En fin de conte

atahualpa

Dans la torpeur estivale couplée à la finale de la coupe du monde, on n’a aucune raison à se choper les boules. Les sujets qui fâchent, on les a éloignés du regard. Sous le tapis. Hop, a pu ! Pourtant, il suffit d’une étincelle pour rallumer les passions.

Hier soir, FIP ambiançait la maison de ses notes doucereuses. Soudain, une chanson étrange, aux sonorités singulières. D’où vient cette musique ? me demande ma compagne. Dès les premières notes du chant sans musique, je me suis mis à tapoter ma guitare dans un rythme singulier, dont j’imaginais qu’il viendrait dès que le chant ne serait plus à capella. Et en effet, la percussion de la guitare se met à se confondre avec celle qui entre dans la chanson. C’est chilien ou péruvien, dis-je. En tout cas, c’est Inca. Un petit coup de Shazam pour voir le titre et le groupe apparaître dans l’application et, surprise, c’est argentin. Me voilà parti sur Google pour y apprendre que l’empire Inca s’étendait du Pérou à l’Argentine, en passant par le Chili et la Colombie. Sur toutes les Andes, en fait. Je me plonge vite dans un résumé wikipédiesque de l’histoire de cet empire. J’y apprend que l’empereur était une semi-divinité, fils du soleil, que le régime n’était pas forcément des plus démocratiques, très hiérarchisé avec un sens de l’ordre très développé. Mais bon, paroles d’historiens survolées. Mais voilà qu’au XVIème siècle, l’empereur a deux fils. Un de trop pour lui succéder. À sa mort, s’engage une guerre civile fratricide qui mettra au pouvoir le vainqueur : Atahualpa.

C’est à ce moment que débarquent les Espagnols menés par Pizzaro. Ils demandent à rencontrer l’empereur en paix et sans armes. Atahualpa accepte la rencontre et se rend au rendez-vous accompagné de 30.000 hommes sans armes. Une petite manif, quoi. Et là, Pizzaro massacre tout le monde et fait prisonnier Athahualpa. Forcément, les indigènes ne sont pas hyper contents mais ils parviennent à négocier la libération d’Atahualpa contre de très grandes quantités d’or. De tout le pays, on fait venir des trésors pour la libération de l’empereur. Une fois le gros magot rassemblé, les Espagnols exécutent Atahualpa. C’est tout.

Cette histoire qui n’est pas un conte, c’est toute l’histoire des colonisations. Les Européens ont toujours été très forts dans ce domaine, massacrant ici, provoquant et entretenant des guerres là, imposant au monde entier, y compris via les territoires conquis, leur modèle économique et social.

Ce sont ces mêmes Européens qui se cambrent aujourd’hui comme un seul homme, population comprise, dès que quelques dizaines de milliers de migrants demandent asile. On se demanderait où a bien pu passer l’humanité et ses valeurs, ses scrupules. Il semblerait qu’elle soit toujours du mauvais côté.

Ce matin, je tombe sur un article qui raconte comment, aujourd’hui, nos amis les grands pétroliers vendent des carburants toxiques à l’Afrique. Ils contiennent 200 à 1000 fois plus de particules fines (soufre notamment) que les normes en vigueur dans les pays riches.

Décidément, je n’ai qu’une envie : continuer à me battre du mauvais côté, de celui qui défend des valeurs humaines, à la fois contre les puissants qui dirigent sans scrupule le monde et contre la bêtise égoïste des peuples apeurés.

Les gens qui remettent tout en question passent pour des emmerdeurs ou des naïfs qui vivent dans un conte de fées. L’histoire nous raconte pourtant bien un conte et, quant à y jouer un rôle, autant ne pas choisir celui de l’enculé.

Presque rien

mecano

Le problème avec la communication Internet, c’est que parfois on parle trop vite. Et à d’autres moments, on parle pour ne rien dire. Comme là. Rien à dire. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien à dire, mais rien à dire sur un blog. Aujourd’hui, 13 juillet. Une fois tus les trucs en cours pour lesquels il serait prématuré de communiquer, les choses trop personnelles qu’on ne partage jamais, il ne reste que le beau temps, le mois de juillet (c’est beau le mois de juillet), la finale de la coupe du monde que tout le monde attend avec impatience. Pas de politique, parce que personne n’a plus envie de parler de politique. Voilà. Un article de rien.

Si, je pourrais parler du garagiste du village qui fait les vidanges au prix d’une vidange sans vous dire qu’il faut changer les freins que vous venez de changer. Un sacré personnage le garagiste du village. On le croirait sorti d’un film de Stévenin. Dans son garage en parpaings bruts, un fatras noir de ferraille grasse. Il est du temps où les mécanos mécanaient ce qu’il y avait à mécaner sans chercher à vider le portefeuille de l’en-panne. Comme un goût de ponton tranquille. C’est peut-être ce qu’il y avait à raconter aujourd’hui.

Lucidité ?

benet

Cet article n’a pas pour vocation de susciter une quelconque compassion ni aucune réaction contradictoire.

En ce moment, je travaille en partie sur l’écriture de mon bouquin. Comme je suis en-deçà du nombre de pages demandé par contrat, je suis obligé de creuser mon discours, ce qui conduit à me livrer davantage. Mettre à nu sa pensée dans un bouquin n’est pas sans conséquence. J’imagine à l’avance les rires gras de ceux qui se moqueront des propos que je tiens. Eh bien j’en ai fait des cauchemars. J’ai rêvé que j’étais un con. Mais un vrai con, un peu vulgaire, frimeur, prétentieux. C’est une drôle d’expérience de se voir con. D’habitude, quand on est con, on est persuadé que ce sont les autres qui le sont. L’idée qu’on le soit soi-même ne nous effleure même pas. Mais là, si. J’étais le con de moi-même.

Je soupçonne l’ambiance coupe du monde d’y être pour quelque chose. Parce qu’après, tout, on sait tous qu’un match de foot, à un certain niveau, c’est à 70% une affaire de pile ou face. Qui peut se cacher que ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent ? Enfin, bref, on est en finale ! Dimanche, Champions du monde !

Sinon, aujourd’hui, nous faisions le tour des décors avec une bonne partie de l’équipe de Manigances. Tout cela devient concret. Pas trop le loisir de se trouver con ou pas.

Chamboulements

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Alors, Douarn, c’est fait. On a bien mis l’histoire à l’envers. Les Roms se sont évaporés, le casting s’est féminisé, Serge est arrivé et on sait enfin de quoi on parle. Mais ce n’est qu’une ébauche d’une nouvelle version à venir. Pas toujours facile de trouver la concentration avec la vie sociale bretonne. Sans parler du planning de la coupe du monde.

La semaine qui vient sera charentaise et consacrée aux préparatifs de Manigances. D’un film, l’autre.

Transit

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Hier, je prends une pâtisserie. La serveuse : « c’est pour consommer ou manger tout de suite ? ». Temps mort. Plus tard dans la soirée, je commande un jambon beurre à la gare pour manger dans le train pour Quimper. La serveuse : « Le jambon beurre, avec emmental ou sans emmental ? ».

Leçon de ces histoires : 1 – les emplois d’été ont commencé. 2 – J’ai trop mangé de gluten.

La photo : Ce matin à Douarnenez, le moment où Guillaume me dit grosso modo que ce qu’on a écrit jusqu’alors, c’est de la merde.

On y va !

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Après avoir pesé le pour, le contre, vérifié les résultats, commencé à en accumuler d’autres, c’est officiellement parti pour le bouquin ! D’ailleurs, dans la boîte aux lettres, il y avait tout ce qu’il fallait.

Une sacrée belle aventure qui m’attend.