Manigances : plus que le générique…

manig

Jour de repos ? Pas tout à fait. Il ne manque plus à Manigances que son générique. Nous avons fait l’étalonnage aujourd’hui. On peut dire que maintenant, c’est vraiment dans la boîte.

Demain, nous repartons très tôt car nous jouons l’après-midi pour des scolaires et le soir à Beaupréau en Mauge (49). Et c’est parti pour deux semaines non-stop, sans retour à la maison. Avril sera moins chargé et mai, encore moins. Ouf. Et après, je serai en grandes vacances d’Intra-Muros !

On ne peut pas dire que je sois très présent sur l’accompagnement du livre (Magnétique) mais je reçois des photos de personnes qui l’ont déjà en main ou encore du bouquin dans les rayons de la FNAC Saint-Lazare. Il se démerde donc très bien tout seul.

Flapi

playaBlog à Béber, version journal d’un comédien. La fatigue commence à se faire sentir dans la plus longue côte de la tournée Intra-Muros. Le mois de mars est le plus chargé. On ajoute à ça une crève qui peine à guérir, la sortie du bouquin demain (voir ICI), un casting aujourd’hui pour une série France Télévision, de retour de Laval ce midi avant de repartir demain pour Landerneau. Et il en reste… Bref, je suis en train d’éprouver l’idée de limites.

Allez, lundi prochain (jour de repos) on termine Manigances par l’étalonnage et il n’y a plus qu’à l’envoyer en festivals. Évidemment que je l’accompagnerai avec grand plaisir.

Je ne me leurre pas sur l’idée qu’à la fin de la tournée, en mai, je pourrais être en vacances : on a un long en écriture et je dois monter le documentaire sur Jean-François Stevenin avant l’été.

Je suis certain que vous êtes fatigués rien qu’à me lire. Je vous comprends. C’est chiant les hyperactifs. Et en même temps, je n’ai pas choisi que tout se passe au même moment. J’avais imaginé que Manigances aurait été tourné un an plus tôt. Le livre aurait lui aussi dû se terminer au moment du tout début de la tournée. Dans l’agenda de mes rêves, tout s’enchaînait avec bonheur. Mais le réel a décidé de tout foutre en même temps. On fait avec.

Je pense que tout ça, c’est les services secrets à Macron qui ont voulu m’empêcher de manifester. Ils devaient avoir l’info depuis longtemps qu’il y aurait un mouvement des gilets jaunes et ont décidé de mettre sur la touche tous les vrais gens de vraie gauche en les neutralisant par remplissage d’agenda. Mais oui, bien sûr, c’est ça…

Putain, ça me fait penser que, si ça continue, il va falloir que je case une consultation psy pour burnout.

GD

Silence suspect

cigarette

Il y a plusieurs raisons qui poussent à ne pas écrire. La première serait la conscience qu’on n’a rien à dire. Une autre serait à peu près l’inverse : tellement à dire qu’il vaut mieux se taire pour le repos mérité des hypothétiques lecteurs. C’est vrai, ça. Qu’est-ce qui m’autorise à infliger à mes voisins de toile quelques élucubrations plus ou moins geignardes et répétitives quand tout le monde essaie de s’accorder pour trouver du positif à tout prix et partout. Ou alors du sordide, mais franchement, alors. Du fait-divers franc et lourd.

Bref, si je me suis tu cette semaine, c’est pour plusieurs raisons. La première, c’était cette sorte de rhume qui dure encore et ne se sait pas trop se situer entre la grippe et une nouvelle maladie inconnue qui donne de la fièvre. Une autre raison est la difficulté de se connecter dans les hôtels du sud-ouest ou d’ailleurs, où l’on te pique toutes tes données pour les vendre à des sites publicitaires (ou aux renseignements) tout en t’offrant un débit digne des années 90 (époque minitel). Les tournées…

Mais la vraie raison de ce silence, c’est vraisemblablement mon arrêt du tabac. C’est à dire que le premier jour, t’as peur de ne pas tenir. Le second, c’est encore pire. Le troisième, tu ne sais plus où tu habites et ne penses qu’à ça. Le quatrième, tu ne sais pas comment tu vas réorganiser ta vie tant tu aimes fumer, t’extraire d’un repas pour aller en cramer une, t’isoler du groupe et regarder la lune, pousser une causette enflammée et enfumée où les clopes s’enchainent avec excitation. Ça y est, tu vas pouvoir le dire et voir comment tu vas faire pour le poids que tu vas prendre. Faire du sport ? Marcher ? Faire gaffe quand même à ne pas faire comme un copain collègue qui est devenu addict à la piscine. Il me faudrait une activité moins humide et moins contraignante. Lire n’importe où, n’importe quand, comme on fume.

Excusez-moi, je vais me faire quelques pages au soleil et je reviens.

Tiens, salut, toi aussi tu lis entre les plats ?

Ben ouais, j’aime bien.

Saaaaluuut ! Je peux me joindre à vous ? Personne n’aurait un polar à me prêter ?

Putain, mais tu pourrais t’en acheter, quand même. À chaque fois tu viens lire trois pages sur mon épaule. Et c’est chiant.

Ho ho ho, les lecteurs ! Vous pourriez pas aller lire plus loin ? Il y en a qui travaillent !

Pfffff, la dictature des non-lecteurs, ça commence à gonfler…

La vie de tournée

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Le mardi, tu prends le train, tu arrives en ville 1 vers 16:00. Passage à l’hôtel. Tu vas au théâtre en 18:30 et 19:00 et tu en ressors à 23 ou minuit si tu y manges. Le lendemain matin tu pars dans la ville 2, tu y manges, tu vas à l’hôtel, puis au théâtre. Ainsi de suite jusqu’au dimanche matin où tu prends le train pour rentrer chez toi. Et là, tu t’es autorisé une belle grippe qui t’oblige à te reposer au cas où tu aies eu envie de faire des folies.

Toujours là

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Ségré, Anjou. Nous jouions Intra-Muros au Cargot, hier soir. En allant boire un café à la brasserie du Super U, me suis arrêté saluer les gilets jaunes du coin. C’est bien beau de nous soutenir, mais il faudrait venir avec nous, un peu, m’a dit une dame. Ben, je suis de passage. Ce soir, on joue a Vitré.

Le patron et le vigile

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On va encore me dire que je suis toujours dans une attitude critique. Contentons-nous de faits.

D’abord cette histoire Benalla. C’est l’histoire de trois copains qui bossent dans la sécurité. L’un bosse pour le président, l’autre pour la République en Marche et le troisième au cabinet du premier ministre. Déjà, à la base, ça fait beaucoup. Le premier mai, deux d’entre eux décident d’aller casser du gauchiste en manifestation avec brassards, casques et armes filés par la police. Drôle d’occupation pour des mecs de la sécurité mais bon, on s’amuse comme on peut. Mais, non seulement ils ne sont pas empêchés, mais ils sont aidés. Une petite sanction s’en suit, mais elle est symbolique. Jusqu’à ce que la presse identifie Benalla. Réponse du gouvernement : ce mec fait n’importe quoi. Ce n’est pas une affaire d’état, mais une affaire d’été. On fait semblant de s’agiter un peu mais, avant de faire les perquisitions, on laisse le temps à Benalla de se débarrasser d’un coffre-fort contenant vraisemblablement des choses compromettantes. Disparu, le coffre, envolé ! Et puis on finit par le virer, parce que ça commence quand même à faire désordre. Mais on lui laisse du boulot pour le 14 juillet, pour la coupe du monde, pour les voyages de Macron, on lui laisse ses passeports diplomatiques, on le retrouve en Afrique à faire du business quelques jours avant une visite officielle du patron, on apprend qu’il a monté des affaires, créé une boîte avec la mafia russe, avec ses potes, pendant qu’il exerçait encore à l’Élysée.

Alors qu’ils sont sous contrôle judiciaire, on apprend par Médiapart que les potes de voient toujours malgré l’interdiction qui leur a été faite par la justice. Réponse de l’état : perquisition chez Médiapart. On sait jamais. Peut-être qu’ils ont le coffre de Benalla.

La veille de la sortie du rapport accablant du Sénat, on envoie Bénalla et Crase en prison. C’est vrai que ça faisait désordre de laisser ces bandits dehors quand des gilets jaunes sont enfermés. Mais, une nouvelle bourde idiote permet à Ben et Cracra de partager pendant une heure la même cellule pour papoter ensemble alors qu’on va les arrêter parce qu’ils avaient parlé ensemble alors qu’ils n’en avaient pas le droit. À ce stade, ce n’est pas qu’ils sont incontrôlables mais qu’ils sont incontrôlés, tout simplement. Et puis hier, une semaine plus tard, pfffuit, les voilà libérés. On est en droit cette fois de se poser quand même deux ou trois questions. La première idée qui vient en tête, c’est qu’il est protégé. La seconde, c’est qu’il y a des raisons à cela. Et vu la montagne de conneries que fait ce mec, les raisons, elles doivent être énormes.

Faut-il en conclure que Macron est malhonnête ? Ben, j’ai envie de dire qu’un mec qui s’attaque aux APL, qui enlève 18 millions aux centres d’hébergement en 2018 avec pour objectif une coupe de 57 millions en trois ans et qui va se faire photographier à côté des SDF (pour comprendre), je ne suis pas certain que ce soit la preuve d’une grande honnêteté. Ou alors, je ne connais rien à l’honnêteté.

Mais bon, contentons-nous de penser que je fais partie de ces casse-couilles qui voient le mal partout. Les coupables, c’est toujours ceux qui ramènent leur fraise.