, comment dire… ça sonne bizarre. Oh pardon… on m’apprend que Mme Traditiondesvoeux a été emportée par le Covid. RIP

Vivement quand même que ça se termine…

2020, je crois bien que je l’ai commencée comme je la termine : à bosser sur ma découverte sur l’eau. Et puis il y a eu le confinement. Il a commencé par une angoisse lourde, la peur de perdre des proches, de mourir. Il y a eu quelque chose d’apocalyptique dans les premiers jours. Et puis est apparu Raoult. Tout a changé à cet instant. On avait d’un côté les scientifiques qui mentaient sur les masques pour couvrir leurs manquements dans la gestion des stocks et de l’autre, tous ceux qui voyaient en Raoult le sauveur providentiel.

Nous avions tous enfin des raisons de penser, de nous battre, d’espérer, de contester… la vie, quoi !

La suite de la bataille a été d’une tristesse affligeante, assassinat en règle pour les uns, fanfaronnades pour l’autre. Nous avons compris que la vérité scientifique était toute relative et que le gouvernement naviguait à vue, plus ou moins bien conseillé.

On a vu Édouard Philippe se faire virer parce qu’il faisait de l’ombre, remplacé par une personnalité plus fragile à tous points de vue.

Pendant ce confinement, j’ai partiellement laissé tomber mes expériences pour m’amuser à faire des chansons et des clips tout pourris. Bien amusé.

C’est là aussi que s’est décidé l’écriture d’un livre autour de ma découverte sur l’eau pour les Éditions Eyrolles. Sortie prévue au printemps prochain. J’ai bien avancé.

En juin, je suis allé tourner en Suisse dans un beau court-métrage de Lou-Théa Papaloïzos. Un bol d’air incroyable dans les alpages pour un projet artistique fort. Il fût loin, le confinement !

Et puis je suis retourné à mes expériences et à la vie normale. L’été est arrivé puis il est passé, comme ça.

À l’automne, je tournais dans un autre court-métrage en banlieue parisienne, celui de Francis Magnin. Une comédie romantique sélectionnée à l’Alpe d’Huez. 

En octobre, c’est la retraite qui est arrivée avec la déception quant à son montant dérisoire. Une vie de liberté se paie fatalement. Mais ça va.

Et puis le second confinement confus est arrivé avec la certitude qu’on en aurait encore pour des mois. Quand ça se calme chez nous, ça redémarre chez les voisins et ça revient chez nous…

Belle expérience de jury Zoom pour le festival d’Aix-en-Provence. Belles rencontres à distance.

Enfin, il y a eu ce truc totalement inattendu : Philippe Claudel qui veut me voir jouer dans son film, Le bruit des trousseaux. Une parenthèse enchanteresse, tant du point de vue humain qu’artistique.

Et voilà que 2020 compte ses derniers jours. Ils allongent.

Une histoire de sourcier

Puisque nous sommes à l’approche des « fêtes » (hum, tu parles de fêtes, toi!), je vais vous raconter une histoire vraie. Une histoire de sourcier. Le témoignage que l’un d’entre eux vient de poster sur un forum dédié (pas aux histoires mais aux sourciers).

Ludovic débute dans sa recherche sourcière. Mais il a bien appris. Cette fois, c’est pour de vrai. Il doit aller chez un client et lui trouver l’emplacement où creuser un puits.

Ludovic arpente le terrain avec ses baguettes. Au bout de quelques passages à pas lents, il pense avoir trouvé deux veines d’eau qui se croisent. C’est idéal pour creuser un puits. Il en informe le client en lui précisant qu’il devrait trouver de l’eau entre 12 et 13 mètres de profondeur. Le client, tout heureux, va chercher un piquet qu’il plantera à l’endroit précis indiqué par le jeune sourcier. Au septième coup de massette, le piquet cogne sur une pierre. Le client tente sa chance quelques centimètres plus loin. Ça n’aura pas d’incidence sur la position du forage. Mais, là encore, le piquet trouve un obstacle. Le client décide alors d’aller chercher une pioche. Il enlève la terre sur quelques centimètres. Ce n’est pas une pierre mais une dalle de béton. Elle est carrée. C’est même une trappe. Il essaie de l’ouvrir, mais rien à faire. Il s’en occupera plus tard. Il remercie le sourcier et lui promet de lui donner des nouvelles. Si je n’ai pas de l’eau, j’aurai peut-être un trésor, rit-il.

Ce n’est que dans la soirée que le client téléphone au sourcier. Ça y est, j’ai réussi à ouvrir la trappe ! Figurez vous que c’est un puits qui avait été condamné. Et vous savez quoi ? L’eau est à 12,80 mètres !

Pour tout trésor, le client a trouvé l’eau qu’il cherchait. Pas mal pour un débutant de sourcier, non ? Quelques décennies avant lui, un autre sourcier avait arpenté le même terrain, sa baguette de coudrier en mains, pas à pas, et avait annoncé qu’au même endroit se trouvaient deux veines d’eau souterraine qui se croisaient à 12 ou 13 mètres de profondeur.

Les esprits étriqués crieront à la coïncidence, la chance, le hasard, voire même au menteur ou au charlatan. J’appartiens à ceux qui pensent que des choses merveilleuses échappent parfois à la raison et aux revues scientifiques à comité de lecture. 

Il n’est jamais trop tard, dirait la dame à la bûche…

Soudain, alors que nous parlions de mes expériences bizarres sur l’eau, un copain me demande si je connaissais la série Twin Peaks (1990, réalisation David Lynch). Non, jamais vu. David Lynch, je porte sur lui un regard relativement bovin. Je ne fais pas partie des fanatiques de Mulholland Drive. Mon esprit est davantage Straigt Story. Logique. Mais devant l’enthousiasme du copain, j’ai été curieux. Et me voilà désormais fan inconditionnel de Twin Peaks, avec 30 ans de retard. Un univers décalé, ludique, qui veut faire peur et faire rire.

Cette année 2020 aura vu entrer un autre film dans mon panthéon cinématographique : Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman. Pas étonnant avec tout ça que j’affectionne et interroge les bizarreries.

Parfait, mon Général !

J’ai le droit de dire que j’ai été heureux ? Oui, je sais, la période ne s’y prête pas vraiment mais j’ai tourné mon dernier jour dans Le Bruit des Trousseaux de Philippe Claudel, pas plus tard qu’hier. Nous étions dans la prison de Clairvaux, une prison historique de longues peines. Elle fermera bientôt.

Dans le film, j’avais un petit rôle. Celui d’un prof de math. Mais de ces petits rôles dont je disais qu’ils se remarquent. Un personnage mystérieux, étrange, voire comique par moments. Quand on le voit débarquer, on se demande ce qu’il va nous pondre.

Ce fût un tel bonheur de me retrouver sur un plateau de tournage, dirigé par Philippe Claudel, aux côtés de Cyril Descours. On avait beau être masqués (pas pendant les prises, bien sûr), ils étaient loin, le Covid, Macron, Castex, le couvre-feu, les Noël à 6. On a même parlé sourciers.

Nous étions logés à Colombey-les-Deux-Eglises, lieu de pèlerinage des gaullistes et des politiques en quête de caution. 

Cette année relativement très pourrie se termine de très belle manière pour moi.

Anomalie dans les chiffres Covid

Je ne suis ni épidémiologiste, ni statisticien. Mais j’aime la science et la statistique. Et je ne me fie pas à l’avance aux informations que l’on me donne. Plutôt que suivre les titres des journaux souvent trompeurs, depuis septembre, je suis méthodiquement les données Covid à partir des chiffres officiels en appliquant une moyenne mobile à 7 jours sur les hospitalisations, réanimations et décès dans les hôpitaux (hors Ehpad). Je ne veux pas tenir compte du nombre de cas positifs aux tests car ils sont trop relatifs. Au début on ne testait pas, parfois on teste beaucoup, parfois moins et les tests ne sont pas fiables à 100%. Au moins, hospitalisations, réanimations et décès, ça me semble les données les plus « objectives ».

Maintenant, quand on regarde les courbes réalisées depuis septembre, on voit bien que les chiffres se stabilisent à un niveau supérieur que ce qu’il était avant le début de la seconde vague. 

Mais on remarquera aussi une anomalie : la courbe des décès ne ressemble pas à celles des hospitalisations et des réanimations. Elle descend beaucoup moins vite et de façon beaucoup plus aléatoire. Ce qui revient à constater qu’à un nombre égal de réanimations, on meurt davantage. Étonnant, non ?

Hypothèses :

  • on soigne de plus en plus mal le Covid.
  • on met dans les morts du Covid des gens qui meurent d’autre chose.

Et voici la courbe d’évolution en pourcentage par rapport aux chiffres du 27 septembre (ci-dessous). On voit que la courbe des décès (en gris) monte beaucoup plus que celle des hospitalistations et réanimations.

Conclusion :

Le nombre de décès Covid n’est pas une information fiable. Je me focaliserai désormais sur le nombre d’hospitalisations et d’entrées en réanimation.

Effacement de manif

Je n’étais pas à la manif de samedi mais il est évident que le phénomène Black Blocs gâche un peu la fête. La population dans sa globalité ne retient de la manif que le merdier ambiant. On en a oublié pourquoi on manifestait.

Cher Black Bloc, tu es beau, tout en noir. Tu penses que la société est dans un tel état que le seule solution est de tout casser. Dans ce cas, je t’encourage à organiser des manifs non-autorisées avec tes copains et de tout casser. Ce n’est pas à toi de décider du degré de violence d’un manifestant lambda. En décidant qu’il faut infiltrer toutes les manifs pour tout pourrir, quitte à annuler l’effet de la vraie manif, tu te comportes en petit dictateur qui impose aux autres, doublé d’un lâche manipulateur qui instrumentalise un mouvement social.

L’effet que cela produit est simple : plus personne n’aura envie de descendre dans la rue. L’État peut à loisir pointer du doigt les désordres pour asseoir son régime autoritaire. Les baisés, ben, c’est nous tous.

Et puis, de toute façon, que tu veuilles nous priver du droit de manifester, au bout du compte, ça n’a pas grande importance. Regarde les manifs contre la loi travail, déjà réprimées à coups de LBD. À quoi elles ont abouti ? Au maintien de la loi travail et à l’élection de Macron.

Sur le fond, il y a sans doute de quoi réfléchir, s’interroger sur l’utilité de manifester ou pas. Mais sur la forme, c’est clair que tu as tout faux.

Dans le Bruit des trousseaux

J’ai l’honneur, le plaisir et l’avantage de tourner dans Le bruit des trousseaux de et par Philippe Claudel. J’y joue un prof de math (prof de prison). Le héros est joué par Cyril Descours (que l’on pourra voir au théâtre du Palais Royal dans Edmond d’Alexis Michalik). Autres compagnons de jeu, Olivier Cruveiller et Saïda Jawad.

Si, généralement, le réalisateur imprime sur toute son équipe un état d’esprit particulier, pour Philippe Claudel, c’est la bienveillance. 

Soit je suis toujours tellement content de tourner que je trouve à chaque fois tout le monde sympathique, soit j’ai de la chance. Sans doute un mélange des deux.

Pour un premier jour de sortie de plus d’une heure…

Alors, j’y étais. Il faisait beau. Coincé plus d’une heure rue Faubourg du Temple tellement il y avait de monde. Plutôt joyeuse, la manif.

Petit moment magique : un copain m’appelle. Je n’entends pas le téléphone dans ma poche mais je me cogne à lui (pas au téléphone, au copain !).

Je ne sais pas si la télé dira qu’il y avait beaucoup de monde, mais les premiers arrivaient à Bastille que la place de la République était encore pleine de monde.

Non à la loi « sécurité globale » !

Profitons-en !

C’est un jour un peu particulier. Aujourd’hui, on a le droit de dire que les violences policières existent et que les rapports qu’ils nous font signer en garde à vue sont très souvent archi faux. On a le droit de penser que la loi « sécurité globale » qui veut encadrer la diffusion des images de policiers en action est une nouvelle loi liberticide et la marque de la dérive de l’état vers un régime autoritaire. On a le droit de dire qu’on a parfois envie de se protéger contre la police. Alors j’en profite.

J’espère que ça va tenir jusqu’à demain car je compte bien manifester avec la marche pour les libertés.

Instantannés

Moment 1, Paris, rue d’Avron, 24/11/20, 11:30

Plaquée au mur, fouillée au corps, bretelles de salopette secouées et pendantes, la jeune femme ne dit rien. Quatre hommes en uniformes plus ou moins officiels. Vous voyez, il suffit de le mettre, le masque ! dit l’un d’eux avec le ton de celui qui est obligé de mal se comporter à cause de la négligence du coupable. 

Moment 2, Nancy, 24/11/20, 23:24.

Dans la nuit froide, sous de pâles réverbères embrumés, accrochés à des silhouettes hésitantes, des sacs à dos épient les portes coulissantes des hôtels chics en manque de clients.

Moment 3, Banlieue Nancy, 25/11/20, 12:23

Mon plaisir d’acteur consiste à faire claquer un journal sur le coin d’une table, à l’instant juste. Il n’y en a qu’un et il ne dure qu’un dixième de seconde.

Moment 4, Nancy, Vitrine du Printemps, esplanade de la gare, 25/11/20, 17:18

Ce n’est qu’au moment où je me suis demandé s’il y avait une photo à faire, que j’ai vu le reflet du ciel.

Festival international Tous Courts en ligne du 1er au 6 décembre

Je fais partie du jury du 38ème festival international Tous Courts d’Aix-en-Provence. Je me faisais une joie de m’y rendre mais, Covid oblige, on fait ça en ligne.

Ayant déjà visionné un grand nombre de films (5 programmes sur 10), je vous invite à en faire autant entre le 1er et le 6 décembre. Vous avez accès gratuitement à plus d’une cinquantaine de films et je peux vous assurer que cette édition est un grand cru. J’y ai vu des films drôles, émouvants, rageurs ou amoureux. Du cinéma de tous horizons.

Je n’aime jamais trop cette place de jury dans laquelle on fait des choix collectifs et dont ne doivent émerger que 3 prix. Il y a toujours une part d’injustice dans les choix. Mais, être sélectionné dans ce festival est déjà un gage de grande qualité et l’assurance pour les réalisateurs qu’ils pourront poursuivre leur chemin (festival catégorie 1, ça compte pour l’obtention d’aides futures).

Pour votre plaisir et pour la possibilité de voir ce qu’il se fait de par le monde en termes de court-métrages, n’hésitez pas à vous connecter à partir du 1er décembre à la plateforme : https://festivaltouscourts.kinow.tv/fr/

Si tout va bien, le jury viendra à Aix pour la 39ème édition.

Les bons comptes

Je n’étais pas à la manif d’hier contre la loi sécurité globale, mais il y avait beaucoup de monde, malgré le confinement et tout et tout.

Comme vous le savez, je n’ai pas la chance d’être complotiste. Néanmoins, je profite de ce petit billet pour vous transmettre les courbes hospitalisations/réa/décès.

Comme je vous l’avais expliqué, les chiffres donnés par la presse ne reflètent pas la réalité puisque qu’il y a un biais de remontée des données et un autre lié aux pratiques hospitalières. Avec ces données annoncées quotidiennement, on a toujours des chiffres très bas le week-end, les chiffres les plus élevés le mardi et le vendredi et des chiffres qui descendent les mercredis et jeudis. J’ai donc choisi d’appliquer chaque jour une moyenne mobile sur une semaine. Avec cette technique qui est la plus proche de la réalité de l’évolution de l’épidémie, on voit que les courbes ont atteint leur pic entre le 6 et le 10 novembre (plus tardif pour les décès, normal). Ce n’est pas pour dire qu’il n’y a pas de Covid. Il s’agit juste d’avoir les outils qui témoignent réellement de son évolution et permettent de ne pas uniquement se fier aux gros titres des média.

Sinon, tout va bien.

À Nancy, ça confine sévère

Tellement heureux de tourner sur un beau projet, un réalisateur de haut niveau, des collègues de poids.

Le seul truc qui a un peu déconné, c’est avant le tournage. Trouille bleue. Scène difficile. Insomnie 2 jours avant. Puis Nancy confinée, ville morte.

Mais le reste, le plateau, un grand bonheur. Sauf la répétition, bien sûr, raide comme un piquet, tremblant comme une feuille, bafouillant. Avec un tel départ, certains ont pu craindre le pire. Moi-même, dois-je avouer, je sentais l’horizon s’embrumer. Et puis c’est sorti, comme il fallait.